- il y a 3 jours
Smartphones, tablettes, ordinateurs, d'après Santé publique France, les enfants de 6 à 17 ans passeraient en moyenne plus de 4h par jour sur un écran, hors temps scolaire… C’est donc un sujet central pour les jeunes, les parents et aujourd’hui les pouvoirs publics au point que plusieurs textes arrivent en discussion au Parlement… Celui des écrans et des conséquences de leur exposition aux enfants et aux adolescents. Mais alors comment les éduquer à la pratique des écrans¿? Comment encadrer l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux¿? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :
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TVTranscription
00:00Les écrans rois de Carole, bien aimée Bess, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
00:06Images de soi, sommeil, scolarité, sexualité, il n'y a pas un pan de la vie de nos enfants
00:13qui ne soit pas perturbé par l'invasion des smartphones et autres tablettes.
00:17Nous le voyons, nous le vivons, le mur est devant nous et pourtant nous continuons d'acheter ces écrans à nos enfants
00:22et même parfois de les renouveler. Les derniers modèles ont encore atteint des ventes records.
00:26Alors, pourquoi est-ce qu'on ne résiste pas ou pas mieux ?
00:29Ça fait partie des questions qu'on va se poser avec nos invités.
00:32Catherine Morin de Sailly, bienvenue.
00:33Vous êtes sénatrice centriste de la Seine-Maritime, vice-présidente de la Commission des Affaires Européennes,
00:38membre de la Commission de la Culture et de l'Éducation.
00:41Vous êtes à l'origine d'une proposition de loi portant sur l'exposition excessive et précoce aux écrans
00:45et méfaits des réseaux sociaux déjà adoptés au Sénat en décembre dernier.
00:50Vous nous direz ce que ce texte comporte, sachant qu'en parallèle,
00:53un projet de loi issu du gouvernement, donc, est aussi en préparation.
00:57Serge Tisseron, bienvenue à vous également.
00:59Vous êtes psychiatre, docteur en psychologie.
01:01Parmi vos nombreux ouvrages, il y a 3, 6, 9, 12 et plus,
01:04« Apprivoiser les écrans et grandir aux éditions RS ».
01:08Cela fait 20 ans que vous alertez sur les dangers de la surexposition aux écrans,
01:12mais vous n'êtes pas favorable à une loi qui imposerait une interdiction absolue et globale,
01:16sans pour autant être hostile à toute forme de législation pour protéger les mineurs.
01:20Idées que vous développez dans ce livre « Faut-il interdire les réseaux sociaux aux jeunes ? »
01:24aux éditions Lafond.
01:26Gilles Vernet, bienvenue à vous également.
01:28Vous êtes instituteur, scénariste, écrivain et réalisateur.
01:30Vous avez notamment réalisé ce très beau documentaire que nous avons diffusé sur Public Sénat,
01:35« Et si on levait les yeux », film dans lequel vous accompagnez vos élèves de CM2
01:39dans une réflexion sur le rapport aux écrans jusqu'à une classe verte
01:42où ils se déconnectent totalement pendant une semaine.
01:45Documentaire où l'on entendait aussi beaucoup, et c'était intéressant, le désarroi des parents.
01:49Il a donné lieu à un livre « Et si on levait les yeux ? »
01:52plaidoyer pour que les écrans ne s'emparent pas de l'avenir de nos enfants aux éditions Vuibert.
01:57François Salciel, bienvenue.
01:59Vous êtes journaliste, réalisateur et producteur de radio,
02:01notamment de « Un monde connecté » et de « La fabrique de l'information » sur France Culture.
02:06Et vous venez de publier avec Virginie Sassoun,
02:08que l'on voit d'ailleurs dans le film qu'on a vu ensemble,
02:11qui apparaît « Faire la paix avec nos écrans » paru chez Flammarion.
02:15Merci beaucoup à tous les quatre d'être ici.
02:16Avant de parler des solutions, des pistes possibles, des lois en préparation,
02:21je voudrais que l'on reste sur le constat dressé dans ce documentaire.
02:25On en sort avec une fâcheuse impression,
02:27celle qu'effectivement, les écrans font énormément de mal à nos enfants,
02:32sur tous les plans.
02:33Serge Tisseron, est-ce que vous confirmez que tout est touché ?
02:36Sommeil, estime de soi, relations sociales, sexualité ?
02:39Le constat est-il si alarmant ?
02:41Oui, le constat est très alarmant,
02:43parce que quand on touche au sommeil, on touche à beaucoup d'autres choses.
02:47Vous savez, la première chose qui a fait consensus chez les experts,
02:50pour dénoncer les écrans, c'est la question du sommeil.
02:53Dormir moins, ça veut dire trouble de l'attention et de la concentration,
02:56chute des résultats scolaires,
02:57ça veut dire on grignote n'importe quoi toute la journée,
03:00on bouffe du sucre, risque d'obésité,
03:03ça veut dire aussi trouble de la sociabilité.
03:05Quand on n'a pas dormi, on est moins disponible à la recherche du compromis,
03:08à la discussion, à la controverse, etc.
03:10Donc, en plus, il y a évidemment tous les problèmes de cyberharcèlement,
03:14qui sont aujourd'hui bien informés,
03:17pour lesquels, effectivement, il faut prévoir beaucoup de garde-fous possibles.
03:20Et puis, il y a tout le problème de tout ce que les jeunes peuvent rencontrer
03:25sur les plateformes,
03:26et qui excèdent leur possibilité de pouvoir les comprendre,
03:29pour les plus petits, notamment la pédopornographie,
03:32et pouvoir les gérer.
03:33Alors, ceci dit, on voit quand même quelques fenêtres dans le film,
03:36qui indiquent des voix, vers 13 minutes et quelques,
03:39il y a une adolescente qui dit,
03:41mais on trouve des trucs amusants,
03:43on en discute entre nous, etc.
03:44Ce n'est pas exploré,
03:45mais on voit quand même que le problème est complexe.
03:48Et puis, il y a aussi cette enseignante qui dit,
03:50je dis à mes élèves,
03:53racontez-moi des choses sur les réseaux sociaux,
03:55dites-moi des choses que vous avez vues,
03:57et là, il y a, comment dire,
03:59il a évoqué la nécessité pour ces jeunes
04:02de pouvoir parler de ce qu'ils voient et font sur les réseaux sociaux.
04:06Est-ce que c'est vrai qu'on sort de ce film en se disant,
04:07oh là là, mais c'est la catastrophe,
04:09enfin, en fait, tout est touché,
04:11les enfants sont touchés dans tous les pans de leur vie.
04:13Vous l'avez aussi constaté en préparant ce texte,
04:14Catherine Morin-Dessailly ?
04:15Oui, je travaille au sein de la Commission de la Culture et de l'Éducation
04:18depuis très longtemps sur ce sujet,
04:20depuis 2018,
04:22où j'avais produit un rapport sur la formation à l'heure du numérique,
04:25et ma plus vive préoccupation,
04:27c'était la surexposition,
04:29ou l'exposition tout court,
04:30des tout-petits, des moins de trois ans,
04:32un moment crucial du développement de l'enfant,
04:36où il doit être en interaction avec les adultes,
04:39et non pas un écran qui ne va pas réagir
04:42à ses propres interpellations.
04:43Donc, voilà, ça, c'est très, très préoccupant.
04:47Et puis, je dois dire que depuis cette date,
04:49jusqu'à maintenant,
04:50où nous avons voté ce texte ici au Sénat avec mes collègues,
04:53nous avons vu que les choses se dégradaient.
04:56C'est-à-dire que le pouvoir des plateformes,
04:58des réseaux sociaux,
04:59des réseaux dits asociaux, on va dire,
05:01les choses telles qu'elles sont,
05:03font que nos enfants sont des proies,
05:06des victimes,
05:08happés parfois par des adultes mal intentionnés,
05:11aussi, qui profitent de leur jeunesse,
05:14de leur naïveté,
05:16pour les entraîner vers des chemins de traverse
05:18extrêmement dangereux.
05:19Donc, je crois qu'il était temps,
05:21il est temps de tirer la sonnette d'alarme,
05:24nous avons un certain nombre de propositions,
05:26mais redire aussi la responsabilité,
05:28je tiens à le dire,
05:29des plateformes,
05:30de l'écosystème dans lequel nous nous trouvons,
05:33que nous avons laissé se construire.
05:34Les Européens auraient dû aussi s'emparer
05:37de cette question de la souveraineté
05:38et de l'autonomie stratégique de l'Europe
05:40et construire des modèles qui soient compatibles
05:42avec nos valeurs fondamentales de l'humanité humaine.
05:45Est-ce que c'est vrai que les mêmes questions
05:46de plateformes qui agiraient comme des dealers
05:48dans le film,
05:49les termes sont très très forts.
05:50Gilles Vernet, c'est aussi quelque chose
05:51que vous constatez,
05:52les comportements des enfants
05:53que vous voyez tous les jours
05:54sont alarmants ?
05:56Oui, oui, et ils en sont conscients.
05:58D'une certaine manière,
06:00quand on les fait parler sur ce sujet,
06:02moi ce que je crois beaucoup,
06:03c'est de me parler,
06:04de mettre ce sujet sur la table,
06:05d'échanger en famille
06:06pour essayer de dépasser les contradictions
06:09dans lesquelles on est tous.
06:11Mais il y a une chose que je voulais dire,
06:13c'est ce dont on s'aperçoit
06:14quand on parle avec des enfants,
06:15c'est que les enfants,
06:15ils ont bon dos.
06:17C'est toute la société qui est prise
06:18dans cet envahissement numérique.
06:21Oui, c'est une addiction de masse.
06:22Oui, addiction,
06:23ça peut s'expliquer aussi par le fait
06:24qu'on gère énormément de communication.
06:26Et là, ce n'est pas de l'addiction,
06:27ce sont des communications
06:28qui se démultiplient
06:28et qui nous ramènent sans arrêt à l'objet
06:30et qui coupent la communication
06:32avec l'enfant petit.
06:34Si les familles ne sont pas conscientes
06:35quand un enfant naît dans la famille
06:37qu'il faut s'en occuper,
06:38qu'il faut être avec lui,
06:39interagir simplement parce qu'on constate
06:42que l'ado, il est sur son portable
06:43et rien d'autre n'existe.
06:45François Salciel,
06:45on parle d'enfants qui regardent de jeunes
06:47plus de 4 heures par jour,
06:49de plus en plus tôt.
06:50Le constat est là,
06:51tout le monde est à peu près d'accord
06:52pour dire qu'il y a un problème,
06:54il y a un sujet.
06:54Il y a un problème effectivement
06:55avec une accélération pendant la pandémie
06:58où on a vu d'autres réseaux sociaux
07:00encore plus addictifs apparaître,
07:01notamment TikTok.
07:03Mais je rejoins cette idée
07:04qu'on est tous vulnérables.
07:05C'est-à-dire que je pense
07:05qu'il faut accepter l'idée
07:06qu'on est tous vulnérables
07:07par rapport à ces outils
07:08puisque ces outils ont été pensés
07:09pour exploiter les failles
07:10de notre cerveau
07:12et pour exploiter notre attention
07:13qui peut être vite fait captée
07:16justement par ces modèles économiques.
07:19Et je crois aussi
07:19qu'il faut accepter notre ambivalence
07:22par rapport à l'outil.
07:23Les réseaux sociaux,
07:25les écrans,
07:25on les a tous,
07:26on a tous un téléphone dans notre poche,
07:27c'est devenu un écran total,
07:28une prothèse mnésique,
07:30un outil qui nous permet
07:31de nous repérer,
07:32d'appeler,
07:32de payer,
07:33d'entretenir des relations.
07:35Bref,
07:35c'est l'outil total,
07:36c'est l'outil matriciel
07:37de nos sociétés
07:38et on sait très bien
07:38qu'il est assez jouissif
07:40cet outil.
07:40Il nous permet aussi
07:41très facilement
07:42d'être dans la performance,
07:43d'être disponible
07:44à tout instant.
07:45Donc il faut savoir aussi
07:46dissocier ce que cet outil
07:47peut nous apporter de bien,
07:48de la manière dont il est toxique
07:50et peut-être sortir du mot écran
07:51qui est un mot valise.
07:53Les écrans sont polysémiques,
07:55les usages sont polysémiques.
07:56Être sur un traitement de texte Excel,
07:58c'est un écran,
07:59ce n'est pas la même chose
07:59que scroller de manière infinie
08:01sur TikTok.
08:02Donc je crois que ce qu'il y a
08:02de plus problématique
08:03sur les écrans,
08:04c'est le smartphone
08:05car c'est un écran total
08:06et à l'intérieur du smartphone,
08:07ce sont les réseaux sociaux
08:08qui sont les applications
08:09les plus toxiques
08:11et c'est là,
08:11à mon avis,
08:12qu'il faut agir
08:12sur ces réseaux sociaux
08:14en trouvant la bonne méthode
08:15pour à la fois éduquer,
08:17qu'on puisse ouvrir les yeux
08:18sur la situation
08:18et se prémunir
08:20avec discernement
08:21sur la manière
08:22dont ces outils
08:22font partie de nos vies.
08:24Oui, parce que tout
08:25n'est pas acheté quand même
08:26et je vais rebondir
08:27sur la remarque
08:28d'une de nos téléspectatrices
08:29parce qu'on fait appel
08:29aux téléspectateurs
08:30avant cette émission
08:31et on a cette remarque
08:32de Céline de Trouville-sur-Mer
08:34qui dit
08:34j'entends beaucoup parler
08:35des effets néfastes
08:35des réseaux sociaux
08:36pour la jeunesse
08:36mais est-ce qu'il n'offre pas
08:38également de formidables
08:39opportunités,
08:40qu'elles soient sociales,
08:41créatives, professionnelles,
08:45de passion commune,
08:46de pouvoir communiquer
08:47avec des gens
08:47dans le monde entier,
08:48de s'informer parfois justement.
08:50C'est vrai qu'on peut aussi
08:51parfois voir le verre
08:52à moitié plein,
08:53Serge Tisseron ?
08:54Oui, alors on évoquait
08:56le durcissement des algorithmes.
08:59Les réseaux sociaux aujourd'hui,
09:01souvent ils n'ont plus
09:02de réseaux sociaux
09:02que le nom.
09:03D'ailleurs TikTok,
09:04appelé réseau social,
09:05n'a jamais été un réseau social.
09:06C'est un espace
09:06d'information,
09:07de divertissement
09:08et c'est une évolution générale.
09:09Facebook a changé
09:10ses algorithmes justement
09:11en disant explicitement
09:13qu'il voulait évoluer
09:14vers un espace
09:15de divertissement
09:16et d'information.
09:17De toute façon,
09:18les échanges
09:19sur les réseaux sociaux
09:20n'ont jamais permis
09:21la construction
09:22de quelque chose ensemble.
09:24Ça n'a jamais été
09:25des outils
09:25pour que des jeunes
09:26se rassemblent
09:27et imaginent
09:27et créent.
09:28Ça a été plus des outils
09:29d'échange,
09:30de documents
09:31qui ont été trouvés.
09:32On scrolle des vidéos,
09:33on en trouve une amusante,
09:34hop, on l'envoie aux copains.
09:35Mais souvent,
09:37les échanges se réduisent
09:39à envoyer des trucs
09:41qui nous ont surpris,
09:43des bouts d'information.
09:43Il y a une forme de partage quand même.
09:44Il y a une forme de partage
09:45et après,
09:46des commentaires réduits
09:47à quelques émoticônes.
09:49Donc, si vous voulez,
09:49il ne faut pas quand même
09:50se laisser emporter
09:52par l'expression
09:53réseau social.
09:53Non,
09:54ils ne sont plus vraiment
09:55des réseaux sociaux.
09:56Alors,
09:56c'est dit,
09:57oui, bien sûr,
09:57ils trouvent quand même
09:58la possibilité d'échanger
09:59parce que vous savez,
10:01les adolescents,
10:02ils sont fondamentalement
10:03accros à leurs potes
10:04avant d'être accros aux écrans,
10:06avant d'être accros aux smartphones,
10:07ils sont accros à leurs potes.
10:08Donc,
10:09il faut qu'ils les retrouvent,
10:10il faut qu'ils parlent avec eux.
10:11Dans ma génération,
10:13quand on sortait de l'école,
10:14on se raccompagnait
10:15les uns chez les autres,
10:16on discutait des heures
10:17et nos parents ne nous disaient rien,
10:18on rentrait deux heures
10:19après l'heure de fin de l'école,
10:21pas de problème.
10:21Aujourd'hui,
10:22vous savez que beaucoup de jeunes
10:22sont quand même géolocalisés,
10:24ils sont obligés
10:25de rentrer très vite
10:26et qu'est-ce qu'il fait
10:27le jeune qui arrive à la maison ?
10:28Il va sur les réseaux sociaux
10:29pour essayer
10:30de retrouver ses copains.
10:32Je voudrais dire aussi
10:32par rapport au Covid,
10:33parce qu'on évoque souvent
10:34le Covid
10:35comme un moment
10:36où on a eu beaucoup recours
10:38aux eaux numériques,
10:39qu'on s'est habitués aux eaux numériques.
10:40Il ne faut pas oublier
10:40quelque chose dans le Covid,
10:42c'est que la génération
10:42des ados aujourd'hui,
10:44c'est une génération
10:45qui avait entre 8 et 10, 11 ans
10:47au moment du Covid.
10:48Or, c'est une tranche d'âge
10:49extrêmement importante
10:51pour l'apprentissage
10:52de la socialisation.
10:53Comment gérer
10:53ses propres émotions
10:55et les émotions
10:55de ses interlocuteurs ?
10:57Voilà une génération
10:57qui a été confinée
10:59exactement dans la tranche d'âge
11:01où on apprend
11:01la socialisation.
11:03Donc, c'est vrai
11:03qu'aujourd'hui,
11:04il y a un effet algorithme,
11:05mais il y a aussi un effet
11:07non-apprentissage
11:08de la socialisation.
11:09Ils ont peur des émotions.
11:11Et on le voit,
11:11on en dira peut-être un mot,
11:13on voit avec les intelligences
11:13artificielles,
11:14beaucoup de jeunes
11:15utilisent énormément
11:16Chapulipiti, notamment,
11:18pour faire des messages
11:20dénués de toute émotion
11:21dans leur relation
11:22parce qu'ils ont peur
11:23des émotions.
11:24Donc, ça aussi,
11:25il faut en tenir compte
11:26dans l'aggravation
11:27de la situation.
11:28Il y a aussi cet élément-là.
11:29Face à un phénomène
11:30qui nous dépasse un peu,
11:31la tentation est grande
11:32et réelle
11:33d'interdire purement
11:34et simplement.
11:35Un projet de loi
11:36va être débattu au Parlement,
11:37un texte qui comprendrait
11:38deux articles,
11:40interdiction des réseaux sociaux
11:41au moins de 15 ans
11:41dès la rentrée prochaine,
11:42élargissement au lycée
11:44de l'interdiction
11:44de l'usage du téléphone portable.
11:46Avant de vous entendre
11:46sur le sujet
11:47et d'entendre vos mesures,
11:50Catherine Morin de Sailly
11:50et celle de votre proposition de loi,
11:52je voudrais que l'on parle
11:53de la faisabilité.
11:54Oui ou non,
11:55est-ce simplement possible
11:58de vérifier l'âge
11:59des utilisateurs
12:00et donc de l'interdire
12:01aux plus jeunes ?
12:02Apparemment, oui,
12:04et c'est une responsable
12:04de méta qui nous dit dans le film.
12:06L'âge pour accéder
12:07à Facebook,
12:08à Instagram
12:08et à WhatsApp
12:09est de 13 ans.
12:11Malheureusement,
12:11certains d'entre eux mentent.
12:13À partir du moment
12:13où on a un doute,
12:15nous avons la possibilité
12:16de contrôler l'âge
12:17aussi bien en demandant
12:18la carte d'identité
12:19qu'en utilisant encore une fois
12:21l'IA.
12:22Nous avons une partnership
12:23avec Yoti
12:23qui est une start-up
12:25très avancée
12:25qui, effectivement,
12:27à travers un selfie
12:28que nous allons demander
12:29à l'utilisateur
12:29de nous envoyer,
12:31va pouvoir comprendre
12:32si les traits
12:33de cette personne
12:34correspondent
12:34à l'âge
12:36que cette personne
12:36dit d'avoir.
12:38Partie des forces
12:39de ce film,
12:40c'est d'être allé
12:41interroger quand même
12:41des responsables
12:42de ces plateformes,
12:43Meta et YouTube.
12:44Catherine Morin-Dessailly,
12:45on apprend donc
12:45que c'est possible
12:46pour les plateformes
12:47de vérifier l'âge,
12:48de l'interdire.
12:49En fait,
12:49elles ont du pouvoir.
12:51Bien sûr,
12:51souvent on met en avant
12:52que ce n'est pas possible
12:53pour justifier
12:54en fait toute règle
12:55de vie
12:56par rapport à cela.
12:58Nous,
12:58ce que nous proposons,
12:59ce n'est pas
12:59l'interdiction
13:00pure et simple,
13:01dénuée d'ailleurs
13:03d'éléments contextuels.
13:04Tout ce qu'on a dit ici
13:05est tout à fait important.
13:08Il peut y avoir
13:08des usages positifs
13:09des écrans.
13:10Le tout,
13:11c'est d'apprendre
13:11à s'en servir,
13:12de bien s'en servir
13:13un usage raisonné
13:14et puis apprendre aussi
13:15à s'en passer.
13:17Mais je crois
13:17que ce qui est important,
13:19c'est aussi
13:20dans ce dialogue
13:22nécessaire
13:22entre les enfants
13:23et leurs parents
13:24qui eux-mêmes
13:25ont leurs pratiques numériques
13:26qui sont regardées
13:28par les enfants.
13:29Les enfants vont s'inspirer
13:30aussi du comportement
13:31de leurs parents.
13:32C'est-à-dire qu'ils parlent
13:33de technoférence,
13:34mais bien sûr,
13:34il faut mettre ça en avant
13:35qu'avant tout,
13:36il faut que nous posions
13:37tous la question
13:38de notre rapport
13:39aux écrans,
13:39aux réseaux sociaux,
13:40dans quelle société
13:41on va évoluer,
13:43quel impact ça a nous-mêmes
13:44sur nos propres facultés
13:45de concentration,
13:46de socialisation,
13:47etc.
13:48Donc,
13:48que dit notre texte ?
13:49Il n'interdit pas
13:50exabrupto,
13:51ça n'a pas de sens.
13:52D'ailleurs,
13:52pour être appliqué,
13:53ce serait certainement compliqué.
13:55On peut rendre
13:55les plateformes redevables
13:56d'un certain nombre
13:57de choses.
13:58Mais un,
13:58on rappelle les 13 ans
14:00parce que ce n'est pas
14:01toujours justement vérifié
14:02par Facebook,
14:03notamment Meta,
14:04en tout cas,
14:05qu'il s'agit d'enfants
14:08qui ont moins de 13 ans.
14:09Et entre 13 et 16,
14:10ce que l'on veut,
14:11c'est que soit vérifiée
14:13l'autorisation des parents
14:15à ce que leurs enfants,
14:16leurs adolescents
14:17s'inscrivent sur les réseaux sociaux.
14:18D'accord,
14:19donc c'est la majorité numérique
14:20à 13 ans,
14:20c'est ça que vous proposez ?
14:21Oui,
14:21et c'est surtout
14:22entre 13 et 16,
14:24je tiens vraiment à le dire,
14:25il faut l'assentiment des parents,
14:27l'autorisation explicite
14:29vérifiée des parents
14:29pour que leurs jeunes
14:30puissent s'inscrire.
14:31Pourquoi ?
14:32Parce que ça forcera
14:33les parents à se responsabiliser
14:34et discuter avec leurs enfants
14:36du bon usage
14:37des réseaux sociaux,
14:38en tout cas,
14:38de la régulation
14:39de cet usage.
14:41L'interdire exabrupto,
14:43ce serait nier
14:43que nous sommes
14:44dans un monde d'écran,
14:45le jeune est confronté
14:46de toute façon aux écrans,
14:48ils sont partout,
14:48notre société est digitale,
14:50donc il faut regarder aussi
14:51la réalité.
14:51Même l'école,
14:52les y poussent.
14:52Voilà,
14:53en revanche,
14:54il faut des règles de vie,
14:55d'hygiène numérique,
14:58voilà,
14:58pour la qualité de vie.
15:01Mais encore une fois,
15:02je crois qu'il y a
15:03une responsabilité collective
15:05dans cette affaire
15:05qui est essentielle
15:07de réaffirmer.
15:08Et puis,
15:09il y a la formation
15:10des formateurs,
15:11il y a la formation
15:12et la formation
15:12de tous les adultes
15:14qui gravitent
15:14vraiment autour de l'enfant.
15:16On va y venir
15:16parce que c'est le volet préventif
15:17de votre voix
15:17qui est très intéressant
15:18et on va y venir.
15:20Mais déjà,
15:20cette interdiction,
15:21majorité numérique,
15:2213 ans, 15 ans,
15:23qu'est-ce que vous en pensez,
15:24Gilles Verne ?
15:24C'est véritablement
15:26une question,
15:26simplement dans le sens
15:27où ces outils
15:28sont tellement addictifs.
15:29C'est comme un peu
15:30les drogues,
15:30on les interdit,
15:31les enfants sont fragiles,
15:32donc c'est une tentation.
15:34En même temps,
15:34quand on est pragmatique
15:35et qu'on connaît
15:36l'adolescence transgressive
15:38qui va véritablement
15:39tout faire
15:40pour trouver des moyens
15:41de contourner ces interdits,
15:43l'applicabilité
15:45n'est pas évidente.
15:47Moi, je suis aussi
15:47pour occuper le terrain,
15:49c'est-à-dire
15:49amener les enfants
15:51et pas sur un smartphone,
15:53sur un ordinateur
15:54parce que l'usage
15:54de l'ordinateur
15:55n'a rien à voir
15:56avec l'usage du smartphone.
15:57Ça a été dit,
15:58mais ça,
15:58c'est quelque chose
15:59que les parents
16:00ne peuvent pas comprendre.
16:00L'ordinateur,
16:00c'est un outil de travail.
16:01Il y a un clavier,
16:02il y a du langage,
16:03il y a des lettres,
16:04il y a tout l'usage
16:05et les frottements
16:08sont beaucoup plus grands
16:09et on n'a pas tout le temps
16:10sur soi.
16:10Donc, ça ne crée pas
16:11le même habitus.
16:13Mais investir ce champ-là
16:14pour que les enfants
16:15apprennent aussi
16:16avec ces outils
16:17en complément du reste,
16:20mais ce que je regrette,
16:21c'est qu'on les laisse
16:22en pâture à des réseaux
16:24qui sont structurés
16:25pour capter l'attention
16:26et pour capter l'attention
16:27des gens,
16:28on n'appuie pas nécessairement
16:29sur ce qui est plus élevé
16:30en eux.
16:30Ah, ça, c'est sûr.
16:31Le conflit,
16:32la violence,
16:33le sexe,
16:34des choses
16:34qui captent l'attention
16:35et les algorithmes
16:38n'ont pas le moral.
16:38J'aime bien dire aux élèves
16:40à qui je parle,
16:40aux collégiens,
16:41mais mettez-vous dans la tête
16:42que les réseaux n'en ont
16:43rien à faire
16:44de votre santé morale
16:45et physique.
16:46Si vous ne dormez pas,
16:47ils sont contents.
16:48Bien sûr.
16:49Cette interdiction,
16:49elle fait débat quand même,
16:50François Salciel.
16:51On entend 13 ans, 15 ans,
16:52il y a l'Australie
16:53qui a interdit
16:54au moins de 16 ans.
16:55Qu'est-ce qu'il faut en penser ?
16:57Alors, c'est une vaste question.
16:58Moi, personnellement,
16:59je pense aussi
16:59que l'interdiction
17:00ne va pas servir à grand-chose
17:01puisque qui dit interdiction
17:02dit contournement
17:03et on sait très bien
17:04que l'adolescent
17:05est en recherche de sociabilité.
17:06Il faut bien qu'il y ait
17:07des espaces.
17:07On disait tout à l'heure,
17:09ils rentrent de l'école,
17:09on laisse moins les enfants
17:10dans la rue
17:11parce qu'on a peur.
17:12Puis après tout,
17:13on avait la télé à une époque.
17:14On disait la même chose
17:15de la télévision.
17:15Exactement.
17:16On se dit la rue est dangereuse
17:17donc vite rentrer à l'intérieur,
17:18ce qu'on appelle
17:18les enfants d'intérieur.
17:19Les enfants d'intérieur,
17:20on leur dit maintenant
17:20tu n'as plus le droit
17:21aux réseaux sociaux.
17:22Super.
17:22Sauf qu'à un moment donné,
17:23si on coupe tous les écrans,
17:24il faut aussi les remplacer.
17:25Il est remplacé par quoi ?
17:26Par des alternatives désirables.
17:27Donc là où il y aurait
17:27un sujet à mon sens
17:28de politique publique forte,
17:30c'est de faire en sorte
17:31que les enfants
17:31retournent dans la rue,
17:32retournent dans un espace physique,
17:34retournent dans la rencontre
17:35des uns avec les autres.
17:36Faire du sport.
17:36Exactement.
17:37Mais pour ça,
17:37il faut que ça soit attractif aussi.
17:38Et puis il faut des moyens.
17:39Il faut que ça soit disponible,
17:40attractif pour susciter l'envie
17:41parce qu'en fait,
17:42ça ne suffit pas d'interdire,
17:43il faut proposer quelque chose
17:44à la place.
17:45Sinon, si on interdit
17:46en ne proposant rien,
17:46qu'est-ce qu'on va faire ?
17:47On va essayer de retourner
17:55dès les terres des plateformes.
17:56Ça a été documenté.
17:56On le sait tous,
17:57on ne peut plus rien
17:58attendre des GAFAM.
17:59Ça fait 10 ans
18:00qu'ils nous disent
18:01on s'excuse,
18:02on s'excuse, pardon.
18:03D'ailleurs aujourd'hui,
18:03ils ne nous disent même plus
18:04on s'excuse
18:04parce qu'on est arrivé
18:05avec un Donald Trump
18:06qui est retourné au pouvoir
18:07avec un techno-pouvoir
18:08très fort
18:09et une volonté dérégulatrice
18:10assumée.
18:11Ils ne cherchent même plus
18:11à faire semblant.
18:12En même temps,
18:13ils faisaient semblant
18:13en disant on s'excuse.
18:15Aujourd'hui, ils disent
18:15on continue comme ça
18:16et surtout on impose notre loi.
18:18Donc un,
18:18on ne peut plus
18:19leur faire confiance.
18:19Donc on a un texte
18:20en Europe
18:22qui s'appelle le DSA
18:22qui déjà
18:23dans l'intérieur du texte
18:25oblige à la meilleure modération,
18:27à une transparence algorithmique
18:28et on n'arrive pas
18:29à l'appliquer
18:29parce que c'est un bras de fer
18:30entre l'Union européenne
18:32et les enjeux économiques.
18:33Donc je trouve
18:34que l'interdiction
18:34est une manière
18:35de contourner
18:37notre impuissance réglementaire
18:39et d'essayer de dire
18:40on va interner
18:41aux jeunes de l'utiliser
18:41parce que nous,
18:42Commission européenne,
18:43on n'arrive pas
18:43à faire changer
18:44le modèle algorithmique
18:45parce que les réseaux sociaux
18:46en soi,
18:46ce n'est pas quelque chose
18:47de négatif.
18:48Je veux dire,
18:48le système de pouvoir
18:50se parler les uns
18:50avec les autres
18:51sur une messagerie,
18:51ce n'est pas forcément négatif.
18:52Ce qui est négatif,
18:53c'est l'économie délétère
18:54qu'il a sous-temps.
18:56Et pourtant,
18:57les parents seraient
18:57presque en attente
18:58de cette interdiction officielle.
19:00Il y en a qui sont
19:00tellement désarmés.
19:01Et oui,
19:02les parents sont très démunis
19:04et le discours officiel
19:05ne leur donne le choix
19:06qu'entre deux choses,
19:07le statut court,
19:08on continue comme avant
19:09ou alors l'interdiction
19:10absolue et totale.
19:12Donc on arrive au fait
19:13que même des adolescents
19:14disent qu'ils préféraient
19:15qu'on leur interdise.
19:17Une majorité de parents
19:18se prononce pour le fait
19:19que les interdits...
19:20Comme des drogués, en fait,
19:21qui se demandent
19:21est-ce que finalement
19:22on les éloigne
19:22de leur source d'addiction.
19:24Une majorité de parents
19:25se prononce même
19:25pour le fait
19:26que les écrans
19:26sont interdits avant 6 ans,
19:27alors que les seuls écrans
19:28que les enfants voient
19:29avant 6 ans,
19:30c'est à la maison.
19:31Donc les parents
19:31n'ont pas besoin
19:32d'une interdiction officielle.
19:33Le grand problème,
19:34ce que je crains
19:35avec cette interdiction
19:35absolue et totale
19:36dans le projet de M. Macron,
19:38c'est que ça transforme
19:39les parents en gendarmes
19:40de leurs enfants.
19:41Les parents,
19:41c'est quand même
19:42les éducateurs
19:43de leurs enfants.
19:44C'est important
19:44qu'ils aient à cœur
19:45de transmettre
19:46à leurs enfants
19:46leurs valeurs propres
19:48et puis tenir compte aussi
19:49de la maturité des enfants.
19:51Certains enfants
19:51sautent une classe,
19:53bon, ils se retrouvent
19:53avec des enfants plus âgés,
19:55vous avez 14 ans et demi,
19:57vous avez sauté une classe,
19:58vous êtes avec des enfants
19:59de 15 ans et demi,
20:00ils ont droit
20:00à avoir les réseaux sociaux
20:02et vous,
20:03vous êtes bon élève,
20:04vous avez sauté une classe,
20:04vous n'avez pas le droit
20:05d'avoir des réseaux sociaux,
20:06tout le monde les a autour de vous.
20:07Donc si on considère
20:08la loi dans le détail,
20:09on s'aperçoit très vite
20:10que le diable est dans les détails,
20:12ça ne peut pas marcher,
20:13voilà.
20:13Mais ce qui est important,
20:14c'est de responsabiliser les parents
20:15et Mme Mourin
20:16le disait très bien
20:17parce que les parents,
20:18ils ignorent tout
20:20de ce que font leurs enfants
20:21et lorsque,
20:22comme actuellement,
20:23les enfants à qui on achète
20:24un smartphone,
20:24ils ont accès à tout
20:25instantanément.
20:26Donc les parents
20:27essayent de réguler,
20:28les enfants s'y opposent,
20:29ils gardent leur smartphone
20:29avec eux,
20:30c'est très compliqué.
20:31Mais si tout l'accès
20:33aux réseaux sociaux,
20:34même pourquoi pas
20:35à tous les sites,
20:36était bloqué par défaut
20:37et que les parents
20:38soient amenés
20:39à donner accès
20:40à certaines fonctionnalités
20:42et à des tranches horaires,
20:43eh bien à ce moment-là,
20:45les parents seraient valorisés
20:46dans leur activité,
20:47c'est eux qui auraient
20:48le contrôle de l'éducation
20:50de leur enfant
20:50et je suis sûr
20:50qu'il y aurait beaucoup de débats
20:51parce que les enfants,
20:52évidemment,
20:53ne manqueraient pas d'arguments
20:54pour obtenir tel ou tel service.
20:55Mais ça deviendrait un sujet
20:56de discussion,
20:57de change familial.
20:58Et qu'une campagne d'information
20:59informe les parents
21:01parce que les parents
21:01sont sous-informés
21:02mais on peut utiliser
21:03par voie d'affiches,
21:05par voie de télé,
21:05par voie de reportage,
21:06etc.
21:07Ça ne manque pas de moyens
21:09pour expliquer aux parents
21:10voilà, maintenant,
21:11vous avez la main,
21:12voilà ce que vous pouvez faire.
21:14C'est justement
21:15ce que nous proposons
21:15dans notre texte de loi.
21:16Votez encore une fois
21:17à l'unanimité ici au Sénat.
21:19J'espère que la procédure accélérée
21:20va faire qu'il soit
21:21rapidement voté
21:22à l'Assemblée nationale.
21:23Nous proposons
21:24une campagne massive
21:25d'information et de formation.
21:27Les trois ministères concernés,
21:29numérique,
21:29éducation, santé,
21:31voilà,
21:31sur les écrans
21:32et qu'on trouve partout
21:33des messages
21:34clairs, précis,
21:35adaptés aussi
21:35à chaque transgère.
21:36Oui, j'ai noté
21:37vos mesures de prévention.
21:38Formation des professionnels
21:39de santé de la petite enfance,
21:40messages de prévention des risques
21:41sur les emballages
21:42des smartphones,
21:43ordinateurs et tablettes.
21:44Et tous les écrans
21:45et les jouets
21:46parce que vous avez des jouets
21:46avec des écrans partout.
21:48Action de prévention en PMI,
21:49donc protection maternelle
21:50et infantile,
21:51et action de prévention
21:52à l'école
21:52et en médecine scolaire.
21:53C'est une mesure globale.
21:55C'est un plan systémique
21:56en réalité.
21:57Problème global,
21:58mesure globale.
21:59Oui.
21:59En fait, tous les adultes
22:02qui gravitent
22:02autour de l'enfant
22:03depuis sa naissance,
22:04en réalité,
22:05jusqu'à la majorité
22:07à 18 ans,
22:08doivent être formés
22:09et informés.
22:10Et ce que je propose
22:11qui rebondit
22:13sur ce que explique
22:14Serge Tisseron
22:16que les parents
22:16aient des espaces
22:18de discussion,
22:18c'est que dans chaque école,
22:20chaque établissement,
22:21il y ait dans le cadre
22:22du projet d'établissement
22:23un projet de vie numérique.
22:25Parce que quand vous avez
22:26voté ce projet
22:27ensemble au Conseil de l'Émise
22:28de la France,
22:28vous y trouvez
22:29toutes les parties prenantes.
22:30Il y a à la fois
22:31les élèves,
22:32les soignants,
22:33les chefs d'établissement,
22:34il y a les collectivités
22:35territoriales qui équipent,
22:36pourquoi elles équipent,
22:37il faut qu'elles sachent
22:37aussi pourquoi,
22:38et puis il y a les parents.
22:39Et les parents peuvent trouver
22:40là un outil,
22:42en fait,
22:42un appui qui,
22:44après,
22:44se décline aussi
22:45dans le cadre
22:45du projet éducatif
22:46territorial,
22:47parce qu'il y a aussi
22:48les centres de loisirs,
22:49les garderies,
22:50et donc il y a
22:50une approche systémique.
22:51Il y a aussi
22:52une question d'autorité.
22:54Moi, c'est quelque chose
22:55qui me frappe
22:55en tant qu'enseignant,
22:59en défaut d'autorité.
23:00Le numérique a mis à mal
23:02l'autorité parentale,
23:03semblant parce que les enfants,
23:05et d'ailleurs a mis à mal
23:06plein d'autorités institutionnelles,
23:08puisqu'on a accès
23:08à plein d'informations
23:09qui passaient avant
23:11par l'enseignant,
23:12le parent,
23:13tel sachant.
23:14Là, aujourd'hui,
23:15grâce à Internet,
23:15on a tout.
23:16Mais plus globalement,
23:17l'autorité est mise à mal
23:18et souvent,
23:19beaucoup de parents
23:19ne se sentent pas légitimes
23:21pour imposer des règles.
23:24Il faut les aider.
23:25Ça a été l'objet
23:26de mon film,
23:27mais aussi,
23:28ce qui était frappant
23:28dans le film,
23:29où vous avez dit
23:29qu'on interrogeait
23:30les parents,
23:30tout à fait,
23:31c'est que,
23:32je ne l'avais pas mis dedans,
23:33mais ils ont dit,
23:34ça nous a fait du bien
23:35que le prof,
23:36ou la maîtresse,
23:37peu importe,
23:38adresse ce sujet
23:39avec autorité,
23:40parce qu'à la maison,
23:41ça nous aidait pour dire,
23:42non mais on te l'a dit
23:43à l'école,
23:43on te l'a bien dit,
23:44donc maintenant,
23:45c'est stop.
23:46Parce que des parents,
23:47et c'est étonnant,
23:48on peut un peu tous,
23:49moi je suis parent,
23:50moi aussi,
23:50je me retrouve pris en défaut,
23:52mon fils me truande
23:54par-ci par-là.
23:54On les touche !
23:56On est tous en défaut
23:58dans notre autorité,
23:58mais il faut la rasseoir,
23:59et plus,
24:00les enseignants
24:01ont aussi une parole
24:02d'autorité à tenir
24:03vis-à-vis des parents
24:05pour les soutenir
24:06et sans jugement,
24:08mais il s'agit quand même
24:09de l'avenir
24:10quand ils comprennent
24:10que c'est l'avenir
24:11de leur enfant.
24:11Il ne s'agit pas
24:12de culpabiliser
24:13ou de faire des leçons
24:13de morale,
24:14mais effectivement,
24:14est-ce qu'on n'a pas tous
24:15au fond besoin
24:16d'accompagnement
24:16et de formation ?
24:18Je vais vous laisser
24:18me répondre juste après
24:19ces deux points de vue
24:20exprimés justement
24:21sur ce sujet dans le film.
24:22Les parents,
24:25clairement,
24:25expriment le fait
24:26que la question
24:27de la gestion
24:28des pratiques numériques,
24:30des écrans,
24:30des usages numériques,
24:31peu importe le terme
24:32qu'on donne,
24:33est aujourd'hui vécue
24:34comme la première
24:35difficulté éducative
24:37pour les parents
24:37devant les questions
24:39relatives à l'école,
24:40à l'alimentation,
24:42à la santé.
24:42Alors,
24:43est-ce qu'ils sont démunis ?
24:45Ce qui est sûr,
24:46c'est que c'est vraiment
24:47une difficulté,
24:48c'est vécu
24:48comme une difficulté.
24:49On a besoin
24:52de penser
24:53un parcours
24:54de parentalité
24:54qui serait du même ordre
24:56qu'un parcours
24:57finalement
24:58d'accompagnement
24:59de la préparation
25:00à l'accouchement.
25:02On s'aperçoit
25:03que les parents
25:03sont devenus
25:04centraux sur cette question.
25:05Bien sûr,
25:06parce qu'on parlait
25:07justement de la technoférence,
25:08la technoférence
25:09c'est la manière
25:09dont ces outils
25:10interfèrent dans nos relations
25:11et c'est en ça
25:12où on a tous besoin
25:13de se mettre ensemble.
25:14Je crois que
25:14depuis quelques minutes
25:15on partage toutes
25:16la même solution
25:16qui est celle du partage
25:17et c'est en ça
25:18où je pense
25:18que la question
25:19de l'interdiction
25:19peut avoir un effet
25:20contre-productif
25:21c'est-à-dire
25:21qu'il stigmatise
25:22les pratiques des jeunes.
25:23Or, encore une fois
25:24c'est des pratiques communes
25:25et on n'a pas
25:25beaucoup de problématiques
25:26communes
25:26dans notre société.
25:28Là, on a quand même
25:28un sujet
25:28qui touche
25:29adolescents,
25:30parents,
25:30toutes les classes sociales,
25:32tous les genres
25:32et même on pourrait dire
25:33tous les pays du monde
25:34d'une certaine manière
25:35et toutes les générations.
25:36Donc faisons justement
25:37de ce problème commun
25:38et arrivons ensemble
25:39à trouver des solutions communes
25:40et une des premières
25:41c'est justement
25:42le partage.
25:43C'est-à-dire que
25:43quand on dit
25:44que les parents
25:44ils ne savent pas
25:46ce que font exactement
25:47leurs enfants sur les écrans.
25:48C'est vrai.
25:48Nous dans le livre par exemple
25:49on donne un petit conseil
25:50et on dit
25:50quand vous posez
25:51la question à votre enfant
25:53à votre adolescent
25:53comment s'est passée ta journée
25:54on pourrait aussi
25:55comment s'est passée ta journée
25:56en ligne.
25:58Ça veut dire
25:58qu'est-ce que tu as fait en ligne ?
25:59Qu'est-ce que tu as vu
26:00d'intéressant ?
26:01Qu'est-ce qui t'a choqué ?
26:03Est-ce que tu as peut-être
26:03perdu ton temps
26:04pendant deux heures ?
26:04Est-ce qu'on peut faire
26:05un analyse critique ?
26:05Entre nous
26:06pour avoir testé
26:07moi je me prends
26:07des réponses du genre
26:08oui oui
26:09j'ai regardé des vidéos
26:10on ne rentre pas
26:12dans le détail
26:12parce que l'enfant
26:13évidemment met aussi
26:14une barrière
26:15c'est son univers
26:16c'est son ailleurs
26:16il y a son jardin secret
26:17qu'il faut préserver
26:18mais par contre
26:18je pense que l'idée
26:19c'est de faire des écrans
26:20un terrain de partage
26:21et un terrain de discussion
26:22donc on peut trouver des jeux
26:23on peut dire
26:23tiens montre-moi
26:24ton youtubeur préféré
26:25et moi je te montrerai
26:26un bon film que j'ai aimé
26:26l'idée en fait
26:27et ça on le sait très bien
26:29que le rapport aux écrans
26:29il diffère à partir du moment
26:30où on passe d'un écran
26:31individualisé à un écran partagé
26:33dès qu'on partage l'écran
26:33ça change beaucoup de choses
26:34même si vous regardez
26:35un dessin animé
26:36avec votre enfant
26:37même de 3 ans
26:37de 4 ans
26:38et que tu lis
26:39qu'est-ce que tu vois
26:39qu'est-ce que tu as aimé
26:40pourquoi c'est drôle
26:41pourquoi c'est stupide
26:42ça change tout
26:42et en fait je pense que
26:43ça peut marcher
26:44non pas par l'interdiction
26:45mais par une idée
26:45qui est de dire
26:46faisons un contrat ensemble
26:47parents et enfants
26:48en se disant
26:48là le téléphone
26:49on le met de côté
26:50pendant 2 heures
26:50à cet endroit là
26:51là on se déconnecte
26:52et surtout
26:53on prend plaisir à la déconnexion
26:54si la déconnexion devient punitive
26:56ça ne marchera pas
26:57si la déconnexion devient
26:58un plaisir
26:58voire une joie
26:59vous savez on parle beaucoup
27:00du faux mot
27:00fear of missing out
27:01nous on prend le jomo
27:02la joie d'être déconnecté
27:04et si les adolescents
27:05qui sont très conscients
27:06d'ailleurs
27:06de la manière dont ces outils
27:08les perturbent
27:09peuvent se dire
27:09bah tiens pendant une heure
27:10je vais me déconnecter
27:11parce que je vais donner
27:11de la valeur
27:12au moment que je vis
27:13quand il n'est pas parasité
27:15par les écrans
27:15Gilles Verne
27:15un des grands enjeux
27:17pour moi
27:19et qui a été
27:19l'objet de mon film
27:22finalement
27:22c'est la perte de langage
27:24que j'observe
27:24ou la réduction
27:25du vocabulaire
27:26et du langage
27:27elle est liée
27:28beaucoup
27:28à cette rupture
27:30de l'échange langagier
27:31que vous prenez
27:33et qui est fondamentale
27:35mais il s'est assez peu
27:36conscientisé
27:37quand j'en parle aux familles
27:38en expliquant
27:39comment apprendre
27:40à parler sans parler
27:41c'est le bon sens
27:42que ce lien
27:44parce qu'il y a
27:45non seulement le langage
27:45mais aussi il y a
27:46le lien empathique
27:47c'est à dire
27:47que quand on parle
27:48il y a les deux
27:50qui se jouent
27:50et les deux
27:51sont un peu
27:52si on y prend garde
27:53et là aussi
27:54c'est une affaire
27:55d'éducation
27:55de prévenir
27:56les parents
27:57de leur faire
27:57conscientiser l'enjeu
27:59qui est à la fois
28:00le langage
28:01qui va déterminer
28:01de manière considérable
28:03l'avenir de leur enfant
28:04et du monde
28:05et du monde
28:06et du monde
28:06oui
28:07notre civilisation
28:08au commencement
28:09était le verbe
28:09et puis
28:10et l'affect aussi
28:12et donc
28:13et ça c'est donc
28:14cette idée
28:14de regarder
28:15de rétablir
28:16le lien
28:17de sanctuariser
28:18des moments
28:19dans la famille
28:19où il n'y a pas
28:21d'écran
28:21et c'est pas
28:22besoin que ça dure
28:22trois heures
28:23si c'est une heure
28:24de qualité
28:25c'est déjà beaucoup
28:26Serge Tisseron
28:26oui
28:27on a dit
28:28plusieurs fois
28:28la proposition
28:30de loi
28:30actuelle
28:31du gouvernement
28:31elle ignore
28:32la place
28:33de l'éducation
28:33elle ignore
28:34la place
28:35des alternatives
28:36que les jeunes
28:36puissent faire autre chose
28:37notamment en famille
28:38mais elle ignore aussi
28:39le problème
28:40de la petite enfance
28:41puisqu'on a évoqué
28:41le mot technoférence
28:42peut-être pour des gens
28:43qui ne vous écoutent
28:44pas très clair
28:44la technoférence
28:45elle commence
28:45dans le fait
28:46que lorsqu'une maman
28:47vient d'accoucher
28:49et bien souvent
28:49elle attend
28:50d'abord
28:51d'avoir eu le temps
28:53d'envoyer des messages
28:54sur les réseaux sociaux
28:54pour dire
28:56c'est le plus beau jour
28:57de ma vie
28:57et quand elle a rempli
28:58ses listes de diffusion
28:59de la phrase
29:00c'est le plus beau jour
29:00de ma vie
29:01elle accepte
29:01de prendre son bébé
29:02et ensuite
29:03ça va continuer
29:03comme ça
29:04c'est-à-dire que
29:05les échanges
29:06de la maman
29:07avec les compagnons
29:09les amis
29:09la famille
29:10loin
29:10va passer par le smartphone
29:12et le bébé est à côté
29:13et donc
29:13quand Gregor Bors
29:14parle d'une éducation
29:16au numérique
29:16au moment
29:17parallèle
29:18à l'éducation
29:19à l'accouchement
29:20c'est une idée
29:20très juste
29:21une maman
29:22une maman
29:23est enceinte
29:24et bien ça va changer
29:26votre vie
29:26ah oui j'ai bien compris
29:27et tout
29:27oui mais
29:28et votre smartphone
29:29est-ce que vous y avez réfléchi
29:30et il a été montré
29:31que en fait
29:32ce qui fascine
29:33les tout-petits
29:34dans le smartphone
29:34c'est que le parent
29:35l'ont toujours avec lui
29:36les parents rentreraient
29:37dans la chambre de l'enfant
29:38en jonglant avec deux pommes
29:39l'enfant
29:40dès qu'il verrait une pomme
29:41il aurait envie de l'avoir
29:43c'est évident
29:44et ça on prévoit
29:46dans le texte
29:46parce qu'on a interrogé
29:47aussi
29:48voilà les médecins
29:49les sages-fables
29:51qui préparent les mamans
29:51à la naissance
29:52il faut préparer
29:54à tout ça
29:55je crois que ce qui est
29:56très important aussi
29:57c'est de valoriser
29:58les alternatives positives
29:59la pratique du sport
30:01la pratique de la culture
30:02je crois que dans le cadre
30:04du projet d'école
30:04il faut aussi se reposer
30:05la question du bon usage
30:07des outils numériques
30:09quand, comment, pourquoi
30:10et en même temps
30:11intégrer ça
30:12dans un ensemble d'activités
30:14qui sont nécessaires
30:15à l'épanouissement de l'enfant
30:15comme vous
30:16je m'inquiète aussi
30:17de la perte du geste scriptural
30:19car on note aussi
30:20des difficultés
30:21en matière d'apprentissage
30:22de l'écriture
30:22il y a la lecture
30:23et de dessin
30:24l'écriture et le dessin
30:25donc on voit bien
30:26qu'il faut prendre le projet
30:27à bras-le-corps
30:28il ne suffit pas d'interdire
30:29et de se préoccuper
30:30comme la PPL
30:31de ma collègue
30:32Madame Miller
30:33ou le projet du Président
30:34de la République
30:35que de la question
30:36des adolescents
30:36et des réseaux sociaux
30:39en réalité
30:39c'est ça le sujet
30:41et puis dernier point
30:42je pense qu'il faut aussi
30:44être extrêmement exigeant
30:45par rapport aux outils
30:46que nous utilisons
30:47en tout cas
30:48ces plateformes
30:48et ces réseaux sociaux
30:49à défaut d'avoir
30:50une offre
30:50qu'il faudrait travailler
30:51alternative
30:52avec des modèles économiques
30:53vertueux
30:54et non pas ces algorithmes
30:55toxiques
30:56et d'enfermement
30:57et aussi valoriser
30:59et rechercher
31:00d'autres alternatives
31:01numériques
31:02qui comportent
31:04des contenus
31:04intéressants
31:06on arrive à la conclusion
31:06de cette émission
31:07je voudrais vous faire réagir
31:08à ce chiffre
31:08une étude récente
31:09menée au Royaume-Uni
31:10qui révèle que 46%
31:12des jeunes de 16 à 21 ans
31:14déclarent qu'ils préfèreraient
31:15vivre dans un monde
31:16sans internet
31:17est-ce que finalement
31:19et ce sera votre mot
31:20de conclusion à tous
31:20on va pas vers un avenir
31:21avec effet de balancier
31:22ou peut-être que
31:23on aura tellement eu
31:25de réseaux sociaux
31:25tellement eu d'écrans
31:26qu'à un moment donné
31:26on va avoir une génération
31:27qui va dire stop
31:28je sais pas
31:28Gilles Vernet
31:29disons que c'est difficile
31:31il faudrait qu'elle s'extraît
31:32beaucoup du monde
31:33dans lequel elle vit
31:33donc ça paraît
31:36peu probable
31:37en revanche
31:38ce qui est très
31:39chouette
31:40honnêtement
31:41et qui doit nous
31:41donner
31:42l'espoir
31:43c'est la prise
31:44de conscience générale
31:46qui est réelle
31:47de la population
31:48des parents
31:49moi je fais des conférences
31:50un peu partout en France
31:51à la rencontre des parents
31:52et des enfants
31:53avec des témoignages
31:54bouleversants
31:55sur cette rupture
31:56dont on parlait
31:57empathique etc
31:58mais on en parle
31:59et c'est une prise
32:00de conscience générale
32:01et l'autre aspect positif
32:02qu'il faut vraiment garder
32:03en tête
32:04et ça c'est une invitation
32:04à tous les parents
32:05je suis prof
32:07et je vais retourner
32:09en classe
32:10demain
32:10et la plasticité mentale
32:13des enfants
32:13est fascinante
32:14cette année
32:15par exemple
32:16j'avais des enfants
32:16au début
32:17dont le langage
32:17me semblait
32:18un peu en difficulté
32:20et pour beaucoup
32:21et je les ai nourris
32:23en lisant
32:24en lisant
32:25en lire beaucoup
32:25en parlant
32:26ce que je veux dire
32:27c'est que les enfants
32:28par rapport à des parents
32:29dont les enfants
32:30seraient submergés
32:31par le numérique
32:32qu'ils agissent
32:33avec courage
32:34avec de l'aide peut-être
32:35mais l'enfant
32:37peut revenir
32:38sur des chemins
32:39beaucoup plus vertueux
32:40alors essayons
32:40d'être positif
32:41il faut garder
32:42c'est ça
32:42je pense qu'on a eu
32:43une première décennie critique
32:44d'enchantement
32:45une décennie critique
32:47on est au bout de 20 ans
32:48maintenant
32:49ces réseaux sociaux
32:49ils ont 20 ans
32:50et donc là
32:51on arrive à une forme
32:51de maturité
32:52je pense collective
32:53et des adolescents
32:54les premiers
32:54et donc si on veut
32:55rester positif
32:56je pense qu'on peut
32:56se reposer
32:57sur ce sentiment
32:59quand même
32:59de saturation
33:00par rapport
33:01à cette connexion
33:02et du plaisir
33:03d'être ensemble
33:04vous disiez tout à l'heure
33:04qu'il faut faire corps
33:05je pense que la notion
33:06du corps est importante
33:07l'économie numérique
33:08vous savez
33:08elle a tendance
33:09à invisibiliser les corps
33:10c'est l'économie
33:10de la flemme
33:11on est tous derrière
33:12notre écran
33:12et les choses
33:13viennent à nous
33:13donc il faut remobiliser
33:15notre corps
33:15dans l'espace public
33:16alors pas un corps
33:17qui soit intermédia
33:18avec des écrans
33:18pour essayer
33:19de capter
33:20tous nos footings
33:21ou de photographier
33:22un coucher de soleil
33:23mais justement
33:24le corps
33:25remobilisé
33:25dans un espace public
33:26déconnecté
33:27par le plaisir aussi
33:28d'être déconnecté
33:29ensemble
33:29et dans les résultats
33:31que vous donnez
33:32quand ils disent
33:32un monde sans internet
33:33il ne faut pas penser
33:34à un monde
33:35dans lequel il n'aurait pas internet
33:36un monde dans lequel
33:37personne n'aurait internet
33:38parce qu'on a fait
33:39une enquête
33:39il y a quelques années
33:40les 6-12 ans
33:41qui n'avaient pas encore
33:41de smartphone
33:42on disait
33:42qu'est-ce que vous voudriez
33:43changer dans la vie
33:44ils disaient
33:44que mes parents
33:44arrêtent d'être
33:45sur leur smartphone
33:46quand ils me parlent
33:47et quand on leur disait
33:48mais est-ce que vous leur dites
33:49que vous voudriez
33:49qu'ils posent leur smartphone
33:50ils ne répondaient pas bête
33:51non on ne leur dit pas
33:52parce qu'on espère
33:53que quand on aura le nôtre
33:54ils nous laissent
33:54qu'on faire pareil
33:55mais on a parlé du dessin
33:57moi il y a 20 ans
33:58j'avais dit
33:59il faut développer
33:59la calligraphie
34:00par rapport justement
34:01à l'apparition des ordinateurs
34:02donc le dessin
34:04les jeux de société
34:04on ne l'a pas dit
34:05vous savez beaucoup
34:05de joueurs de jeux vidéo
34:07quand ils arrivent
34:12des jeux de plateau formidables
34:13il faut que la ludothèque
34:14soit beaucoup plus présente
34:15pour montrer aux parents
34:16d'enfants tout petits
34:17qu'il existe aujourd'hui
34:18des jeux collectifs formidables
34:20auxquels on peut jouer
34:20avec des enfants très jeunes
34:21donc il faut entraîner
34:23une valorisation
34:24de toutes les alternatives possibles
34:26parce que les parents
34:27souvent ne les connaissent pas
34:28pour conclure
34:29l'internet c'est le nouveau
34:30terrain d'affrontement mondial
34:31pour la domination du monde
34:33par l'économie
34:33de la connaissance
34:34et l'information
34:35voire la désinformation
34:36donc quel internet
34:38en effet moi
34:40ce que je note aujourd'hui
34:41c'est que
34:42depuis l'arrivée
34:42de Donald Trump
34:43une nouvelle fois
34:44c'est un internet américain
34:46qu'il veut pour le monde
34:48et non pas un internet
34:49partagé
34:50ouvert
34:51qui est reposant
34:51sur des valeurs
34:52justement
34:53librement
34:55tous ensemble
34:56consentis
34:56et aujourd'hui
34:57on parle de balkanisation
34:58de l'internet
34:59on parle aussi
34:59de coupure
35:00de l'internet
35:01nous sommes rentrés
35:02quand même
35:02dans un nouveau monde
35:03où l'internet
35:04que nous avions
35:04en partage
35:06est menacé
35:06d'être dominé
35:07par quelques-uns
35:08qui édictent aussi
35:09des valeurs
35:10et qui peuvent
35:10puisque nous sommes dépendants
35:11complètement
35:12à défaut
35:12de la souveraineté
35:13numérique
35:13nous sommes complètement
35:14démontants
35:14cet internet
35:15qui tente de se redéfinir
35:17en opposition
35:18avec notamment
35:18notre réglementation
35:20le sujet est décidément
35:21central
35:21merci en tout cas
35:22à tous les quatre
35:23d'avoir participé
35:24à cet échange
35:24merci à vous de nous avoir suivis
35:25comme chaque semaine
35:26émission et documentaire
35:27à retrouver en replay
35:28sur notre plateforme
35:29publicsénat.fr
35:30à très vite
35:31merci beaucoup
35:31merci à vous
35:32merci à vous
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