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  • il y a 3 mois
Entreprise industrielle suisse fondée en 1945, MATISA s’est imposée comme un acteur clé de la construction, de la maintenance et du renouvellement des infrastructures ferroviaires, en accompagnant l’intensification des usages du rail en Europe et à l’international. Dans un contexte de transition vers des moyens de transport durables, le ferroviaire s’affirme comme un pilier du transport écologique à grande échelle.

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Transcription
00:00Alors que les réseaux ferroviaires font face à des exigences croissantes en matière de sécurité, de performance et de durabilité,
00:07certains acteurs industriels restent essentiels tout en étant peu visibles.
00:11C'est ce que nous allons découvrir avec Matisa depuis le Royal Monceau à Paris.
00:30Bonjour à tous les deux. Bonjour Milan Stoupar et Simone Amorosi. Merci d'être avec nous. Je suis ravi de vous accueillir.
00:45Merci à vous. C'est un plaisir pour nous aussi d'être avec vous aujourd'hui.
00:48Alors vous êtes respectivement CEO et directeur produit de Matisa. Ma première question est pour vous Milan. Qu'est-ce que Matisa ?
00:56Alors Matisa c'est avant tout un collectif. 35 métiers différents sont en activité dans notre maison
01:02pour concevoir et produire finalement ces machines ferroviaires qu'on peut de temps en temps apercevoir au bord des voies,
01:10ces immenses trains de construction. Mais ce n'est pas que ça Matisa. Matisa c'est aussi 300 brevets en activité.
01:16Donc nous sommes très fortement orientés innovation avec une industrie au centre de l'Europe.
01:23Finalement la Suisse c'est vraiment le centre aussi névralgique du domaine ferroviaire.
01:27Nous sommes très fiers de représenter cette industrie européenne innovante dans le domaine ferroviaire
01:33et servir des clients un peu partout au monde. C'est vrai que la construction, elle, elle a plutôt lieu dans des pays, on va dire, émergents.
01:42Mais le renouvellement et la maintenance, on sert principalement des clients européens.
01:47Justement, quels sont vos clients ? Quel type de clients vous avez ?
01:50Alors peut-être avant de vous parler des clients, je fais un petit passage par tout ce qui est voies ferrées
01:55pour qu'on pose, disons, les briques de notre activité.
02:00Matisa travaille principalement, on l'a dit, sur les machines qui elles-mêmes travaillent sur le réseau ferré.
02:05Le réseau ferré actuellement, c'est un très grand réseau qui relie les grandes villes et des grandes communautés humaines entre elles.
02:13Il est malheureusement exposé à un environnement relativement difficile, soleil, pluie, neige,
02:20et nécessite un entretien et parfois un renouvellement assez conséquent.
02:24Et c'est là que nous sommes actifs.
02:26Notre activité principale est donc l'accompagnement de nos clients qui font ces travaux, qui achètent des machines chez nous,
02:32que ce soit pour la construction. Évidemment, en Europe, il y en a moins aujourd'hui, parce que la construction, c'est plutôt dans les pays, on va dire, en développement.
02:39Mais chez nous, on fait énormément de maintenance et de renouvellement.
02:42C'est très clair. Vous avez bien fait de le préciser.
02:45Simone, on parle souvent de ces fameuses machines jaunes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est ?
02:50Oui. En fait, il est très important déjà de s'imaginer la taille de ces engins.
02:56Donc, ce n'est pas des outils qu'on peut transporter facilement.
03:00C'est plutôt un wagon de train qu'il faut penser, du couleur jaune, parce que c'est la norme qui l'impose.
03:08Donc, on parle en tonnes ?
03:09On parle en dizaines de tonnes.
03:11D'accord.
03:11Et puis, on parle aussi en termes de plusieurs wagons à la suite, qui travaillent de façon coordonnée.
03:18Une fois que ces machines arrivent sur le chantier, elles déploient leurs outils comme un grand couteau suisse.
03:27Et après, les outils sont différents selon le type de métier.
03:31En parlant de construction, en parlant d'entretien, en parlant de renouvellement, selon le type de métier, la machine peut être différente.
03:39Par exemple...
03:40Oui, dites-moi, parce que j'aimerais comprendre concrètement.
03:43Notre gergon est très particulier.
03:44Oui.
03:44Nous entendons tous les jours parler de bourreuse, de cribleuse, de régaleuse.
03:50Et notamment la bourreuse, c'est une machine qui replace très précisément la voie au bon endroit.
03:57D'accord.
03:58Parce que la position se dégrade avec le temps, avec le passage du train, des trains à haute vitesse notamment.
04:02Et une fois positionnés au bon endroit, il y a une action qui s'appelle le bourrage, avec des pioches mécanisées,
04:10qui compactent les pierres qui sont au-dessus du travers pour que la voie ne bouge plus.
04:16Donc, c'est une manière de sécuriser vraiment tout ce qui se passe.
04:20Dans la bonne position, donc c'est une question de sécurité pour les trains passagers qui passeront le matin suivant.
04:27Et nous pensons aussi beaucoup à la sécurité des opérateurs qui sont à l'intérieur du cabine aujourd'hui.
04:33Et ça, c'est seulement l'une des fonctionnalités qu'offre votre couteau suisse géant, c'est ça ?
04:37Exactement.
04:38Très clair. Matisa a plus de 80 ans d'histoire. Ça me paraît complètement fou.
04:44Mylène, comment fait-on évoluer un tel héritage industriel sans le dénaturer et puis le faire vivre dans son temps ?
04:52Alors, il y a deux briques fondamentales pour que ça se passe bien.
04:56Une, c'est vraiment l'entrepreneuriat proche du client.
04:59On a eu plusieurs générations d'industriels et nous sommes maintenant la quatrième qui travaillons très proche de nos clients.
05:07Donc, on est très proche du terrain, des proches des machines pour comprendre les besoins, comprendre aussi les exigences qui changent avec le temps.
05:15Donc, ça, c'est un des éléments fondamentaux.
05:17L'autre élément fondamental, c'est clairement les compétences internes.
05:20Donc, d'avoir les bonnes personnes avec des compétences architecturales, des compétences d'ingénierie
05:27qui peuvent comprendre ces besoins et transformer ces idées finalement en un produit cohérent.
05:34Le ferroviaire fait face à des défis majeurs dernièrement.
05:37Comment vous faites chez Matisa pour y répondre à tous ces défis ?
05:43Je vais peut-être vous poser la question à tous les deux.
05:45Oui, du point de vue des produits, nous faisons face à une complexité grandissante.
05:50Cette complexité vient des normes qui se multiplient et qui est un peu plus complexe du point de vue des technologies.
05:57Et une pression commerciale importante.
06:00Donc, la combinaison de ça fait que notre travail est extrêmement intéressant.
06:05Donc, venir au travail tous les jours, c'est extrêmement stimulant.
06:11Et notre mission, c'est de réduire cette complexité à de la simplicité parce que c'est ça que nos clients nous demandent.
06:17L'opérateurs doivent pouvoir simplement utiliser la machine et il ne faut pas que ce soit nécessaire d'en avoir un nombre trop important.
06:27C'est une question économique aussi.
06:28Et l'idée, c'est de rendre cette interface avec la machine conviviale.
06:38Accessible, j'imagine, facile d'utilisation.
06:40Et tout est pensé en amont pour résoudre vite sur le terrain les différents problèmes.
06:44C'est notre préoccupation quotidienne.
06:47Oui, Méliane.
06:48Un des compléments finalement à cette activité qui est autour de la machine, c'est vraiment les services.
06:52Les machines ont une durée de vie entre 30 et 40 ans, ce qui est quand même très lente.
06:58Donc, elles peuvent avoir plusieurs cycles de vie d'une quinzaine d'années.
07:02Et donc, nous avons tout un système de services pour accompagner les clients, pour rétrofiter les machines et finalement prolonger leur durée de vie.
07:10Alors, un projet qui incarne particulièrement cette vision d'avenir, c'est le train de renouvellement des rails ou la génération Néo.
07:18Pourquoi est-ce que c'est stratégique pour Matisa ?
07:21Je commencerai par Néo.
07:23Néo signifie New Energy Optimization.
07:26Ça représente une façon de faire évoluer toutes nos gammes de machines par rapport à l'exigence sociétaire de la consommation réduite de l'énergie.
07:38Donc, nous optimisons l'existant au maximum.
07:42Nous réduisons aussi la taille de machines et donc, par conséquent, l'utilisation de l'énergie.
07:49Et tout en conservant une grande précision et un haut niveau de sécurité pour les opérateurs.
07:57Pour ce qui est du TRR, c'est une optimisation plutôt vers l'infrastructure à laquelle on pense.
08:05Parce qu'il faut imaginer l'infrastructure comme est en fait différents éléments qui ont des cycles de vie différents.
08:12Donc, il n'est pas nécessaire de remplacer tout en même temps.
08:16Mais certains éléments vieillissent plus vite.
08:18Et la machine TRR remplace les rails, qui est vraiment juste à l'interface avec les trains, qui vieillent plus vite exclusivement.
08:26Et le fait donc en respectant au maximum l'optimisation des éléments de la voie.
08:31Bien sûr, c'est logique. Ça me paraît tout à fait logique.
08:34Milan, je crois savoir et j'ose vous demander une petite anecdote.
08:38Parce qu'il vous arrive toujours pas mal de choses. Vous voulez bien partager ça avec nous ?
08:42Avec plaisir.
08:43Alors, avant que j'entre dans le détail de l'anecdote, je fais une introduction.
08:48Il faut comprendre qu'on est dans un métier finalement qui a supprimé la pénibilité des travaux ferroviaires.
08:54On était là présent depuis, pas maintenant, on est présent depuis 80 ans.
09:00Et depuis le début, on était présent avec des machines qui ont remplacé ces travaux pénibles humains.
09:06Et progressivement, les gens sont habitués à voir nos machines sur les chantiers.
09:10Et un terme est sorti finalement du jargon des opérateurs et des professionnels de la voie.
09:15En parlant de matiser la voie.
09:17C'est devenu carrément un verbe.
09:19C'est devenu carrément un verbe, oui.
09:21Et je crois, et c'est ce qui est incroyable et qui m'a vraiment amusé, matiser, donc ce verbe est international.
09:28En plus. Alors, mon collègue italien pourrait peut-être nous le confirmer en italien.
09:34C'est ça, vous l'avez adapté dans toutes les langues, il l'utilise.
09:36On l'a entendu en Italie aussi, c'est-à-dire matisare.
09:40C'est formidable, je trouve.
09:42Que le voir que devienne carrément un verbe, que ce soit le naturel.
09:46Dès qu'on a besoin de faire quelque chose, on se dit, tiens, on va matiser.
09:49Oui. Nous, de notre côté, considérons comme étant, on va dire, une forme de travail bien fait.
09:55À partir du moment où on matise la voie, on considère qu'elle est travaillée de manière conforme à ce que ça doit être.
10:02J'en suis certaine. Merci infiniment, messieurs, d'être venus sur ce plateau.
10:06Merci à vous.
10:07À travers Matisa, on comprend que la performance ferroviaire repose aussi sur des machines essentielles
10:12conçues pour intervenir avec précision, fiabilité et responsabilité.
10:16Je vous dis à très bientôt sur Forbes.fr.
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