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  • 15 hours ago
Transcript
00:00Le gouvernement français n'est pas tombé. Les deux motions de censure ont été rejetées. C'est une journée cruciale pour Sébastien Lecornu,
00:06qui espère clore définitivement la séquence budgétaire d'ici trois semaines, quitte à engager la responsabilité du gouvernement.
00:12Il a commencé à le faire cette semaine. Il va continuer aujourd'hui. On retrouve à l'Assemblée nationale Johan Baudin.
00:18Johan, bonjour. Vous suivez ces débats depuis ce matin. Deux motions de censure viennent d'être votées.
00:26Le gouvernement résiste. Ce n'est pas une grande surprise.
00:30Oui, effectivement. La première motion de censure est déposée par la France Insoumise et l'écologiste.
00:37Et le Parti communiste a été rejeté. 269 voix pour la motion de censure. Cette première motion de censure est donc rejetée.
00:45Mais c'est plus qu'attendu. Cela s'est joué à 19 voix d'écart, car il faut 288 voix pour faire chuter le gouvernement.
00:51Il y a donc eu des dissidents PS et LR qui ont voté cette motion de censure.
00:56La deuxième motion de censure déposée par le Rassemblement national a également été rejetée, avec beaucoup moins de voix,
01:03puisque LFI et la gauche ne votent jamais une motion déposée par le Rassemblement national.
01:08Elle n'a donc obtenu que plus de 142 voix.
01:12C'est donc le début de la fin du marathon pour le chef du gouvernement qu'est l'adoption de ce projet de loi de finances 2026.
01:21Sébastien Lecornu l'a attribué. Il a défendu un texte de compromis. Ce n'est pas le texte de personne.
01:26C'est le texte de tout le monde. Les socialistes se sont donc largement abstenus.
01:29Ils ont obtenu des concessions, comme les repas universitaires à 1 euro, 2000 postes dans l'éducation nationale,
01:34ou doublement du rendement de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.
01:39C'est un budget passable. Nous le laisserons passer, a indiqué un représentant du Parti socialiste.
01:45Les LR, eux, aussi ne se sont pas joints aux deux motions de censure.
01:48Le patron des LR, Bruno Retaillé, a qualifié cette mouture de budget socialiste.
01:52Le patron des LR à l'Assemblée, Laurent Wauquiez, lui, a parlé d'un texte imparfait.
01:57Quelques demandes du socle commun ont bien été conservées, comme le refus d'une taxe sur les holdings
02:03ou le maintien de l'abattement de 10% pour les retraités.
02:06Nous avons besoin d'un budget pour nos armées, pour nos agriculteurs, a affirmé Nicolas Bay à la tribune.
02:11La première motion de censure était, je vous l'ai dit, issue de la France insoumise,
02:16des écologistes et des communistes pour qui ce budget aggrave tout, mais ne résout rien.
02:20La deuxième était celle du Rassemblement national.
02:23Et sans surprise, Marine Le Pen a demandé la démission du gouvernement.
02:28La partie recette du projet de loi de finances est donc passée.
02:31Dans l'après-midi, la course continue, puisque le Premier ministre va déposer un deuxième 49.3,
02:36cette fois-ci sur la partie dépenses.
02:39Je vous remercie beaucoup, Johan.
02:41Effectivement, on a entendu ce matin la frustration de Sébastien Lecornu
02:44lors de son intervention durant l'Assemblée nationale.
02:46Il a dénoncé l'inaction des députés, mais face au blocage, il fallait agir.
02:51C'est vrai que ce 49.3 n'aura jamais été son premier choix.
02:54Je vous propose de l'écouter.
02:57Il existe pour ces moments où il n'y a pas de majorité stable,
03:01où les délais constitutionnels sont plus qu'atteints,
03:04où la situation budgétaire et internationale, dont nous avons trop peu parlé ce matin,
03:08interdit l'attentisme et oĂą, surtout, le Parlement, collectivement,
03:14n'est pas parvenu à aller jusqu'au bout, hélas, de sa propre responsabilité.
03:21Je veux le dire avec gravité et sans détour.
03:24Si le gouvernement a engagé aujourd'hui sa responsabilité,
03:27ce n'est pas parce qu'il voulait décider seul,
03:29c'est parce qu'à un moment donné, sur ces bancs,
03:32trop nombreux se sont retrouvés ceux qui ne voulaient pas décider du tout.
03:36Préserver les institutions, Flore Simon, c'est ce qu'a voulu faire Sébastien Lecornu.
03:41C'est en tous les cas ce qu'il a défendu.
03:44C'est vrai que, vu du côté des Français,
03:48qui assisent à cette scène politique de l'extérieur,
03:51on a du mal à comprendre cette séquence qui vient de se dérouler ces derniers mois.
03:54Oui, en effet, les Français...
03:56Il y a un ras-le-bol général, on le voit, des Français autour de ce budget.
04:00Le Premier ministre l'a rappelé.
04:01350 heures de débat pour, in fine, comme il l'a dit,
04:05finalement un blocage à l'Assemblée nationale.
04:07Il a d'ailleurs pointé la volonté de blocage du Rassemblement national et des Insoumis,
04:13de ceux, comme j'imagine qu'il pensait, il ne le a pas cités,
04:16mais aux écologistes et aux communistes qui n'allaient plus aux réunions autour de ce budget.
04:19Donc il dit que, voilà, il a essayé jusqu'au bout,
04:22que devant l'absence de compromis possibles,
04:24il a décidé finalement d'activer le 49.3.
04:29C'est vrai qu'il y a un sondage d'ailleurs, par exemple,
04:32Odoxa, Backbone Consulting, qui est sorti hier dans le Figaro.
04:35Alors on voit que 73% des Français considèrent qu'il s'agit d'un mauvais budget.
04:40En revanche, ils sont 51%.
04:42Donc c'est vrai que c'est une courte majorité,
04:44mais quand mĂŞme Ă  estimer qu'il ne faut pas de censure.
04:46Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'on voit la séquence internationale qui est quand même assez chaotique.
04:51Et qu'on imagine bien qu'aujourd'hui, la France, sans gouvernement,
04:57face à quand même une crise internationale qui se déploie devant nous,
05:01les Français se rendent bien compte que ce serait extrêmement compliqué.
05:04Et c'est d'ailleurs aussi l'argument de la droite,
05:06pourquoi la droite n'a pas voté cette censure.
05:08Laurent Wauquiez, le patron des députés, les Républicains,
05:11a estimé que c'était un budget imparfait,
05:12mais il a dit, voilĂ , avec cette crise internationale,
05:15on ne va pas ajouter du chaos au chaos.
05:18Il serre les dents, la droite, quand mĂŞme.
05:19Les macronistes aussi, parce que ce qu'on voit aussi, Aude,
05:23c'est que ce budget, il détricote quand même une partie du bilan d'Emmanuel Macron.
05:27Cette politique de l'offre, là, on voit qu'avec les concessions que Sébastien Lecornu a faites au PS,
05:33ça détricote cette politique de l'offre.
05:35La surtaxe sur les grandes entreprises, notamment,
05:37détricotait déjà le bilan d'Emmanuel Macron
05:40avec la suspension de la réforme des retraites
05:42lors du projet de budget de la Sécurité sociale.
05:44Donc, pour les macronistes, la pilule, elle est quand mĂŞme dure Ă  avaler,
05:47mais, quoi qu'il en soit, c'est la stabilité avant tout.
05:50Et puis, il faut quand même voir que, si, et Sébastien Lecornu l'a dit il y a quelques semaines,
05:56s'il y a une censure, il y aura des élections législatives.
05:59Or, que ce soit le PS, la droite ou les macronistes,
06:02aucun n'a intérêt à retourner aux urnes pour des élections nationales.
06:05Il serait perdant.
06:06Il sortirait perdant des urnes.
06:08Et puis, il y a 2027 dans quelques temps.
06:11Donc, est-ce que là, Sébastien Lecornu peut se maintenir,
06:14d'ailleurs, jusqu'à cette présidentielle ?
06:16C'est possible.
06:17Après ce budget, il n'y aura pas forcément de grandes réformes,
06:21mais des projets de loi qui seront plutĂ´t consensuels.
06:24Il a réussi à se maintenir au pouvoir, à maintenir son gouvernement.
06:27Qu'est-ce que cette séquence flore nous dit de l'homme politique,
06:30de Sébastien Lecornu,
06:32qui est évidemment, c'est le jeu politique qui le veut,
06:34très critiqué et pas forcément pris au sérieux lors de sa nomination ?
06:39Il a quand même réussi à négocier.
06:42Il a quand même réussi à négocier sur le budget de la Sécurité sociale.
06:45Et ça, on ne peut pas le nier.
06:46Il a réussi à faire voter ce budget de la Sécurité sociale.
06:49Alors, vous me direz, certes, en renonçant,
06:52enfin, en suspendant la réforme des retraites,
06:54mais c'est tout le problème de cette Assemblée nationale.
06:56Il l'a dit, d'ailleurs, quand il a été nommé Premier ministre,
06:58je suis le Premier ministre le plus faible de la Ve République.
07:02Et c'est le cas.
07:02Il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
07:05Donc, finalement, il a été assez habile pour réussir à négocier,
07:08notamment avec les socialistes,
07:09faire voter le budget de la Sécurité sociale par les socialistes.
07:13C'est vrai que sur le budget de l'État,
07:14c'est autrement plus politique que les oppositions votent le budget de l'État.
07:18Ça les fait presque automatiquement passer dans la majorité.
07:22Et du coup, ils ne sont plus opposants.
07:23Donc, c'est compliqué pour eux.
07:25Bon, là, il a beaucoup concédé aux socialistes sur le budget 2026.
07:29Mais il a quand même réussi assez habilement à négocier.
07:33Ce 49-3, il a pris le temps quand mĂŞme de l'actionner.
07:38Et comme je vous le disais tout Ă  l'heure,
07:40ça a aussi été finalement à la fin des demandes masquées de la gauche et de la droite
07:46pour qu'ils finissent par dégainer cet article de la Constitution.
07:49Alors après, c'est vrai que le Premier ministre dit
07:51que le 49-3 ne sera plus jamais utilisé comme avant.
07:54On va l'écouter, d'ailleurs.
07:57Je n'ai pas engagé la responsabilité du gouvernement
07:59pour contourner les institutions de la Ve République.
08:02Je l'ai au contraire fait pour les protéger.
08:04Mais aucune institution, aussi solide soit-elle,
08:08ne peut fonctionner durablement
08:10si celles et ceux qui l'incarnent
08:11renoncent à leur propre responsabilité.
08:14Les recours Ă  l'article 49-3
08:17ne pourront plus être utilisés demain comme avant.
08:20Ils ne pourront plus être un réflexe.
08:22Ils ne pourront plus être une facilité.
08:24Ils ne pourront plus être ce qu'ils ont été.
08:27Ils seront désormais ce qu'ils sont par leur nature initiale.
08:29L'ultime réponse à l'impossibilité de conclure
08:31après avoir de bonne foi tout essayé.
08:36VoilĂ , ce que dit le Premier ministre, lĂ ,
08:38c'est qu'en fait, redonner la main au Parlement,
08:41et c'est ce qu'il a essayé de faire,
08:42c'est vrai que c'est une nouveauté en France
08:43parce que, généralement, les gouvernements
08:46avaient des majorités plus ou moins absolues
08:48à l'Assemblée nationale,
08:49ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
08:50Ce qui est inédit,
08:52cette Assemblée complètement fractionnée
08:53où personne n'a de majorité absolue,
08:55donc Sébastien Lecornu,
08:56a essayé le compromis.
08:57On voit qu'il y a une possibilité de compromis,
09:00mĂŞme si ce n'est pas du tout une culture ici en France.
09:02Et ce 49-3, en fait,
09:04est très mal vécu aujourd'hui par les Français
09:06depuis, en fait, Elisabeth Borne,
09:08Premier ministre d'Emmanuel Macron
09:09qui l'a utilisé à plus de 20 reprises.
09:11Mais maintenant, on voit qu'il y a une forme
09:13de rejet de ce 49-3
09:15qui est pourtant un article de la Constitution française.
09:18Mais aujourd'hui, on a en effet l'impression
09:19que quelque chose s'est passé,
09:21en tout cas dans les discussions parlementaires,
09:24et finalement que le Parlement reprenne la main.
09:26Bon, il a essayé, c'est ce qu'il dit,
09:28et que devant le blocage
09:29de certaines formations politiques,
09:31il n'a pas pu aller au bout des discussions
09:33pour trouver un compromis sur ce budget 2026.
09:36J'en remercie beaucoup, Flore,
09:38pour ces éléments.
09:38réunir au bout des discussions.
09:39Donc,
09:40on a fait des discussions,
09:41et enfin,
09:41on a fait des discussions.
09:42Je vous laisse le dépasser.
09:43Je vous laisse l'abonner aux orig points,
09:44mais c'est dépasser.
09:45Alors,
09:45on a fait des discussions.
09:46Et ainsi,
09:46on a fait un moment de distance.
09:47Bon.
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