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  • il y a 9 mois

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00:00Bonjour Benjamin Morel, bonjour, merci d'être avec nous ce matin et très bonne année à vous, cher Benjamin.
00:07Emmanuel Macron a promis hier soir dans ses voeux une année 2026 utile, cette année peut-être et doit être une année utile à-t-il marteler.
00:17La réalité c'est qu'Emmanuel Macron est affaibli, son majorité, et surtout dans la dernière ligne droite de son quinquennat.
00:24Comment vous, constitutionnaliste, vous analysez cela ? Est-ce que vous diriez que cette volonté, cette promesse est tenable, réalisable ?
00:31Ou bien est-ce que vous êtes sceptique en ce début 2026 tant le chef de l'État ne semble plus être le maître du jeu ?
00:39Alors c'est plus un vœu qu'une promesse, en effet. Emmanuel Macron ne peut pas se permettre de promettre quoi que ce soit,
00:44parce que comme vous l'avez très bien dit, il n'a pas de majorité.
00:46Or, ce qui fait le pouvoir d'un président de la République, sa capacité à fixer un agenda,
00:51agenda qu'au bout du compte, il ne fixe pas vraiment hier.
00:55C'est-à-dire que quand vous lisez notamment la liste des réformes et des enjeux qui sont ceux aujourd'hui présents,
01:03la plupart c'est en fait une reprise de la déclaration politique générale de Sébastien Lecornu il y a quelques semaines.
01:09Donc on voit un Emmanuel Macron qui au fond renonce à fixer l'agenda
01:13et est plutôt en effet dans un vœu d'une vie politique française qui serait à peu près fonctionnelle
01:21pour que 2026 ne soit pas une année de mise à l'arrêt, notamment des réformes législatives, de l'action politique,
01:31ce qui là ne relève en fait pas tout à fait de lui.
01:35Il y a du renoncement dans ces vœux d'Emmanuel Macron, c'est ce que vous nous dites ce matin ?
01:40Il y a une forme de renoncement, oui. L'année dernière, on se souvient qu'Emmanuel Macron avait subsumé l'idée potentielle d'un référendum,
01:48ou en tout cas d'une consultation.
01:50Il ne renonçait pas à fixer l'agenda.
01:54Il s'est laissé même de développer une forme d'agenda parallèle à celui du gouvernement
01:58pour tenter de marquer l'année qui serait l'année 2025.
02:02Là, au fond, on a un Emmanuel Macron qui est plus dans une logique d'accompagnement.
02:06Alors certes, il aborde des sujets qui sont des sujets structurants,
02:10la question notamment de la manipulation des élections, etc.
02:14On va y venir, on va y venir, Benjamin Morel.
02:16Mais il parle aussi du budget, je cite le chef de l'État,
02:19« Dès les premières semaines de l'année qui s'ouvre,
02:21le gouvernement et le Parlement auront à bâtir des accords pour doter la nation d'un budget.
02:26C'est indispensable, dit-il. »
02:28Mais Sébastien Lecornu ne souhaite pas, ne veut pas utiliser le 49-3.
02:32Il s'y est engagé.
02:33Est-ce qu'Emmanuel Macron est en mesure de pousser son Premier ministre à activer le 49-3 ?
02:39D'un point de vue politique, d'un point de vue interpersonnel,
02:44il peut toujours poser, évidemment, le sujet sur la table.
02:48Ensuite, libre à Sébastien Lecornu de s'exécuter ou pas.
02:53Donc là, ça dépend de l'influence du Président sur son Premier ministre.
02:58Or, on sait que les rapports avec Matignon ont été très fluides.
03:01On sait qu'ils le sont de manière naturelle au bout de quelques mois.
03:05Et visiblement, c'est le cas aujourd'hui aussi, un peu moins.
03:08Et donc, dans ce cadre-là, on a Sébastien Lecornu qui, probablement,
03:12pour des raisons arithmétiques, en viendra utiliser le 49-1-3,
03:16mais uniquement quand il pensera que, pour lui, ça ne signifie pas une censure.
03:22Donc, à partir de là, au fond, l'avis et le poids d'Emmanuel Macron dans la balance
03:26est un facteur, certes, mais un facteur presque secondaire.
03:29« Je serai jusqu'à la dernière seconde au travail, dit Emmanuel Macron,
03:34tâchant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié.
03:37Est-ce que la question d'une démission du chef de l'État,
03:41d'une présidentielle anticipée, est définitivement écartée en ce début 2026 ? »
03:48Ce n'est pas la première fois que, dans une allocution, dans un discours,
03:52il écarte cette possibilité.
03:54Donc, à partir de là, elle est tout aussi écartée qu'il y a quelques mois.
03:58Ça n'empêchera pas potentiellement certains candidats putatifs
04:02qui viennent de l'opposition, mais également des rangs macroniens.
04:06Évidemment, on pense à Édouard Philippe de peut-être revenir à la charge.
04:09Mais l'autre question, c'est si demain, justement, le 49-3 est mis en place,
04:16s'il y a une censure du gouvernement Lecornu,
04:19ce n'est pas impossible que le chef de l'État se retrouve de nouveau sous pression.
04:24Alors, non.
04:26Après, il peut tout à fait nommer quelqu'un d'autre.
04:27C'est-à-dire qu'au fond, aujourd'hui,
04:30l'idée qu'il puisse y avoir une présidentielle anticipée
04:33n'est pas forcément quelque chose qui débloquerait le système.
04:39C'est-à-dire que si vous avez une présidentielle anticipée, fort bien,
04:42mais derrière, il n'est pas certain qu'une dissolution donne non plus une majorité.
04:45Vous avez qui plus est beaucoup de candidats
04:47qui sont dans une forme de pré-campagne actuellement.
04:50Et donc, il n'est pas certain que ça arrange fondamentalement
04:53tout le monde dans l'échiquier politique.
04:57Donc, oui, il peut y avoir une pression envers la démission.
05:00On n'a pas encore atteint le stade d'ingouvernabilité.
05:03qui ferait que ce soit quelque chose qui s'imposerait pour Emmanuel Macron.
05:07Oui, mais en termes de calendrier, d'un point de vue constitutionnel,
05:11c'est totalement impossible ou ça reste envisageable ?
05:16C'est envisageable, c'est tout à fait possible.
05:18C'est-à-dire que s'il démissionne,
05:20vous avez des élections dans le mois qui suit
05:23et ensuite, potentiellement, une dissolution
05:26qui donnerait lieu à une élection législative un mois plus tard.
05:30Donc, c'est possible, mais reste, un, la question de l'opportunité.
05:37Et puis, deux, c'est quelque chose qui dépend uniquement du souhait d'Emmanuel Macron.
05:42Et ce souhait, eh bien, il semble ne pas exister au vu des déclarations réitérées hier.
05:48Benjamin Morel, je rappelle que vous êtes constitutionnaliste.
05:51Je vous propose d'écouter Emmanuel Macron hier soir
05:54lorsqu'il se posait en garant d'une présidentielle sereine.
05:57À la fin de l'année, s'ouvrira peu à peu la prochaine campagne
06:01pour l'élection présidentielle de 2027.
06:04La première à laquelle je ne participerai pas depuis dix ans.
06:07Pour autant, je serai jusqu'à la dernière seconde au travail,
06:11tachant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié.
06:16Et je ferai tout pour que l'élection présidentielle
06:18se déroule le plus sereinement possible,
06:21en particulier à l'abri de toute ingérence étrangère.
06:24Benjamin Morel, quel est exactement le rôle constitutionnel du chef de l'État
06:28dans une élection où il n'est plus candidat ?
06:32Et est-ce qu'il peut intervenir sans être accusé, lui, d'influencer la campagne ?
06:37C'est un rôle qui reste assez réduit, en réalité.
06:40C'est-à-dire que le garant du bon fonctionnement d'une élection,
06:46c'est à la fois le ministère de l'Intérieur qui a un rôle d'organisation,
06:49et qui, à travers notamment les préfets, va contrôler les opérations électorales.
06:57Et de l'autre côté, le Conseil constitutionnel qui est juge de l'élection.
07:00Juge de l'élection qui aura ensuite à examiner si les conditions,
07:04la sincérité du scrutin ont été remplies,
07:06à dessein de proclamer les résultats et de valider l'élection.
07:10Donc le rôle du chef de l'État est en soi limité.
07:13Ce qu'a en tête Emmanuel Macron, c'est évidemment tout le travail qui est le sien sur la régulation des réseaux sociaux,
07:20la régulation potentiellement également du champ médiatique.
07:24Donc il pense que ça peut être quelque chose qui influencerait les futures élections.
07:30Oui, c'est ce que vous comprenez dans ses propos.
07:32C'est ce qui est entendu.
07:33C'est-à-dire qu'on a un Emmanuel Macron qui, au fond, renonce à beaucoup de sujets,
07:37renonce à intervenir sur la plupart des grands domaines de l'agenda.
07:44Mais se réserve à un certain nombre de sujets qu'il compte investir.
07:49Ce sujet, il investit déjà depuis plusieurs mois.
07:52Et il va probablement vouloir, notamment en vue de 2027, continuer à le creuser.
07:58Benjamin Morel, pour conclure, autre propos du chef de l'État.
08:01Nous irons au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie.
08:04Ce texte doit revenir au Sénat courant janvier.
08:08En mai dernier, Emmanuel Macron avait laissé entendre qu'il pourrait convoquer un référendum
08:12sur la légalisation du suicide assisté, si la discussion parlementaire venait à s'enliser.
08:17Est-ce qu'un référendum est encore possible ?
08:19Ou bien compte tenu du temps qu'il reste, c'est désormais inenvisageable ?
08:25Constitutionnellement, un référendum sur la fin de vie, c'est compliqué.
08:29C'est-à-dire qu'on ne sait pas exactement si ça rentre dans le champ de l'article 11.
08:33Pour une raison simple, c'est que vous dépénalisez certains actes, notamment l'acte de tenazie.
08:39Et donc, dans ce cadre-là, la consulabilité d'un tel référendum interrogerait.
08:45Ensuite, d'un point de vue calendaire, oui, c'est possible, mais quand est-ce que ce serait opportun ?
08:52C'est-à-dire, probablement pas de manière concomitante avec les élections municipales.
08:55Et ensuite, on rentre en campagne présidentielle.
08:57Donc, un tel référendum heurterait la campagne présidentielle.
09:02Donc, c'est possible.
09:04Est-ce que vraiment, c'est quelque chose qui, à ce stade-là, serait tout à fait opportun ?
09:08Ce n'est pas certain.
09:09Des voix au sein de la majorité laissent entendre que ça serait plus une façon de pousser le camp des anti-fins de vie,
09:17qui apparaît marginal dans l'opinion,
09:19mais pourrait avoir du coup un écho et une aura dans le cadre de la campagne,
09:24et que donc, mieux vaudrait régler la chose au Parlement.
09:27Donc, pour toutes ces raisons, j'ai un peu de mal à croire qu'il y ait un référendum sur ce thème.
09:32Merci Benjamin Morel.
09:34Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur Europe 1.
09:36Très bonne journée à vous.
09:36Merci.
09:37Merci.
09:38Merci.
09:39Merci.
09:40Merci.
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