- il y a 12 heures
DB - 05-02-2026
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00:11:012,5
00:14:13Dites-moi, mon fils, vous ne l'auriez pas vu hier soir ou cet après-midi, non ?
00:14:17Eh ben, non, ma foi.
00:14:21Ça fait bien huit jours aujourd'hui qu'il n'a plus mis les pieds ici.
00:14:24Remarquez, ça m'étonne de lui.
00:14:26Enfin, c'est pas... c'est pas encore bien grave.
00:14:30C'est de quel ordre ?
00:14:31Si vous voulez bien attendre une seconde, je vais vous donner le détail.
00:14:33Non, non, non, non, non, non, dis-moi ça en gros, quoi.
00:14:36Ça serait bien dans les trois milles.
00:14:39Non, il aurait largement pu rembourser, alors.
00:14:42Vous dites ?
00:14:43Non, non, je me parle, je me parle.
00:14:46Écoutez, je vais tout de même vous donner la note pour vous fixer les idées.
00:14:49Non, non, monsieur, c'est lui qui abuse, c'est lui qui paiera.
00:14:51J'ai des principes, moi, monsieur.
00:14:54Moi aussi, monsieur, j'ai des principes.
00:14:56J'ai une maison bien tranquille et j'aime pas faire des histoires.
00:14:58Mais après tout, vous êtes le père, c'est quand même vous le responsable.
00:15:00Oh, alors ça, monsieur, en aucune façon.
00:15:02Juridiquement, si.
00:15:03Juridiquement, vous incitez des mineurs à la consommation en leur faisant crédit, monsieur.
00:15:06J'incite, j'incite, j'incite rien du tout, monsieur.
00:15:08Les alcools, je les refuse.
00:15:09Des sadaïs, des sandwichs longs comme ça, vous voyez ce qu'il consomme votre fils.
00:15:12C'est pas ma faute, il a faim et soif.
00:15:13À cet ange-là, ça a besoin de prendre.
00:15:14Comme vous dites ?
00:15:15À ce petit, moi, je le croyais de bonne famille.
00:15:17On croit que vous étiez trompé, monsieur.
00:15:18Ça m'apprendra à avoir du cœur.
00:15:20D'ailleurs, je suis dans mon droit et je sais ce qu'il me reste à faire.
00:15:22Moi aussi.
00:15:22150 sur 2.
00:15:24Complet.
00:15:28Ah, tout ça n'était pas net.
00:15:30J'avais plus que 25 minutes pour répondre à l'ultimatem de cette mère.
00:15:33Tout heureuse de pouvoir me faire une histoire.
00:15:36Ça, j'imaginais très bien la scène.
00:15:38Une fois de plus, je vais être déclaré responsable, sinon coupable des agissements de mon fils.
00:15:43Voilà à quoi ça se résume, la paternité.
00:15:46Comme si ça n'était pas assez de nourrir, d'habiller et d'instruire un croquant pareil.
00:15:50Il faudra en plus, à chaque heure du jour, prendre à son compte toutes les blagues qu'il peut faire.
00:15:54Oh, ça, je t'ai bien disposé à me défendre.
00:15:57Mais ce qu'il remouge du tabou m'avait mis en train.
00:16:08Je suis ravie de vous voir, cher monsieur.
00:16:10Bien que l'occasion n'y frappe de guerre.
00:16:12Asseyez-vous, je vous prie.
00:16:13Pardon.
00:16:15Asseyez-vous.
00:16:15Pardon.
00:16:17Je suppose que monsieur Pitard vous a mis au courant des faits.
00:16:19Bon, des faits, oui, oui.
00:16:22Il me paraît très clair, non ?
00:16:24Ah, non.
00:16:24Ah, non, madame, non.
00:16:26En ce qui concerne mon fils, je ne suis pas du tout convaincu.
00:16:29On a toujours des œillères à l'égard de ses propres enfants.
00:16:32Mais dans ce cas précis, il faut bien vous rendre à l'évidence.
00:16:34Toutes les preuves sont contre lui.
00:16:35Ah, mais moi, je trouve qu'on l'a condamné bien vite.
00:16:38Tenez pas, je reviens d'un café où il a fait des dettes.
00:16:44Il ne s'a pas remboursé, madame.
00:16:45Une fois l'argent en poche, il a dû penser qu'il pouvait en faire un meilleur usage.
00:16:50Vous connaissez mon fils, madame ?
00:16:52Non, mais le mien m'en parle souvent.
00:16:55Ce n'est pas un enfant modèle, non, loin de là.
00:16:58Mais je ne crois pas capable de ça.
00:17:00Vous savez, à leur âge, ils ont besoin.
00:17:02Ils prennent.
00:17:04La notion de vol ne vient qu'après.
00:17:06C'est pourquoi je tiens beaucoup à ce que justice soit faite.
00:17:08Autant pour mon fils que pour le vôtre.
00:17:09Il faut que ses enfants s'aperçoivent tout de suite que quelque chose de grave est arrivé.
00:17:12Mais enfin, madame, si mon fils est innocent, voyons.
00:17:14La vérité finira bien par éclater.
00:17:18Pour ma part, je dois vous avouer qu'il y a un autre aspect de la question qui m'interdit toute indulgence.
00:17:25C'est que j'élève mon fils toute seule.
00:17:27Et que je n'ai pas les moyens de passer l'éponge.
00:17:30Il s'agit de savoir si vous préférez, ou non, prendre le risque d'une enquête.
00:17:35Bon, très bien.
00:17:43Vous allez venir à dire si j'avais raison, madame.
00:17:46Vous prendrez bien quelque chose, cher monsieur ?
00:17:48Non, non, non, ne vous dérangez pas.
00:17:50Oh, messie, messie, messie.
00:17:51Un petit porto.
00:17:54Je ne vais jamais payer un porto au sprit, là, moi.
00:18:03Merci, merci, monsieur.
00:18:05Alors, eh, pardon.
00:18:10Merci, madame.
00:18:11Alors, vous l'élevez toute seule.
00:18:13Pardon ?
00:18:14Votre fils.
00:18:15Ah, oui.
00:18:17Il me donne beaucoup de satisfaction.
00:18:19Excusez-moi de vous le dire.
00:18:20Oh, il n'y a pas de mal.
00:18:21J'en ai entendu d'autres aujourd'hui.
00:18:23En somme, un père, on peut très bien s'en passer, quoi.
00:18:27Oh, n'allez pas croire.
00:18:29Pour tout vous dire, je suis séparée de mon mari.
00:18:32Mais Pierre est si affectueux.
00:18:34Ça, je n'en doute pas.
00:18:36Bon, écoutez, madame, je m'excuse, mais enfin, il faut que je parte.
00:18:38Je vous remercie pour le porto.
00:18:39Vous avez bien une minute.
00:18:41Oh, tenez, j'entends Pierre qui revient du cours.
00:18:43Il pourra vous dire ce qu'il pense de Jean-Claude.
00:18:46Moi, je n'étais pas du tout, moi.
00:18:48Et ça m'écorait de voir la mère mignoter son fils comme un amoureux.
00:18:52Elles sont toutes les mêmes.
00:18:55Leur fils, c'est leur dieu, là.
00:18:58C'est comme ça qu'elles les pourrissent.
00:19:01Et voilà, mon grand garçon.
00:19:02Monsieur.
00:19:02Je vois.
00:19:04Monsieur Montel s'est montré très compréhensif.
00:19:06Vous aimez mon fils ?
00:19:08Oui, bien sûr.
00:19:10On est copains.
00:19:10Alors, pourquoi pensez-vous que c'est lui qui a fait le coup ?
00:19:12Vous n'allez pas encore revenir là-dessus.
00:19:13Ça commence à peine pour moi, chère madame.
00:19:15Parce qu'il avait toujours besoin d'argent.
00:19:17Il avait des dettes partout.
00:19:18Il les a remboursés.
00:19:20Il avait besoin d'argent pour autre chose.
00:19:22Pourquoi ?
00:19:23Je ne devrais pas, c'est un copain.
00:19:26C'est où aller ?
00:19:28Pour un scooter.
00:19:31Un scooter ?
00:19:32Avec 5000 francs ?
00:19:34Ça se loupe, vous savez.
00:19:36Tout près du cours Corneille, dans la petite rue à droite.
00:19:38Il y a un marchand.
00:19:41Puisque la matinée était perdue,
00:19:43autant jouer les commissaires de Maigret jusqu'au bout.
00:19:47Ce n'est pas un temps de saison, hein ?
00:19:49Pardon ?
00:19:50Alors, je disais, ce n'est pas un temps de saison.
00:19:51Ah, non ?
00:19:52Et c'est dommage, parce que
00:19:53pour les petites escapades, là, j'ai tout ce qu'il faut.
00:19:57Vous avez peut-être un modèle en vue, non ?
00:19:59Non, vous ne m'allez pas regarder, non ?
00:20:00Vous voyez sur un de ces engins, moi ?
00:20:02Ah, ben alors, pourquoi pas ?
00:20:03Non, non.
00:20:04Bon, ben, d'accord.
00:20:05Je ne dis pas un scooter.
00:20:06Ça fait peut-être un peu jeune.
00:20:08Mais un vélo, moteur, affaire, noir, nickel, impeccable.
00:20:11Ah, ben, ça, croyez-moi, hein ?
00:20:12Ben, ça vous compte ?
00:20:13Ah, si, ah, si.
00:20:16Tiens, vous avez peut-être une voiture ?
00:20:18Non, non, il n'y a pas de voiture.
00:20:19Non, non.
00:20:21Bon.
00:20:21Oui, d'ailleurs, une voiture, à quoi ça sert aujourd'hui ?
00:20:23Ça, avant de se barrer, il faut faire au moins 10 tours de piste.
00:20:28Et puis, dans un mois, on n'aura même pas le droit de stationner, alors.
00:20:31Non, non, non.
00:20:32Croyez-moi, l'homme d'affaires pressé,
00:20:34eh ben, il vient en deux roues.
00:20:36Eh oui, eh oui.
00:20:37Planté, bien droit, à l'anglais, ça.
00:20:40Pas de baisse de scandale.
00:20:41Ça, vous pouvez me croire.
00:20:42Ça, c'est à l'avenir.
00:20:44Ça se loue combien, un scooter ?
00:20:46Ah, c'est pour lui, il fallait le dire.
00:20:481200 par jour, plus une petite caution.
00:20:50Combien ?
00:20:50Dans trois fois rien, 20 000.
00:20:52Eh ben, vous n'embêtez pas, vous.
00:20:54C'est qu'il y a des risques, surtout avec la jeunesse.
00:20:57Donc, vous avez des clients du cours corneille ?
00:20:59Ah oui, de temps en temps.
00:21:00Alors, avec eux, pour la caution, il faut faire gore.
00:21:02Parce que c'est une drôle demande de l'oustique.
00:21:03Non, c'est de quoi être mon vieux.
00:21:04Il y en a un qui m'a refilé un chêne en imitant la signature du père.
00:21:08Non, mais vous vous rendez compte ?
00:21:09Les jours-ci ?
00:21:10Non, non, il y a quelque temps.
00:21:13Oh, il n'y a plus de temps d'invente.
00:21:14Oui, il n'y a pas un qui serait venu vous voir hier soir ou ce matin.
00:21:23Hier soir ou ce matin ?
00:21:26Ah oui, tiens, ce matin, à l'ouverture, un brun aux yeux bleus, l'air puté.
00:21:30Vous lui l'avez loué ?
00:21:31Ben, pensez-vous, il n'avait pas d'argent pour la caution, il ne restait plus que 5 000 balles.
00:21:35Il m'a bien dit qu'il reviendrait tantôt, mais ça m'étonnerait.
00:21:37Je ne veux plus que j'ouvrir à l'œil, parce qu'il n'a pas l'air de bien prendre du collier, ce petit gars-là.
00:21:41Ça doit être mon fils.
00:21:44Excusez-moi, mais moi, je pourrais penser à voir.
00:21:45Non, de rien, de rien, j'ai l'habitude.
00:21:49Allez, si, revenez cet après-midi, vous soyez gentils de me téléphoner à ce petit gars-là.
00:21:52Ah bon, c'est vous qui payez la caution ?
00:21:53Ah non, non, non, ça, il n'en est pas question !
00:21:56Ah oui, mais alors, dites, vous allez me faire perdre un client, moi.
00:22:00Bon, attendez.
00:22:02Prenez ça.
00:22:03Ça vaudra toujours mieux que de vous pourrer dans une salle à faire.
00:22:05Qu'est-ce qu'une salle à faire ?
00:22:06Oh, ça, croyez-moi, une salle à faire !
00:22:09Je m'étais mis très en retard pour un déjeuner, un déjeuner d'affaires.
00:22:17Quant à l'après-midi, un vrai tourbillon.
00:22:19Foutez-moi la paix, je n'ai pas le temps.
00:22:27N'oubliez pas, imaginez.
00:22:31C'est l'autre, qui revenait pour la douche.
00:22:33Je le reflanc, quand même, à des douches.
00:22:38Ma secrétaire, l'après-midi, elle a toujours l'air d'être ailleurs.
00:22:43C'est simple, j'ai failli engueuler le fils du patron.
00:22:45Il a fallu que je me trouve à l'heure du métro,
00:22:53sur le point de rentrer chez moi,
00:22:55pour me rendre compte que j'aurais dû avant tout téléphoner à ma fille,
00:22:59puisqu'il déjeune chaque jour chez elle.
00:23:15Bonsoir.
00:23:17Jean-Claude n'est pas rentré.
00:23:18Non, pas encore.
00:23:18Oui, mais en mieux.
00:23:20Qu'est-ce que tu veux dire ?
00:23:21Je veux dire qu'il finira par ne plus rentrer du tout.
00:23:26Tu exagères toujours.
00:23:28Il a fait prévenir par Suzanne qu'elle serait sans doute en retard.
00:23:32Quoi tu fais prévenir ?
00:23:33Elle a téléphoné vers 3-4 heures.
00:23:36Il est allé chez un camarade pour travailler en problème de physique.
00:23:38Quoi ?
00:23:39Physique, hein ?
00:23:41Tu ne vas pas le lui reprocher.
00:23:43Tu insistes assez là-dessus pour qu'il s'en préoccupe.
00:23:45Ce n'est pas le moment d'en discuter.
00:23:46Je suis en retard pour le dîner.
00:23:47Il va les faire patienter.
00:23:49Qui ça ?
00:23:50Mais Charles et sa femme.
00:23:53Mais tu sais très bien qu'il devait venir dîner.
00:23:55Qu'est-ce qui te prend ce soir ?
00:23:56Oh, écoute, écoute.
00:23:58Moi, je suis submergé.
00:23:59Oui, je sais bien, mais ce n'est pas la première fois
00:24:02que vous avez une grosse commande à l'usine.
00:24:03Et ce n'est pas une raison pour nous gâcher la soirée.
00:24:05Tu sais, alors il tombe toujours bien, ces deux-là.
00:24:07Écoute, je vois mon frère deux ou trois fois par an.
00:24:10Alors, tu pourrais faire un effort ces jours-là.
00:24:12Tu as raison, va.
00:24:13Apéritif et sur le buffet.
00:24:14Ah, j'y vais.
00:24:18D'autant plus qu'avec un monsieur qui travaille dans les publics relations,
00:24:23il serait impardonnable de ne pas sourire.
00:24:24Pour faire d'un bon souper de réveillon à un grand souper de réveillon...
00:24:31Toujours en forme ?
00:24:33Eh oui, bien sûr.
00:24:34Oh, et vous, ma chère belle-sœur ?
00:24:36Et on rajouté...
00:24:37À vue d'oeil, non ?
00:24:38Oh, c'est le printemps !
00:24:40Ça, n'allez pas me dire que c'est une illusion, hein ?
00:24:43Oh, d'ailleurs, il en faut des illusions, vous savez, dans le monde où nous vivons.
00:24:46Comment tu vas, toi ?
00:24:48Oh là là ! Parce qu'elle a grandi, hein ?
00:24:51Et bien rembélé aussi.
00:24:53Une famille prospère, en somme toute.
00:24:54La vôtre ne serait-elle pas, mon cher beau-frère ?
00:24:57La mienne !
00:24:58Elle est fleurissante, au contraire.
00:25:01J'ai une fille qui a épousé un garçon qui lui a fait deux enfants en deux ans,
00:25:05ce qui nous promet un prix cognac pour bientôt.
00:25:08Un garçon qui ment comme quatre et qui travaille comme dix.
00:25:15Allons, allons, ne mets des enfants dans les absents.
00:25:17Il vous donne toujours des difficultés.
00:25:19Un petit apéritif ?
00:25:20Volontiers, nous ne sommes pas ici pour juger nos enfants.
00:25:22Tu peux sortir ?
00:25:23C'est bien agressif, toi, aujourd'hui.
00:25:25C'est peut-être une coine du roulot.
00:25:27Un zeste ?
00:25:28Pardon ?
00:25:28Dans votre verrouille.
00:25:29Ah, oui, s'il vous plaît.
00:25:31Voilà.
00:25:32On ne va pas trinquer sur la maîtrise des maisons.
00:25:34Georgette !
00:25:35Oui ?
00:25:36L'apéritif est servi.
00:25:37J'arrive, j'arrive.
00:25:53Vous auriez pu l'attendre, Jean-Claude ?
00:26:00Vous n'auriez pu l'attendre longtemps.
00:26:03Parce que, au dessert, la situation restait inchangée.
00:26:09Même mon beau-frère, dont c'est pourtant le métier, n'arrivait pas à dégeler l'atmosphère.
00:26:14Oh, ce que tu peux m'énerver, il doit avoir les yeux fixés sur cette place.
00:26:26Parlons d'autre chose, tu veux ?
00:26:27Non, on croirait toujours que son fils est le centre du monde, ça.
00:26:30Alors, l'humanité peut bien être menacée des plus grands dangers, ça, qu'est-ce que ça peut lui faire ?
00:26:34Mon cher beau-frère, vous êtes un peu trop pessimiste.
00:26:36Je vous accorde que nous avons des sujets de crainte, mais aussi d'espoir.
00:26:40Alors, ce qui concerne mon fils ou le monde ?
00:26:41Mais les deux, voyons.
00:26:42Ah oui, ça je sais, l'énergie atomique à la portée de chacun, hein ?
00:26:45En attendant, tout ne faut pas croire qu'on commencera par se servir des bombes.
00:26:49Ah, rien n'est moins sûr.
00:26:50Les négociations sur le désormement n'ont pas été entièrement inutiles.
00:26:53Oh, mais alors ça, par longtemps, là.
00:26:55Comment ?
00:26:55Mais enfin, mais comment pouvez-vous croire qu'on est consacré des milliards
00:26:59à fabriquer des joujoux pareilles sans avoir envie de s'en servir un jour ?
00:27:02Et pas dans les déserts, cette fois-ci.
00:27:04Non, mais alors, plein de fonds miliaires, ça, là, on ne nous l'a pas caché, d'ailleurs.
00:27:06Un seul de ces engins, et la France n'est plus qu'un souvenir.
00:27:09Un grand mercredi décembre, voilà ce qu'on nous réserve.
00:27:12Dans cette fraisie, il n'y a même pas de sang, hein ?
00:27:14Et les Chinois ne nous pleureront même pas.
00:27:16Je considère peut-être mon fils comme le centre du monde.
00:27:19Après tout, pourquoi pas ?
00:27:20Mais c'est avec des raisonnements de ce genre que tu le décourages depuis des années.
00:27:23Non seulement l'atomisation, mais le péril jaune et le péril noir et l'acier...
00:27:27Mais tous les pays sont développés parfaitement.
00:27:30Mais ces gens-là s'organisent.
00:27:31Ils prennent conscience de leur force.
00:27:33Ils défermeront sur l'Europe dès qu'ils en auront les moyens.
00:27:36Et tu crois qu'un garçon de cet âge peut envisager de telles perspectives sans être démoralisé ?
00:27:40Jean-Jet, t'as raison. Vous faites une crise de défaitisme. Vous êtes surmenés ?
00:27:43Une crise chronique, oui, avec des hauts et des bas.
00:27:46Tantôt le progrès industriel va tout résoudre.
00:27:48Tantôt nous sommes une bonne...
00:27:50Vous êtes un cycle timide. Pourquoi ne pas revoir un bon spécialiste ?
00:27:54Non, ben c'est ça. Enfermez-moi tout de suite, vous prenez de vos yeux.
00:27:58Enfermez-moi. Parce que j'y vois un petit peu plus clair que les autres.
00:28:02Vous prophétisez le malheur. C'est bien comme la Bible.
00:28:05Oh, est-ce que vous êtes assez légende ?
00:28:06Toi, tu n'as pas la parole.
00:28:08Il faut savoir en garder l'avenir en face, même s'il est sans...
00:28:10Enfin, c'est pas une raison pour se laisser aller.
00:28:12T'as toujours élevé ton fils dans la sensibilité.
00:28:15Tu m'as toujours donné raison.
00:28:16Moi, je n'aurais jamais laissé lui promettre Scooter
00:28:22qu'il avait sa moyenne en composition de physique.
00:28:24Je trouve la récompense vice-proportionnée.
00:28:27Georgette a raison, cela manque de mesure.
00:28:28Mais apprenez que la physique est une matière démesurée et capitale.
00:28:31Mais enfin, c'est ce que j'ai essayé de lui faire comprendre.
00:28:33Je ne tiens pas du tout à faire de mon fils un gratte-papier, un avocalion.
00:28:37Tout bip, d'ailleurs.
00:28:39Les rues en sont pleines.
00:28:40Tandis qu'avec un bon départ en physique...
00:28:42C'est une question de vocation.
00:28:43Mais il y a aussi l'absence de vocation.
00:28:44C'est contre quoi j'ai essayé de lutter.
00:28:46En tout cas, pour la cuisine, c'est gagné, il y a eu deux et demi.
00:28:48Comment c'est-tu ?
00:28:49Le bulletin n'est pas gagné.
00:28:51Le bulletin ne serait sans doute jamais arrivé.
00:28:53Entre mes mains, en tout cas.
00:28:56J'ai eu le renseignement sur place de la bouche même des directeurs.
00:29:00Tu te doutais de quelque chose ?
00:29:02Non, non, non, non, mais non.
00:29:03C'est lui qui m'a convoqué.
00:29:04Uniquement pour te dire ça ?
00:29:05Enfin, ça...
00:29:06Quoi ?
00:29:07Ça et puis le reste, quoi.
00:29:08En un mot commençant, il est très mécontent de Jean-Pierre.
00:29:11Et c'est maintenant que tu le dis ?
00:29:12Oui, parce que tu veux.
00:29:13Mais c'est à cause de cette entrevue que le petit n'est pas rentré.
00:29:16Il est très émotif, ça a dû lui faire un choc.
00:29:18Oh, d'ailleurs, il y a des précédents.
00:29:19La semaine dernière encore, dans le journal...
00:29:20Mais écoute, mais il n'est pas du tout émotif.
00:29:22Pas du tout.
00:29:22Il est indifférent et blasé, alors...
00:29:24Mais tu le connais pas.
00:29:25Oh, ça, c'est à voir.
00:29:26En tout cas, la note de physique, il la savait depuis longtemps.
00:29:28Alors, le choc était bien amorti, crois-moi.
00:29:29Mais pas du tout, tant que tu l'ignorais toi-même.
00:29:32Maintenant, il sait que tu sais.
00:29:34Tu peux pas t'imaginer ce qu'un scooter aurait présenté pour lui.
00:29:36Tu n'aurais jamais dû lui faire une telle promesse.
00:29:38Il avait qu'à le mériter, son scooter.
00:29:39Écoutez, Henri, vous ne savez pas vous y prendre avec Jean-Claude.
00:29:42Il l'a bu !
00:29:43Ah, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, je vous en prie, mais non.
00:29:46Moi, j'ai tout fait pour le mettre en confiance.
00:29:48Tout, tout, tout.
00:29:50Mais qu'est-ce que vous voulez faire pour que vous leur fiez un mur ?
00:29:53Sa mère a été couchée.
00:29:55Je passe devant sa chambre.
00:29:59Je vois de la lumière sous la porte.
00:30:01Tout était calme.
00:30:02Alors, je me dis, tiens, ils travaillent ?
00:30:08Non.
00:30:10C'est peut-être le moment d'en avoir le cœur net.
00:30:17Entrez.
00:30:22Ça ne vous dérange pas ?
00:30:23Non.
00:30:23Vous travaillez, là ?
00:30:33Hein ?
00:30:33Que c'est que ce bouquin, hein ?
00:30:39Oh !
00:30:43Bah, dis donc, t'es fatigué à ce point-là ?
00:30:46Non, mais je pourrais l'être.
00:30:48Au moment de l'examen.
00:30:50Bah, ça a toujours temps, à ce moment-là, de...
00:30:53T'es relaxé, non ?
00:30:55Je me renseigne d'avance, quoi.
00:31:01Écoute, Jean-Claude.
00:31:03Je veux bien admettre que votre génération ne ressemble pas à la nôtre.
00:31:08Dans le monde de fou où nous vivons,
00:31:10c'est peut-être un besoin pour toi de se relaxer.
00:31:13Mais tu veux que je te le prête ?
00:31:15Jean-Claude, je suis venu ici dans de bonnes intentions,
00:31:18alors n'essaie pas de me pousser à bout, hein ?
00:31:20Ta mère dort, c'est la fin de la journée, je suis fatigué.
00:31:22Alors j'aimerais aller me coucher en ayant compris une fois pour toutes les mobiles de ta conduite.
00:31:27J'ai une bonne conduite, ce mot-là.
00:31:28Ne fais pas l'imbicile, tu sais très bien ce que je veux dire.
00:31:31Ta conduite, ta conduite générale.
00:31:34Elle me déconcerte.
00:31:36Ouais, ça, on dirait que tu considères la vie comme une partie de plaisir.
00:31:39Mais pourtant, je t'assure qu'au bahu, c'est pas marrant tous les jours.
00:31:41Oh, alors, c'est mon petit gars, si tu crois que c'est marrant à l'usine, tu te trompes, hein ?
00:31:44À ton âge.
00:31:45Quoi, à mon âge ?
00:31:46Qu'est-ce que tu voudrais faire d'autre ?
00:31:49Mais je ne sais pas.
00:31:51Tout ce que j'ai pas eu, moi, dans ma jeunesse.
00:31:53Mais d'ailleurs, écoute, la question n'est pas...
00:31:54Mais si, mais si, tu regrettes de ne pas avoir pris de bon temps.
00:31:57Alors moi, justement, je profite.
00:31:58Enfin, j'essaie.
00:32:00Comme ça, plus tard, je vois mon regret.
00:32:02Non, enfin, Jean-Claude, mais il faut avoir un but dans la vie.
00:32:05Moi, je me souviens, quand je suis entré dans ma première place, j'avais ton âge.
00:32:09Eh bien, je me suis dit, non, non, non, non, je vaux mieux que ça.
00:32:12Il faut que je m'élève.
00:32:14Je suis fait pour commander.
00:32:15Eh bien, aujourd'hui, je commande.
00:32:16Mais tout le monde ne peut pas avoir une âme de chef.
00:32:18Mais oui, mais tout le monde devra avoir un goût, un intérêt particulier pour quelque chose.
00:32:23Moi, je suis prêt à t'aider, tu sais.
00:32:25Même si ça ne correspondait pas à ce que j'avais prévu pour toi.
00:32:28Alors, entre nous.
00:32:31Mais qu'est-ce que tu veux faire dans la vie ?
00:32:33Roulez.
00:32:35Roulez droit devant moi.
00:32:38Aussi vite que possible.
00:32:53Roulez.
00:32:54Roulez droit devant moi.
00:32:56Aussi vite que possible.
00:32:59Qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?
00:33:02C'est bien simple, j'en étais.
00:33:03Mais alors, j'étais sidéré, moi.
00:33:05Le lendemain, à l'usine, j'y pensais encore.
00:33:08C'est alors que je lui ai proposé une marche du scooter, c'est tout.
00:33:10Écoutez, Henri, il ne fallait pas prendre sa réponse au sérieux.
00:33:14Et l'exprime seulement un désir d'évasion du milieu familial tout à fait normal.
00:33:17Alors, tout est parfait, tout est parfait.
00:33:20Ce soir, il a fini par s'évader.
00:33:23Alléluia, non ?
00:33:23Mais non, mais non.
00:33:24Le point délicat, c'est de leur donner justement l'impression qu'on ne les retient pas.
00:33:28Il faut neutraliser la contrainte familiale.
00:33:31Vous êtes de plus en plus intelligent.
00:33:33Veux-tu te taire ?
00:33:34Non, elle a raison, elle a beaucoup de bon sens, cette petite.
00:33:37Avec ce genre d'explication, on finit par tout justifier.
00:33:40Votre psychologie, votre psychanalyse, ça vous brouille les idées.
00:33:43Un point, c'est tout.
00:33:44Moi, il me semble au contraire que ça explique bien des choses.
00:33:47Avouez que, dans le cas de Jean-Claude,
00:33:49la rivalité normale entre père et fils est particulièrement exacerbée.
00:33:52C'est ça, dites tout de suite qu'il me déteste.
00:33:53Non, pas exactement.
00:33:53Non, mais pourquoi avoir peur des mots ?
00:33:55Oui ou non ?
00:33:56En un sens seulement, dans la mesure où il dépend de vous.
00:33:58Eh, vous croyez que vous m'apprenez quelque chose ?
00:34:00C'est pas d'aujourd'hui que je me suis aperçu qu'il prenait un malin plaisir
00:34:04à détruire tout ce que je faisais.
00:34:05Tenez, quand nous sommes arrivés ici, le jardin était à l'abandon.
00:34:08Non, écoute, je t'en prie, laisse-moi parler, tu veux.
00:34:10Alors, j'ai voulu semer des fleurs.
00:34:12Aucun de mes spines ne prenait.
00:34:13Alors, je me suis demandé pourquoi.
00:34:14Un jour, en le guettant depuis le garage, je me suis aperçu,
00:34:17je me suis aperçu, excusez-moi, ma chère belle-sœur,
00:34:19je me suis aperçu qu'il pissait dessus.
00:34:21Et comme ça suffisait pas, il appelait des petits copains pour l'enlayer.
00:34:23Eh bien, moi, je crois justement que tout a commencé
00:34:26quand vous êtes venu vous installer ici.
00:34:28Il ne s'est jamais remis d'avoir quitté sa province.
00:34:31Au début, quand il venait nous voir, je ne le reconnaissais plus, moi.
00:34:35Il s'était renfrenié, refermé sur lui-même.
00:34:38Qu'est-ce que tu as, resté toujours tout seul dans ton coin, toi?
00:34:59Rien.
00:35:01Bah, moi, tu peux bien me le dire.
00:35:03J'ai toujours été gentille avec toi.
00:35:05Qu'est-ce qui ne va pas?
00:35:06Allez, dis-le à ta ta, tu auras deux gros caramels.
00:35:10Qu'est-ce que j'en ferais de tes caramels?
00:35:12Je ne les aime plus.
00:35:13Oh, alors c'est bien ça, tu n'aimes plus rien.
00:35:16Je n'aime pas Paris.
00:35:18Mais tu n'es pas à Paris.
00:35:19Tu es en banlieue.
00:35:21C'est presque la campagne.
00:35:24Je n'aime pas la banlieue.
00:35:26Pourquoi?
00:35:31C'est triste.
00:35:32Tu ne vas tout de même pas me dire que c'était plus qu'il y a là-bas.
00:35:35Un trou pareil.
00:35:35Mais je n'étais pas un trou.
00:35:37Il y avait 6 840 habitants.
00:35:39Et puis à l'école, il y avait franchement Troillard et Trois-Molières.
00:35:44On rigolait bien.
00:35:46Oui, si, à la rentrée, tu vas en retrouver les petits camarades.
00:35:49Oui, oui, on dit ça, mais...
00:35:52Ce ne sera pas les mêmes.
00:35:53Mais tu verras que tu t'y feras très bien.
00:35:55Allez, mouche-toi et va retrouver ta petite cousine
00:35:57au lieu de la laisser toujours jouer toute seule, la pauvre.
00:36:00On ne joue pas au même jeu.
00:36:01Vous n'avez qu'à jouer aux marchands.
00:36:03Tu m'as fait peur.
00:36:29Il faut bien s'amuser un peu, quoi.
00:36:40On joue au nudiste?
00:36:43Qu'est-ce que c'est?
00:36:45On se met tout nu, quoi.
00:36:47Tu n'as jamais entendu parler du nid
00:36:48où tous les gens passent leurs vacances tout nus?
00:36:50Trois-Molières, il va chaque année avec son père et sa mère.
00:36:56Alors, on joue?
00:37:00Non.
00:37:01Pourquoi?
00:37:03C'est trop froid.
00:37:04Oh, ce que tu fais de bourde!
00:37:07N'est-ce pas qu'il était gentil avec nous et avec toi?
00:37:11Oui, oui, oui.
00:37:12Il s'agissait de leur mettre en confiance.
00:37:15Mais moi, vous ne montrez pas des morts.
00:37:17C'est la région parisienne qui l'a changé.
00:37:18Oh, les enfants s'adaptent à cet âge-là.
00:37:20Oh, je me souviens très bien de l'avoir mené à Paris.
00:37:23Il trouvait que le métro sentait mauvais.
00:37:26Il avait peur des autos, de la foule.
00:37:28Écoutez, vous m'avouez que c'est un normal, tout de même.
00:37:30Pas du tout.
00:37:30Lucien a raison.
00:37:31C'est comme quand nous l'avons mis au lycée.
00:37:32Il s'est senti perdu dans cette immense caserne
00:37:34avec 40 élèves par classe et 11 sixièmes.
00:37:37Au début, il n'arrivait même pas à retrouver la sienne.
00:37:38Ça, il se sentait plus à l'aise avec les petits romanos
00:37:41qui s'étaient installés du côté de la bièvre.
00:37:42Alors là, il s'était fait vite adopter.
00:37:44Mais forcément, en réaction contre un milieu trop oppressant
00:37:47lui fallait sa détente, son Far West.
00:37:49Eh ben, c'est ça.
00:37:50Dites tout de suite que nous avons mis au monde un petit sauvage.
00:37:52Nous sommes tous plus ou moins.
00:37:53Mais enfin, en tout cas, c'est dans ce bon milieu
00:37:54qu'il a appris à voler.
00:37:56Qu'est-ce que tu vas encore chercher ?
00:37:57La vérité.
00:37:57La tienne.
00:37:58Le lapin.
00:38:01Une misérable histoire de gosse.
00:38:04Une histoire qui prenait maintenant tout son sens.
00:38:07À bien la reconsidérer.
00:38:14C'est pas propre, Jean-Claude, hein ?
00:38:19Faut te le manger, ton lapin, hein ?
00:38:20Maman, t'avais dit ?
00:38:25Ah, bien sûr !
00:38:27Et apprends-moi ça.
00:38:30Tu sais, Jean-Claude, hein ?
00:38:32Si t'as des bonnes notes cette semaine,
00:38:34eh ben, dimanche prochain, je te ferai une belle cage
00:38:36à Clareware, tu sais ?
00:38:37Avec une caisse.
00:38:39Oh, il sera pas content.
00:38:41Il sautait toute la journée.
00:38:42Où c'est ?
00:38:45Chez...
00:38:46Chez le marchand.
00:38:48Chez quel marchand ?
00:38:50Ben, là où je l'ai acheté.
00:38:52Je crois que c'était le moment qui l'avait acheté.
00:38:54Maman et moi.
00:38:56Jean-Claude.
00:38:58Lui vient, ça fait.
00:38:59Mais du marché !
00:38:59Non, non, non, non, aujourd'hui, y a pas de marché.
00:39:01Alors, chez qui l'as-tu pris ?
00:39:02Mais chez personne.
00:39:03Mais tu vas me répondre, je t'ai figé une paire de claques.
00:39:04Il coura tout seul de côté de la ligne du chemin de ferme.
00:39:07Alors, avec les autres, on l'a encerclé.
00:39:08Qui ça, les autres ?
00:39:09Les petits rembannons ?
00:39:10Ben, oui.
00:39:11Bon, ils ont déjà pris une poule la semaine dernière.
00:39:13Alors, tu vas me faire le plaisir d'en prendre son lapin ?
00:39:14De remettre le lapin où tu l'appelais, hein ?
00:39:16Non, il est à moi.
00:39:17On l'a joué aux cartes et je vais gagner.
00:39:19Et les choix, par-dessus le marché.
00:39:23C'était inutile d'en faire un drame.
00:39:25Voilà.
00:39:26Voilà ce que sa mère répondait dans un cas aussi grave.
00:39:29Alors, comment voulez-vous, dans ces conditions, lui inculquer des principes ?
00:39:32Mais attraper un lapin qui courait le long de la voie, pour lui, c'était pas volé.
00:39:36Écoute, il s'agissait justement d'aller lui faire comprendre avant qu'il ne soit trop tard.
00:39:40Bon.
00:39:40Non, bon, bon, tenez.
00:39:41Tout récemment encore, j'avais laissé là, sous le compotier, un billet de 5 000 francs
00:39:45pour que la femme de ménage puisse payer l'enquêteur.
00:39:46Non, écoute, ça dit à odieux, hein ?
00:39:47Ah, mais ça, qu'est-ce que tu veux, c'est pas de nappe.
00:39:48C'est à voir.
00:39:49Ben, les fêtes sont les fêtes.
00:39:50Non, écoute, Jean-Claude n'est pas rentré, tout le reste n'importe plus.
00:39:52Sous le compotier, disiez-vous ?
00:39:53Oui, oui, alors Georgette devait aller, je sais plus, enfin, faire des courses à Paris.
00:39:57Qu'est-ce qu'il lui prend ?
00:39:58Ce qu'il lui prend, ce qu'il lui prend, elle veut pas reconnaître, c'est tort, voilà ce qu'il lui prend.
00:40:01Alors, ce soir-là, quand je suis rentré, la femme de ménage avait lissé un mot pour me dire qu'elle avait pas trouvé l'argent.
00:40:05Et quand Georgette est rentrée à son tour, elle a prétendu que c'était elle qui avait pris les 5 000 francs.
00:40:10Mais alors, ça, sans conviction, d'ailleurs.
00:40:11Or, le lendemain, je vois mon Jean-Claude affalé sur le divan, avec une opère d'après-ski, mais alors monstrueux, extravagant.
00:40:23Alors, on le voyait que c'est bien simple, d'autant plus que lui, il avait les yeux fixés dessus, là.
00:40:28Il était ébloui.
00:40:30Alors, moi, je l'interroge sur leur provenance.
00:40:32Il monte dans sa chambre.
00:40:33Alors, je le suis.
00:40:34Et vous savez ce qu'il m'en répond ?
00:40:37C'est un cadeau.
00:40:39Peut-on savoir de qui ?
00:40:41Oh, t'y croiras pas.
00:40:44Et toujours ?
00:40:45Ben voilà.
00:40:47C'est après-ski, j'en avais tellement envie que je tomberais un arrêt chaque jour devant la vitrine, à côté du cours.
00:40:51Alors, les copains, tu sais, sont pas tous comme moi.
00:40:54Y'en a qui sont pleins aux as.
00:40:55Ils sont cotisés et me les ont offerts.
00:40:57Voilà.
00:40:58Pour ta fête.
00:40:59Oh non.
00:41:00Elle est passée depuis longtemps, déjà.
00:41:03Tout le monde l'a oubliée, d'ailleurs.
00:41:05Mais ce sera bientôt mon anniversaire.
00:41:07Ouais.
00:41:07Ils l'ont devancée, somme toute.
00:41:09Je me demande s'ils ont pensé à ça.
00:41:11Dis-donc, Jean-Claude, il faut qu'il me prend du.
00:41:14Quoi ?
00:41:15C'est pas vraisemblable.
00:41:16Oh non, non, non, c'est insolent.
00:41:17L'histoire de la collecte organisée par tes collègues pour t'offrir ton stylo.
00:41:21Tu crois que c'est pas vraisemblable ?
00:41:23Dis-donc, tu as l'air de dire que ton père est un menteur, toi.
00:41:26Tu oses bien faire croire, maman, que tu manges tous les jours à la cantine, alors ?
00:41:30Tu m'espiades, maintenant.
00:41:32Il y a des hasards malheureux.
00:41:33Bon, dis-donc, j'ai tout de même bien le droit de manger au restaurant si ça me fait plaisir, non ?
00:41:35Oh, mais si.
00:41:37Et même avec qui tu voudras.
00:41:38Oh, c'est trop fort, ça.
00:41:43Non, ça, c'est trop fort.
00:41:45Accuser son propre père de mensonge pour se disculper.
00:41:48Alors, vous vous rendez compte ?
00:41:49À propos de quoi ?
00:41:51Oh, à propos de quoi ?
00:41:51À propos de quoi ? Est-ce que je sais, moi ?
00:41:53Et puis d'ailleurs, quelle importance ça a-t-il ?
00:41:55Ça pourrait être très instructif, au contraire.
00:41:58Voilà, voilà, voilà.
00:41:58Elle prend son parti, là, systématiquement.
00:42:01Ah, la gâte est pourrie.
00:42:04Je crois qu'il est bien trop tard pour que je puisse l'en prendre en main.
00:42:06Il fallait penser plus tôt.
00:42:08Au lieu de le mettre en confiance, tu l'as toujours braqué avec tes sarcasmes.
00:42:11Écoutez, Henri, vous n'avez jamais su vous y prendre ni l'un ni l'autre avec lui.
00:42:15Non, écoutez, non, vous, je vous en prie.
00:42:16Vous, avec vos publics relations, vous croyez que tout peut toujours s'arranger dans la vie.
00:42:20Les familiales relations, c'est autrement compliqué, je vous assure.
00:42:24Avouez que de ce côté-là, je ne m'en tire pas mal non plus.
00:42:26J'en suis la preuve vivante.
00:42:27Mais parfaitement.
00:42:28Je ne vois pas pourquoi tu j'ai propos ce soir de prendre ce temps de persiflage.
00:42:33A moins que l'atmosphère de cette maison n'y soit pas quelque chose.
00:42:36Dites-donc, ça ne permettrait pas que vous venez m'insulter chez moi, non ?
00:42:40Excusez-moi.
00:42:42Nous sommes tous un peu énervés ce soir et c'est bien naturel.
00:42:45Mais avant tout, il faut tâcher d'ivoire clair.
00:42:48Asseyez-vous.
00:42:49Bon.
00:42:50Enfin, moi, j'ai...
00:42:55J'ai l'impression que tout un aspect du caractère de Jean-Claude vous échappe.
00:43:00Écoutez, Harry, vous êtes très sceptique à l'égard des relations publiques.
00:43:05Et c'est d'ailleurs votre droit.
00:43:07Mais savez-vous justement pourquoi Jean-Claude est venu me voir dernièrement ?
00:43:11Comment, il est allé chez vous ?
00:43:12Oui.
00:43:13Non, alors, écoute, première nouvelle, alors.
00:43:14Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je te l'ai dit.
00:43:16Non, alors, c'est absolument pas.
00:43:17Mais absolument pas.
00:43:18Mais d'ailleurs, c'est tout...
00:43:19Mais si, non, je voulais vous dire ce que je voulais vous dire,
00:43:22c'est que Jean-Claude, lui, est intéressé par les relations publiques.
00:43:25Il venait me voir pour se documenter.
00:43:28Vous vous plaignez de... de son manque d'invocation ?
00:43:31C'est peut-être qu'inconsciemment, vous souhaiteriez qu'il embrasse une carrière proche de la vôtre.
00:43:36Lui, de son côté, il cherche et il n'ose peut-être pas vous le dire.
00:43:39Mais comment, comment, comment, lui, qui est si... si bourru, si ours,
00:43:43il voudrait penser sa vie à... à faire des sourires, à donner des poissons de main.
00:43:47Permettez-moi de vous dire que vous simplifiez un peu.
00:43:49Les relations publiques couvrent un domaine autrement vaste.
00:43:52Bien entendu, il s'agit d'une activité nouvelle.
00:43:54Il est normal qu'il vous y soit pour une grande partie.
00:43:57Mais Jean-Claude, lui, justement, en pressant toutes les possibilités.
00:44:01Si vous aviez vu avec quel sérieux, avec quelle...
00:44:04quelle perspicacité, il me posait des questions.
00:44:06Décidément, tu as des réactions inattendues, toi, ce soir.
00:44:11Tu te sens mal ?
00:44:13Non, j'ai assisté à la scène en coulisse.
00:44:15Ah, félicitations.
00:44:17La porte du bureau était restée ouverte.
00:44:19Quand je suis passée, Jean-Claude m'a fait signe qu'il voulait me voir.
00:44:21Je le savais, d'ailleurs.
00:44:22Parce que vous avez aussi vos petits secrets.
00:44:24On est du même âge, on se comprend vite.
00:44:25Alors, qu'avais-tu compris ?
00:44:27Qu'il ne venait pas pour te voir, mais pour me taper.
00:44:29Qu'est-ce que c'est que ce langage ?
00:44:30Quel autre ?
00:44:31Alors, tu veux dire qu'il m'a...
00:44:33Enfin, qu'il s'est...
00:44:34Qu'il s'est payé ta tête, parfaitement.
00:44:37Tu pouvais savoir comme il peut se moquer des relations publiques,
00:44:39mais alors, seulement comme tu étais là, il lui fallait bien trouver un prétexte.
00:44:44Ah !
00:44:45Ah, ben, celle-là...
00:44:47Ah, celle-là, elle est bien bonne.
00:44:50Alors, vous commencez à découvrir l'oiseau, mon cher beau-frère.
00:44:53Je ne peux pas croire ça, Jean-Claude.
00:44:55Je voudrais bien savoir ce qui te pousse un ciel à dire du mal de lui.
00:44:57La vérité !
00:44:59J'avais le droit de donner mon avis après vous avoir entendu toute la soirée.
00:45:01Est-ce que ça ne serait pas plutôt le dépit ?
00:45:03Qu'est-ce que vous insinuez, là ?
00:45:04Oh, elle a toujours tourné autour de Jean-Claude.
00:45:05Oh, les copains, c'est tout.
00:45:08Il m'a emprunté 5000 francs, bon.
00:45:10Il s'est acheté des appris-qu'il y a avec, tant mieux pour lui.
00:45:13Et c'est avec ton argent qu'il...
00:45:15Tu entretiens ton cousin, maintenant.
00:45:17On peut bien se rendre des petits services.
00:45:19Ah, ben, alors ça, décidément, c'est la journée des billets de 5000 francs.
00:45:22Qu'est-ce que ça veut dire, encore ?
00:45:22Mais bien, puisque nous en sommes au quart d'heure de vérité,
00:45:24ça veut dire que Jean-Claude a fauché hier dans la poche d'un camarade
00:45:26un billet de 5000 francs.
00:45:27Et c'est pour ça que le directeur m'a convoqué.
00:45:29Voilà ce que ça veut dire.
00:45:30Mon Dieu, nous sommes perdus !
00:45:30Non, non, nous ne sommes pas perdus, puisque j'ai remboursé.
00:45:33Mais alors, pourquoi n'est-il pas rentré ?
00:45:35Mais est-ce que je sais, moi, écoute, est-ce que je sais...
00:45:37Il doit avoir honte, il peut faire n'importe quoi, il faut prévenir la fois.
00:45:40Bon, écoute, attendons un peu avant de nous ridiculiser, veux-tu ?
00:45:42Moi, je me demande ce qu'il peut faire de tous ces par-jeux.
00:45:44Il n'en a moins que ses petits camarades, voilà le drame.
00:45:46À son âge, moi, j'avais tout de suite 100 sous par semaine.
00:45:48Il lui en faut bien plus pour éblouir Marie-Martine Chantou.
00:45:51Qu'est-ce que c'est que ça, Marie-Martine Chantou ?
00:45:53Écoute, c'est un flirt de Jean-Claude.
00:45:54Ah, parce que tu étais au courant, tu ne m'en as jamais rien dit ?
00:45:56Je l'ai appris ce matin.
00:45:57C'est non seulement le flirt de Jean-Claude, mais la reine du cours Corneille.
00:46:01Vous ne pouvez pas savoir.
00:46:16Ah, c'est chouette, une moto !
00:46:22Faut immédiatement téléphoner à ses Chantou !
00:46:31Je ne le connais pas, moi !
00:46:32Mais nos enfants se connaissent, ça suffira comme introduction, non ?
00:46:35Il paraît que le père est ju...
00:46:36Et alors, ça t'impressionne ?
00:46:38Oh, ce que tu vas chercher, toi, je t'assure, alors !
00:46:42Vous avez remarqué ?
00:46:46Monsieur a peur de téléphoner à un juge, comme s'il se sentait coupable.
00:46:52Allô, Suzanne ?
00:46:54Oui, c'est papa.
00:46:55Dis donc, veux-tu me rendre un service ?
00:46:57Peux-tu téléphoner immédiatement à un monsieur Chantou à...
00:47:00Attends, à Bernie 34 deux fois, hein ?
00:47:05Ah bah oui, Bernie 34 et 34.
00:47:09Tu diras que tu es la sœur de Jean-Claude et qu'il n'est pas rentré.
00:47:12Hein ? Mais non, mais non, je t'expliquerai.
00:47:13Non, tu lui diras que tu as su par ton frère qu'il est très camarade de sa fille.
00:47:21Enfin, écoute, arranges ça comme tu voudras, mais tâche de savoir si Jean-Claude n'est pas encore chez eux.
00:47:25Hein ?
00:47:26Bah, comment, tu ne le connais pas ?
00:47:27Bah, moi non plus, je ne le connais pas.
00:47:28Et puis alors ?
00:47:30Oui.
00:47:30Bon, alors, tu me rappelles tout de suite, hein ?
00:47:32Alors ?
00:47:37T'occupais ?
00:47:38Essaye de nouveau !
00:47:39Ah bah, j'ai essayé deux fois, alors, un petit peu de patience, quand même.
00:47:42Alors, à propos, et ces fameux 5000 francs, qu'est-ce qui les a pris en fait ?
00:47:44Mais moi, je te l'avais dit !
00:47:45Ça, c'est extraordinaire !
00:47:47On est arrivé au point où la vérité sonne faux, où le mensonge paraît, vraisemblable.
00:47:50Vous, gâmez-vous, Harry, le retour de Jean-Claude va tout éclaircir, et après une bonne nuit, tout sera oublié.
00:47:56On aurait bien voulu rester avec vous, mais demain, j'ai une journée très chargée, des stages graves.
00:47:59Non, non, mais je comprends, je comprends, pas de sommeil, pas de sourire, mais je connais ça.
00:48:04Imaginez un peu, dans quel état je serais moi-même demain matin, si ce petit crétin s'est mis en tête de découché.
00:48:08Parce que tu t'imagines que je vais attendre toute la nuit ?
00:48:10Non, non, laisse-moi, laisse-moi, laisse-moi, laisse-moi les rapports.
00:48:15Oh, mon Dieu.
00:48:18Comment tout ça va t'y finir ?
00:48:20Écoute, Georgette, raisonne-toi.
00:48:22Il a 18 ans, après tout.
00:48:25À cet âge-là, il est bien permis de rentrer quelques fois plus tard que minuit.
00:48:30Enfin, rappelle-toi de notre temps.
00:48:33Ça m'est tout de même arrivé, les meurs n'étaient pas les mêmes.
00:48:36Je suis persuadé qu'il a été retenu à une surprise partie.
00:48:39Oh, parce que tu penses qu'après une journée comme ça, il peut avoir l'esprit à danser ?
00:48:42Oh, rassure-toi, ma tante, c'est un garçon qui récupère très vite.
00:48:45Mais encore une fois, qui te demande ton avis ?
00:48:46Je connais mieux que vous tous, tu entends, mais je ne te permettrai pas de...
00:48:49Alors ?
00:48:51Mais alors, la petite Chantou n'est pas rentrée non plus.
00:48:54Qu'est-ce que tu en penses ?
00:48:56Mais, mais, alors, c'est une fugue, ça finira par un mariage.
00:49:05Qu'est-ce qui lui prend ?
00:49:07Il est temps de partir.
00:49:08Oui, oui.
00:49:09Oui, bonsoir, ma chère belle-soeur, excusez-nous, avant cette soirée.
00:49:13Bonsoir, ma chère belle-soeur.
00:49:19Les chantons-nous en téléphonie ici ?
00:49:21Ah non, non, j'ai fait téléphoner par Susan.
00:49:24Oh, c'est bien toi, ça, chère.
00:49:32Je suis sûr que tout ça, on jouera à Henri.
00:49:34Oui, vous allez bien de la chance, allez.
00:49:36Bonsoir.
00:49:38Bonsoir.
00:49:39Bonne nuit.
00:49:39Bonne rentrée.
00:49:40Oui, bien sûr.
00:50:04En tout cas, si vous appreniez quelque chose de nouveau, vous seriez gentil de nous rappeler.
00:50:13Bonsoir, monsieur.
00:50:13Qui téléphonais-tu ?
00:50:14Au Chantou.
00:50:15Enfin, écoute, puisque...
00:50:16Tu avais fait téléphoner par ta fille.
00:50:17Enfin, Susan, ou moi, le résultat était le même, non ?
00:50:20Si ces gens t'en imposaient.
00:50:21Le père a bon être juge, nous les valons bien.
00:50:24D'ailleurs, il a été très...
00:50:24Mais tu sais bien que je n'aime pas téléphoner à des gens que je ne connais pas.
00:50:27Si ton monsieur le juge avait été capable de surveiller sa fille, tout ça ne serait pas arrivé.
00:50:31Mais il pourrait en dire autant de nous !
00:50:33Jean-Claude est un garçon, ce n'est pas pareil !
00:50:34C'est ça ! Excuse-le encore, ton fils bien-aimé !
00:50:37Il faut que quelqu'un prenne sa défense, tu vas passer toute ta soirée à la carverie au lieu d'agir !
00:50:41Tu n'es que là !
00:50:41Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
00:50:44Que je me mette à courir dans les rues, à Saint-Recherche !
00:50:45Mais pourquoi pas ?
00:50:46Arrête-toi donc, il y a du faire mieux la vie de coucher au lieu de dire des bêtises.
00:50:48Parce que tu penses que je pourrais dormir ?
00:50:50Mais je me demande si tu réalises clairement la situation !
00:50:52Mais Jean-Claude n'est pas rentré, la petite Chantou non plus.
00:50:54En un sens, ça m'apparaît moins grave que s'il était parti seul !
00:50:56C'est pas ça que tu disais tout à l'heure à mon frère !
00:50:58Tout à l'heure, tout à l'heure, j'étais énervé !
00:51:00Maintenant, je me sens...
00:51:01Je me sens vidé !
00:51:02Pfff !
00:51:03Je prends une journée pareille !
00:51:05Et puis quand je pense à ce qui m'attend demain à l'usine...
00:51:07Oh oui ! Oh, ça, bien sûr !
00:51:09Ça, ça n'a aucune importance, mon travail !
00:51:11Somme par la fois du mois !
00:51:13Heureusement que je l'ai, mon travail !
00:51:15Pour les satisfactions que vous donne les enfants...
00:51:18Jean-Claude !
00:51:20Jean-Claude !
00:51:21Jean-Claude ! Où as-tu ?
00:51:25Cherchez mon vie !
00:51:27Mais...
00:51:28Allô ? Allô, c'est toi Jean-Claude ?
00:51:53Mais où es-tu ?
00:51:55Chez un camarade, en train d'étudier ma physique.
00:51:58Tu ne me crois pas ?
00:52:00Mais si, mais si.
00:52:02Sommage, il faut rentrer maintenant, hein ?
00:52:04Avant, je voudrais te dire que l'histoire du collège, c'est un commentaire contre moi.
00:52:08Malenco ne peut pas me sentir, alors...
00:52:10Il a prétendu qu'on lui avait volé 5000 francs.
00:52:13Mais c'est faux, j'en ai la preuve.
00:52:15Tant mieux, mon petit gars, tant mieux.
00:52:16Tu me crois, n'est-ce pas ?
00:52:17Mais oui, je te crois, mon fils.
00:52:20J'ai toujours cru que Malenco était...
00:52:21T'es un menteur.
00:52:23Alors, il faut rentrer maintenant, hein ?
00:52:25Tout est arrangé.
00:52:28Allô, oui ?
00:52:34Oui, c'est moi, oui.
00:52:37Le commissariat de Boulogne, un accident...
00:52:39Allô, allô, allô, ne vous affolez pas trop, monsieur.
00:52:42Ça aurait pu être plus grave.
00:52:44Oui, le scooter a dérapé et votre fils doit avoir le bras cassé.
00:52:51Hein ?
00:52:52Eh oui, une passagère et une toute jeune fille.
00:52:56Bah, vous savez, à l'arrière, c'est toujours plus sérieux, hein ?
00:53:02Non, le docteur dit qu'elle s'en tirera.
00:53:03Mais non, mais non, je pense pas.
00:53:08Et pour tout vous dire, c'était un scooter volé.
00:53:12Ça, tout dépendra du propriétaire.
00:53:16Bon, alors voilà.
00:53:18Ils sont à l'hôpital Foch, à Surenne.
00:53:21Qu'adviendra-t-il de Jean-Claude
00:53:50et de la petite Chantou
00:53:51que va devenir aussi la famille Montel ?
00:53:55Comment leur vie va-t-elle évoluer ?
00:53:57Voilà certainement les questions que vous vous posez en ce moment
00:54:00parce que vous avez cru à cette fiction dramatique
00:54:03comme aux autres pièces que vous propose la télévision.
00:54:06Or, cette pièce-ci, ce n'était pas de la fiction.
00:54:10Ce n'était pas non plus la reconstitution d'une histoire vécue
00:54:14comme en fait souvent le cinéma,
00:54:16mais plutôt l'évocation de réalité de tous les jours
00:54:20comme une des milliers de familles.
00:54:22Et c'est ce qui nous autorise à vous poser cette question
00:54:25et si c'était vous.
00:54:28Il est fatal qu'il y ait parmi vous
00:54:30des M. Montel, des Mme Montel, des Jean-Claude,
00:54:33des petites Chantou et tous les autres
00:54:35qui viennent de vivre chez vous
00:54:37une heure de leur vie et de leurs problèmes
00:54:41et que vous avez d'ailleurs, je le suppose,
00:54:42ou j'en suis même sûr,
00:54:43accueillis comme des familiers.
00:54:46C'est fatal, et je vais vous dire pourquoi,
00:54:49parce que les statistiques le prouvent
00:54:50et je vais vous en citer, si vous le permettez,
00:54:53quelques-unes.
00:54:53D'abord, une statistique générale
00:54:56du ministère de la Justice
00:54:58qui nous apprend que la délinquance juvénile
00:55:01qui était en régression depuis 1949
00:55:03tend à, au contraire,
00:55:05connaître une certaine recrudescence
00:55:06depuis 1955.
00:55:08Cette année-là,
00:55:09on a compté parmi les délinquants
00:55:12de 13 975 mineurs
00:55:17de moins de 18 ans
00:55:19qui ont été jugés dans la métropole.
00:55:22Et il est intéressant aussi
00:55:23de connaître le décompte
00:55:24de ce total de 13 975,
00:55:262 722 de moins de 13 ans,
00:55:294 476 de 13 à 16 ans
00:55:32et 6 777 de 16 à 18 ans.
00:55:36Et dans cette statistique,
00:55:38je ne veux pas vous en donner
00:55:38tout le détail,
00:55:39ce serait bien long,
00:55:40on découvre que parmi ces 13 975 délinquants
00:55:44au total de moins de 18 ans,
00:55:46il y en a eu qui ont commis
00:55:47non seulement des délits,
00:55:48mais même des crimes,
00:55:49et de toute nature,
00:55:51c'est-à-dire délits et crimes
00:55:52contre les personnes,
00:55:53contre les biens et contre les mœurs.
00:55:55Et si vous voulez encore une précision,
00:55:57tout de même,
00:55:58le rapport, la proportion
00:55:59entre filles et garçons
00:56:00est de 1 pour les filles
00:56:02à 10 pour les garçons.
00:56:04Nous n'avons pas, messieurs,
00:56:04de quoi être fiers.
00:56:06Une autre statistique officielle également,
00:56:09mais qui cette fois concerne Paris seulement,
00:56:11est l'année 1956,
00:56:13donc elle est plus proche.
00:56:15Cette année-là, à Paris,
00:56:16ont été arrêtés pour vol d'automobiles
00:56:17137 mineurs
00:56:19et pour vol de scooters,
00:56:21335 mineurs.
00:56:24C'est-à-dire que si on retranche
00:56:26le mois de vacances,
00:56:27parce qu'après tout,
00:56:27les voleurs aussi ont besoin de repos,
00:56:29ça nous donne exactement
00:56:30un mineur par jour
00:56:32arrêté pour vol de scooter.
00:56:34Si on rapproche
00:56:35ces deux statistiques officielles
00:56:37d'une statistique officieuse,
00:56:39mais qu'on peut, je crois,
00:56:41au moins retenir
00:56:42pour l'ordre de grandeur
00:56:43qu'elle indique,
00:56:44et qui concerne
00:56:45les besoins de la jeunesse,
00:56:47j'espère que vous avez senti
00:56:48que je mettais ce mot de besoin
00:56:49entre guillemets,
00:56:50c'est-à-dire qu'ils n'existent
00:56:51peut-être pas légitimement,
00:56:52mais enfin, ils sont.
00:56:53Les mineurs en France,
00:56:56pour 1957,
00:56:57il y a une petite anticipation
00:56:58pour les derniers mois,
00:57:00auront acheté
00:57:02pour 8 millions
00:57:04de disques micro-sillons.
00:57:078 millions de disques micro-sillons.
00:57:10Ils seraient aussi
00:57:11ceux qui auront payé
00:57:12un quart des recettes de cinéma,
00:57:15et 1 million de scooters
00:57:17auront été vendus
00:57:18cette année
00:57:19à des moins de 21 ans.
00:57:20Et, je vous en prie,
00:57:21ne me dites pas
00:57:22que ces chiffres
00:57:23ne vous concernent pas.
00:57:25Mathématiquement,
00:57:26ils concernent
00:57:27obligatoirement
00:57:28plusieurs d'entre vous
00:57:30qui le savent
00:57:31ou qui ne le savent pas.
00:57:32Ceux qui le savent
00:57:33sont sans doute
00:57:34les moins nombreux.
00:57:35Mais enfin, ils existent.
00:57:36Et je dois dire
00:57:36qu'il y a une chose
00:57:37qui m'a toujours étonné,
00:57:38c'est que tous,
00:57:39autant que nous sommes
00:57:39à la télévision,
00:57:41quand nous nous adressons
00:57:42à vous,
00:57:42aux téléspectateurs,
00:57:44nous vous parlons
00:57:45comme si vous étiez tous
00:57:46des modèles de vertu
00:57:47et d'honnêteté.
00:57:48Ben non,
00:57:48il faut se faire à cette idée,
00:57:49c'est que parmi les téléspectateurs,
00:57:51il y a aussi des voleurs,
00:57:53il y a peut-être des gangsters,
00:57:54il y a peut-être des gangs
00:57:55qui suivent
00:57:55des émissions
00:57:56de la télévision française.
00:57:57Pourquoi pas ?
00:57:58Pourquoi retrouverait-on
00:57:59parmi les téléspectateurs
00:58:00des proportions différentes
00:58:02de celles
00:58:02du reste de la société ?
00:58:04L'achat d'un téléviseur
00:58:05n'est pas
00:58:05un brevet d'honnêteté.
00:58:07Quant à ceux
00:58:08qui ne savent pas
00:58:09que les chiffres
00:58:10que je viens de citer
00:58:11les concernent aussi,
00:58:14je les entends déjà
00:58:14se récrier et dire
00:58:15« Mon fils, un voleur ? »
00:58:17Celui des voisins, peut-être,
00:58:18mais le mien, non.
00:58:20Vous savez,
00:58:20c'est le verso
00:58:21de la formule bien connue
00:58:22et très dangereuse.
00:58:24Ce n'est pas parce que
00:58:25c'est le mien,
00:58:26mais, et puis là-dessus,
00:58:27on lui trouve
00:58:27toutes les qualités.
00:58:29C'est là un double piège
00:58:30de l'orgueil,
00:58:31donc il faut se méfier.
00:58:34Maintenant,
00:58:35comment trouver
00:58:36les montels ?
00:58:37Comment savoir
00:58:38où ils sont ?
00:58:39Alors ça,
00:58:40je vous avoue que
00:58:40c'est une question
00:58:41à laquelle nous ne pouvons
00:58:42absolument pas répondre.
00:58:43c'est vous
00:58:44qui détenez la réponse
00:58:45en vous-même.
00:58:46Hier soir,
00:58:47très exactement,
00:58:48vous vous le rappelez
00:58:49certainement,
00:58:50Robert Lamoureux
00:58:51vous prenait à partie
00:58:52pour vous inviter
00:58:52à danser.
00:58:53Ce soir,
00:58:54nous vous invitons
00:58:54à penser.
00:58:56Nous vous invitons
00:58:57à faire un retour
00:58:58sur vous-même
00:58:59et à vous poser
00:58:59cette question
00:59:00« Est-ce que nous
00:59:01ne sommes pas
00:59:01des montels ? »
00:59:03Pourquoi pas ?
00:59:04Monsieur Montel,
00:59:05au fond,
00:59:06ce n'est pas du tout
00:59:06un criminel,
00:59:07c'est tout simplement
00:59:07un homme
00:59:08qui ne comprend pas,
00:59:10qui ne voit pas
00:59:11ou plus exactement,
00:59:12qui ne voyait pas
00:59:13jusqu'à ce que
00:59:14ses yeux aient été ouverts
00:59:15d'une façon
00:59:16si cruelle.
00:59:18Alors,
00:59:18je crois que
00:59:19vraiment,
00:59:19vous devez,
00:59:20en toute honnêteté,
00:59:21vous poser la question
00:59:22et ne pas poser
00:59:23en principe
00:59:23qu'elle ne saurait
00:59:24se poser
00:59:25à votre propos.
00:59:28Je crois que,
00:59:29d'autre part,
00:59:30les conclusions
00:59:30que vous devez tirer,
00:59:32ce n'est pas
00:59:32que votre comportement,
00:59:34si cette action
00:59:35que vous venez de voir
00:59:36vous a influencé,
00:59:37doit changer
00:59:38totalement
00:59:38de jour au lendemain.
00:59:39Surtout,
00:59:39attention,
00:59:40ne vous mettez pas
00:59:40à avoir des soupçons
00:59:41désordonnés
00:59:42à considérer
00:59:43à partir de maintenant
00:59:44vos enfants
00:59:45comme des voleurs éventuels.
00:59:47Je ne veux pas non plus
00:59:48vous suggérer
00:59:49de leur donner
00:59:50tout l'argent de poche
00:59:52qu'ils désirent
00:59:52sous prétexte
00:59:53de leur éviter
00:59:54la tentation
00:59:55de voler.
00:59:55Non,
00:59:55simplement,
00:59:56je crois que ce qu'il faut,
00:59:58c'est que vous fassiez
00:59:58un effort
00:59:59pour comprendre
01:00:01leurs problèmes
01:00:02qui n'ont aucune
01:00:03mesure commune
01:00:04avec les problèmes
01:00:06de jadis.
01:00:07C'est vrai,
01:00:08c'est absolument vrai
01:00:09que les jeunes
01:00:10de 1957
01:00:11ont une fureur
01:00:13de vivre
01:00:13qui est exacerbée
01:00:15par les difficultés
01:00:16d'aujourd'hui
01:00:16et par les menaces
01:00:18de demain.
01:00:19Il faut que vous compreniez ça.
01:00:22Vous vous rappelez,
01:00:23enfin non,
01:00:23vous vous rappelez pas,
01:00:24mais vous savez
01:00:24que du temps
01:00:25de poils de carotte,
01:00:27on disait volontiers
01:00:27à un jeune garçon
01:00:28« tu finiras sur l'échafaud »
01:00:30et on le lui disait
01:00:31par exemple
01:00:32simplement parce qu'il ne s'était
01:00:33pas lavé les mains
01:00:33avant de se mettre à table.
01:00:35Aujourd'hui,
01:00:36on risque
01:00:37de l'envoyer à l'échafaud
01:00:38uniquement
01:00:39par négligence,
01:00:41par manque de compréhension
01:00:42de ces problèmes.
01:00:44Il faut tout de même
01:00:44faire attention.
01:00:45Et vous voyez,
01:00:46une émission telle que celle
01:00:47d'aujourd'hui
01:00:47avait pour but,
01:00:49en plus du spectacle
01:00:50qu'elle vous a offert,
01:00:53d'attirer votre attention,
01:00:55disons le mot,
01:00:55de vous donner
01:00:56mauvaise conscience.
01:00:57Si de telles émissions
01:01:00vous intéressent,
01:01:01les auteurs,
01:01:02Marcel Moussy
01:01:03et Marcel Bluval,
01:01:04aimeraient que vous
01:01:05y participiez activement.
01:01:06C'est-à-dire
01:01:07que vous leur fassiez
01:01:08des suggestions
01:01:09en ce qui concerne
01:01:11la nature des sujets
01:01:13que vous voudriez voir
01:01:14traités
01:01:15dans les prochaines émissions.
01:01:17De façon que ce soit
01:01:18vraiment vos vrais problèmes
01:01:20qui soient abordés
01:01:21et que,
01:01:21en quelque sorte,
01:01:23le titre
01:01:23« Si c'était vous »
01:01:25soit à modifier
01:01:27que le « Si »
01:01:28soit en trop.
01:01:29Car voyez-vous,
01:01:30dans cette question
01:01:30qui vous a été posée,
01:01:32on n'a pas voulu dire
01:01:33« Si c'était vous
01:01:34les Montelles,
01:01:35que feriez-vous
01:01:35à leur place ? »
01:01:36On a voulu vous demander
01:01:37« Êtes-vous bien sûr
01:01:39que ce n'est pas vous
01:01:39les Montelles ? »
01:01:40Alors,
01:01:41faites vos suggestions.
01:01:42Je ne sais pas,
01:01:43par exemple,
01:01:43une émission de ce genre
01:01:44pourrait porter
01:01:45sur les problèmes
01:01:46du logement
01:01:47qui sont toujours
01:01:48à l'ordre du jour,
01:01:49hélas,
01:01:50et sur leurs incidences
01:01:51sur, disons,
01:01:53la cohésion
01:01:53et l'harmonie
01:01:54de la vie familiale.
01:01:56Vous pourrez porter
01:01:56sur le travail,
01:01:57enfin,
01:01:58vous voyez tous les sujets
01:01:59actuels
01:01:59qui pourraient être
01:02:00traités de cette manière.
01:02:02Pour envoyer vos suggestions,
01:02:03l'adresse,
01:02:04vous la connaissez,
01:02:05Télévision française,
01:02:0615 rue Cognac-Gé,
01:02:07Paris 7e,
01:02:08émission « Si c'était vous ».
01:02:10Quant à votre adresse à vous,
01:02:12alors là,
01:02:13c'est bien difficile
01:02:14de la trouver.
01:02:15Évidemment,
01:02:15il y a des annuaires,
01:02:16mais où chercher ?
01:02:18À Montel,
01:02:19ce serait beaucoup
01:02:20trop simple,
01:02:21car encore une fois,
01:02:22c'est certainement
01:02:24à toutes les pages
01:02:25qu'il y a des Montel.
01:02:27« Si c'était vous. »
01:02:36« Si c'était vous. »
01:02:36« Si c'était vous. »
01:02:41C'est parti.
01:03:11C'est parti.
01:03:41C'est parti.
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