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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Sonia Mabrouk.
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin est le candidat de la gauche et des écologistes,
00:08Or LFI pour les municipales à Paris, il est également député PS de la capitale.
00:13Bonjour et bienvenue Emmanuel Grégoire.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être notre invité.
00:17Vous êtes donc engagé dans cette bataille des municipales, bataille déjà très tendue dans la capitale,
00:21notamment entre vous et Rachida Dati.
00:23Nous allons évidemment parler du fond tout au long de cet entretien, mais d'abord une précision.
00:26Elle vous dépeint, madame Dati, un candidat, je cite, du dépôt de bilan.
00:30Pendant des années, même lors du conseil de Paris, elle vous lançait en tant que premier adjoint d'Anne Hidalgo,
00:35ça va le stagiaire.
00:36Elle vous fait peur, la candidate ?
00:38Non, elle me fait ricaner au début et j'ai fini par m'enlasser.
00:42Ces deux phrases sont à l'image de ce qu'elle est, c'est-à-dire souvent de l'invective.
00:47C'est rarement argumenté, c'est souvent injurieux et je crois que ce n'est pas digne,
00:52ni pour une ministre, ni pour une candidate et encore moins pour une maire de Paris.
00:56Et sur le fond, Emmanuel Grégoire, est-ce que ce n'est pas difficile, voire impossible,
00:59pour vous d'incarner autre chose, justement, que le bilan d'Anne Hidalgo,
01:03d'autant que vos principaux partenaires, me semble-t-il,
01:05l'écologiste David Béliard et le communiste Yann Brossard,
01:08ont été également ses adjoints.
01:10En quoi vous n'êtes pas l'héritier et le porteur du passif de madame Hidalgo ?
01:14On est tous les porteurs d'une histoire.
01:16D'ailleurs, madame Datsy, elle est ministre d'Emmanuel Macron.
01:19Donc, elle est comptable du bilan.
01:21Et ce bilan, il est catastrophique.
01:23Au plan national, ils ont mis le pays en banqueroute, la ville de Paris.
01:26Elle va très bien sur le plan financier.
01:29Elle est toujours dans une situation d'excédent budgétaire.
01:33Elle va très bien.
01:33Nous avons financé des investissements massifs au service des Parisiennes et des Parisiens.
01:38Et moi, je suis très fier de l'histoire de la gauche à Paris depuis 2001,
01:41qui est une action en faveur du logement, en faveur du service public,
01:44en faveur des équipements de proximité.
01:46Les Parisiennes et les Parisiens le savent, le voient, en profitent.
01:49C'est ça qui est important, plus que le jugement de Rachida Dati.
01:52Donc, le bilan de madame Hidalgo n'est pas un boulet pour vous ?
01:54Au contraire, vous le mettez en avant ?
01:55Non, je le mets en avant.
01:57Il y a des choses qu'on a fait qui sont magnifiques.
01:59Non, pas du tout.
02:00Il y a des choses qui sont magnifiques.
02:01Est-ce qu'il y a des choses qui peuvent être faites mieux ?
02:04Oui, elle, c'est elle.
02:06Moi, je suis moi.
02:07J'ai une relation avec Anne Hidalgo qui a été faite de confiance et de travail en commun.
02:12Nos chemins ont divergé à un moment, et parce que je suis différent.
02:16J'entends faire valoir ces différences, mais je suis très fier de l'action de la gauche.
02:20On va en parler, Paris.
02:21Je fais une parenthèse, parce que vous m'avez dit que la Macronie, le gouvernement,
02:24a amené le pays à la banqueroute, et pourtant, ce sont les socialistes dont vous faites partie
02:28qui a sauvé le budget.
02:30Oui, mais on l'a fait au prix de concessions majeures au profit des Françaises et des Français.
02:36Ou de compromissions.
02:37Non, les compromis, ce n'est pas des compromissions.
02:39Tout le monde appelle en permanence les parlementaires à la responsabilité au dialogue
02:43et à juger sur l'intérêt supérieur du pays.
02:46Et dans le moment critique que nous connaissons, l'intérêt supérieur du pays,
02:49c'est qu'il est un budget, pas à n'importe quel prix.
02:52Donc nous avons demandé des concessions majeures.
02:54C'est la progression de la réforme des retraites, c'est la question de l'amélioration du pouvoir d'achat,
02:59c'est la question de la suspension du gel des barèmes sur un certain nombre de choses
03:03qui va concrètement se traduire par des dizaines d'euros pour des ménages qui en ont besoin.
03:08Eh bien, c'est cela, être socialiste, c'est aussi être utile au pays.
03:12Et nous l'assumons pleinement.
03:13Alors, je voudrais vous faire réagir à présent, Emmanuel Grégoire, à cette photo qui suscite la polémique.
03:17C'est une photo, je vais la décrire à nos auditeurs d'Europe 1,
03:20qui a été postée par Jean-Luc Romero, qui est adjoint à la mairie de Paris en charge des droits humains.
03:25Photo postée à bord d'un avion, dans le cadre, pas de n'importe quel déplacement évidemment,
03:29pour une visite des camps de la mort d'Auschwitz.
03:31On y voit notamment Anne Hidalgo, tout sourire, avec d'autres élus parisiens,
03:35comme la maire du 8e arrondissement.
03:38Le décalage est brutal.
03:39Comment vous avez réagi en voyant cette photo ?
03:42D'abord, j'ai vu les mois qu'elle a suscité.
03:44C'est évidemment une maladresse.
03:46Et je sais que Jean-Luc Romero en est hautement conscient,
03:48qu'il en était mortifié et qu'il l'a effacé.
03:51C'est d'abord un voyage important, puisque c'est un voyage annuel qui est fait.
03:55Personne ne le remet en cours.
03:57Exactement.
03:57Donc d'abord, je dis que j'honorerais cette tradition de la mémoire
04:02en faisant le même déplacement chaque année comme maire de Paris.
04:06Et ensuite, il y a des moments où on fait des maladresses, on en convient.
04:10La photo a été supprimée.
04:12Et voilà, je crois que là n'est pas l'essentiel.
04:14Mais le budget, comment dire, le budget de la communication de Paris,
04:18je suppose que quand même, il est important.
04:20Et je suppose que quand on publie une telle photo, quand même,
04:23quelqu'un peut lever le doigt en disant, excusez-moi, je crois que c'est indécent.
04:26C'est exactement ce qui a été fait.
04:29Donc quand il a atterri, il s'en est rendu compte.
04:31Il s'est rendu compte de son erreur.
04:33Il l'a supprimée.
04:34Et voilà.
04:35Revenons à la campagne, Emmanuel Grégoire et à vos éventuels alliés,
04:38d'ailleurs, ou adversaires.
04:40Vous affirmez, il faut vous le reconnaître depuis le début de la campagne,
04:42qu'il n'y aura pas d'alliance, d'incointance avec la France insoumise,
04:47surtout en vue du second tour.
04:50Vous dites ce matin qu'on ne ferait pas d'appel du pied à LFI,
04:52quoi qu'il arrive, quoi qu'il vous en coûte ?
04:55Sophia Chikirou, elle a fait sa première interview de candidate
04:58pour dire qu'il ne fallait plus de maire socialiste à Paris.
05:01Qui veut-elle comme maire à Paris ?
05:02Sarah Knafo ou Rachida Dati ?
05:05Et donc, voilà, nous, on trace notre route.
05:07On a fait une vaste union.
05:08Vous voulez dire que Madame Chikirou roule pour Madame Dati ?
05:10Oui, oui, je le pense.
05:11Je le pense sincèrement.
05:12Elles se connaissent très bien.
05:14Elles échangent régulièrement.
05:15Rachida Dati, elle a même dit dans une interview...
05:17Elle a démenti ici même, à l'agriculture.
05:18Oui, mais elle l'a dit de façon assez curieuse.
05:21Elle a dit, nous n'échangeons pas sur la situation à Paris
05:23avant de compléter.
05:24Oui, enfin, on n'échange pas du tout.
05:25Tout le monde sait leurs relations,
05:27tout le monde sait leurs incointances,
05:29y compris avec la justice, d'ailleurs.
05:31Et donc, voilà, je vois un peu la brutalité de LFI
05:35vis-à-vis de la gauche en général
05:37et du Parti socialiste en particulier.
05:39Moi, ce que je veux dire,
05:40c'est qu'on a construit une union qui est très large.
05:43On a pour objectif de faire le score le plus important
05:45possible le soir du premier tour.
05:46Donc, c'est non définitif, quoi qu'il arrive.
05:47Oui, oui, mais...
05:48Même si vous avez...
05:49Chaque jour, la question m'est posée.
05:50Oui, mais...
05:51Plus vous allez avancer vers éventuellement...
05:52J'y réponds méthodiquement chaque jour.
05:54Pourquoi vous pose la question, M. Grégoire ?
05:55Vous avez une ex-mélenchoniste,
05:57je ne vais pas rentrer dans le détail des lisses,
05:59en la personne de Daniel Simoni,
06:00de construire de l'homme...
06:00Mais il faut qu'elle a rompu,
06:01qu'elle a rompu avec Jean-Luc Mélenchon.
06:03Elle a rompu.
06:04Elle porte quand même ses idées.
06:05Je pense qu'elle ne renie pas ses idées.
06:05Non, mais...
06:06Elle ne renie pas ses idées.
06:07Mais la question, c'est qui est capable
06:10de faire des efforts au profit de l'Union de la gauche ?
06:12Mélenchon ne le peut pas.
06:14Tous ceux qui m'accompagnent le peuvent.
06:15Et d'ailleurs, je leur en suis reconnaissant.
06:17Et nous, on essaie de faire de cette diversité
06:19une force collective
06:20dans laquelle chacun apportera sa pierre.
06:23Et puis, l'idée de mettre cette énergie
06:25au service des Parisiennes et des Parisiens
06:26et pas d'être coincé dans les petites bisbilles de parti.
06:29Et au service d'un projet que vous défendez.
06:31Alors, dans ce projet, on va prendre quelques éléments.
06:33C'est aussi 25 kilomètres, dites-vous, de balade en bord de Seine.
06:37C'est une proposition qui a fait beaucoup réagir.
06:40Avant de la détailler, M. Grégoire,
06:41votre réaction à ce qu'a proposé Sarah Knafo ?
06:44Donc, rouvrir les voies sur berge aux voitures.
06:47Des voies, je le rappelle, fermées sous la mandature d'Anne Hidalgo
06:50tout en créant, dit-elle, une grande promenade piétonne.
06:53Son projet a reçu, par exemple,
06:54un sentiment de personnalités comme Laurent Dutch
06:57dont on connaît la passion pour l'histoire et pour les villes.
06:59Qu'en pensez-vous ?
07:00Et comment vous qualifiez la candidate Sarah Knafo ?
07:03Alors, d'abord, j'aime bien parler du fond.
07:05Donc, cette proposition, au moins le mérite d'exister,
07:07parce que contrairement à Rachida Dati,
07:09Sarah Knafo met sur la table un certain nombre d'idées.
07:12Cette idée est absurde à plusieurs égards.
07:18Le premier, c'est sur le plan patrimonial.
07:20Il est impossible matériellement de faire ça,
07:21tout simplement parce qu'en sous, c'est des berges sur en blé.
07:23C'est-à-dire que ça ne tiendrait pas le poids.
07:25C'est impossible.
07:26Dites-moi, dans le pays, dans la ville d'Osmane ?
07:28Oui, mais pas pour le budget de 60 millions d'euros qu'elle évoque.
07:33Ça, c'est sûr.
07:34C'est des centaines de millions d'euros.
07:35Deuxièmement, il ne serait pas possible, sur le plan juridique, de le faire,
07:38puisque c'est un site qui est protégé par tous les plus grands classements,
07:42classements UNESCO, la question du classement patrimonial.
07:45C'est du pastiche qui donne aucun sens.
07:47Et le plus grave, c'est que nous avons fait reculer de façon majeure la pollution à Paris.
07:53Là, vous feriez revenir...
07:54Contestez-vous par des études, M. Grégoire ?
07:55Non, non, aucune étude, aucune étude...
07:57Vous n'allez pas me dire que c'est...
07:58Comment ça ?
07:59Madame Mabrouk, aucune étude sérieuse, aucune étude cernieuse, aucune, aucune...
08:04Ah, sérieuse, d'accord.
08:05Aucune...
08:06Non, non, non, aucun doute là-dessus.
08:09Aucune étude ne conteste la baisse de la pollution dans le cœur de Paris,
08:13en particulier sur cet axe-là.
08:14Aucune, non, non, ce n'est pas vrai.
08:15D'ailleurs, il y a même une étude qui vient de sortir qui dit que les embouteillages ont baissé,
08:18baissé, qui est un classement national.
08:20Déplacé en drone ou quoi, M. Grégoire ?
08:22Non, non, non, je me déplace en métro et en vélo, mais moi, je me fie à la science.
08:26Et la science, elle montre que la pollution a baissé, que la circulation a baissé,
08:31que même les congestions, les embouteillages ont baissé.
08:34Voilà, c'est ça la réalité.
08:35Et je mets au défi quiconque de sortir des études qui montreraient le contraire.
08:39Donc, faire revenir la pollution au cœur de Paris serait une grave faute historique.
08:44Pourquoi la voiture égale pour vous, pollution ?
08:46Pourquoi cette guerre déclarée aux voitures ?
08:48Pourquoi toujours la même volonté, et dites-moi si c'est le cas, M. Grégoire,
08:51de tout rendre piéton ?
08:52La même politique d'éjecter, si je puis dire, les banlieusards et les classes moyennes
08:57en dehors de la capitale et de Paris ?
08:59Ne mérite-t-il pas aussi d'être là ?
09:00Tout à fait. Je me bats pour le Grand Paris.
09:02Je me bats pour le droit de tous de profiter de cette ville.
09:05Le droit à vivre la ville est quelque chose d'essentiel,
09:07qu'on y habite ou qu'on vienne y travailler tous les jours.
09:10Simplement, l'immense majorité d'entre eux viennent en transport en commun, d'abord.
09:13En transport en commun.
09:14Et tout ce qui facilite la transition vers les transports en commun est essentiel,
09:18parce que ça permet de lutter contre la congestion
09:21et, d'une certaine manière, de mieux répartir l'espace public.
09:23L'objectif n'est pas de faire la guerre à la voiture.
09:25L'objectif, c'est de mieux partager l'espace public
09:27entre piétons, cyclistes, les bus, les voitures.
09:30Et notamment de prioriser les usages de la voiture
09:33à ceux qui ne peuvent pas faire autrement.
09:35Je pense aux personnes à mobilité réduite,
09:37je pense aux personnes âgées,
09:38je pense évidemment aux professionnels qui ont besoin de voitures
09:42et qu'on puisse accompagner tous ceux
09:44qui peuvent avoir recours au transport en commun
09:46est vertueux pour tout le monde.
09:47Donc vous n'êtes pas le candidat anti-voiture ?
09:49Je suis le candidat du partage de l'espace public,
09:52de la lutte contre la pollution
09:53et d'une meilleure cohabitation de tout cela dans l'espace.
09:56Et êtes-vous le candidat de la bienveillance ?
09:58Parce que je vous ai posé la question
09:59comment vous qualifiez la candidate Sarah Knafo.
10:02Que diriez-vous ?
10:03Moi, je suis un candidat qui veut remettre de l'apaisement dans la ville.
10:09J'entends.
10:09Mais comment vous la qualifiez ?
10:10Moi, je suis de gauche.
10:11D'abord de gauche.
10:11Ça ne m'a pas échappé.
10:12Oui, c'est pas bien.
10:13C'est bien que vous en receviez tout le temps.
10:15Merci de souligner cette pertinence.
10:17Je suis le candidat de la gauche sociale et écologique.
10:20Nous considérons qu'il faut protéger la mixité sociale.
10:23Nous voulons protéger les plus fragiles.
10:25Nous devons promouvoir des politiques
10:26qui permettent des logements pour tous
10:28et des logements moins chers.
10:29Comment vous qualifiez le positionnement politique
10:30de madame Sarah Knafo ?
10:32C'est une candidate d'extrême droite.
10:34Il ne suffit pas de mettre du jaune
10:35et de s'appeler la ville heureuse
10:37pour faire oublier ses turpitudes.
10:38Je le dis, ce sont des adversaires politiques
10:40les plus durs que nous ayons à affronter à Paris.
10:45Parce que derrière l'image de modernité
10:48qu'elle entend se donner,
10:48y compris qui peut regardiser un peu Rachida Dati,
10:51se cache tout ce contre quoi je me suis engagé
10:54dans la vie politique.
10:55C'est l'extrémisme, c'est l'intolérance,
10:57c'est la caricature, c'est des condamnations
10:59à plusieurs...
11:00Oui, ce n'est pas moi qui suis remonté à Vichy et Pétain.
11:02C'est Éric Zemmour, le compagnon de Sarah Knafo
11:05et le chef de son parti,
11:06qui a dit que Pétain avait sauvé des Juifs
11:08mais à quel moment,
11:09à quel moment on installe cette idée
11:11dans une forme de banalité
11:12pour laquelle il a été condamné.
11:14Il a été plusieurs fois condamné
11:16pour incitation à la haine raciale.
11:18Et donc, je ne peux pas oublier ça.
11:20Et donc, ce sont des adversaires absolus
11:22des raisons pour lesquelles je me suis engagé en politique
11:25et des raisons pour lesquelles je veux porter
11:26un autre modèle pour Paris.
11:28C'est un modèle de tolérance,
11:29de bienveillance et d'humanisme.
11:30J'entends que vous la renvoyez à Pétain et Vichy,
11:33elle répondra,
11:34mais est-ce que tout le monde va être renvoyé ainsi
11:35à ses fidélités passées, Emmanuel Grégoire ?
11:37Est-ce que dans ce cas-là, elle même peut vous dire...
11:39J'espère, au moins, ses fidélités actuelles.
11:40François Mitterrand, moi, je ne vais pas rentrer
11:42dans le débat historique.
11:43Écoutez, Pétain et Vichy...
11:45Je n'ai pas de relation personnelle
11:47avec François Mitterrand.
11:48Vous avez une filiation socialiste à assumer.
11:49Mais bien sûr, mais bien sûr.
11:50Mais enfin, vous connaissez le travail des historiens
11:51sur ce cas.
11:53Ce sont les toutes jeunes années
11:55de François Mitterrand.
11:57Ça ne l'a jamais empêché, après,
12:00de devenir le candidat de la gauche
12:01et de construire son émancipation
12:03dans des engagements à gauche.
12:04Donc, oui, on peut revenir à beaucoup plus loin encore.
12:07Mais je pense qu'Éric Zemmour
12:08est plus proche de Sarah Knafo
12:10que je ne le suis historiquement
12:11de la France 6 que de François Mitterrand.
12:12Enfin, c'est un commentaire personnel.
12:14Alors, l'un des sujets...
12:15On continue à évoquer les sujets de fonds,
12:16Emmanuel Grégoire.
12:17C'est, dans la capitale, évidemment,
12:18l'hébergement.
12:19Je vais d'abord démarrer,
12:20si vous le voulez bien,
12:20par l'hébergement d'urgence.
12:22En partie, dites-moi si vous êtes d'accord,
12:24occupé par des migrants illégaux,
12:25comme l'a dit ici même
12:26l'ancien ministre du logement,
12:28Guillaume Gasbariant.
12:29Ce qui a des conséquences,
12:30dit-il, pour les sans-abris.
12:32Est-ce que vous estimez
12:32que vous êtes impuissant
12:34ou peut-être même, au fond,
12:35favorable à une telle situation ?
12:37Non.
12:37D'abord, je ne sais pas
12:38quelle est la différence
12:39entre un sans-abri
12:40avec des papiers et sans papiers.
12:41Ce sont des sans-abris
12:42qui dorment sous les ponts
12:43et il n'y a pas plus d'humanité
12:45dans un cas que dans l'autre.
12:47Et donc, j'ai une approche
12:47un peu universelle
12:49de la solidarité
12:50et de la bienveillance.
12:51Et d'ailleurs,
12:52c'est la grave responsabilité
12:53du gouvernement.
12:55C'est de ne pas appréhender ce sujet
12:57comme un problème
12:57de détresse humanitaire
12:59et de ne pas suffisamment
13:01dimensionner les structures
13:03de prise en charge.
13:04Tout le monde doit être mis à l'abri.
13:05C'est une question de dimension
13:07ou, malgré l'humanité
13:08qu'on peut avoir,
13:09quelqu'un qui est en situation illégale
13:12n'a pas à être sur le territoire
13:13et donc ce qui a les papiers
13:14devrait être, par définition,
13:16dans un état de droit prioritaire ?
13:18D'abord, ils le sont.
13:20Vraiment ?
13:21Bien sûr qu'ils le sont.
13:22Bien sûr qu'ils le sont.
13:23Pourquoi ?
13:23D'après l'ancien ministre du Logement,
13:25c'est l'inverse, apparemment.
13:27Ce sont vraiment les migrants illégaux
13:28qui occupent...
13:29Non, je pense qu'ils ne connaissent pas
13:31la situation.
13:33La ministre du Logement,
13:33c'est préoccupant alors ?
13:34Oui, c'est préoccupant.
13:35En même temps, on va lui reconnaître
13:36qu'il ne l'est pas resté très longtemps.
13:38La réalité, c'est qu'il manque des places.
13:40Je ne dis pas que l'État ne fait rien.
13:42Il y a des places d'hébergement d'urgence
13:43partout sur le territoire national.
13:45Mais il en manque suffisamment
13:46pour qu'il y ait à peu près à Paris
13:483 500 personnes qui sont à la rue.
13:51Et ce que je veux dénoncer,
13:52c'est l'imposture de l'extrême droite,
13:53d'ailleurs, de ce point de vue-là.
13:54Pourquoi ?
13:55Parce que quand on refuse
13:56de les mettre à l'abri,
13:57eh bien, ils sont dans la rue.
13:59Ils ne proposent rien de concret.
14:01Et pour reprendre les mots horribles
14:03de Darno Carcelbière...
14:03Ils proposent de les expulser.
14:05Oui, effectivement.
14:06Qui a parlé d'oral.
14:07Ils proposent, mais ils n'y arrivent pas.
14:08Ils sont au gouvernement.
14:08Ils sont en responsabilité.
14:10Rachida Dati, elle est ministre...
14:11Vous êtes pour l'expulsion alors
14:12des illégaux ?
14:13Moi, je suis pour l'application du droit.
14:16Mais ce que je dis,
14:16c'est qu'on sait que l'État
14:17est incapable de les expulser.
14:19Incapable.
14:19Je ne comprends pas.
14:20Rachida Dati...
14:21Vous dites que l'État devrait davantage
14:23expulser les migrants illégaux ?
14:24Moi, je dis que l'État devrait faire
14:26avec un principe de réalité.
14:28Il ne sait pas expulser les sans-papiers.
14:31Il ne sait pas le faire.
14:32Et Rachida Dati,
14:33qu'elle ne vienne pas nous donner des leçons,
14:34elle est ministre du gouvernement.
14:35Si elle savait le faire,
14:36qu'elle se mette à la tâche
14:38puisqu'elle est ministre du gouvernement.
14:39Pardon, sur les OQTF, par exemple,
14:41qui est quand même un sujet...
14:42Mais comment vous faites
14:43quand certains pays,
14:45semble-t-il l'Algérie,
14:46changent de ton ?
14:47Mais comment vous faites ?
14:47Vous avez, vous, une baguette magique ?
14:49Oui, vous les prenez en charge
14:50et vous les hébergez puisqu'ils sont là.
14:53Parce que vous préférez les laisser dans la rue ?
14:54Mais attendez, ne me prenez pas sur ce ton-là.
14:56Mais monsieur a un budget infini, alors ?
14:59Ce n'est pas un budget infini.
15:00On parle de 3500 personnes à Paris.
15:01Donc vous y arrivez ?
15:02Ce serait facile d'y arriver.
15:04Avec de la volonté politique,
15:05ce serait facile d'y arriver.
15:07Ce que je reproche,
15:09c'est que l'État n'accepte pas
15:11de les prendre en charge précisément
15:12parce que beaucoup d'entre eux
15:13sont sans-papiers, sont sans-papiers.
15:15Et certains OQTF, quand même,
15:16ce qui pose un problème de dangerosité,
15:18vous le reconnaissez ?
15:19Non, pas du tout.
15:20Si les OQTF représentent une dangerosité,
15:23c'est à la justice d'en décider
15:25et de protéger la société.
15:26Mais tous les gens qui sont sous OQTF...
15:28La justice ne peut pas.
15:29Elle délivre le papier d'obligation
15:31de quitter le territoire
15:32et après, c'est à l'État de les...
15:33Le critère d'OQTF n'est pas basé
15:35uniquement sur un critère de dangerosité.
15:37Je vous parle de ceux qui sont dangereux.
15:38Ils existent.
15:38Ceux qui sont dangereux, pardon,
15:40ils sont pris en charge et en prisonniers.
15:43Mais non, mais vous le savez très bien,
15:46Ancras, en centre de rétention administrative,
15:47vous-même, en tant que député,
15:48vous avez voté contre le maintien...
15:52C'est surtout le Conseil constitutionnel,
15:53parce que nous, on a fait un recours.
15:55C'est le Conseil constitutionnel,
15:55pas uniquement les députés de gauche.
15:57Vous étiez contre, si je puis dire,
15:58le maintien Ancras.
15:59En fait, on n'est pas d'accord,
16:01mais vous résumez assez bien le problème.
16:04On a des OQTF,
16:06on a une politique migratoire
16:07qui est extrêmement restrictive.
16:08L'État n'est pas capable de la mettre en œuvre.
16:10Donc, résultat,
16:10ils laissent des pauvres gens dans la rue,
16:12les exposant au plus grand danger
16:13pour eux-mêmes et pour les autres.
16:15Et d'une certaine manière,
16:15quand Rachida Datif vient faire
16:17ces petites vidéos
16:17de personnes qui sont à la rue,
16:20elle se moque du monde.
16:21Elle se moque du monde
16:21parce qu'elle ne propose rien
16:22pour résoudre cela.
16:23Moi, j'ai une proposition à formuler.
16:25C'est qu'on met les gens à l'abri,
16:27on leur propose des parcours d'insertion
16:29et ces gens,
16:30pour l'immense majorité d'entre eux,
16:31ne demandent qu'une chose,
16:32c'est à être formés,
16:33et souvent, ils le sont déjà,
16:34et à pouvoir travailler.
16:36Je veux dénoncer l'imposture
16:38qui est proposée.
16:39Et d'ailleurs,
16:39moi, j'ai entendu ces mots
16:40qui m'ont glacé le sang hier.
16:43Quand Arnaud Karsfeld dit,
16:45faisant référence à la politique de ICE,
16:47de la police des frontières,
16:49il a parlé de Raph.
16:49C'est le fils,
16:50précisons-le pour ceux qui,
16:51voilà, à nos auditeurs,
16:52à Télésplicateur,
16:53le fils de Serge et Béat Karsfeld.
16:55Venant de lui,
16:56ça a provoqué une indignation très forte.
16:57Entendre un Karsfeld
16:58utiliser avec une forme de légèreté
17:00ce mot m'a glacé le sang.
17:01M'a glacé le sang
17:01et j'appelle à une prise de conscience
17:04sur la gravité
17:04de ce qui est en train de se produire.
17:06Moi, vous savez,
17:07j'ai une approche pragmatique des choses.
17:09Il y a des problèmes.
17:10On essaye de les régler
17:11du mieux qu'on peut.
17:12Et donc,
17:12quand il y a des gens
17:13qui dorment dans la rue,
17:14on les met en abri
17:14et en particulier les enfants.
17:15J'ai pris un engagement
17:16qu'il n'y ait plus d'enfants
17:17qui dorment à la rue en 2026.
17:20J'imagine que ça, au moins,
17:21tout le monde sera d'accord.
17:22Tout le monde est d'accord.
17:23Mais que ne l'avez-vous fait ?
17:25Mais parce que ce n'est pas
17:25la compétence de la ville.
17:27Mais vous étiez adjoint
17:28de Mme Hidalgo.
17:28Aujourd'hui, vous promettez
17:29zéro enfant.
17:30Qui peut le croire ?
17:31Ce n'est pas ceux qui m'écoutent.
17:34Je le mettrai en oeuvre.
17:35Mme Hidalgo pouvait le faire.
17:37Oui, mais encore une fois,
17:38c'est un sujet de relation à l'État.
17:39Ce n'est pas le rôle des communes
17:41de faire ça.
17:42Ce n'est pas le rôle des communes.
17:43Alors, on peut reprocher tout
17:44aux maires qui sont en place.
17:45Mais moi, c'est un engagement
17:46personnel que je prends.
17:48Ce n'est pas celui d'Anne.
17:49C'est le mien.
17:50Et je le mettrai en oeuvre
17:51pour les enfants
17:51dès l'été 2026.
17:53Mais parce que c'est facile
17:54d'une certaine manière.
17:55C'est le rôle de l'État.
17:56L'État ne le fait pas.
17:57Je le ferai.
17:58Vous ferez zéro enfant dans la rue.
18:00Zéro enfant à la rue
18:01à l'hiver 2026, oui.
18:04J'espère qu'on se retrouvera.
18:05J'espère que vous serez là
18:06pour m'accueillir de nouveau
18:07comme mère.
18:08N'est-ce pas ?
18:09Alors, parlons des enfants
18:10parce que sur les enfants,
18:11justement, avant-hier,
18:12Rachida Dati vous a interpellé.
18:14De manière assez rude
18:16et vive.
18:17Et je pense que vous ne pouvez
18:18pas ne pas y répondre.
18:1952 animateurs ont été suspendus
18:21pour agressions sexuelles
18:22et viols
18:23dans le périscolaire à Paris.
18:25Rachida Dati a mis en avant
18:26dans son programme,
18:27dit-elle,
18:27des mesures d'urgence
18:28pour des contrôles renforcés,
18:29des binômes obligatoires.
18:30Et elle a lancé ceci
18:31qu'attend la gauche
18:32de M. Grégoire pour le faire.
18:34Que lui répondez-vous ?
18:35Parce que là,
18:35s'il y a inaction
18:36sur un tel sujet,
18:37c'est grave.
18:37Alors, il n'y a pas d'inaction
18:38puisqu'elle fait mention
18:39de cas sur lesquels
18:40il y a eu des suspensions,
18:41etc.
18:42D'abord,
18:43la situation ne va pas.
18:44La situation ne va pas
18:45parce qu'il y a des cas
18:47qui sont remontés
18:48qui ont montré
18:48que 1,
18:49des procédures
18:50n'étaient pas correctement appliquées
18:51et 2,
18:52qu'il y avait sans doute
18:53à revoir un certain nombre
18:54de procédures
18:54pour être encore plus efficaces.
18:56Nous avons en matière
18:56de protection des enfants
18:58une obligation de résultat.
19:01C'est un engagement
19:02qui est extrêmement cher
19:03à mon cœur
19:04et donc,
19:05on a annoncé
19:05toute une série de mesures.
19:07Certaines ont d'ores et déjà
19:08été mises en place
19:09par la ville.
19:10Honnêtement,
19:11c'est un problème
19:11qui touche la société
19:13toute entière.
19:14Pourquoi elle vous fait
19:14ce procès personnellement ?
19:16Parce que je suis son adversaire
19:18et voilà,
19:18c'est un peu...
19:19Rachida Dati,
19:20elle a quand même
19:21une tendance assez facile
19:22à attaquer tout le monde
19:24très brutalement
19:24sans s'embarrasser
19:26des subtilités
19:27et des sujets.
19:28Depuis tout à l'heure,
19:29non plus.
19:30Oui,
19:30mais moi,
19:31je réponds,
19:32je n'attaque pas.
19:33Moi,
19:34je consacre
19:34l'essentiel de mon énergie
19:36à présenter un programme
19:37que nous voulons pour Paris.
19:39Je ne passe pas mon temps
19:40à avoir des invectives
19:41pour les adversaires,
19:41mais après,
19:42elle fait ce qu'elle veut
19:43et les Parisiens
19:44et les Parisiens
19:45choisiront.
19:46Mais la protection
19:46de l'enfance
19:47est un sujet majeur
19:48de mon engagement
19:48et j'ai pris des...
19:50Voilà,
19:50on a annoncé des mesures
19:51très fortes en la matière
19:52pour améliorer la situation.
19:54Nous avons une obligation
19:55de résultat.
19:56Là encore,
19:57on fera un bilan d'étape
19:59si vous êtes
20:00à la mairie de Paris.
20:01Oui,
20:02et je le dis d'ailleurs
20:03que c'est un sujet
20:04qui touche la société
20:05tout entière
20:05et je tiens à saluer
20:06vos mots
20:07sur votre collègue
20:08Morandini
20:09qui a été condamné
20:11pour
20:12s'être attaqué
20:14à des mineurs.
20:15c'est gravissime.
20:17Je ne comprends pas
20:18qu'ils puissent rester
20:19en fonction
20:19et je tiens à saluer
20:20votre prise de position.
20:21Je la crois courageuse
20:22et nécessaire.
20:23Avec d'autres,
20:23on a parlé à mes consciences.
20:25Merci d'avoir répondu,
20:26Emmanuel Grégoire.
20:26C'était la première fois
20:28me semble-t-il
20:28lors du grand entretien.
20:30J'espère une prochaine fois.
20:32Merci.
20:32Merci à vous.
20:33Merci Emmanuel Grégoire.
20:34Merci Sonia Mabrou.
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