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  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1, la suite de Christine Kelly et vous.
00:06Nous parlerons avant 13h des meilleurs placements avec le magazine Capital.
00:10Mais d'abord Christine, nous accueillons votre invité Alexandre Devecchio pour son livre
00:14« Nous vivions côte à côte » paru aux éditions Fayard.
00:17Quand j'étais enfant, j'avais 10 ans, lorsque lors de la Coupe du Monde 1998,
00:23ces villes étaient encore black-blanc-beur.
00:25Les différences et les tensions étaient déjà grandes, les agressions et les violences n'étaient pas rares.
00:29Mais la cohabitation semblait encore possible grâce à une relative mixité.
00:36Alexandre Devecchio, votre livre « Nous vivions côte à côte » aux éditions Fayard
00:40pousse un cri poignant de ces petits blancs, puisque vous dites itinéraire d'un petit blanc de banlieue,
00:48c'est le sous-titre de votre livre, un cri poignant de tous ceux qui ont subi la violence,
00:53tous ceux dont on ne parle pas, tous les invisibilisés.
00:56Ça a été l'objectif de votre livre ?
00:57Oui, tout à fait.
00:59Alors, ces sous-titrés itinéraires d'un petit blanc, je l'assume totalement,
01:03mais ce n'est pas seulement ethnique, parce que je considère, et je le rappelle toujours,
01:07que dans les classes populaires, il y a aussi des classes populaires de toutes les couleurs qui sont intégrées,
01:11et je considère qu'elles aussi ont subi justement la désintégration, la violence des banlieues.
01:17Mais effectivement, on a souvent raconté l'histoire des banlieues du point de vue de ceux qu'on appelait les déshérités,
01:24mais que ceux qui vivaient en banlieue considéraient comme des racailles en réalité.
01:27Et moi, j'ai voulu raconter cette histoire du point de vue de ceux qui ont subi d'abord la loi des racailles,
01:34et ensuite la loi des communautaristes et des islamistes.
01:38Et je l'ai écrit aussi pour parler aux élites.
01:42Aujourd'hui, je suis journaliste au Figaro, je fréquente un monde qui est plus proche de l'élite, entre guillemets, médiatique et politique,
01:49et j'ai voulu faire entendre la voix des oubliés et les montrer avec une certaine empathie,
01:56parce que je trouve que les élites politiques et médiatiques ont trop longtemps méprisé et invisibilisé ces Français-là.
02:04On a beaucoup de questions à vous poser.
02:06« Je dois commencer par cet aveu, à bien des égards, je suis un bobo ».
02:11Vous dites « Je vis à Paris depuis maintenant dix ans ».
02:13Et c'est vrai que c'est à partir de ce regard-là que vous racontez tous ces pages 11.
02:17Gabriel Cluzel, ensuite Eric Tegner, ensuite beaucoup de questions à vous poser.
02:19Oui, je parlais de l'expression « petit blanc ».
02:21Je me souviens que Donald Trump avait dit qu'il ne voulait plus qu'on utilise l'expression « white trash »,
02:26qui est un peu l'équivalent aux États-Unis, parce qu'il trouvait que c'était péjoratif pour les intéressés.
02:30Mais c'est vrai que c'est quand même ainsi qu'on les appelle.
02:33Vous êtes le Gigi Vance, en fait, on se souvient du livre qu'il a écrit.
02:39Ça l'a emmené à la vice-présidence.
02:40Peut-être un jour la présidence a un bel avenir, Alexandre Devecchio.
02:44Non, c'est lui qui vous a inspiré, sérieusement ?
02:45Blague à part, oui.
02:47En réalité, mais avant, parce que j'ai lu son livre « I Billy L. E. G. »
02:51c'était bien avant qu'il fasse de la politique.
02:54Et c'était un livre qui m'avait inspiré et qui avait eu du succès aux États-Unis,
02:58parce qu'il était devenu le livre qui expliquait le phénomène Donald Trump à sa seconde élection,
03:03où G. Devecchio est devenu vice-président, mais sa première.
03:06D'ailleurs, à l'époque, G. Devecchio, ce n'était pas spécialement Trumpier.
03:09Et ça m'avait marqué.
03:11Et c'est vrai que l'idée du livre est née de ce livre-là.
03:15Mais je cite aussi dans le livre « Édouard Louis et Annie Arnault »
03:18en expliquant que la démarche...
03:20Qui, pour le coup, n'était pas très flatteur avec les classes populaires.
03:23Voilà, j'explique que la démarche n'est pas si lointaine,
03:25parce que c'est le regard des classes populaires,
03:27et je parle de moi, mais pour faire un tableau sociologique plus large.
03:30Mais autant Édouard Louis et Annie Arnault sont dans le misérabilisme et dans la haine de soi,
03:37parce qu'ils viennent d'un milieu populaire et crachent sur leur milieu,
03:39autant moi j'ai voulu faire un livre combatif
03:41et justement redonner de la dignité et de la fierté à ces classes populaires.
03:45Combatif et non plaintif, vous soulignez beaucoup à ce point.
03:48Éric Tegner avec Alexandre Devecchio sur Europe.
03:51J'ai toujours été curieux du parcours d'Alexandre Devecchio.
03:53Il s'avère qu'avant, une fois que j'avais regardé...
03:55On en apprend beaucoup sur lui, c'est passionnant.
03:57Il a travaillé au Bouni-Blog quand même.
04:00Ce n'est pas donné à tout le monde.
04:01Comment vous expliquez un petit peu ça ?
04:03Ça fait partie d'une certaine façon ?
04:04Je l'explique d'autant plus qu'il y a deux chapitres consacrés
04:09à cette période-là dans le livre.
04:12En fait, je me suis retrouvé au Bouni-Blog
04:13parce que j'ai fait une prépa à égalité des chances
04:15pour intégrer les écoles de journaliste.
04:16C'était une prépa à l'initiative du Bouni-Blog.
04:22Je raconte dans le livre d'ailleurs
04:23qu'à l'époque de la prépa à égalité des chances,
04:27elle était assez bien faite
04:28parce qu'on n'était pas dans la discrimination positive.
04:30C'était une prépa gratuite.
04:31On a passé les concours de manière anonyme.
04:34Mais c'était aussi un laboratoire de la France d'après
04:35parce que je me suis retrouvé dans cette prépa
04:37avec quelqu'un comme Nassira El-Mouadem
04:39qui est devenu patron du Bouni-Blog
04:42qu'on connaît pour ses tweets de haine
04:44contre les Français.
04:46J'en parle donc.
04:46Il y avait à la fois une cohabitation
04:48entre différentes Frances
04:49qui se passaient plutôt pas mal
04:50et déjà des tensions
04:51parce que Nassira était déjà
04:53dans un discours hyper communautaire.
04:56Et c'est intéressant
04:57parce que nous avons évolué de manière parallèle
04:59mais opposé d'une certaine manière.
05:03Mais en réalité, je n'ai pas tant évolué que ça idéologiquement.
05:06Au Bouni-Blog, je défendais les idées
05:08qui étaient déjà les miennes.
05:10C'était un Bouni-Blog un peu différent
05:12de celui qu'il est devenu après.
05:14Et c'est intéressant d'ailleurs
05:15de voir l'évolution du Bouni-Blog
05:17parce que le Bouni-Blog a un intérêt,
05:18c'est qu'il donne la parole aux habitants des banlieues
05:21sans filtre.
05:22Et malheureusement,
05:24la banlieue n'a cessé de se communautariser,
05:28d'aller plus loin dans l'islamisme.
05:30Et le Bouni-Blog est aussi le reflet de cela.
05:37Donc, c'était intéressant.
05:39Et déjà au Bouni-Blog,
05:40j'essayais de faire entendre une autre voix
05:42qui n'était pas celle justement victimaire,
05:45les enfants issus de l'immigration
05:46qui pensaient que la France était raciste.
05:49J'essayais de faire entendre l'autre voix.
05:51Et je pense que d'ailleurs,
05:52c'est un des drames,
05:53ce type d'association.
05:55Alors, je ne veux pas cracher dans la soupe
05:57parce que le Bouni-Blog a été aussi un tremplin pour moi.
05:59Mais en tout cas,
06:00les associations de banlieues au sens large
06:03ont ce tort parfois
06:04d'avoir un discours victimaire
06:07et d'enfermer les enfants de l'immigration
06:09dans leur identité d'origine.
06:11Alors qu'à mon avis,
06:12elles devraient faire exactement le contraire.
06:13Regardons le commissariat.
06:15Et vous êtes un croisement aussi de l'immigration,
06:17Alexandre Devecchio,
06:18de la même façon.
06:18Vous pourriez être dans son commissariat de la diversité.
06:21d'une certaine manière.
06:23Italien et portugais.
06:24C'est exactement ce que vous dénonce.
06:25Alexandre Devecchio sur Europe 1.
06:27Vous êtes portugais et italien.
06:28Oui, j'ai un grand-père italien
06:31et une mère portugaine.
06:32Je le raconte aussi dans le livre.
06:36Qui a fait un point d'honneur
06:37à s'assimiler,
06:38à aimer la France,
06:39à être avec fierté et sans amertume.
06:42Alexandre Devecchio,
06:43ensuite Gabriel Cluzel.
06:44Terminé Alexandre Devecchio.
06:45Sur mon grand-père,
06:46vous vous dites,
06:47je parle de l'immigration italienne
06:49en plus du début du siècle
06:50dans une France qui était finalement
06:52un peu plus xénophobe.
06:54Je pense que la France n'a jamais été raciste.
06:55Mais il y avait à l'époque plus de racisme,
06:57bien plus qu'il y en avait aujourd'hui.
06:59Deux tiers des Italiens sont repartis.
07:01Ceux qui sont restés
07:02avaient vraiment envie de s'assimiler.
07:04S'assimiler, ça veut dire
07:05abandonner une part de son identité
07:07et adopter l'identité du pays
07:09où on arrive.
07:10Et malheureusement,
07:11c'est plus ce qu'on demande aux immigrés.
07:13Maintenant, on dit
07:13venez comme vous êtes
07:14et c'est la France qui s'aide à l'accord.
07:15Et cultivez même plus vos racines
07:16que le pays qui vous accueille.
07:17Et je crois que ce qui explique
07:19les fractures identitaires de la France.
07:21Juste une anecdote sur mon grand-père,
07:23parce que ça me permet d'en parler.
07:24Vous disiez,
07:25je disais qu'il avait renoncé
07:27à une partie de ses racines.
07:28À l'époque,
07:29on traitait les Italiens de Rital.
07:32Et puis dans les années 80,
07:33le mot Rital est devenu
07:34un mot quasiment sympathique.
07:36Il y avait cette chanson de Barzotier,
07:38« Je suis Rital et je le reste ».
07:39Et Matample lui avait offert le disque
07:41et il était très vexé
07:43parce qu'il considérait
07:45qu'il n'était plus un Rital,
07:46bien qu'il s'appelait Mario
07:47et qu'il était de la première génération.
07:49Donc, il avait quand même
07:50un côté Rital.
07:51Alexandre de Vécu
07:51sur Europe 1
07:52pour son livre
07:53« Nous vivions côte à côte »
07:54aux éditions faillées.
07:55Gabriel Cluzel.
07:56Oui.
07:57Est-ce qu'il n'y a pas
07:58un côté factice quand même ?
07:59Pardon, je suis un peu provocatrice.
08:00Au contraire, au contraire.
08:04À comparer l'immigration italienne
08:07et portugaise de cette époque-là
08:10avec la vague migratoire
08:12que nous vivons actuellement
08:13avec une distance culturelle
08:15beaucoup plus énorme
08:18et qui est presque un gouffre.
08:20Et j'ai remarqué que précisément
08:22on appelait aux mannes
08:23des Italiens et des Portugais
08:24qui se sont bien intégrés.
08:26C'était toujours un peu le moyen de dire
08:28« Mais oui, ça va bien se passer.
08:29Tout le monde va s'assimiler.
08:31Ça va être parfait. »
08:31Non, non, mais vous avez parfaitement raison.
08:34Je dis la même chose.
08:35Je ne suis pas du tout
08:36dans un discours en disant
08:37« Vous voyez, les Italiens,
08:38les Portugais se sont bien assimilés.
08:40Ça va bien se passer. »
08:41Non, je dis exactement le contraire.
08:43Vous avez raison.
08:44Les difficultés actuelles
08:45sont liées au fait
08:46que l'immigration maghrébine
08:48mais aussi subsaharienne,
08:50parfois afghane,
08:52est très éloignée culturellement
08:54de la culture française.
08:55Donc l'assimilation
08:56est de fait bien plus difficile.
08:59et je dis dans le livre
09:00que la première vengeance
09:00c'est quand même d'arrêter
09:01les flux migratoires
09:02parce que quand les flux migratoires
09:04sont massifs,
09:05de toute manière,
09:06on peut assimiler des individus
09:08mais pas des peuples entiers.
09:09Donc je ne tombe pas du tout
09:10dans la naïveté
09:12que vous dénoncez.
09:14Par contre, je pense que
09:15malgré...
09:15Il y a des gens
09:16de la deuxième
09:16ou de la troisième génération
09:17en France
09:19qui sont parfois désintégrés,
09:20qui détestent leur propre pays
09:22et je ne crois pas tellement
09:24à la remigration pour eux.
09:25Et donc, je pense que
09:27si on avait un discours
09:28d'autorité,
09:29un discours de fierté identitaire,
09:31ça nous aiderait
09:32plutôt qu'un discours
09:33communautariste, multiculturaliste,
09:35c'est de vouloir faire
09:35un commissariat à la diversité.
09:37Dans un instant,
09:37Alexandre Devecchio,
09:39c'est justement en phase avec vous.
09:41Je vais vous demander un peu
09:42ce que ça vous fait
09:42lorsque vous retournez là-bas
09:44à Épinay-sur-Seine,
09:44en Seine-Saint-Denis,
09:45où sont vos parents
09:46et vous allez régulièrement
09:47tous les week-ends.
09:48Vous allez nous raconter
09:49tout ça sur Europe.
09:49Restez bien avec nous
09:50la suite de Christine Kelly et vous.
09:51C'est dans un instant.
09:5201-80-20-39-21
09:54pour échanger
09:55avec notre invité,
09:56Alexandre Devecchio.
09:57A tout de suite
09:58sur Europe 1.
10:01On a appris que le taux
10:07du LIVA va baisser.
10:09Dans un instant,
10:09nous allons accueillir
10:10un invité pour parler
10:11des meilleurs placements
10:12avec Capital.
10:13Mais pour l'instant,
10:14nous sommes en train
10:14de discuter avec
10:16Alexandre Devecchio.
10:16Alors bien sûr,
10:17si vous voulez discuter
10:18avec Alexandre Devecchio,
10:19appelez-nous au 01-80-20-39-21.
10:21Si vous voulez réagir
10:22aux voeux d'Emmanuel Macron
10:23sur la base d'Istre
10:24et puis à ses militaires
10:26au Groenland,
10:26appelez-nous aussi
10:27au 01-80-20-39-21.
10:29Beaucoup de sujets
10:30qui font réagir.
10:31Mais pour l'instant,
10:32nous vivions côte à côte
10:33aux éditions Fayard
10:34avec Alexandre Devecchio.
10:3711h30, 13h,
10:38Christine Kelly
10:39sur Europe 1.
10:42Éric Tegner
10:43voulait vous poser une question.
10:44Oui, Alexandre Devecchio.
10:45De fait,
10:46vous êtes une sorte
10:47de banlieusard
10:48et vous dites donc
10:48dans le livre
10:49qu'aujourd'hui,
10:50vous êtes devenu un bobo.
10:51Est-ce que l'avenir
10:52du banlieusard,
10:53c'est d'être un urbain
10:54ou est-ce qu'il peut sortir
10:56de ce milieu ?
10:56En d'autres termes,
10:57est-ce que vous pourriez
10:58demain, par exemple,
10:59vivre dans la ruralité,
11:01aller dans les campagnes
11:02ou est-ce qu'on se retrouve
11:03un peu bloqué quand même ?
11:05Bon, après, je pense que c'est
11:06une question de choix personnel.
11:08Moi, très honnêtement,
11:09je ne me vois pas
11:10me reconvertir
11:11en agriculteur.
11:12J'ai beaucoup
11:12de respect
11:13pour eux,
11:15mais mon univers
11:17aujourd'hui
11:18est plutôt parisien,
11:20ce qui n'empêche pas
11:21que je vois mes parents
11:22chaque week-end
11:23et que je suis
11:23entre ces deux mondes-là.
11:25Je commençais le livre
11:26en expliquant
11:27« Désormais,
11:28je suis un bobo »
11:28parce qu'en réalité,
11:29j'ai voulu porter la voix
11:30des classes populaires,
11:31mais pas non plus
11:32me l'approprier,
11:33sachant qu'aujourd'hui,
11:34je fais plutôt partie
11:35des privilégiés.
11:37C'est pour ça
11:37que je commence ce livre
11:38comme ça,
11:39je vais vous faire
11:39une confidence.
11:41Aujourd'hui,
11:41je suis un bobo.
11:43Mais justement,
11:43j'ai essayé
11:44de rester fidèle
11:45aux miens
11:47et à la sortie
11:48de l'école de journalisme,
11:50j'étais un peu
11:50en décalage
11:51avec à la fois
11:52la sociologie
11:53et l'idéologie
11:53des écoles de journalisme.
11:55À l'époque,
11:56les médias
11:57étaient massivement
11:59à gauche,
12:00beaucoup plus
12:00qu'aujourd'hui.
12:01J'aurais pu
12:02essayer
12:03de me fondre
12:03dans la masse
12:04et j'ai au contraire
12:05choisi d'être moi-même
12:06et je crois que ça m'a
12:07plutôt bien réussi.
12:09Je ne sais pas
12:09si je réponds
12:09à votre question.
12:11Par contre,
12:12ce qui est vrai
12:12sur les banlieusards,
12:15je parle de mes parents
12:16qui sont toujours
12:16dans leur pavillon
12:17de banlieue
12:17qui,
12:18quand ils l'ont acheté
12:19en 1978,
12:20étaient à Havre de Paix.
12:22En plus,
12:22ils faisaient les marchés,
12:23ils en avaient besoin
12:23pour mettre leur camion
12:24et tout autour,
12:26l'environnement
12:27s'est transformé.
12:28Et aujourd'hui,
12:28ils sont un peu piégés
12:29dans ce pavillon de banlieue
12:30parce que soit
12:31ils doivent aller plus loin,
12:32vous l'avez dit,
12:33à la campagne,
12:34mais loin de leurs enfants
12:35et dans une campagne
12:36qui a d'autres problèmes,
12:37qui n'a pas de service public.
12:39Soit ils sont piégés là,
12:40mais ils ne peuvent pas
12:41aller dans les grandes villes
12:43parce que le prix
12:43du mètre carré
12:44est inaccessible.
12:45Donc,
12:45c'est ce drame aussi
12:46des classes populaires
12:48qui deviennent étrangers
12:50dans leur propre pays
12:51que j'ai voulu raconter.
12:52Alexandre Devec,
12:53qui est au Novivion,
12:53côte à côte,
12:54aux éditions Fayard.
12:55Question de Gabriel Cluzeri.
12:56Oui,
12:57alors je vous écoute
12:58et je me dis qu'en fait
12:59il y a une différence
13:00avec le bouquin de J.D. Vance,
13:01c'est un petit peu
13:02en prolongement
13:02avec ce que dit Eric.
13:04C'est que finalement,
13:05si je prends l'analyse
13:06entre la France périphérique
13:08et la France métropolitaine,
13:11écoutez,
13:11les banlieues sont
13:12un petit peu favorisées
13:13par rapport au cours.
13:14Je suis désolée,
13:14je vous provoque encore un peu,
13:15mais ce qui vous a permis
13:18de faire ce parcours,
13:19finalement,
13:19c'est ce parcours égalité,
13:21cette prépa égalité des chances
13:23qui était offerte aux banlieues.
13:24Rapprochez-vous du migrant,
13:25ma belle.
13:26Des, aussi des liaisons,
13:28enfin pardon,
13:28mais des transports
13:30qui permettent...
13:31Exactement,
13:31je l'ai dit dans le livre.
13:33Vous voyez ce que je veux dire ?
13:33Donc, il y a une autre catégorie
13:35de petits blancs,
13:36si vous me permettez,
13:37c'est les petits blancs
13:37qu'on a vus défiler,
13:39vous voyez,
13:39devant l'Assemblée nationale
13:40qui sont en train de crever
13:42parce qu'ils sont agriculteurs
13:43et finalement,
13:44on se dit,
13:44quand on vit en banlieue,
13:46on a des opportunités
13:47qu'on n'a pas
13:47quand on est dans la France rurale.
13:49Mais je dirais que ça...
13:49Ça ne vous enlève rien
13:50de votre mérite.
13:51Alexandre de Vécu.
13:52D'ailleurs,
13:52le livre n'est pas fait
13:56pour exalter mon mérite.
13:59C'est fait pour raconter,
14:00au-delà de moi,
14:01un tableau sociologique
14:02qui est effectivement
14:03cette France
14:04des pavillons de banlieue
14:05qui voit son mode de vie,
14:09qui est dépossédé
14:09malgré tout
14:10de son mode de vie,
14:10qui subit
14:11l'insécurité physique,
14:12qui n'a pas ce problème-là
14:13dans les campagnes.
14:14Mais je dis effectivement,
14:16notamment,
14:17qu'il y a
14:17des médiathèques en banlieue,
14:19des cinémas,
14:20qui a énormément d'argent
14:21qui a été mis
14:22sur la politique
14:23de la ville
14:24et qu'effectivement,
14:25il y a les moyens
14:26de s'en sortir.
14:26C'est pour pas que je ne...
14:28Et on n'est plus près
14:29de la métropole.
14:30Et d'ailleurs,
14:30pour l'école de journalisme,
14:32il y a très peu
14:32de classes populaires
14:33dans les écoles
14:34de journalistes.
14:35Et moi,
14:36j'en fais partie,
14:37mais j'ai pu le faire
14:38parce que j'étais logé
14:39pas trop loin de Paris.
14:40Quand vous venez
14:41de la campagne,
14:42il faut faire un prêt
14:43pour faire un métier
14:44qui est ensuite précaire.
14:45Donc c'est impossible.
14:46Moi, je me comprenais beaucoup
14:46dans votre parcours
14:47parce que, voilà,
14:49moi, j'ai dû venir
14:50de la Guadeloupe
14:50et je vous assure
14:51que c'était très compliqué
14:52d'arriver dans une école
14:53de journalisme
14:54pour vous faire accepter,
14:55respecter,
14:56pour avancer,
14:57effectivement,
14:57pour garder son identité.
14:59Éric Tegner,
15:00je sais que vous avez
15:00des questions,
15:00mais moi aussi,
15:01j'ai plein de questions.
15:02Allez, allez,
15:03Éric Tegner,
15:03si on a un gamme
15:04à Alexandre Devecchio.
15:06C'est intéressant
15:06qu'on regarde votre parcours
15:07à Alexandre Devecchio
15:08et peut-être qu'il peut
15:09nous éclairer sur la politique
15:10parce qu'il y a une autre personnalité
15:11qui a à peu près
15:12un parcours similaire,
15:13c'est Jordan Bardella
15:14qui vient du 93
15:15que dans un autre ouvrage
15:17également,
15:18vous aviez écrit
15:18notamment sur cette génération.
15:20Comment vous le regardez
15:21de votre point de vue
15:23d'enfant
15:24qui vient de la banlieue
15:25et qui a accédé à Paris ?
15:25Je vais même vous faire
15:26une confidence
15:27et écrire dans le livre.
15:28On a été au même collège
15:29à 10 ans d'intervalle,
15:31d'ailleurs,
15:31qui a changé
15:33entre l'époque
15:34qui était la mienne
15:35et la sienne.
15:38Moi,
15:39c'est vrai qu'en plus,
15:41il a des origines italiennes.
15:42Jordan Bardella.
15:44Donc,
15:45d'une certaine manière,
15:46je ne peux pas m'empêcher
15:47de le regarder
15:47avec de la sympathie
15:49parce que je trouve ça bien.
15:51Contrairement à ceux
15:52qui disent
15:52qu'il n'a pas d'expérience,
15:54etc.,
15:55qu'ils le méprisent
15:55un petit peu,
15:57indépendamment
15:58de ce que je pense
15:58ou pas de sa politique,
16:00je trouve ça bien.
16:00C'est un symbole
16:01de méritocratie
16:02que quelqu'un
16:03qui vienne du 93,
16:06qui ne vient pas
16:07d'un milieu
16:07spécialement favorisé
16:08sans que ce soit Cosette,
16:09vous avez raison,
16:10de le rappeler,
16:12connaissent une telle ascension.
16:14Je trouve que c'est bien
16:14pour la France.
16:15Ça montre que la méritocratie
16:16fonctionne bien
16:17et que l'assimilation
16:18a bien fonctionné.
16:20Comme moi,
16:20c'est un enfant
16:21de la deuxième
16:21ou de la troisième génération,
16:22mais en tout cas,
16:23ses grands-parents
16:24doivent,
16:25ils ne sont sans doute plus là,
16:26mais s'ils regardent
16:27de la EO,
16:28ils doivent être assez fiers.
16:28En tout cas,
16:29on comprend bien
16:29dans votre livre,
16:30Alexandre Devecchio,
16:31« Nous vivions côte à côte
16:32chez Fayard »
16:33qu'à force de diversité,
16:34il n'y a plus de diversité.
16:35Ça,
16:35on le comprend bien.
16:36Page 51,
16:37Épinay-sur-Seine,
16:38en 1968,
16:39la proportion des jeunes
16:40d'origine étrangère
16:41était de 12%.
16:42En 99,
16:4356,5%
16:45dès 2005,
16:46les jeunes d'origine
16:47maghrébine,
16:47tuxérienne ou turque
16:48deviennent majoritaires
16:50dans la commune.
16:51Il y a une question
16:51que je voulais vous poser
16:52avant de marquer une pause,
16:53c'est que souvent,
16:55les jeunes issus
16:56de la troisième génération
16:58se disent
16:58« J'ai vu mon père
16:59ou mon grand-père
17:00comme votre grand-père
17:01qui est très touchant
17:02dans le livre,
17:03qui s'est assimilé,
17:04qui a oublié
17:05ses racines
17:06sans les oublier vraiment,
17:08mais qui n'a pas,
17:08qui n'en a pas,
17:10qui a voulu mettre
17:10sa nationalité française
17:13avant ses racines italiennes.
17:16Et aujourd'hui,
17:18comme si la troisième génération
17:20se dit
17:20« Moi, j'ai vu mon père
17:21et mon grand-père
17:21malgré cette volonté
17:23d'assimilation,
17:24malgré les efforts
17:24d'assimilation. »
17:25Les Antillais se disent
17:26la même chose,
17:27c'est ce que je vais vous dire.
17:28Ils se disent la même chose.
17:29J'ai vu des Antillais
17:29partir à l'époque,
17:30le bubidom, etc.
17:32Et puis,
17:32ils n'ont jamais pu trouver
17:33un appartement
17:34parce qu'ils étaient noirs.
17:35Ils n'ont jamais pu trouver
17:36un boulot
17:38parce qu'ils étaient noirs,
17:40etc.
17:40Et ils se disent
17:41« Moi, j'ai la rage. »
17:43Oui, mais je crois
17:43que ce ressentiment
17:44nous fait beaucoup de mal.
17:47La différence
17:47avec l'époque
17:48de mon grand-père,
17:49c'est que c'est une époque
17:50où on ne grattait pas
17:51sur les cicatrices,
17:52si vous voulez.
17:53Notre époque
17:54est une époque victimaire.
17:55Ça va au-delà
17:56de la question
17:57de l'immigration.
17:59Et je crois
17:59que c'est vraiment
18:00un cancer
18:00parce que ça empêche
18:01les individus
18:02d'avancer.
18:03On marque une pause
18:04et on revient
18:05sur ce côté victimaire
18:06que vous soulignez
18:07très régulièrement.
18:08Effectivement,
18:08on est maintenant
18:09dans ce moment,
18:11dans cette séquence victimaire.
18:12à tout de suite
18:12sur Europe 1
18:13avec Alexandre Devecchio.
18:14Récez bien avec nous.
18:15La suite de Christine Kelly
18:16et vous,
18:16c'est dans un instant.
18:17Vous réagissez,
18:18échangez avec notre invité
18:19Alexandre Devecchio
18:20au 01-80-20-39-21.
18:23A tout de suite
18:23sur Europe 1.
18:26Dernière partie
18:27de Christine Kelly
18:28et vous sur Europe 1
18:29à 12h45.
18:30Et toujours votre invité,
18:31chère Christine,
18:31Alexandre Devecchio
18:32pour son livre
18:33« Nous vivions côte à côte »
18:34paru aux éditions Fayard.
18:35Oui, on aimerait parler
18:36pendant tellement longtemps
18:38avec Alexandre Devecchio.
18:39Mais dans un instant,
18:40on va recevoir
18:41et avec Jean-Jacques Manceau
18:43qui est journaliste à Capital
18:44pour parler des meilleurs placements.
18:47Alexandre Devecchio,
18:48le mot de la fin
18:49sur votre livre
18:50« S'il fallait retenir une phrase,
18:51nous vivions côte à côte
18:52aux éditions Fayard ».
18:54Je ne sais pas
18:54s'il faudrait retenir une phrase
18:57mais en tout cas,
18:58le livre,
18:59c'est un livre
19:00pour les classes populaires
19:02et pour la démocratie.
19:03Et donc un livre
19:04pas pessimiste.
19:05On est passé malheureusement
19:06du côte à côte
19:07au face à face
19:07mais je crois
19:08qu'on peut encore en sortir
19:09si on écoute justement
19:11la voix des oubliés.
19:12Donc si,
19:13pour sortir de cette situation
19:15de pré-guerre civile,
19:16disons-le,
19:16il n'y avait qu'une seule chose à faire,
19:18je crois que ce serait
19:18redonner la parole
19:20effectivement
19:21à ces petits blancs de banlieue
19:22mais aussi
19:23à ces classes populaires
19:24de la France périphérique
19:26qui sans doute souffrent encore plus.
19:28Gabriel Cluzet
19:29a raison de le souligner.
19:31Et moi,
19:32je ne crois pas
19:32à un parti
19:32ou à un homme providentiel
19:34mais je crois
19:34au référendum.
19:36Je crois qu'il y a
19:36un certain nombre de questions
19:37que les élites
19:37ont voulu mettre
19:38sous le tapis
19:39et si on veut s'en sortir
19:40il faut interroger directement
19:43les Français.
19:43C'est le moyen
19:44de les remettre
19:45au cœur de la société.
19:46Merci beaucoup Alexandre
19:47de Vécu
19:48pour votre travail,
19:49pour votre regard
19:50et pour ce livre.
19:51Nous vivions côte à côte
19:53aux éditions Fayard
19:54et merci d'avoir été en direct
19:56sur Europe 1.
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