00:00Anne est en direct avec nous, Florence, et ça peut être intéressant aussi que vous puissiez échanger avec Anne,
00:04parce que son fils est un ancien délinquant qui a été en centre éducatif fermé.
00:09Bonjour Anne.
00:11Bonjour, bonjour.
00:13Merci d'être en direct avec nous, Anne.
00:16Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce qui s'est passé,
00:21que les auditeurs d'Europe 1 comprennent ce qui est arrivé notamment à votre fils ?
00:26Alors, moi je voudrais surtout parler de ce que je connais, c'est-à-dire des travailleurs sociaux et de la protection de la jeunesse.
00:37Mon fils a été, enfin, c'est encore, enfin bon, il y a un passé compliqué,
00:45et il a fréquenté, entre guillemets, beaucoup de centres éducatifs fermés.
00:50Ce que je disais à votre collègue, de fermer, ça n'a que des termes,
00:53parce que les membres font ce qu'ils veulent, ce qu'ils veulent.
00:57S'ils veulent, moi, à un moment donné, j'avais été convoquée au centre éducatif fermé de l'hôpital Legrand.
01:05C'était du côté de Saint-Étienne.
01:07Parce qu'il avait absolument cassé tout dans sa chambre.
01:11Il avait même dit à un éducateur qui venait de perdre sa ferme, sa femme,
01:16qu'il allait la baiser sur son humeur.
01:17Alors, vous voyez un peu l'état du...
01:20Et donc, il cassait tout.
01:22Donc, je suis convoquée, j'y vais.
01:25Et il était en train de se bagarrer avec des éducateurs,
01:31alors qu'il faisait 1m90, des malabars quand même.
01:36Alors, je leur dis, mais attendez, vous ne pouvez pas faire quelque chose, non ?
01:38Essayez de le maîtriser.
01:40Alors, on m'a dit, mais madame, on n'a pas le droit de contention.
01:42Résultat des courses, il a réussi à s'échapper du centre éducatif fermé.
01:50On l'a retrouvé le lendemain matin dans une gendarmerie
01:55et on avait vu qu'il avait passé la nuit dans une boîte de nuit
01:58parce qu'il avait un tampon sur le poignet.
02:02Donc, il a été récupéré à l'hôpital Legrand.
02:04Deux jours après, il se recarapatait.
02:07On l'a retrouvé à Nîmes, une semaine après.
02:09Les centres éducatifs fermés ne servent pas à rien.
02:14Ça coûte une fortune parce qu'il a fait l'hôpital Legrand,
02:19il a fait Andaï.
02:20Alors, Andaï, là, c'était le summum du summum.
02:22Là, il a été même...
02:24Il a volé des appareils photos sur des touristes,
02:29volé des scooters, enfin tout.
02:32Ça ne sert à rien.
02:33Quand on dit que...
02:35Peut-être que ça servirait à quelque chose
02:38si les éducateurs avaient des droits et des possibilités.
02:42Moi, à ce jour, si je n'avais pas eu la police,
02:45je mangerais les pissenlits par la racine.
02:48La police m'a proposé.
02:49Et aujourd'hui, votre fils, à quel âge, Anne ?
02:54Il a 34 ans.
02:55Moi, j'avais appelé au secours quand il en avait 12 ou 13
03:00parce que je ne faisais plus face.
03:03Bon, alors, c'est vrai qu'il a fait des bêtises.
03:08Je lui ai foutu des roustes, c'était vrai.
03:11Aujourd'hui, Anne, votre fils a retrouvé le droit chemin,
03:19en quelque sorte ?
03:20Non, non, non, non, non.
03:22Non, non, mais je vous rassure, ce n'est pas de sa faute.
03:24Il en a 34 ans, il en est encore à ce point-là.
03:29Moi, il me poursuit avec un couteau dans chaque main.
03:32C'est de ma faute parce que je n'ai pas réussi à dialoguer.
03:37Alors, ça va.
03:38Les éducateurs, il faudrait peut-être qu'ils se mettent
03:41un petit peu à la place des parents aussi
03:42et qu'ils ne donnent pas systématiquement
03:44la parole et la croyance à ce que dit le gamin.
03:52Bon, je découvre votre témoignage, Anne, en direct.
03:57J'avoue être très surpris par tout ce que vous me racontez.
04:02On a du mal à y croire.
04:04Non, mais attendez, je ne vous remets pas en cause
04:06ou en doute ce que...
04:07Est-ce que...