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  • il y a 23 heures
DB - 05-02-2026

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00:00C'est parti !
00:30C'est parti !
01:00C'est parti !
01:29C'est parti !
01:59C'est parti !
02:59C'est parti !
03:29Vous le savez peut-être déjà ?
03:30Non, pas encore.
03:32Voilà, ça fait 80 francs.
03:36Evelyne Perleau, qui est arrivée de Paris sans crier gare.
03:43Evelyne qui font 100.
03:44C'est parti !
03:45C'est parti !
03:46C'est parti !
03:48C'est parti !
03:50Il n'est pas la peine de venir l'échanger contre une femelle.
03:53Parce qu'à partir de maintenant, je ferme la boutique pour toute la durée des fêtes.
03:57Vous savez bien que ça vous serait quelque chose.
03:59La lapin, elle vient de s'arriver !
04:09La lapin, elle vient de s'arriver !
04:16C'est parti !
04:17C'est parti !
04:23Quel honneur !
04:24Vous pouvez les entendre, vous l'avez certainement tous reconnu.
04:27Mais regarde-moi un petit peu.
04:29C'est toute pas l'autre ?
04:30Qu'est-ce que tu as tenu pas malade ?
04:31Non, non, non, simplement un peu fatiguée.
04:33Ah, bon.
04:34C'est-à-dire pour ça que je suis venue ici, tu sais.
04:37T'as bien fait !
04:38On va se retaper un petit peu et tu te sortiras avec tes grosses gouttes en bagage.
04:41Sans me faire perdre ta ligne, bien entendu.
04:43Tu me trouves grossi, moi ?
04:44Oh, non, pas particulièrement.
04:46Tu es gentille !
04:47Les mauvaises langues prétendent que je me bourre de gâteaux,
04:49mais comme ça, j'aurai un bon prétexte pour en faire.
04:51Oh, je t'ai préparé une de ces génoises.
04:53Tu permets, je vais jeter un coup d'œil.
04:55Mon, tu me donnes faim, rapporte-moi quelque chose de la cuisine.
04:57Oh, ce l'univers, c'est un goutre !
04:59Mais j'ai faim !
05:01Où est Jeanne ?
05:04Elle ne vient pas pour les vacances.
05:06On doit reprendre leur école et le poids se faire rester pour surveiller les travaux.
05:08Enfin, c'est ce qu'Henri a écrit.
05:09Oui, mais Jeanne, c'est que je viens, non ?
05:11Non, on n'a prévenu personne.
05:12Alors, c'est bientôt prêt ?
05:14Il faut que je grandisse, moi.
05:15Tu as tout le temps, va.
05:16Quoi ? Tu regrettes ?
05:18Moi, j'attends qu'une chose, que les années passent.
05:21Mais tu n'as qu'à te laisser vivre.
05:22Qu'est-ce qui te prend ?
05:24On dirait que ça te rend triste des revoir, Bleuset.
05:25Non, pas du tout, au contraire.
05:28Seulement, tout est si calme, ici.
05:29Il ne faut pas s'y fier.
05:31Derrière les rideaux d'en face, tu peux être sûr qu'on est tous agréés.
05:33Oh, c'est vrai, j'avais oublié la mère Galipan.
05:35Toujours aussi curieux.
05:36Il n'y a pas de rideau que ça s'arrange avec l'âge.
05:38Et sa fille ?
05:39Elle arrive demain.
05:40Elle est postée à maman.
05:41J'étais dans le jardin, alors j'ai attendu le train.
05:58Ça va bien ?
06:00Oui, ça va.
06:01Et toi ?
06:03Bon, quand il y a du soleil, ça va.
06:05Tiens, j'ai pensé que des roses, c'est pour toi.
06:09Oh, ce qu'elles sont belles.
06:11Merci, papa.
06:12Ça s'appelle Mme Édouard Heriot.
06:15C'est le curé qui m'en a donné un pied.
06:17Comment tu fréquentes le curé, maintenant ?
06:19C'est à nouveau.
06:21Il aime les fleurs, celui-là.
06:22Oui.
06:25Mais enfin, on a au moins ça en commun.
06:28En commun, oui.
06:28Bon, eh bien, mes enfants, vous direz à votre mère que j'ai encore deux brouettes et de fumier à transporter, hein, avant le dîner.
06:36Et puis toi, Manu, va à la cave chercher une boutique de Bourgogne, hein.
06:41Je la trouveras tout de suite à gauche en entrant.
06:43Et puis toi, Éblie, te repose-toi un peu en attendant.
06:45Un voyage, ça pratique toujours.
06:47Ça pratique toujours, oui.
06:52Les roses du curé, tu peux dire qu'il t'a gâté ?
06:56Hé !
06:57Si je veux la marier ?
07:00Oh, non.
07:02Ah !
07:03Je croyais que tu étais venue nous annoncer une bonne nouvelle.
07:06Je suis désolée de te décevoir.
07:27Écoute, quand même, tu ne vas pas me faire croire que depuis deux ans que tu es à Paris, aucun homme ne t'a...
07:56Oh, je ne sais pas, moi.
07:59Distinguée ?
08:00Disons qu'aucun d'eux ne m'a jamais demandé en mariage.
08:05Tu vois beaucoup de gens intéressants dans ta nouvelle place ?
08:08Oh, tu sais, la plupart du temps, mes clients se contentent de téléphoner.
08:11Pourquoi as-tu changé, alors ?
08:14Parce que je gagne ma vie.
08:19Qu'est-ce que tu fais exactement ?
08:21Je tape les polices d'assurance.
08:25Ton patron est gentil ?
08:26Oh, je le vois seulement pour la signature du courrier, tu sais.
08:30T'as-je de te faire remarquer, par ton travail.
08:35Je commence à peine.
08:38Faut du temps pour se faire remarquer.
08:39Oh, je sais bien, on attend toujours longtemps ce qu'on désire.
08:42Dans l'administration, c'est encore pire, ta sœur en sait quelque chose.
08:45Ils n'ont pas demandé leur changement ?
08:47Oh, penses-tu ?
08:48D'ailleurs, tu sais, au fond, je ne sais pas si Henri tient tellement.
08:50C'était un petit roi dans son village et il perdrait son secretariat de mairie, tu penses ?
08:54Ma vie m'a dit qu'il ne viendrait pas.
08:56Oui, tout ça parce qu'on peint leur école.
08:58J'irai les voir demain.
09:03Ça les décidera peut-être.
09:28Sous-titrage Société Radio-Canada
09:58Maman, Maman, Maman, Maman, Maman, Maman, Maman, Maman !
10:03Comment t'es là, toi ?
10:12T'aurais pu nous prévenir.
10:14Je pensais que Maman l'avait fait.
10:15Elle a dû se vexer parce qu'on n'est pas descendu chez le bon effet.
10:23Tu as envie de quoi ?
10:24On t'a me donné de gamme ?
10:27Tiens, viens par ici, on sera plus tranquilles pour bavarder.
10:31Figure-toi qu'on ne peut plus sortir Henri de son coup.
10:33Son école, sa mairie, son téléclub, voilà sa vie.
10:37Je ne me repars pas à une belle vieillière.
10:39Il n'a pas demandé son changement ?
10:41Il prétend que si, mais je suis sûre que non.
10:43Je finirais bien par le savoir par un secteur d'académie.
10:46T'as de la chance d'avoir échappé à tout ça, toi.
10:49Tu sais, je n'ai pas envie de danser tous les soirs.
10:51Oui, mais au moins quand tu sors de ton travail, tu vois du monde.
10:53Tu changes d'atmosphère.
10:55Tandis que moi, ici, de la classe à la maison,
10:56j'ai qu'à traverser la cour, mes cahiers sous le bras.
10:59Tu es chez toi.
10:59Tu es fatiguée ?
11:02Non, c'est le grand air.
11:04Tu restes à déjeuner, bien sûr.
11:06C'est-à-dire, j'avais dit à maman que je rentre heureux.
11:07Ça fait re-téléphoner par Henri.
11:09Jeannot !
11:10Jeannot !
11:12Jeannot !
11:14Jeannot, va dire à papa.
11:16Non, écoute, non, attends.
11:17Tu ne veux pas ?
11:18C'est-à-dire, je n'ai pas envie de voir ton mari.
11:20Enfin, pas tout de suite.
11:24Il faut d'abord que je t'explique.
11:25Comme tu voudras.
11:26Alors, maman, j'y vais.
11:27Non, retourne jouer.
11:28Et ne dérange pas les ouvriers.
11:34Qu'est-ce qui t'arrive ?
11:36La voilà.
11:40J'ai besoin que tu me prêtes 100 000 francs.
11:46C'est urgent ?
11:48Oui.
11:51Une dette ?
11:53Oui.
11:56C'est qu'il ne va pas loin que j'en parle à Henri.
11:58C'est lui qui tient les cordons de la boue.
12:00Je m'en doutais.
12:02C'est pour ça que je ne tiens pas tellement à le voir.
12:05Il va sûrement me demander des explications.
12:07Je vais t'en donner, n'aie pas peur.
12:16Tu sais bien que j'ai changé de place depuis six mois.
12:17Oui, bien sûr.
12:21Bon, mais je ne suis plus d'actylo.
12:24Qu'est-ce que tu fais ?
12:27Je suis serveuse dans un snack bar.
12:29Serveuse ?
12:30Oui, oui, oui.
12:31Ça n'a rien de déshonorant.
12:34De toute façon, je n'avais pas le choix.
12:35Pourquoi ?
12:36Parce qu'on m'a mis à la porte du bureau précédent.
12:40Je ne veux pas avoir une recommandation du cousin Albert.
12:42Je tapais 30 mots à la minute.
12:43C'est peu.
12:44Ils s'en sont vite aperçus.
12:46Il aurait fallu que je reprenne des cours à Paris.
12:47Mais tu aurais pu nous prévenir.
12:48Vous m'en auriez payé.
12:50Le papa, son nom.
12:50Le papa m'aurait dit de rentrer.
12:51Voilà tout.
12:54J'ai donc trouvé cette place.
12:55Je l'ai acheté.
12:58Comment ?
12:58Oui.
12:59Oui, figure-toi qu'il faut donner une somme à la fille qu'on remplace.
13:02Sans que le patron s'en doute, d'ailleurs.
13:04C'est l'habitude.
13:05C'est tout de même une drôle de pratique.
13:06Oui, mais tu sais, dans l'enseignement, vous êtes un peu en dehors du monde.
13:10Moi aussi, au début, il y avait des tas de choses qui me choquaient.
13:13Il fallait que je m'y fasse.
13:15Alors, j'ai donc emprunté pour payer.
13:18Or, il se trouve que je dois rembourser plus tôt parce que la personne qui m'a prêtée en a besoin.
13:23Comme c'est un bon client, c'est gênant.
13:25Je comprends.
13:26Tu as emprunté à un client ?
13:28Écoute, tout ce que je peux faire, c'est t'en parler à Henri.
13:33Non, mais je vous rembourserai tant par mois.
13:35Et l'ennui, c'est qu'on n'a pas fini de payer la voiture.
13:39Il y aura peut-être moyen de le décider quand même.
13:44Et tu t'y plaides, ta nouvelle place ?
13:48On gagne à peu près sa vie, oui.
13:51C'est bien fréquenté ?
13:55Tu sais, sur les boulevards, on voit un peu de tout.
13:57Oh, M. Bernard.
14:17M. Zane.
14:17Oh, M. Bernard.
14:18Aucun de printemps, hein ?
14:19Vous savez, c'est pas mon premier.
14:21Sans blague.
14:22Bon, alors là, vous me décevez.
14:25Qu'est-ce que ce sera ?
14:26Un quart de brut.
14:28Oh, vous alors, vous savez bien qu'on en a pas.
14:30Je vais tout de même pas boire un jus de fruits, non ?
14:32Pourquoi pas, ça vous rappraîchirait les idées.
14:34Et puis je meurs de faim, allez.
14:35Tenez, voilà.
14:36C'est touti-fouti, une école, et dans les chèques, voilà un petit marge.
14:42Oui, Beline.
14:44Elle est pas là.
14:46Ah, comment ça, elle devait pendant 11 heures ce matin.
14:49Oh, ben vous en savez des choses.
14:50Ouais, une vraie agence.
14:52Elle se cache, hein.
14:53Ben, j'ai pas dit ça.
14:54Allez, on va la chercher quand même.
14:55En plus.
15:02Tu veux te voir ?
15:04Je pense qu'il peut être collant.
15:05Ben, qu'est-ce que t'as contre lui ?
15:07Pour mal.
15:07Oh, tu parles.
15:09Il y a une belle bagnole.
15:11C'est que les beaux jours, c'est appréciable.
15:13T'as personne en ce moment.
15:15Tu vas te marrer, il tient tout seul dans ta chambre.
15:17Parce que moi, avec Raymond, ce sera long champ, plus qu'au Grand Prix.
15:22Il y a la pelouse encore.
15:23De toute façon, pour m'en débarrasser, il faudrait que je change de place, alors.
15:27Hé !
15:29Moi, je suis sûre qu'avec ses grands airs, il peut me faire marcher, tiens.
15:33Comme ça.
15:35Tu crois ?
15:38Bonjour, Evelyne.
15:40Bonjour.
15:41Qu'est-ce que je vous sers ?
15:42Ce que vous me donnerez.
15:43Vous voyez, je suis tout ce qui est plus arrangeant.
15:45Mais ce que j'aimerais savoir, c'est pourquoi vous vous cachez quand j'arrive ?
15:48Ça vous fait un tel choc ?
15:50Le patron aime pas qu'on perde son temps, alors commandez-moi quelque chose.
15:53Un croque-madame.
15:56Moi, j'adore perdre mon temps.
15:58Remarquez, c'est tout un art.
15:59Et puis, il faut choisir le cadre.
16:01Ici, on ne peut pas dire que ce soit l'endroit rêvé.
16:03Vous voulez bien griller ?
16:04Oui, bien sûr.
16:05Tandis qu'au bois, ce soir, à l'heure de l'apéritif, ou même du dîner,
16:12vous finissez à 6 heures aujourd'hui.
16:15Oui.
16:16Et alors ?
16:18Ça ne vous tente pas ?
16:19Quoi ?
16:21Vous allez guider au bois.
16:24D'ici ce soir, vous savez.
16:25Bon, bon.
16:26Vous avez tout le temps de réfléchir.
16:28De toute façon, je penserai à 6 heures.
16:30D'accord.
16:31Vous pensez que vous aurez fini la classe des filles, ce soir ?
16:52Ça m'arrangerait.
16:53Voilà, tata !
16:58Quoi ?
16:59Tata Evelyne !
17:00Qu'est-ce que tu racontes ?
17:00Elle est avec le mot de la classe du certif.
17:03Bonjour, Evelyne.
17:04Ça, c'est une surprise, alors.
17:06Ça me fait plaisir de vous voir.
17:07J'en rire.
17:08Mais cette main froide, là.
17:10Dites-moi, vous n'avez pas très bonne mine, hein ?
17:12Il était grand temps de revenir un peu au bercail.
17:14Elle a eu un genre d'étourdissement.
17:15C'est le grand air, on perdit.
17:16Ou la fatigue, elle est venue à bicyclette.
17:19Tu ne pourrais pas la raccompagner en voiture ?
17:20Tout de suite ?
17:21Non, après déjeuner.
17:22Enfin, l'après-midi, elle veut déjeuner avec nous, bien sûr.
17:24C'est qu'à 4 heures, j'ai la réunion du comité des fêtes, moi.
17:27Ne vous dérangez pas pour moi, Henri.
17:28Merci, ça va.
17:29Excusez-moi, je savais ce que c'est.
17:30On est pris par une chose, par une autre.
17:33Ça va, Paris ?
17:35Ça va, oui.
17:36Tout à fait acclimaté, maintenant ?
17:38C'est pour bien.
17:40Je me sens comme un regret dans sa voix.
17:43Notre belle campagne a dû la retourner, hein ?
17:46Si vous pouviez convaincre Jeanne que la capitale ne fait pas le bonheur,
17:49vous me rendriez un fier service.
17:51Je courterai cette réunion, je vous ramènerai à 5 heures.
17:53Mais tu pourrais aussi bien passer la nuit ici, ça te reposerait davantage.
17:56Mais oui, bien sûr.
17:57Ça ne ferait pas plaisir à maman ?
17:58Elle va t'avoir encore 3 jours.
18:00Écoutez, vous avez jusqu'à ce soir pour vous décider.
18:02A tout à l'heure.
18:10Tu te sens mieux ?
18:11Oui, ça va.
18:11Alors, maintenant, tu vas me dire la vérité.
18:15M. Perleau.
18:38M. Perleau.
18:39Hein ?
18:39Il faut que vous rentriez chez vous tout de suite.
18:43Alors bon, qu'est-ce qui se passe ?
18:45On viendra mener votre fils tout en son.
18:48Un accident ?
18:49Non.
18:49Une bagarre.
18:51Avec le fils Malivoine.
18:52Vous savez bien celui qui travaille chez Franchoux.
18:54Mais je croyais que Manu était à la pêche ce matin.
18:57Eh bien oui, justement.
18:58C'est sur la berge que ça s'est passé.
18:59Il n'y a pas moyen d'être tranquille même un jour de fête.
19:03Ah, ça vous avez raison.
19:05Avec les enfants, je ne vais pas être tranquille.
19:08Oh non, non.
19:09Je vais faire défigurer le jour de la pomme-comte.
19:12Mais rassurez-vous, chère madame.
19:14Il n'aura même pas de cicatrices.
19:16Chaque fois que je rate une messe, je ne suis plus...
19:18Calme-toi, voyons, calme-toi.
19:20Oh, j'aurais bien voulu t'y voir.
19:21J'ouvre la porte et je vois mon fils en sang.
19:23Et c'est imbécile de père Mathuissin tout fier de l'escorter.
19:25Ah, il vaut mieux le ramener vite comme Orkindi.
19:27Eh bien voilà, dans huit jours, il n'y paraîtra plus.
19:30Non, merci docteur.
19:31Bon, maintenant tu vas nous dire pourquoi tu t'es battu.
19:33Puis je suis dans la paix.
19:35La paix ? Quand tu m'amuses dans un état pareil ?
19:37Ah ben non, par exemple. Je te garantis bien que je saurais.
19:39Tu devrais bien me suivre, docteur.
19:40Pourquoi tu fais ça ?
19:43Je suis gêneux de vous avoir dérangé un jour de fête.
19:46Je voulais bien me dire combien je vous dois.
19:48Peux-tu me dire pourquoi tu t'es battu ?
19:52Pour rien.
19:53Comment pour rien ?
19:55Tu es venu fou alors ?
19:56J'aurais de qui tenir ?
19:57Quoi ?
19:59C'est pas possible.
20:00Papa !
20:00Papa !
20:01Tu entends ce que me dit ton fils ?
20:03Il me dit que nous sommes tous fous.
20:04Je n'ai pas dit ça.
20:05Mais à quoi ça sert d'en venir mais les choses ?
20:07Bon, non.
20:09D'abord, il s'agit d'Ivoire Claire.
20:12Lequel de vous deux a commencé ?
20:14Je ne sais plus.
20:16Alors comme ça vous pêchez tranquillement
20:17et tout d'un coup vous vous êtes jetés l'un sur l'autre comme des chiffonniers.
20:20Mais il nous racontera ça un peu plus tard.
20:21Pourquoi plus tard ?
20:21Quand il aura récupéré.
20:24Tu te sens faible ?
20:25Non.
20:26Alors raconte.
20:27C'est pour une histoire de poisson au moment du partage.
20:44À ton âge ?
20:45Alors que tu ne t'étais jamais battu avant ?
20:48Je me suis énervé.
20:49Oui.
20:51Eh bien voilà ce que c'est que de fréquenter les petits galvaux d'eux.
20:53On prend leur mauvaise manière.
20:55Si tu avais, si tu choisissais mieux tes amis...
21:01Monte dans ta chambre.
21:04Je ne veux pas qu'on me va lancer des targles.
21:07Toupé, ma vue !
21:10Eh bien tu ne sortiras plus d'ici la fin des vacances.
21:12Ce serait ta punition.
21:16Ben va ouvrir, toi.
21:17Bon monsieur.
21:26Bon monsieur, dame.
21:27Je suis monsieur Malivoine.
21:28Ah.
21:29On vient à rapport à notre gars.
21:31Oui, entrez dans...
21:32Ce ne sera pas long.
21:34C'est seulement pour vous dire qu'il est rudement moché.
21:37Eh bien non, entrez dans...
21:38Mais laissez-en parler monsieur.
21:39Le vôtre, il n'a peut-être pas un oeil qui voit plus très bien.
21:42Remarquez, c'est peut-être le choc.
21:44Seulement, moi j'ai fait faire un constat par le médecin.
21:48C'est bien nous aussi monsieur, le médecin sort d'ici.
21:50Eh bien non madame, tout est régulier.
21:52Remarquez, j'étais obligé moi, à cause d'assurance sociale.
21:55Parce que le petit, forcément, il travaille lui.
21:58Ah, vous imaginez donc qu'il ne faut rien au collège ?
22:01Mais c'est trop le don.
22:02Ce n'est pas ce que je veux dire madame.
22:03Je veux dire que demain, si je ne peux pas l'envoyer à la minoterie,
22:06il faut que les choses soient en règle.
22:07Sinon, ce sont des journées de perdu.
22:09Et puis, on ne sait jamais si soleil, ça ne s'arrangeait pas.
22:12Encore faudrait-il prouver que madame elle est responsable
22:14et chacun sait dans le pays qu'il ne s'est jamais battu de sa vie.
22:17Mais notre Louis non plus, il n'est pas plus batailleur qu'un autre.
22:20Votre fils, je l'ai vu, de mes yeux vus,
22:22se colter près du moulin avec l'apprenti boulanger.
22:24Les apprentis, madame, ils en valent d'autres.
22:26Oui, en tout cas, je sais comment j'ai élevé mes enfants, moi monsieur.
22:28Eh bien ma pauvre dame,
22:31vous vous préparez à apprendre de belles choses.
22:33Parce que si votre fille, elle s'était tenue, tout ça ne serait pas arrivé.
22:38Au revoir, messieurs, dames.
22:41Excusez le dérangement.
22:43Au revoir, monsieur, merci.
22:46Comment merci ?
22:47Tu te fais insulter, tu lui dis merci, tu te prends à l'avant.
22:50Oui, je ne fais pas attention.
22:52Je fais attention.
22:54J'espère que ça s'arrangera à son oeil.
22:57Qu'est-ce qu'il a bien pu vouloir dire avec notre fille ?
23:01Manu !
23:02Manu !
23:04Quoi ?
23:05Est-ce que ta soeur était avec vous ce matin à la rivière ?
23:09Non.
23:12Alors, je ne comprends plus.
23:21Onze heures, il...
23:23Mais elle devra être rentrée depuis longtemps.
23:26Tu n'aurais pas dû lui recuser cette somme.
23:42Je trouve ça immoral.
23:43Mais puisqu'il paraît que ça se fait.
23:44Mais ça se fait peut-être, mais pas dans l'épilieux.
23:46Est-ce que j'ai payé, moi, pour avoir ce poste ?
23:48Non, ça n'en valait vraiment pas la peine.
23:49Et voilà le mauvais esprit qui recommence.
23:51Il suffit que l'air de Paris nous arrive pour que tu repasses des complexes.
23:54Je t'assure qu'il n'y a vraiment pas de quoi.
23:55Ah, le beau frère de province, on s'envole peut-être là-bas.
23:58Seulement, c'est lui qu'on vient trouver quand on a des embêtements.
24:00Pour ce qui est du résultat, il aurait aussi bien pu s'adresser ailleurs.
24:02T'es-tu demandé une seconde si je pouvais disposer de cette somme ?
24:05Si tu avais bien voulu.
24:06Ah bon, on voit bien.
24:07C'est pas toi qu'on or les traite de la voiture à chaque fin de mois ?
24:09Moi aussi, je travaille.
24:11Mais lui, as-tu pensé à son entrée en sixième ?
24:13Le trousseau, les livres, la pension ?
24:15Oui, ben c'est pas la peine de pleurer pour ça.
24:20On t'en reproche de rien, t'auras ce qu'il te faudra.
24:24Malheureusement, tu n'y es pas encore en sixième.
24:26En jugé par les libertés que tu prends avec les fractions.
24:28Je pleure pas pour ça.
24:29Je pleure pas parce qu'aujourd'hui, les autres, ils s'amusent.
24:32Et moi, parce que je suis dans l'école, ça profite.
24:34C'est pas juste.
24:35Bon, ben alors, va jouer.
24:38Mais pas en dehors de la cour, hein, t'entends ?
24:42C'est pas la peine de me mêler à ces discussions.
24:45Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi Evelyne ne s'est pas d'abord adressée à ton père.
24:49Téléphone, téléphone, téléphone, téléphone, téléphone !
24:54Oui, au revoir.
24:55Enfin, si tu sais quelque chose, dis-le.
25:06Mais tu vois bien que nous sommes dans l'inquiétude.
25:09Est-ce que ta soeur était avec vous ce matin ?
25:11Non.
25:13Alors, qu'est-ce qu'a voulu dire ce pignouf en faisant allusion à elle ?
25:16C'est elle qui a parlé de ça.
25:25Ben voilà, on était trois.
25:29Malivaine était un peu à l'écart et il était jaloux.
25:55Tu connais pas ça ?
26:04Non.
26:04C'est nouveau ?
26:05Oui, c'est Mullard qui vient de le recevoir.
26:07Un Miles Davis avec Charlie Parker au Tenorsat.
26:10Tu connais pas le thème ?
26:12Répète un peu.
26:12Oh, ça va, vous faites peur aux poissons avec votre jambe.
26:26On t'a pas demandé de venir pêcher avec nous ?
26:29C'est vrai, c'est pas de notre faute si ça ne mord pas, non ?
26:31Ben fermez-la un peu et puis vous verrez.
26:34T'es pas forcé de nous écouter.
26:36Bon ben j'en ai appris suffisamment comme ça.
26:38T'es pas tombé un peu sur la tête, non, en sortant de ton moulin ?
26:40Ben je sais ce que je dis, va t'en faire fort.
26:43Qu'est-ce que tu lui penses ce matin ?
26:44Oh, laisse tomber, ça lui passera.
26:46Ouais, il vaut mieux que je m'attèze.
26:48Allez, donnez-moi ma part et que je me tire.
26:52Voilà.
26:55Mais dis-donc cette ablette, c'est pas toi qui l'as prise.
26:58Tiens, tiens, qui c'est alors ?
26:59Ben c'est moi, j'en suis sûr.
27:00C'est même la deuxième qu'on a prise ce matin.
27:02Et ta soeur ?
27:03Quoi ?
27:04Elle a rien pêché par hasard ?
27:05Laisse ma soeur tranquille, t'entends ?
27:06Ouais, vous n'allez pas vous discuter pour une ablette, non ?
27:08Tiens, voilà ce que j'en fais de ton poisson.
27:10C'est choquant, ça vaut mieux pour toi.
27:12Tiens, le vlac qui remonte le ventre en l'air, comme ta soeur.
27:17Prémette un peu.
27:18Parfaitement, on prend la peine de faire le marle.
27:20Tout le monde sait qu'il est revenu pour ça, parce qu'elle a un polichinelle dans le...
27:22Qu'est-ce qui te prend ?
27:26C'est quand même pas ma faute.
27:27Je laisse pas me le répéter.
27:28Mais c'est toi qui me l'a demandé.
27:29Sinon tout le pays finira par le savoir.
27:31Tu le savais, toi ?
27:32Bien sûr que non, mais l'autre petit Morvelle savait, et ses parents aussi.
27:35Ça va faire le tour du pays.
27:36Mais à qui, à qui a-t-elle pu aller raconter ça ?
27:39Quand je demande à Jard.
27:40T'aurais dû me le dire avant, un mois tout seul.
27:42Je m'avais fait peur que...
27:43Vous donnez-moi ça maintenant, mademoiselle, tout de suite.
27:45Elle va remessier les terres, maintenant.
27:47Quoi ? Le bureau ne répond pas ? Ils ont dû fermer ?
27:50Mais mademoiselle, c'est scandaleux, il faut absolument que je parle à ma fille, voyons.
27:53C'est ferrier aujourd'hui.
27:54Ah, je commence à le savoir que c'est ferrier.
27:58Évely.
27:59Quand vu qu'elle n'aille pas faire encore une bêtise...
28:02Eh, Psy, tu veux faire une commission pour moi ?
28:21Je te donnerai quand j'ai acheté des bonbons, tu veux bien ?
28:23Tu connais le café, là, au bon coin ?
28:26J'ai mis pour le vin.
28:27Bon, alors tu veux donner ce mot-là à M. Cloire ?
28:30Pas le père, hein ?
28:30Le fils.
28:32Celui qui a une moustache ?
28:33Oui, c'est ça.
28:34Merci.
28:34J'ai trouvé nulle part.
28:47Jusqu'où es-tu allée ?
28:48Jusqu'au croisement de la route de Mirmont.
28:50Il faut descendre à Bleuset.
28:51Elle est peut-être rentrée, maintenant.
28:53Mais comment le savoir ? Le bureau de poste est fermé.
28:55C'est trop grave, il faut que je parle à maman.
28:57Mais n'exagérons rien.
28:59Je t'expliquerai en route.
29:00Ah non, tu m'expliqueras tout de suite ou je ne partirai pas.
29:02Pas pour le petit.
29:04Je vais mettre ta bête.
29:05Pourquoi ? Où on va ?
29:06Chez grand-mère.
29:06Quelle chance !
29:12Alors ?
29:13Alors, elle est enceinte.
29:16Ça, c'est le bouquet.
29:18Tu comprends maintenant pourquoi je me faisais du souci ?
29:20Et les 100 000 francs ?
29:22Les 100 000 francs, c'était pour ça ?
29:24Bien sûr.
29:25On allait me faire participer à une belle action.
29:27Mais de toute façon, il n'y a pas 36 solutions.
29:34Il n'est pas là.
29:37Il devait venir chez ses parents, non ?
29:39Je ne sais pas.
29:40Son père m'a dit qu'il n'était pas là.
29:42On t'y a mérité.
29:43Il n'y a pas tant de solution.
30:02Ou bien elle épouse ce garçon.
30:05Et encore, faudrait-il savoir qui il est.
30:08Ou bien son enfant n'a pas de père et alors c'est la honte de la famille.
30:10Ou bien, on est dans ta chambre, toi.
30:12Tu crois que je ne comprends rien dans la vie ?
30:14Vous en savez toujours trop pour votre âge.
30:16Pourquoi qu'elle ne m'en savait pas assez, elle ?
30:18Vous ne nous dites jamais rien.
30:19Et bien après, voilà ce qui arrive.
30:22Et bien que ça te ferve de leçon pour plus tard.
30:24Moi, les filles, je ne veux plus en entendre parler.
30:26Elles sont toutes des...
30:26C'est toi !
30:28Tu n'as pas le droit de juger ta sœur aînée.
30:30Il faudra d'abord qu'elle s'explique.
30:33Je vais appeler la gendarmerie.
30:34Pour quoi faire ?
30:35Pour qu'ils s'organisent rien.
30:36Mais attends un peu avant de nous ridiculiser.
30:38S'il y avait un accident, on serait déjà avertis.
30:40Elle a peut-être simplement des ennuis avec sa bicyclette.
30:44Tu nous as fait une de ses peurs, où étais-tu ?
30:49C'est un détour.
30:50Mais t'aurais pu nous prévenir, maman est complètement affolée.
30:52Autant plus qu'il paraît que Manuel est dans un bel état.
30:54Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
30:55Une bagarre, on t'expliquera.
30:56Allez, monte, je vous suivrai en vélo.
30:57Mais non, je peux très bien rentrer toute seule.
30:58Il n'en est pas question, allez, monte.
31:01Pourquoi est-ce que vous allez à Bleuset ?
31:03Pour t'en raccompagner.
31:04Ah, parce que maman est au courant ?
31:06À part moi, tu n'en avais parlé à personne.
31:08Bon, évidemment non.
31:09Oui, alors j'arrive pas à comprendre.
31:11Je n'ai jamais dû rentrer dans ce seul passe-là.
31:14Sous-titrage Société Radio-Canada
31:44Tu ne veux rien d'autre ?
31:48Non, merci.
31:50Alors maintenant, veux-tu nous dire où tu es allée ce matin ?
31:53Prendre l'air.
31:55En plein midi, sur les routes.
31:57Je n'ai jamais eu de montre.
31:58Oh, écoute, Avine, je me suis connu jusqu'à maintenant,
32:00mais je ne te prêis rien, ça va réclater.
32:02Va jouer dans la cour.
32:03Ben, j'en viens.
32:04Va jouer dans la cour.
32:05Veux-tu nous dire où tu es allée ce matin ?
32:10Mais laisse-la donc.
32:12Prendre l'air bien, le pied, tranquille.
32:14Pas d'histoire et tout font l'affaire.
32:15Pour vous que les rosiers poussent, tout va bien.
32:16Mais enfin, il va bien falloir que tu l'épargnes maintenant,
32:19tes responsabilités.
32:19Bonjour, madame Perlou.
32:30Je viens vous rendre la collection avec tout mes remerciements.
32:33Merci, il n'y a pas de quoi.
32:35Ça va mieux chez vous.
32:37Oui, merci, mademoiselle se repose.
32:39C'est mademoiselle Évenine qui en a de la chance
32:41d'avoir ce temps-là pour les faire.
32:43Elle a bien raison de profiter de la campagne,
32:45surtout du côté de Mirement.
32:46C'est tout enfer, il paraît.
32:48Mirement ?
32:49Qui vous l'a dit ?
32:50Mais François, elle est arrivée chez nous ce matin.
32:53Vous ne l'avez pas rencontrée sur la route ?
32:55Non.
32:55Ah, c'est vrai qu'elle était dans la voiture du boucher.
32:58Venez d'aller faire une petite visite en fin de journée,
33:00ça lui fera tellement plaisir.
33:02Oh, ben, nous sommes en famille.
33:03Oui, oui, bien sûr.
33:05Si ce n'est pas aujourd'hui, ça sera pour demain.
33:07Elle est à la maison pour deux jours.
33:08Au revoir, madame Galipot.
33:10Au revoir, madame Perlou.
33:11Et excusez-moi de vous avoir dérangé.
33:15Et encore merci pour les magazines.
33:18L'inconnue du moulin.
33:20Est-ce que c'était beau ?
33:22Oui, on en parlera plus tard.
33:23Oui, c'est ça.
33:27Je suis sûre qu'elle sait déjà tout.
33:30C'est une petite neuve.
33:34Mais tu ne t'es confiée à personne d'autre.
33:36C'est jeune.
33:37Non.
33:38Alors quoi, ce n'est pas toi ?
33:39Absolument pas.
33:40Je peux vous garantir qu'elle a gardé le secret.
33:42Il faut croire que le mur a des oreilles.
33:43Il n'y avait personne d'autre chez vous ?
33:46Non.
33:47Enfin, si, les peintres.
33:50Ce chefra non ?
33:50Oui.
33:51Oh, mais alors ne cherchez plus, mes enfants, ce n'est pas la peine.
33:54Le contre-maître habite à côté de chez Malivgan.
33:56Tous les faubourgs sont déjà au courant.
33:58Trop content de dauber sur notre con.
33:59Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?
34:01Eh bien, tu n'avais qu'à te confier à moi et à rester ici, au lieu d'aller traîner sur les routes.
34:08Qu'est-ce que tu allais faire du côté de Mirmon ?
34:10Je te promenais.
34:12Aussi têtu que son frère.
34:14Et toi, tu ne peux rien lui dire, non ?
34:16Oh, mais c'est à croire que...
34:17Qu'est-ce que j'ai subi depuis ce matin ?
34:19C'est à croire qu'il n'y a que moi qui ai pris quelque chose dans cette maison.
34:22En tout cas, il n'y a que vous pour pouvoir l'expérioriser.
34:24Ce n'est pas dans cette maison qu'on rayole les choses, monsieur.
34:28Je n'ai pas d'avis à donner.
34:29Mais moi, je veux savoir la vérité.
34:35J'y pense.
34:38Le pire d'un couvert devait être chez ses parents ce matin.
34:42Non, il n'y était pas.
34:44Ah.
34:45C'est donc bien lui que tu allais voir.
34:47On ne peut rien ne cacher.
34:57Évidemment.
34:59Ce ne serait qu'une solution.
35:01Quoi ?
35:02Bah, tu l'épouses pas.
35:03Ah, non !
35:04Tu n'aurais tout de même pas lui faire ce cadeau.
35:06Après tout ce que tu as fait pour me dégoûter de lui.
35:08Tu ne l'aimais pas.
35:08Oh, Mathieu, assez répété que ce n'était pas un garçon pour moi
35:10et que je pourrais trouver mille fois mieux.
35:12Pour trouver mieux, il fallait bien chercher ailleurs
35:14puisque tous les beaux partis étaient déjà pris.
35:16L'ennui, c'est qu'à Paris non plus, on n'épouse pas son patron.
35:19Mais je n'ai jamais prétendu ça.
35:20D'ailleurs, la situation de Fernand a bien changé depuis...
35:22Tu as toujours cru au bon mariage.
35:24Ce n'est pas pour rien que depuis 20 ans, tu lis genre de magazine.
35:26J'en ai toujours trouvé plein les armoires.
35:27Mais personne ne t'obligeait à les lire.
35:28Mais personne ne me le défendait.
35:30J'ai fini par y croire, moi aussi.
35:31Mais ça, c'est si court.
35:32Tout ça n'a rien à voir avec la vie.
35:33Ah, maintenant, je le sais.
35:35Non seulement les patrons n'épousent pas leurs employés,
35:37mais il arrive qu'ils les planquent à la porte.
35:41Qu'est-ce que ça veut dire ?
35:42Je ne suis plus la kilo.
35:45Qu'est-ce que tu fais, alors ?
35:49Pas le pire, rassure-toi.
35:52Pourtant, il y a vraiment des moments où je me suis demandé ce que j'allais devenir.
35:55Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mais rien ne me sera dans les pariés aujourd'hui.
36:00Qu'est-ce que tu fais, exactement ?
36:02Je travaille dans un snack.
36:04Une brasserie, si tu veux.
36:06Tu sers ?
36:08Oui, je sers.
36:09Après avoir vendu dans un prix unique,
36:12je n'avais pas le choix.
36:14Enfin, vous vous êtes plus seulement rendu compte
36:16que je ne savais rien faire en partant d'ici ?
36:17Ah, ça a demandé à ta mère.
36:19Je t'ai fait donner des leçons par Mme Piernault.
36:20Oh, pauvre femme, c'est elle qui aurait mieux fait d'en prendre.
36:22Parce qu'à Paris, les filles sortaient d'école commerciale autrement qualifiée.
36:25On l'a vite fait sentir.
36:26Oui, enfin, tout ça n'explique pas ta conduite.
36:28Si tu avais vécu toute seule à Paris, tu comprendrais.
36:31Seulement toi, tu t'es contentée d'en rêver toute ta vie
36:33et de nous pousser à y aller.
36:33Oh non, pardon, je ne me suis pas opposée.
36:35Enfin, c'est tout.
36:36Moi, j'étais contre.
36:42J'ai toujours eu horreur des discussions.
36:44Mais petite malheureuse, si je te laissais partir,
36:45c'est parce que je te faisais confiance
36:46si j'avais pensé que tu nous ramènerais le scandale.
36:48Ah, je vais repartir, n'aie pas peur.
36:51Mais enfin, qu'est-ce que tu lui voulais ce matin, ce garçon ?
36:54Je lui ai emprunté de l'argent.
36:57Celui qu'on m'a déjà recusé.
37:04Pourquoi faire ?
37:05Je ne veux absolument pas être mêlé à cette affaire.
37:08Dans dix minutes, on discutera des modalités pratiques.
37:10Tout ça me dégoûte.
37:10Ce qui veut dire que tu restes sur tes positions.
37:12Parfaitement.
37:13Je ne donnerai pas un sou pour ça.
37:14Je suis contre, figure-toi.
37:16C'est peut-être bizarre de la part d'un laïc,
37:17mais pour une fois, je suis d'accord avec le pape.
37:19Oh, le pape ne s'est jamais prononcé là-dessus.
37:20Ne sois pas de mauvaise foi, je t'en prie.
37:22Tu connais très bien la position de l'Église.
37:23Il s'agit de savoir si vous êtes chrétienne ou pas,
37:25ta mère et toi.
37:26Contre le dogme et ses applications.
37:27Oui, je sais, il y a des accommodements.
37:28Je ne vois pas pourquoi je discute avec vous.
37:30Je dis que s'il s'agit de faire le malheur de deux êtres par principe,
37:33alors le principe est mauvais.
37:35Très féminin comme raisonnement.
37:36À la place d'Evelyne, je n'hésiterai pas.
37:37Eh bien, reste à la tienne, c'est tout ce que je te demande.
37:39Un petit bâtard dans la famille, ça n'arrangerait pas tes affaires, tu sais.
37:42À la mairie, par exemple.
37:43Mais mon bâtard, qu'est-ce que ça veut dire ?
37:45Papa t'expliquera.
37:46Guillaume le conquérant l'appelait aussi bâtard.
37:51Mais enfin, quel genre de garçon a-t-elle bien pu choisir
37:53pour que, trois ou une seconde, elle songe à l'épouser ?
37:56Sous-titrage Société Radio-Canada
38:26Merci.
38:28Ouf !
38:30Quelle atmosphère ici, hein ?
38:32Oui, un peu lourde.
38:34C'est trop chaud ?
38:35Ça va passer.
38:36Tu veux du champagne dans un seau avec de la glace ?
38:40Oh, mais tu as complètement fou.
38:41Non, non, ne t'en fais pas, j'ai fait une semaine.
38:43Garçon, une bouteille de champagne !
38:47Non, non, écoute, tu peux me remarquer.
38:48Et alors, brouille mal.
38:49On s'amuse, hein ?
38:50Chut, mais tu es pas sortable ce soir.
38:53On est heureux, autant que ça le voit.
38:56Tu veux valser, ma dalle ?
38:59Non.
39:00Comment ça, non ? Mais tu adores valser.
39:01Mais, ben, pas maintenant.
39:03Bon, bon, ben, alors, je vais valser avec ma dalle.
39:04Chut, chut, et toi, brouille, grâce au fait.
39:10Que tu es belle.
39:12Merci, ma dalle.
39:15C'est du bon, hein ?
39:16C'est un bravo.
39:30Ah, ah, ah, ah, chut.
39:34Bois, ça va te remonter.
39:35Oh, tu as pas l'air d'aimer ça.
39:41Si, si, mais...
39:42Alors, qu'est-ce qui ne va pas ?
39:43Non, j'ai pas fermé l'oeil la nuit dernière.
39:45C'était tellement chaud dans ma chambre.
39:47Jean-Louis m'a promis de te trouver quelque chose.
39:49Tu crois ?
39:50Oui, oui, tu sais, il a l'air tout fou comme ça,
39:52mais au fond, il fait rien de plus serviable que ce garçon.
39:55Qu'est-ce drôle d'ambiance, ici ?
39:57Tu es obligé d'aller chez tes parents, dimanche ?
40:00Oh, j'ai promis.
40:02Tu sais, ils s'en font une telle fête.
40:05Ils n'ont que moi, hein ?
40:06Non, parce que j'aurai mon jour, dimanche.
40:09Eh, bien entendu.
40:10Oh, moi, je me sens des ailes, tout d'un coup.
40:13Ni, tu connais l'histoire du petit cochon rose
40:17qui voulait faire une cure d'amaigrissement.
40:19Tu m'as déjà raconté.
40:21Bon, j'ai pas de succès, moi, ce soir-là.
40:24J'aimerais tellement aller à la campagne, dimanche.
40:26Mais tu me préviens trop tard, mon petit chéri.
40:29Oh, si tu connaissais mes parents, hein ?
40:32J'aimerais bien.
40:33Oui, oui, mais pour ça, il faudrait une drôle de préparation.
40:37Puis moi, en ce moment, si tu veux, je me sens si léger.
40:40Léger, la seule pensée d'une discussion sérieuse,
40:42ça me fait l'effet de l'aide d'un documentaire
40:44sur la production de l'acier horrible,
40:45des chiffres, des graphiques, des machins...
40:47Tu viens de la chambre.
40:50Pourquoi ?
40:51Tu n'es pas heureuse comme ça ?
40:53Que tout le monde te le dira.
40:54Et le meilleur moment, c'est avant de connaître la famille.
40:58Alors, crois-moi, le plus tard possible.
41:02Bon, c'est moi qui...
41:02Non, Roger, il faut que je te parle.
41:04Tu me diras à l'oreille.
41:05Tu sais, des fois, c'est une fausse alerte.
41:31Après trois semaines, ça m'étonnerait, tu sais.
41:35Évidemment, c'est embêtant.
41:39Je ne voulais pas t'en parler tout de suite.
41:42Et puis, j'ai réfléchi.
41:44J'ai pensé que tu avais mieux regarder l'avenir en face, non ?
41:47Bien sûr, oui.
41:48Si ça ne dépendait que de moi...
41:57Je serais tellement heureuse, tu sais.
41:59Moi aussi, je...
42:00Eh bien, alors ?
42:02Tout n'est pas aussi simple.
42:05Oh, écoute, tes parents sont vieux jeu.
42:07Bon, d'accord, mais...
42:09Je suis sûre que je trouve un moyen de leur plaire.
42:13Emmène-moi dimanche.
42:14Je ne peux pas, non.
42:25Et pourquoi ?
42:28Parce que...
42:32Parce que je suis déjà marié.
42:35Bien entendu, tu avais gardé sa pâte, hein ?
42:45Lui aussi, qui conçoit !
42:47Oh, mais tout ce que j'aurais entendu aujourd'hui !
42:49Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire, bon Dieu !
42:51Allez, viens, on va prendre l'air.
42:53Papa, pourquoi il crie comme ça ?
42:54Viens !
42:56Mais c'est inutile de te mettre dans cet état !
42:58C'est plus fort que moi, j'ai honte, j'ai honte !
43:00Qu'est-ce que tu viens faire ici, toi ?
43:04Je suis venu chercher un monquin.
43:06Je t'ai déjà dit, resté dans ta chambre.
43:07Je m'ennuyais.
43:08T'en vas, t'en vas de la chambre, t'ennuies.
43:11Aujourd'hui peut-être, mais tous les autres dimanches,
43:13c'est parce qu'elle s'ennuyait qu'elle est partie.
43:14Oh, malgré ce qui te regarde.
43:15Je me suis battu pour elle, alors, j'ai le droit de placer mon mot, non ?
43:20Il promet aussi, celui-là.
43:28Mais enfin !
43:29Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas renseignée sur cet individu,
43:33au lieu de te laisser aller comme la dernière des dernières ?
43:37Tu crois qu'à Paris, il est facile de savoir qu'il y a quelqu'un ?
43:43Où l'as-tu connue ?
43:46Au bar.
43:50Évidemment, si tu l'as connue au bar...
43:52Oh, écoute, maman, au bar ou au bal des limousins, tu sais,
43:55il n'y a pas plus de garantie.
43:56Et puis, comment rencontrer des gens ailleurs que dans son travail ?
44:02Quand on est seul, sans l'assion, on n'a pas de choix,
44:05sinon entre les clients.
44:08J'en avais vu défiler, pourtant.
44:11Celui-ci m'avait paru plus sérieux, enfin...
44:13plus gentil, plus attentionné.
44:16Ah oui ?
44:17Oui, évidemment, c'est facile de prédire l'avenir après, écoute.
44:19Tu t'es laissé prendre comme moi.
44:21À ton âge, je ne sortais pas seule, moi.
44:23Oui, ben, à mon âge, tu n'habitais pas une chambre de bonne.
44:25On appréhende de rentrer tard le soir parce qu'il y fait ou trop chaud ou trop froid,
44:27et puis parce qu'on ne sait pas qui en a pour voisin.
44:29Tu l'as bien voulu ?
44:30Avec ta bénédiction !
44:31Non, non, non, vous n'allez pas recommencer.
44:33Tu es partie, c'est un fait.
44:34Tu nous reviens dans cet état sans être un autre.
44:36Il s'agit de savoir comment en sortir.
44:38Toi aussi ?
44:39Toi aussi, tu m'as poussé à ne pas rester ici.
44:41Souviens-toi, quand je voulais entrer à l'école normale,
44:43tu n'étais pas encore mariée, tu venais d'avoir ton premier poste.
44:45Mais tu as ses mises en garde contre une vie d'institutrice.
44:47Évidemment, les débuts ne sont pas en rond.
44:49Mais hier, hier encore, je venais à peine d'arriver, tu te plaignais déjà.
44:51Pourtant, maintenant, tu as un foyer, un mari.
44:53N'aie pas peur, il n'entendra pas, il est sorti.
44:57Tous les mêmes.
44:58Tant ça va mal, ils s'en vont.
45:00Seulement ici, ils sont bien obligés de revenir,
45:02tandis qu'à Paris, ils se perdent dans la foule.
45:04Si j'étais ton père, j'irais lui dire deux mots, moi, à ce coco-là.
45:09Ça servira à quoi ?
45:10À ce que ta femme le saque.
45:11Ils sont séparés.
45:13On a fait le divorcer, alors.
45:15Il m'a dit qu'elle ne voudrait jamais.
45:17Pour l'embêter.
45:22Et puis parce qu'ils ont une petite fille.
45:27Et dire qu'il n'y a pas de loi pour faire mettre en prison le Paris Saligo.
45:30C'est sûr qu'il fait le joli cœur ailleurs en ce moment.
45:34Qu'est-ce qu'il risque de piquer les mariés ?
45:37D'ailleurs, c'est peut-être lui qui ne veut pas divorcer.
45:39Tardis, c'est plus commode.
45:41Donne-moi son adresse.
45:42Pour quoi faire ?
45:43Pour que ton père y aille.
45:46Papa !
45:47Mais laisse donc.
45:48Oh, mais non, je sais, il peut bien sortir de son trou une fois dans sa vie.
45:51Mais ça ne servira à rien.
45:52Mais qu'est-ce que tu en sais ?
45:53Vous n'avez pas encore épuisé le sujet, non ?
45:55Non.
45:56Mais nous sommes arrivés à une conclusion, c'est qu'il faut que tu ailles voir ce garçon.
45:58Je n'ai pas son adresse.
46:00Quoi ?
46:02Mais est-ce que par hasard tu seras encore en train de nous raconter des histoires ?
46:06C'est lui qui m'a menti.
46:08Quand je croyais aller chez lui, j'allais chez un de ses camarades, je l'ai appris depuis.
46:12Mais tu sais bien où il travaillait ?
46:14J'aurais l'air malin d'aller chez son employeur.
46:16Je sais qu'il est représentant, oui, mais je ne sais pas au compte de qui.
46:18Ah, vous, tu ne veux pas te dire ?
46:20Je ne veux plus en entendre parler, tu n'entends plus jamais.
46:23C'est un garçon qui vous glisse entre les doigts, il n'en tirera jamais rien.
46:27De toute façon, je n'aurais rien à lui dire.
46:29La réponse serait trop facile, vous n'aviez qu'à garder votre fils chez vous, ou bien moi j'y suis pour rien.
46:33Une paternité, ça ne peut pas se prouver.
46:38On voit bien que la loi est faite par les hommes.
46:44Qu'est-ce que tu veux que la loi y fasse ?
46:46Scientifiquement, on ne peut pas le prouver.
46:47Même si on le prouvait, on ne pourrait pas obliger cet homme-là à devenir bigame.
46:51Non, mais au moins reconnaître l'enfant.
46:53S'il était possible, il n'en est pas question, je ne veux plus le voir.
46:56Ah, on peut dire que tu nous facilites les choses.
46:58Mais on ne dispose pas des gens comme ça à sa guise, c'est elle qui le connaît, pas toi.
47:01Oui, mais malheureusement, il n'y a pas qu'elle qui va payer.
47:03Assez, assez !
47:05Elle monte dans ta chambre.
47:06Non, mais moi aussi, j'en ai assez à la fin.
47:08Si ça continue, c'est moi qui vais monter dans ma chambre et ne plus en sortir.
47:10Je n'ai pas envie d'être montré du doigt dans la rue.
47:12C'est arrivé à d'autres.
47:13Oui, mais moi je suis née ici, tu comprends ?
47:15Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
47:16Que je me promène dans la rue avec une pancarte indiquant que c'est moi la seule coupable ?
47:18Tu veux que je le crie par la fenêtre ?
47:20Non, mais laisse-moi, Madame Galifaux !
47:21Madame Galifaux, t'appelais déjà la star quand j'étais petite.
47:23Alors un scandale de plus ou moins dans la famille, tu sais...
47:25Mais la compagne-la là, vous.
47:27La star.
47:29Oh, c'est pas vrai, c'est pas possible.
47:33Ou si tu ne le savais pas ?
47:36J'ai tout perdu, moi, aujourd'hui.
47:41L'amour de ma fille, la réputation.
47:45Laquelle ?
47:47Celle que tu t'es refaite depuis mon cours de captivité ?
47:50Oh, toi aussi.
47:53Vous avez tous juré de me faire perdre la tête, alors.
47:56Tu la perds quand tu veux et la mémoire aussi.
47:59Ébline a raison, tout ce sornet de ton égaré.
48:02Si tu t'étais occupé de moi un petit peu plus.
48:05C'était facile quand j'étais absent.
48:07Alors laisse-moi tranquille avec ta réputation.
48:10Elle était bien ébréchée quand je suis revenu d'Allemagne.
48:13T'es remontré du doigt, je connais ça.
48:18J'ai subi ça pendant des années, moi.
48:20Moi aussi, j'avais un surnom.
48:22À la banque et ailleurs.
48:25Seulement, ma grande force a toujours été d'avoir l'air de ne pas comprendre.
48:29Ils ont fini par se fatiguer.
48:35Je croyais que tu m'avais pardonné.
48:38T'assures que je t'ai pardonné.
48:42T'es facile à la langue.
48:44Tout s'efface.
48:46Oh non, ça c'est pas vrai.
48:47La preuve, c'est que je paye moi aujourd'hui par le mal que me fait ma fille.
48:50Et moi et elle, pourquoi payons-nous ?
48:52Toi, pour ta faiblesse.
48:54Et elle pour son inconduite.
48:56Chacun son compte, hein. Non, ce serait trop facile.
48:58Tu oublies qu'en ce moment, le vrai coupable est en train de fêter sa liberté.
49:02Il y a peut-être des remords.
49:06Ça lui passera.
49:08Il lui arrivera peut-être malheur ?
49:10Oui, il compte là-dessus, va.
49:13Malheureusement, c'est qu'on paye, comme tu dis, seulement...
49:17à tort et à travers.
49:19En tout cas, si tu lui avais donné d'autres principes...
49:21Oh, mon exemple valait mieux que tes principes !
49:24Maintenant, il est trop tard pour se demander l'usage qu'elle en a fait.
49:26Maintenant, il s'agit de l'aider.
49:27Il serait temps que tu y penses.
49:28Mais je ne pense qu'à ça depuis midi.
49:30Elle est dans sa chambre ?
49:31Oui, elle s'est allongée.
49:33Qu'est-ce que tu vas lui dire ?
49:36Je suis prêt à élever son gosse.
49:43Voilà tout ce qu'il a prouvé.
49:44Mais il faut bien prendre un parti ou un autre, non ?
49:46Eh bien, moi, je choisis l'autre.
49:48Élever son gosse.
49:50D'abord, c'est pas lui qui l'élèverait, c'est moi.
49:52Peux-tu me conduire à la ferme des Grands Croix ?
49:55Ah non ! Qui va pas aller voir cette bonne femme ?
49:57Bah, je ne serai pas la première.
49:59Henri n'aime pas que je prenne la voiture et puis...
50:01Et puis quoi ?
50:02Il a défendu de m'emmêler.
50:03Il a ses idées là-dessus.
50:04Tous les mêmes.
50:05Au fond, ils ont tous peur.
50:07Ce qu'ils veulent, c'est que ça se fasse à leur insu.
50:09Voilà tout.
50:10Il suffirait qu'on nous voie là-bas.
50:11Mais qu'est-ce qu'on dira en revenant ?
50:13Eh bien qu'on est partis chercher des oeufs pour Jeannot.
50:15Oh, je t'assure qu'Henri...
50:17De toute façon, il est trop tard, le voilà qui revient.
50:24L'opinion des gens, moi je m'en moque.
50:26Je l'ai assez prouvé dans ma vie.
50:28Moi aussi.
50:30Mais maman...
50:33Tu imagines un peu la vie qu'elle me ferait mener ?
50:37Les allusions continuelles, les grandes scènes...
50:41Si je trouve du travail, elle se plaindra d'avoir tout à faire à la maison.
50:46De personne en plus, ça compte, c'est un fait.
50:50Si je reste ici, elle viendra du matin au soir.
50:56Et puis c'est pas avec ton traitement que tu pourras nourrir cinq personnes.
51:02Tandis qu'à Paris, au moins, je gagne mes vies.
51:06Et puis en face, ça a beau être dur...
51:11Il y prend goût.
51:15Ben...
51:16Tu pourrais peut-être...
51:18Nous laisser l'enfant.
51:20Et puis retourner travailler à Paris.
51:23Oui, peut-être.
51:25Parce que...
51:27Si je comprends bien, tu t'y plais là-bas.
51:31En tout cas, je pourrais plus revenir à Bleuset.
51:33Pas à cause de vous.
51:36À cause de l'atmosphère générale.
51:40De là-bas, je me rendais plus du tout compte.
51:42T'es si mal logé que ça, à Paris.
51:45Ben, sous les toits, forcément.
51:46Les hôtels sont tellement chers.
51:48Oui.
51:49Et ben, cherche une meilleure chambre et puis...
51:51Je m'arrangerai pour t'envoyer la différence.
51:53Non, papa, c'est pas la tête.
51:54Mais si, mais si.
51:55Tu vas pas continuer à te fatiguer comme ça, à monter les étages.
51:58Et puis, dis-donc, le dernier mois, il faudra bien que tu t'arrêtes de travailler.
52:02Oui, si je viens m'enseigner, je crois qu'on a droit à un congé.
52:05Même...
52:07Enfin, même célibataire.
52:08Et puis, d'ici là, ta mère se sera faite à l'idée d'avoir un petit-fils.
52:16Même dans ces conditions.
52:18Un petit-fils.
52:20Non, mais c'est la seule solution possible.
52:23Il fallait y penser.
52:25Seulement, avec ta mère, on peut pas en réfléchir calmement.
52:28Bien sûr.
52:31Allez, repose-toi maintenant, tu l'as bien gagné.
52:38Ils viennent de repartir, de repartir.
53:04Henri ne tenait plus en place.
53:06Ah, celui-là, sorti de son Saint-Martin.
53:10Qu'est-ce qu'elle a dit de...
53:12Elle se repose.
53:14Oui.
53:15De ta proposition.
53:18On en reparlera un peu plus tard, je vais faire un tour.
53:21Au jardin.
53:23Oui.
53:35Au jardin.
53:51OK, vous.
53:53Tout en suite.
53:55Mais...
53:56Sous-titrage MFP.
54:26Manu ! Manu !
54:28Quoi ?
54:29Viens m'ouvrir.
54:30La clé n'est pas dans la serrure.
54:32Elle m'a enfermée comme si j'avais 10 ans.
54:33Attends, j'ai cherché un couteau pour essayer d'ouvrir.
54:35Mais dépêche-toi.
54:38Je peux sortir.
54:43Vous n'avez pas honte, non ?
54:44Je vous en prie.
54:45Je vais me faire ouvrir sur un prétexte pareil.
54:47Je savais bien qu'on viendrait me relancer.
54:49Je ne suis pas sorti depuis hier, exprès.
54:50Je me laisse prendre comme un imbécile pour une histoire de panne.
54:53Si je vous avais dit que je venais de la part d'Église,
54:55est-ce que vous m'auriez ouverte ?
54:56Ah, sûrement pas.
54:57Non, c'est pourtant la vérité.
54:58Elle vous a cherchée partout, toute la matinée, à Miron.
55:01Si je suis restée ici, c'est justement pour ne pas la voir.
55:03Oh, écoutez, elle a eu des torts envers vous.
55:05Vous êtes entendus, elle le reconnaît.
55:06Seulement, c'est moi, la grande foupable.
55:08C'est moi qui l'avais montée contre vous.
55:09Non, j'avais les mains trop sales pour vous, hein ?
55:11Je suis bien punie, si vous saviez.
55:13Je sais.
55:15Hein ?
55:16Vous savez ?
55:21On a beau rester enfermés, les mauvaises normales traversent les murs.
55:26Je suis sûr qu'au fond, vous les met encore.
55:28Ça ne vous regarde pas.
55:29D'abord, pourquoi ce n'est pas elle qui est venue me demander ça, hein ?
55:42Mais je vous dis qu'elle a pédalé toute la matinée sur les routes pour vous trouver.
55:46Elle n'en peut plus.
55:47Elle n'a jamais envoyé le moindre mot de Paris.
55:49Ah, nous non plus.
55:51Elle est restée quelques fois des mois sans nous écrire.
55:54Forcément, elle avait eu l'affaire.
55:56Oh, vous n'avez jamais arrivé de commettre une erreur ?
55:59Quoi ?
55:59Disons, une fois...
56:01Ah, oui, non, parce que je lui pardonne.
56:03Elle voudrait vous voir.
56:04Elle est revenue pour ça.
56:08Et alors, de quoi j'aurais l'air, moi ?
56:11De ce que vous êtes ?
56:14Un garçon de queue ?
56:18Moi, je veux dire, de marcher à côté de vous dans la rue comme ça.
56:22Oh, les gens comprendront vite.
56:23Ah, mais il ne faut pas qu'ils comprennent trop vite.
56:25Parce que pour moi, rien n'est encore clair.
56:29Vous voudriez que j'aille en avant ?
56:33Oui.
56:36J'aime autant.
56:38Je vais en joie en voiture.
56:39Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'avais défendu de sortie.
57:08Je vais aller faire un tour.
57:10Bon, va ouvrir la chambre de ta sœur et dis-lui de descendre tout de suite.
57:13Ce n'est pas la peine.
57:14Tu vois ?
57:15Je l'ai accompagnée à la gare.
57:18Le train est parti ?
57:20Non, elle n'a pas voulu que je l'attende.
57:22Fier non.
57:23Il est reparti.
57:25Mais elle est encore à la gare.
57:26Il est reparti.
57:41C'est parti.
58:11C'est parti.
58:41C'est parti.
59:11C'est parti.
59:41C'est parti.
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