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Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Sonia Mabrouk.

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Transcription
00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin, est le député socialiste Jérôme Guedj.
00:07Bonjour et bienvenue.
00:08Bonjour, Sadia Babrouk.
00:09Merci de votre présence.
00:10Alors, essayons de résumer la situation politique qui est la nôtre.
00:12Le gouvernement va donc passer M. Guedj en force en imposant le budget sans vote via le 49-3.
00:17Le tout en sauvant sa tête grâce à la clémence et la non-censure du PS.
00:22Au final, parlement contourné, budget décrié, français jamais consulté.
00:26Est-ce que vous êtes satisfait ?
00:27Je ne suis pas satisfait du fait qu'il y ait un recours au 49-3.
00:31Parce que ce n'est pas l'outil qui atteste d'une maturité démocratique.
00:37J'aurais préféré que sur ce budget, on puisse faire ce qui s'est passé sur le budget de la sécurité sociale.
00:43Parce qu'il faut regarder les choses telles qu'elles sont.
00:45Le Premier ministre s'était engagé, à notre demande, je le reconnais, à se dispenser du recours au 49-3.
00:51C'est-à-dire à cet outil qui, lors des précédents gouvernements, rappelez-vous,
00:55quand Elisabeth Borne le dégainait tous les trois jours, si j'ose dire,
00:59il n'y avait même pas de discussion de la totalité des articles d'un budget.
01:03Le fait qu'il n'y ait pas eu cette épée de Damoclès a permis au débat de se dérouler à l'Assemblée nationale.
01:09Pour la première fois, on a même fait une seconde lecture, ce qui n'était pas arrivé depuis avant 2022.
01:14Et ça a permis de voter le budget de la sécurité sociale.
01:18Donc ça a été utile de renoncer au 49-3.
01:21Simplement, l'intransigeance d'un certain nombre de groupes politiques à l'Assemblée nationale
01:24a fait que la logique du compromis, que nous, socialistes, avons accepté de mettre en œuvre...
01:29Compromis ou compromission ?
01:30Mascarade plutôt, M. Gage ?
01:32Écoutez, quand on débat, quand on dialogue, écoutez, rien que ça, rien que le fait de discuter,
01:37de sortir du confort de la posture qui consiste à dire, j'ai raison tout seul,
01:41moi j'ai la lucidité de voir ce qu'est la réalité de l'Assemblée nationale.
01:44Il n'y a pas de majorité.
01:46Et donc c'est vrai que c'est confortable de se dire,
01:48eh bien, il faut renverser le gouvernement, il faut une dissolution,
01:51il faut une démission du président de la République.
01:53Sauf qu'en attendant, qu'est-ce qui se passe ?
01:54S'il n'y avait pas eu cette négociation,
01:57le gouvernement aurait imposé, par ordonnance ou par un 49-3, des mesures injustes.
02:01Et moi, sur le fond, parce que là on a parlé du tuyau, le 49-3,
02:05mais moi ce qui m'intéresse, c'est est-ce que ce budget a évité les mesures les plus injustes sur nos concitoyens ?
02:11Je vais y venir, mais la tuyauterie, si je puis dire, est importante,
02:13parce qu'elle engage vos promesses quand même.
02:15Je vais rappeler que Sébastien Lecorni avait promis de renoncer au 49-3,
02:18et surtout pour vous, pour vous Jérôme Gage, pour le parti solide,
02:21c'était un motif de censure, c'était une ligne rouge qui est devenue jaune,
02:24qui est devenue ensuite sans couleur et sans saveur.
02:26Comment vous expliquez ce matin à ceux qui nous regardent, qui nous écoutent, votre changement de pied ?
02:30Je viens de vous le dire avec honnêteté,
02:32le fait qu'il n'y ait pas eu de 49-3 dès le début du processus a permis d'engager cette discussion,
02:38et, je le dis sincèrement, de réaliser cet apprentissage de quelque chose qui est étranger à la culture française.
02:44La béquille du macronisme ?
02:45Non, ce n'est pas ça. C'est une culture de compromis qui est nécessaire quand il n'y a pas de majorité.
02:51Le jour où il y aura une majorité à l'Assemblée nationale, on reviendra à une majorité qui décide toute seule,
02:56et une opposition qui joue son rôle en espérant l'alternance à l'élection d'après.
03:02Aujourd'hui, il n'y a pas de majorité.
03:03Et donc, cet apprentissage du compromis qui est très étranger à la tradition française,
03:08on l'a fait sur le tas.
03:10Ça a été chaotique, ça a été parfois un peu foutraque, je le reconnais,
03:13mais on a posé des graines pour quelque chose, je le dis, qui nous servira durablement dans la vie politique française.
03:19Parce que je pense que dans la vie politique française, il faut qu'on sorte de cette tyrannie de la majorité
03:24dans laquelle on pense avoir raison tout seul.
03:24Dans la vie politique française, les oppositions peuvent s'opposer.
03:27Elles peuvent vouloir une motion de censure.
03:28Elles peuvent même vouloir renverser un gouvernement sans être des agents du chaos ni des saboteurs en chef.
03:34Pourquoi vous semblez accuser le RN et LFI d'être des agents, finalement, de la déstabilisation ?
03:39Mais parce que, quelle est l'alternative attendue ?
03:41Le fait qu'il n'y ait pas de budget avec la fragilisation ?
03:43Retournez aux urnes.
03:45Je vais y venir.
03:45Mais d'abord, regardons la situation dans laquelle on est.
03:48Le fait qu'il n'y ait pas eu de budget avant le 31 décembre,
03:50c'est qu'on est aujourd'hui sous un dispositif de loi spéciale
03:52qui est extrêmement fragilisateur pour les entreprises, pour les associations,
03:57pour les collectivités locales, pour les ménages.
03:59Non, il ne faut pas que ça dure.
04:00Parce que durer, c'est reconduire, par exemple,
04:02les dispositifs fiscaux de l'année dernière
04:05et empêcher les moyens qui doivent être dégagés
04:08pour un certain nombre de services publics.
04:09Et puis, j'ajoute un argument.
04:11On va probablement parler tout à l'heure de situation internationale.
04:14La loi spéciale, c'est l'impossibilité de mettre en oeuvre
04:17ce qui a fait consensus à l'Assemblée nationale,
04:19qui est le renforcement des moyens de la défense nationale,
04:22et notamment sur les deux années qui viennent.
04:23En gros, ce n'est pas une forme de chantage.
04:25On peut l'entendre.
04:25Ce n'est pas du chantage, non.
04:26Vous reprenez d'ailleurs les mêmes éléments que le Premier ministre.
04:29Mais écoutez, il y a eu un débat
04:30qui a été organisé pour partie à notre demande
04:33sur les enjeux de la politique de défense.
04:36Et on a constaté, et moi je m'en félicite,
04:38qu'il y a un consensus à l'Assemblée nationale très large,
04:40plus de 450 députés, je crois,
04:42qui ont soutenu le débat sur les politiques de défense,
04:47sur la nécessité de doter nos armées de moyens supplémentaires.
04:51Voyez-vous, la semaine dernière, j'étais à l'OTAN
04:55pour parler des sujets de défense.
04:57Dans quelques jours, je pars à Djibouti,
05:00aux côtés de nos forces projetées à l'étranger.
05:04Si nous n'accompagnons pas l'effort de défense nécessaire dans notre pays,
05:08nous fragilisons la voie de la France et de l'Europe sur le pays.
05:10Je veux accompagner cet effort, mais je vous repose la question.
05:13En quoi vous n'êtes pas la béquille du Macron ?
05:15Et je vais ajouter quand même quelque chose.
05:17Pourquoi vous avez si peur de retourner aux urnes ?
05:19Mais alors, moi je n'ai peur à aucun moment de retourner aux urnes.
05:21Ne me dites pas que le parti socialiste ne craint pas la disparition,
05:25tout simplement, totale.
05:26Nous y sommes allés, et au contraire, dans la période,
05:28nous avons affirmé une singularité des socialistes
05:31à l'intérieur de la gauche,
05:32avec l'affirmation de la voix que je porte avec d'autres,
05:35qui est celle d'une gauche républicaine, laïque, universaliste,
05:38exigeante sur les questions sociales, détachée de la France insoumise.
05:42Et c'est aujourd'hui, d'une certaine manière,
05:43j'ai été avec d'autres lanceurs d'alerte,
05:45la position sur laquelle le parti socialiste se réaffirme aujourd'hui.
05:50Donc, le suffrage universel, nous n'en avons jamais peur.
05:52Mais aujourd'hui, lucidement, s'il y avait une dissolution
05:56et des élections dans 20 jours,
05:58vous croyez qu'à l'issue, on aurait une majorité claire ?
06:02Le grand rendez-vous démocratique, c'est l'élection présidentielle de 2027.
06:05Préparons-le avec la sérénité nécessaire.
06:08Avec la confrontation des idées.
06:10Et le peuple français tranchera et nous respecterons son choix en 2027.
06:14Et la vérité à certaines questions,
06:15qui va financer toutes les mesures sur lesquelles,
06:17il faut bien reconnaître que vous avez eu gain de cause,
06:19ce sont d'ailleurs les mesures que vous avez soufflées à l'oreille du Premier ministre,
06:23qui va les payer ?
06:24Parce que personne ne croit que c'est l'État qui paye.
06:26Derrière chaque entreprise, ce sont des Français.
06:28C'est nous qui allons payer, M. Gage.
06:29Alors, c'était un des éléments de la discussion que nous avons mis sur la table.
06:32Nous nous souhaitions de la justice sociale,
06:34c'est-à-dire des mesures qui préservent l'essentiel des Français,
06:38les classes moyennes, les classes populaires.
06:40Je vous prends un seul exemple.
06:41Dans le budget initial, il était proposé une augmentation des impôts
06:44pour tous les ménages à travers le gel du barème de l'impôt sur le revenu.
06:50Le fait d'avoir obtenu qu'il n'y a pas ce gel,
06:52ça va éviter à 200 000 ménages de rentrer dans l'impôt sur le revenu
06:56et à tous d'avoir une augmentation.
06:58Vous voyez le verre à moitié plein, je vais parler du verre à moitié vide.
07:00Mais attendez, je vous parle de la justice sociale,
07:03c'est aussi de soutenir le pouvoir d'achat.
07:05Elle s'applique aussi aux entrepreneurs.
07:06C'était une demande.
07:06Mais je vais en parler dans une seconde des entrepreneurs.
07:08Simplement, il faut avoir la vision d'ensemble.
07:11La priorité que nous avons mise sur la table,
07:13c'est face au déficit,
07:15qui est le fruit de la politique économique menée
07:17depuis ces sept ou huit dernières années,
07:19il était exclu que ce soit toujours les mêmes,
07:22le plus grand nombre des Français
07:24qui contribuent eux seuls à cet effort.
07:26C'est ce qui a fait qu'on a obtenu, par exemple,
07:28sur le budget de la sécurité sociale,
07:29qui n'est pas la fameuse année blanche.
07:31Celle qui avait été prévue initialement,
07:32qui était on va geler les pensions des retraités,
07:35les prestations sociales.
07:36Les entreprises, les entrepreneurs en colère.
07:38Et que donc, nous prenons plutôt le parti
07:41d'aller chercher sur ceux dont on a estimé
07:44qu'ils étaient plus en possibilité de participer à cet effort.
07:47Les grandes entreprises et les hauts patrimoines
07:48faisaient partie de ceux dont nous considérons qu'ils peuvent le faire.
07:51C'est un effort de patriotisme économique.
07:54pour des entreprises qui ont des bénéfices importants.
07:58C'est alourdi pour les entrepreneurs.
08:00Vous savez bien que derrière chaque entreprise,
08:01il y a des Français.
08:03On va payer.
08:04Plus personne ne croit que ce sont les entreprises seules qui payent.
08:07Aujourd'hui, dans la hiérarchie des priorités,
08:09moi, le commerçant, l'artisan, la PME,
08:13celle qui bosse dure et qui, je le dis,
08:16paye proportionnellement plus d'impôts
08:18que la grande multinationale installée en France.
08:21Moi, je suis abasourdi à chaque fois que je discute
08:24avec un patron de Bartaba qui me dit que, lui,
08:27ce qu'il va payer comme impôts, en proportion de son bénéfice,
08:31c'est plus important que le starbuck du coin
08:33qui, parce qu'il optimise, il suroptimise,
08:36il localise son activité en Irlande ou dans un autre pays européen,
08:40va payer moins d'impôts en France.
08:42Donc, cette lutte contre ce qu'on appelle l'optimisation fiscale,
08:45la justice fiscale qui consiste à dire
08:47à ces 300 très grandes entreprises
08:50qui vont être soumises à cette surcotisation d'impôts
08:54sur les sociétés,
08:56que peut-être, peut-être en contrepartie,
08:59peut-être en contrepartie,
09:00elles vont verser un peu moins de dividendes cette année.
09:03Elles ont versé 100 milliards de dividendes l'année dernière.
09:06Donc, nous assumons, ça s'appelle la justice fiscale,
09:08pour protéger le plus grand nombre de nos concitoyens.
09:10Et moi, je suis content qu'on augmente la prime d'activité,
09:13c'est du pouvoir d'achat.
09:14Et c'est des gens qui vont pouvoir consommer.
09:16Ça soutient la demande pour de nos entreprises.
09:18Et évidemment, des mesures de type
09:20l'Europe 1 euro pour les étudiants.
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