00:00Et à 7h19 sur Europe 1, c'est l'heure de l'édito éco Dimitri Pavlenko.
00:04Bonjour Agnès Verdi-Molinier.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:07Agnès, le gouvernement a misé toute sa communication autour du budget
00:09sur le fait de tenir 5% de déficit par rapport à la richesse nationale.
00:14Et oui, ces fameux 5% et c'est même avec ces 5% qu'ont été vendus tous les renoncements.
00:19Recul sur les retraites, augmentation des impôts sur les entreprises,
00:22recul sur les économies et l'année blanche, on en passe.
00:25Mais finalement, comment croire qu'on va tenir ces 5% de déficit par rapport à la richesse nationale
00:29alors que rien n'a changé en 2026 par rapport à 2025 ?
00:33Quels sont les efforts en plus en fait ? Il n'y en a pas.
00:36Et en 2025, on était parti, on s'en rappelle, sur 4,7% de déficit dans le budget initial
00:41et finalement, on clôture l'année 25 autour de 5,4% de déficit.
00:46Qu'est-ce qui ferait honnêtement que 2026 serait meilleur ?
00:49Alors le gouvernement semble satisfait des recettes de prélèvements obligatoires,
00:53les impôts qui sont bien rentrés en 2025.
00:55Oui, les recettes sont même mieux rentrées que prévues,
00:58si l'on en croit la situation mensuelle budgétaire de l'État au 31 décembre dernier.
01:03Mais si le déficit de l'État est moins élevé que prévu,
01:06en fait c'est de l'affichage.
01:08Cela ne changera pas la donne du déficit public total.
01:11Et en 2026, selon nos prévisions, la fondation IFRAP,
01:14le déficit public sera toujours autour de 165 milliards d'euros,
01:18comme en 2025, donc autour de 5,4% du PIB de notre pays.
01:24Le 5% de déficit, il ne sera pas tenu.
01:26Nous ne sommes pas les seuls à le dire.
01:28Moody's, l'agence de notation, le dit aussi.
01:30Pourquoi ? Parce que Bercy surestime ses recettes de prélèvements obligatoires
01:34de plus de 10 milliards, alors que plusieurs facteurs vont les entraîner,
01:38Dimitri, à la baisse.
01:39Une inflation qui ralentit, une croissance qui ralentit aussi,
01:43et des impôts directs locaux qui seront bas,
01:45année d'élection municipale oblige.
01:47Si on additionne tout cela, Agnès, ça ne donne pas de bonnes perspectives,
01:50vous croyez, pour 2027 ?
01:51C'est sûr, d'autant plus que les soi-disant « bonnes rentrées fiscales »
01:55de 2025 reposent largement sur les taxes exceptionnelles
01:59qui ont été mises en place.
02:00Si on les enlève, par exemple, l'impôt sur les sociétés
02:03a rapporté moins en 2025 que l'année d'avant.
02:06Ça veut dire quoi ?
02:07Tout simplement que ce profil, un budget 2027,
02:11année de la présidentielle, quasiment impossible,
02:14avec un déficit public qu'on peut déjà envisager
02:17autour des 6% de la richesse nationale,
02:20sauf à reconduire encore les taxes soi-disant exceptionnelles
02:24qu'on nous a resservies en 2026,
02:27après nous avoir dit en 2025 qu'elles étaient là que pour un an.
02:31En fait, c'est la fuite en avant des accomptes,
02:34de la cavalerie budgétaire,
02:36et le réveil budgétaire, malheureusement,
02:38au moment de la campagne présidentielle, il sera rude.
02:41Voilà, c'est juste pour les auditeurs d'Europe 1,
02:42un point de pipe, c'est 30,5 milliards.
02:45Absolument.
02:46C'est bien d'avoir ces éléments.
02:47Ça vaut le coup de le savoir.
02:49Signature Europe 1, Agnès Verdier-Molinier.
02:50Merci beaucoup, Agnès.
02:51Merci à vous.
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