Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00En octobre 2024, un chauffeur VTC avait été abattu d'une balle en pleine tête à Marseille.
00:04Le suspect, un ado de 14 ans, en fait, il agissait pour un narcotrafiquant en prison.
00:10Il est jugé à partir d'aujourd'hui à huis clos pour homicide volontaire en bande organisée.
00:15C'est Boris Karlamov qui suit ce procès pour nous, pour BFM TV.
00:18Comment s'est passée cette première journée d'audience, Boris ?
00:22Eh bien, l'audience, elle est toujours en cours à l'heure où l'on se parle.
00:25Depuis ce matin, c'est donc le procès, le premier procès PNACO.
00:31Vous savez, c'est ce nouveau parquet national anti-criminalité organisé.
00:35Le procès de cet adolescent âgé de 14 ans au moment des faits que Nessim Ramdam,
00:40ce chauffeur de VTC marseillais, avait pris en charge pour une course.
00:44Ce jeune, il avait été recruté sur les réseaux sociaux par un détenu de la prison d'Exwins,
00:49se revendiquant de la DZ Mafia, pardon, pour assassiner un narcotrafiquant d'un clan rival.
00:55Mais il aurait finalement tiré froidement sur le chauffeur de VTC après un différent abord du véhicule.
01:02Très peu de temps après les faits, le commanditaire, mécontent de cette erreur de cible,
01:06a alors appelé lui-même les services de police depuis sa cellule pour dénoncer le tireur
01:11et en quelque sorte se dédouaner de ce crime.
01:14Ce matin, c'était donc la personnalité, la situation familiale du prévenu qui avait été abordée par ce tribunal.
01:23Selon nos informations, ce tribunal n'a pas encore abordé les faits.
01:28Et puis dans la salle, il y a bien évidemment la famille de Nessim Ramdam.
01:32Il y a sa compagne qui est arrivée en larmes ce matin ici au tribunal,
01:36accompagnée par le frère et la maman de la victime.
01:39Je vous propose justement d'écouter leur avocate, maître Anne Santana-Marc.
01:43Elle est au micro de Louis Santerre.
01:46Nous attendons des explications, même si ces explications ne nous ramèneront pas Nessim, c'est évident.
01:52Mais nous attendons surtout que la justice soit un rempart contre la violence
01:56et cette nouvelle violence des qualitatives de jeunes mineurs.
02:02Et nous souhaitons une peine exemplaire.
02:04C'est très compliqué, bien évidemment. C'est un drame de toute façon que l'on ne peut même pas imaginer.
02:13Et le délibéré dans cette affaire qui sera rendue publique est attendu jeudi en fin de journée.
02:17Le parquet national anti-criminalité organisé sera donc à la manœuvre pour les réquisitions d'ici à jeudi matin.
02:26Le mineur de 15 ans encoure une peine maximale de 20 ans de prison,
02:30la perpétuité étant exclue au titre de l'excuse de minorité.
02:34Merci. Boris Karlamoff avec Louis Santerre en direct du tribunal judiciaire de Paris.
02:37Quant aux avocates du mineur, voilà ce qu'elle disait aussi juste après l'audience.
02:44Notre client, comme depuis le début de l'enquête et depuis le début de sa garde à vue, a toujours répondu aux questions.
02:49Ce matin, c'était principalement sur son parcours à lui.
02:53Ça a été des moments très difficiles, je pense pour lui psychologiquement, que de devoir raconter toute cette vie qui, encore une fois, était particulièrement chaotique.
03:05Bien évidemment qu'il est profondément désolé, même si selon ses mots, ça ne change rien pour des victimes.
03:14– Il encourt 20 ans de réclusion.
03:17– Oui, ça a relancé justement le débat sur l'excuse de minorité, puisqu'elle ne peut pas être écartée par les juges,
03:22étant donné qu'il avait 14 ans au moment des faits, ça fonctionne que si on a entre 16 et 18 ans,
03:27et des personnalités politiques se prononcent justement pour une réforme, pour lever cette excuse de minorité.
03:33C'est le cas du garde des Sceaux actuel, Gérald Darmanin.
03:38– On va l'écouter dans un instant.
03:39Vous êtes pour la suppression de cette excuse de minorité ?
03:42– Oui, bien sûr, ça fait partie de notre programme avec Marine Le Pen, Gérard de Bardella,
03:47c'est abaisser la majorité pénale à 16 ans et supprimer l'excuse de minorité,
03:51mais j'entends le garde des Sceaux, c'est comme le vin en fait, Gérard Darmanin,
03:55il se bonifie avec le temps, c'est-à-dire que plus les mots avancent,
03:59plus il va piocher dans le programme de Marine Le Pen, Gérard de Bardella,
04:01donc c'est un honneur, mais en tout cas les Français préfèrent l'original à la copie.
04:05– Il dit qu'en État, on ne peut pas le faire, et que ça doit être un débat présidentiel
04:09qui doit trancher cela, parce qu'il faudra changer la constitution.
04:11– Bien sûr, mais je rappelle qu'il y a déjà 10 ans, nous proposions
04:14l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans,
04:17Marine Le Pen s'est toujours prononcée en faveur de l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans,
04:22et puis ensuite supprimer l'excuse de minorité, mais dans le même temps,
04:26il faut également responsabiliser les parents,
04:28et quand il y a des mineurs récidivistes, il faut supprimer les allocations familières.
04:32– Les deux parents de ce tueur sont en prison pour trafic de drogue ?
04:35– Oui, et dans ce cas-là, il y a ce qu'on appelle les centres éducatifs fermés,
04:40j'en ai un dans ma circonscription qui fonctionne très bien, j'y suis allé.
04:43– Là on est au-delà, pardon, là on parle de quelqu'un qui a tué de sang froid,
04:46un chauffeur VTC, on n'est plus dans le centre éducatif fermé.
04:48– Oui, bien sûr, mais il faut une réponse pénale, et là-dessus,
04:53je vous dis, ça fait longtemps qu'on propose l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans.
04:55– On a retrouvé Gérald Darmanin, le garde des Sceaux.
04:58– Je suis pour la suppression d'excuses de minorité.
05:03Cependant, il faut changer la constitution pour ça.
05:05Je pense qu'il n'y a pas unanimité au gouvernement pour ça,
05:07je pense qu'on n'en a pas les moyens politiques aujourd'hui
05:09avec une assemblée où nous sommes extrêmement minoritaires,
05:12mais je pense que c'est pour l'année prochaine,
05:14c'est-à-dire pour un débat présidentiel, je suis favorable.
05:16– C'est un sujet à mettre dans la campagne présidentielle.
05:17– Oui, et moi je suis favorable à une modification importante.
05:20Le tribunal pour enfants doit continuer à exister,
05:22même s'il doit être modifié, mais l'excuse de minorité,
05:25comme l'a dit Laurent Nunez, doit être supprimée.
05:27– Alors, il dit qu'il n'y a pas de majorité, pas si sûr,
05:30parce que le RN est favorable, l'LR sans doute,
05:33c'est peut-être au sein du bloc central qu'il y aurait sans doute…
05:35– Oui, c'est là où ce serait probablement le plus difficile à faire accepter,
05:38parce qu'il y a une partie de renaissance, si j'ai l'air de dire,
05:40l'aile gauche qui probablement ne l'accepterait pas,
05:43mais il considère qu'à partir du moment où il faut modifier la constitution,
05:46je vous rappelle qu'il faut obtenir une majorité des 3-5e de chaque côté,
05:49c'est extrêmement compliqué.
05:51– Ou alors organiser un référendum.
05:52– Ou organiser un référendum, après, vous ne pouvez pas dire quand même
05:55qu'ils n'ont rien fait, parce que par exemple, l'année dernière,
05:57dans la loi Attal sur cette question de la justice des mineurs,
05:59il y avait une volonté de réduire la portée de cette excuse de minorité,
06:03et c'est le Conseil constitutionnel ensuite qui a retoqué cela.
06:06La volonté politique, elle était là.
06:07– Mais grâce au Rassemblement national, parce que nous avons voté cette loi.
06:11– Non mais je ne peux pas dire…
06:12– Bien sûr, ça a été censuré par le Conseil constitutionnel,
06:15mais le problème de cette censure, c'était justement
06:17l'excuse de minorité.
06:20– Abel Boyy, il faut quand même revenir sur les faits.
06:22On a donc un jeune qui avait 14 ans, lorsqu'il a tué ce père de famille.
06:27Il est recruté depuis un mafieux en prison,
06:30membre de la DZ Mafia, pour régler des comptes.
06:33Il se trompe de cible.
06:35Alors il a changé de version, parce que dans un premier temps,
06:39il a dit que c'était un accident, qu'il avait tiré accidentellement dans ce VTC.
06:44Finalement, quand on lui dit qu'il a tué, mais c'est le commanditaire qui lui a dit de le faire,
06:48on verra ce que disent les juges.
06:51Mais est-ce que vous êtes d'accord sur le fait qu'aujourd'hui,
06:53on ne peut plus juger un adolescent qui a tué par la justice des enfants,
07:01et qu'il faut peut-être aujourd'hui le juger comme un adulte ?
07:03– Bien entendu, il faut aller au prorata de l'acte commis.
07:06Vous savez, le premier sentiment qui prévaut sur tous les autres,
07:09c'est celui de la famille de la victime,
07:12qui eux, je pense, espèrent que ce jeune va prendre beaucoup,
07:15mais qui sait déjà, la famille sait déjà qu'elle va être déçue,
07:18parce qu'il prendra 20 ans, il en fera peut-être 10 au max,
07:21et peut-être même moins.
07:22Quand on est capable de prendre un magnum piton 357,
07:25qui est une arme très lourde,
07:27et de mettre une balle dans la nuque de quelqu'un,
07:29oui, je pense qu'il faut être jugé comme un adulte.
07:31Parce que si on prend comme excuse le parcours de l'enfant,
07:34heureusement que tous les jeunes qui sont en foyer ne tirent pas au pistolet.
07:37Heureusement que tous les jeunes qui sont victimes d'inceste,
07:40qui sont victimes d'abandon, qui sont battus,
07:42ne commettent pas de tels actes.
07:44Donc oui, il faut des actes qui soient dissuasifs.
07:46Pourquoi ? Parce que c'est narcotrafiquant.
07:48Pourquoi est-ce qu'ils prennent les mineurs ?
07:49Pourquoi ils les utilisent ?
07:50– Parce que justement, il y a l'excuse de minorité.
07:51– Et moi, je n'ai pas envie que l'on tombe dans une société
07:53où nous avons des enfants soldats
07:55qui obéissent à des revendications mafieuses.
07:57Parce que même cet homme qui est en prison,
07:59il se revendique de la désaide mafieuse,
08:01mais en réalité, on ne le sait même pas.
08:02– Mais à 14 ans, on est quand même un enfant, à 14 ans encore.
08:05– Bien entendu, mais à 14 ans, on est quand même un enfant,
08:07mais il y a des actes quand même qui restent intolérables.
08:09– Ce qui est terrible, c'est qu'en 2024,
08:11il avait déclaré dans son foyer aux éducateurs qui étaient là,
08:16il leur avait dit « je veux devenir tueur à gage ».
08:18– Oui.
08:18– C'est ce qu'il avait dit.
08:19– C'est un enfant déterminé.
08:20– Et il faut rappeler que dans cette histoire,
08:21il est embauché à 14 ans par un narcotrafiquant en prison
08:25qui veut se venger de la mort d'un gamin de 15 ans
08:28qui lui servait de petite main,
08:29qui avait été tué de 40 coups de couteau et ensuite brûlé.
08:31– Mais c'est ce qui est en train de se développer sur les réseaux sociaux.
08:33– C'est-à-dire que c'est parce que justement ils sont mineurs
08:35qu'ils sont recrutés par des adultes.
08:38– Exactement, mais parce que justement ces adultes
08:40utilisent les failles de la justice en réalité.
08:43Donc aujourd'hui, on a des sortes d'adoles.
08:45– C'est-à-dire qu'on leur promet qu'ils ne risquent pas grand-chose
08:48parce qu'ils sont mineurs ?
08:48– Oui, et eux, on leur promet une grande somme d'argent
08:50et en réalité, ils ne sont pas toujours payés.
08:54Parce que pour être intervenus auprès de jeunes
08:56à qui on a promis ce type de choses
08:58et qui ont été dans une grande désillusion,
09:00ils ne sont pas toujours payés.
09:02Donc on a affaire à la prolifération
09:04d'agences France Travail, de la criminalité
09:06où des jeunes agissent comme des mercenaires.
09:09Ils ne connaissent des fois même pas la personne qui commande.
09:11– Pourquoi ils n'ont pas peur de tuer à 14 ans ?
09:14Pourquoi ils n'ont pas conscience ?
09:15Vous qui fréquentez justement ces mineurs ?
09:18– Moi je dis toujours que la prolifération
09:20de la mauvaise utilisation des réseaux sociaux
09:22qui ne sont pas l'origine
09:24mais qui sont un diffuseur
09:25fait qu'aujourd'hui, vous avez beaucoup de jeunes
09:27qui ont un rapport à la violence qui est totalement désinhibé
09:29et qui n'ont plus peur de la mort.
09:31Moi j'ai beaucoup de jeunes
09:32qui m'ont dit qu'ils ne savent pas
09:34si à l'âge de 18 ans, ils seront vivants.
09:36– Mais alors je vais vous poser une question volontairement
09:37peut-être provocatrice, un peu naïve.
09:40Quand on entend cela,
09:41est-ce que la seule réponse,
09:43c'est la répression ?
09:44Quand avant 14 ans, on dit
09:45je vais devenir tuer au ragage,
09:46est-ce que la première des questions,
09:47ce n'est pas l'éducation ?
09:48– Bien entendu, déjà il y a la cellule familiale,
09:51mais là les parents étaient en prison.
09:52Mais moi je dis toujours qu'il faut le triptyque
09:54prévention, sanction, répression.
09:56Dans la prévention, on a du retard,
09:57on a perdu le sens de la sanction
09:59et la répression ne fait plus peur
10:01parce que quand aujourd'hui même la prison
10:03devient un centre de formation
10:04de la radicalisation et de la criminalité,
10:07on voit qu'on a loupé beaucoup de choses.
10:08– S'il y a 12, 10, 14 ans,
10:09on dit je veux devenir tuer au ragage,
10:11est-ce que ce n'est pas déjà trop tard ?
10:12– Ben si, il faut commencer plus tôt.
10:13Moi je dis toujours avec d'autres
10:14qu'il faut commencer dès l'école primaire.
10:15– Est-ce qu'il y a une génération perdue ?
10:17– Moi j'ai l'habitude de dire
10:18qu'au niveau des 16, 25 ans,
10:20on en a déjà perdu beaucoup.
10:21Il faut qu'on arrête d'avoir des discours de cow-boys.
10:24On en a déjà perdu beaucoup.
10:26Il y a encore quelques jours,
10:28j'étais dans une classe
10:29où effectivement j'ai des jeunes âgés de 16 ans
10:31qui vont par exemple sur des sites
10:33comme Sex Model, Lady Xena
10:35qui consomment déjà des escortes, d'accord ?
10:38Qui sont fascinés par les armes à feu
10:40et qui sont fascinés par le trafic de stupes.
10:42Donc oui, on sème des graines,
10:44mais il faut commencer très tôt,
10:46dès les classes de sème,
10:47dès les classes de sème 2,
10:48parce que le collège c'est déjà trop tard.
10:49– Mais ça on n'entend jamais au RN ça,
10:51M. Taverne, la prévention, l'éducation,
10:54vous c'est la sanction uniquement.
10:56Vous n'essayez pas de récupérer ces jeunes
10:58dès leur plus jeune âge ?
10:59– Mais ça fait 30 ans,
11:00ce marché,
11:01ça fait 30 ans qu'on parle de prévention.
11:04Ça fait 30 ans qu'on en parle.
11:05Est-ce que la situation a changé aujourd'hui ?
11:07Mais absolument pas.
11:07– Est-ce que c'est incompatible ?
11:10– Mais non, ce n'est pas incompatible.
11:11– Mais la prévention n'est pas assez développée.
11:13– Vous savez, je suis élu dans une circonscription très populaire.
11:17Les jeunes de 14-15 ans,
11:19ils vont faire du trafic de stupéfiants,
11:21ils vont brûler des voitures.
11:22Non, parce que les parents sont derrière eux.
11:24Vous avez des enfants, vous êtes derrière eux.
11:27– Donc il faudrait responsabiliser les parents.
11:28– Mais bien sûr qu'il faudrait responsabiliser les parents.
11:30– Mais bien sûr, mais dans certaines communes,
11:33les maires ont installé, regardez,
11:37un invité qui a été élu dans les Yvelines,
11:40Carl Olive.
11:41Carl Olive, il n'est pas pour le Rassemblement National,
11:43qui a mis en place Carl Olive à Poissy.
11:46Il a supprimé les aides facultatives aux familles
11:49où les enfants sont des délinquants.
11:52Et au final, ça a marché, il a des résultats.
11:54Il faut généraliser ce dispositif-là,
11:57c'est-à-dire qu'il faut responsabiliser les parents.
11:59– Prenons exemple sur les élus Renaissance.
12:01– Mais non, ce n'est pas ça du tout.
12:03Carl Olive, il est plus proche du Rassemblement National
12:05qu'ensemble pour la République.
12:06Mais regardez vos Pays-Bas.
12:08C'est l'exemple que nous prenons très régulièrement
12:10avec Marine Le Pen, gendarme Ardella.
12:12Dès la première sanction,
12:14il y a directement des mesures qui sont prises.
12:17Une infraction pénale,
12:19systématiquement, une réponse derrière.
12:21Et ça fait en tout cas une sorte de prévention de la récidive.
12:25Aux Pays-Bas, ça fonctionne très bien.
12:27Donc je pense qu'il faut calquer ce dispositif en France.
12:29– Merci d'avoir été avec nous.
12:32– Merci.
12:33– Merci.
12:34– Merci.
12:35– Merci.
Commentaires

Recommandations