00:00On a choisi de valoriser les céréales locales, pas comme si on voulait donner un coup de main aux agriculteurs,
00:15mais c'est de notre devoir même de valoriser nos produits locaux.
00:19Il y a des plats qui sont en voie de disparition, des plats que nous-mêmes on ne connaît pas.
00:23Chaque jour que Dieu fait, j'essaie de ramener à jour nos plats perdus.
00:30Des restauratrices comme Aminata Konate, Madina Diallo, Aziza Sawadogo et Mariam Sankara ont décidé de freiner la perte de nos valeurs culinaires.
00:41Une même passion les anime, celle de revaloriser les mains locaux burkinabés et prouver à la jeune génération que manger local, c'est aussi manger sain et responsable.
00:52J'ai voulu me démarquer. Les autres vendeuses, je voulais faire un truc assez un peu exceptionnel.
00:59J'ai essayé de combiner les céréales et je suis tombée sur le sorgo rouge.
01:06J'ai d'abord commencé par le sorgo uniquement rouge.
01:08C'était vraiment bien, mais la couleur n'était pas parfaite pour moi.
01:13Donc j'ai essayé de combiner les deux, le sorgo blanc et le sorgo rouge.
01:17Et là, maintenant, je suis tombée sur une couleur qui m'allait vraiment bien.
01:21Il y avait le goût, il y avait la couleur et c'était vraiment parfait.
01:24Il y en a à la première consommation qui n'ont pas trop apprécié parce que pour eux, nous, ça devait être uniquement du maïs.
01:30Mais il y en a qui gênent aussi. Si ce n'est pas le don, nous, du sorgo, ils ne prennent pas. Ils adorent vraiment ça.
01:35Chez Aminata, chaque ingrédient est choisi pour un but précis, combiné à un savoir-faire local.
01:42J'ai choisi les feuilles de maïs parce que ça, c'est très bio.
01:47Voilà, c'est bio et puis ça donne un autre goût différent de l'emballage en plastique.
01:53Ces crevettes-là, par exemple, ça vient du barrage de Namoro.
01:55Nos petits poissons-là, ça vient du barrage de Kanyer à côté ici.
01:58Ici, on n'en trouve pas souvent aussi. C'est de Samandeni et ça vient souvent aussi de Kaya.
02:02Riche en fer et en fibres, le donkounou à base de sorgo est un plat local aux vertus nutritionnelles reconnus.
02:12Chez Madi Nadialo, c'est la fraîcheur du Gapalpeul qui nous accueille.
02:20Depuis 2014, Madi Nadialo évolue dans la production et la vente de cette boisson locale.
02:27Servie lors des fêtes, des mariages ou simplement pour accueillir un invité,
02:32le Gapalpeul est pour elle un héritage culinaire qui symbolise le partage, la convivialité et l'identité.
02:39Bon, le Gapalpeul, c'est-à-dire qu'on faisait ça à la maison avec les mamans.
02:45Chez nous, les peuls.
02:46Quand un étranger vient, on lui donne du Gapal, un symbole d'amour, de bienvenue dans la famille et tout.
02:52C'est pour ça qu'on a adopté ça.
02:54Donc, toute personne qui vient chez nous, le Gapal, c'est la base.
02:58Préparé à partir du yaourt fermenté et du miel soigneusement moulou-upilé à la main,
03:03il peut être sucré ou natureux, selon les préférences des clients.
03:07On a plusieurs types de Gapalpe et chacun a sa manière de faire son Gapalpe.
03:12Particulièrement, notre Gapalpe, quand tu prends, tu as le miel.
03:16Quand tu bois notre Gapalpe, tu as les graines du miel et tu vois le miel en question.
03:22Pour réussir son Gapalpe, c'est d'abord le lait.
03:25Si tu as une bonne quantité, une quantité de lait, tu as réussi ton Gapalpe.
03:30Au-delà de sa saveur agréable, cette spécialité locale est une boisson aux multiples vertus.
03:37Le petit miel également, c'est très nutritif pour les enfants, pour les femmes à l'éteintre, pour les personnes âgées.
03:44Madina Diallo fait partie de ces femmes qui prouvent qu'on peut innover sans régner nos racines.
03:49Et à travers le Gapalpe, elle valorise la culture et l'identité.
03:54Au quartier Boulmiogou de Ouagadougou, nous rencontrons Aziz Asawadogo.
04:04Passionnée par la cuisine traditionnelle Burkinabé, depuis 2019,
04:09elle s'est donnée pour mission de redonner vie à plusieurs produits locaux, parfois oubliés ou délicés.
04:15Il y a des plats qui sont en voie de disparition.
04:17Des plats que nous-mêmes, on ne connaît pas.
04:19C'est pour aussi donner ça à la génération future, pour leur montrer les plats que nos parents ont laissés avec nous.
04:25Nous aussi, on doit les laisser avec ces plats, pour qu'ils arrivent à montrer ça aux étrangers qui vont venir au Burkina Faso
04:33et à leurs enfants, de génération en génération.
04:36Actuellement, il y a plein de maladies maintenant.
04:38Nos grands-parents n'avaient pas ces maladies que nous avons aujourd'hui.
04:43Et si nous aussi, on essaie de changer notre alimentation,
04:46essayer de consommer ce que nous ont laissé nos parents,
04:49qu'elles se prouvent que beaucoup de maladies ne vont pas disparaître dans notre pays.
04:54Parmi les aliments que Aziza Sawadoukou met en évidence, il y a les feuilles de balanite.
04:59Je fais ça en salade, qu'on appelle la salade de Kierla.
05:03Le nom amouré, c'est Kierla.
05:04Beaucoup de clients en commandent.
05:06Parce que si vous voyez, sa préparation, c'est juste bouillir les feuilles, mettre un peu d'huile et puis manger.
05:12C'est des feuilles qui, vraiment, c'est riche en beaucoup de choses.
05:17La différence, c'est que j'ai essayé de faire ça en sauce.
05:21On peut manger avec du riz, pas forcément le taux.
05:24On peut manger aussi avec le taux, le taux de maïs.
05:27Et puis, comme ce que je viens de faire aussi, avec les feuilles de haricots.
05:30Je fais le jus de balanite aussi, qui est le jus de Kierla.
05:34Tout comme Aziza Sawadoukou, Mariam Sankara, populaire vanbrose de maïs locaux, s'inscrit dans la même dynamique.
05:51Depuis près de 10 ans, elle se bat pour mettre en valeur les maïs du pays.
05:55Dans son restaurant, on retrouve par exemple un plat traditionnel de la région du Goulmou,
06:01qui est le Boalboala, fait à partir de la farine du Petit Mille.
06:04Par exemple, moi qui étais petite, quand tu arrives de l'école à midi et qu'il n'y a pas à manger,
06:10il y a la farine rapidement et tu fais passer ça à la vapeur.
06:15Il y a l'huile et puis le sel.
06:17Et puis, tu essaies de manger rapidement quelques boules pour reprendre la route de l'école.
06:22Donc, c'est un maïs locaux très riche à base de farine de Petit Mille et c'est demandé à tout moment.
06:29Pour moderniser un peu, j'essaie de faire des boulettes de viande ou j'ajoute également dans le Boalboala.
06:35Ça donne un autre goût.
06:37Voilà, et c'est tellement très bon et c'est très consommable.
06:41Pour certains, le Boalboala évoque des souvenirs, parfois des moments difficiles de leur enfance.
06:46Aujourd'hui, au restaurant Chemam 5, ces mêmes personnes le dégustent avec enthousiasme.
06:52Les clients aiment bien, ça leur ramène en arrière, dans leur enfance et tout.
07:00Même s'il y a certains où c'était de l'enfance difficile, c'est vrai.
07:04Mais aujourd'hui, ils sont fiers de remanger ce maïs-là et c'est intéressant.
07:10Elles, tout comme les autres restauratrices des maïs traditionnelles, sont des gardiennes des saveurs locales.
07:27Elles ont la conviction que valoriser notre gastronomie, c'est préserver ce patrimoine pour les générations futures.
07:33En créant de la valeur autour de ces mêmes locaux, ces restauratrices créent également de l'emploi
07:39et contribuent à l'essor économique du Burkina Faso.
07:43Sous-titrage Société Radio-Canada
07:49Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires