00:00Heureux Pinsoir.
00:0119h21, Pierre de Villeneuve.
00:0320h32, 10 minutes un petit peu plus d'allocution présidentielle
00:08où le chef de l'État, Emmanuel Macron, en effet, se disculpe de la dissolution.
00:13Il dit que c'est une dissolution pas comprise, il en prend sa responsabilité.
00:16Il dit qu'il ne veut, en revanche, que pour la censure,
00:20il ne veut pas assumer que c'est l'irresponsabilité des autres
00:24et notamment du rassemblement national qui s'est lié, dit-il, avec LFI
00:32pour faire s'opposer au projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
00:38On écoute.
00:39Il a été censuré, ce qui est inédit depuis 60 ans,
00:42parce que l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unis
00:47dans un front anti-républicain
00:49et parce que des forces qui, hier encore, gouvernaient la France
00:52ont choisi de les aider.
00:54Bonsoir, Thomas Ménager.
00:56Bonsoir, merci de votre invitation.
00:58Merci à vous d'être là en direct sur Europe 1,
01:00député du Loiret, porte-parole du Rassemblement national.
01:02Comment est-ce que vous prenez cette attaque du président Macron à votre encontre ?
01:10Celui qui est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui,
01:14responsable du désordre sécuritaire, du désordre en matière d'immigration
01:18et du désordre économique, c'est bien lui et les différents gouvernements
01:21qu'il a nommés et qui ont appliqué aussi durant les premières années
01:25sa politique et aussi Michel Barnier,
01:27qui a fait le choix de ne pas être en rupture avec Emmanuel Macron,
01:31qui a toujours eu un lien direct avec Emmanuel Macron,
01:34ça a été dit et confirmé.
01:36Et donc aujourd'hui, Emmanuel Macron a été égal à lui-même ce soir
01:40dans l'autocongrat d'utilisation permanente
01:42et dans l'insulte aussi des 11 millions de Français qui nous ont fait confiance
01:45et qui aujourd'hui nous remercient d'avoir censuré
01:47un des pires budgets de la Ve République qui leur aurait fait beaucoup de mal.
01:50Vous êtes sûr de ce que vous dites ou est-ce que vous entendez quand même
01:54Emmanuel Macron dire qu'aujourd'hui il faut faire nation
01:57et qu'il faut oublier ces étiquettes politiques ?
02:00Nous, c'est ce que nous avons fait, nous avons fait cela avec Michel Barnier,
02:03nous avons voulu des compromis,
02:06nous avons extrait seulement 10% des mesures de notre contre-budget
02:10qui n'étaient pas en plus des mesures historiques du Rassemblement National
02:12parce que nous avons aussi pris acte de la composition de l'Assemblée Nationale,
02:17mais il a nommé un gouvernement qui lui a fait le choix
02:21de ne pas entendre que le premier groupe politique de l'Assemblée Nationale
02:25doit être entendu dans ses revendications
02:28et donc aujourd'hui c'est lui aussi qui doit assumer ses responsabilités
02:31et on aurait attendu ce soir qu'il aussi annonce un nouveau Premier Ministre
02:36et ne fasse pas perdre de temps supplémentaire à la France.
02:39Oui, de Ragnel.
02:40Est-ce que vous réclamez toujours des élections présidentielles anticipées
02:44ou le départ d'Emmanuel Macron ?
02:46Non, on n'a jamais réclamé ni l'un ni l'autre.
02:48Nous avons toujours indiqué au Président de la République
02:51qu'il avait trois possibilités qui sont offertes par la Constitution de la Vème République,
02:56le remaniement, donc là un nouveau Premier Ministre,
02:58d'une dissolution dès le mois de juin, que là nous appelons de nos voeux
03:02parce qu'aujourd'hui cette élection a été volée,
03:05volée aux 11 millions d'électeurs du Rassemblement National
03:07parce que nous aurions dû avoir une majorité
03:08et lui-même l'a avoué dans son intervention, dans son allocution
03:12en disant qu'il y a eu des désistements des Républicains
03:14pour la gauche, de la gauche, de LFI, pour les Républicains et les Macronistes
03:18et qu'ils se sont entraînés à garder leur poste.
03:20Et puis, sa propre démission s'il y avait un blocage tel qu'il n'y avait aucune option...
03:24Ah, oui, il y a quand même ça.
03:27Et les deux premiers ont été les échecs, visiblement, Jules Therese.
03:30Oui, mais après ça, je veux dire, nous on n'a pas appelé, il est légitime, il a été élu,
03:34on n'appelle pas à sa démission ni à sa destitution, nous avons toujours été clairs.
03:38Oui, en fait, Thomas Ménager, c'est le fameux « je dis ça, je dis rien ».
03:42C'est le fameux « je dis ça, je dis rien », mais en même temps, il pourrait aussi...
03:44Non, je rappelle ce qu'il y a dans la Constitution et ce n'est pas pareil de rappeler ce qu'il est possible de faire.
03:50Aujourd'hui, ce que nous, on attend et nous, ce que nous demandons et nous affirmons,
03:54c'est un nouveau Premier ministre avec un gouvernement qui entend nos électeurs,
03:57c'est tout ce que nous demandons aujourd'hui.
03:58Comment est-ce que vous allez vous comporter avec ce Premier ministre qui va arriver,
04:03sachant qu'on a un cap à 30 mois jusqu'à 2027, où il faut tout rebâtir à entendre le chef de l'État ?
04:10En cohérence avec le comportement que nous avons eu avec Michel Barnier,
04:14c'est-à-dire être loyal, être transparent.
04:18Nous l'avons averti que nous ne pourrions accepter un budget
04:22qui allait augmenter de manière encore plus importante les impôts.
04:25Et même Emmanuel Macron a dit « on ne pourra pas régler les problèmes du pays en augmentant les impôts ».
04:28Il a dit à nouveau « sous-surveillant ».
04:30Oui, à nouveau un Premier ministre sous-surveillant.
04:33Mais on est le premier groupe de l'Assemblée nationale aujourd'hui,
04:37le premier groupe d'opposition, mais a fortiori le premier groupe,
04:39donc bien entendu, tout Premier ministre et tout gouvernement
04:42est sous surveillance démocratique du Rassemblement national,
04:46sous surveillance démocratique de toute l'Assemblée, mais en particulier du premier groupe.
04:49Olivier Dertigold.
04:49Monsieur le député, vous appelez à une co-construction du prochain budget.
04:54Est-ce que vous laissez les mêmes lignes rouges ?
04:57Faut-il donc simplement rajouter l'indexation des retraites pour que l'affaire passe au moins sur le PLFSS ?
05:04Bien entendu, s'il n'y a pas d'autres artifices pour après détourner le pouvoir d'achat
05:11et aller sur d'autres taxation, d'autres hausses et d'autres mesures
05:16qui iraient à l'encontre de la justice sociale et fiscale.
05:19Mais si le budget en l'état ne bougeait pas sur la question de la sécurité sociale,
05:24sur la question du PLFSS, bien entendu, il suffit pour le nouveau Premier ministre
05:27de retirer cette dernière ligne rouge que nous avions mise sur la table avec Michel Barnier,
05:33mais qui était une ligne rouge qu'il ne fallait absolument pas franchir,
05:36qui allait appauvrir nos retraités.
05:37Et bien entendu, sur la question du PLFSS, le nouveau gouvernement ne serait pas censuré.
05:42Nous en avons pris l'engagement avec Michel Barnier et cela ne changera pas avec un nouveau gouvernement.
05:46Merci Thomas Ménager d'avoir réagi sur Europe 1 en direct.
05:4920h38, on est toujours avec Catherine et Olivier Dertigold, Jules Torres, Louis de Ragnel
05:55pour commenter cette allocution de 10 minutes d'Emmanuel Macron.
06:01On a remarqué quand même qu'il a joué sur l'émotion à un moment donné.
06:05Alors il y a eu le passage sur la cathédrale, l'impossible, nous l'avons fait.
06:09On a eu les tambours, posés sans qu'il n'y ait plus en effet.
06:13Mais écoutez, l'émotion était dans ce studio.
06:16Mais juste avant, il a joué sur l'émotion avec Noël.
06:20Les responsabilités des parlementaires qui ont censuré le gouvernement,
06:24juste avant les fêtes de Noël.
06:26Catherine Ness, ça c'est aussi ce qu'on appelle communément du narratif.
06:30De la part de quelqu'un qui a 10 sous avant les Jeux Olympiques.
06:32Oui, mais c'est vrai qu'à la fin de l'année, c'est un moment pour tous les Français qui ont envie de lâcher prise
06:40et de se retrouver en famille éventuellement, en étant un peu relax.
06:48Et là, il y a une angoisse dans le pays.
06:52La consommation est assez à taux en ce moment, ce qui fait un peu peur à tous les commerçants.
07:00Je pense que la dissolution n'a pas arrangé les choses.
07:05C'est vrai, mais je crois que les choses allaient déjà mal depuis la dissolution non comprise.
07:10L'incertitude était déjà là, mais va s'accentuer, disait le patron des systèmes,
07:15Dominique Schellcher aujourd'hui.
07:16Pardon, Louis Dregnel.
07:17Ensuite, il ne faut pas oublier quand même, parce que là, ça donne l'impression que le budget qui était présenté était absolument formidable.
07:22C'était un budget qui était absolument catastrophique et qui n'avait aucune couleur politique.
07:27Ce n'était pas vraiment un budget de gauche, ce n'était pas vraiment un budget de droite.
07:30La droite a fusillé pendant trois semaines.
07:32C'était un dromadaire.
07:33Vous savez ce que c'est qu'un dromadaire ?
07:35C'est Churchill qui disait ça.
07:36Qu'est-ce qu'un dromadaire ?
07:37Un cheval dessiné par une commission.
07:38C'était un dromadaire, ce budget.
07:43Et par ailleurs, par rapport à la temporalité...
07:45Mais il avait eu très peu de temps, quand même.
07:47Bien sûr, il avait eu très peu de temps, Michel Barnier.
07:50Tout ça, il a hérité d'un brouillon et c'était difficile de rendre un chef-d'oeuvre à partir d'un brouillon.
07:57Et par rapport à la temporalité, parce qu'on voit que le chef de l'État s'indigne du fait qu'avant Noël,
08:02il y ait cette motion de censure.
08:03Dans ce cas-là, il faut décaler le PLFSS après Noël.
08:06Il n'y a jamais de bon moment.
08:08La motion de censure, c'est une arme démocratique qui est à la disposition des parlementaires
08:14s'ils décident de faire tomber le gouvernement.
08:16Comme le 49-3.
08:17Comme le 49-3 est une arme pour protéger le gouvernement jusqu'à ce qu'il soit censuré.
08:21Donc je trouve que par rapport à ça, ce n'est pas tout à fait juste
08:25quand Emmanuel Macron attaque le Rassemblement National.
08:27Écoutez, sans surprise, vous allez dire ce que vient de déclarer sur TF1 Jean-Luc Mélenchon.
08:31Moi, j'ai entendu un bavardage creux et prétentieux.
08:35Faire des leçons, donner des leçons à tout le monde.
08:38Et en comptant sur le fait que les Français ne comprennent pas ce qui se passe.
08:42Monsieur Boulot, s'il y a eu censure, c'est parce qu'il y a eu 49-3.
08:47Le 49-3 a été déposé, c'est-à-dire la loi est considérée comme adoptée s'il n'y a pas de motion de censure.
08:54La seule manière que nous avons de nous opposer à une loi dans ces conditions, c'est la censure.
08:59Ça s'appelle la vie du Parlement, ça.
09:01Jules Torres.
09:02C'est vrai, c'est la vie du Parlement et je pense qu'on a tort des anathèmes.
09:05Des anathèmes qui sont ceux de Jean-Luc Mélenchon.
09:07Des anathèmes qui sont aussi ceux d'Emmanuel Macron quand il dénonce un front républicain des extrêmes.
09:11Je suis désolé.
09:12Ce budget, le Rassemblement National et la France Insoumise l'ont critiqué depuis le début.
09:16Patrick Martin, le président du MEDEF, nous a dit que c'était un budget qui était récessif.
09:21Patrick Martin, ce n'est pas un gauchiste, ce n'est pas un nationaliste,
09:24ce n'est pas quelqu'un qui est contre l'austérité budgétaire.
09:27Mais quand on a tout ce panel de personnalités,
09:30des gens de droite qui nous ont dit que c'est honteux qu'un Premier ministre
09:33issu de la droite augmente les impôts,
09:35je suis désolé.
09:36Comment on peut en vouloir à des oppositions de voter contre ce budget ?
09:39Et à partir du moment où il y a le déclenchement du 49-3,
09:42qui là aussi est garanti par notre Constitution,
09:45on ne peut pas en vouloir à des parlementaires qui ont été élus par le peuple
09:49de voter cette motion de censure qui elle aussi est garantie par la Constitution.
09:52En tout cas, cette intervention ne balaye pas le terrain
09:55politique à l'Assemblée pour le prochain Premier ministre.
09:58J'allais vous demander.
09:59Voilà un président qui n'aide pas vraiment dans un contexte
10:02de précarisation croissante du poste de Premier ministre
10:05depuis ce second mandat macronien.
10:08On voit bien qu'aujourd'hui, il ne lui arrange pas
10:11l'entrée en fonction.
10:13Parce que si vous tapez comme ça à bras raccourcis
10:16sur le rassemblement national alors qu'il faudrait un soutien de sans participation,
10:19le front républicain en prend aussi
10:22pour son compte.
10:25Le socle commun, on ne sait plus du tout ce soir
10:28s'il existe ou pas.
10:31Bref, le président participe ce soir
10:34à un paysage politique dévasté.
10:37Olivier Dardicolle a raison de souligner ça.
10:40Emmanuel Macron explique qu'il y aura un gouvernement de compromis,
10:43il a l'impression que tout est facile.
10:46Il dit que ce gouvernement devra partir du réel
10:49avec une petite référence un peu à droite.
10:52Nous avons encore 30 mois devant nous.
10:55Mais en fait, il ne lui donne
10:58aucune condition, aucune clé à ce Premier ministre
11:01pour bien réussir le mandat qui va lui être confié.
11:04C'est un champ de ruines.
11:07Et ça dégonfle complètement les hypothèses
11:10qu'ont eu aujourd'hui François Bayrou et M. Lecornu
11:13qui ont de la crédibilité
11:16chacun à un parcours.
11:19Pour François Bayrou, il y a eu un signal qui permet de savoir
11:22qu'il ne le sera sans doute pas, parce qu'il a déjeuné aujourd'hui.
11:2520h44, une pause,
11:28le rappel des titres et on revient dans un instant.