00:00Et évidemment, on va parler de politique avec Loïc Besson.
00:04La séquence du budget, Loïc, n'est pas encore terminée, mais le Premier ministre peut déjà souffler.
00:09Son premier 49.3 est passé sans censure derrière. Maintenant, il veut faire quoi ?
00:13Il est désormais temps que nous avancions. Voilà ce qu'il martèle.
00:16Alors, il a pris tous les sujets, Sébastien Lecornu, pour les trier en deux blocs.
00:19Ceux qui se joueront après 2027 et ceux qui ne peuvent pas attendre et à l'entendre.
00:24Justement, il a plein de projets. Le Premier ministre, regardez sur les fraudes, par exemple.
00:28Tiens, ça crée du rendement. En plus, c'est dans l'air du temps.
00:30Il y a des débats aussi sur la fin de vie qui vont revenir à l'Assemblée.
00:33Le régalien avec un projet de réforme pénale, mais aussi la sécurité du quotidien avec une réforme des polices municipales
00:39ou encore des réformes structurelles, souvent demandées, comme l'allocation sociale unique.
00:43Ça, c'est ce qu'il veut faire. La question, c'est surtout ce qu'il peut faire.
00:46Mais quelle question, enfin, Damien. Voilà la réponse d'une ministre hier soir.
00:50Certains vont bien essayer de nous corneriser à l'approche de la présidentielle, mais on ne va pas se laisser mettre au placard.
00:55Il faut quand même se méfier des listes à l'après-verre qu'on vient de voir juste avant,
00:58parce qu'il la joue reine des neiges, libérée, délivrée.
01:00En réalité, il n'a pas plus la main que ses prédécesseurs.
01:02Comme eux, il ne peut qu'accompagner les propositions de parlementaires.
01:06Prenez l'exemple, par exemple, des réseaux sociaux.
01:07C'est censé être consensuel. En plus, ça venait même du président de la République.
01:11D'ailleurs, Sébastien Lecornu le sait.
01:13Il est peut-être trop ambitieux parce qu'il le reconnaît.
01:15On ne va pas faire comme si on était au début du quinquennat avec 350 députés et beaucoup d'argent.
01:19Il veut qu'on voit quand même qu'il est proactif, qu'il essaie de bouger les barrières jusqu'au bout
01:24et puis qu'on soit puissant ou misérable. Il y a quelque chose auquel personne n'échappe.
01:28C'est le temps qui file et en l'occurrence, le gouvernement fait le calcul.
01:31Il ne reste que neuf semaines de travail à l'Assemblée avant l'été.
01:34Ça peut paraître peu, mais il y a un scrutin qui arrive.
01:37Les municipales, ça veut dire que pendant trois semaines, ça sera le temps de réserve.
01:39Il n'y aura plus de parlement.
01:41Oui, sauf que les municipales vont lancer. Ça y est, la campagne.
01:44Oui, et en réalité, ça va être compliqué à partir de là pour le Premier ministre d'exister, d'avancer sur le fond.
01:49Son agenda se résumera bientôt à une chose, raille certain, l'inauguration des crises en thème.
01:54Vous vous souvenez quand il dénonçait cette ambiance politicienne de pré-campagne présidentielle ?
02:00Absolument.
02:00Eh bien, désormais, il semble qu'il l'attende avec impatience.
02:04Il veut même que ça accélère officiellement parce que, je cite,
02:07« si la campagne ne démarre pas, ça peut conduire beaucoup à tamponner le gouvernement pour un oui ou pour un non. »
02:12Mais si le Premier ministre rate que les candidats à la présidentielle déjà déclarée s'affrontent entre eux,
02:17c'est surtout lui pour pouvoir tracer son chemin et tranquillement se démarquer.
02:20Vous n'êtes pas en train de nous dire qu'il serait en train de se préparer ?
02:22Jamais, au grand jamais, si vous lui posez la question en tout cas.
02:26Et en même temps, il assurait aussi ne pas être candidat pour Matignon à l'époque.
02:29Alors la différence, explique-t-il maintenant, c'est que c'est le président qui lui a demandé.
02:32Il ne pouvait pas refuser le choix de l'évidence, en quelque sorte,
02:34si ça se reproduisait en d'autres circonstances.
02:36Alors évidemment, le moine soldat ne pourrait pas se dérober.
02:40J'ai quand même vaguement la gueule de la dernière chance.
02:42Voilà ce qu'il dit d'ailleurs en privé.
02:44Et comme il est adepte des références à Jean-Claude Duss,
02:47il sait bien que sur un malentendu, ça peut marcher.
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