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  • il y a 2 minutes
Chaque matin dans Europe 1 Matin, Dimitri Pavlenko reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Florence, la maman d’un étudiant lyonnais agressé trois fois en cinq mois par la même bande de jeunes, âgés de 14 à 16 ans.

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Transcription
00:00Il est 7h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin Florence, la maman du jeune Théo.
00:05Bonjour Florence.
00:07Bonjour.
00:07Bienvenue sur Europe 1.
00:08Vous prenez la parole ce matin pour témoigner de ce qui est arrivé à votre fils Théo,
00:13harcelé, tabassé par une même bande de jeunes, âgés de 14 à 16 ans depuis l'été dernier.
00:18Samedi soir, votre fils Théo a échappé de peu à la mort.
00:21Que lui est-il arrivé ?
00:23Donc il est rentré du travail, il a un job étudiant, il est arrivé à 20h54.
00:27Il rentre toujours en trottinette pour sa sécurité par rapport à tout ce qui s'est passé avant.
00:32Il a déposé sa trottinette à environ 100 mètres de son appartement.
00:37Quand il a déposé la trottinette qu'il s'est retourné, il a vu de 4 individus qui arrivaient en trottinette électronique,
00:43des grosses trottinettes personnelles.
00:46Et il a compris tout de suite parce qu'il mettait les capuches et des cagoules.
00:49Donc il s'est mis à courir jusqu'à son appartement.
00:52Il a badgé.
00:53Malheureusement, sur la porte de l'appartement, il y a un problème.
00:57Donc la porte ne se claque pas tout de suite, il faut 2-3 clics.
01:00Donc ils ont réussi à le suivre.
01:01Mon fils après est passé au premier sas où il a re-badgé.
01:05Et là ils sont arrivés.
01:07Et on voit sur les vidéos la suite à un acharnement durant plus de 2 minutes
01:12où on lui réclame son téléphone, son téléphone, qu'ils vont le tuer, ils l'insultent et téléphonent.
01:17Donc ils passent chacun leur tour sur lui, coup, lui sauter sur la tête.
01:22Mon fils arrive à leur demander d'arrêter et qu'il a de l'argent.
01:25Il donne le portefeuille, donc ça cesse.
01:27Il y en a qui partent.
01:28Puis ils reviennent en demandant le téléphone.
01:30Le téléphone, donc il arrive à donner le téléphone avec difficulté
01:34parce qu'il avait la main coincée contre la porte.
01:36Donc il n'arrivait pas du côté droit à le sortir.
01:38Une fois qu'il l'a sorti, il le donne.
01:40Il voulait le code.
01:41Donc là il se reprend un coup et on recommence à l'attaquer.
01:44Donc il arrive à dire, laissez-moi respirer pour vous donner le code.
01:48Il donne le code et là il part.
01:49Et là il arrive, je ne sais pas comment, à se relever et à se glisser jusqu'à l'ascenseur
01:54pour monter jusqu'à son appartement où avec sa clé il ouvre et il s'écoule.
02:00Et son colocataire appelle les pompiers.
02:03Les pompiers refusent de venir.
02:05Donc il appelle le 17.
02:06Le 17 refuse de venir.
02:07Ils disent que ce n'est pas assez grave et qu'il faut l'emmener voir un médecin traitant.
02:10Donc son colocataire me contacte et m'explique ce qu'il se passe.
02:14Donc j'appelle le 15.
02:15Le 15 entend ma détresse en tant que maman.
02:18C'est une dame.
02:19Donc elle me dit qu'elle envoie une ambulance et qu'il m'attend sur place.
02:22Donc je prends la route et je le rejoins sur place.
02:25Et entre temps la police est arrivée.
02:27Donc ça c'était samedi soir.
02:29Florence, votre fils Théo, comment va-t-il aujourd'hui ?
02:32Il a trop un crânien qui lui fait qu'il ne supporte pas la lumière.
02:35Qu'il a des vertiges, qu'il n'est pas bien, qu'il a au niveau de la mâchoire côté gauche
02:42où il a une perte de sensibilité.
02:44On ne sait pas si ça vient du trauma ou si ça vient des cervicales.
02:47Il doit repasser des examens semaine prochaine.
02:51Tout le côté gauche où il a reçu des coups, il a des hématomes internes.
02:54Donc on n'en sait pas plus du quand et comment ça va se remettre.
02:58Il doit faire de la kiné, minimum deux mois.
03:00Et mentalement, je veux dire qu'il va bien parce qu'il est impressionnant.
03:06Je pense que tout parent pourrait rêver d'avoir un enfant comme ça.
03:10Je suis tellement fière.
03:11Parce que lui aujourd'hui, il pense aux autres.
03:14Il ne pense pas à lui, il pense aux autres en disant
03:15« Maman, il faut qu'on parle. »
03:16Parce que tu as vu, tu as mis des messages, on t'écrit.
03:19En fait, il y a plein de gens qui n'ont pas porté plainte.
03:20Il y a plein de gens qui ne disent pas.
03:22Et en fait, ce n'est pas des gamins qui vont nous avoir.
03:24Donc il ne va pas bien parce qu'il souffre, parce que c'est dur,
03:28parce qu'il ne sait pas s'il ne va pas devoir déménager,
03:31arrêter ses études, son job étudiant.
03:33Il remet tout en question, ce qui est normal.
03:36Et il va super bien parce qu'en fait, il pense aux autres.
03:39Et c'était la troisième fois qu'il avait affaire à cette bande,
03:43qu'elle l'agressait.
03:44Et en toute impunité, c'est ça qui vous pousse à prendre la parole
03:46ce matin sur Europe 1 ?
03:48Tout à fait.
03:48Et c'est bien ça le problème.
03:50Et en fait, quand on regarde les journaux encore aujourd'hui,
03:52c'est répétitif, ce n'est pas seul.
03:54Et c'est ça qui est triste.
03:55C'est dans toutes les villes.
03:57Et à Lyon, ça n'arrête pas.
03:58Cette bande, elle est connue et reconnue.
04:00Même la police en Amar, quand on discute avec eux,
04:02ils nous regardent en disant merci madame,
04:03parce que je vous ai contacté.
04:05Vous voyez où on arrive ?
04:06Les policiers disent merci madame.
04:08Alors que c'est à moi de les remercier,
04:09parce qu'ils ont fait leur travail.
04:11Alors les agresseurs de votre fils, justement,
04:12vous les avez croisés au commissariat.
04:15Il se trouve qu'ils sont connus.
04:16Il y a un premier, celui qui gentiment s'est amusé
04:19à faire du trampoline sur la tête de mon fils.
04:22Il a 15 ans.
04:23Il a 25 chefs d'accusation.
04:24Donc 25 connus quand même,
04:26parce qu'il y en a bien qui sont passés à travers.
04:28Et donc une pour torture.
04:30Ce qui est arrivé à votre fils, Florence,
04:33vous nous dites ce matin,
04:34ce n'est pas un fait divers,
04:35c'est un fait de société.
04:37Tout à fait, c'est un fait de société,
04:38parce qu'on n'a plus de moyens,
04:40mais on l'a vu sur tout.
04:40Le fait de société va sur la police,
04:42va sur ses enfants, sur tout.
04:44En fait, on l'a vu même à l'hôpital,
04:46quand on est allé pour mon fils,
04:47on nous a fait attendre.
04:48Il devait urgentement passer un scanner.
04:50J'ai attendu 3h30 avec mon fils en agonie.
04:52On m'a dit, un coup il peut boire,
04:54un coup il ne peut pas boire.
04:54Enfin, plein de choses comme ça.
04:56La police est totalement...
04:58Ils ne savent plus quoi faire, en fait.
05:00Ils les croisent, ils nous disent
05:01qu'on ne fait que de les croiser.
05:02On sait que c'est eux.
05:03On n'a rien, on n'a pas d'image.
05:05Aujourd'hui, heureusement,
05:06on a eu des images.
05:07Heureusement.
05:08On a eu des images qui ont permis
05:10à 5 interpellations au mardi matin.
05:12Il y a 14 personnes au total.
05:16Ils sont mineurs.
05:17Et quel est votre message ce matin, Florence,
05:21sur l'antenne d'Europe 1 ?
05:23Moi, mon message, ça va être déjà
05:24à la procureure ou le procureur,
05:27si son parent, de poser la question
05:29à ma place, comment il serait ?
05:31Voilà.
05:32Donc, une fois qu'ils sont mis à ma place,
05:35est-ce que vol aggravé leur suffirait ?
05:39Voilà.
05:40Après, mon autre message,
05:41ça va être à monsieur le président
05:42de la République, monsieur Macron.
05:45Aujourd'hui, vous nous parlez
05:45qu'on n'a pas d'argent,
05:47qu'on va supprimer plein de choses.
05:49On voit toutes ces images de policiers
05:51dans les commissariats
05:52qui n'ont plus rien,
05:53mais n'ont plus rien.
05:54Ils font des enquêtes,
05:55on fait tout,
05:56on a les personnes
05:57et on ne fait rien.
05:58Et après, surtout,
05:59ma première,
06:00vraiment, mon combat,
06:02ça va être aux parents
06:03de ces enfants.
06:04En tant que parent, s'il vous plaît,
06:06il va falloir que vous jouez votre rôle.
06:08Si vous êtes vraiment désarmé
06:09face à tout ça,
06:11vous pouvez être aidé
06:11et je serai la première
06:12à pouvoir vous aider.
06:14Je ne suis pas là en tant que haine,
06:15je ne suis pas là pour vous juger,
06:17je suis une maman
06:18et je suis prête
06:19à vous accompagner.
06:20Il y a tout pour vous aider.
06:22Merci beaucoup, Florence.
06:23Votre témoignage ce matin
06:25d'une grande force,
06:26d'une grande générosité aussi.
06:28On pense à vous ce matin, Florence,
06:30et on souhaite bon rétablissement
06:31à votre fils, Théo,
06:32au nom de toutes les équipes d'Europe.
06:34Merci beaucoup.
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