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00:00Il y a un mois tout juste, Donald Trump s'imposait par la force dans son bras de fer avec le Venezuela.
00:05Souvenez-vous, il prenait par surprise la garde rapprochée présidentielle vénézuélienne.
00:11Les forces spéciales américaines capturaient le président Nicolas Madero et son épouse.
00:15À l'enlèvement, allaient suivre un transfert hautement médiatisé dans une prison de New York.
00:19Puis, ces menaces proféraient très vite à l'encontre des voisins latino-américains.
00:24Cuba, mais aussi la Colombie, pourraient subir le même sort, prévenait Trump.
00:28Nous sommes un mois plus tard et forcés de constater que le ton s'est légèrement, nettement, pardon, adouci en direction de Bogotá.
00:35Le président colombien va même être reçu tout à l'heure à la Maison-Blanche.
00:39Que peut-il sortir de cette séquence que devient aussi le vénézuélien depuis le départ de Maduro ?
00:45On va évoquer ces questions avec vous, Jean-Jacques Kourlianski.
00:47Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:50Vous êtes directeur de l'Observatoire de l'Amérique latine pour la fondation Jean Jaurès.
00:54On va évidemment se rafraîchir la mémoire, revoir quelques images.
00:57Mais avant cela, une question, un mois, c'est peu et beaucoup à la fois.
01:03Il s'est passé quand même beaucoup de choses au Venezuela depuis la capture, l'enlèvement du couple Maduro.
01:08Est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui d'un nouvel ordre qui est en train de se mettre en place dans le pays ?
01:12Oui, tout à fait. Le bilan, d'ailleurs, a été dressé par le ministre des Affaires étrangères de Donald Trump, secrétaire d'État, selon la terminologie locale,
01:23Marco Rubio, qui s'est exprimé devant le Sénat des États-Unis et qui a présenté le bilan de ce qui s'était passé, qui pour lui est extrêmement positif.
01:33Positif pour une raison fondamentale, c'est le contrôle, la mise sous protectorat pétrolier économique du Venezuela.
01:44Voilà. Il a détaillé un petit peu ce qu'il fallait entendre par là.
01:48Il a dit, voilà, actuellement, on est dans une période de stabilisation qui s'est bien passée.
01:54Et il n'y a pas eu de troubles dans le pays.
01:57Il n'y a pas eu de flux de réfugiés vénézuéliens passant la frontière de Colombie.
02:04Tout se passe bien de ce point de vue-là.
02:06Donc, on va pouvoir passer à la phase 2, c'est-à-dire la réorganisation de l'économie, du secteur pétrolier.
02:13Et ultérieurement, sans fixer de date, on passera à une transition avec des élections.
02:22Ça, c'est le bilan américain qui est fait. On ne peut pas attendre autre chose aujourd'hui.
02:27Pardon ?
02:28Ça, c'est le bilan américain qui est fait.
02:29Oui, c'est le bilan.
02:30On ne peut pas attendre autre chose de la part de l'administration Trump.
02:33Ce qui va être intéressant, c'est de voir ce que pensent aussi les vénézuéliens un mois après ce départ fracassant.
02:41Alors, le bilan fait par les États-Unis s'impose par lui-même en raison de l'asymétrie des forces.
02:48Il s'impose aux autorités en place, laissées par les États-Unis.
02:52Ça a été quelque chose qui a beaucoup surpris.
02:55que la chute du président Manouro n'ait pas été suivie de la chute du régime.
03:01Donald Trump a choisi de...
03:02Delcy Rodriguez qui est toujours aux commandes, la présidente par intérimale.
03:05Voilà. Et donc, les autorités en place sont obligées de passer sous les fourches codines des États-Unis,
03:12de même que l'opposition.
03:13Maria Corina Machado, qui est l'une des leaders de l'opposition, la plus médiatisée au niveau international,
03:22a bien été reçue par Donald Trump, mais il l'a reçue assez discrètement.
03:28Et Marco Rubio s'en est expliqué devant ses anciens collègues sénateurs de la Commission des affaires étrangères
03:34en disant, bon, il faut tenir compte des réalités qui contrôlent le pays, qui contrôlent les forces armées,
03:43qui a l'autorité. Ce sont les autorités actuelles.
03:47Donc, Mme Delcy Rodriguez, quoi que l'on pense de cette personne ?
03:54Prix Nobel de la paix, qu'on aperçoit derrière vous, qui aimerait bien, figure de l'opposition,
04:01presser cette transition et passer à autre chose.
04:04Elle, elle presse de son côté.
04:05On va se remémorer le départ fracassant, l'enlèvement, plutôt la capture du couple Maduro.
04:13C'était donc il y a un mois, au lendemain du 1er janvier.
04:16Je vous laisse découvrir de nouveau ces images et le récit d'Onalémi Roche.
04:19Regardez.
04:203 janvier 2025, les habitants de Caracas sont réveillés en pleine nuit par des bombardements américains.
04:31Quelques heures plus tard, le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrêté dans son palais présidentiel,
04:38avec sa femme, par une unité d'élite des forces américaines.
04:42Le couple est ensuite exfiltré vers les Etats-Unis, où il est mis en accusation pour narcoterrorisme.
04:48Baptisé Absolute Resolve, détermination absolue, cette opération a été préparée depuis des mois par Washington,
04:57dans le but officiel de lutter contre le trafic de drogue.
05:01Dans sa conférence de presse quelques heures plus tard,
05:03Donald Trump ne cache pas ses intentions quant à l'avenir du Venezuela.
05:07Nous allons nous assurer que le pays est dirigé correctement, nous allons reconstruire les infrastructures pétrolières,
05:14ce qui coûtera des milliards de dollars, qui seront directement pris en charge par les compagnies pétrolières.
05:20Et nous allons faire en sorte que le pétrole circule comme il se doit.
05:23Au Venezuela, la vice-présidente, Delcy Rodriguez, dénonce un coup d'Etat.
05:28Le seul président légitime du Venezuela est le président Nicolas Maduro.
05:32La chef de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado,
05:38appelle alors Edmundo González Uroussia, candidat de l'opposition lors de la présidentielle de 2024,
05:45à assurer la présidence.
05:47Mais en vertu de la constitution vénézuélienne, c'est Delcy Rodriguez qui est investie présidente par intérim
05:53et adoubée par Washington, non sans pression.
05:56Elle a eu une longue conversation avec Marco.
06:00Il lui a dit, nous ferons tout ce dont vous aurez besoin.
06:03Je la trouve plutôt courtoise, mais elle n'a pas vraiment le choix.
06:08Résultat, la présidente par intérim met rapidement en œuvre les changements exigés par Donald Trump.
06:14Ouverture pétrolière, amnistie générale ou encore rapprochement avec Washington.
06:20Dans le même temps, la présidente maintient une rhétorique chaviste dans le pays
06:24où des marges de soutien à Nicolas Maduro sont organisées régulièrement
06:28et où les habitants continuent de critiquer le gouvernement à voix basse.
06:33Une stabilité sous tutelle en quelque sorte.
06:36Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a averti.
06:39Delcy Rodriguez pourrait connaître le même sort que Nicolas Maduro
06:43si elle s'écartait de la ligne tracée par Donald Trump.
06:46La transition, c'est évidemment la première chose qu'on a envie de commenter
06:51depuis ces changements opérés.
06:54Sur le papier, effectivement, Delcy Rodriguez qui dirige par intérim le gouvernement de Maduro
06:59même si elle a quand même effectué quelques changements de poste conséquents, non ?
07:05Le paradoxe, c'est qu'effectivement, il y a une équipe qui reste en place.
07:09Delcy Rodriguez et tous ceux, les ministres qui sont autour d'elle
07:13étaient des collaborateurs proches du président Maduro.
07:18Le paradoxe, c'est que le fondement du régime vénézuélien
07:24tel qu'il a été conçu par Hugo Chavez, c'est la souveraineté pétrolière.
07:29Cette souveraineté pétrolière a disparu.
07:31Donc une forme de légitimité idéologique, y compris pour les partisans de Delcy Rodriguez, a disparu.
07:40Ce qui reste, c'est que cette structure de pouvoir offre un certain nombre d'avantages matériels,
07:47le maintien au pouvoir, et donc ils ont accepté de vivre en protectorat
07:54sous réserve de pouvoir maintenir leur autorité sur l'ensemble du pays.
08:01Y compris, et c'est assez étonnant, les puissants ministres de l'intérieur et de la défense
08:04qu'on connaissait bien sous le régime Maduro ?
08:06Oui, oui, tout le système est en place, l'armée, la police, avec peu de concessions.
08:12Il y en a une quand même qui a été accordée la semaine dernière
08:16et qui est quand même importante, c'est une loi d'amnistie.
08:19Donc tous les prisonniers politiques détenus par le régime vont être libérés.
08:25Un certain nombre l'avait été depuis le début du mois de janvier,
08:29avec des contestations sur les chiffres entre les autorités et l'opposition.
08:34Et le bâtiment symbole où étaient enfermées ces personnes
08:39va être transformé en une sorte de lieu d'activité sociale.
08:44Au-delà, c'est l'inconnu.
08:46Donc avec un gouvernement et un régime qui n'a plus de légitimité idéologique
08:51et une opposition qui n'est pas reconnue par Donald Trump.
08:54Donc on est dans une situation qui répond tout à fait à ce que souhaitent les Etats-Unis.
09:03Ce que je vais vous demander, c'est aux Américains que ça profite de cette situation.
09:07C'est plus facile de laisser en place finalement, sous régime, en le dirigeant à distance ?
09:14C'est, disons, ce qui répond aux intérêts des Etats-Unis.
09:17Qu'est-ce qui est important au Venezuela pour les Etats-Unis ?
09:20Est-ce que, comme à l'époque de Biden, c'est le rétablissement, le changement de régime, la démocratie ?
09:25Ou est-ce que c'est le pétrole ?
09:26Bon, Donald Trump a répondu le pétrole.
09:30L'une de ses principales critiques à ses prédécesseurs républicains ou démocrates,
09:34c'est de dire que vous avez dépensé beaucoup d'argent en Irak
09:36et finalement le pétrole nous échappe.
09:39Là, au Venezuela, avec un investissement minimal,
09:43il avait bien insisté d'ailleurs le 3 janvier, il n'y a pas eu un seul mort nord-américain.
09:48Il y en a eu plus de 80 Cubains et Vénézuéliens.
09:51Nous avons récupéré le contrôle du pétrole vénézuélien.
09:57Je ne sais pas si vous vous rappelez la photo qui était assez spectaculaire
10:00dans un salon de la Maison-Blanche,
10:02Donald Trump invitant tous les représentants des grandes majors pétrolières nord-américaines
10:09et quelques Européens pour leur dire
10:11« Maintenant, ça y est, j'ai fait le boulot, à vous d'agir pour remettre la machine pétrolière en marche ».
10:16Donc, il ne cache pas quels sont ses objectifs, ses ambitions.
10:21Ce n'est pas du tout le rétablissement de la démocratie.
10:24D'ailleurs, si vous voyez l'acte d'accusation contre Nicolas Maduro,
10:28on ne lui reproche pas d'avoir violé les libertés,
10:31on ne lui reproche pas d'avoir violé les droits de l'homme.
10:34On lui attribue une accusation assez fantaisiste
10:37de chef d'un cartel de narco-trafiquants.
10:42Trump, concrètement, aujourd'hui, a déjà pris le contrôle
10:44d'une partie des ventes de pétrole du Venezuela ?
10:48Alors, le pétrole a déjà rapporté 500 millions de dollars,
10:52contrôlé par les États-Unis
10:53et versé provisoirement à travers d'un fonds au Qatar.
10:57300 millions seront reversés sous supervision de Marco Rubio,
11:02donc des États-Unis, au gouvernement vénézuélien
11:05pour payer les fonctionnaires et assurer le fonctionnement de l'État.
11:08200 millions restent bloqués pour l'instant au Qatar.
11:12Et d'après ce qu'a dit Marco Rubio au Sénat,
11:16ces fonds, ultérieurement, seront gérés à partir d'une banque,
11:19d'un compte bancaire aux États-Unis.
11:25Donc on est face à une situation inattendue au départ,
11:31mais qui a une valeur démonstrative.
11:34Ce qui se passe en Iran est aussi une façon de dire aux Iraniens
11:38« Regardez ce qu'on a fait au Venezuela. »
11:42Vous voyez comment on a pu le faire,
11:44comment on a pu extraire un chef d'État étranger,
11:47soi-disant protégé par toute une série de lignes de défense physique ou matérielle,
11:57et la situation dans laquelle se trouve le Venezuela aujourd'hui.
12:01Donc attention,
12:01Donald Trump a ainsi démontré ce dont il était capable,
12:08et que ces menaces peuvent être suivies des faits.
12:11Donc ce qui s'est passé au Venezuela ne concerne pas simplement le Venezuela,
12:15mais à une valeur de démonstration à l'égard du monde extérieur.
12:19Vous voyez la portée sur la scène internationale,
12:21on pourrait parler aussi d'autres pays,
12:22le Groenland,
12:23tous ceux à qui Trump dans la foulée s'est attaqué.
12:28Ça peut se passer aussi facilement que ça dans la durée ?
12:32Parce qu'on n'est qu'un mois finalement après l'enlèvement de Maduro,
12:35dans le temps, le peuple vénézuélien.
12:37Est-ce que ça va...
12:38C'est difficile, c'est difficile.
12:39Vous parliez tout à l'heure de pas de révolte,
12:41pas de soulèvement.
12:43Tout le monde est resté quand même assez sonné aussi par ce qui s'est passé.
12:46Il n'y a pas de sondage,
12:48il n'y a pas d'élection,
12:49qui permettent de juger l'état de l'opinion vénézuélienne.
12:54On a l'impression,
12:55au vu des images des rues de Caracas,
13:00qu'il y a une espèce de sidération.
13:02Il y a également une fatigue.
13:04La population a du mal à joindre les debouts,
13:07à se nourrir.
13:09Il y a eu une inflation importante.
13:12Elle a subi plusieurs contre-coups des mobilisations de 2014, de 2019,
13:18qui se sont mal terminées à l'époque.
13:22Et après le 3 janvier,
13:24ce qu'on a vu,
13:24c'est que les seuls regroupements de populations,
13:28c'était devant les supermarchés,
13:31des queues,
13:31pour faire des réserves alimentaires,
13:34au cas où la situation viendrait à se dégrader.
13:37Alors il y a eu,
13:38effectivement,
13:39une petite mobilisation devant les centres de détention,
13:42avec les familles,
13:44mais qui a été...
13:45Il y a eu des amnisties notamment,
13:46parce que Mme Rodriguez a annoncé une amnistie générale,
13:49qui est censée être à l'Assemblée cette semaine.
13:51Oui, manifestement,
13:52elle a désamorcé la bombe potentielle des familles,
13:56qui auraient pu créer un abcès de fixation.
13:59Et manifestement,
14:01les détenteurs du régime actuel ne souhaitent pas faire de vagues.
14:04Donc, amnistie,
14:06on libère les prisonniers,
14:07et par la même occasion,
14:08il n'y a plus de manifestation devant les prisons.
14:10Vous nous parlez tout à l'heure de cette situation au Venezuela,
14:16qui pourrait faire écho dans d'autres pays très vite.
14:19Donald Trump s'en est pris aux voisins cubains, colombiens.
14:23On va parler de Gustavo Petro.
14:25Forcément, il va être reçu tout à l'heure à la Maison-Blanche.
14:28Déjà, le fait qu'il soit reçu dans le bureau ovale,
14:30ça, c'est quand même assez inattendu.
14:32En un mois, ça fait partie des grands changements amorcés.
14:35Ce changement de ton assez soudain,
14:37après un simple coup de fil comme ça,
14:38avec le président colombien, vous y seriez attendu, vous ?
14:40Alors, c'est vrai que le ton était monté,
14:43ça fait plusieurs mois.
14:44Rappelez-vous, lorsqu'il y avait eu les premières expulsions
14:46de résidents légaux ou illégaux
14:49latino-américains
14:51vers leur pays d'origine
14:52dans des vols non-lysés,
14:54la Colombie avait été le pays
14:56qui, le premier, avait dit non.
14:58Et on va prendre des sanctions.
15:00Et Trump avait dit, si vous prenez des sanctions,
15:03moi aussi,
15:04le ton était monté entre les deux pays.
15:06Et ça avait rebondi
15:07à plusieurs reprises,
15:09où les contacts n'avaient pas été faciles.
15:11Et donc,
15:12la réponse de Trump
15:14avait été la même
15:15que celle
15:16à l'égard du Venezuela,
15:18le président colombien
15:20et le chef d'un cartel
15:21de narcotrafiquants.
15:22Et
15:23il y a un certain nombre de bateaux
15:25qui ont été présentés
15:26comme étant des bateaux
15:27transportant de la drogue
15:29vers les Etats-Unis
15:29en partant des côtes du Venezuela,
15:31mais aussi de Colombie.
15:34C'est passé un petit peu inaperçu
15:36parce qu'il n'y en a pas beaucoup,
15:37mais il y a eu quand même
15:38des bateaux
15:39partant des côtes,
15:40notamment du Pacifique colombien,
15:42qui ont été coulés
15:43par
15:43des avions
15:45ou des bateaux
15:45des Etats-Unis.
15:48Mais toute la rétorique
15:49utilisée
15:49pour
15:49Nicolas Maduro,
15:51là, le morceau était peut-être
15:52un peu plus gros
15:53à faire avaler
15:54pour le président colombien.
15:55Ce ne sont pas du tout
15:55les mêmes profils,
15:57pas du tout
15:57les mêmes régimes.
15:59Et on a bien vu
16:00que Trump, finalement,
16:01s'est assez vite
16:01ravisé.
16:02On va peut-être regarder
16:03quelques images
16:03tout de suite,
16:05justement,
16:05qui introduisent
16:06cette séquence
16:07qui aura lieu
16:07en fin d'après-midi
16:08à la Maison-Blanche,
16:10qui nous rappellent aussi
16:11les tensions
16:12vives il y a quelques semaines
16:13entre Bogotá
16:14et Washington.
16:15Puis soudain,
16:16ce ton qui s'est adouci.
16:18Le résumé est signé
16:19tout de suite.
16:19Look, ici, là.
16:23Voir atterrir
16:24l'avion présidentiel
16:25colombien
16:25à Washington
16:26était impensable
16:27il y a encore
16:28quelques semaines.
16:30Gustavo Petro
16:30est pourtant bien
16:31l'invité
16:32de Donald Trump
16:33ce mardi.
16:34Sur le tarmac
16:34avant son départ,
16:36il se montrait
16:36optimiste.
16:39Nous avons de nombreuses
16:40raisons de conclure
16:41un pacte à vie
16:42dans toutes les Amériques
16:44et espérons-le
16:45dans le monde entier
16:46et en Colombie.
16:47C'est ce qui nous intéresse
16:48aujourd'hui.
16:50Avec quelles nouvelles
16:51espérez-vous revenir
16:52de ce voyage ?
16:53Avec de bonnes nouvelles,
16:54on verra bien.
16:56Changement de ton
16:57après plus d'un an
16:58de relations
16:59pour le moins
16:59houleuses.
17:00Donald Trump
17:01a accusé
17:02Gustavo Petro
17:03d'être un baron
17:03de la drogue
17:04et avait même évoqué
17:05la possibilité
17:06d'une intervention
17:07militaire en Colombie.
17:09La Colombie
17:10est une machine
17:11à fabriquer de la drogue
17:12et nous ne voulons
17:13pas y participer.
17:14La Colombie
17:15est hors de contrôle
17:16et elle a maintenant
17:16le pire président
17:17qu'elle ait jamais eu.
17:18C'est un fou
17:19qui a beaucoup de problèmes,
17:20des problèmes mentaux.
17:22Dans le cadre
17:22de sa guerre
17:23contre la drogue,
17:24l'armée américaine
17:25a frappé
17:26deux embarcations
17:27colombiennes
17:27accusées
17:28sans preuve
17:29de transporter
17:30de la cocaïne.
17:31Gustavo Petro
17:32a qualifié
17:33de meurtre
17:33la mort
17:34des trois personnes
17:35à bord.
17:36Trump ne se contente
17:39pas d'envoyer
17:40des missiles
17:40sur les jeunes
17:41des Caraïbes.
17:42Il ne se contente
17:43pas d'emprisonner
17:44et d'enchaîner
17:44les migrants.
17:45Mais il autorise
17:46également les frappes
17:47sur les enfants,
17:49les jeunes,
17:50les femmes
17:50et les personnes
17:51âgées de Gaza.
17:52Il se rend
17:52complice
17:53d'un génocide.
17:54Fin septembre,
17:56le président colombien
17:57n'avait plus le droit
17:58de poser le pied
17:59sur le sol américain
18:00après avoir pris part
18:02à une marche
18:02pour Gaza
18:03à New York.
18:04Mais c'est le mois dernier
18:05que culmine la crise
18:07lors de la capture
18:07de Nicolas Maduro.
18:09Gustavo Petro
18:10compare alors
18:11le bombardement
18:12de Caracas
18:12à celui
18:13de Guernica
18:14lors de la guerre
18:15civile espagnole
18:16en 1937.
18:18Les tensions
18:18sont retombées
18:19seulement la semaine
18:20dernière
18:20après un appel
18:22téléphonique
18:22que Donald Trump
18:23a qualifié
18:24de grand honneur.
18:27Tous les gars
18:28vont être braqués
18:29forcément
18:29vers la Maison Blanche
18:31cet après-midi.
18:32On sait ce qu'ils se sont
18:33dit comme ça
18:34pendant cette conversation
18:34téléphonique
18:35qui aura duré
18:36une heure.
18:37On s'en souvient
18:37Petro
18:38qui était monté
18:39sur scène
18:39à Bogota
18:40qui était censé
18:41haranguer la foule
18:42et prononcer
18:43un discours
18:44très offensif
18:44en direction
18:45de Washington
18:45avait complètement
18:46réécrit son discours
18:47et même improvisé
18:47devant la foule.
18:49Bon,
18:49la situation
18:50intérieure
18:52colombienne
18:53n'a pas grand-chose
18:54à voir
18:54avec celle
18:55du Venezuela.
18:56Il y a des élections
18:56en Colombie
18:57qui se passent
18:59bien
18:59dans le passé.
19:02Il n'y a aucune raison
19:02que les prochaines
19:03législatives
19:04de mars
19:05et les présidentielles
19:06de la fin mai
19:07se passent
19:08dans de mauvaises
19:09conditions.
19:10Et donc
19:10le président
19:11colombien
19:12a également
19:15besoin
19:16de transmettre
19:17ses pouvoirs
19:20à son successeur
19:21et si possible
19:22un successeur
19:23qui lui soit
19:24ami.
19:25De gauche donc ?
19:25Son candidat
19:26s'appelle
19:26Ivan Cepeda
19:28il est premier
19:28dans les sondages
19:29donc d'essayer
19:30d'éviter
19:31d'avoir un contexte
19:33émotionnel
19:34très fort
19:35dans le contexte
19:37de la campagne
19:38électorale.
19:39Il ne faut pas
19:39oublier non plus
19:40que les Etats-Unis
19:41à la différence
19:42d'autres pays
19:43d'Amérique latine
19:44sont les premiers
19:45partenaires
19:46commerciaux
19:46de la Colombie
19:48donc il y a
19:49quelque part
19:50de la part
19:51du président
19:52colombien
19:53un geste
19:55une prédisposition
19:57à essayer
19:58de baisser
19:58d'un cran
19:59le ton
20:01des relations
20:02entre les deux pays
20:03et de la part
20:04du président
20:04Trump
20:06ça fait partie
20:07de sa méthode
20:08de joueur de poker
20:09on monte le ton
20:10au maximum
20:11puis on tire
20:13la corde
20:14et au moment
20:14de la rompre
20:15on prend contact
20:17y compris
20:17avec des gens
20:18les plus improbables
20:19rappelez-vous
20:19parfois ils ronnent la corde
20:20c'est ce qui s'était passé
20:21à Caracas
20:22et ça certains
20:23ne l'ont pas
20:23oublié aussi
20:24en Colombie
20:25vous parlez du poulain
20:26de Gustavo Petro
20:28qui est aujourd'hui
20:28le favori
20:29dans les sondages
20:30à cette présidentielle
20:31il attend beaucoup
20:32de la séquence
20:32de cet après-midi
20:33savoir comment se positionner
20:35parce que lui
20:35aujourd'hui
20:35il accuse les Etats-Unis
20:36de vouloir s'immiscer
20:38dans la présidentielle
20:39alors le candidat
20:40de Gustavo Petro
20:41est effectivement
20:42va probablement arriver
20:43le premier
20:44au soir du premier tour
20:46le deuxième tour
20:47sera beaucoup plus
20:48beaucoup plus compliqué
20:49bon
20:51c'est pas très bien
20:53comment va réagir
20:54Donald Trump
20:55dans ce cadre
20:56de figure
20:56dans les élections
20:58précédentes
20:58en Amérique latine
20:59il est intervenu
21:01en Argentine
21:01directement
21:02en faveur
21:03de son candidat préféré
21:04et également
21:06au Honduras
21:06en revanche
21:07il n'est pas intervenu
21:08au Chili
21:09et il n'est pas intervenu
21:11hier
21:12avant-hier
21:13pardon
21:13au Costa Rica
21:15où ont été élus
21:17dans les deux cas
21:17des candidats
21:18qui lui sont favorables
21:19mais qui étaient portés
21:20par les sondages
21:21là le constat
21:22qu'on peut faire
21:23en Colombie
21:23c'est que la situation
21:24les élections
21:25sont ouvertes
21:26donc il ne faut pas
21:26exclure
21:27éventuellement
21:28qu'il y ait
21:30des gestes
21:30favorables
21:32aux candidats
21:33opposés
21:35à la ligne politique
21:36de Gustavo Petro
21:38donc
21:39bon
21:40tous les deux
21:41sont en position
21:43d'attente
21:44dans un contexte
21:46que je répète
21:46qui n'est pas celui
21:47du Venezuela
21:48où il n'y a pas
21:48d'élection
21:49sauf qu'on sent
21:50quand même
21:51qu'il y a une volonté
21:52d'infléchir
21:53un peu sa position
21:54côté colombien
21:56vous parlait
21:57tout à l'heure
21:57de ces vols
21:59chargés de migrants
22:00sans papier
22:01expulsés
22:02par les américains
22:03qui avaient été
22:03suspendus
22:03par la Colombie
22:04Petro
22:06Bogota
22:06a fait un geste
22:07de bonne volonté
22:07en annonçant
22:09soudainement
22:09vendredi
22:10la reprise
22:10de ces vols
22:10d'expulsion
22:11c'est le signe
22:12de quoi ça ?
22:12Oui et la coopération
22:13en matière de lutte
22:14contre les stupéfiants
22:18qui est l'argument
22:19majeur
22:20qui a été utilisé
22:21contre Maduro
22:22et contre
22:23Gustavo Petro
22:24avec
22:25tout ce qu'il peut y avoir
22:27dans la tête de Petro
22:28mon voisin
22:31Maduro
22:31a été accusé
22:32d'être un narcotrafiquant
22:33et il a été enlevé
22:34donc il y a probablement
22:36dans la tête
22:38de Gustavo Petro
22:40ce scénario là
22:41bien que
22:42bien que
22:43il soit
22:44la Colombie
22:46soit en période électorale
22:47ce qui était tout à fait exclu
22:48au Venezuela
22:49il y a quelque chose
22:50d'ailleurs assez intéressant
22:51qui a été dit
22:52au sénateur
22:53des Etats-Unis
22:54par Marco Rubio
22:56il a dit
22:57ça fait plusieurs mois
22:58qu'on parlait
22:59avec Maduro
23:00en lui demandant
23:01de partir
23:01et il a refusé
23:04et il a refusé
23:06ce qui veut dire
23:07que
23:07comme il n'y a pas
23:08d'élection
23:08transparente
23:10et libre
23:10Maduro
23:12était là
23:13et
23:13advitable et éternable
23:14ce qui ne correspondait
23:15pas du tout
23:16à ce que souhaitaient
23:16les Etats-Unis
23:17là dans le cas
23:18de la Colombie
23:19il y a des élections
23:20ce qui introduit
23:21un élément
23:21différentiel assez important
23:23avec une échéance
23:23qui effectivement
23:24arrive en plus
23:24assez vite
23:26pour en revenir
23:27à ce rendez-vous
23:29de tout à l'heure
23:30à la Maison Blanche
23:31qu'on va pouvoir vivre
23:31évidemment
23:32en direct
23:33sur nos antennes
23:34Trump a dit hier
23:35on va avoir
23:36une bonne réunion
23:36tous les deux
23:37bon il est beaucoup
23:38plus conciliant
23:39il le trouve
23:40beaucoup plus gentil
23:41Petro depuis
23:41quelques semaines
23:42depuis qu'il a enlevé
23:43Nicolas Maduro
23:44je reprends
23:45cet homme
23:45les deux hommes
23:46ils partagent
23:47quelques points communs
23:48notamment leur caractère
23:50assez imprévisible
23:51à l'un
23:51comme à l'autre
23:52ça pourrait mal se passer
23:54tout à l'heure
23:54entre eux
23:55ou c'est complètement exclu
23:57vu la situation
23:58politique
23:58et vu ce qui s'est passé
23:59au Venezuela
24:00oui ça pourrait
24:01effectivement mal se passer
24:02mais c'est peu probable
24:04parce que ce sont
24:05souvent des colères
24:06calculées
24:07avec certains objectifs
24:09des discours
24:10dirigés
24:11soit à leur opinion
24:12intérieure
24:13soit à l'opinion
24:14internationale
24:15donc là
24:15si tous les deux
24:16ont accepté
24:17de se voir
24:17c'est pas pour
24:19s'invectiver
24:20devant les caméras
24:21de télévision
24:21c'est manifestement
24:22pour donner une impression
24:24qu'un dialogue
24:25est ouvert
24:26et on peut imaginer
24:27qu'il sera ouvert
24:28sur ce point
24:29qui fait l'objet
24:31officiellement
24:32des critiques
24:34des Etats-Unis
24:35de Donald Trump
24:35le trafic de stupéfiants
24:37et la coopération
24:38de la Colombie
24:39à la lutte
24:40contre ce trafic
24:41au mois de septembre
24:42au mois de septembre
24:43la Colombie
24:44a été déqualifiée
24:45le gouvernement
24:46des Etats-Unis
24:47a considéré
24:48que la Colombie
24:49ne coopérait plus
24:51comme elle le devrait
24:52avec les Etats-Unis
24:53et donc
24:53qu'elle n'était plus qualifiée
24:55pour bénéficier
24:57d'informations
24:58et d'un travail
24:59commun
25:00avec les services
25:02compétents
25:03des Etats-Unis
25:04donc on est dans
25:05un contexte
25:06sur ce point là
25:07sur lequel
25:07Trump est assez cohérent
25:09et exerce des pressions
25:10assez fortes
25:12sur la Colombie
25:13donc il est probable
25:14que le président colombien
25:15va lui parler
25:17de la coopération
25:18de la bonne disposition
25:20des forces
25:21de l'ordre colombienne
25:22et de lutte
25:23contre les stupéfiants
25:23et des bons résultats
25:24qui devraient être présentés
25:25par les responsables colombiens
25:26je crois qu'ils viennent
25:26avec quelques bons chiffres
25:28merci beaucoup
25:29Jean-Jacques Oulianski
25:30c'est déjà la fin
25:31de l'info du jour
25:32restez évidemment
25:33à nos côtés
25:33l'info se poursuit
25:34dans ce Paris Direct
25:35on va se retrouver
25:35dans quelques instants
25:36pour le journal
25:36à tout de suite
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