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  • il y a 1 jour
DB - 11-02-2026

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00:00Musique
00:30Une petite principauté allemande des bords du Rhin à la fin du siècle dernier.
00:58Une aristocratie orgueilleuse et un grand duc autoritaire y règne.
01:03Jean-Christophe Kraft appartient à une famille pauvre mais fière où l'on est musicien de père en fils.
01:09Tout jeune, il manifeste des dons de compositeur et de virtuose.
01:14Il a un caractère passionné et violent qui refuse les injustices.
01:19A la mort de son père, Jean-Christophe reste seul avec sa mère qui l'aime tendrement.
01:23Quelques années plus tard, il décide de quitter la vieille maison des bords du Rhin
01:29pour un logement plus modeste au centre de la ville.
01:35Jean-Christophe poursuit sa carrière de deuxième violon dans l'orchestre du grand duc.
01:40Il tombe amoureux de Sabine, une jeune voisine à laquelle il voue une passion tendre et chaste.
01:44Ils sont invités à un baptême.
01:58Mais un orage éclate.
02:02Puis Sabine va mourir brusquement d'une pneumonie
02:05pendant que Christophe se trouve en tournée avec l'orchestre.
02:09A l'automne de la même année, 1899,
02:14il rencontre une jeune vendeuse, Ada,
02:18qui devient sa maîtresse.
02:29Ada lui fait connaître la jalousie pour la première fois
02:32en le trompant avec son frère.
02:34A Rheinbourg, où les passions couvrent en vase clos,
02:41Jean-Christophe se réfugie dans le travail.
02:44Ses œuvres n'intéressent personne.
02:46Un instant, il est tenté, à l'exemple de son père,
02:48de sombrer dans l'alcoolisme,
02:51mais son oncle Gottfried lui donne le courage
02:52de surmonter sa faiblesse momentanée
02:54et de lutter pour ce qu'il met au-dessus de tout,
02:58sa musique.
03:29Quantat à son Altesse, le Prince de Rheinbourg.
03:38Et Dieu, c'est-à-dire
03:39Musique et livre-transposition du sieur Friedrich Hebel,
03:44Judith de Jean-Christophe Kratz.
03:52Christophe ? Christophe ?
03:54Un peu de ménage, maman. Un peu de ménage.
03:56Je ne peux plus garder toutes ces bêtises.
03:58Enfin...
03:59Recueil du leader de Jean-Christophe Kratz.
04:07Chansons douces,
04:09chansons tristes,
04:11chansons à boire.
04:13Tu vois, maman,
04:14je n'ai fait que mentir.
04:18Je n'ai fait que mentir.
04:19Je n'ai fait que mentir.
04:20Tout le temps.
04:20Je suis un menteur.
04:23Oh, mais Christophe, mais pourquoi dis-tu ça ?
04:27Quel que soit ton point de vue, tu n'as quitté de nos grands compositeurs.
04:30Ah, c'est de la sensibilité, tu crois ?
04:31Je dis-moi qu'il s'agit uniquement de sensiblerie.
04:34Oui, tu assistes au triomphe du grand art pleurnichard.
04:37On ne peut pas accuser Schubert d'être un pleurnichard.
04:39Et Brahms, alors ?
04:40Mon ami Spitz, Schubert est englouti sous les milliers de larmes de crocodile qu'il a versées
04:45et ton Brahms, mon cher Ox, tu as bien raison de l'aimer.
04:48On trouve du Beethoven en lui et c'est même tout ce qu'il y a.
04:51Ah, ce qu'il y a.
04:52Et que penses-tu alors de Liszt ?
04:54Liszt, oui.
04:55Bon, il a de la noblesse.
04:56C'est un idéaliste.
04:58Ce que je déplace, c'est sa dégoûtante virtuosité.
05:01Mais oui, Liszt est un écuillé de cirque et rien d'autre.
05:04Mon cher Christophe, je te laisse à ton acquisitoire.
05:06Ça t'est combien ?
05:06Je te rembourse, oui.
05:07Oui, ça se connaît.
05:08Tu viens, Spitz ?
05:10Monsieur Kraft, vous le permettez ?
05:15Mon nom est Manheim.
05:18Merci.
05:22C'est avec un très grand intérêt que j'ai écouté ce que vous disiez
05:25et que presque personne n'ose reconnaître.
05:27C'est tellement exact et juste, toute cette absence de sensibilité.
05:31Si cela ne tenait qu'à moi,
05:33j'ordonnerais chaque 50 ans de nettoyer tout cela,
05:36tout ce qui nous déplaît.
05:37Vous êtes encore plus radical que je ne suis.
05:41Et 50 ans, ce n'est même pas assez.
05:43Disons seulement 30 années.
05:45Affaire de salubrité publique.
05:47N'êtes-vous pas d'accord ?
05:49J'ai peut-être été injuste
05:52pour les compositeurs allemands de notre époque.
05:54Vous ne pensez pas ce que vous avez dit ?
05:58Si, bien sûr.
06:00Mais vous ne réussirez jamais à convaincre qui que ce soit.
06:02Ça, c'est vrai.
06:03Personne ne m'écoute.
06:04Et si quelqu'un vous procurait bientôt le moyen d'être écouté ?
06:07Comment ?
06:11Quelques amis et moi avons fondé une revue
06:13qui est, disons-le franchement,
06:16la publication de loin la plus intelligente de notre ville.
06:19C'est Dionysos.
06:22Voulez-vous être notre critique musicale ?
06:25Hâtez-vous d'être vraiment sincère.
06:27Du cœur, en vos convictions.
06:28Aimez réellement la musique,
06:30mais dans ce cas, dites-le carrément.
06:32Manifestez toutes vos opinions
06:33et jusque sur la place publique,
06:36débarbouillez votre âme de toute espèce d'équivoque.
06:39Compositeurs, virtuoses,
06:40chefs d'orchestre, chanteurs,
06:42et toi, notre cher public,
06:44une fois pour toutes, vous saurez qui vous êtes.
06:46Et moi, je vous y aiderai.
06:51Même si la musique et les musiciens
06:53doivent en souffrir longtemps,
06:55si cette musique et la vérité
06:57ne peuvent parvenir à vivre ensemble,
06:58que la musique périsse.
07:00La vérité, c'est la vie,
07:01et le mensonge, la mort.
07:06Quel style, jeune homme, quel style.
07:09Tu penses que c'est une réussite, père ?
07:12Réussite, oui.
07:14Tu vous attireras de nombreux ennemis.
07:16Peu importe, le principal est d'avoir dit vrai, monsieur.
07:19Cher, Cher.
07:22Vous êtes compositeur, je crois.
07:25Attention, Christophe.
07:27Ma sœur a du talent pour les questions perfides.
07:28Je n'ai rien à cacher.
07:30Vous ne craignez pas
07:31que vos œuvres soient sévèrement jugées.
07:38On verra bien.
07:39Mais voyons, mon cher Christophe,
07:40vous qui êtes un vrai artiste,
07:41et n'ayant pas peur des mots,
07:43un aussi brillant critique,
07:45comment êtes-vous donc encore
07:46un modeste deuxième violon dans l'orchestre local ?
07:48Un modeste deuxième violon ?
07:51Mon cher Malheim,
07:56puisque le deuxième violon commence une nouvelle carrière,
07:59il doit être en accord avec ses déclarations.
08:01Donc, il démissionne.
08:03Messieurs, nous venons de boire à la naissance d'un critique,
08:06buvant maintenant la disparition prématurée
08:08du deuxième violon de son Altesse.
08:09Paul House,
08:11notre rédacteur en chef.
08:12Vous le connaissez ?
08:14Et toi, Judith,
08:16qu'est-ce que tu en penses ?
08:17Je crois qu'il réussira.
08:19Sa force se lit sur son visage.
08:22Puisqu'il est fort,
08:24nous devons l'aider.
08:27Santé.
08:28À la vôtre.
08:34Monsieur Schmitt ?
08:35Oui, maître.
08:36Dorénavant, vous me tiendrez le pupitre
08:38de Monsieur Kraft, s'il vous plaît.
08:39Je vous remercie.
08:41Merci, maître.
09:08Je souhaiterais que ce passage soit beaucoup plus lié,
09:28avec plus d'ensemble.
09:29Cette musique doit être jouée avec plus d'unité.
09:33Les hauts voies et les cuivres seulement.
09:35Quatre mesures avant A.
09:37Tu as lu l'article de Kraft sur Brahms ?
09:46Non.
09:46Ça t'intéresse ?
09:47Oui.
09:47Mais jamais de sa vie le vénéré,
09:50maître Brahms,
09:51n'a su ce qu'était le naturel.
09:53Il nous fait prendre pour de la sensibilité,
09:56ce qui n'est en définitive
09:57qu'artifice de métier.
09:58Mais tu as entendu ?
09:59Incroyable.
09:59Brahms fait déclencher nos larmes
10:01à en faire déborder le flot grossissant,
10:04alors que lui-même est incapable
10:06de ressentir la moindre délicatesse
10:08de l'esprit du cœur.
10:10Ça alors ?
10:11Cela manque encore de lyrisme, messieurs.
10:17J'ai l'impression que vous avez oublié
10:19que nous interprétons Brahms
10:20et non une quelconque composition moderne.
10:25Reprenons du début, je vous prie.
10:26Cinquante, pas de la fripi.
10:37Cinquante, pas de la fripi.
10:37C'est parti.
10:39C'est parti.
10:41C'est parti.
10:41Ce monde-veille
10:58Sans revue de la primerie.
11:23J'ai classé le courrier de ce matin.
11:25Il y a des mécontents.
11:26Trente lettres de protestation.
11:29Je ne savais pas que nous avions autant de lecteurs.
11:31Tu avais oublié de nous dire que Kraft était un enragé qui allait se mettre à mordre tout le monde.
11:35Il est très agressif.
11:36Je trouve ça très salutaire et de surcroît très amusant.
11:40Mais toute ma famille en est ravie.
11:41Que ta famille soit satisfaite, je veux bien.
11:43Seulement c'est Dionysos qui est menacé.
11:45Eh bien, si ça continue comme ça, il ne nous restera plus aucun lecteur.
11:48Alors il faut mettre Kraft à la porte.
11:50Au moins, vous admettrez qu'il y a du vrai dans ce qu'il écrit.
11:53Et qu'en plus, il y met de la conviction.
11:54Manheim a raison. Kraft doit continuer.
11:58Bonjour, monsieur.
11:59Bonjour, Christophe.
12:01Bonjour, Manheim.
12:04Nous parlions justement de votre dernier succès.
12:06Oui.
12:07Votre dernier article n'est pas passé inaperçu.
12:09Si l'on en juge d'après le courrier.
12:10J'ai personnellement aimé votre fougue et votre franchise.
12:14Oui, et surtout votre franchise.
12:16Merci.
12:16Je vous ai apporté un nouvel article pour la semaine prochaine.
12:19Je parle de Wagner.
12:21Les chapelles de notre grand maître.
12:23Et de tout cet abominable fétichisme.
12:25Tenez, Manheim.
12:25Vous m'attendez avec impatience.
12:27Impatience, reçois-y.
12:28Ah, vous allez au théâtre ?
12:31Oui, c'est une première.
12:33Abelette, en français.
12:35Avec la Monnaie Sylvain, la plus grande tragédienne de Paris.
12:39Vous irez ?
12:40Certainement pas.
12:42Et pourquoi ?
12:43Vous n'aimez pas le théâtre ?
12:44Ah si, j'adore le théâtre.
12:46Ah bon ?
12:47Tenez, une loge pour vous tous seuls.
12:50C'est la loge des Grunbaum.
12:52Un des hommes les plus riches de la ville.
12:54Il ne l'occupe pas ce soir.
12:55Et moi j'ai autre chose à faire.
12:57Mais qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'une loge tout seul ?
13:00Fumer, boire, dormir.
13:01Ou bien danser.
13:02Vous pouvez amener des femmes, puisque vous en avez.
13:05Et si vous en manquez, nous pouvons aussi vous en prêter.
13:08Non, non.
13:10Je peux en trouver moi-même, merci.
13:11Eh bien, soit.
13:12Passez une bonne soirée, Christophe.
13:17Merci.
13:27La représentation est commencée.
13:29Il vous faut attendre le premier rideau.
13:31Ah, je suis désolé.
13:34Très bien, merci.
13:43Mademoiselle ?
13:45Vous partez, vous n'avez pas de place ?
13:48Non, monsieur.
13:50C'est complet.
13:51Vous savez, j'ai une loge.
13:55Est-ce que vous voulez en profiter ?
13:57Je vous remercie, mais je ne peux pas accepter.
14:01Enfin, pourquoi ? Vous voulez voir la représentation, non ?
14:04C'est vrai.
14:07Oui ?
14:08S'il vous plaît, monsieur.
14:09Par ici.
14:10Merci.
14:10Merci.
14:10Merci.
14:10Merci.
14:10Merci.
14:15Tu as vu qui est dans la loge de Grunbaum ce soir ?
14:33Bonne chine.
14:38Comment vous remerciez ?
14:40C'est une très belle soirée.
14:44En effet, c'était très beau.
14:46Shakespeare est une source inépuisable de vie.
14:49Et c'est très bien joué.
14:50La vieille dame qui joue à Mlet, c'est la Moune et Sylvain, ne m'a pas beaucoup plu.
14:56Mais Ophélie, Corinne, la Brunerie.
15:02Ce jeune oeuvre-là, c'est lui qui a écrit cet article sur Brahms dans la ronde.
15:06Et elle, tu crois que c'est sa maîtresse ?
15:08Vous êtes vraiment française ?
15:10Oh oui, pourquoi ?
15:11Vous avez l'air tellement sérieux.
15:15Il y a des jeunes filles sérieuses à Paris.
15:18Vous n'êtes jamais allée en France ?
15:20Non, je le regrette.
15:20Je parle français grâce à vos auteurs.
15:23Lesquelles ?
15:24Bien, j'ai lu les oeuvres des mots et les poésies de Mme Collet.
15:28Je n'ai jamais entendu parler de ces écrivains-là.
15:31Je connais aussi Alfred de Musset.
15:32Ah, j'aime beaucoup Musset.
15:34Et Malière.
15:35Louise aime beaucoup Malière.
15:36Elle l'adore.
15:37Louis ?
15:37Oui, Louise est ma mère.
15:39Elle s'amuse beaucoup quand je lui joue des pièces de Malière en interprétant tous les rôles.
15:44Si vous aimez Malière, vous aimez les Français.
15:47Bon, voilà, tout est en règle, madame.
15:49Vous recevrez par le courrier le numéro de la semaine prochaine et les suivants.
15:53Madame ?
15:53Je vous remercie.
15:54Au revoir, monsieur.
15:57Au revoir.
15:59Vous avez lu ce que dit Kraft sur Wagner, j'imagine ?
16:01Il va nous faire du tort.
16:03Les fidèles de Wagner sont nombreux.
16:05En plus, ils ont une influence considérable.
16:06C'est exactement ce qu'il leur reproche.
16:08Au fond, messieurs, c'est ce que nous pensons tous.
16:11Seulement, nous ne l'écrivons pas.
16:13Oui, mais nous avons peut-être tort.
16:14Vous savez, Valdaus, c'est vous que les lecteurs critiquent à présent.
16:18Moi, pourquoi ?
16:19Réfléchissez.
16:20C'est vous qui êtes le rédacteur en chef.
16:23Dans ce cas, arrêtons une fois toutes les articles.
16:26Vous avez sûrement raison.
16:27J'ai une meilleure idée.
16:29Venez.
16:35Laquelle ?
16:36Mais vous êtes en train de réécrire son article ?
16:39Non, je le corrige un peu.
16:42Je lui ai proposé de revoir ses épreuves.
16:45Il n'a pas le temps et moi, ça m'amuse.
16:47Oui, mais vous le réécrivez tout de même.
16:49Non, soyez tranquille.
16:50Il y a de petites modifications, rien du tout.
16:54Légères nuances, rien de bien méchant.
16:59Et son texte l'est beaucoup moins.
17:01Il va être furieux.
17:02Pourquoi donc ?
17:05Et puis je lui fais de nouveaux amis.
17:07Bonjour, messieurs.
17:08Bonjour.
17:08Est-il possible de souscrire un abonnement ?
17:10Je suis amateur de musique, de musique sérieuse.
17:12C'est parfait.
17:13Vous voulez vous asseoir ?
17:14Merci, monsieur.
17:14Vous en prie.
17:15Merci.
17:17Joli travail, ce soir.
17:19Les Français occupent le théâtre.
17:22Ah oui.
17:22Vous m'avez appelé ?
17:23Oui, monsieur Ox.
17:26Deux bières, n'est-ce pas, messieurs ?
17:28Tenez.
17:29Merci.
17:30J'ai été voir Hamlet, tu sais, hier soir.
17:32Tu viens pour les photos ?
17:34Non, la vieille veut pas de moi.
17:37A tout à l'heure.
17:44Excuse-moi, une minute.
17:46Vachement, prie.
17:47Votorisez-vous à vous féliciter, mademoiselle.
17:50J'ai assisté à la représentation hier soir.
17:52Je connaissais Hamlet, mais j'ai découvert Ophélie grâce à vous.
17:57Oh, je ressemble guère à l'image qu'on se fait d'Ophélie.
18:00Quelle importance, vous êtes une Ophélie méridionale.
18:02Vous apportez la fraîcheur toute naturelle de votre vent, le mistral.
18:06C'est très joli.
18:08Vous devriez être critique dramatique.
18:11Je suis critique musical.
18:12Mon nom est Jean-Christophe Kraft.
18:14Enchantée.
18:16Asseyez-vous.
18:17Là, près de moi.
18:18Merci.
18:23Je meurs d'ennui quand j'ai personne à qui parler.
18:25Ah bon ?
18:27Et les autres comédiens ?
18:30Oh, parlons-en, ils sont stupides.
18:32Et d'une jalousie.
18:33Ah, mais si vous vous ennuyez, allons faire un tour en ville.
18:37À Rheinbourg, nous avons nos très jolies églises.
18:40Vous n'êtes jamais venue chez nous ?
18:41Non, c'est ma première tournée en Allemagne.
18:45Ah.
18:46Vous aimez les Allemands ?
18:49Pas tellement.
18:51Je les trouve un peu lourds.
18:52Un peu seulement ?
18:54Ils m'aiment beaucoup.
18:56Ils sont comme ça.
18:58Mademoiselle, je vous invite à souper, nous ferons très bonne chair.
19:01Alors, ce soir, nous ne souperons pas ensemble.
19:04Je vous invite à déjeuner immédiatement, car j'ai une véritable fin de loup.
19:08D'accord ?
19:09Non, c'est fini.
19:29Zut ! Ma robe est prise.
19:30Attention, vous allez la déchirer.
19:32Ce serait dommage, elle est très jolie.
19:35Bon, c'est fait, tant pis, on en achètera une autre.
19:40Allons, Monsieur Crave, l'attention est bientôt finie.
19:43Oui, j'arrive.
19:46Quel vis-plandis.
19:51Vous entendez ?
19:53Oui.
19:53Les cloches, elles me rappellent toute mon enfance.
20:01Regardez, là-bas, c'est le Rhin.
20:02J'aimerais bien qu'on aille faire un tour.
20:04C'est un très joli coin.
20:05Alors, c'est ça, parce que demain, nous partons pour Francfort.
20:09Francfort ?
20:10C'est là que vit Franz Maria Hassler ?
20:12Le grand compositeur ?
20:14Vous le connaissez ?
20:16Ah, j'ai fait des études de chant, mon cher.
20:18Ah, Hassler est un souvenir aussi.
20:22J'avais 7 ans, on m'a emmené pour la première fois de ma vie à l'opéra et dirigeait l'orchestre.
20:26Ensuite, j'ai accompagné mon grand-père dans sa loge et Hassler m'a dit...
20:33C'est là par l'importance.
20:40Après Francfort ?
20:41Oh, après Mayence, Jusseldor, Baden-Baden, Berlin.
20:46La tournée des Grands Ducs.
20:47Vous pouvez venir me voir.
20:49Je viendrai peut-être à Francfort.
20:52Et à Paris ?
20:54Je viendrai peut-être à Paris.
20:58Pour voir Corinne ?
20:59Oui.
20:59Alors, il faut tendre la main et dire, je le jure, comme dans Horace.
21:17Merci.
21:18Merci.
21:19Merci.
21:20Merci.
21:20Merci.
21:20C'est parti.
21:50C'est parti.
22:20C'est parti.
22:50Bonjour, je suis bien chez le maître Franz Maria Hasler.
22:55Oui, mais je crains que vous ne puissiez le voir.
22:58À cette heure, monsieur se repose.
22:59Dites-lui qu'il m'a donné rendez-vous.
23:01Pas aujourd'hui.
23:02Si.
23:04Enfin, il doit y avoir 15 ans.
23:06Tant que ça ?
23:08Bon, vous pouvez entrer.
23:09Je vais voir ce que je peux faire pour vous.
23:11Merci bien.
23:12Vous devriez le recevoir, monsieur.
23:40Il se dit qu'il vous connaît depuis longtemps.
23:43Combien de fois faudra-t-il te répéter que je ne vais recevoir personne ?
23:47On ne peut donc pas me laisser tranquille ?
23:48Il faut absolument que vous le voyez.
23:51Fiche-moi la paix.
23:51Est-ce que je vous connais ?
24:04Je m'appelle Jean-Christophe Kraft.
24:06Bien sûr, maître, vous ne vous souvenez pas de moi, mais vous m'avez pris dans vos bras autrefois.
24:13J'étais très jeune, j'étais encore un petit garçon.
24:16Et vous m'aviez dit de ne pas hésiter à venir vous voir si j'avais un jour besoin d'un conseil amical.
24:23Je ne me souviens pas du tout.
24:30Vous êtes musicien ?
24:32Je suis compositeur.
24:33De mauvaise ou de bonne musique, à votre avis ?
24:37Bonne ?
24:39J'espère.
24:39Vous avez tort, la mauvaise versette.
24:42Aujourd'hui, on ne compose plus que de la mauvaise musique.
24:49J'ai présenté une symphonie au maître Karl Fratt dans le cadre de son examen annuel.
24:54C'est le vieux Fratt. Il vit encore ?
24:56Oui, il dirige la société musicale du théâtre de notre ville.
25:00Une brave et gentille société de petite ville.
25:03Je vois ça d'ici.
25:05Et si vous me parliez de vous ?
25:07De moi ?
25:09Oui.
25:13Bien.
25:16Il y a trois ans, j'ai commencé...
25:17Voulez-vous une tasse de thé ?
25:20Merci. Il y a trois ans, j'ai commencé...
25:22Merci oui ou merci non.
25:26Oui, merci.
25:33Vous alliez me parler de vous ?
25:39Vous permettez ?
25:46Quoi ? Vous voulez jouer maintenant, ici ?
25:49Vous aviez promis de m'entendre ?
25:50Ah oui, il y a plus de 15 ans.
25:53Et c'est pour ça que je suis venu.
25:55Bien, allez-y.
25:56Hoy, moi je suis venu.
26:00M'areative de sonne en même temps, j'ai arriver lonely.
26:05Merci.
26:05Et il y a more.
26:05Demain, allez-vous suicide ?
26:07Merci.
26:07J'ai 번째 men golpe.
26:09Queme.
26:10Après laEE.
26:11C'est en un mot, j'en vais.
26:12C'est parti.
26:42C'est parti.
27:12Oui ?
27:37Vous désirez, monsieur ?
27:43Bonsoir. Je pourrais voir Mademoiselle Labrunnerie, je vous prie.
27:46Un instant.
27:47Merci.
27:47Un monsieur pour vous.
27:48Comment il s'appelle ?
27:49Je m'appelle Jean-Christophe Kraft.
27:51On rentre ! Tu es vraiment très gentil.
27:58Tu as vu la pièce ?
28:01Oui.
28:02Elle te plaît ?
28:04Elle n'est pas très intéressante, quoi.
28:06Ça, au moins, c'est franc.
28:09Tu as fait bon voyage ?
28:11Oui.
28:13Oui, oui.
28:14Corinne.
28:19Puisque je suis venu ce soir à Francfort, eh bien...
28:22Est-ce qu'on ne pourrait pas...
28:32Qu'est-ce que c'est ?
28:34Corinne, chérie, n'oubliez pas que je vous attends pour souper.
28:37Nous ferons très bonne chair.
28:38C'est entendu, Hans. Je viendrai.
28:45Merci, ma chérie. Merci mille fois.
28:48Au revoir, Corinne.
28:49Déjà ?
28:50Oui, je vois que tu es invitée à souper.
28:53Ne sois pas méchant.
28:55Non, non.
28:57Mais il vaut mieux que j'aille reprendre mon train.
28:59Au revoir.
29:06Alors, à Paris ?
29:08Oui.
29:14Peut-être.
29:15Peut-être.
29:38Peut-être.
29:47Peut-être.
29:47Peut-être.
29:48Peut-être.
30:48Tout à fait, par hasard.
30:51Vous êtes incroyable.
30:53Vous empruntez aux Grünböhm leur loge
30:55et vous y invitez leur institutrice française, tout simplement.
30:59Ah, c'est leur institutrice française ?
31:02Oui, c'était.
31:04Oui, je dis c'était parce qu'ils l'ont renvoyée.
31:08Pourquoi ?
31:09Non, ne faites pas l'enfant, je vous en prie, Christophe.
31:11Les Grünböhm ont appris que cette petite était votre maîtresse.
31:17Ma maîtresse ?
31:19Ah, mais je l'ai rencontrée au théâtre pour la première et la dernière fois
31:25et c'était l'autre soir.
31:26Voilà tout.
31:27Vraiment ?
31:29Oui, vraiment.
31:31Je trouve ça encore plus drôle.
31:35Non, ce n'est pas drôle.
31:38C'est un affreux malentendu.
31:44Je vais aller voir les Grünböhm.
31:48Et je vais tout leur expliquer.
31:50Ça ne servira à rien.
31:51Non à rien.
31:51Et puis d'ailleurs, elle est probablement partie depuis longtemps.
31:54Oui, c'est vrai.
31:57Elle est rentrée à Paris.
31:59Mais je croyais que vous ne l'aviez pas revue.
32:03Bonjour, maître.
32:05J'ai appris que vous m'aviez convoqué.
32:08Asseyez-vous.
32:09Merci.
32:12Cher Kraft,
32:14notre société a bien voulu retenir la partition
32:16que vous lui avez fait parvenir.
32:18Elle l'inscrit à son programme pour le mois prochain.
32:22Le titre est ?
32:23Poème symphonique numéro 6.
32:25Oui, c'est cela.
32:27Une lecture préliminaire en sera faite
32:28par l'orchestre des Mercrediens VIII dans la grande salle.
32:31Vous connaissez les statuts.
32:33Cette lecture, selon l'usage que vous n'ignorez sans doute pas,
32:36sera une répétition publique.
32:39Oui, ça je le sais.
32:41Bon.
32:42Eh bien, voilà.
32:43Voilà ce que j'avais à vous dire.
32:46À très bientôt.
32:50Je...
32:50Je vous suis infiniment reconnaissant.
32:54Merci, maître.
32:54Cher Kraft,
32:56il est dommage
32:57que votre démission
32:59dans notre orchestre
33:00vous défende
33:01de participer
33:02à l'exécution
33:03de votre oeuvre.
33:05Nul ne le déplore
33:06plus que moi, maître.
33:08Nous ne pouvons naturellement
33:10faire une exception
33:12en ce qui vous concerne.
33:13Et je crois
33:13que vous ne songez pas
33:15à reprendre cette démission,
33:17n'est-ce pas ?
33:18Non, certainement pas.
33:21D'autre part,
33:23depuis quelque temps,
33:24j'ai constaté
33:25que vos derniers articles
33:27parus dans Dionysos
33:28sont moins...
33:30oui, comment dirais-je...
33:32virulents.
33:33Oui, virulents.
33:36Je n'ai nulle intention
33:37de blesser
33:39qui que ce soit.
33:41Mais si vous écriviez
33:42maintenant
33:42un article sur Brahms,
33:44franchement tout à fait
33:45entre nous,
33:46utiliseriez-vous
33:47les mêmes termes
33:48désobligeants ?
33:50J'utiliserais
33:51sans hésiter,
33:54honnêtement,
33:57les termes
33:58guimauve,
33:59gnan gnan.
34:00Parfait.
34:02Je voulais m'en assurer.
34:05Au revoir,
34:06monsieur Kraft.
34:07revoir, maître.
34:33Mais monsieur,
34:34vous êtes fous ?
34:35Comment je vais le vendre,
34:36maintenant ?
34:37Qu'est-ce que c'est que ça,
34:47à votre avis ?
34:48C'est le dernier numéro
34:49de notre revue,
34:50apparemment.
34:51Oui.
34:52Oui, mais qui a écrit
34:53cet article ?
34:54Jean-Christophe Kraft.
34:56Qui ?
34:57Jean-Christophe Kraft.
35:00Sale menteur.
35:02Vous n'êtes qu'une bande
35:03de sale menteur.
35:06Goldring,
35:06voulez-vous fermer
35:07la fenêtre ?
35:08Sale menteur !
35:10Mais vous vous seriez
35:11brouillé avec tout le monde
35:12si je n'avais pas
35:13arrondi les angles.
35:13Non !
35:14Allons !
35:15Allez-nous voir
35:16chez les socialistes.
35:17Leur bureau est en face.
35:17Vous ne trouvez pas
35:29que notre ami Kraft
35:30est violent ?
35:31J'espère qu'il ne suivra pas
35:39mon conseil,
35:40sinon il est perdu.
35:42Vous pensez vraiment
35:43qu'il va écrire
35:43pour les socialistes ?
35:44J'en doute.
35:45C'est qu'il est capable
35:46de tout.
35:46Sous-titrage ST' 501.
36:16Merci.
36:46Merci.
37:16Merci.
37:46Mesdames, Messieurs, Dames, Messieurs, Dames, s'il vous plaît ! C'est une ignoble conspiration ! Il n'y a pas une note de moi ! Aucune note !
38:06Mesdames et Messieurs, j'ai autorisé qu'on joue cette chose pour pouvoir vous donner en spectacle celui qui a pu écrire à propos de Brahms les monstruosités que vous avez tous lues, sans aucune retenue ni aucun respect.
38:21Bravo ! Bravo !
38:23Baradine ! Baradine !
38:49Ouvrez la porte !
38:51Immédiatement !
38:52Ouvrez cette porte !
38:55Ouvrez !
39:21Oh, Christophe ! Oh, mon Dieu, ce que tu m'as fait peur !
39:22Qu'est-ce qui t'arrive, mon chéri ?
39:23Oh, Christophe ! Oh, mon Dieu, ce que tu m'as fait peur !
39:24Qu'est-ce qui t'arrive, mon chéri ?
39:25Tu es allé à Biangué aujourd'hui.
39:26Hum-hum.
39:27Bon.
39:28Bon.
39:29Regarde ce qu'Amélie m'a apporté.
39:30Elle m'a apporté.
39:31Elle m'a apporté ça.
39:32Elle m'a apporté ça.
39:33Ah, tu vois, mon article est paru.
39:34Ah, tu vois, mon article est paru.
39:35Christophe, tu ne serais pas en train.
39:36Oh, mon Dieu, ce que tu m'as fait peur !
39:37Oh, Christophe ! Oh, mon Dieu, ce que tu m'as fait peur !
39:38Oh, Christophe ! Oh, mon Dieu, ce que tu m'as fait peur !
39:42Qu'est-ce qui t'arrive, mon chéri ? Tu as l'air bien Biangué aujourd'hui.
39:55Hum-hum.
39:56Bon.
39:57Regarde ce qu'Amélie m'a apporté.
39:59Elle m'a apporté ça.
40:00Ah, tu vois, mon article est paru.
40:02Christophe, tu ne serais pas en train de faire une bêtise, par hasard.
40:06Maman, j'ai passé l'âge, voyons.
40:09Bon, oui, tu ne serais pas une fois de plus tombé amoureux.
40:13Non, je ne suis pas une fois de plus amoureux, Dieu merci.
40:23Christophe, tu ne composes presque plus jamais.
40:28Non.
40:32Je ne peux pas.
40:36Il faut attendre.
40:37Attendre.
40:38Mais attendre quoi ?
40:43Je n'en sais rien moi-même.
40:46Peut-être devrais-je partir.
40:49N'importe où.
40:51À Paris, bien...
40:53Surtout, ne prends pas mal ce que je viens de dire.
40:56Seulement...
40:58Ça m'est nécessaire.
41:00Essaye de comprendre.
41:01C'est nécessaire pour ma musique et...
41:04C'est nécessaire pour ma...
41:08Pour ma vie.
41:10Christophe...
41:12Tu...
41:13Tu es maintenant tout ce que j'ai au monde.
41:15Ernest a quitté la maison.
41:17Ton père est mort.
41:19Et...
41:21Et si tu t'en vas, toi aussi.
41:23Il ne me reste plus qu'à mourir.
41:24Maman, voyons.
41:26Mais pourquoi ne peut-on pas mourir tous ensemble ?
41:29Maman.
41:35M. Crarp.
41:38Ordre de son atteste, le grand duc.
41:40Je dois vous amener au palais.
41:43Qu'il s'occupe de sa politique, mon vieux.
41:45Et qu'il me fiche la paix.
41:46Mon petit...
41:48Non, non, je t'en prie, fais ce qu'il dit.
41:50Monsieur, je dois vous ramener au palais.
41:52J'en ai expressément reçu l'ordre.
41:54Je suis vraiment désolé pour vous, mais je n'ai pas de temps à perdre.
41:58Christophe...
42:00Christophe, mon petit, voyons, vas-y tout de suite.
42:02Fais-le pour moi, je t'en prie.
42:14Bon, bon.
42:16Merci.
42:21Après vous.
42:35Monsieur Jean-Christophe Kraft.
42:37Ah, qu'il en a.
42:46Croyez-vous, monsieur, que vous allez vous moquer de moi longtemps ?
42:56Votre Altesse, je...
42:58Je ne comprends pas.
43:00J'ai lu votre dernier article, cette ordure.
43:02Vous ne comprenez toujours pas, monsieur Kraft.
43:04Je ne vois aucun motif de reproche.
43:06Ce journal de misérables qui m'insulte quasiment chaque jour.
43:09Ces gredins de socialistes qui m'injurient sans arrêt.
43:11Vous savez bien, monseigneur, que je m'occupe uniquement de musique.
43:15La politique ne m'intéresse pas. Mes écrits ne peuvent vous nuire.
43:17De toute manière, j'ai le droit d'exprimer mes opinions et d'écrire où je veux.
43:21Vous n'avez pas le moindre droit, monsieur, sauf celui de vous taire.
43:23Je vous ai comblé le bienfait, vous et les vôtres.
43:26Aussi, je vous défends d'écrire quoi que ce soit à l'avenir sans mon autorisation.
43:31Écrivez plutôt de la meilleure musique ou travaillez votre solfège.
43:34Et si cela ne vous est pas possible, retournez donc à votre piano et laissez-nous en paix.
43:39Je ne suis pas votre esclave.
43:41Je dirai ce que je veux et j'écrirai ce que je veux.
43:44Sortez !
43:46J'écrirai ce que bon me semble.
43:48Oui. Oui, monseigneur, je suis libre.
43:50Voulez-vous le flanquer dehors ?
43:53Flanquez-le dehors !
43:55Non !
43:56Non !
43:58Laissez-moi tranquille !
44:00Laissez-moi tranquille !
44:01J'écris !
44:20Laissez-moi tranquille !
44:21Laissez-moi tranquille !
44:22Laissez-moi transitionner !
44:23Laissez-moi LabGAGAGA scheillon !
44:24J'écris !
44:25J'écris !
44:26Hahaha !
44:28M14r !
44:29Pas- Smases-moi !
44:30Han devais bien !
44:31Teste, quand il Ih
44:43C'est parti.
45:13C'est parti.
45:43C'est parti.
46:13C'est parti.
46:43C'est parti.
47:13C'est parti.
47:43C'est parti.
48:13C'est parti.
48:43C'est parti.
49:13C'est parti.
49:43C'est parti.
49:45C'est parti.
50:45C'est parti.
51:15C'est parti.
51:17C'est parti.
51:19C'est parti.
51:21C'est parti.
51:23C'est parti.
51:55C'est parti.
51:57C'est parti.
52:59C'est parti.
53:01C'est parti.
53:03C'est parti.
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