00:00Il est 7h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin Florence, la maman du jeune Théo.
00:05Bonjour Florence.
00:07Bonjour.
00:07Bienvenue sur Europe 1.
00:08Vous prenez la parole ce matin pour témoigner de ce qui est arrivé à votre fils Théo,
00:13harcelé, tabassé par une même bande de jeunes, âgés de 14 à 16 ans depuis l'été dernier.
00:18Samedi soir, votre fils Théo a échappé de peu à la mort.
00:21Que lui est-il arrivé ?
00:23Donc il est rentré du travail, il a un job étudiant, il est arrivé à 20h54.
00:27Il rentre toujours en trottinette pour sa sécurité par rapport à tout ce qui s'est passé avant.
00:32Il a déposé sa trottinette à environ 100 mètres de son appartement.
00:37Quand il a déposé la trottinette qu'il s'est retourné, il a vu de 4 individus qui arrivaient en trottinette électronique,
00:43des grosses trottinettes personnelles.
00:46Et il a compris tout de suite parce qu'il mettait les capuches et des cagoules.
00:49Donc il s'est mis à courir jusqu'à son appartement.
00:52Il a badgé.
00:53Malheureusement, sur la porte de l'appartement, il y a un problème.
00:57Donc la porte ne se claque pas tout de suite, il faut 2-3 clics.
01:00Donc ils ont réussi à le suivre.
01:01Mon fils après est passé au premier sas où il a re-badgé.
01:05Et là ils sont arrivés.
01:07Et on voit sur les vidéos la suite à un acharnement durant plus de 2 minutes
01:12où on lui réclame son téléphone, son téléphone, qu'ils vont le tuer, ils l'insultent et téléphonent.
01:17Donc ils passent chacun leur tour sur lui, coup, lui sauter sur la tête.
01:22Mon fils arrive à leur demander d'arrêter et qu'il a de l'argent.
01:25Il donne le portefeuille, donc ça cesse.
01:27Il y en a qui partent.
01:28Puis ils reviennent en demandant le téléphone.
01:30Le téléphone, donc il arrive à donner le téléphone avec difficulté
01:34parce qu'il avait la main coincée contre la porte.
01:36Donc il n'arrivait pas du côté droit à le sortir.
01:38Une fois qu'il l'a sorti, il le donne.
01:40Il voulait le code.
01:41Donc là il se reprend un coup et on recommence à l'attaquer.
01:44Donc il arrive à dire, laissez-moi respirer pour vous donner le code.
01:48Il donne le code et là il part.
01:49Et là il arrive, je ne sais pas comment, à se relever et à se glisser jusqu'à l'ascenseur
01:54pour monter jusqu'à son appartement où avec sa clé il ouvre et il s'écoule.
02:00Et son colocataire appelle les pompiers.
02:03Les pompiers refusent de venir.
02:05Donc il appelle le 17.
02:06Le 17 refuse de venir.
02:07Ils disent que ce n'est pas assez grave et qu'il faut l'emmener voir un médecin traitant.
02:10Donc son colocataire me contacte et m'explique ce qu'il se passe.
02:14Donc j'appelle le 15.
02:15Le 15 entend ma détresse en tant que maman.
02:18C'est une dame.
02:19Donc elle me dit qu'elle envoie une ambulance et qu'il m'attend sur place.
02:22Donc je prends la route et je le rejoins sur place.
02:25Et entre temps la police est arrivée.
02:27Donc ça c'était samedi soir.
02:29Florence, votre fils Théo, comment va-t-il aujourd'hui ?
02:32Il a trop un crânien qui lui fait qu'il ne supporte pas la lumière.
02:35Qu'il a des vertiges, qu'il n'est pas bien, qu'il a au niveau de la mâchoire côté gauche
02:42où il a une perte de sensibilité.
02:44On ne sait pas si ça vient du trauma ou si ça vient des cervicales.
02:47Il doit repasser des examens semaine prochaine.
02:51Tout le côté gauche où il a reçu des coups, il a des hématomes internes.
02:54Donc on n'en sait pas plus du quand et comment ça va se remettre.
02:58Il doit faire de la kiné, minimum deux mois.
03:00Et mentalement, je veux dire qu'il va bien parce qu'il est impressionnant.
03:06Je pense que tout parent pourrait rêver d'avoir un enfant comme ça.
03:10Je suis tellement fière.
03:11Parce que lui aujourd'hui, il pense aux autres.
03:14Il ne pense pas à lui, il pense aux autres en disant
03:15« Maman, il faut qu'on parle. »
03:16Parce que tu as vu, tu as mis des messages, on t'écrit.
03:19En fait, il y a plein de gens qui n'ont pas porté plainte.
03:20Il y a plein de gens qui ne disent pas.
03:22Et en fait, ce n'est pas des gamins qui vont nous avoir.
03:24Donc il ne va pas bien parce qu'il souffre, parce que c'est dur,
03:28parce qu'il ne sait pas s'il ne va pas devoir déménager,
03:31arrêter ses études, son job étudiant.
03:33Il remet tout en question, ce qui est normal.
03:36Et il va super bien parce qu'en fait, il pense aux autres.
03:39Et c'était la troisième fois qu'il avait affaire à cette bande,
03:43qu'elle l'agressait.
03:44Et en toute impunité, c'est ça qui vous pousse à prendre la parole
03:46ce matin sur Europe 1 ?
03:48Tout à fait.
03:48Et c'est bien ça le problème.
03:50Et en fait, quand on regarde les journaux encore aujourd'hui,
03:52c'est répétitif, ce n'est pas seul.
03:54Et c'est ça qui est triste.
03:55C'est dans toutes les villes.
03:57Et à Lyon, ça n'arrête pas.
03:58Cette bande, elle est connue et reconnue.
04:00Même la police en Amar, quand on discute avec eux,
04:02ils nous regardent en disant merci madame,
04:03parce que je vous ai contacté.
04:05Vous voyez où on arrive ?
04:06Les policiers disent merci madame.
04:08Alors que c'est à moi de les remercier,
04:09parce qu'ils ont fait leur travail.
04:11Alors les agresseurs de votre fils, justement,
04:12vous les avez croisés au commissariat.
04:15Il se trouve qu'ils sont connus.
04:16Il y a un premier, celui qui gentiment s'est amusé
04:19à faire du trampoline sur la tête de mon fils.
04:22Il a 15 ans.
04:23Il a 25 chefs d'accusation.
04:24Donc 25 connus quand même,
04:26parce qu'il y en a bien qui sont passés à travers.
04:28Et donc une pour torture.
04:30Ce qui est arrivé à votre fils, Florence,
04:33vous nous dites ce matin,
04:34ce n'est pas un fait divers,
04:35c'est un fait de société.
04:37Tout à fait, c'est un fait de société,
04:38parce qu'on n'a plus de moyens,
04:40mais on l'a vu sur tout.
04:40Le fait de société va sur la police,
04:42va sur ses enfants, sur tout.
04:44En fait, on l'a vu même à l'hôpital,
04:46quand on est allé pour mon fils,
04:47on nous a fait attendre.
04:48Il devait urgentement passer un scanner.
04:50J'ai attendu 3h30 avec mon fils en agonie.
04:52On m'a dit, un coup il peut boire,
04:54un coup il ne peut pas boire.
04:54Enfin, plein de choses comme ça.
04:56La police est totalement...
04:58Ils ne savent plus quoi faire, en fait.
05:00Ils les croisent, ils nous disent
05:01qu'on ne fait que de les croiser.
05:02On sait que c'est eux.
05:03On n'a rien, on n'a pas d'image.
05:05Aujourd'hui, heureusement,
05:06on a eu des images.
05:07Heureusement.
05:08On a eu des images qui ont permis
05:10à 5 interpellations au mardi matin.
05:12Il y a 14 personnes au total.
05:16Ils sont mineurs.
05:17Et quel est votre message ce matin, Florence,
05:21sur l'antenne d'Europe 1 ?
05:23Moi, mon message, ça va être déjà
05:24à la procureure ou le procureur,
05:27si son parent, de poser la question
05:29à ma place, comment il serait ?
05:31Voilà.
05:32Donc, une fois qu'ils sont mis à ma place,
05:35est-ce que vol aggravé leur suffirait ?
05:39Voilà.
05:40Après, mon autre message,
05:41ça va être à monsieur le président
05:42de la République, monsieur Macron.
05:45Aujourd'hui, vous nous parlez
05:45qu'on n'a pas d'argent,
05:47qu'on va supprimer plein de choses.
05:49On voit toutes ces images de policiers
05:51dans les commissariats
05:52qui n'ont plus rien,
05:53mais n'ont plus rien.
05:54Ils font des enquêtes,
05:55on fait tout,
05:56on a les personnes
05:57et on ne fait rien.
05:58Et après, surtout,
05:59ma première,
06:00vraiment, mon combat,
06:02ça va être aux parents
06:03de ces enfants.
06:04En tant que parent, s'il vous plaît,
06:06il va falloir que vous jouez votre rôle.
06:08Si vous êtes vraiment désarmé
06:09face à tout ça,
06:11vous pouvez être aidé
06:11et je serai la première
06:12à pouvoir vous aider.
06:14Je ne suis pas là en tant que haine,
06:15je ne suis pas là pour vous juger,
06:17je suis une maman
06:18et je suis prête
06:19à vous accompagner.
06:20Il y a tout pour vous aider.
06:22Merci beaucoup, Florence.
06:23Votre témoignage ce matin
06:25d'une grande force,
06:26d'une grande générosité aussi.
06:28On pense à vous ce matin, Florence,
06:30et on souhaite bon rétablissement
06:31à votre fils, Théo,
06:32au nom de toutes les équipes d'Europe.
06:34Merci beaucoup.
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