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  • il y a 2 jours
DB - 12-02-2026

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00:00...
00:29Jean-Christophe Kraft, un jeune compositeur allemand,
00:57a dû s'exiler à Paris à la suite d'une bagarre au cours de laquelle un officier a été tué.
01:03Il n'a pu revoir avant sa mort Antoinette, la jeune institutrice française rencontrée autrefois.
01:10Il continue à fréquenter le salon d'une jeune femme du monde, Colette Stevens.
01:15Dans un autre salon, il rencontre Olivier Jeannin, le frère d'Antoinette.
01:20Une profonde amitié lie immédiatement les deux jeunes gens.
01:25Il loue un appartement à Montparnasse dans une maison dont tous les habitants deviennent leurs amis.
01:31C'est dans ce climat de paix et de bonheur que Jean-Christophe apprend que sa mère est gravement malade.
01:37Quoique toujours recherché par la police, il n'hésite pas à se rendre en Allemagne.
01:41Mais il arrivera trop tard pour revoir sa mère vivante.
01:45Il doit s'enfuir précipitamment, aidé par Olivier qui la rejoint.
01:49Les deux jeunes gens passent clandestinement la frontière pour regagner Paris.
01:54Jean-Christophe parviendra-t-il enfin à trouver le succès ?
01:58Nous sommes en 1906.
02:00Les deux jeunes gens passent clandestinement la frontière pour retenir la frontière pour retenir la frontière pour retenir la frontière.
02:30Monsieur Kraft ?
02:40Monsieur Kraft ?
02:47Il n'est pas là.
02:50Alors, vous êtes monsieur Jeannin ?
02:52Non.
02:55Mais qu'est-ce que vous faites là ?
02:57Et comment diable avez-vous fait pour entrer ?
03:00La clé était sur la porte.
03:01Elle est toujours sur la porte, c'est d'habitude. Alors fichez-moi le camp.
03:04Monsieur Kraft !
03:06Mais dites-donc, vous alors, vous en avez un de ces toupés.
03:07Je suis journaliste à la Nation.
03:09C'est bien ça, c'est ce que je disais. Alors qu'est-ce que vous voulez ?
03:12Je viens vous interviewer.
03:12Comment ? À cette heure-là ?
03:16Je suppose que vous êtes au courant du triomphe qu'a remporté votre David avant hier soir à Rome.
03:24Non, ça m'intéresse tellement peu. Ma parole, on croirait qu'ils sont en train de devenir fous à Rome.
03:28Écoutez, laissez-moi me rendormir.
03:30Je vous ai apporté les journaux italiens, ainsi que l'article paru hier dans le grand journal.
03:36Vous ne l'aviez pas lu ?
03:38Non.
03:41Compositeurs de génie, mais ils sont devenus fous.
03:45Non, je ne veux pas de ce journal.
03:48Puis-je vous demander quels sont vos projets ?
03:50Oh, d'abord prendre une tasse de café bien noir.
03:52Non, vos projets de théâtre, concert, manifestation, public.
03:56Aucun.
03:58Qu'écrivez-vous actuellement ?
04:00Des arrangements pour enfants de 12 ans.
04:05Monsieur Christophe Kraft ?
04:07Qu'est-ce que c'est encore ?
04:09Quelques lignes, s'il vous plaît, pour l'indépendant.
04:12Écoutez, l'indépendant ici, c'est moi, je vous prie de sortir.
04:15Comptez-vous donner prochainement un concert public ?
04:17Je vous ai déjà répondu, non.
04:20Aimez-vous la musique contemporaine ?
04:23Il faut que je vous l'avoue, elle m'ennuie.
04:26Ce que l'on dit de votre caractère est-il exact ?
04:30Vous le voyez bien, j'ai mauvais caractère, messieurs, au revoir.
04:34Au revoir !
04:38Bonjour, vous avez-vous ?
04:40Oui, on était là.
04:42Bonne chance.
04:43Olivier ?
04:44Bonjour, monsieur.
04:59Vous êtes aussi journaliste ?
05:00Exact.
05:02Il faudra revenir un autre jour.
05:04Attendez, je suis l'auteur de l'article du Grand Journal.
05:08Vraiment ?
05:09Entrez donc, asseyez-vous.
05:11Non, non, non, c'est moi qui vous emmène, je suis venu vous enlever de grève de force.
05:15Ah, alors ce sera de force.
05:16Je suis chargé de vous conduire au bureau de mon journal.
05:18Mon directeur, Arsène Gamache lui-même, veut vous connaître.
05:21Il vous attend, l'auto est en bas.
05:23Vous dites ?
05:24Une auto ?
05:25L'auto.
05:27Vous avez une auto ?
05:28Si vous avez une auto, alors, eh bien, attendez-moi, je me change, j'arrive.
05:30Non, non, non, non, non, non.
06:01Monsieur Jean-Christophe Kraft, enfin, cela fait si longtemps que je désire vous connaître.
06:10Vous connaissez monsieur Esht naturellement.
06:13Il a la bonté de me faire gagner ma vie parfois.
06:16Il a eu celle de s'intéresser à vos premières œuvres, il me l'a dit.
06:19Seyez-vous.
06:19Il est naturel que vos amis du début soient présents au moment du succès, car c'est un succès, monsieur Kraft, et ce sera bientôt la gloire, avec l'aide que le grand journal se propose de nous apporter.
06:33Eh bien, vos œuvres sont trop longtemps restées dans l'ombre.
06:36Je suis tout à fait de cet avis.
06:38Vous êtes joué en Italie, vous le serez bien en Allemagne, ou en Angleterre, et à Paris.
06:44Et à Paris.
06:44Et pour commencer, on publie votre David.
06:47C'est une affaire faite.
06:48Si vous voulez bien passer à mon bureau, je vous ferai lire un contrat que j'ai préparé à votre intention, et qui ne manquera pas de vous séduire, j'en suis sûr.
06:56Ah, mon avis, ce David est un chef-d'œuvre.
06:58Incontestablement.
06:58Pourtant, ce chef-d'œuvre, vous avez refusé de l'éditer, et à Paris, le public l'a sifflé.
07:06Monsieur, le succès est une sorte de rendez-vous amoureux.
07:09Le vôtre s'est passé beaucoup trop tôt, voilà tout.
07:12Et maintenant, vous êtes l'homme du jour.
07:14Bon, vous signez le contrat de Hecht, je vous invite à déjeuner, et demain, vous aurez un nouvel article sur trois colonnes.
07:21Je suis sûr que monsieur Kraft a beaucoup de choses à dire.
07:24J'en aurai après le déjeuner.
07:25Ou, après le contrat.
07:50Le déjeuner avec Gamache était excellent, et mon article a été publié sur trois colonnes,
07:55comme premier.
07:56Je me demande si c'est faux, on me rend autant de publicité que moi.
08:04La femme nue de Georges Braque.
08:07Extraordinaire.
08:09Je trouve ça effrayant.
08:10Mais on n'est pas forcés d'aimer les mêmes choses, et ce Braque trouvera bien quelqu'un d'aussi inconscient comme l'Italien pour déterrer mon avis d'organiser ce concert.
08:23Il t'est recommandé auprès d'Arsène Gamache.
08:26Recommandé ? Qui t'a dit que j'étais recommandé ? Ma musique ? Ma musique suffit à me recommander.
08:31Les gens comme Arsène Gamache ne donnent rien pour rien.
08:35En tout cas, j'ai fait un excellent déjeuner.
08:38C'est-ce que ?
08:39Colette.
08:40Quel succès ! Tout Paris parle de vous.
08:44Tu le vois ?
08:45Bonjour, Olivier.
08:46Inimaginable.
08:49Bonjour.
08:50Quel trait, quelle couleur.
08:55Est-ce qu'il faudra que je lui envoie encore du plomb pour qu'il se taille ?
08:58Si tu ne le rates pas comme la dernière fois.
08:59Mais il ne cesse de se répandre en élanche, je suis.
09:02Bien sûr, me voici à la mode.
09:04Recommandé.
09:05Colette.
09:07Ah.
09:08Jacqueline Langeais, ma mère.
09:09Enchantée.
09:10Je suis ravie de connaître un compositeur aussi célèbre.
09:14Olivier Janin.
09:15Un ami de Christophe.
09:18Colette.
09:19Oui, oui, j'arrive, j'arrive.
09:21Jacqueline n'est pas sur l'île de peinture.
09:23Voulez-vous qu'elle vous initie ?
09:25Tiens, ça s'apprend bon.
09:26Comme la musique.
09:28A tout à l'heure.
09:32Vous savez, je suis plus à l'aise avec mes doubles croches.
09:34Vous venez ?
09:36Oui.
09:42Alors, vous m'oubliez ?
09:44Mais non.
09:45Viens.
09:52Olivier.
09:56Tu sais qu'elle est très charmante.
09:59Qui l'on ?
10:01Jacqueline.
10:04L'amie de...
10:05de Colette.
10:07Ah.
10:08Je ne pensais pas que tu avais fait attention à elle.
10:13Elle a un petit je ne sais quoi.
10:15Je vais travailler.
10:17Olivier.
10:18Quoi encore ?
10:19Qu'en dis-tu ?
10:22Ça sera génie.
10:26C'est ce qu'il faut.
10:28Tu sais, je crois que je suis amoureux.
10:33Toi ?
10:33Pourquoi pas.
10:35Demain soir, nous irons chez Colette.
10:38Je croyais que tu ne voulais pas sortir.
10:40Nous irons chez Colette.
10:42Tu iras.
10:43Sans moi.
10:43C'est très, très dommage.
10:45C'est très, très dommage.
10:45Jacqueline.
11:09Bonsoir.
11:10Tiens, bonsoir.
11:11Mais qu'est-ce qui vous est arrivé ?
11:13Je me suis rasé.
11:14Ça vous plaît, non ?
11:15Oui, c'est mieux.
11:17Votre amie n'est pas là ?
11:19Non.
11:20Il n'a pas voulu venir, voilà.
11:21Ah.
11:22Voulez-vous m'accorder cette danse ?
11:23Non, merci.
11:28Vous avez bougrement raison,
11:30car je suis un bien mauvais danseur.
11:32Et alors, si nous parlions un peu tranquillement ?
11:34De quoi ? De peinture ?
11:38Si ça vous ennuie,
11:41Je vous promets que je ne vous parlerai pas de peinture.
11:47Jacqueline ?
11:48Qu'est-ce que vous avez ?
11:50Moi ?
11:51Rien.
11:52Bonsoir, Monsieur Lallement.
11:56Christophe ?
11:58Alors, ça ne va pas ?
12:01Les femmes sont bien compliquées, n'est-ce pas, Christophe ?
12:04Mais je n'y comprends rien.
12:06Hier soir, cette exposition, elle était tellement...
12:08Adorable.
12:09Adorable.
12:11C'est ça.
12:12Et ce soir, elle ne veut plus être adorée.
12:14Quant à Olivier, comme par hasard, il n'a pas voulu venir.
12:19Conclusion ?
12:20C'est ce que vous voulez dire.
12:22C'est ce que je veux dire.
12:23Mais je n'ai pas eu beaucoup de mérite à deviner,
12:25Jacqueline m'a fait ses confidences.
12:26Vous êtes jaloux ?
12:31D'Olivier ?
12:32Non, au contraire.
12:35Non, je vais essayer de les aider.
12:36C'est une maison où papa amenait beaucoup autrefois, mais il ne nous vient presque plus.
12:55C'est très gentil de nous avoir invités tous les deux.
12:57Merci, Fernand.
13:01Je ferai la voiture au garage et préparez-moi un bon déjeuner.
13:04Oui, mademoiselle.
13:05Le salon est ouvert.
13:06Oui, mademoiselle.
13:07Il y a sans doute un piano...
13:08Pourquoi ?
13:10On ne sait jamais, au cas où je m'ennuierai.
13:11On a la déclare.
13:22Ah, mais c'est un demi-quel.
13:28Alors, vous n'allez pas vous promener ?
13:30Tu ne viens pas avec nous ?
13:31Non, moi j'ai tout ce qu'il me faut.
13:33Et vous, vous n'avez pas besoin de moi.
13:36Vous venez, Jacqueline ?
13:37Oui.
13:41Pourquoi ne dites-vous rien ?
14:01Vous savez ce qu'imagine Christophe ?
14:03Oui.
14:05Alors, il se trompe.
14:07Non.
14:11Allo ?
14:25Allo ?
14:27Allo ?
14:39Vous ne me connaissez pas ?
14:44Aussi peu ?
14:46Comment voulez-vous savoir si je peux vous rendre heureux ?
14:49En tout cas, je ferai tout ce que je pourrais pour vous rendre heureuse.
14:52Il faudra que je renonce à tout ce qui a été ma vie, à ce dont j'ai rêvé, mais je vous détesterai.
14:58Jacqueline, vous ne renoncerez à rien.
15:03Je vous aimerai pour ce que vous êtes, comme vous êtes, de toute mon âme.
15:08Même avec le temps qui passe ?
15:10Le temps n'efface pas l'amour.
15:12Il le fortifie.
15:14Vous croyez ?
15:16Je vous supplie de le croire.
15:27Vous vous y prenez très bien pour votre déclaration.
15:31Vous pleurez ?
15:33Vous êtes si bon.
15:34Jacqueline, je vous demande seulement de ne plus avoir peur.
15:42Et de me faire confiance.
15:46Non.
15:52M'embrasse.
15:52Christophe.
16:11Je sais.
16:20Oui, oui.
16:24Sous-titrage MFP.
16:54Écoute, cesse de marcher comme ça de long en large sans arrêt.
16:57Tu me tapes sur les nerfs.
16:59Qu'est-ce que tu attends pour faire ta demande ?
17:00Je n'ose pas.
17:01Et pourquoi ?
17:01Son père refusera.
17:04Il faut que le gendre de M. Langer ait une situation.
17:06Ça n'a aucune importance puisque Jacqueline est très riche.
17:08Je ne peux pas accepter son argent si je ne suis pas capable de gagner ma vie.
17:15Mais ça ?
17:16On te donnera un petit poste au fond de la province qui est un triste cadeau de mariage.
17:20Est-ce que tu l'as dit, Jacqueline ?
17:21Elle a accepté.
17:23Ça, c'est de l'héroïe.
17:24Tiens, va ouvrir, c'est elle.
17:28Entrez !
17:31Olivier, enlevez-moi. Mon père ne veut pas.
17:35Qu'est-ce qui se passe ?
17:36Olivier, ne l'écoute pas.
17:40Mais de quoi vous mêlez-vous ?
17:41De ce qui me regarde. Il n'a pas le droit de faire ça.
17:44Pourquoi ?
17:46Vous me le reprocheriez.
17:47Jacqueline ?
17:48Jacqueline, rentrez chez vous, chez votre père. C'est moi qui irai lui parler.
17:51Mais mon père ne vous écoutera pas. Il va vous mettre à la porte.
17:56C'est ce qu'on verra.
17:59Monsieur Kraft, nous n'avions pas rendez-vous.
18:02Malgré l'estime que j'ai pour vous, je vous prie de sortir.
18:05Je vous remercie pour l'estime, mais je reste.
18:08Mais enfin, tout de même, monsieur Kraft.
18:11Écoutez-moi, vous avez un coup de paix.
18:15Considérable.
18:16Puis-je m'asseoir ?
18:18Vous fumez ? Non, moi je fume.
18:22Votre fille parle de se suicider.
18:25Plaisanterie.
18:27Pas à l'âge qu'elle a.
18:29Elle a tout ce qu'il lui faut pour être heureuse.
18:32Non, il lui manque Olivier et votre confiance.
18:36Ma confiance ?
18:37Oui.
18:38Vous n'avez pas confiance en elle, vous ne lui laissez pas choisir l'homme qu'elle aime.
18:41Mais ce jeune homme n'a rien.
18:44Il a l'intelligence et aussi du cœur.
18:48C'est immense.
18:50Et vous croyez que ça suffit pour vivre ?
18:53Ça ne se perd pas aussi vite que la fortune.
18:56En tout cas, ce n'est pas ce qui les nourrira.
18:59Attendons qu'il ait une situation.
19:01Non, ne cherchez pas à gagner du temps, vous leur en faites perdre.
19:04Ils ont toute la vie devant eux.
19:06Vous savez, dans la vie, l'important c'est d'aimer.
19:10Monsieur Langer.
19:12Laissez-moi vous convaincre.
19:14Vous aimez votre fille.
19:16Donnez-la à Olivier, il saura la rendre heureuse.
19:21Cette idée de suicide, vous en êtes sûr ?
19:25Oui, certain.
19:31Je te laisse le porte-monde honnête.
19:33Quelques années ce moment.
19:35Ne fais pas cette mine d'enterrement, tout de même, tu vas te marier.
19:39Tu crois que nous avons eu raison de le convaincre ?
19:42C'est moi qui l'ai convaincu, pas toi.
19:46C'est vrai.
19:47Je te remercie.
19:49Entrez.
19:49Un crayon pour corriger les devoirs de vos futurs élèves.
20:03Mais ce n'est pas encore jour de ménage.
20:04C'est le jour où vous nous quittez.
20:05Merci.
20:07Bonjour, Christophe.
20:08C'est un grand jour, tu sais.
20:09Eux, ils sont contents que tu t'en ailles.
20:10Mais nous voudrions seulement que vous pensiez encore à nous de temps en temps.
20:26Merci.
20:28Au revoir.
20:29C'était très réussi.
20:41Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur.
20:43C'est très aimable.
20:43Au revoir, mon petit.
20:44Jacqueline, dépêche-toi, le train est à 6 heures.
20:47J'arrive, j'arrive.
20:50Au revoir, Christophe.
20:52Merci.
20:53Merci de quoi ?
20:55Cathy, mon manteau.
20:56Au revoir.
20:59Eh bien, monsieur Langer, nous voilà le veuf.
21:04Au revoir, Christophe.
21:05Au revoir.
21:16Alors, Christophe, c'est mariage.
21:21C'était très bien.
21:23Bonsoir.
21:24Bonne nuit.
21:25Christophe, Christophe !
21:27Qu'est-ce qu'il y a, monsieur Arnaud ?
21:29Puisque vous êtes seul, ma femme m'avait dit ce matin...
21:34Oui.
21:36Est-ce que ça vous ferait plaisir de dîner avec nous ?
21:38C'est très gentil.
21:41Mais ce soir...
21:44Bon, d'accord.
21:48Eh bien, Olivier et Jacqueline sont partis pour l'Italie.
21:51Alors, ça n'est pas très original.
21:54Tous les jeunes gens, ils font leur voyage de noces.
21:57Et ensuite ?
21:59Je crois qu'il va y avoir un poste dans une petite ville pas très loin de Bordeaux.
22:04Vous permettez ?
22:05Bien sûr.
22:07Mais vous-même, mon cher Christophe.
22:10Moi ?
22:11Mais oui, votre musique.
22:15Oh !
22:15Ma chère musique se débrouillera très bien toute seule.
22:20Merci, Olivier.
22:22Oui, nous avons appris que vous aviez été joué en Italie, justement.
22:25Les journaux parlent beaucoup de vous.
22:27Enfin, moi, je n'ai rien lu.
22:29C'est surtout ma femme qui vous suit.
22:31Elle est très musicienne, vous savez.
22:34Entre autres qualités.
22:35Elle est aussi bonne ménagère et bonne couturière.
22:38Et la lumeur à ses égales pour me supporter.
22:43Vous êtes vraiment insupportable.
22:46Que voulez-vous ?
22:48Parfois, je suis découragé par ma vie monotone de professeur.
22:52Cette vie que votre ami va apprendre à connaître.
22:55L'impression de ne jamais avancer.
22:57Et puis, certaines injustices qu'on accepte mal.
23:02Ma chère femme, les accepte pour moi.
23:05Pour le meilleur et pour le pire.
23:10Vous savez, je souhaite qu'Olivier et Jacqueline
23:14forment un couple aussi unique que le vôtre et qu'ils durent autant.
23:24Vous, vous prenez bien un peu de café, Christophe ?
23:26Christophe ?
23:28Moi, je crois que vous faites pas assez de scoires.
23:37Non parlons, M. le directeur.
23:38En revêt.
23:39En quoi ?
23:39Salut, rigs !
23:51Moi, c'est lui.
23:52J'ai une surprise.
23:57Regarde.
23:59Qu'est-ce que c'est ?
24:00Les premières copies. Les premiers délèves.
24:03Je vais t'aider à les corriger.
24:05Je ne sais pas si c'est très réglementaire.
24:07Personne ne m'en saura rien.
24:09Mais ça m'occupera.
24:12Et tes rideaux ?
24:13Au-delà.
24:22Il n'y a pas eu de courrier aujourd'hui ?
24:24Tu attendes des nouvelles de quelqu'un ?
24:27Non.
24:28Non, non.
24:33Et tu as pu dire ça ?
24:35Tu as pu dire cela devant ta femme ?
24:37Devant celle qui a supplié pour ta vie n'y a qu'un moment ?
24:41Faut-il que tu m'aimes ?
24:43Après une parole comme celle-là,
24:46il ne me reste plus rien à entendre.
24:52Diane, Diane, qu'as-tu fait ?
24:59Mon enfant chéri, où t'es-tu blessé ?
25:01Où ?
25:02Réponds, mais réponds.
25:05Mon Dieu, son coursage est rempli de sang.
25:09Au secours !
25:11Au secours !
25:12Au secours !
25:14Au secours !
25:16Bonsoir !
25:38Bravo !
25:39Merci.
25:39C'était dîné, je vous remercie.
25:54C'est moi qui vous remercie d'avoir accepté mon invitation.
25:58Il fallait bien vous récompenser.
25:59Vous avez vu la pièce deux fois.
26:02À cause de vous ?
26:03C'est une fois de trop.
26:05Vous n'aimez pas...
26:06Bataille ?
26:07J'aime le jeu.
26:11On dit que la Vierge folle est votre plus grand succès.
26:14Puisqu'on le dit.
26:18Premier soir dans ma loge,
26:20j'ai tout de suite pensé que vous étiez ce jeune Allemand un peu fou
26:22dont on a parlé dans les journaux.
26:26Pourquoi êtes-vous venu ?
26:28Parce que vous êtes belle.
26:31Vous n'êtes pas du genre à faire la cour à une actrice
26:33pour le même motif que les autres hommes.
26:35C'est-à-dire ?
26:38Un souper, une nuit.
26:42Il y a un temps que se vanter.
26:44Non, ce n'est pas pour ça.
26:47Alors ?
26:49Alors, eh bien...
26:52Il y a quelque chose d'étrange qui émane de vous.
26:55Quoi donc ?
26:56Quelque chose comme du désespoir.
26:59Vous avez l'air de souffrir.
27:01De souffrir ?
27:02Je suis convaincu.
27:06Il y a quelque chose dans votre regard et dans votre sourire.
27:11Bon, admettons.
27:13Et puis ?
27:16Je peux peut-être vous aider.
27:17Si quelqu'un se noyait, vous ne lui tendriez pas la main ?
27:20Pas du tout.
27:22Je lui enfoncerais plutôt la tête sous l'eau pour que ce soit plus vite fini.
27:25En tout cas, merci pour l'attention.
27:30Je peux vous reconduire ?
27:31Si vous voulez.
27:32Mon manteau, s'il vous plaît.
27:42Où habitez-vous ?
27:44J'habite à Montparnasse.
27:47Allongez-vous.
27:48Cela en fera du bien de parler.
27:51C'est votre mère ?
27:56Oui.
28:02Vous en avez de la chance.
28:05Elle est morte.
28:07Vous l'avez eue tout de même.
28:11Et cette jeune fille ?
28:14Morte, elle aussi ?
28:19Vous êtes encore plus seule que moi.
28:23Et pourtant, Dieu sait que j'étais seule.
28:26Personne ne m'a jamais aidée.
28:31Françoise.
28:32Pourquoi avez-vous choisi ce métier de comédienne ?
28:37J'ai toujours voulu être actrice.
28:41Quand j'étais jeune, j'étais servante dans un hôtel où descendait des acteurs.
28:46Je volais des livres dans la chambre des clients.
28:49Et un jour, un acteur m'a pris sur le fait.
28:52J'ai avoué que je voulais être comédienne.
28:54Il s'est mis à rire.
28:56Et il m'a proposé de me donner des leçons.
28:59C'est la chance.
29:00Si on veut, car il a aussitôt ajouté
29:04seulement ma petite,
29:07rien pour rien.
29:10C'est ainsi que j'ai été initiée à l'art.
29:12Puis un jour, on m'a proposé un bout de rôle.
29:18Ensuite, j'ai continué.
29:19On me trouvait du talent.
29:20En fait, on gardait parce que je ne coûtais pas cher.
29:25Au contraire, je payais.
29:29Chaque rôle, je l'ai payé.
29:32Très cher.
29:32Mais maintenant que vous êtes une grande comédienne,
29:41vous pouvez faire d'eux tout ce que vous voulez
29:42à votre santé.
29:52En vérité, les acteurs sont des enfants vaniteux.
29:55Seulement tourmentés par leur amour propre.
29:56Comme tous les artistes.
30:02Quelle heure est-il ?
30:05Ce n'est pas si important.
30:09Vous ne voulez pas rester encore un peu ?
30:11Nous devrions rester bons amis.
30:18Tout simplement.
30:20Vous ne croyez pas ?
30:23Vous voyez ?
30:24Ne dites rien.
30:37Une lettre en trois mois.
30:39C'est très aimable de nous donner de ces nouvelles.
30:42Il ne voulait pas troubler notre intimité.
30:45D'après les journaux,
30:46il s'est entiché de cette petite actrice à la mode.
30:49Peu lui importe,
30:49il nous nous plaisons en province.
30:51Il a pensé que
30:52nous serions peut-être heureux
30:54d'apprendre sa réussite.
30:57Que dit-il l'autre dans sa lettre ?
30:59Oh, rien de très important.
31:01Il parle de son travail.
31:03Il trouve quand même le temps de travailler.
31:08Il dit que son David
31:09a reçu une commande de l'Allemagne.
31:11de l'Allemagne.
31:16Quelle revanche.
31:19Il a écrit aussi
31:20une symphonie domestique.
31:22Tiens, comme Strauss.
31:24Non, non, pas exactement.
31:27Lui, il a voulu décrire
31:28le grave et naïf bonheur
31:31d'un jeune couple amoureux.
31:32sa tendre sensualité.
31:36Sa confiance dans l'avenir.
31:40Tu vois qu'il nous aime toujours.
31:44Tu vas lui répondre ?
31:45Bien sûr.
31:48Je pourrais peut-être lui proposer
31:49de venir nous voir.
31:50Non.
31:53Pourquoi ?
31:54J'aime mieux qu'il ne vienne pas.
31:57Mais non.
31:59Je pourrais vous dire.
31:59Je pourrais vous dire.
32:01Je pourrais.
32:01Je pourrais.
32:02Je pourrais.
32:03Sous-titrage FR ?
32:33Encore un succès ?
32:48C'est évident.
33:03C'est évident.
33:33Non, non, non.
33:45Tu dois te mettre au travail.
33:47Tu dois composer ton hymne pour Kamash.
33:50J'aime mieux à faire, tous ces jours-ci.
33:55Mon chéri, c'est le grand journal qui t'a rendu célèbre.
33:59Il est normal qu'il te mette ta contribution.
34:02Moi, je n'ai pas envie d'écrire un hymne pour célébrer les vertus et la grandeur de Kamash, le tout-puissant.
34:08Mais tu vas te brouiller avec le grand journal.
34:10Tant pis.
34:11Ton concert.
34:13Deux fois tant pis.
34:14J'admire ton indépendance.
34:19Tu devrais prendre exemple sur la pauvre comédienne que je suis.
34:23Forcer le jeu de ce qu'on m'impose.
34:24Obligé de ressasser jusqu'à l'écoeurement.
34:28Pardonne-moi.
34:30T'as tué fort.
34:31T'es un homme.
34:33Moi, je resterai une éternelle adolescente.
34:36Il faut connaître ses limites.
34:43Non, c'est trop tard maintenant.
34:49Christophe.
34:50Oui.
34:54On m'a proposé un engagement en Amérique.
34:57Mais tu parles ?
35:06Oui.
35:09Longtemps ?
35:11Oui, c'est mieux.
35:14Mais pourquoi ?
35:16Je t'aime trop beau supporter l'idée que tu souffres par moi.
35:23Tu finirais par souffrir.
35:27Tu connais mes angoisses, mon inquiétude.
35:30Je finirais par te la communiquer.
35:32Le mauvais cadeau que je pourrais te faire.
35:43Tu vas me donner des regrets.
35:48Jamais nous ne retrouverons une occasion si belle.
35:52Pareil, amitié.
35:57Il n'y a pas de moyens.
35:59Sans tomberta.
36:00Il n'y ait de vivre.
36:02Il n'y a pas de moyens.
36:03Il n'y a pas de moyens.
36:08Leответ.
36:09L'été.
36:11Sous-titrage FR ?
36:41C'est parti !
37:11Applaudissements
37:13Bon, eh bien, mon article est déjà prêt, je vais le porter.
37:31Non, attendez. C'est ce que vous racontez dans votre article.
37:34Mais, monsieur, c'est ce que vous m'avez suggéré.
37:36Qu'est-ce que vous en pensez, Esht ? Peut-on dire qu'il s'agit de l'oeuvre la plus accomplie de Jean-Christophe Kraft ?
37:43Difficile de se substituer à la postérité.
37:46Pouvez-vous pas qu'il y ait des facilités dans cette symphonie et même des longueurs ? C'est très ennuyeux d'ennuyer son public.
37:54Vous vouliez peut-être dire que Kraft a péché par excès de complaisance ?
37:57C'est cela, vous l'avez très joliment dit. Il a oublié, je crois qu'il avait encore tout à apprendre.
38:01Ce qui lui serait le plus profitable, ce serait une petite leçon d'humilité.
38:05Alors, qu'est-ce que je fais ?
38:06Vous envoyez votre article avant de l'envoyer au marbre.
38:09Bien, monsieur.
38:11Messieurs, merci à tous, c'était parfait.
38:12Olivier, tu es à Paris ? Bonsoir, Jacqueline. Mais pourquoi ne m'avez-vous pas prévenu ?
38:20Nous sommes décidés au dernier moment. Jacqueline s'ennuyait un peu.
38:23Pas du tout. Nous avons voulu être là pour applaudir votre dernier succès.
38:27Vous savez que les journaux sont pleins de ce que vous faites, de votre passion récente pour le théâtre ?
38:32Le théâtre a cessé hélas de s'intéresser à moi. Il est en Amérique, parti en tournée.
38:37Une rupture ?
38:39Une séparation.
38:39Combien de temps restez-vous à Paris ?
38:43Quelques jours seulement. Olivier ne doit pas négliger sa classe. Il s'est pris d'affection pour ce métier.
38:49Tu te souviens de l'île, Adam ? Demain, nous y allons.
38:52Ça ferait plaisir de passer la journée avec nous.
38:55Mais c'est une excellente idée. C'est une idée, Jacqueline. Ah, venez.
39:05C'est un éreintement.
39:09Je n'y comprends rien. Que les autres journaux t'attaquent, j'y suis habitué. Mais le Grand Journal, ils annoncent la symphonie domestique à grand renfort de publicité, ils se répandent en éloge sur elle avant, et après, ça me dégoûte.
39:27Tout vient de ce qu'ils voulaient que j'écrive un hymne pour la fête du Grand Journal. En leur honneur.
39:37Mais tu as refusé.
39:38Bien sûr. Mais qu'est-ce que tu crois ? Il y a des choses que je ne peux pas.
39:41Tu sais ce qu'ils ont osé écrire dans le Grand Journal à propos de ma musique ?
39:44Parce que j'étais un républicain de génie. Le grand musicien de la démocratie. Bon, mais, je me fous de la démocratie.
39:53Et naturellement, tu leur as fait connaître ta façon de penser.
39:56Oh, naturellement.
39:59Il y a une chose dont les génies sont clairement les pourvus, c'est la vertu de reconnaissance.
40:03Jacqueline, tout ça n'a aucune importance. Ma symphonie a eu un grand succès.
40:07Et le public, désormais, est obligé de me suivre. Mais tout ça, si on allait se promener.
40:12Pourquoi pas ? Jacqueline ?
40:14Oui, je vais chercher un sale. Il ne fait pas le show.
40:17Vous voulez venir jouer quelque chose pendant que je me prépare ?
40:20Ah, c'est vrai. Tu n'as pas joué depuis que nous sommes ici.
40:23Ce sera donc si long.
40:25Je n'ai fan, tu sais.
40:37Je me rappelle que vous avez joué, c'est désolé.
40:44Je me rappelle que vous avez joué, c'est désolé.
41:14Je me rappelle que vous avez joué, c'est désolé.
41:44Je me rappelle que vous avez joué, c'est désolé.
41:54Jacqueline ?
41:55Jacqueline ?
41:57Jacqueline ?
41:58Jacqueline ?
41:58Jacqueline ?
42:02Jacqueline ?
42:08Jacqueline ?
42:08Jacqueline ?
42:10Jardine !
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