- il y a 23 heures
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00:00Sud Radio, Faux-que-ça-change, Anthony Martin-Smith.
00:04Bonsoir à vous et bienvenue sur Sud Radio pour ce nouvel épisode de Faux-que-ça-change.
00:08Vous savez, 30% de la population en France est en situation de handicap et c'est pour ça que cette émission existe.
00:13Bonsoir à vous, Mathéo.
00:14Bonsoir, Anthony. Bonsoir, tout le monde.
00:16Mathéo Lambleau, ce soir, vous allez avoir un coup de gueule.
00:18J'ai hâte de savoir ce que ça va être à distance avec nous.
00:21Salim Ejnaïni, toujours fidèle au poste, jamais dans le studio.
00:24Ça, ça m'énerve.
00:25Sauf à la Zegas.
00:27Sauf à la Zegas.
00:28Pour le CES, nous avons réussi à être en même temps ensemble à la Zegas.
00:33Exactement.
00:33En tout cas, merci d'être malgré tout là, Salim, avec nous pour ce nouvel épisode de Faux-que-ça-change avec une histoire, vous allez voir, passionnante.
00:45Son frère lui a dit en 2017, avant de mourir, fais de mon argent quelque chose pour les gens comme moi.
00:53Il était handicapé mental.
00:54Il s'appelait Philippe Strait et son frère Bernard Strait est avec nous aujourd'hui pour nous parler de son association Action Philippe Strait en faveur de l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
01:07On reviendra également aussi sur cette campagne municipale qui démarre ce lundi avec des solutions d'accessibilité pour que nous réussissions, nous autres personnes en situation de handicap, à comprendre de quoi sont faits les programmes électoraux.
01:24Ce n'est pas une mince affaire. En tout cas, vous ne bougez pas sur Sud Radio. Juste après nous, ce ne sera pas un match de rugby.
01:31Pour une fois, ce sera Jacques Pessis, les clés d'une vie. Mais pour l'instant, on va tâcher quand même de vous accompagner du mieux qu'on peut.
01:37Agissons ensemble pour une société plus juste. L'association ABF France Handicap présente Sud Radio. Faut que ça change la vraie vie.
01:48Vous avez un coup de gueule, Mathéo Lambelot. Et j'ai hâte de savoir ce que c'est.
01:53Pas vraiment un coup de gueule, mais plutôt une mise au point qui me semble de plus en plus nécessaire, Anthony, pour remettre les choses dans leur contexte.
01:59Chers auditeurs, nous recevions le 3 janvier dernier notre ami, le président de la Fédération des aveugles et amblyopes de France, Bruno Gendron.
02:07La Fédération a ensuite relayé ce passage sur le réseau social LinkedIn. Mais voilà qu'une personne...
02:13Vous dites LinkedIn, vous.
02:14Oui, LinkedIn.
02:15Moi, je dis LinkedIn.
02:16Moi, je dis LinkedIn.
02:18À la française.
02:18J'allais en dire, pourquoi vous criez comme ça ?
02:20Parce que je suis remonté.
02:23Vous pouvez être remonté.
02:23Je suis remonté.
02:24Je suis en train de lui mettre sa chronique complètement à l'envers. Allez-y, je vous en prie.
02:28Donc, je vous disais, une personne s'est illustrée par un commentaire en affirmant, je cite,
02:32que cette émission était une mise en scène et du clientélisme sur cette radio proche de l'extrême droite.
02:37Que les choses soient claires, nous condamnons ici l'extrême droite et nous n'avons pas à y être associés.
02:43Ces propos sont faux, injustes et profondément insultants.
02:46Pour le travail sérieux et sincère que nous menons ici.
02:50Mais malheureusement, ce genre de commentaires, ce n'est pas la première fois qu'on les entend.
02:54Mais aujourd'hui, j'avais envie d'y répondre.
02:56Vous avez envie de répondre quoi, Mathéo ?
02:57Que franchement, à force de nous déchirer sur la cause du handicap, cela contribue au fait que malheureusement, peu de choses bougent.
03:04Nous devons pouvoir nous rassembler, rassembler nos combats pour en parler, pour que les choses s'améliorent,
03:09qu'il n'y ait plus ces problèmes d'accessibilité, ces discriminations et tout un tas d'autres difficultés encore.
03:14Et c'est justement pour cette raison que nous sommes là, car aucune autre radio ne le fait.
03:19S'il vous plaît, une bonne fois pour toutes, arrêtons de tout politiser et dépassons ces clivages gauche-droite-centre.
03:26On s'en fout.
03:27Ici, on est là pour discuter des problématiques.
03:29Nous recevons tout le monde.
03:30S'il y a quelque chose à critiquer ou à saluer à droite comme à gauche, nous le faisons.
03:34Alors que pour que ça bouge, arrêtons de nous mettre des bâtons dans les roues
03:38et discutons pour avancer tous ensemble vers un même chemin, le changement.
03:42Bravo !
03:43Bravo !
03:44Alors, il ne faut pas l'énerver, mon Mathéo.
03:47Non, non, non.
03:48Quand il s'énerve, heureusement qu'il y a deux mètres qui nous séparent quand même.
03:52Exactement.
03:54Deux mètres et n'est bien.
03:56Oui, oui, je comprends tout à fait.
03:57Maintenant, c'est plus clair, Salim.
04:00C'est vrai que je partage ce que vous dites, Mathéo.
04:03Évidemment, il n'y a aucun lien possible entre nous et les extrêmes, quels qu'ils soient.
04:10Pour autant, nous respectons évidemment les choix, les orientations de chacune et chacun.
04:15Chacun est libre d'avoir son opinion politique et aujourd'hui, ce n'est pas là le sujet.
04:21Dire que nous faisons du clientélisme, moi, je suis désolé, mais je ne vois pas en quoi.
04:25Quand on ne parle pas de handicap dans les médias, ça râle.
04:28Et quand on parle de handicap dans les médias, ça râle aussi.
04:31Il faut savoir ce que vous voulez, les amis.
04:32Salim, vous en dites quoi, vous ?
04:35Pour vous répondre, le plus sincèrement du monde, je me fous complètement de quelle étiquette politique que ce soit.
04:42D'ailleurs, s'il y en avait une, je ne serais pas là.
04:45Moi non plus.
04:46Je l'affirme, je ne suis pas là pour ça.
04:48Je comprends mal le procès, en l'occurrence en clientélisme.
04:52Mais je comprends mal ce qu'il peut signifier dans le sens où il me semble ici qu'on relaye toutes les situations possibles et imaginables sur des thèmes de discrimination, sur des thèmes de choses qui doivent changer.
05:05Tiens.
05:05D'où le nom de l'émission, peut-être.
05:07Donc, je ne saisis pas bien.
05:09Mathéo l'a changé, il faut que ça bouge.
05:12Oui, mais peut-être que certains voudraient y avoir la parole, auquel cas on les y invite avec grand plaisir.
05:18Mais je crois qu'on est tous là pour lancer un message de fédération, de regroupement, de mouvement commun, de mouvement positif, pour aller vers un éclaircissement des choses, un regard un peu amélioré et plus de clarté.
05:34On est là pour donner notre vérité parce qu'elle est trop peu entendue et trop peu représentée dans les médias.
05:38Bonsoir Bernard Srette.
05:41Bonsoir Anthony.
05:42Merci d'avoir accepté notre invitation.
05:44Vous, quand vous entendez Mathéo, vous vous dites qu'on fait du clientélisme ?
05:50Non, je ne pense pas parce que chacun connaît mes opinions politiques.
05:54Moi, j'ai soutenu la présidente de région socialiste en étant président de son club de soutien en Bourgogne-Franche-Comté.
06:02J'ai d'excellentes relations avec elle.
06:04J'ai d'excellentes relations avec tous les hommes de bonne volonté.
06:07Et donc, hier, c'était la journée de la fraternité.
06:09On a fait une soirée avec présentation de notre livre qui sort en librairie.
06:15Et il y avait des gens de tout horizon politique qui étaient là.
06:19Et je crois que chaque personne ici...
06:22Et moi, je suis invité par des gens.
06:24Et je ne viendrai pas si vous étiez de l'extrême droite.
06:25C'est tout.
06:26C'est simple.
06:26Mais quel que soit l'extrême, en fait.
06:28Moi, je ne veux même pas caricaturer.
06:29Parce que vous savez, l'extrême droite, il y a des gens qui en sont convaincus.
06:32Et je ne les exclue absolument pas de notre débat et de notre discours aujourd'hui.
06:37Comme les gens d'extrême gauche.
06:38Enfin, peu importe, les étiquettes politiques, on s'en fiche.
06:40Ce n'est même pas notre sujet.
06:41Et encore moins chez Sud Radio.
06:43Mais en tout cas, merci d'avoir accepté notre invitation.
06:46Je le disais en introduction.
06:48En 2017, vous perdez votre frère.
06:52Et avant de partir, vous lui avez demandé
06:55« Qu'est-ce que je dois faire de tes sous ? »
06:57Parce que votre frère avait de l'argent.
06:59Et il vous a dit « Je veux que tu fasses des choses pour les gens comme moi. »
07:05Il était en situation de handicap mental.
07:08Et comment ça s'est construit derrière, ce cheminement avec ce projet de votre association ?
07:14Je crois que c'est Action pour Philippe Stretz.
07:17C'est ça.
07:18Et qu'est-ce que fait votre association ?
07:20C'est tout un écosystème, d'ailleurs.
07:22C'est impressionnant, moi, quand j'ai vu ce que vous faisiez.
07:24Alors, effectivement, mon frère a un peu d'argent.
07:27Parce que le souci numéro un des parents qui ont un enfant handicapé,
07:32c'est de se dire « Qu'est-ce qu'il va devenir ? »
07:33J'ai fait la promesse à mes parents de m'en occuper, de mon frère.
07:36Et quand j'ai eu les moyens, en développant mon entreprise,
07:40je lui ai acheté sa maison en viagé.
07:41C'est ce qui lui a permis d'avoir un pécule.
07:43Et donc, mon frère est mort en 2017, comme vous l'avez bien expliqué.
07:47Il m'a demandé de faire quelque chose pour les gens comme lui.
07:50Donc, la première, on était...
07:52Je me sentais l'exécuteur testamentaire de mon frère.
07:56Donc, on a acheté un bâtiment de 4500...
07:57Ça, c'est le rôle que vous vous êtes donné,
08:00et par votre engagement, votre promesse.
08:02Exactement.
08:03Parce qu'une promesse, ça engage, ça oblige.
08:06Et donc, on a acheté un bâtiment.
08:08On s'est dit quels sont les axes qu'on va choisir,
08:11avec des personnes qui nous ont rejoints.
08:13On a décidé d'agir pour redynamiser le secteur rural
08:17et faire travailler des personnes en situation de handicap,
08:20parce que le travail, ça guérit, le travail, ça reconstruit,
08:24et de faire en milieu rural.
08:26Et donc, on a cherché des activités.
08:30On a trouvé une activité dans le domaine de services téléphoniques,
08:34en faisant du front office, back office, SAV, ADV.
08:37On a recruté plus de 80 personnes, pour le moment.
08:41En situation de handicap.
08:42En situation de handicap.
08:44On a aussi créé une activité plus manuelle,
08:46en faisant des activités de maroquinerie de luxe,
08:50où les gens font de très belles pièces
08:54pour des maroquiniers de grandes marques.
08:56De grandes maisons.
08:57De grandes maisons.
08:58Et l'originalité de notre démarche,
09:00c'est que pour réussir à le faire en milieu rural...
09:02Vous êtes dans quel coin, pardon ?
09:04Alors oui, tout à fait, j'ai oublié de le dire,
09:07on est situé dans le nord, Franche-Comté,
09:10à peu près entre Besançon et Belfort,
09:13à une trentaine de kilomètres à vol d'oiseau de la frontière suisse,
09:15dans un petit village de 500 habitants.
09:18Ah oui, quand même.
09:18Oui.
09:19C'est-à-dire que vous êtes dans un village
09:20que les gens pourraient appeler presque bled paumé.
09:24Oui.
09:25Mais sans enjure aucune, quand je dis ça.
09:27C'est justement pour voir le décalage
09:29entre cet investissement en zone rurale que vous avez fait
09:32et la réussite d'avoir recruté d'emblée 80 personnes
09:38en situation de handicap.
09:39Ce n'est pas du tout là qu'on vous aura attendu.
09:41On aurait imaginé que vous seriez rapproché de grandes agglomérations.
09:45Oui, d'ailleurs, une partie de l'administration
09:47souhaitait qu'on fasse ça dans la ville de Besançon ou de Belfort.
09:51C'est ça qui immédiatement saute à l'esprit.
09:54Oui, bien sûr.
09:55Alors, il y avait des obstacles pour le faire en milieu rural,
09:59entre autres l'hébergement, la mobilité, la garde des enfants.
10:04Et on a trouvé des solutions à tout ça
10:05en trouvant des logements qu'on met à disposition
10:08de nos collègues qui nous rejoignent provisoirement
10:11le temps qu'ils revoient s'ils peuvent s'adapter au métier.
10:15Et puis après, on les aide à trouver des logements dans les centres-bourgs
10:18où les centres-bourgs, c'est 1 000, 1 200 personnes.
10:20Et puis, après, on a acheté des véhicules
10:24pour transporter les personnes qui ne pouvaient pas conduire.
10:27Incroyable !
10:28Et une crèche qui est venue s'installer dans les murs de l'entreprise
10:31pour ceux qui avaient des enfants.
10:34Alors, attendez, je vais me tourner vers Salim Ejnani à distance.
10:36Salim, ça vous impressionne ?
10:38J'imagine que c'est un truc comme ça.
10:40Je vous connais, je sais que ça vous fait rêver.
10:42Ce qui est formidable, c'est effectivement le côté bled baumé
10:46avec tout son charme que ça peut susciter.
10:49Je reprends l'expression volontairement.
10:50Mais moi, je me pose quand même une question dans tout ça.
10:53C'est qu'on a tendance à faire le rapprochement
10:55entre adaptation aujourd'hui au handicap et à la mobilité liée au handicap
11:00et urbanisme.
11:02Comment est-ce que vous avez fait pour lier à la fois le charme
11:06de ce petit village, de ces coins très sympas et campagnes
11:09avec tous les écueils du handicap et de la mobilité ?
11:13Alors oui, si vous voulez, déjà d'une part, dans le bâtiment,
11:17tout a été prévu pour que toute personne en mobilité réduite puisse aller
11:21dans toutes les pièces et tous les endroits disponibles,
11:24que ce soit dans la partie médicale où on a trois médecins,
11:27quatre kinés, un bassin de rééducation, une sage-femme,
11:32et tout ça est accessible.
11:34Après, on a des véhicules pour aller transporter les personnes
11:37qui sont adaptées pour ceux qui ont de gros problèmes de mobilité.
11:41Et puis, notre réflexion est en permanence accessibilité.
11:47Et en milieu rural, je pense que l'accessibilité est moins compliquée
11:51à gérer qu'en centre urbain, parce que presque toutes les maisons
11:54sont à plein pied.
11:55– Je crois que vous avez des leçons à donner à beaucoup de monde,
11:57notamment à Paris.
11:59On va en reparler juste après la pub.
12:03Mais moi, je suis impressionné.
12:05Merci, en tout cas.
12:06– Merci à tous.
12:07– On revient juste après avec vous, Bernard Strait.
12:10Vous ne bougez pas sur Sud Radio, avec cette histoire complètement folle,
12:14l'association pour Philippe Strait, action pour Philippe Strait,
12:18et j'ai même envie de dire que c'est du fardisme, ce que vous faites.
12:22Allez, vous ne bougez pas sur Sud Radio.
12:23– Sud Radio, il faut que ça change, Anthony Martin Smith.
12:27– Et la campagne électorale a commencé ce lundi
12:30avec forcément des difficultés autour de l'accessibilité.
12:34Et toujours avec moi, Mathéo Lambleau, Salim Ejnaïni à distance,
12:37Bernard Strait avec son association qu'il a montée pour son frère Action,
12:42pour Philippe Strait.
12:43Et puis Raphaël Valenti qui va nous rejoindre tout de suite par téléphone
12:47pour nous parler justement de ces élections électorales.
12:50et avec Bernard Strait, on va continuer à parler de son association qu'il a montée pour son frère.
12:55– Municipale, Anthony, les élections.
12:56– J'ai dit quoi ?
12:57– Électorale.
12:59– Élection électorale ?
13:00– Élection électorale.
13:02– Heureusement que vous êtes là, Salim.
13:03– Voilà.
13:03– Voilà, merci.
13:05Et bien voilà, si vous avez envie de vous présenter aux électorales, vous pouvez.
13:11– Allez, c'est parti, on va justement parler des élections municipales.
13:16– Sud Radio, faut que ça change, la story de la semaine.
13:21– Heureusement qu'il est là ce Salim Ejnaïni.
13:23Raphaël Valenti, vous êtes avec nous par téléphone, bonsoir à vous.
13:27– Bonjour et bonsoir Anthony et à tous, bravo pour l'humour de l'émission, ça fait toujours du bien.
13:33– Écoutez, vous savez, il ne nous reste que ça.
13:35– Avec plaisir.
13:35– Voilà, donc on fait avec ce qu'on a.
13:40Donc moi, j'ai envie, Raphaël, que nous parlions des élections électorales.
13:44– Non mais, parlez-nous du coup.
13:47Alors, vous, vous êtes spécialisé dans l'audiodescription,
13:50le développement et la démocratisation de l'audiodescription.
13:54Cette technique qui permet de décrire n'importe quelle image,
13:58qu'elle soit vivante ou immobile pour les personnes aveugles et malvoyantes,
14:02pour pouvoir suivre un film, un spectacle.
14:05Et vous, vous avez décidé de vous attaquer aux élections municipales,
14:08avec ces affiches, parce qu'on peut regarder un programme électoral,
14:15un programme politique, sur un site internet d'un parti,
14:18à condition évidemment qu'il soit rendu accessible,
14:20on n'arrête pas d'en parler dans cette émission.
14:22Mais il y a un truc, c'est l'image de cette affiche commune
14:26que chaque candidate, candidat, met,
14:29et que celle-ci, qui n'est pas visible forcément,
14:32puisque c'est une photo.
14:32Moi, je me rappelle de Nicolas Sarkozy, à l'époque, en 2007,
14:36qui avait fait le choix, puisqu'il n'était pas très grand,
14:40je ne crois pas que ça ait changé, d'ailleurs,
14:42et qui, du coup, pour masquer cette petitesse
14:45qui pouvait lui enlever toute forme de charisme ou de virilité,
14:49encore que ça se discute,
14:50il avait choisi un plan américain,
14:53donc un plan à partir de la taille.
14:54Et ça, moi, je me rappelle qu'on en avait beaucoup discuté,
14:57à l'époque, dans les médias,
14:58parce que ça montrait, justement,
15:01la manière dont on travaille l'image.
15:02Ça, c'est votre travail, finalement,
15:04de traduire aux personnes déficientes visuelles
15:06ces choix qui sont faits par les femmes et les hommes politiques,
15:10parce que l'image, finalement, dit beaucoup dans une élection.
15:14C'est complètement ça.
15:16C'est ça, l'audiodescription, c'est une technique d'écriture
15:18qui permet de traduire les images en mots
15:21pour pouvoir rendre une œuvre ou un support quelconque
15:25accessible aux personnes déficientes visuelles.
15:27Et moi, dans ma société, comme vous l'avez dit,
15:29mon but, c'est de développer l'audiodescription
15:32dans tous les domaines du quotidien, au mieux,
15:35et évidemment, de m'attaquer aux élections,
15:38en passant par ce projet qu'on a mis en place
15:41dans ma société, qui s'appelle
15:42« Les affiches parlantes ».
15:44– Et votre société, c'est Zogma Concept ?
15:45– C'est Zogma Concept, exactement.
15:48Où, ben là, on a mis au point ces affiches parlantes,
15:52déjà pour le cinéma, puisqu'une affiche,
15:54c'est le premier contact émotionnel avec une œuvre.
15:57Et puis, pour les personnes qui voient,
15:58on a immédiatement toutes les informations,
16:01l'émotion et l'atmosphère que l'affiche dégage.
16:06Et donc, de la même manière pour les affiches électorales,
16:08mon équipe d'auteurs aveugles et voyants
16:12peuvent tout à fait faire la description
16:15de cette affiche et de ces candidats
16:18avec leurs attitudes, leurs visages, leurs âges,
16:22mais aussi le lieu où ils sont.
16:24Et puis, évidemment, toutes les informations capitales
16:28qui vont être mentionnées sur l'affiche
16:31ou sur tout matériel de vote utilisé pour leur liste.
16:36– Salut, Méginaini.
16:36– C'est extraordinaire.
16:38de se dire qu'il y a ces dispositifs-là.
16:43Ça avait été fait, je crois aussi, pour les présidentielles.
16:48Je n'arrive plus à me souvenir, c'était en 2012.
16:51Je crois que c'était en 2012.
16:53Tout le monde n'avait pas donné son accord pour ça.
16:55Comment est-ce que vous gérez, justement, ce sujet ?
16:58Est-ce que vous demandez la permission ?
17:00Est-ce que vous demandez l'assentiment pour les termes employés ?
17:04Comment est-ce que c'est mis en place ?
17:06– Ah oui, oui, tout à fait.
17:07De toute façon, à chaque fois qu'on va travailler sur une image,
17:10on fait ça en collaboration avec la personne concernée.
17:14Donc, nous, on va trier les informations,
17:18on va les hiérarchiser,
17:20mais tout en accord avec la personne.
17:22Le candidat va nous dire…
17:23– Vous avez des refus, parfois ?
17:24– Oui, vous venez de le dire, en plus.
17:26– Non, non, non, non, pour l'instant,
17:29les quelques personnes n'ont parce que c'est important
17:32pour les candidats aussi, ceux qui sont vraiment…
17:34– Oui, puis ce serait peut-être pas entendable
17:35que de refuser de rendre son image accessible
17:37à un point de la population.
17:39– Pour les présidentielles, tout le monde n'avait pas été d'accord.
17:42– Oui, mais ça, c'est délirant.
17:44– Ah ben oui, oui, c'est délirant.
17:46Ça reviendrait à dire, vous êtes avec votre compagne,
17:49avec votre maman, Salim,
17:51et puis, en fait, elle n'aurait pas le droit
17:53de vous commenter cette image ?
17:54Ça a pris un sens.
17:55– C'est ça, Anthony.
17:56– Ah ben oui, oui, pour autant…
17:57– Raphaël, Valérie.
17:59– Pardon.
17:59– Ah pardon, oui.
18:00– Allez-y.
18:00– Excusez-moi.
18:01Oui, c'est exactement ce que vous dites.
18:03En fait, c'est quoi l'audiodescription ?
18:05C'est quoi rendre une affiche accessible ?
18:08C'est tout simplement arriver à une égalité d'informations.
18:11C'est pas plus compliqué que ça.
18:13– Bien sûr.
18:14Ou au moins une équité, à minima.
18:15Ou au moins une équité.
18:16– Bien sûr.
18:18Évidemment.
18:18C'est tout à fait normal, en fait.
18:20– Bah écoutez, merci beaucoup, Raphaël Valenti.
18:22Je rappelle, vous êtes fondatrice de Zogma Concept,
18:26cette agence qui développe et démocratise l'audiodescription
18:30dans toutes les images de la vie.
18:33Merci beaucoup d'avoir été avec nous,
18:36avec nous encore et toujours,
18:39depuis le début de cette émission,
18:41Bernard Strait,
18:42avec votre association que vous avez montée
18:44pour votre frère suite à son décès.
18:49Vous avez...
18:50Enfin, avant de partir en pause,
18:52je vous ai dit, c'est du Fordisme.
18:54Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
18:57– Alors, il faut m'expliquer Fordisme.
18:59– Alors, Ford, pour satisfaire ses employés,
19:04pour créer un écosystème,
19:06parce que c'était pas qu'une usine qu'il avait montée,
19:08c'était un écosystème,
19:08justement, il offrait le logement à ses salariés,
19:13il vendait ses voitures à prix quasi-coutant à ses salariés, etc.
19:19Et en fait, il avait créé tout un écosystème
19:20pour que les salariés aient envie de rester chez lui
19:24et que l'écosystème soit viable,
19:28soit suffisamment construit
19:31pour qu'il n'aille pas à la concurrence.
19:32– Alors vous, il n'y a pas peut-être un danger d'aller à la concurrence
19:36parce que votre projet est singulier.
19:38Mais en tant que chef d'entreprise,
19:41vous avez considéré l'intégralité de la chaîne
19:43pour que les collaboratrices et les collaborateurs,
19:46parce que je pense que c'est comme ça que vous les qualifiez,
19:48les personnes en situation de handicap que vous recrutez,
19:50puissent finalement vivre dans votre écosystème.
19:54– Alors, la différence peut-être avec le Fordisme,
19:57après cette explication qui me permet de...
20:00Moi, j'avais surtout le travail à la chaîne
20:02dans le Fordisme.
20:03– Qui en faisait partie, mais j'imagine que ce n'est pas ce que vous faites.
20:05– Non. Par contre, l'originalité aussi de ce que l'on fait,
20:10c'est qu'avec mon épouse, on avait un passé d'industriel,
20:14mais maintenant, depuis 5 ans, on est bénévole
20:17et c'est l'association qui...
20:19Je suis président de l'association
20:20et c'est l'association qui détient les entreprises adaptées.
20:24Donc on n'a pas d'intérêt économique dans cette démarche.
20:28Par contre, ce que l'on souhaite, c'est vraiment créer toutes les conditions
20:31pour que les gens se reconstruisent par le travail
20:33et de mettre tout le nécessaire pour qu'ils trouvent confiance en eux
20:40et avec des valeurs qui nous sont chevillées au corps.
20:43C'est de bienveillance, de patience, d'exigence, d'écoute
20:47pour que ces personnes, tous les jours,
20:50sortent un peu de leur zone de confort
20:52pour aller dans une zone de tension, un petit peu,
20:55pour améliorer toujours leur zone de confort
20:57et être capables de vivre au milieu des autres
20:59comme des personnes normales.
21:01Est-ce que l'objectif, c'est qu'à terme,
21:03ils aillent dans un milieu ordinaire ?
21:05Alors, c'est normalement le souhait de l'administration
21:08dans ces entreprises adaptées,
21:09c'est que ces personnes ressortent et aillent dans un milieu ordinaire.
21:13Mais on avait eu le plaisir de recevoir la ministre
21:16de l'Handicap chez nous
21:18et elle nous posait la même question que vous, Anthony.
21:21Et je lui avais dit,
21:22est-ce que vous passez facilement, madame la ministre,
21:24de la douche chaude à la douche froide ?
21:26C'est-à-dire que quand vous êtes dans un milieu aussi bienveillant...
21:28Elle peut vous en parler,
21:29elle vient de dire qu'elle retournait à la députation.
21:33Elle reste de ministre à députer.
21:35Et donc, si vous voulez,
21:37quand on souhaite et on encourage les personnes
21:40à pouvoir partir,
21:41mais l'environnement est tel,
21:43alors c'est toujours gênant pour moi de l'évoquer,
21:45mais ils ne souhaitent pas s'en aller.
21:47Ils ne souhaitent pas partir, bien sûr.
21:49Quelles sont les évolutions ?
21:50Parce que, bon, on a compris,
21:51vous faites de la maroquinerie,
21:53vous faites du front office, back office
21:54avec un service de téléphonie,
21:56mais je sais que vous avez fait évoluer le modèle.
21:59Oui, parce qu'à l'origine,
22:00mon frère qui donne le coup d'envoi
22:03de cette belle aventure humaine
22:04est un garçon qui a un handicap mental.
22:07Et jusqu'à aujourd'hui,
22:08on n'a pas pu recruter de personnes
22:10avec un handicap mental.
22:12Et après réflexion, analyse,
22:14on a décidé de faire...
22:17de recruter des personnes avec un handicap mental
22:19en créant un restaurant,
22:22une salle de spectacle,
22:23et puis d'avoir des personnes avec un handicap mental
22:26qui soient aux cuisines
22:27et qui soient au service.
22:29Incroyable.
22:29Donc on aura des repas le midi,
22:32et puis des repas,
22:34spectacles le soir,
22:36avec une très grande salle
22:38qui peut accueillir 600 personnes assises
22:41ou 800 personnes debout.
22:42et l'originalité,
22:44en plus de recruter des personnes
22:46en situation de handicap,
22:48ça permettra d'acculturer
22:50une grande partie de la population
22:51au handicap.
22:52Parce que si vous venez voir
22:54un spectacle de qualité
22:56et passe un moment agréable en famille,
22:57eh bien,
22:58vous verrez des personnes
22:59qui ont un petit quelque chose en plus,
23:02comme on dit,
23:03qui viennent vous servir à table
23:05et ça vous fait découvrir le handicap.
23:08Vous savez quoi ?
23:09Salim Ejnaini,
23:09on va aller faire une émission
23:11depuis chez Bernard,
23:12s'il en est d'accord.
23:13Ah bah, écoutez,
23:13ça rejoint ce que j'allais vous dire,
23:17c'est qu'il y aurait des leçons
23:18à tirer de la part
23:19de tous les industriels,
23:20capitaines d'industrie, etc.
23:22Savoir comment adapter leur milieu
23:24et comment justement accroître
23:26leur productivité
23:28par justement le fait
23:29d'accueillir tout le monde.
23:30C'est génial.
23:31C'est très rafraîchissant
23:32ce que vous nous racontez ce soir,
23:33Bernard Strait.
23:34Merci beaucoup.
23:34Vous avez aussi parlé
23:35du vote bouquin.
23:37Rapidement,
23:38dites-nous encore un peu plus,
23:39avant qu'on clôture ce chapitre
23:41à l'émission ?
23:42On a toujours le souci
23:44d'agir et de témoigner
23:45parce que je pense
23:46que c'est ce qui fait bouger les lignes.
23:48Donc, on a décidé,
23:50après cinq années,
23:51d'écrire un livre,
23:53pas parce qu'on a fini
23:53notre démarche,
23:56mais parce que je pense
23:57que les fondations
23:58de cette cathédrale de fraternité
24:00qu'on construit
24:00sont finies.
24:01et donc,
24:02on a écrit un livre
24:03de 280 pages
24:06qui relate
24:07toute cette histoire
24:08et comment on a construit ça
24:09avec nos collègues.
24:10Eh bien, merci Bernard Strait.
24:12Je rappelle,
24:12vous êtes fondateur
24:13de cette association
24:14Action pour Philippe Strait
24:15en mémoire
24:16à votre frère
24:16qui vous a confié,
24:18finalement,
24:19son argent
24:19pour en faire
24:20des choses positives
24:21et combien vous en avez faite
24:23pour les personnes
24:24en situation de handicap
24:25et puis,
24:26avec votre compagne également,
24:28que vous portez ce projet
24:29et puis,
24:30merci à Raphaël Valenti,
24:32vous êtes fondatrice
24:33de l'agence
24:34The Gma Concept.
24:36Au revoir,
24:36salut mesdany,
24:37bonne soirée à vous,
24:38merci beaucoup
24:38d'avoir été là
24:39avec nous.
24:41Mathéo Lamblot,
24:42à la semaine prochaine.
24:42À la semaine prochaine,
24:43Anthony.
24:44Et puis,
24:45avec quoi ?
24:45Un coup de cœur,
24:45un coup de gueule
24:46chaque semaine maintenant,
24:47c'est un peu
24:48la surprise et le loto.
24:50Ça dépendra de mon humeur.
24:51Vous ne bougez pas
24:51sur Sud Radio,
24:53Jacques Pessis,
24:54les clés d'une vie
24:54à suivre sur Sud Radio.
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