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Chaque week-end, Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Ça s'appelle donc souffler le chaud et le froid. Au lendemain de la première session de pourparler entre Washington et Téhéran, les deux parties rivalisent à la fois de satisfaction et de menace.
00:13D'un côté, regardez ces images, l'envoyé spécial de Donald Trump au Proche-Orient, Steve Vitkoff, qui fanfaronne avec des marines à bord de l'USS Abraham Lincoln, cet immense porte-avions américain qui sillonne le Golfe Persil.
00:25On va revenir sur toutes ces images, bien évidemment. Il y a aussi ce ministre des Affaires étrangères iranien qui, lui, parle d'une poignée de main entre iraniens et américains.
00:34Vous le verrez dans un instant, il n'y a pas de photo, mais on communique là-dessus. On communique aussi sur un accord.
00:39Nous sommes prêts à conclure un accord qui rassure en matière d'enrichissement d'uranium en Iran. Voilà ce que dit le ministre des Affaires étrangères il y a à peine quelques minutes. Écoutons-le.
00:47Nous sommes prêts à conclure un accord qui rassure en matière d'enrichissement d'uranium en Iran. Et cela ne nous pose aucun problème.
00:57Cependant, le principe de l'enrichissement doit être accepté. Les négociations d'hier ont porté sur ces questions précises.
01:03Et quand je dis que c'était un bon début, je veux dire que l'on peut compter sur le fait que ces pourparlers avanceront dans la direction que j'ai indiquée.
01:11Les autres questions que vous avez mentionnées, notamment celles des missiles, relèvent de notre défense et de notre sécurité et ne sont absolument pas négociables, ni aujourd'hui, ni à l'avenir.
01:22Voilà, informations de dernière minute pour en parler. Nous serons en direct de Washington dans quelques instants avec Axel Monnier.
01:28Elsa Vidal est avec nous, éditorialiste politique internationale BFM TV. Le général Jérôme Pellistrandi, que l'on ne présente plus, est David Rigoulet-Rose, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique.
01:39David Rigoulet-Rose, je reprends ce que dit le ministre des Affaires étrangères. Nous sommes prêts à conclure un accord, mais un accord, pas n'importe lequel, dit-il, qui rassure en matière d'enrichissement d'uranium en Iran.
01:47Et cela ne nous pose aucun problème. Tiens, tiens, est-ce qu'il y aurait une évolution quand on sait justement que c'était cet accord en matière d'uranium qui coinçait et que les Iraniens ne voulaient pas du tout en entendre parler ?
01:57Oui, mais on est dans un théâtre d'ombre, là, s'il y a une mise en scène.
02:01On ne vous la fait pas, vous, les Iraniens.
02:02De toute façon, il a rappelé une idée rouge. Je sais qu'il n'est pas question de remettre en cause le droit à l'enrichissement sur le sol iranien. Or, c'est l'enrichissement zéro. C'est dans les trois conditions de Trump.
02:14Ce qu'il évoque en filigrane, c'est quelque chose qui a été transmis aux Américains, à savoir qu'il serait disposé à suspendre l'enrichissement pendant 2-3 ans à un taux très bas, à 1,5, au lieu des 3,67 du JCPOA, comme justement pour rassurer.
02:31JCPOA, quand même, c'est l'accord qui avait été précédemment conclu.
02:35L'accord de 2015 qui avait été dénoncé, unilatéralement par le président américain. Et donc, c'est une manière de pouvoir tirer des fils pour continuer la négociation, en réalité.
02:46Elsa Vidal, est-ce que vous êtes un petit peu plus optimiste ? Ces mots, tout de même, nous sommes prêts à conclure un accord. On ne les attendait pas forcément aussi vite.
02:52– Écoutez, moi j'ai l'habitude de dire que les négociateurs iraniens, vous parliez d'Abbas Arachy, ils sont dans la lumière et sur ces dossiers depuis des décennies.
03:01Ils connaissent très très bien les dossiers, ils connaissent ces dossiers mieux que les négociateurs américains et ils savent surtout comment gagner la ressource la plus importante pour eux,
03:09c'est-à-dire du temps, du temps pour renforcer le régime qui était en réalité sur le point de tomber. Dans les interviews et reportages produits aujourd'hui par le New York Times,
03:18il y avait quand même plusieurs responsables iraniens qui disaient bien qu'au plus fort des manifestations, ils avaient vraiment peur que les Iraniens s'emparent des institutions.
03:27Donc, ils ont sauvé le régime, ils l'ont sauvé à l'intérieur et là, ils essayent de le sauver à l'extérieur.
03:31– Depuis l'extérieur, on y reviendra bien évidemment, mais on voulait déjà aussi faire un point sur tout ce qu'il s'est dit en ce samedi, avec notamment des images fortes,
03:38puisque vous le savez, Stylvitkov, l'émissaire américain, a été vu sur le porte-avion Abraham Lincoln. On fait un point donc sur toutes ces images et ces déclarations avec Zoé Lamarche.
03:48– Les négociations avancent, oui, mais elles sont loin d'être achevées. L'Iran ne relâche pas la pression.
03:56– Nous espérons que les États-Unis choisiront la diplomatie. Si les États-Unis lancent une attaque contre nous, nous n'avons pas la capacité d'attaquer leur territoire.
04:05Nous attaquerons donc les bases américaines dans la région. Cela entraînera toute la région dans la guerre.
04:10– Malgré cette tension, les signaux envoyés semblent encourageants. Les discussions d'hier auraient ouvert la voie à de véritables échanges.
04:17– Nous avons eu de très bonnes discussions sur l'Iran. L'Iran semble vouloir conclure un accord à tout prix. Nous devons voir en quoi consiste cet accord.
04:25– Définir les contours d'une possible entente. En attendant, les négociations butent encore sur des points sensibles. Et l'Iran établit clairement ces lignes rouges.
04:34– Le dossier du nucléaire iranien ne sera résolu qu'avec des négociations. Nous sommes prêts à un accord qui rassure au sujet de l'enrichissement d'uranium.
04:42La question des missiles ne pourra jamais être négociée car il s'agit d'un enjeu de défense.
04:46– A Téhéran, les Iraniens semblent prêts à faire des concessions.
04:49– Je pense qu'en faisant un pas en arrière digne et quelques concessions qui ne remettent pas en cause l'ensemble du programme nucléaire iranien,
04:56il est possible d'aller de l'avant avec un plan qui épargne des souffrances à la population et fait un pas vers la paix et la sécurité dans la région.
05:04– De leur côté, les États-Unis font une démonstration de force en publiant des photos d'exercices à bord de l'USSS Abraham Lincoln.
05:13Une nouvelle session de pourparlers entre les deux pays devrait bientôt avoir lieu.
05:18– Général Pellistrandi, montrez-nous justement où sont ces bases militaires américaines que pourraient frapper les Iraniens.
05:26– Alors il faut bien comprendre que ces bases américaines, elles sont réparties dans tout le golfe arabo-persique.
05:31Vous voyez, on a en particulier entre les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, l'Arabie saoudite
05:40et donc une présence militaire américaine particulièrement importante.
05:44– Combien de bases à peu près ?
05:45– Environ une vingtaine et il y a aussi des installations plus ou moins importantes,
05:50par exemple pour l'écoute, la guerre électronique, donc en fait une présence militaire depuis très longtemps
05:56et bien sûr sans oublier avec aussi Djibouti où les Français sont présents également.
06:02– Alors on va s'arrêter sur la base d'El Oudel au Qatar, c'est la plus grosse.
06:06Combien de soldats habituellement ? On sait que mi-janvier elle a été évacuée en partie.
06:11Le 23 juin dernier, c'est ici que les Iraniens avaient déjà frappé en représailles aux frappes américaines.
06:17– Alors oui, cette base d'El Oudel au Qatar, donc près de Doha, c'est vraiment l'élément clé.
06:22C'est en fait le siège du commandement des forces américaines au Moyen-Orient, ce fameux SENCOM.
06:27Alors SENCOM, en fait, le commandement principal est à Tampa en Floride
06:32et donc on va dire que son poste avancé de commandement est justement donc sur cette base.
06:38Et donc il a cette responsabilité pour toute la région et comme vous le voyez,
06:41effectivement il a servi pour la guerre d'Afghanistan, les guerres en Irak, la guerre contre l'État islamique.
06:48Donc c'est vraiment un élément clé du dispositif américain avec, en fonction de l'intensité de la menace,
06:55plus ou moins d'effectifs importants. Donc là, par exemple, vous avez un Boeing de ravitaillement en vol.
07:01Ces avions sont absolument indispensables parce qu'ils permettent en quelque sorte de ravitailler en carburant
07:06les avions de combat qui pourraient aller frapper des cibles sur le territoire iranien.
07:11– C'est très clair, merci Général.
07:13– Nous vous parlions hier du silence de Benjamin Netanyahou qui n'avait pas pris la parole depuis la mi-janvier,
07:18resté discret à ce sujet. Eh bien on risque de l'entendre davantage puisqu'une rencontre,
07:23et on l'a appris aujourd'hui, entre lui et Donald Trump, est prévue mercredi.
07:27Bonsoir Axel Meunier. Une rencontre pour se caler sur le scénario d'éventuelles frappes en Iran ?
07:34– En fait, c'est vrai que depuis quelques semaines, Benjamin Netanyahou devait se rendre à Washington.
07:42Le voyage a été reporté, en tout cas il a été confirmé cette fois par le côté israélien,
07:47pas encore du côté américain. Mercredi, Benjamin Netanyahou rencontrera Donald Trump à Washington,
07:53à la Maison-Blanche. Et c'est vrai qu'il y a plusieurs sujets de discussion qui les attendent.
07:57D'abord, savoir dans quelle mesure Israël peut devenir un appui en cas d'attaque de la part des États-Unis sur Téhéran,
08:05que ce soit une cyberattaque ou au contraire une opération militaire.
08:11Et puis on sait qu'il y a aussi du côté du chef du gouvernement israélien,
08:15une volonté de peser sur les discussions diplomatiques qui sont en cours,
08:18qui ont commencé, notamment vendredi à Oman avec la délégation états-unienne.
08:22L'idée, c'est que les demandes et les exigences israéliennes soient prises en compte par les États-Unis,
08:29à savoir la limitation des missiles balistiques, mais aussi la limitation de l'axe de l'Iran.
08:35Vous savez, c'est cette alliance, ces alliances régionales qui ont été bâties au fil des années par Téhéran
08:41et qui posent problème à Israël, notamment parce qu'elles sont avec le Hezbollah ou le Hamas.
08:49Bref, il y a beaucoup de sujets de discussion.
08:51On ne sait pas dans quelle mesure Benyamin Netanyahou sera entendu par Donald Trump,
08:56même si Israël, évidemment, reste l'allié principal des États-Unis dans la région
09:00et surtout un acteur essentiel de ce qui pourra se jouer diplomatiquement ou militairement dans les prochaines semaines.
09:06– Axel Monnier, l'un des correspondants de BFM TV à Washington, Elsa Vidal, j'ai une question peut-être bête.
09:12Est-ce que cette rencontre mercredi nous dit qu'il n'y aura au moins pas de frappe d'ici là,
09:17qu'on va continuer forcément à négocier d'ici là ?
09:18– Non, effectivement, on peut se dire qu'avec la visite de Benyamin Netanyahou,
09:22où il y a une concertation qui est attendue,
09:24mais on ne peut absolument pas se dire que pour autant, jusqu'à mercredi, rien ne va se passer
09:28parce que, comme le disait tout à l'heure David Rigoulet-Rose,
09:31il y a un théâtre d'ombre et des choses très importantes sont en train de se discuter
09:34parce qu'on n'avance pas, tout le monde se dit.
09:37Le dialogue est bon, mais en réalité, le blocage est total sur les dossiers,
09:42donc on ne peut pas rester dans ce statu quo encore très longtemps.
09:46Quant à la position israélienne, elle est bien connue,
09:48elle est quand même beaucoup plus favorable à une intervention,
09:51tout simplement parce qu'Israël a souffert de frappes de missiles balistiques en juin dernier,
09:55qui avait fait une vingtaine de morts quand même, après les cinq missiles qui avaient passé le domne de fer.
10:00Dont sur un hôpital, effectivement, Général Pays-Renis, c'est vraiment ces missiles balistiques
10:04qui font peur à Israël, qui n'attaquera pas en premier,
10:07mais en cas d'attaque iranienne, commettra des représailles avec l'aide des Américains,
10:12c'est ce que dit en substance Israël,
10:14mais c'est vraiment ce genre de missile-là, avec, on parlait d'hier, du Koram-Char,
10:18qui était capable d'atteindre Israël en douze minutes à peu près.
10:21Oui, c'est la difficulté en fait de ces missiles balistiques.
10:25Donc les Iraniens auraient environ un millier de missiles balistiques,
10:30au moins selon les estimations du Mossad israélien.
10:35Et ces missiles, en fait, ils peuvent être tirés de nombreuses parties du territoire iranien.
10:40Il ne faut pas oublier que l'Iran, c'est très vaste.
10:42Et donc la difficulté, c'est que ces missiles qui sont donc balistiques,
10:45qui montent très haut, ils descendent très vite en quelque sorte vers leur cible.
10:49Ils font plus de dégâts que les missiles de croisière.
10:51Oui, parce que le missile de croisière, il vole comme ça, donc il est assez facile à intercepter, comme les drones.
10:57Le risque, c'est en fait qu'il y ait un mélange.
11:00C'est-à-dire que, donc, et ça pour Israël, c'est quelque chose d'extrêmement gênant,
11:04avec la probabilité d'en intercepter un très grand nombre,
11:08mais il n'y a pas de garantie d'intercepter tous ces missiles qui pourraient être tirés par Téhéran en cas d'attaque.
11:15– David Rigoulet-Rose, on voulait vous entendre sur la défection récente de diplomates iraniens,
11:21qui est annoncée par une chaîne de l'opposition iranienne basée à Londres.
11:25Alors, voici les personnes qui font défection.
11:29Le numéro 2 de la mission de la République islamique auprès de l'ONU,
11:32qui ne s'est pas présenté au travail il y a deux semaines,
11:35donc on peut considérer qu'il ne reviendra probablement pas.
11:38et le numéro 2 de l'ambassade iranienne en Autriche.
11:42Qu'est-ce qu'il faut tirer comme conclusion de ces défections ?
11:45Est-ce que c'est le début d'une série ?
11:47– Il ne faut pas se surinterpréter, parce que d'abord, c'est un petit nombre.
11:51Il est possible qu'il y ait des velléités qui ne soient pas actualisées encore
11:55d'un certain nombre de personnes qui souhaiteraient le faire,
11:58mais qui attendent de voir comment ça peut se passer.
12:01Mais le vrai enjeu de défection, c'est en interne,
12:03ce n'est pas ceux qui sont à l'extérieur.
12:05Parce que ça, à la limite, ce n'est pas substantiel.
12:09S'il y avait une logique de défection massive…
12:11– Mais la chaîne de l'opposition iranienne dit,
12:13on leur avait demandé de revenir pour les interroger, on avait des doutes.
12:16– Oui, mais bon, il faut prendre le recul aussi
12:20pour les chaînes qui relaient un certain nombre de choses,
12:22même s'il y a parfois des informations qui sont vérifiables.
12:26Mais en l'occurrence, l'enjeu des défections,
12:28il est vraiment sur l'ossature sécuritaire.
12:31Il n'est pas sur des diplomates, même si effectivement,
12:33ça montre, c'est insignifiant sur un malaise général
12:38qui prévaut effectivement par rapport à la situation actuelle.
12:42En revanche, il y a effectivement sûrement des…
12:45Il y a eu quelques défections au moment de la répression,
12:48mais pas au niveau du top commandement,
12:51c'est-à-dire au niveau des officiers intermédiaires
12:54et puis des bassistes tout simplement parce qu'en termes économiques,
12:57ils souffrent comme le reste de la population.
12:59Donc, eux, ils ne sont pas les principaux bénéficiaires des affaires
13:04que peuvent faire effectivement les gens du top.
13:06– Alors justement, généralement…
13:08– Et puis quand, pour faire défection,
13:11généralement, il vaut mieux être célibataire et sans famille
13:13parce qu'il y a toujours cette menace sur votre famille au sens large.
13:17Donc, c'est quelque chose qui est assez difficile
13:20et qui doit se préparer très en amont si on veut vraiment…
13:24– Et puis il faut offrir un backstop parce que sinon…
13:27– C'est quoi un backstop ?
13:27– C'est-à-dire une possibilité de repli,
13:30une assurance de pouvoir s'extraire.
13:33Et ça, ce n'est pas évident du tout dans le contexte du régime actuel.
13:38– Oui, David Rigoleroz, je vous ai entendu,
13:39vous nous avez alerté aussi sur les sorties de capitaux,
13:41notamment sur le cours de la crypto-monnaie qui serait en train de monter.
13:44– Et qu'est-ce que ça veut nous dire ?
13:45Est-ce qu'il y a une effervescence au sein de ce système
13:47de ceux qui vont tout perdre
13:50ou qui ont l'impression qu'ils vont devoir tout perdre vu la situation ?
13:54– En tout cas, il y a beaucoup d'argent qui…
13:55Scott Besson, qui est le secrétaire justement…
13:59– Au Trésor ?
13:59– Au Trésor américain, a fait état d'un suivi,
14:03effectivement, de liquidités et de crypto-monnaies.
14:05Pourquoi ? Parce qu'avec le système des sanctions,
14:08les passes d'arrant, les gardiens de la révolution,
14:11ont développé un système, effectivement, de crypto-monnaies
14:13avec le blockchain qui fait qu'on ne peut pas avoir…
14:16– Qui est propre rien qu'à eux.
14:17– Oui, ça ne passe pas par le système bancaire traditionnel.
14:20Et d'ailleurs, paradoxalement,
14:23ça alimente la crise énergétique et environnementale
14:26parce qu'il faut beaucoup…
14:27Les fermes de minage qui sont utilisées en Iran,
14:30justement, consomment beaucoup d'électricité et d'eau.
14:34Et donc, en fait, c'est là où il y a une crise systémique,
14:37c'est-à-dire, effectivement, environnementale, politique, sociétale.
14:40Et l'aspect des crypto-monnaies est significatif
14:43puisqu'aujourd'hui, l'Iran est un des principaux pays
14:45qui mine la crypto-monnaie aujourd'hui.
14:49– Je voudrais qu'on revienne sur cette déclaration.
14:50Nous sommes prêts à conclure un accord qui rassure
14:52en matière d'enrichissement d'uranium en Iran.
14:55Et cela ne nous pose aucun problème.
14:58C'est le ministère des Affaires étrangères iraniens qui le dit.
15:00Il parle aussi d'une poignée de main avec les Américains,
15:03même s'il n'y a pas de photo.
15:04Alors, sans rentrer dans le fond, vous l'avez fait,
15:06vous n'êtes pas très optimiste,
15:07mais sur le ton, qu'est-ce que ça nous dit
15:10de la façon dont les Iraniens avancent dans ces pourparlers ?
15:13– Avec beaucoup de rondeur,
15:14ils laissent finalement l'initiative…
15:16– Ce n'est pas l'image qu'on a des Iraniens, là.
15:17Vous voyez la rondeur des mots-là ?
15:19– Oui, c'est vrai, mais dans le domaine diplomatique,
15:22ils laissent la responsabilité de l'escalade
15:24et de l'agressivité aux Américains.
15:26Première chose.
15:27Et deuxième chose,
15:28ces négociations, on ne le dit pas assez,
15:30elles sont indirectes.
15:31Les Américains et les Iraniens se sont serrés la main, certes,
15:34mais en présence du ministre des Affaires étrangères d'Omane…
15:37– Il n'y a pas de photo non plus.
15:38– Non.
15:39Et c'est le ministre des Affaires étrangères d'Omane
15:41qui fait la navette entre ces deux groupes.
15:43Donc on peut à peine parler de véritables négociations.
15:46Tout le monde est d'accord, les Américains et les Iraniens,
15:49pour utiliser ce terme, mais en réalité…
15:51– C'est plus du grand temps.
15:52– Oui, tout le monde gagne du temps pour affiner ces scénarios
15:55et puis pour tester la souplesse de l'autre.
15:59– J'ai appris, il se rendit, oui, allez-y.
16:01– Bien sûr, les oubliés dans cette affaire-là,
16:04c'est le peuple iranien qui a été massacré par ses dirigeants.
16:08C'est quand même un élément qui est extrêmement important
16:10et on le voit bien, ils sont passés à la trappe diplomatique
16:14et c'est quelque chose qui est absolument dramatique
16:16et qu'il faut rappeler, puisque en fait,
16:19on le sait, en l'espace de deux jours au mois de janvier,
16:21il y aurait eu 30 000 morts.
16:22Donc c'est quelque chose qui est absolument dramatique
16:25et qui semble maintenant passer, bien sûr, à la trappe
16:27pour ces discussions de marchands de tapis.
16:31– On voulait aussi vous remettre ces images fortes du jour,
16:33côté américain cette fois-ci.
16:35Ces images à bord de l'US Abraham Lincoln,
16:36on va les voir.
16:37L'US Abraham Lincoln, c'est ce porte-avions immense,
16:40général, on a eu l'occasion d'en parler,
16:42et on voit qu'il y a eu Steve Whitcoff qui est monté à bord.
16:46Qu'est-ce que ça nous dit aussi, cette image,
16:47cette volonté des Américains ?
16:48C'est de dire, on est prêts, on va voir ceux qui sont dessus.
16:52Et en cas d'attaque, il est au large des côtes iraniennes,
16:55en mer d'Arabie, là aussi, on répond à une image iranienne,
16:59c'est-à-dire, voilà, on fera des représailles.
17:01Nous, on vous répond en disant qu'on est prêts aussi.
17:03Tout à fait, alors avec, bien sûr,
17:05donc, Steve Whitcoff, l'envoyé spécial de Donald Trump,
17:08avec aussi Jared Kouchner, qui est le gendre.
17:11Bon, il ne faut pas faire le porte-avions américain,
17:17c'est le symbole absolu de la puissance militaire américaine,
17:20Top Gun, on est là-dedans, on est vraiment là-dedans.
17:23Il faut jouer le mythe.
17:25Souvenez-vous, à la fin de, quand George W. Bush s'était posé,
17:31justement, sur l'Abraham Lincoln, en disant,
17:33the job is done, c'est, voilà, la puissance américaine,
17:37c'est le porte-avions.
17:38Et donc, la présence de ces autorités, de ces envoyés,
17:41c'est aussi, alors c'est un message envoyé, bien entendu,
17:44pour dire, on est prêts, envoyés aux Iraniens,
17:47un message envoyé aux Américains, pour dire, vous voyez,
17:50tenez bon, c'est aussi important pour l'équipage,
17:54parce que, bon, ils sont quand même en mer depuis un certain nombre de mois.
17:59Et donc, voilà, avoir les autorités politiques qui viennent sur le porte-avions,
18:04ça participe à cette scénarisation, donc, de cette tension avec l'Iran.
18:10– Et merci à tous les trois d'avoir décrypté ces images fortes du jour
18:14sur la crise entre l'Iran et les États-Unis.
18:16Dans un instant, on parlera politique,
18:18et nous reviendrons sur les confidences de Jordan Bardella.
18:21Marie Chantret, pour BFM TV, l'a interrogée.
18:24« Je ne dois rien à personne, si ce n'est aux Français
18:27qui m'ont accordé leur confiance et à Marine Le Pen. »
18:30Voilà ce qu'il a déclaré.
18:31– Oui, il a également, on se posera la question d'ailleurs,
18:34de voir quel est le regard des Français sur lui, sur Marine Le Pen.
18:37Ne manquez pas le sondage à découvrir dans la tribune.
18:39Bruno Jeudy sera là, et il nous dira tout sur ce tout dernier sondage.
18:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
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