- il y a 2 jours
Les études nationales et internationales ne cessent de nous alerter sur les effets potentiellement dangereux des écrans et de certains contenus associés, à ce moment si particulier du développement des plus jeunes. La crise sanitaire a intensifié notre rapport au numérique, les enfants y ont fait une entrée accélérée et débridée. Les confinements ont également renforcé le sentiment d'isolement des adolescents. Ces formidables vecteurs de communication numérique que sont les smartphones, les consoles de jeu et les tablettes sont aussi devenus les pires ennemis de la santé et de la sécurité de nos enfants.
Au-delà de cet état des lieux de notre société hyperconnectée, ce documentaire aide à comprendre le fonctionnement de notre cerveau et celui des plus jeunes face aux écrans. Il explore les mécanismes de captation de notre attention. Le film propose des solutions concrètes pour aider les parents, les éducateurs et les adolescents à reprendre le contrôle, pour naviguer en toute quiétude dans cet univers complexe. Le film fait aussi le point sur les solutions institutionnelles : l'éducation aux médias, l'aide à la parentalité numérique, la prévention en milieu scolaire, sans oublier la régulation, qui sont en train de s'écrire.
Les Écrans-Rois donne la parole aux lycéens, aux professeurs. La cellule d'écoute du 3018 qui vient en aide aux parents et leurs enfants est un élément clé du film. Des institutions telles que La Maison des adolescents de l'Hôpital Cochin, le Ministère de l'Éducation Nationale et l'Institut de France ont ouvert leurs portes à l'équipe du film. Les géants du numérique, Google, maison mère de Youtube et Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp ont exceptionnellement répondu à nos questions.
Année de Production :
Au-delà de cet état des lieux de notre société hyperconnectée, ce documentaire aide à comprendre le fonctionnement de notre cerveau et celui des plus jeunes face aux écrans. Il explore les mécanismes de captation de notre attention. Le film propose des solutions concrètes pour aider les parents, les éducateurs et les adolescents à reprendre le contrôle, pour naviguer en toute quiétude dans cet univers complexe. Le film fait aussi le point sur les solutions institutionnelles : l'éducation aux médias, l'aide à la parentalité numérique, la prévention en milieu scolaire, sans oublier la régulation, qui sont en train de s'écrire.
Les Écrans-Rois donne la parole aux lycéens, aux professeurs. La cellule d'écoute du 3018 qui vient en aide aux parents et leurs enfants est un élément clé du film. Des institutions telles que La Maison des adolescents de l'Hôpital Cochin, le Ministère de l'Éducation Nationale et l'Institut de France ont ouvert leurs portes à l'équipe du film. Les géants du numérique, Google, maison mère de Youtube et Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp ont exceptionnellement répondu à nos questions.
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00:00:00Musique
00:00:30Il s'est écoulé plus de 3 ans depuis le début de l'écriture de mon livre, démarré juste après le dernier confinement.
00:00:43Bonjour Carole Bien-Aimé-Besse, vous avez été membre de l'Arcom, l'autorité de régulation de l'audiovisuel, et vous venez de publier.
00:00:50Depuis, les études sont venues confirmer une tendance préoccupante que j'avais observée alors.
00:00:55L'aggravation du mal-être des adolescents et des jeunes adultes.
00:01:00De nombreuses personnalités publiques ont pris la parole.
00:01:06Ce phénomène mondial s'est invité dans toutes les conversations.
00:01:10En France, de la prescription de psychotropes chez les jeunes s'est envolée, au point de faire de la santé mentale une grande cause nationale.
00:01:17Nous ferons, si vous voulez bien, de la santé mentale la grande cause nationale.
00:01:22J'ai voulu comprendre d'où venait cette nouvelle épidémie mondiale de dépression.
00:01:26Comprendre le rôle que jouaient les écrans et les contenus associés.
00:01:30Comprendre le rôle des réseaux sociaux, mais aussi des équipementiers.
00:01:34Il faut dire que la crise sanitaire a radicalement modifié notre rapport au numérique,
00:01:39qui s'est imposé comme l'élément indispensable à la survie de notre espèce,
00:01:43qui a sérieusement pensé à ce moment-là qu'elle était menacée d'extinction.
00:01:46En 2020, les enfants ont fait une entrée accélérée et débridée dans le numérique,
00:01:55sans restriction d'âge, d'accès et de temps,
00:01:58pour atteindre la moyenne de 7 heures de connexion par jour pendant les confinements.
00:02:01Je suis donc allée à la rencontre de Cécile Vidil et de ses élèves de seconde au lycée Lucie Aubrac de Courbevoie.
00:02:11Car comment parler des adolescents sans leur donner la parole ?
00:02:14Je me suis donc entretenue avec Adam, Adja, Antonin, Arsène, Aïla, Inès, Margot, Nancy, Romane et Ryan.
00:02:26Je me suis immergée au sein de la cellule d'écoute du 3018,
00:02:30le numéro d'urgence contre le harcèlement et les violences numériques.
00:02:34Je suis retournée voir des psychiatres, des psychologues, des chercheurs en neurosciences,
00:02:39des médecins du sommeil, des sociologues, des experts du numérique,
00:02:42avec lesquels, pour certains, j'ai la chance de travailler depuis longtemps.
00:02:46Je me suis rendue à l'Institut de France pour échanger avec le chancelier,
00:02:50car les académies des sciences, de technologie et de médecine
00:02:54sont les premières institutions publiques à avoir porté un regard scientifique sur la question des écrans
00:02:59et à avoir appelé à un usage raisonné dès 2013.
00:03:03Enfin, Méta et YouTube ont ouvert leurs portes,
00:03:06ce qu'ils font très rarement, pour ne pas dire jamais,
00:03:09afin de faire un point sur ce sujet prégnant de la santé mentale de leurs jeunes utilisateurs
00:03:13et connaître les évolutions techniques de leur plateforme en ce sens.
00:03:19Grand 18, bonjour.
00:03:21Oui, bonjour.
00:03:21Attendez, je vous passe ma fille.
00:03:23Je me suis hors de l'île par les 3e.
00:03:27On m'avait pris aux toilettes pour me donner des cours,
00:03:29on m'a pris mon sac, on m'a pris mon téléphone passé.
00:03:33Et mes lunettes aussi.
00:03:35Je vous appelle parce que j'ai un petit problème.
00:03:38J'ai eu des photos de moi qui ont tourné.
00:03:40Oui.
00:03:41J'aimerais savoir comment on peut les supprimer.
00:03:47Je vous appelle parce que j'ai besoin de soutien.
00:03:52Je suis la maman d'un jeune garçon qui a 11 ans.
00:03:54Et la semaine dernière, par hasard, je m'affaire ça que mon fils est allé sur un site cotien.
00:04:04L'âge du premier smartphone, selon certaines enquêtes, c'est entre 9 et 11 ans.
00:04:09En fait, c'est extrêmement jeune.
00:04:11Les jeunes ont dans la main des smartphones de plus en plus jeunes.
00:04:15Ce qui les confronte de plus en plus jeunes aux réseaux sociaux,
00:04:19à la possibilité de pouvoir recevoir des messages et d'être contactés par n'importe qui.
00:04:29Les premiers équipements, c'est bien au sein de la famille.
00:04:31C'est pour ça que les parents ont un rôle essentiel à jouer.
00:04:33C'est rarement l'enfant qui tout seul va aller s'équiper d'un téléphone portable
00:04:37ou d'une console de jeu, prendre ses petits sous, aller dans un magasin, aller s'équiper.
00:04:40Les parents ont cette responsabilité-là.
00:04:44Et ton téléphone, tu l'as vu à quel âge ?
00:04:46J'ai eu fermé 10-11 ans, en 6 ans.
00:04:51Je crois que j'en ai eu un, je l'ai récupéré de mon père, c'était en CM2.
00:04:55Je me promis, je l'ai eu en quatrième, parce que les parents ne voulaient pas.
00:05:00À partir du moment où on donne un téléphone portable, un smartphone à son enfant,
00:05:05on sait qu'on va l'exposer à des comptes uniques qui potentiellement sont inappropriés
00:05:11par rapport à son âge, qui va accéder à des réseaux sociaux.
00:05:14Et si ce n'est pas sur son téléphone, ça sera sur le téléphone d'un ami, etc.
00:05:17Je dirais aussi que, mine de rien, de plus en plus,
00:05:20on est confronté à des situations de harcèlement sexuel en ligne
00:05:23sur des jeunes de plus en plus jeunes.
00:05:25Je pense à des jeunes filles qui ont 11, 12 ans, 13 ans
00:05:28et qui sont prises dans le piège de pédocriminels.
00:05:31Les parents devraient toujours se poser la question
00:05:34« Pourquoi est-ce que je veux équiper mon enfant ? »
00:05:36La raison première d'acquisition du téléphone portable,
00:05:40c'est parce que les parents sont obligés de se rassurer.
00:05:44Le téléphone portable est rarement la bonne solution.
00:05:46Il y a beaucoup de parents qui disent
00:05:47« Non, mais je vais équiper mon enfant sans connexion Internet. »
00:05:50Mais ça ne tient pas la route.
00:05:51C'est-à-dire que dans les six mois qui suivent,
00:05:53on passe du téléphone portable simple, basique, au smartphone connecté.
00:05:57Avec aussi d'ailleurs parfois une forme de pression,
00:06:01notamment des fournisseurs d'accès qui, malgré tout,
00:06:06une fois que l'équipement existe,
00:06:09ont une pression permanente pour toujours proposer plus
00:06:11de giga octets, d'accès à Internet, etc.
00:06:14Les parents outillent leurs enfants de smartphone
00:06:20pour, en réalité, plus les surveiller.
00:06:24Il y a des systèmes de contrôle, ils se déplacent,
00:06:27les parents s'avouissent à la minute près, etc.
00:06:29Il y a une espèce d'angoisse sécuritaire
00:06:31qui a terriblement augmenté.
00:06:33Et les parents ont trouvé dans le téléphone portable
00:06:35une formidable façon de se rassurer
00:06:37et de contrôler les enfants.
00:06:39Mais les enfants réclament le téléphone
00:06:41pour avoir plus de liberté.
00:06:42Donc là, déjà, on a Jean-Plein quiproquo.
00:06:44J'ai eu un téléphone quand je suis rentrée en sixième
00:06:47parce que mes parents, ils s'inquiétaient du coup
00:06:49du trajet et de mon retour pour rester seule.
00:06:53Mais je ne l'utilisais pas vraiment comme téléphone.
00:06:55Il y a des parents qui, en fait,
00:06:57n'ont pas la possibilité de payer, en fait,
00:07:01une surveillance humaine.
00:07:03Donc, ils vont déléguer au numérique cette surveillance.
00:07:06Il faut bien reconnaître que le téléphone des parents,
00:07:08c'est une très, très bonne babysitter.
00:07:10Et je vois dans ma salle d'attente
00:07:12que beaucoup d'enfants,
00:07:15alors que j'ai quand même plein de livres,
00:07:17sont là avec le téléphone de leurs parents.
00:07:19Et si je veux parler à leurs parents seuls,
00:07:21un petit moment,
00:07:22le réflexe des parents, c'est de leur donner le téléphone
00:07:25pour qu'ils s'occupent et surtout qu'ils soient sages.
00:07:28Je pense aussi que dans l'idée des parents,
00:07:32il faut qu'ils soient les plus performants possibles,
00:07:34les plus intelligents possibles.
00:07:36Donc, il y en a beaucoup qui disent
00:07:37qu'ils font des vidéos formidables,
00:07:40ils font des montages sur des enfants qui sont petits,
00:07:43qui ont 9 ans, quoi.
00:07:45Ils font sûrement des choses très bien.
00:07:47Et ce n'est pas idiot.
00:07:48Mais il y a l'idée que ces outils-là
00:07:51les rendent aussi plus intelligents.
00:07:52On est vraiment dans une époque
00:08:04où il est absolument nécessaire
00:08:06de déconstruire ce milieu digital natif
00:08:08de ces enfants,
00:08:09Genzy, qui seraient nés
00:08:11avec un téléphone portable dans les mains
00:08:13et qui, par conséquent,
00:08:15seraient naturellement compétents
00:08:16pour faire le tri.
00:08:17L'outil en lui-même
00:08:19ne produit pas mécaniquement un bon usage.
00:08:21Donc, en réalité,
00:08:23les parents qui sont dans cette croyance
00:08:25que suréquiper son enfant
00:08:27d'outils ultra performants
00:08:29va compenser peut-être
00:08:33un manque d'accessibilité culturelle,
00:08:36éducatif,
00:08:37non, malheureusement, c'est faux.
00:08:40Cette compétence numérique
00:08:41pour être dans la performance scolaire,
00:08:43elle est très bien documentée
00:08:44par des sociologues
00:08:45qui ont bien montré
00:08:46que les enfants des classes privilégiées
00:08:48savaient très bien mettre le numérique
00:08:50au profit de leur performance scolaire,
00:08:52ce qui n'était pas le cas
00:08:53des enfants moins privilégiés
00:08:54parce qu'il y a aussi quelque chose
00:08:56qui relève de l'imitation
00:08:57et des parents
00:08:59qui savent aussi très bien
00:09:01mettre le numérique
00:09:01au profit de la performance,
00:09:05de la productivité professionnelle.
00:09:07Le fait est qu'aujourd'hui,
00:09:09avec leur téléphone portable,
00:09:11ils aiment plutôt travailler
00:09:12quand ils ont des recherches à faire
00:09:13avec leur téléphone portable.
00:09:15Ça devient pour tout
00:09:16l'objet référence.
00:09:17J'ai eu l'occasion cette année,
00:09:23comme j'étais leur prof principale,
00:09:24d'essayer de réfléchir à tout ça,
00:09:25comment on peut bien réussir au lycée
00:09:27pour arriver à faire une bonne année.
00:09:29Donc, je leur ai fait construire
00:09:30un réussitomètre.
00:09:31Et donc, je leur demandais
00:09:32qu'ils fixent une limite.
00:09:33À partir d'une tende heure
00:09:34de téléphone par jour,
00:09:35là, j'estime que je suis passée
00:09:36dans la zone rouge.
00:09:37Je sais que je mets totalement
00:09:37masculinité en péril.
00:09:39Et il y avait une élève,
00:09:40elle, la limite,
00:09:41elle était à 8 heures.
00:09:42Donc, moi, je me suis dit,
00:09:43tiens, ça veut dire qu'en dessous
00:09:44de 8 heures, donc à 6 heures,
00:09:45elle estime qu'elle est dans la zone orange.
00:09:47Donc, elle pourrait éventuellement
00:09:48encore réussir
00:09:49si elle passe 6 heures par jour
00:09:52sur le téléphone.
00:09:53Donc, je crois qu'on ne se rend
00:09:54vraiment pas compte du tout,
00:09:55en fait, du temps qu'ils y passent.
00:10:05Il faudrait être honnête,
00:10:07j'en passe pas mal d'heures par jour,
00:10:11notamment après les cours.
00:10:12et c'est principalement pour,
00:10:19en fait, c'est pas beaucoup
00:10:20sur les réseaux sociaux
00:10:21en tant que tel,
00:10:22mais c'est surtout
00:10:22genre des vidéos YouTube.
00:10:24Mon téléphone,
00:10:25j'utilise beaucoup.
00:10:28Des fois, je peux aller jusqu'à la moitié
00:10:30de ma journée sur mon téléphone.
00:10:33Sans restriction,
00:10:34pas mal de temps,
00:10:35mais avec restriction 3 heures,
00:10:374 heures maximum.
00:10:39D'accord.
00:10:40Il y a déjà pas mal ?
00:10:41Ouais.
00:10:43Bah, j'utilise beaucoup
00:10:44mon téléphone,
00:10:45mais plutôt mon PC,
00:10:46parce que sur mon PC,
00:10:47je fais du montage audio
00:10:49pour la musique
00:10:50et je regarde aussi
00:10:52des vidéos YouTube,
00:10:53mais moi,
00:10:54sur 24 heures,
00:10:55je passe 5 heures au moins.
00:10:56D'accord.
00:10:57Au moins 5 heures.
00:10:59Et je vois pas trop
00:11:00le temps passer des fois,
00:11:01donc je peux rester
00:11:02très longtemps dessus.
00:11:03TikTok, Instagram,
00:11:05Snap.
00:11:06Snapchat,
00:11:06le sang libre.
00:11:07Genre, je peux vraiment
00:11:08dire tout ce que je veux
00:11:09avec mes potes.
00:11:09Bah, sur Snap,
00:11:11ce qui est bien,
00:11:11c'est qu'on peut parler,
00:11:12faire des vidéos,
00:11:13envoyer des vocaux,
00:11:14donc c'est bien.
00:11:16Genre, je parle avec mes amis
00:11:17et sur TikTok,
00:11:17bah, dès que je m'ennuie,
00:11:19je vais aller dessus,
00:11:20je vais me divertir,
00:11:21des trucs drôles.
00:11:23Pareil,
00:11:23les gens racontent leur vie,
00:11:25plein de trucs différents.
00:11:26ça peut être des jeux vidéo
00:11:27comme, par exemple,
00:11:29des podcasts
00:11:30avec des gens
00:11:31qui témoignent
00:11:31de ce qu'ils ont vécu.
00:11:32C'est un truc qui m'aide aussi,
00:11:33parfois,
00:11:34par exemple,
00:11:35rien que dans la culture générale,
00:11:36j'ai beaucoup de podcasts,
00:11:38par exemple,
00:11:38d'histoire,
00:11:39sur tout et n'importe quoi.
00:11:41Par contre,
00:11:42c'est bien,
00:11:42les podcasts,
00:11:43ça va dormir
00:11:44et tu dors au moins con.
00:11:46Enfin,
00:11:46on va me mariquer,
00:11:47mais c'est ça.
00:11:48Les messages sur Snapchat,
00:11:5624 heures,
00:11:57ils se suppriment
00:11:58et,
00:11:59bah,
00:12:00parfois,
00:12:00je peux me lâcher,
00:12:01quoi.
00:12:02C'est-à-dire,
00:12:03quand je parle
00:12:03avec mes potes,
00:12:05on a des conversations
00:12:07un peu,
00:12:07un peu limite,
00:12:09parfois.
00:12:10Donc,
00:12:11quand ça se supprime,
00:12:12je suis rassuré,
00:12:13on me dit.
00:12:14Moi,
00:12:14je suis des influenceuses,
00:12:15par exemple,
00:12:16Narasminis.
00:12:17Elle,
00:12:17j'aime bien,
00:12:18parce qu'elle fait
00:12:19des vidéos de sa campagne
00:12:20avec ses enfants,
00:12:21elle fait des confitures
00:12:22de fraises,
00:12:22elle est mignonne,
00:12:23j'aime bien.
00:12:24Et genre,
00:12:24des applications
00:12:25comme WhatToon
00:12:26ou WhatPass,
00:12:26genre,
00:12:26c'est juste pour lire,
00:12:27c'est des vélins et tout.
00:12:29Et j'aime bien.
00:12:30Et au Pinterest aussi,
00:12:31il n'y a pas de problème,
00:12:33c'est bien.
00:12:35Je pense qu'il y a vraiment
00:12:36une réflexion collective
00:12:39du côté des adultes
00:12:41à avoir sur
00:12:42quelle ambition
00:12:45on se donne
00:12:45pour les éduquer
00:12:46et pour les accompagner,
00:12:48pour éviter justement
00:12:49de se dire
00:12:49« en fait,
00:12:51mon enfant,
00:12:51je ne le reconnais plus »,
00:12:53d'être dans cette panique
00:12:54de ce que l'enfant
00:12:55va pouvoir voir
00:12:56sur la manière
00:12:57dont il va s'informer,
00:12:59sur la manière
00:12:59dont il va partager
00:13:00des contenus.
00:13:01Si on va dans des applications
00:13:02type Twitter
00:13:04où il n'y a pas grand-chose
00:13:06qui est censuré,
00:13:07c'est sûr qu'on va tomber
00:13:07sur des choses comme ça.
00:13:08Alors qu'il y a des applications,
00:13:11par exemple,
00:13:12Pinterest,
00:13:13tu ne vas pas voir
00:13:13ce genre de contenu,
00:13:15il y a juste
00:13:16des photos
00:13:16à esthétique.
00:13:18Franchement,
00:13:19c'est des applications chill,
00:13:20il n'y a pas des choses
00:13:21qui vont heurter ou quoi.
00:13:23Du coup,
00:13:23c'est aussi chaque personne
00:13:24où est-ce qu'elle va aller
00:13:25sur quel type d'application.
00:13:27C'est sûr que si on va
00:13:27sur Telegram,
00:13:28il ne faut pas être choqué
00:13:29qu'après,
00:13:29tu tombes sur un truc
00:13:30choquant.
00:13:32Il faut savoir faire le tri,
00:13:33mais après,
00:13:34il y en a,
00:13:34alors Telegram,
00:13:35c'est vraiment des cas.
00:13:36Il y a des trucs
00:13:37pour arnaquer des mamans,
00:13:40c'est des fous
00:13:41sur Telegram.
00:13:43Il aurait pu vraiment
00:13:43se passer
00:13:44beaucoup de choses.
00:13:57Bonjour.
00:13:59Alors,
00:13:59j'ai vu passer là
00:14:00sur mes mails
00:14:01le problème
00:14:01de cette maman.
00:14:02De cette maman,
00:14:03oui.
00:14:03Qu'est-ce qui lui arrive ?
00:14:04C'est une maman
00:14:05qui nous contacte,
00:14:06elle nous a déjà contacté
00:14:07à plusieurs reprises.
00:14:08Depuis la création
00:14:09d'iEnfance,
00:14:10on a vu Internet
00:14:11se transformer complètement
00:14:13puisque l'association
00:14:14est née en 2005
00:14:15à une époque
00:14:16où finalement,
00:14:17Internet,
00:14:18c'était plutôt
00:14:18un lieu de visionnage
00:14:20de contenu
00:14:20et puis est arrivé
00:14:22très brutalement
00:14:23à la fin des années 2000
00:14:24deux phénomènes
00:14:26qui ont bouleversé
00:14:26le rapport au numérique
00:14:28que sont la naissance
00:14:29du réseau social
00:14:30avec Facebook
00:14:30et de façon concomitante
00:14:32la naissance
00:14:33du smartphone
00:14:34avec l'iPhone.
00:14:35Après le iPod,
00:14:36la firme californienne
00:14:37se lance dans la téléphonie,
00:14:39un modèle qualifié
00:14:40de révolutionnaire,
00:14:41plus de clavier.
00:14:43Les grands choux
00:14:43à l'américaine,
00:14:44c'est le péché mignon
00:14:45de Steve Jobs,
00:14:46le président d'Apple.
00:14:47Hier,
00:14:48Louké,
00:14:49jean et basket,
00:14:50il présentait devant
00:14:51un public en transe
00:14:52son dernier joujou
00:14:53informatique,
00:14:54l'iPhone.
00:14:56Laura Bononcini
00:14:59supervise depuis Rome
00:15:00les affaires publiques
00:15:01de Meta
00:15:01en Europe du Sud.
00:15:03Elle a tenu à répondre
00:15:04à mes questions
00:15:04en français.
00:15:06Nous avons commencé
00:15:06avec Facebook
00:15:07qui était tout simplement
00:15:09un réseau social
00:15:10que les gens utilisaient
00:15:11pour entrer en contact
00:15:12avec leurs amis,
00:15:13suivre les activités
00:15:14de leurs familles.
00:15:16Mark Zuckerberg,
00:15:17que nous avons tous
00:15:18porté au nu
00:15:18dans les années 2000
00:15:19au point de devenir
00:15:20une icône
00:15:21de la culture populaire,
00:15:22symbolise à lui seul
00:15:23l'avènement
00:15:24des réseaux sociaux.
00:15:26C'est dans un palace
00:15:27parisien que nous avons
00:15:28rendez-vous
00:15:28avec une star américaine.
00:15:31Mark Zuckerberg
00:15:32a l'air d'un étudiant,
00:15:34mais c'est déjà
00:15:34une légende.
00:15:36Ensuite,
00:15:37Instagram et WhatsApp.
00:15:38Et maintenant,
00:15:39nous nous concentrons aussi
00:15:40sur tout ce qui est
00:15:41réalité augmentée,
00:15:42réalité mixte,
00:15:43réalité virtuelle.
00:15:44Créer un rapport
00:15:45et permettre aux personnes
00:15:46de communiquer
00:15:47plus facilement entre elles,
00:15:48c'est vraiment
00:15:49le centre
00:15:49de nos activités.
00:15:51Le modèle de business
00:15:52est naturellement
00:15:53basé sur la publicité
00:15:54online, surtout.
00:15:55C'est vraiment
00:15:55la communication
00:15:56et le contact humain.
00:16:00Les nouvelles technologies,
00:16:01il faut les comprendre
00:16:02dans un continuum
00:16:03qui part de l'écran
00:16:05de télévision
00:16:05des années 50,
00:16:06on va dire,
00:16:07jusqu'au téléphone portable
00:16:09que tous les enfants ont
00:16:10et avec un accès
00:16:11extrêmement facile.
00:16:12C'est-à-dire qu'on a
00:16:13regardé le temps
00:16:14qu'il avait fallu
00:16:14pour que la télévision
00:16:15s'installe dans tous les foyers.
00:16:17Ça avait mis 25 à 30 ans
00:16:19pour que plus de la moitié
00:16:20des foyers
00:16:20disposent d'une télévision.
00:16:22Sur un certain nombre
00:16:23d'outils ou d'écrans numériques,
00:16:24aujourd'hui,
00:16:25ça peut se faire
00:16:25en 2-3 ans.
00:16:26Donc, il y a cette accélération
00:16:27qui, évidemment,
00:16:28pose beaucoup de questions
00:16:30aux parents
00:16:30puisqu'on n'a pas le temps
00:16:31ni de réfléchir
00:16:33à l'impact
00:16:34que ça peut avoir.
00:16:35On subit, en fait,
00:16:36l'arrivée de ces outils.
00:16:37C'est-à-dire que c'est plus
00:16:37tant la question de l'écran
00:16:38que la question des usages.
00:16:40On oublie que la technologie
00:16:47est créée par l'humain
00:16:48et que son devenir,
00:16:51ce n'est pas seulement son existence,
00:16:52mais c'est aussi son usage.
00:16:53Quand on découvre le net,
00:16:58oui, effectivement,
00:16:59on va pouvoir créer
00:17:00une communauté des humains,
00:17:03mais est-ce que les humains
00:17:03en eux-mêmes ont changé ?
00:17:05Est-ce qu'ils sont tous
00:17:06devenus des saints ?
00:17:07Non.
00:17:08Finalement, Internet reflète
00:17:10ce qu'est la société
00:17:11contemporaine d'aujourd'hui,
00:17:13violente, manichéenne
00:17:15et en même temps, parfois,
00:17:17capable de mobiliser
00:17:19des millions d'internautes
00:17:21pour une cause
00:17:22qui était totalement inattendue.
00:17:24Non, non, non, non, non !
00:17:26Non, non, non, non !
00:17:28Dans le domaine
00:17:28de la protection de l'enfance,
00:17:30ça a montré aussi
00:17:30un phénomène assez nouveau
00:17:31qui était que les enfants
00:17:32pouvaient certes être victimes
00:17:34de contenus
00:17:34que pouvaient envoyer des adultes,
00:17:36que ce soit des contenus
00:17:37un caractère sexuel,
00:17:38de la prédation,
00:17:38des choses comme ça,
00:17:39mais qu'en fait,
00:17:40les jeunes pouvaient aussi
00:17:40se faire du mal entre eux.
00:17:48Au sein du 3018,
00:17:49on va être amené
00:17:51à rencontrer diverses situations,
00:17:52que ce soit des situations
00:17:54de harcèlement scolaire
00:17:55ou des harcèlement numériques.
00:17:57La situation la plus fréquente
00:17:58qu'on peut avoir pour le moment,
00:18:00outre le harcèlement scolaire,
00:18:01ça va être notamment
00:18:02le chantage à la webcam.
00:18:03Donc, ça va être des pirates,
00:18:05des brouteurs,
00:18:05comme on les appelle,
00:18:06qui se trouvent sur des continents
00:18:07à l'étranger,
00:18:08bien souvent,
00:18:09ils sont rarement en France,
00:18:10qui créent via des logiciels
00:18:12très développés,
00:18:13des centaines de comptes Instagram
00:18:15qui ajoutent des centaines,
00:18:16voire des milliers de victimes
00:18:17en même temps,
00:18:18souvent mineurs.
00:18:23La numérisation en soi,
00:18:25personne ne considère
00:18:26que ce soit un malheur.
00:18:27C'est une grande chance
00:18:28pour le lendemain
00:18:29de demain,
00:18:29que l'on puisse avoir
00:18:31des systèmes de calcul
00:18:32et de communication
00:18:32extrêmement rapides.
00:18:34Et lorsque l'ordinateur quantique
00:18:35sera là
00:18:36ou lorsque l'intelligence artificielle
00:18:37sera dominée,
00:18:38on pourra accéder
00:18:39à des calculs extrêmement rapides
00:18:40qui certainement
00:18:41permettront à l'humanité
00:18:43de progresser.
00:18:43Nous ne sommes pas du tout
00:18:44réactionnaires.
00:18:46Ce qui nous inquiète plus,
00:18:48c'est la rapidité
00:18:50avec laquelle cet outil
00:18:51a été diffusé
00:18:52sans contrôle,
00:18:53et en particulier
00:18:55vis-à-vis des plus jeunes publics.
00:18:59Nous pouvons tomber facilement
00:19:00dans le piège du rabbit hole,
00:19:02ce tunnel numérique sans fin
00:19:03causé par un enchaînement
00:19:05de changements de trajectoire
00:19:06au gré de notre navigation en ligne.
00:19:09Nous pouvons y faire
00:19:10de mauvaises rencontres,
00:19:11sachant que tout est fait
00:19:12pour que petits et grands
00:19:13y sautent à pieds joints
00:19:14au risque de ne plus pouvoir en sortir.
00:19:20Des réseaux sociaux
00:19:21sont comme des dealers,
00:19:22mais des dealers dans la chambre
00:19:23de leur enfant,
00:19:24dans le smartphone,
00:19:25qui passent leur temps
00:19:25à leur dire
00:19:26« Bien, bien, bien, bien,
00:19:26allez, reviens, reviens,
00:19:27reviens, reviens, reviens,
00:19:28t'attends, il y en a encore,
00:19:29encore, encore, c'est gratuit,
00:19:30prends, prends, prends. »
00:19:33Autrefois en charge
00:19:34de l'éthique chez Google,
00:19:36Tristan Harris oeuvre aujourd'hui
00:19:37pour une technologie
00:19:38au service de l'humain.
00:19:40C'est ce que l'on appelle
00:19:41un repenti,
00:19:42un pionnier du numérique
00:19:43qui alerte sur ses dangers,
00:19:46comme lors de cette audition
00:19:47au Sénat américain.
00:19:49Dans la course à l'attention,
00:19:53les entreprises sont
00:19:54de plus en plus agressives
00:19:55pour capter le temps
00:19:55de cerveau disponible.
00:19:57Elles utilisent des techniques
00:19:59comme le « pull to refresh ».
00:20:01Vous rafraîchissez
00:20:02votre fil d'actualité
00:20:03sans fin,
00:20:04les machines à sou
00:20:04utilisent les mêmes fonctionnements
00:20:06pour rendre les gens
00:20:07accros à Las Vegas.
00:20:09Il y a aussi la suppression
00:20:11des signaux d'arrêt.
00:20:12S'il n'y a pas de fond
00:20:13à ce verre
00:20:14et que je le remplis sans cesse,
00:20:15vous ne saurez pas
00:20:16quand arrêtez de boire.
00:20:16C'est pareil
00:20:18avec les flux
00:20:19à défilements infinis.
00:20:20Ça pousse des gens
00:20:20à scroller sans fin.
00:20:26Typiquement,
00:20:27sur les réseaux sociaux,
00:20:28on va tout faire
00:20:28pour que les gens
00:20:29restent sur ces réseaux.
00:20:30Et un des moyens
00:20:31de les garder,
00:20:32c'est par exemple
00:20:32de les mettre
00:20:33dans des bulles
00:20:33d'opinion et d'observation
00:20:35du monde,
00:20:35où en fait,
00:20:36tant que vous allez aller
00:20:36sur des outils
00:20:37qui vont vous réconforter
00:20:39dans votre opinion
00:20:40et votre vision du monde,
00:20:40vous allez continuer
00:20:41à y être
00:20:42et puis à liker les posts.
00:20:43Alors en fait,
00:20:50les algorithmes
00:20:50sont relativement anciens.
00:20:52On interagit avec eux
00:20:53sans même le savoir
00:20:53depuis un moment.
00:20:54Après,
00:20:55il y a aussi
00:20:55ce qu'on décide d'en faire
00:20:56de ces outils,
00:20:57c'est-à-dire qu'un algorithme
00:20:57de recommandation
00:20:58en soi n'est pas mauvais.
00:21:00L'idée,
00:21:00c'est comment on les développe,
00:21:02comment on les teste,
00:21:03quel type de données
00:21:03on leur donne
00:21:04et surtout,
00:21:05quel va être le champ
00:21:05des possibles
00:21:06des recommandations.
00:21:08Une chose est certaine,
00:21:09c'est que les algorithmes
00:21:10sont développés
00:21:11dans l'écrasante majorité
00:21:12par des hommes,
00:21:14par des jeunes,
00:21:14par des personnes blanches
00:21:16aussi,
00:21:16hétérosexuelles.
00:21:17Pour la plupart,
00:21:18je ne les blâme pas,
00:21:19je ne les accuse pas,
00:21:20mais il faut juste
00:21:21comprendre ça
00:21:21pour comprendre
00:21:22comment ces outils
00:21:23vont être finalement orientés.
00:21:25Et partons de ce principe,
00:21:26comprendre l'impact
00:21:27de ces outils
00:21:27sur les populations
00:21:28aussi très jeunes,
00:21:30en particulier
00:21:31au regard
00:21:31de leur vulnérabilité
00:21:32de par leur âge,
00:21:33leur maturité intellectuelle,
00:21:35émotionnelle.
00:21:36Typiquement,
00:21:36les algorithmes
00:21:37de recommandation
00:21:37sur ces réseaux
00:21:38vont nous encourager
00:21:39à mettre
00:21:40certains types de contenus
00:21:41qui vont se propager
00:21:42plus facilement,
00:21:43qui vont se partager
00:21:43plus facilement.
00:21:44Et c'est souvent
00:21:45des contenus
00:21:45où on va se mettre en avant,
00:21:47où on va avoir
00:21:47ce comportement
00:21:48un peu narcissique,
00:21:49où il y a avoir
00:21:49beaucoup d'engagement
00:21:50de la part des utilisateurs
00:21:51pour aller commenter
00:21:52le contenu
00:21:52de manière positive
00:21:53ou négative.
00:21:54On va créer de la dopamine
00:21:55parce que c'est l'hormone
00:21:56du plaisir,
00:21:56on va être satisfaits,
00:21:57donc on va vouloir mettre
00:21:58encore plus de contenus
00:21:58de ce type.
00:21:59Mais encore une fois,
00:22:00c'est du plaisir
00:22:01à court terme.
00:22:01Il ne s'agit plus seulement
00:22:06d'anticiper
00:22:06votre comportement,
00:22:07il s'agit de maintenir
00:22:08votre addiction.
00:22:10Pour cela,
00:22:11nous faisons appel
00:22:11au mécanisme
00:22:12de validation sociale
00:22:13avec l'introduction
00:22:14des likes
00:22:15et des followers.
00:22:17Combien ai-je d'abonnés ?
00:22:19Plutôt que d'attirer
00:22:20votre attention,
00:22:21c'est moins cher
00:22:22de vous rendre accro
00:22:22à l'attention des autres.
00:22:24C'est ce qui a créé
00:22:25ce narcissisme de masse
00:22:27et cette culture de masse,
00:22:28surtout chez les jeunes.
00:22:29Et après deux décennies
00:22:32de baisse,
00:22:33le mal-être des filles
00:22:33de 10 à 14 ans
00:22:34a augmenté de 170%
00:22:36au cours des huit dernières années.
00:22:39C'est une conséquence
00:22:40directe des réseaux sociaux.
00:22:45Le temps doit être
00:22:46presque tout le temps occupé,
00:22:48si possible,
00:22:49à faire des choses
00:22:50que l'on peut mettre
00:22:52sur les réseaux sociaux.
00:22:54Les réseaux sociaux
00:22:55contribuent, je crois,
00:22:58à rendre difficile
00:22:59l'explicitation
00:23:01de l'intime
00:23:02ou de la réflexion intérieure.
00:23:03Puisque finalement,
00:23:05on demande des formats
00:23:06de 10 secondes,
00:23:0815 secondes maximum.
00:23:10Alors, je sais bien
00:23:11qu'il y a des gens
00:23:11qui sont très habiles
00:23:12pour dire des choses
00:23:13en 15 secondes,
00:23:13mais quand même,
00:23:15c'est un peu limité.
00:23:16L'adolescent, en plus,
00:23:22n'a pas forcément
00:23:22cette capacité
00:23:23à s'autoréguler.
00:23:24Parfois, on se laisse aller,
00:23:25on ne contrôle pas,
00:23:26on a envie de vivre
00:23:27ses émotions,
00:23:27de prendre des risques.
00:23:29Et là, il rencontre
00:23:30un environnement
00:23:32qui a lui-même
00:23:33des mécanismes
00:23:33de captation.
00:23:34Les réseaux sociaux,
00:23:37ce qui les intéresse
00:23:38pour qu'ils captent
00:23:40l'attention,
00:23:41ce ne sont pas
00:23:41des bonnes nouvelles.
00:23:43C'est plutôt
00:23:44ce qui renvoie
00:23:45aux difficultés
00:23:48des sociétés modernes
00:23:49et en effet
00:23:49à des visions
00:23:50assez sombres
00:23:51du futur.
00:23:53Le bombardement
00:23:54d'informations négatives,
00:23:56même s'il y a de quoi
00:23:57s'inquiéter parfois,
00:23:58est catastrophique
00:24:00sur des enfants
00:24:00en formation.
00:24:01Et pour moi,
00:24:04je ne regarde pas.
00:24:05Du coup,
00:24:05c'est plus mes parents
00:24:06ils regardent
00:24:06et du coup,
00:24:07il y a toujours
00:24:09les infos.
00:24:10Les infos actuelles,
00:24:11genre,
00:24:11c'est vrai qu'on est
00:24:13dans une période
00:24:13où on visite
00:24:14des choses
00:24:14qui sont assez dures
00:24:16dans le monde,
00:24:17donc ça,
00:24:18ça vous impacte ?
00:24:20Ouais, ouais, ouais.
00:24:22Ouais.
00:24:23Déjà,
00:24:23ça fout la haine un peu
00:24:24parce qu'on voit
00:24:25plein de trucs,
00:24:26on ne peut rien faire
00:24:27et surtout que
00:24:27c'est des vidéos
00:24:28hyper pas censurées
00:24:30et tout,
00:24:30du coup,
00:24:30on voit vraiment tout
00:24:31on ne peut rien faire
00:24:32à part partager des trucs
00:24:33et du coup,
00:24:35ouais,
00:24:35c'est énervant un peu.
00:24:41Avant le développement
00:24:42d'Internet,
00:24:42des réseaux sociaux,
00:24:43vous étiez exposés
00:24:44à l'information,
00:24:44y compris jeunes,
00:24:45dans des journaux télévisés
00:24:46par exemple,
00:24:47que beaucoup de Français
00:24:48regardaient en famille
00:24:48le 20h, etc.
00:24:52Et donc,
00:24:53il y avait un moment
00:24:53qui commençait,
00:24:54on savait qu'on allait
00:24:55être exposés à l'information,
00:24:56potentiellement à des images dures,
00:24:57en tout cas à des situations
00:24:59difficiles
00:24:59et ce moment prenait fin.
00:25:02Les réseaux sociaux
00:25:02ont beaucoup changé ça
00:25:03parce que dans le flux
00:25:04d'actualité
00:25:05qui parvient
00:25:05à leurs utilisateurs,
00:25:07la nature des contenus
00:25:08qui est sélectionnés
00:25:09par les algorithmes
00:25:10peut exposer tout à coup
00:25:11un individu
00:25:12qui ne cherchait pas
00:25:13de l'information en particulier
00:25:14à une situation informationnelle.
00:25:15Et donc,
00:25:16il devient de plus en plus difficile
00:25:18pour un citoyen lambda
00:25:19de naviguer
00:25:20dans cet univers informationnel
00:25:22qui est devenu
00:25:22absolument dément
00:25:24en volume.
00:25:27Les études ont montré
00:25:29que les désinformations
00:25:30avaient tendance
00:25:31à être davantage anxiogènes
00:25:32que des informations réelles
00:25:33et notre système cognitif
00:25:35est câblé
00:25:35pour être spécialement sensible
00:25:37aux informations de danger,
00:25:38évidemment.
00:25:39Et donc,
00:25:39on va repérer plus facilement
00:25:41une information fausse
00:25:43qui est plus anxiogène
00:25:44qu'une information vraie,
00:25:45par exemple,
00:25:46et on sera davantage inclinés
00:25:47à la diffuser aussi,
00:25:49et des études l'ont montré,
00:25:50par altruisme.
00:25:51Beaucoup de gens
00:25:51qui diffusent
00:25:52des informations fausses
00:25:53qu'ils ont croisés
00:25:53le font par altruisme
00:25:55pour prévenir leurs proches.
00:25:58J'ai interrogé les élèves
00:26:00sur la question
00:26:00de la désinformation,
00:26:02ayant en tête
00:26:03l'étude publiée
00:26:03par Génération Numérique
00:26:04en 2022
00:26:05qui établissait que
00:26:0756% des jeunes
00:26:08de 11 à 18 ans
00:26:09adhèrent à la théorie
00:26:11des chemtrails.
00:26:16Vous croyez, vous,
00:26:17à ces théories-là ?
00:26:17Non, non, non.
00:26:18C'est quoi ça ?
00:26:18C'est vieux, ça.
00:26:19Mais chemtrail,
00:26:20c'est pas grave.
00:26:20Eh bien, qu'en fait,
00:26:22c'est des produits
00:26:23qu'on balance
00:26:24sur la population.
00:26:26Il y a des théories
00:26:30du complot,
00:26:31pour le coup,
00:26:32qui consistent à dire
00:26:32que ces chemtrails
00:26:34ne sont en réalité
00:26:34pas des traînées
00:26:35de condensation,
00:26:36mais des traînées
00:26:37chimiques
00:26:38qui sont volontairement
00:26:39épandues
00:26:39sur les populations
00:26:40pour obtenir
00:26:41toutes sortes d'effets
00:26:42sur elles,
00:26:42notamment la capacité
00:26:44de prendre à distance
00:26:45le contrôle
00:26:46de l'esprit
00:26:47des individus
00:26:48ou stériliser
00:26:49les gens, etc.
00:26:50Évidemment,
00:26:50les théories du complot
00:26:51sont très inventives
00:26:52sur les objectifs
00:26:53et sur qui sont
00:26:54les instigateurs
00:26:55cachés
00:26:55et malveillants
00:26:56derrière ces chemtrails.
00:26:58Généralement,
00:26:59c'est les vieux
00:26:59qui croient à ça.
00:27:00Oui, vraiment.
00:27:00Je n'ai jamais entendu
00:27:02quelqu'un de notre génération
00:27:03dire que la Terre
00:27:04est plate.
00:27:06Les chemtrails,
00:27:07le fait que la Terre
00:27:08serait plate, etc.,
00:27:10c'est des croyances fausses
00:27:11qui sont mesurées
00:27:11au sein de la population
00:27:12et qui, en effet,
00:27:13sont plus élevées
00:27:14dans les jeunes populations.
00:27:17Alors,
00:27:17il faut être un peu prudent
00:27:18quand on parle
00:27:19de ces chiffres-là
00:27:20parce qu'évidemment
00:27:20qu'une partie,
00:27:22je ne sais pas,
00:27:22des 11-16 ans
00:27:23qui répondent à la question
00:27:24est-ce que la Terre
00:27:25est plutôt ronde
00:27:26ou plutôt plate
00:27:27peuvent tout à fait répondre
00:27:28plutôt plate
00:27:28par esprit ludique aussi.
00:27:30La plupart du temps,
00:27:31ça ne change rien
00:27:31sur son système
00:27:32de croyance générale
00:27:33ni rien surtout
00:27:34sur son comportement.
00:27:35Et c'est des croyances
00:27:36qui peuvent être aussi
00:27:37facilement abandonnées
00:27:38qu'elles ont été
00:27:38acquises en quelque sorte.
00:27:45Merci de nous recevoir
00:27:46ici, chez YouTube.
00:27:47Donc, on parle
00:27:48de responsabilité.
00:27:50Moi, j'aimerais un peu savoir
00:27:51ce que vous avez mis en place
00:27:52pour lutter
00:27:53contre la désinformation.
00:27:55Même si elles sont
00:27:56d'une certaine manière
00:27:57identifiées,
00:27:58les sources qui sont fausses
00:28:00ou qui proposent
00:28:01des informations erronées,
00:28:03elles sont malgré tout
00:28:04présentes.
00:28:05Vous avez les vidéos
00:28:06qui clairement enfreignent
00:28:07nos règles d'usage.
00:28:08Vous ne les trouvez pas
00:28:09sur YouTube.
00:28:10Vous avez, en effet,
00:28:12des acteurs très agiles
00:28:14qui vont un peu rester
00:28:17sur la crête,
00:28:18sur la ligne de crête
00:28:19de nos règles d'usage.
00:28:21Pour ces vidéos-là,
00:28:22nous les autorisons
00:28:24sur la plateforme,
00:28:26mais elles ne sont pas
00:28:27recommandées
00:28:28par l'algorithme.
00:28:29Seule l'URL
00:28:30va vous permettre
00:28:31de retrouver cette vidéo.
00:28:32D'accord.
00:28:33Donc, il faut partager
00:28:34l'URL pour pouvoir
00:28:36l'accéder.
00:28:38Lorsque vous allez faire
00:28:39sur YouTube
00:28:40une recherche
00:28:41Covid à l'époque,
00:28:43ou même des sujets
00:28:44plus anciens,
00:28:4511 septembre,
00:28:46ou même des sujets
00:28:47plus,
00:28:49voire même complotistes,
00:28:50la Terre est-elle plate,
00:28:53nous travaillons
00:28:54avec toutes les sources
00:28:55référentes
00:28:56d'informations
00:28:58pour qu'elles soient
00:28:59parfaitement équipées
00:29:01afin de développer
00:29:03une présence
00:29:04importante sur YouTube.
00:29:06Donc ça,
00:29:07ça veut dire concrètement
00:29:07avoir des chaînes YouTube.
00:29:09Ça va être, par exemple,
00:29:10Le Monde,
00:29:11Le Figaro,
00:29:12France 24,
00:29:13Euronews,
00:29:14ça va être aussi
00:29:16les nouvelles générations,
00:29:17je pense à Hugo Décrypte,
00:29:18par exemple.
00:29:19Cela permet pour l'utilisateur
00:29:21d'avoir une pluralité
00:29:24de résultats
00:29:25avec en premier
00:29:26les sources référentes
00:29:28et ensuite,
00:29:29forger son propre avis.
00:29:31Ensuite,
00:29:32nous travaillons
00:29:33avec l'écosystème
00:29:34de la santé,
00:29:36à la fois les institutions
00:29:37de santé,
00:29:38donc là,
00:29:38on pense au CHU,
00:29:40on pense à la PHP,
00:29:41on pense à Santé publique France,
00:29:44mais aussi
00:29:44les professionnels
00:29:46de santé eux-mêmes.
00:29:47Aujourd'hui,
00:29:48nous voyons
00:29:48beaucoup de médecins,
00:29:50beaucoup de CHU
00:29:50qui disent que YouTube
00:29:52est un formidable outil
00:29:53pour pouvoir informer
00:29:54sur les sujets
00:29:56des vaccins,
00:29:57par exemple,
00:29:58sur le sujet
00:29:59des traitements
00:29:59anti-cancer,
00:30:01où vous pouviez avoir
00:30:02toute une ribambelle
00:30:04de propositions
00:30:06tout à fait exotiques
00:30:07sur la plateforme.
00:30:09Donc là,
00:30:09toujours pareil,
00:30:10qu'est-ce qu'on fait ?
00:30:11On muscle
00:30:11et on fait évoluer
00:30:12d'abord nos règles d'usage.
00:30:14C'est pour ça
00:30:14qu'aujourd'hui,
00:30:15tous les sujets
00:30:16anti-vaccin
00:30:17enfreignent
00:30:18et nos règles d'usage
00:30:19ne sont pas
00:30:20sur la plateforme.
00:30:21Tous les sujets
00:30:21traitement anti-cancer
00:30:24fallacieux
00:30:25ne sont pas
00:30:26sur la plateforme.
00:30:27Et encore une fois,
00:30:27c'est la complexité
00:30:28entre liberté d'expression
00:30:30et sécurité
00:30:33ou protection
00:30:35de l'utilisateur.
00:30:36Les algorithmes
00:30:37nous aident aussi,
00:30:38grâce à l'intelligence
00:30:39artificielle,
00:30:40à voir s'il y a
00:30:41des contenus
00:30:41qui ne devraient pas
00:30:42être sur notre plateforme.
00:30:43Nous ne pouvons pas
00:30:43être les arbitres
00:30:44de la vérité,
00:30:45mais en même temps,
00:30:46c'est probablement
00:30:47beaucoup moins bien
00:30:48pour les utilisateurs
00:30:49qu'ils voient des contenus
00:30:50qui ne sont pas réels,
00:30:52qui sont des mensonges.
00:30:53Les plus jeunes,
00:30:58les laissés seuls
00:30:59face à des écrans,
00:30:59ça représente des dangers
00:31:00parce que ce qu'on peut voir
00:31:02petit, c'est quand même
00:31:04des enfants qui ont été
00:31:05choqués par des images
00:31:07qu'ils ont vues
00:31:07fortuitement.
00:31:09Ils sont tombés dessus
00:31:10parce qu'ils faisaient
00:31:11une recherche,
00:31:11parce qu'ils cliquaient
00:31:12sur je ne sais pas quoi
00:31:13et que tout d'un coup,
00:31:14pof, il y a une fenêtre
00:31:15qui est apparue
00:31:15avec des images pornographiques
00:31:16qui les ont choquées.
00:31:17J'ai vu récemment
00:31:28un enfant de 7 ans
00:31:30qui avait quand même
00:31:31fait une fellation
00:31:34à son petit copain
00:31:36dans les toilettes
00:31:37de l'école.
00:31:39Il était quand même
00:31:39tombé sur des images
00:31:41pornographiques
00:31:41sur un ordinateur.
00:31:44Malheureusement,
00:31:45ça n'a pas changé
00:31:45d'un iota
00:31:46depuis 20 ans.
00:31:47C'est-à-dire que
00:31:48100% des mineurs
00:31:49sont exposés
00:31:50à la phonographie
00:31:51sur Internet
00:31:51au moment où on parle,
00:31:53alors que c'est un contenu
00:31:53qui leur est interdit
00:31:55pour leur bien.
00:31:56Et c'est ça
00:31:57qui est assez dramatique
00:31:58et qui fait qu'il y a
00:31:59finalement un peu
00:32:00une fausse promesse
00:32:00de ce nouvel outil
00:32:02en tant que tel
00:32:02qui n'a pas non plus
00:32:03été au rendez-vous
00:32:04sous les progrès
00:32:05d'une société
00:32:06puisqu'une société
00:32:06qui ne protège pas
00:32:07ses enfants,
00:32:08je ne sais pas
00:32:08si elle est vraiment
00:32:09très progressiste.
00:32:12Ces contenus pour adultes
00:32:13sont en effet
00:32:13toujours en accès libre
00:32:14sur Internet,
00:32:16mais aussi sur le réseau
00:32:17social X,
00:32:18anciennement Twitter,
00:32:19qui ne les interdit pas.
00:32:20Alors qu'en France,
00:32:21depuis 2020,
00:32:23deux lois exigent
00:32:23que les sites pornographiques
00:32:25mettent en place
00:32:26un système
00:32:26de vérification d'âge.
00:32:27C'est facile à trouver
00:32:28les contenus pornographiques
00:32:30et personnellement,
00:32:32moi, je ne regarde pas ça
00:32:33parce que depuis peu
00:32:34de temps,
00:32:34mon client,
00:32:36parent,
00:32:37n'a pas regardé ça
00:32:38et du coup,
00:32:39personnellement,
00:32:40je n'ai jamais regardé
00:32:41un truc comme ça.
00:32:52Effectivement,
00:32:52il y a aujourd'hui
00:32:53tout un pan d'usages
00:32:54qui, je pense,
00:32:55passe complètement
00:32:55à côté des adultes,
00:32:56n'imagine pas
00:32:57à quel point
00:32:59ces outils
00:33:00peuvent être
00:33:00un accélérateur
00:33:02pour les jeunes
00:33:02dans plein de domaines.
00:33:03Nous,
00:33:03on est toujours très surpris
00:33:04en discutant
00:33:05avec des adolescents,
00:33:07des adolescentes
00:33:08de 11,
00:33:0913,
00:33:0915 ans
00:33:09qui ont déjà
00:33:10des expériences
00:33:11affectives,
00:33:13sexuelles,
00:33:13dont on n'imaginerait pas
00:33:15nous en tant qu'adultes.
00:33:20C'est quand même
00:33:21assez perturbant
00:33:22de voir,
00:33:23je pense notamment
00:33:23aux jeunes filles,
00:33:25à quel point aussi
00:33:26elles sont confrontées
00:33:27à une certaine violence
00:33:29sexuelle et sexiste.
00:33:31Toute adolescente
00:33:32que vous rencontrerez
00:33:33aujourd'hui
00:33:34vous dira
00:33:34que recevoir
00:33:35des images
00:33:36de dick pics,
00:33:38de nude non consentis,
00:33:39ça fait partie
00:33:40de leur quotidien.
00:33:41Elles s'y sont habituées
00:33:42en fait.
00:33:43Donc c'est presque
00:33:44un peu triste.
00:33:46Quand on regarde
00:33:47les conséquences
00:33:48de l'exposition
00:33:49à la pornographie,
00:33:50on se rend compte
00:33:51que malgré tout,
00:33:53la pornographie
00:33:54permet à un certain
00:33:56nombre de jeunes
00:33:57d'accéder à de l'information
00:33:58sur les questions
00:34:00autour de la sexualité.
00:34:01Alors bien sûr,
00:34:02c'est une information
00:34:02qui est totalement biaisée,
00:34:04complètement transformée
00:34:06par des stéréologies
00:34:08de type,
00:34:09en particulier de genre
00:34:09qui sont grossiers
00:34:11et qui ont aussi un effet.
00:34:14Même si les jeunes,
00:34:14et ça c'est plutôt rassurant,
00:34:16sont capables de dire
00:34:17que c'est probablement
00:34:18pas la sexualité
00:34:19dans la vraie vie
00:34:19que l'on voit dans les films.
00:34:21Tu vois,
00:34:21avec tous les pornos
00:34:22que tu as regardés
00:34:22dans ta vie,
00:34:22tu te dis
00:34:23« Prends ma copine,
00:34:24elle ne crie pas,
00:34:24moi je ne suis pas bien,
00:34:25c'est comment ? »
00:34:26Ouais,
00:34:26t'as l'impression
00:34:27que je ne fais pas ce qu'il faut
00:34:28parce que genre
00:34:29est-ce que je dois faire ça
00:34:29pour lui donner du plaisir ?
00:34:30C'est des gens super beaux,
00:34:32super musclés,
00:34:32et c'est pas moi,
00:34:33tu vois.
00:34:33Ça leur renvoie une image
00:34:35de la sexualité
00:34:36qui est basée
00:34:37sur la performance aussi,
00:34:39donc qui les excite beaucoup
00:34:42et quand ils sont
00:34:43avec une petite jeune fille
00:34:45qui n'est pas une actrice porno,
00:34:47leur excitation,
00:34:48elle redescend
00:34:49et donc ils sont démunis aussi.
00:34:52Il faut aussi
00:34:52qu'on parle de sexualité
00:34:54à l'école
00:34:54parce que les parents
00:34:55ils sont très très mal à l'aise
00:34:56avec ça
00:34:56et je pense d'ailleurs
00:34:57qu'il y a des choses
00:34:58que les enfants
00:34:59ne peuvent pas dire
00:35:00à leurs parents
00:35:00et qu'ils peuvent
00:35:01au contraire
00:35:02aborder
00:35:03dans le cadre
00:35:04d'un cours d'éducation
00:35:05à la sexualité.
00:35:09Il y a beaucoup
00:35:10de répugnance
00:35:11à parler de tout ça,
00:35:13il y a une espèce
00:35:13encore de tabou.
00:35:16C'est le monde à l'envers
00:35:17d'ailleurs,
00:35:17comme si ça allait
00:35:18leur donner des idées.
00:35:19Mais les idées
00:35:20les ont bien avant
00:35:20et ils n'attendent pas
00:35:22du tout
00:35:23qu'on leur en parle
00:35:24pour en avoir.
00:35:24C'est quand même
00:35:25le grand jeu
00:35:25de la cour de récréation
00:35:27des garçons
00:35:27d'11-12 ans.
00:35:29Ça me fait penser
00:35:30à une situation
00:35:30que j'ai eue hier
00:35:31où un père nous contactait
00:35:33et nous disait
00:35:33que sa fille de 12 ans
00:35:34avait un compte Discord
00:35:36sur lequel,
00:35:37en biographie,
00:35:38il y avait marqué
00:35:38Free Sex
00:35:39et il avait trouvé
00:35:41avec sa femme
00:35:42des strings
00:35:43dans la chambre
00:35:44de sa fille de 12 ans
00:35:45et s'était rendu compte
00:35:47après avoir pris
00:35:48son portable
00:35:49et regardé
00:35:50ce qu'elle faisait
00:35:50qu'en fait,
00:35:51elle avait des échanges
00:35:52très réguliers
00:35:52avec des hommes
00:35:53pour l'envoi de nudes
00:35:55et le père
00:35:56est complètement
00:35:56tombé des nus
00:35:57elles envoient
00:36:01des photos d'elle
00:36:02ou d'une partie
00:36:04d'elle-même
00:36:04très impudique
00:36:05ce qu'elles pensaient
00:36:06envoyer
00:36:07à leur petit copain
00:36:08leur petit copain
00:36:0913 ans
00:36:10qu'est-ce qu'il fait
00:36:11il le met
00:36:12sur le Whatsapp
00:36:14ou sur Snapchat
00:36:15etc.
00:36:16Il y en a
00:36:16qui font le tour du collège
00:36:18la fille est humiliée
00:36:20ça fait du dégât
00:36:21elles ont du mal
00:36:23à s'en remettre
00:36:23ce sont des blessures
00:36:25qui peuvent rester
00:36:26longtemps
00:36:26mais sur les images
00:36:44qui vous concernent
00:36:44vous
00:36:45qu'est-ce qui peut être
00:36:45important de signaler
00:36:46qu'est-ce que vous avez
00:36:47le droit de signaler
00:36:48la carte à la vie privée
00:36:50bah oui
00:36:51alors quoi par exemple
00:36:52quand on prend une photo
00:36:54sans permission
00:36:55voilà
00:36:56tout simplement
00:36:56une photo de vous
00:36:57diffusée sans votre permission
00:36:58c'est interdit
00:36:59les photos intimes
00:37:02effectivement
00:37:04c'est un caractère
00:37:05aggravant
00:37:05on a le droit
00:37:06de s'envoyer des nudes
00:37:07si l'autre est d'accord
00:37:09ça peut faire partie
00:37:09d'une relation
00:37:10mais si la personne
00:37:12ne l'a pas choisie
00:37:14c'est une agression
00:37:14c'est interdit
00:37:15vous en avez déjà vu ?
00:37:19bah par exemple
00:37:21quand j'étais en sixième
00:37:22c'est quand j'ai eu
00:37:22mon premier téléphone
00:37:23et je venais d'avoir Snap
00:37:25et du coup
00:37:25avec mes copies
00:37:26on a ajouté un peu
00:37:26n'importe qui
00:37:27du coup on a déjà reçu
00:37:28des photos
00:37:29sans notre consentement
00:37:30d'accord
00:37:31et comment vous avez réagi
00:37:34enfin j'imagine
00:37:34on a supprimé
00:37:35on les a bloqués
00:37:36ça vous a choqué ?
00:37:38ouais
00:37:38vous en avez parlé
00:37:40entre vous ?
00:37:41non
00:37:41c'est gênant
00:37:42ouais
00:37:42du coup on a juste supprimé
00:37:44et puis voilà
00:37:44un autre risque
00:37:48qu'il y a
00:37:48avec les réseaux sociaux
00:37:49c'est que
00:37:49on a pas mal
00:37:51de créditeurs sexuels
00:37:52qui créent des comptes
00:37:53dans le seul but
00:37:55de pouvoir approcher
00:37:57des enfants
00:37:59ou des ados
00:38:00en tout cas
00:38:01un jeune public
00:38:02j'ai eu un cas comme ça
00:38:04il y a deux trois jours
00:38:04d'une jeune fille
00:38:05de douze ans
00:38:06qui pensait parler
00:38:07avec une jeune fille
00:38:08de cinquième
00:38:09comme elle
00:38:09et au fil
00:38:11de la discussion
00:38:12la jeune fille
00:38:12lui aurait demandé
00:38:13des photos dénudées
00:38:14du coup elle l'a fait
00:38:16et après la personne
00:38:17lui a dit
00:38:17maintenant tu vas faire
00:38:17tout ce que je te demande
00:38:18sinon tes photos
00:38:20je vais les publier
00:38:20ben ça ça arrive
00:38:22très souvent
00:38:23oui
00:38:25d'accord
00:38:27en effet
00:38:28l'association
00:38:29des enfants
00:38:30a deux activités
00:38:31effectivement
00:38:31une activité
00:38:3230-18
00:38:32et tout le pôle
00:38:33prévention
00:38:33qui agit à l'année
00:38:35la cible ultime
00:38:36sont évidemment
00:38:37les jeunes
00:38:37donc les enfants
00:38:38et les adolescents
00:38:38et puis il y a
00:38:39les professionnels
00:38:40alors on pense
00:38:41évidemment aux enseignants
00:38:42dans l'éducation nationale
00:38:43mais il y a aussi
00:38:43les pédiatres
00:38:45les psychologues
00:38:46les animateurs sportifs
00:38:47les éducateurs
00:38:48qui ont tous à un moment
00:38:50besoin de connaître
00:38:51les pratiques des adolescents
00:38:52comment ils peuvent
00:38:54se positionner comme adultes
00:38:55intervenir
00:38:55et ils n'ont pas été formés
00:38:56à ça
00:38:57dans leur formation initiale
00:38:58on n'est pas formés
00:38:59nous par exemple
00:39:00je connais des listes
00:39:01de dates
00:39:01des personnages historiques
00:39:03mais je n'ai jamais été formée
00:39:04à m'occuper vraiment
00:39:05d'un groupe d'êtres humains
00:39:06qui ont un certain âge
00:39:08d'adolescence
00:39:08qui ont donc
00:39:09des certaines problématiques
00:39:10je n'ai pas été formée
00:39:11à la psychologie
00:39:13de l'adolescent
00:39:14j'ai eu deux heures
00:39:14quand j'étais étudiante
00:39:15voilà quelle a été
00:39:16ma formation
00:39:17à la psychologie de l'adolescent
00:39:18qui connaît le 3018
00:39:19levez la main
00:39:20c'est pas seulement un numéro
00:39:25c'est qu'ils peuvent vraiment
00:39:26vous aider
00:39:27à faire fermer un compte
00:39:29retirer du contenu
00:39:30si jamais un jour
00:39:32quelqu'un prend du contenu
00:39:33à vous
00:39:33et le diffuse
00:39:34si quelqu'un vous harcèle
00:39:37vous embête
00:39:37sur les réseaux sociaux
00:39:38s'il y a des propos
00:39:39qui vous concernent
00:39:40ils ont la possibilité
00:39:41d'être en contact direct
00:39:42avec les réseaux sociaux
00:39:43pour faire fermer
00:39:44et retirer le contenu rapidement
00:39:45cette coopération
00:39:51qu'on a mis en place
00:39:52permet d'avoir des réactions
00:39:53très rapides
00:39:54des réseaux sociaux
00:39:55puisque en 20 minutes
00:39:56on peut avoir
00:39:57une réponse positive
00:39:58de suppression
00:39:58et de blocage
00:40:00de contenu
00:40:00ou de compte
00:40:01ma fille de 15 ans
00:40:01a envoyé des photos
00:40:02dénudées à son petit ami
00:40:03qui a pris la rupture
00:40:04à divulguer les photos
00:40:05à deux reprises
00:40:05première fois fin août
00:40:07il y a une semaine
00:40:07nous avons déposé
00:40:08plainte à gendarmerie
00:40:09qui nous a conseillé
00:40:09de prendre contact avec vous
00:40:10ma fille est trop honteuse
00:40:12à effacer les photos
00:40:12ainsi que les différentes conversations
00:40:13ça c'est du revenge
00:40:15par contre
00:40:15la grande mode
00:40:17ça va être un peu
00:40:17le deepfake
00:40:18en tout cas
00:40:19ça va être l'utilisation
00:40:20d'une photo
00:40:21d'une victime
00:40:22et on va lui attribuer
00:40:24soit des positions sexuelles
00:40:26aujourd'hui
00:40:27il existe des apps
00:40:28qui permettent
00:40:29de dénuder
00:40:29une personne qu'on a en photo
00:40:30n'importe qui peut prendre
00:40:31en photo n'importe qui d'autre
00:40:33et obtenir un rendu crédible
00:40:36de ce à quoi ressemblerait
00:40:37cette personne nue
00:40:38et parfois un rendu
00:40:39qui est il faut le dire
00:40:40indistinguable de la réalité
00:40:41ça va être aussi
00:40:43du harcèlement
00:40:44sur les lives
00:40:44par exemple les lives TikTok
00:40:46et en fait
00:40:46on peut traiter des lives
00:40:47avec des personnes de 50 ans
00:40:48qui rencontrent des jeunes
00:40:49de 15 ans
00:40:50et pour le coup
00:40:50ça devient un peu
00:40:51incontrôlable
00:40:53on a toujours
00:40:54une grosse frustration
00:40:55chez nous
00:40:56d'assister parfois
00:40:58à des drames
00:40:58et à des situations
00:40:59de jeunes
00:40:59qui ont été
00:41:00menacés
00:41:02humiliés
00:41:02harcelés en ligne
00:41:04qui ne nous connaissaient pas
00:41:05et qui donc
00:41:06ont été tellement accablés
00:41:07par ces situations-là
00:41:08se sont dit
00:41:09tellement seuls
00:41:10abandonnés
00:41:11des œuvrés
00:41:11qu'ils ont malheureusement
00:41:12pour certains
00:41:13mis fin à leur jour
00:41:13alors qu'on se dit
00:41:14que peut-être
00:41:15que s'ils avaient connu
00:41:16notre existence
00:41:16ils avaient pu nous joindre
00:41:17on aurait pu
00:41:18les rassurer
00:41:19avoir des actions
00:41:20très concrètes
00:41:20pour faire
00:41:21complètement diminuer
00:41:22voire stopper
00:41:23les phénomènes en ligne
00:41:24qu'ils vivaient
00:41:25et donc de restreindre ça
00:41:26des situations concrètes
00:41:27qu'ils auraient pu
00:41:27ensuite être capables
00:41:28de partager avec leurs parents
00:41:29l'école ou autre
00:41:30et peut-être de réussir
00:41:32à les sauver
00:41:32Alors en fait
00:41:39il s'agissait
00:41:40d'un enfant
00:41:40la situation
00:41:41d'un enfant de 13 ans
00:41:42sa maman appelle
00:41:44parce qu'elle découvre
00:41:44que sur Snapchat
00:41:45il discute
00:41:46avec un homme
00:41:46de 26 ans
00:41:47l'enfant de 13 ans
00:41:49pensait parler
00:41:49avec son amoureux
00:41:51comme il l'appelle
00:41:52de 16 ans
00:41:53la maman découvre
00:41:54qu'il en a 26
00:41:54en réalité
00:41:56qu'ils ont échangé
00:41:57des photos
00:41:57semi-nues
00:41:58avec principalement
00:42:00le torse découvert
00:42:01elle a effectué
00:42:02des captures
00:42:03d'écran de la conversation
00:42:03donc très bon réflexe
00:42:04c'est exactement
00:42:05ce qu'on demande de faire
00:42:06et au niveau
00:42:08de la plainte
00:42:08elle n'a pas été prise
00:42:09ils ont uniquement
00:42:10pris une main courante
00:42:11malheureusement
00:42:11donc je lui ai proposé
00:42:12de remplir notre formulaire
00:42:13à nous
00:42:14pour qu'on intervienne
00:42:15sur le compte Snapchat
00:42:16de cette personne-là
00:42:16je lui ai également
00:42:17demandé de signaler
00:42:19à Pharos
00:42:19donc aux autorités
00:42:20pour corruption mineure
00:42:22à l'adolescence
00:42:24les enfants partent
00:42:26en quête
00:42:26de leur propre identité
00:42:27c'est l'institution de soi
00:42:29dans la séparation
00:42:30des parents
00:42:31l'émancipation
00:42:32de la cellule familiale
00:42:33et l'importance prise
00:42:35par l'entourage
00:42:36comme première figure
00:42:36d'identification
00:42:37parfois je discute
00:42:47avec des adolescents
00:42:47en consultation
00:42:48ils me racontent
00:42:48leurs copains
00:42:49leurs copines
00:42:49leur machin
00:42:50etc
00:42:50et des fois
00:42:51je mets un quart d'heure
00:42:52à me rendre compte
00:42:53que la personne
00:42:54dont il est en train
00:42:55de parler
00:42:55il ne l'a jamais
00:42:56physiquement rencontrée
00:42:57les jeunes
00:42:58ont des copains
00:42:59en vrai
00:43:00des copains
00:43:00sur les réseaux
00:43:01et pour eux
00:43:02c'est des copains
00:43:02quoi qu'il arrive
00:43:03c'est pas
00:43:04des sous-copains
00:43:06ou des
00:43:06les réseaux
00:43:09comme Twitter
00:43:09etc
00:43:10ça va très vite
00:43:10tu peux parler
00:43:11avec des gens
00:43:12très facilement
00:43:13que tu connais pas
00:43:14aussi sur TikTok
00:43:16que dans les commentaires
00:43:17dans les commentaires
00:43:18oui
00:43:18mais après
00:43:18tu prolonges
00:43:19la conversation
00:43:21en dehors
00:43:21dans les
00:43:22dans les messages directs
00:43:24ça dépend
00:43:25si on parlait
00:43:27d'une thématique
00:43:28sur quelque chose
00:43:29on peut
00:43:30être amené à parler
00:43:32mais genre
00:43:32la personne
00:43:32je vais pas la calculer
00:43:33je la connais pas
00:43:34je vais pas continuer
00:43:35la maman
00:43:43nous a appelé
00:43:44parce que
00:43:45en fait
00:43:45elle avait découvert
00:43:46que sa fille
00:43:46de 14 ans
00:43:47avait ouvert
00:43:47un compte Tinder
00:43:48depuis quelques mois
00:43:49et elle était
00:43:51un peu déboussolée
00:43:52parce qu'elle savait pas
00:43:53comment réagir
00:43:55en plus
00:43:56elle était assez inquiète
00:43:57parce que la jeune fille
00:43:58était un peu
00:43:59en décrochage scolaire
00:44:00je reçois
00:44:01beaucoup
00:44:01beaucoup de filles
00:44:02qui vont pas bien
00:44:03qui ont entre
00:44:0411 ans
00:44:05et 15 ans
00:44:07là il y a vraiment
00:44:08un passage
00:44:09de grande vulnérabilité
00:44:11alors évidemment
00:44:11que c'est la puberté
00:44:13que ça correspond
00:44:15aux transformations
00:44:17pubertaires
00:44:18qu'elles doivent se réapproprier
00:44:20un corps pubère
00:44:21et qu'elles dominent
00:44:22rien du tout
00:44:23parce que
00:44:24effectivement
00:44:24elles ont
00:44:25des seins
00:44:27qui sont
00:44:28trop gros
00:44:28trop petits
00:44:29ça leur convient pas
00:44:30les cuisses
00:44:31comme ci
00:44:31comme ça
00:44:32moi j'avais vu un film
00:44:33on voyait des femmes
00:44:34très formées
00:44:35avec un corps parfait
00:44:36moi en fait
00:44:37je me dis dans ma tête
00:44:39pourquoi je suis pas comme elle
00:44:40t'es trop grosse
00:44:41et toi t'es trop une planche à pain
00:44:43donc non non
00:44:44l'adolescence
00:44:51c'est un temps neurobiologique
00:44:52spécifique de la vie
00:44:53si elle émerge
00:44:54c'est évidemment du fait
00:44:55de l'entrée dans la puberté
00:44:57mais cette entrée dans la puberté
00:44:59elle est très dépendante
00:45:00en fait du développement cérébral
00:45:02comme notre cerveau
00:45:03se développe pas tout à fait
00:45:04de façon synchrone
00:45:05il se développe à des rythmes
00:45:05un peu différents
00:45:06dans différentes régions du cerveau
00:45:08on va avoir
00:45:09une particularité de l'adolescence
00:45:11dans laquelle
00:45:11notre système émotionnel
00:45:12notre système de la récompense
00:45:14on en parle beaucoup
00:45:14notamment pour les écrans
00:45:15notre système lié au plaisir
00:45:17va être fonctionnel
00:45:19en fait assez tôt
00:45:20et donc ce décalage
00:45:21crée une période spécifique
00:45:22de la vie
00:45:23dans laquelle on voit
00:45:23émerger des comportements
00:45:24qui sont très spécifiques
00:45:25de l'adolescence
00:45:25le premier comportement
00:45:27c'est effectivement
00:45:27avoir une difficulté
00:45:28à réguler ses émotions
00:45:29c'est beaucoup plus dur
00:45:30à l'adolescence
00:45:30parce que mon cortex préfrontal
00:45:32n'exerce pas finalement
00:45:33son système de contrôle
00:45:35de façon aussi fonctionnelle
00:45:36qu'une fois que je suis adulte
00:45:38mais c'est aussi le fait
00:45:39que je suis beaucoup plus sensible
00:45:40à l'environnement social
00:45:41et donc on voit bien
00:45:42comment ça résonne
00:45:43avec les réseaux sociaux
00:45:43donc on peut prendre
00:45:44un exemple
00:45:45qui nous saute aux yeux
00:45:46c'est quand on les regarde
00:45:47sur des vidéos YouTube
00:45:49prendre des risques
00:45:49totalement inconsidérés
00:45:51type fire challenge
00:45:52dans lequel ils se mettent torse nu
00:45:53ils prennent de la colle à brûler
00:45:54ils s'en aspergent le torse
00:45:56et ils l'allument
00:45:56en se filmant
00:45:57on se dit
00:45:58mais ils sont totalement irrationnels
00:45:59en fait ils ne sont pas irrationnels
00:46:00ils sont très rationnels
00:46:02mais leur évaluation
00:46:04du ratio coût-bénéfice
00:46:06est totalement différent du nôtre
00:46:08puisque le bénéfice
00:46:09qu'ils accordent
00:46:10à le fait d'avoir
00:46:11des milliers de vues
00:46:12sur les réseaux sociaux
00:46:13ce qui va leur donner un statut
00:46:15par rapport à leur groupe social
00:46:16en fait dans la vie réelle
00:46:17va être tellement important
00:46:19va être tellement valorisé
00:46:21par leur système de récompense
00:46:22qu'ils sont prêts à prendre le risque
00:46:23d'être brûlés au troisième degré
00:46:24Les adolescents
00:46:38ils ont toujours été agressifs
00:46:39les pulsions agressives
00:46:39elles montent à l'adolescence
00:46:40mais là
00:46:41le numérique
00:46:43les écrans
00:46:43font qu'il n'y a pas de limite
00:46:45d'ailleurs moi
00:46:47quand je leur dis dans mon bureau
00:46:48est-ce que tu aurais fait ça
00:46:49si la personne était en face de toi
00:46:52ils me disent
00:46:52ben non évidemment non
00:46:53donc maintenant je leur dis
00:46:55ben avant d'envoyer un message
00:46:58avant de dire telle chose
00:47:00sur internet
00:47:00pose-toi la question
00:47:01dis-toi
00:47:02est-ce que tu le dirais en vrai
00:47:03et là ça sera une bonne façon
00:47:05de savoir s'il faut le poster ou pas
00:47:07Alors bien évidemment
00:47:13qu'ils pensent qu'il faut être respectueux
00:47:17que le consentement
00:47:18c'est hyper important etc
00:47:19mais en réalité
00:47:21quand ils sont en groupe
00:47:23parce qu'il y a souvent un effet de groupe
00:47:25qui fait tomber les interdits
00:47:27ils oublient tout ça
00:47:28on sait qu'effectivement
00:47:31l'adolescence c'est des moments spécifiques de la vie
00:47:34du point de vue cérébral
00:47:35dans lequel il y a du stress post-traumatique
00:47:37qui peut se mettre en place
00:47:37donc cette question de l'exposition
00:47:39elle pose en fait une question
00:47:40des mécanismes de régulation émotionnelle
00:47:42dont nous disposons
00:47:43les gens qui ont la chance d'avoir des ados à la maison
00:47:45on voit que
00:47:46quand ils sont dans la même situation
00:47:48ils sont toujours autant engagés émotionnellement
00:47:50placés dans la même situation
00:47:52nous en tant qu'adultes
00:47:53on a des mécanismes de régulation émotionnelle
00:47:55extrêmement puissants
00:47:56et on a deux grands mécanismes
00:47:58qui fonctionnent très bien chez nous
00:47:59le premier c'est l'habituation
00:48:00alors quand on est placé dans la même situation
00:48:02globalement quand on voit que
00:48:04ça n'a pas d'impact très important pour nous
00:48:07progressivement
00:48:08notre réaction émotionnelle diminue
00:48:09et puis il y a un deuxième mécanisme
00:48:10qui est la réévaluation
00:48:11c'est à dire que
00:48:12vous avez la capacité de prendre de la distance
00:48:14par rapport à la situation
00:48:15ces mécanismes là
00:48:16ils fonctionnent beaucoup moins bien
00:48:17chez les adolescents
00:48:18donc ça crée des vulnérabilités
00:48:19des facteurs de risque
00:48:21de développer plus d'anxiété générale
00:48:23et quand vous développez plus d'anxiété générale
00:48:25et que vous vous amusez à aller
00:48:26sur des réseaux sociaux
00:48:27et que vous y passez souvent plus de temps
00:48:29que vous faites moins d'activités
00:48:30extrascolaires
00:48:31tout ça finalement
00:48:32a constitué en tout cas
00:48:34des facteurs aggravants
00:48:35je me suis retrouvé
00:48:36dans le canal télégramme
00:48:37quartel de Mexico
00:48:38et j'ai vu des choses vraiment
00:48:41des décapitations
00:48:42j'ai vu de tout
00:48:43genre vraiment c'est
00:48:44sans censure
00:48:45sans rien
00:48:46c'est toi et ta foi
00:48:48c'est vraiment
00:48:49tu regardes
00:48:50force à toi en fait
00:48:51et donc toi t'arrives à
00:48:53qu'est-ce que ça te fait ?
00:48:55bah
00:48:56je regarde
00:48:57sur le coup
00:48:58je suis vraiment choqué
00:48:59mais
00:49:00en vrai je me dis
00:49:01qu'est-ce que je peux y faire
00:49:02ça c'est passé
00:49:03moi j'habite pas à Mexico
00:49:04je peux rien faire
00:49:05je suis pas un baron de la drogue
00:49:06donc
00:49:07autant rester chez moi
00:49:08et rien faire
00:49:09que
00:49:10je pourrais rien faire
00:49:11mais ça te fait pas faire
00:49:12des cauchemars ?
00:49:13non
00:49:14pas comme ça
00:49:15ils sont effectivement
00:49:16confrontés à des choses
00:49:17très violentes
00:49:18ou peut-être on a pas le recul
00:49:19aujourd'hui pour savoir à quel point
00:49:21ça va impacter
00:49:37le corps des adolescents
00:49:38il est très poreux
00:49:39aux problématiques de la société
00:49:41il y a des grands bouleversements
00:49:43sanitaires écologiques
00:49:45familiaux aussi
00:49:47l'organisation des familles
00:49:49bon il y a quand même
00:49:50beaucoup beaucoup de changements
00:49:51sur la manière dont on voit
00:49:53le genre
00:49:54les garçons
00:49:55les filles
00:49:56fluides etc
00:49:57lorsque
00:49:58on laisse pas les enfants
00:50:00être enfants
00:50:01et qu'ils sont
00:50:02d'une certaine façon
00:50:03confrontés à des choses
00:50:04de grands très tôt
00:50:05ils vont exprimer
00:50:06des choses différentes
00:50:11il y a une augmentation
00:50:12des situations
00:50:13de dépression
00:50:14et de crise
00:50:15vraiment
00:50:16surtout chez les adolescents
00:50:18et ça
00:50:19ça avait augmenté
00:50:20avant le Covid
00:50:21attention
00:50:22avant le Covid
00:50:23on était à 8-10%
00:50:24après le Covid
00:50:25on est plutôt
00:50:26à 10-12%
00:50:28voire plus
00:50:29pour certaines pathologies
00:50:30c'est le mouvement
00:50:31de dégradation
00:50:32de la santé mentale
00:50:34de nos petits
00:50:36et de nos adolescents
00:50:37il y a eu une augmentation
00:50:38spectaculaire
00:50:39des hospitalisations
00:50:40des jeunes
00:50:41aussi bien
00:50:42au moment de l'adolescence
00:50:43que jeunes adultes
00:50:45et avec des chiffres
00:50:46particulièrement effrayants
00:50:47pour les adolescentes
00:50:48puisqu'on est
00:50:49quatre fois au-dessus
00:50:50des chiffres
00:50:51d'avant le Covid
00:51:04on a aussi des crises suicidaires
00:51:08très récurrentes
00:51:09sur notre ligne
00:51:10qui se sont accélérées
00:51:11depuis 2020
00:51:12voilà
00:51:13on en avait
00:51:14un par mois
00:51:15et au même moment
00:51:16malheureusement
00:51:17on en a quasiment
00:51:18un par jour
00:51:19donc c'est vrai
00:51:20que c'est
00:51:21c'est très présent aussi
00:51:22moi je me souviens
00:51:23d'un appel
00:51:24pour une tentative
00:51:25de suicide
00:51:26en direct
00:51:28avec une jeune
00:51:29qui voulait sauter
00:51:30de sa fenêtre
00:51:32donc c'était quand même
00:51:33quelque chose
00:51:34voilà
00:51:35qu'elle avait 14 ans
00:51:36ça se passait
00:51:37aux alentours de Strasbourg
00:51:38elle était chez sa grand-mère
00:51:40donc là c'est vrai
00:51:41que pour le coup
00:51:42ça demande
00:51:43voilà
00:51:44beaucoup beaucoup
00:51:45de disponibilité
00:51:46ça demande aussi
00:51:47beaucoup de silence
00:51:48de temps
00:51:49où on laisse aussi
00:51:50où j'ai laissé
00:51:51cette jeune
00:51:52s'il y en a
00:51:53laissé
00:51:54où j'ai laissé
00:51:55cette jeune
00:51:56s'exprimer
00:51:57peut-être comme
00:51:58elle n'avait jamais
00:51:59pu le faire
00:52:00ça s'est quand même
00:52:02terminé où
00:52:03sa grand-mère était
00:52:04dans l'appartement
00:52:05et qui n'était pas au courant
00:52:06et donc les pompiers
00:52:07toquent
00:52:08donc c'est vrai
00:52:09que ça fait quand même
00:52:10tout un choc
00:52:11et il y a
00:52:12une discussion
00:52:13qui s'ouvre
00:52:15avec la grand-mère
00:52:18j'avais la sensation
00:52:19d'avoir peut-être
00:52:20fait ce que j'avais
00:52:21à faire ce soir-là
00:52:22d'avoir ouvert
00:52:23dans cette situation
00:52:24familiale
00:52:25complètement bloquée
00:52:26et nous qui travaillons
00:52:27par exemple beaucoup
00:52:28sur la prévention
00:52:29du harcèlement
00:52:30du cyber harcèlement
00:52:31on se rend compte
00:52:32quand même là
00:52:33très concrètement
00:52:34l'impact que ça peut avoir
00:52:35les échanges en ligne
00:52:38sur l'estime de soi
00:52:39sur la construction
00:52:40de son image
00:52:41à ce moment effectivement
00:52:42de l'adolescence
00:52:43où on se construit
00:52:44où on se construit
00:52:52D'accord
00:52:53D'accord
00:52:54mais
00:52:55cette bagarre
00:52:57elle faisait suite
00:52:58à une situation
00:52:59de harcèlement scolaire
00:53:00ce que vous disiez ?
00:53:01sa fille est harcelée
00:53:04depuis le début de l'année
00:53:06par une de ses camarades
00:53:07de classe
00:53:08et en début de semaine
00:53:10effectivement
00:53:11elle s'est fait frapper
00:53:12par cette jeune
00:53:13et donc rouée de coups
00:53:14coup de poing
00:53:15coup dans le ventre
00:53:16coup dans la tête
00:53:18des vidéos
00:53:19de la bagarre
00:53:20avaient été prises
00:53:21et étaient maintenant
00:53:22diffusées
00:53:23sur les réseaux sociaux
00:53:24c'est ce qu'on appelle
00:53:25du happy slapping
00:53:26et évidemment
00:53:27c'est absolument
00:53:28pas autorisé
00:53:42Donc c'est pas forcément
00:53:43les réseaux sociaux
00:53:44qui vont rendre anxieux
00:53:45ou dépressifs
00:53:46mais ça peut
00:53:47accentuer
00:53:48ou entraîner
00:53:49un repli
00:53:50et les enfermer
00:53:51même dans une bulle
00:53:52algorithmique
00:53:53où ils vont être nourris
00:53:54de pensées négatives
00:53:55Notamment chez les filles
00:53:59il y a ce malaise
00:54:01qui me paraît avoir
00:54:02augmenté
00:54:03autour de l'image
00:54:04du corps
00:54:05la dysmorphophobie
00:54:06les comportements
00:54:08alimentaires
00:54:09et le
00:54:11une espèce
00:54:12de mal de vivre
00:54:14quoi
00:54:15Moi récemment
00:54:16j'ai vu une tiktokeuse
00:54:17qui a posté un tiktok
00:54:19et elle a pris beaucoup
00:54:20d'insultes
00:54:21de commentaires méchants
00:54:22puisqu'elle est
00:54:23plate
00:54:24plate
00:54:25et du coup
00:54:26il y a une autre tiktokeuse
00:54:27qui l'a défendue
00:54:28qui a fait une vidéo
00:54:29justement
00:54:30pour répondre
00:54:31aux méchants commentaires
00:54:32et dire à quel point ça se fait pas
00:54:33et que ça peut partir loin
00:54:34sur de petites choses à la base
00:54:35comme je suis pas trop trop sur les réseaux
00:54:37je me rends pas trop compte
00:54:38de tout ce qui est harcèlement
00:54:40ou tout ce qui est
00:54:41les commentaires qui sont pas très sympas
00:54:45et vous ?
00:54:47franchement
00:54:48franchement
00:54:49tant que ça me touche pas
00:54:50directement
00:54:51bah
00:54:52j'en fous un peu
00:54:54mais il y en a
00:54:55on dirait sur des réseaux
00:54:56ils aiment bien ça
00:54:57c'est des vies de gens tristes
00:54:58imprécis
00:55:01on a vu apparaître aussi des choses comme des anorexies très précoces
00:55:07c'est à dire que quand j'ai commencé moi il y a plus de 30 ans on était anorexique
00:55:12d'abord on était une fille et on devenait anorexique à l'adolescence lorsque son corps se transformait
00:55:18aujourd'hui nous avons des jeunes des toutes petites de 9, 10, 11 ans prépubère
00:55:25mais est-ce que l'anorexie prépubère c'est la même chose que l'anorexie des adolescentes ?
00:55:29non
00:55:30parce que là on est vraiment avant même que le corps se transforme
00:55:39la comparaison sociale est forte c'est vrai
00:55:41et elle est d'autant plus forte que là on peut regarder son image
00:55:45et celle des autres dans les réseaux sociaux
00:55:49et il y a une tyrannie
00:55:51et moi je crois que notre société elle est plus normative
00:55:56et en particulier dans la génération qui se regarde
00:56:00et qui s'instagramme constamment
00:56:03donc oui il y a un aspect extrêmement normatif et donc tyrannique
00:56:08dès qu'on a une nouvelle technologie qui va lier les gens
00:56:10on va à une certaine homogenisation, standardisation
00:56:12et je pense que la comparaison les uns les autres a toujours existé
00:56:15elle existe dans notre sphère publique et infrastructure physique
00:56:18elle est différente dans le monde médiatique, dans le monde des réseaux sociaux
00:56:22pour la simple et bonne raison c'est qu'elle se fait dans un monde où on s'observe différemment
00:56:27et ce qui est très frappant c'est qu'en 2024 comme en 1980
00:56:34quand on regarde les interactions qu'il y a entre des jeunes filles et des jeunes garçons
00:56:39que ce soit par messagerie ou autre
00:56:43ça reste assez semblable finalement
00:56:45et en même temps sur les réseaux sociaux on a le sentiment qu'il y a un archaïsme dans les relations garçons-filles
00:56:51il y a un archaïsme dans la représentation des sexes qui n'a pas beaucoup changé finalement
00:56:56voire même parfois on se demande si elle ne régresse pas un peu parce qu'elle est très caricaturale
00:57:00Les filles adolescentes sont beaucoup plus à risque de détresse, vraiment beaucoup plus
00:57:12et je crois que c'est lié au fait que pour une adolescente aujourd'hui
00:57:16c'est extrêmement difficile de s'imaginer avec les attentes sociétales et sociales qu'il y a vis-à-vis d'elle
00:57:24en tant que futur adulte femme de se dire qu'elle va y arriver
00:57:29Pourquoi ? Parce qu'on lui demande toujours d'être une maman parfaite
00:57:32et en même temps maintenant, puisqu'il y a l'égalité
00:57:35on leur demande d'être toutes aussi performantes que les hommes
00:57:38et donc c'est quand même la causature du cercle
00:57:40Et en plus de ça les filles, il faut bien reconnaître qu'elles agissent beaucoup par identification à leur père
00:57:47donc c'est vrai qu'il y a une espèce de mimétisme comme ça
00:57:51qu'on voit beaucoup beaucoup plus chez les filles que chez les garçons
00:57:55Il y avait une de mes patientes qui me disait
00:57:58finalement là en ce moment en classe c'est la course à celle qui ira la plus mal
00:58:03et c'est un peu vrai en fait
00:58:05parce qu'il y en a une qui commence à se scarifier
00:58:07et hop il y en a cinq qui se scarifient par derrière
00:58:10En quelques années, on est passé d'une maigreur absolue dans les images que l'on voyait
00:58:29qui avaient fait le lit de toutes ces problématiques d'anorexie et de troubles du comportement alimentaire
00:58:33mais maintenant on a la chirurgie esthétique qui s'est démocratisée
00:58:38et on voit, parce que c'est aussi des nouvelles technologies pour moi
00:58:41la chirurgie esthétique, on voit maintenant des adolescents réclamer des implants fessiers
00:58:46des implants mammaires, des transformations du nez, des injections dans la bouche et que sais-je encore
00:58:51alors même que finalement ce que cela crée c'est finalement un physique qui est très normé
00:58:59Donc c'est une signature sociale d'une certaine manière
00:59:09Et vous, ça vous influence, là, Kardashian, etc. ?
00:59:15Non, c'est trop bon
00:59:18C'est trop bon
00:59:20La pathologie de l'adolescent qu'on peut relier avec cette utilisation des écrans
00:59:32c'est celle qu'on appelle le retard de phase
00:59:35Le retard de phase, si on veut le dire avec des mots plus faciles, ça veut dire être en décalage horaire
00:59:40Donc le sommeil, il reste bon, mais il se décale
00:59:43En 2001, a été découvert dans les yeux une sorte de cellule qui n'est pas les cônes et les bâtonnets qui servent à voir
00:59:50qui sont les cellules ganglionnaires à mélanopsine
00:59:53Mais ces cellules-là, elles sont en charge de donner l'information au cerveau, lumière ou obscurité
00:59:59Et ces petites cellules de la rétine, du fond de l'œil, elles adorent le bleu
01:00:05Et si on s'éclaire le soir, on va repousser le mode nuit
01:00:10et donc il va commencer plus tard et donc finir plus tard
01:00:14et donc créer un espèce de décalage horaire qui impacte particulièrement les adolescents
01:00:19En tant qu'enseignant, ce qu'on voit surtout, c'est le fait qu'effectivement
01:00:22le téléphone et les réseaux sociaux prennent beaucoup de place dans la vie des élèves et ils dorment beaucoup moins
01:00:26Ça peut impacter sur le temps de sommeil des gens
01:00:29Et bien, vu qu'on ne s'en rend pas compte, on ne peut pas beaucoup dormir
01:00:35Enfin, en fait, on ne gère pas le temps
01:00:37Quand on regarde, le temps, on ne s'en rend pas compte
01:00:40Quand on est sur son écran, on est en éveil, on ne dort pas, on est sédentaire, on se coupe du monde
01:00:47On fait moins de sport, on lit moins
01:00:50Donc il y a tout un effet, je dirais, à caractère purement biologique, physiologique qui a tout lieu de nous inquiéter
01:00:57Et c'est pas rien la sédentarité
01:00:59Quand vous avez 33% des enfants qui ne font pas d'activité en dessous de 3 ans, c'est un vrai problème
01:01:06C'est-à-dire qu'on est en train d'avoir une population d'enfants et d'adolescents hyper sédentarisés
01:01:11avec des risques très rapides pour l'émergence de maladies cardiovasculaires
01:01:17L'impact du manque de sommeil, il est multiple
01:01:22La fatigue, le problème d'attention, de concentration, de mémorisation
01:01:26Et évidemment, ça a aussi un impact pour favoriser le développement de la dépression et de l'anxiété
01:01:31Probablement plus de 10% des adolescents ont vraiment des soucis de sommeil majeurs
01:01:37Très, très, très à l'origine de conflits familiaux et d'absentéisme scolaire
01:01:41Malheureusement, en France, nous sommes dans un pays après le Japon et la Corée
01:01:47Nous sommes un des pays où il y a une épidémie, entre guillemets, de phobie scolaire
01:01:53C'est-à-dire que partout dans notre territoire, on voit une augmentation très importante
01:01:59des adolescents, de plus en plus jeunes, qui ont une angoisse viscérale d'aller à l'école
01:02:06Ils n'y arrivent pas, ce n'est pas qu'ils ne veulent pas, ce n'est pas l'école buissonnière
01:02:09Ils ne peuvent pas y aller
01:02:11Et ils ne peuvent pas y aller parce qu'ils sont pris dans des sortes de contradictions, des choses douloureuses
01:02:20Moi, j'ai le cas d'élèves qui sont absents parce qu'en fait, ils jouent trop
01:02:43et que finalement, à un moment, le jeu, pas forcément sur le téléphone, sur les ordinateurs, ça devient toute leur vie
01:02:50Il n'y a plus rien d'autre et ils ne viennent plus à l'école
01:03:02La seule addiction comportementale reconnue, c'est le trouble du jeu de hasard et d'argent
01:03:06Donc, on joue au pari sportif en ligne, etc. Ça, c'est reconnu depuis longtemps, c'est indexé dans la classification américaine de psychiatrie
01:03:14De l'autre côté, l'OMS a dit, il y a le trouble du jeu vidéo
01:03:19Vous voyez, mais il n'y a jamais le mot addiction, hein, trouble du jeu vidéo
01:03:22Le gaming disorder, il y a effectivement une pratique du jeu vidéo qui peut être problématique
01:03:26et qui nécessite derrière un accompagnement suivi
01:03:30J'ai utilisé un mémoire et un mémoire technique, c'est 5 C, 12 mois
01:03:34Premier C, perte de contrôle du comportement
01:03:36Deuxième C, usage compulsif, je ne peux pas m'empêcher de le faire
01:03:39Troisième C, le craving, c'est un mot anglais pour dire des envies irrésistibles de consommer
01:03:45Quatrième C, c'est un usage continu
01:03:47Et le dernier C, c'est des conséquences sur ma vie
01:03:49Physique, psychique, sociale, etc.
01:03:51Si vous avez ces 5 C pendant 12 mois, vous êtes addict
01:03:54Bon, quand il y a des comportements addictifs, c'est comme un arbre
01:03:57Quand vous regardez un arbre dans la rue, il y a des branches
01:04:00Et il y a le tronc et les racines, les racines, vous ne les voyez pas
01:04:02En fait, ce jeu vidéo, c'est une des branches de l'arbre, d'accord ?
01:04:06Donc si vous traitez que la branche de l'arbre, vous coupez la branche
01:04:10Bah la branche, elle repousse, elle revient, donc on rechute
01:04:13Il faut traiter toutes les racines qu'il y a en dessous
01:04:15Et c'est plus complexe, c'est psychologique, c'est cognitif, c'est l'histoire personnelle, etc.
01:04:20Quand on passe beaucoup de temps à jouer, même si on n'est pas dans une situation de trouble, d'addiction
01:04:30C'est du temps qu'on ne passe pas aux choses, donc ça peut avoir des conséquences
01:04:33Et puis c'est des adolescents qui s'isolent, moi c'est surtout ça aussi
01:04:35C'est pas tant le fait d'apprendre de l'histoire, des mathématiques, ça c'est extrêmement important
01:04:39Mais c'est aussi des jeunes gens qui perdent toute sociabilité
01:04:43À leur âge, on a quand même envie d'être avec des amis de son âge, tout ça, de rigoler
01:04:55De tout temps, il a été difficile d'être parent
01:04:57Le malaise des adultes face aux enfants et aux adolescents
01:05:00Est aujourd'hui amplifié par l'évolution de notre société, de la famille
01:05:05Et la prédominance des technologies dans notre quotidien
01:05:08Les parents, clairement, expriment le fait que la question de la gestion des pratiques numériques
01:05:18Des écrans, des usages numériques, peu importe le terme qu'on donne
01:05:21Est aujourd'hui vécue comme la première difficulté éducative pour les parents
01:05:26Devant les questions relatives à l'école, à l'alimentation, à la santé
01:05:31Alors, est-ce qu'ils sont démunis ?
01:05:33Ce qui est sûr, c'est que c'est vraiment une difficulté, c'est vécu comme une difficulté
01:05:40On a besoin de penser un parcours de parentalité
01:05:43Qui serait du même ordre qu'un parcours, finalement, d'accompagnement, de la préparation à l'accouchement
01:05:49Il y a quelque chose qui m'a beaucoup marquée
01:05:57C'était après les attentats en Israël et le début de la guerre à Gaza
01:06:01Et donc, moi, en tant que professeur géographique, je leur demande
01:06:03Mais vous en parlez avec vos parents ? Non
01:06:05Alors moi, je suis tombée des nues
01:06:06C'est-à-dire qu'on s'aperçoit quand on creuse un peu
01:06:08Et j'avais dans ce panel vraiment des élèves qui étaient de niveau scolaire, d'intérêt vis-à-vis de l'école très différents
01:06:15Et même de très bons élèves, en fait, on s'aperçoit qu'ils ne parlent plus tellement avec leur famille
01:06:19Et que les réseaux sociaux, eh bien, ils leur servent à avoir une relation avec le reste du monde
01:06:24Avec l'actualité, avec l'histoire, tout cela
01:06:26Je trouve que parfois, les vies familiales sont quand même très, très réduites
01:06:32C'est-à-dire qu'on se rend compte que les enfants ne prennent pas du tout de repas avec leurs parents
01:06:37Le soir, il y a énormément d'enfants, d'adolescents, qui dînent justement devant les écrans
01:06:44Mais les parents aussi, en réalité
01:06:46Chacun est chez soi, ensemble, mais isolé
01:06:50En tout cas, ils finissent par détester le numérique
01:06:53Parce que c'est un objet de conflit quotidien dans la famille
01:06:56Ça leur envoie une image très dévalorisante d'eux comme parents
01:06:59Parce que c'est un sujet de conflit
01:07:01Parce que c'est un sujet sur lequel ils ne sont que frustrants
01:07:03À part le jour où ils offrent l'outil, où ils sont dieux sur terre
01:07:06Mais dès le lendemain, comme ils ont du mal à le gérer
01:07:08Ça ne devient qu'un objet de frustration
01:07:10Non, arrête, pas ceci, pas cela
01:07:12Les parents redoutent toujours un peu de mettre des limites
01:07:15Alors que finalement, ça participe à la construction de l'enfant, il en a besoin
01:07:18Donc le contrôle parental a un très mauvais nom
01:07:20Puisqu'il va vraiment à l'encontre de ce qu'il défend
01:07:23L'idée n'est pas du tout de contrôler son enfant
01:07:25Plus on le met en place avec son enfant, on lui explique pourquoi
01:07:28Et on l'assouplit, on explique aussi à son enfant
01:07:30Qu'on l'assouplit au fur et à mesure qu'il grandit
01:07:32Plus il comprend aussi ce rôle protecteur du parent
01:07:36Qui est finalement plutôt rassurant pour un enfant
01:07:38On ne conseille jamais d'installer un contrôle parental sans le dire à l'enfant
01:07:42Il faut toujours le faire avec l'enfant à côté
01:07:44Pour expliquer pourquoi est-ce qu'on le met en place
01:07:46Pourquoi est-ce qu'on l'installe, quel en est le but
01:07:47Quels sont les paramétras choisis par le parent
01:07:49Et pourquoi
01:07:50C'est important de ne rien imposer
01:07:51D'être en mesure toujours pour le parent
01:07:53D'expliquer
01:07:54Et avec un contrôle parental ?
01:07:56Non, j'en ai eu un il n'y a pas longtemps
01:07:59Mais ils me l'ont enlevé
01:08:02Et est-ce que c'est un genre de discussion
01:08:05Des tensions dans la famille de l'école ?
01:08:08Un peu, du coup
01:08:10Parce que c'est vrai que je passe beaucoup de temps dessus
01:08:12Mais principalement au sujet du travail
01:08:16Ils s'inquiètent mes parents
01:08:18J'avais un contrôle parental
01:08:20Mais il n'était pas bien foutu
01:08:22Parce que j'avais le code de mes parents
01:08:24Donc j'entrais quand j'avais pas de limite
01:08:27Mon père dès qu'il me voit sur mon portable
01:08:30Moi je le range vite
01:08:31C'est-à-dire qu'il n'aime pas vraiment
01:08:33L'aspect que je vois sur mon portable
01:08:35Même donc
01:08:36Ça m'empêche pas de l'utiliser
01:08:38En 20 ans
01:08:39Du fait de nombreuses alertes
01:08:41Et d'évolutions législatives
01:08:42Les grandes plateformes du numérique
01:08:44Ont clarifié leurs règles d'utilisation
01:08:46Notamment pour mieux guider les parents
01:08:48Lorsque vous avez moins de 15 ans
01:08:5015 ans on rappelle que c'est l'âge
01:08:52De la majorité numérique en France
01:08:55La destination YouTube
01:08:57C'est YouTube Kids
01:08:59Qui est dans son intégralité
01:09:01Complètement pensée
01:09:03Pour un usage à destination des plus jeunes
01:09:06Sur l'application YouTube Kids
01:09:08Vous n'avez pas de commentaires
01:09:10Vous n'avez pas de lecture automatique des vidéos
01:09:15Vous avez tous les outils à destination des parents
01:09:19De cadrage du minuteur
01:09:21De temps passé
01:09:23Les parents peuvent même aller jusqu'à dire
01:09:25J'autorise uniquement telle et telle et telle chaîne
01:09:30Ce qui est très important aussi de notre point de vue
01:09:32C'est que nous pensons que nos plateformes
01:09:35Telles qu'elles sont
01:09:36Ne sont pas des plateformes utiles
01:09:38Pour des adolescents
01:09:40Des enfants en fait qui ont moins de 13 ans
01:09:42Donc l'âge pour accéder à Facebook
01:09:44Instagram et à WhatsApp est de 13 ans
01:09:46Malheureusement
01:09:47Certains d'entre eux mentent
01:09:48À partir du moment où on a un doute
01:09:50Nous avons la possibilité de contrôler l'âge
01:09:53Aussi bien en demandant la carte d'identité
01:09:55Que en utilisant encore une fois l'IA
01:09:57Nous avons une partnership avec Yoti
01:09:59Qui est une start-up très avancée
01:10:01Qui effectivement à travers un selfie
01:10:03Que nous allons demander à l'utilisateur de nous envoyer
01:10:06Va pouvoir comprendre si les traits de cette personne
01:10:09Correspondent à l'âge que cette personne dit d'avoir
01:10:12L'autre chose importante
01:10:14C'est tous les outils que nous avons lancés sur le temps passé
01:10:17Parce qu'on s'est rendu compte justement
01:10:18Que les jeunes en particulier
01:10:21Mais les adultes aussi
01:10:22Avaient tendance à passer trop de temps
01:10:24Et effectivement ça les distrait du reste de leur vie
01:10:28Pour aller plus loin
01:10:30Instagram vient de créer les comptes ados
01:10:32Un ensemble de nouveaux paramètres et fonctionnalités
01:10:35Pour mieux protéger les mineurs
01:10:37Gageons que cela soit efficace
01:10:41Nous avons un outil de contrôle parental
01:10:45Family Link
01:10:46Maintenant
01:10:47Le numérique
01:10:48Est un apprentissage
01:10:51Le numérique c'est comme le vélo
01:10:53Ça s'apprend
01:10:54On ne met pas son enfant qui apprend à faire du vélo
01:10:57Sans petit trou
01:10:59Sur une grande route
01:11:00Avant de l'avoir accompagné
01:11:02Il faut former les adultes
01:11:04Aux réalités des jeunes
01:11:08Et à leur réalité
01:11:10Je les questionne voilà
01:11:12Apprenez-moi des choses sur les réseaux sociaux
01:11:14Apprenez-moi voilà
01:11:15Comment ça fonctionne
01:11:17Moi ça m'intéresse en réalité
01:11:19J'ai commencé à regarder un peu Twitch
01:11:21Enfin voilà
01:11:22Vraiment j'essaye de sortir
01:11:23De mon monde un peu académique
01:11:24Livresque
01:11:25Voilà
01:11:26Et d'aller chercher un petit peu les choses
01:11:28Qu'ils vivent eux
01:11:29Moi je l'ai fait lire en classe devant moi
01:11:31C'est-à-dire que je me rends bien compte
01:11:32Qu'ils vivent eux
01:11:33Qu'ils vivent eux
01:11:34Moi je les ai fait lire en classe devant moi
01:11:36C'est-à-dire que je me rends bien compte
01:11:37Alors moi je leur donne des livres à lire en seconde
01:11:38Malgré que je sois prof d'histoire-géographie
01:11:40Ils font des livres d'histoire-géographie
01:11:41Ils font des livres d'histoire-géographie
01:11:42Ils font des livres d'histoire-géographie
01:11:43C'est ce que j'ai fait
01:11:54Oui
01:11:55Moi je les ai fait lire en classe devant moi
01:11:56C'est-à-dire que je me rends bien compte
01:11:58Alors moi je leur donne des livres à lire en seconde
01:12:00Malgré que je sois prof d'histoire-géographie
01:12:02Ils ont des livres d'histoire-géographie
01:12:04Par exemple sur Magellan
01:12:06Sur Vespucci à lire
01:12:07Et puis quand ils ont des choses à lire en classe
01:12:10Enfin quand je sais que je leur donne des choses
01:12:12le font devant moi. Donc c'est un temps
01:12:14qui n'est pas perdu en réalité. Vaut mieux leur faire
01:12:16lire le document en classe, même s'il est très
01:12:18très long, et que leur faire un petit audio pour
01:12:20qu'ils copient le cours chez eux. Mais c'est sûr que demander
01:12:22aujourd'hui à les élèves de lire individuellement
01:12:24tout seul en autonomie, je pense que c'est
01:12:26vraiment très très compliqué.
01:12:29Mais chez LGBT, il fait un peu
01:12:30si vous lui demandez tous la même chose, vous avez
01:12:32tous exactement la même chose. Après on peut demander
01:12:34de reformuler, et du coup ils reformulent
01:12:36de différentes façons. Moi je vais à l'âge de GPT
01:12:38et après je reformule l'âge de l'âge de l'âge.
01:12:40Et moi ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que je me dis
01:12:41que l'éducation nationale met déjà tellement de temps
01:12:44pour changer les façons de faire et tout cela,
01:12:46quand est-ce qu'elle va se mettre à nous former
01:12:48à ce que l'intelligence artificielle peut nous apporter ?
01:12:51Après,
01:12:52ce que je trouve plus compliqué, c'est que les parents
01:12:54qui voudraient qu'on fasse tout,
01:12:56qu'on les éduque
01:12:57aux réseaux sociaux, qu'on les éduque à la sexualité,
01:13:00au consentement,
01:13:02qu'on leur trouve des stages. Moi en conseil
01:13:04de classe, je réponds à chaque fois aux parents qui disent
01:13:06oui il y a trop de travail, en fait vos enfants
01:13:07regardez le nombre d'heures qui passent sur leur téléphone, parce que moi
01:13:09je le sais le nombre d'heures qui passent sur leur téléphone,
01:13:11que chez vous, vous limitiez aussi tout ça
01:13:13et que vous en parliez avec vos enfants, d'internet,
01:13:15sur des réseaux sociaux et que vous ne laissiez pas l'école
01:13:18en charge de tout, c'est pas possible, on ne peut pas y arriver.
01:13:20J'ai souvent une image un peu
01:13:22simple à propos de l'école
01:13:24que je vais répéter ici, on demande
01:13:25à l'école de vider la cuvette
01:13:27alors que personne ne ferme le robinet.
01:13:29On demande à l'école de régler
01:13:31tous les problèmes que la société
01:13:33crée autour d'elle. Est-ce que c'est une question
01:13:36de moyens ? Est-ce que c'est pas plutôt
01:13:37une question que doit se poser
01:13:40fondamentalement la société
01:13:42elle-même, de considérer
01:13:43qu'elle n'a rien de plus précieux que l'école
01:13:46du coup, et qu'il faut payer
01:13:47les professeurs dignement, qu'il faut les soutenir
01:13:50et qu'il faut qu'ils soient plus nombreux
01:13:51qu'on refasse des espaces scolaires
01:13:54qu'ils soient des espaces de paix,
01:13:55sanctuarisés, protégés
01:13:57pour que les professeurs puissent faire leur métier
01:13:59qui est quand même d'enseigner.
01:14:00L'école et les parents ne peuvent pas tout, en effet.
01:14:05C'est pour cela que les avancées
01:14:06en matière de régulation
01:14:07devraient permettre de rééquilibrer les choses.
01:14:12On a sans doute trop laissé faire
01:14:14ces acteurs économiques
01:14:17qui ont poussé, en fait,
01:14:19d'accès à ces outils numériques,
01:14:20notamment chez les plus jeunes.
01:14:21Mon rôle à moi,
01:14:33c'est de faire respecter
01:14:35la liberté d'expression
01:14:37sur les réseaux,
01:14:38tout en rappelant que tout ce qui est interdit
01:14:40hors ligne par nos lois
01:14:42est désormais aussi
01:14:44en ligne.
01:14:46C'est ce que ce Parlement,
01:14:49votre Parlement,
01:14:50a voté.
01:14:51à une très large majorité
01:14:53en adoptant le DSA.
01:14:57Ça s'appelle
01:14:58la démocratie, Mme Joron.
01:15:00Pour une fois, on peut être fiers
01:15:01quand même de ce que fait l'Europe
01:15:02puisqu'elle est quand même
01:15:03assez moteur
01:15:04sur la régulation
01:15:06des acteurs de numérique.
01:15:08Grâce à la France,
01:15:09la régulation européenne
01:15:10a pris de l'avance
01:15:11et inspire désormais
01:15:12le monde entier,
01:15:13notamment les États-Unis.
01:15:14J'ai rejoint Facebook
01:15:15parce que je pense que Facebook
01:15:16a le potentiel
01:15:17de nous donner
01:15:17le meilleur.
01:15:18Mais je suis ici aujourd'hui
01:15:21parce que je crois
01:15:21que les produits Facebooks
01:15:22harcent les enfants,
01:15:24stocent la division
01:15:25et empêchent notre démocratie.
01:15:27La compagnie,
01:15:28la leadership
01:15:28sait comment
01:15:29faire Facebook
01:15:30et Instagram
01:15:30savent,
01:15:31mais ne pas faire
01:15:32les changements nécessaires
01:15:33parce qu'ils ont mis
01:15:34leurs profits astronomiques
01:15:36avant les gens.
01:15:37Une action congressionnelle
01:15:39est nécessaire.
01:15:41Ancienne ingénieure
01:15:42chez Facebook,
01:15:43Frances Hogan a publié
01:15:44des milliers de documents
01:15:45internes et confidentiels
01:15:46établissant selon elle
01:15:48que Facebook et Instagram
01:15:49nuisent à la santé mentale
01:15:50et physique
01:15:51des plus fragiles.
01:15:54Ces Facebook leaks
01:15:55sont à l'origine
01:15:55de la plainte
01:15:56d'une quarantaine d'États
01:15:57à l'encontre de Méta,
01:15:58accusée de nuire
01:16:00sciemment à la jeunesse.
01:16:17Mark Zuckerberg
01:16:18se retrouve à devoir
01:16:19rendre des comptes.
01:16:28à l'encontre
01:16:29à l'encontre
01:16:30aux victimes
01:16:30qui ont été
01:16:31harmées
01:16:31par votre produit.
01:16:31Montrez-le les photos.
01:16:32Alors, je dois dire
01:16:41que nous ne sommes pas
01:16:41d'accord avec ce que
01:16:43Frances Hogan nous a reproché
01:16:45dans les dernières années.
01:16:48Toutefois, c'est vrai
01:16:48que certains des thèmes
01:16:50qu'elle a soulevés
01:16:50nous ont aidé
01:16:52à construire
01:16:53de plus en plus
01:16:54d'outils
01:16:55et de prendre
01:16:57plus d'attention
01:16:58sur le genre
01:16:59de contenu
01:16:59que les ados
01:17:01et les plus jeunes
01:17:01pouvaient voir
01:17:02sur nos plateformes.
01:17:04Quand un jeune
01:17:05va rechercher
01:17:06un contenu
01:17:06qui pourrait porter
01:17:08à croire
01:17:09qu'il soit en train
01:17:10de penser
01:17:11au suicide
01:17:12ou alors
01:17:12qu'il ait des troubles
01:17:13alimentaires,
01:17:14automatiquement,
01:17:15quand il recherche
01:17:17ce contenu,
01:17:17il va recevoir
01:17:18une notification
01:17:19qui le renvoie
01:17:21à un expert local,
01:17:23donc une association
01:17:24locale
01:17:24qui peut lui donner
01:17:25plus d'indications
01:17:26sur comment affronter
01:17:28ce genre de problème.
01:17:30Un exemple
01:17:31extrêmement français,
01:17:32c'est le bouton
01:17:333018
01:17:33que nous avons lancé
01:17:35avec iEnfance.
01:17:36C'était vraiment
01:17:36une première mondiale.
01:17:38Nous avons pas mal
01:17:39de collaborations
01:17:40avec des influenceurs
01:17:41qui vont parler justement
01:17:42du bien-être,
01:17:43que la beauté
01:17:43n'est pas forcément
01:17:45correspondante aux critères
01:17:46que nous voyons
01:17:47toujours dans les films
01:17:48et aussi
01:17:49la restriction
01:17:49qui permet en gros
01:17:51de...
01:17:52C'est comme si on bloquait
01:17:53un utilisateur,
01:17:55mais lui ne va pas
01:17:56se rendre compte
01:17:57qu'on l'a bloqué.
01:17:58Sur le métavers,
01:17:59il y a des instruments
01:18:00de supervision parentale,
01:18:02donc les parents
01:18:03ont la possibilité
01:18:03de voir
01:18:04quels sont les amis
01:18:05avec lesquels
01:18:06leur enfant
01:18:07va interagir
01:18:09sur Quest
01:18:10et sur les mondes
01:18:11de Quest.
01:18:12Ils peuvent contrôler
01:18:14le temps passé
01:18:14et aussi savoir
01:18:16quel genre d'application,
01:18:17parce qu'on peut
01:18:18télécharger des applications,
01:18:19mais quel genre d'application
01:18:20leurs enfants ont téléchargé.
01:18:22C'est très important
01:18:23de rappeler à tout le monde
01:18:24que tous les contenus
01:18:25sur Facebook et Instagram
01:18:26peuvent être signalés,
01:18:27qu'il s'agisse
01:18:28d'une photo,
01:18:29d'une vidéo,
01:18:30d'un commentaire,
01:18:31on peut tout signaler.
01:18:33Pour certains,
01:18:33on va utiliser l'IA,
01:18:34pour d'autres,
01:18:35on va utiliser des personnes
01:18:36qui doivent comprendre
01:18:37le contexte,
01:18:38etc.
01:18:38par exemple,
01:18:39souvent pour les discours
01:18:40de haine,
01:18:41mais tous les signalements
01:18:42sont revus
01:18:43soit par nos experts,
01:18:44soit par notre IA.
01:18:46On a vu que vos abonnés
01:18:47pouvaient représenter
01:18:48presque un continent entier.
01:18:50Ça crée une grande responsabilité.
01:18:53L'idée que,
01:18:54en fait,
01:18:54quand on fait un signalement,
01:18:55c'est une bouteille à la mer.
01:18:57Je peux vous rassurer
01:18:58qu'absolument,
01:18:59ce n'est pas une bouteille
01:18:59à la mer.
01:19:00C'est clair que nous avons
01:19:01plus ou moins 3 milliards
01:19:02d'utilisateurs
01:19:03dans le monde entier.
01:19:04Donc, c'est un chiffre énorme
01:19:05et c'est une responsabilité énorme.
01:19:07On a 40 000 personnes
01:19:09qui s'occupent de sécurité.
01:19:11Depuis 2016,
01:19:12nous avons investi
01:19:1220 milliards de dollars
01:19:14sur la sécurité.
01:19:16En 2017,
01:19:17nous arrivions à supprimer
01:19:1924 % des contenus
01:19:20de discours de haine
01:19:21de notre plateforme
01:19:23avant même
01:19:23qu'ils nous soient signalés
01:19:25par les utilisateurs.
01:19:26Maintenant,
01:19:26on est à 95 %.
01:19:28Par exemple,
01:19:28sur WhatsApp,
01:19:30qui est plus privé,
01:19:32comment ça fonctionne ?
01:19:33C'est absolument possible
01:19:34de signaler des contenus
01:19:35sur WhatsApp.
01:19:37C'est clair que dans ce cas-là,
01:19:38comme il s'agit de messages
01:19:39qui sont envoyés
01:19:40d'une personne à un autre,
01:19:41la seule action possible,
01:19:43c'est l'élimination
01:19:43de l'account WhatsApp.
01:19:50Il y a une responsabilité
01:19:51probablement accrue
01:19:53auprès des jeunes publics
01:19:55dans la mesure
01:19:56où leur appétence
01:19:56pour utiliser
01:19:57nos outils
01:19:58est très forte.
01:20:00Quand vous avez
01:20:012 milliards et demi
01:20:02d'utilisateurs
01:20:03dans le monde,
01:20:0341 millions d'utilisateurs
01:20:06chaque mois
01:20:06en France,
01:20:07vous vous devez
01:20:08d'avoir des règles.
01:20:10Les contenus
01:20:10d'apologie
01:20:11du racisme,
01:20:12de la violence,
01:20:13les contenus
01:20:13pornographiques,
01:20:15tous les contenus
01:20:15de harcèlement
01:20:16sont interdits
01:20:17sur la plateforme.
01:20:19Nous avons
01:20:19de la même manière
01:20:22fait un énorme effort
01:20:24de neutralisation
01:20:25de tous les contenus
01:20:26qui pouvaient faire
01:20:27l'apologie
01:20:27de troubles alimentaires,
01:20:29anorexie,
01:20:30etc.
01:20:30Le monde digital
01:20:34fait partie
01:20:34de notre vie.
01:20:35Il faut accepter
01:20:36le monde digital
01:20:36pour nos enfants,
01:20:37ils sont nés avec,
01:20:39ça c'est un fait.
01:20:40Après,
01:20:40il faut continuer
01:20:41à travailler
01:20:42sur la réduction
01:20:44des risques,
01:20:44la réduction
01:20:45des dommages,
01:20:46sur la régulation
01:20:46des consommations
01:20:47et c'est valable
01:20:48pour tout en fait,
01:20:49pour les substances
01:20:49et les comportements.
01:20:52On n'est pas
01:20:52complètement naïf,
01:20:53on n'a pas promu,
01:20:54d'ailleurs comme
01:20:55l'avait fait l'Arcom,
01:20:56on n'a pas dit
01:20:56interdire les écrans
01:20:58à l'entendeur,
01:20:58on n'a pas dit
01:20:58qu'il fait une recommandation
01:20:59de ne pas exposer
01:21:01les enfants
01:21:01à des écrans
01:21:02avant 3 ans.
01:21:05On s'est rendu compte
01:21:06qu'effectivement
01:21:07avant 3 ans finalement
01:21:08les écrans
01:21:09ne servent à rien
01:21:10parce qu'en plus
01:21:11l'enfant n'est pas
01:21:12en capacité
01:21:12de traiter
01:21:13cette information
01:21:14en 2D
01:21:14et d'en faire
01:21:15un apprentissage
01:21:15dans son environnement
01:21:17en 3D.
01:21:17entre 3 et 6
01:21:23de façon très occasionnelle
01:21:25autour de contenus
01:21:25de très bonne qualité
01:21:26et en co-visionnage
01:21:28du contenu
01:21:28puis après 6 ans
01:21:29effectivement
01:21:30on rentre progressivement
01:21:31dans l'utilisation
01:21:31des écrans.
01:21:36Pour nous,
01:21:37avant 13 ans
01:21:38le téléphone portable
01:21:38n'est pas utile.
01:21:40Normalement
01:21:41les sites d'encontre
01:21:42ce n'est pas avant 18 ans.
01:21:43Il faut surtout
01:21:44s'intéresser au type,
01:21:45au contenu,
01:21:46au contexte.
01:21:47à l'ambiance
01:21:48on va dire
01:21:48mentale de vos enfants.
01:21:50Soyez modèle
01:21:51de votre écran
01:21:52vous d'abord
01:21:52avant de vous focaliser
01:21:54sur la notion
01:21:55de temps passé
01:21:56par vos enfants
01:21:56sur les écrans.
01:21:58Comparer ces temps d'écran
01:22:00à se donner des challenges
01:22:01aider aussi son adolescent
01:22:02qui va avoir besoin
01:22:03notamment à partir
01:22:04de l'entrée au lycée
01:22:04à être davantage concentré
01:22:06sur des temps plus longs
01:22:07il y a des examens
01:22:08qui se préparent
01:22:09donc de pouvoir apprendre
01:22:10aussi à se déconnecter
01:22:11choisir ces moments
01:22:12de déconnexion
01:22:13ça peut vraiment
01:22:13être une réflexion
01:22:14à mener ensemble.
01:22:15Internet a une mémoire
01:22:17donc il n'y a rien
01:22:17qui se perd
01:22:19et ce qu'on conseille
01:22:20c'est d'une façon générale
01:22:21de se mettre en privé
01:22:22sur les réseaux
01:22:23si on est en public
01:22:24tout le monde a accès
01:22:25à notre contenu
01:22:25tout le monde peut voir
01:22:26ce qu'on fait
01:22:26donc on n'est pas maître
01:22:28encore une fois
01:22:29de ce que les personnes
01:22:29vont faire.
01:22:31Pas d'écran dans les chambres
01:22:32pas d'écran avant de dormir
01:22:34au moins une heure
01:22:35avant le coucher
01:22:35distinguer les écrans
01:22:37travail des écrans
01:22:39hobby
01:22:39ça nécessite aussi que pendant
01:22:44les vacances
01:22:44dans la mesure du possible
01:22:46on laisse pas les ados
01:22:47faire n'importe quoi
01:22:48pour pas ensuite
01:22:49avoir à gérer
01:22:50comme s'ils revenaient
01:22:51de l'autre bout du monde
01:22:52parce que leur sommeil
01:22:53commence à 4h du matin
01:22:55J'ai souvent ce qu'on appelle
01:22:59des consultations de guidances
01:23:00avec des jeunes parents
01:23:01qui ont des enfants
01:23:02de 2 ans, 3 ans, 4 ans
01:23:04et je me rends compte
01:23:05que les plus jeunes
01:23:06commencent à faire
01:23:07vraiment très très attention
01:23:08et à prendre conscience
01:23:09que effectivement
01:23:11l'enfant de 18 mois
01:23:12qui scrolle comme ça
01:23:14c'est pas une bonne idée quoi
01:23:16Les jeunes mères
01:23:18qui ont 35 ans
01:23:19qui savent l'effet
01:23:21des réseaux d'Instagram
01:23:23des photos
01:23:23sur l'image du corps
01:23:24je pense qu'elles sont
01:23:25elles seront beaucoup
01:23:26plus vigilantes
01:23:27et moi je pense
01:23:29qu'il y aura une prise
01:23:30de conscience
01:23:30de cette génération là
01:23:31qui va porter ses fruits
01:23:34J'espère que les gens
01:23:36qui s'adressent à la jeunesse
01:23:38les chanteurs
01:23:39enfin tout ce qui au fond
01:23:41fascine une génération
01:23:43je pense qu'il faut
01:23:44qu'ils participent
01:23:45à ce combat
01:23:45qu'ils aident
01:23:47à réinventer le collectif
01:23:49et de ce point de vue là
01:23:51c'est peut-être
01:23:51sur le point sur lequel
01:23:52je suis le plus optimiste
01:23:53parce que je vois quand même
01:23:56cet immense succès
01:23:58des grands artistes
01:23:59ces salles immenses
01:24:01qui sont remplies
01:24:02les tournées
01:24:04d'une artiste américaine
01:24:05en France
01:24:06nous le montrera
01:24:06je ne vais pas faire
01:24:07de publicité
01:24:07pour qui que ce soit
01:24:08et donc
01:24:09la fête collective reste
01:24:11et la lutte contre le numérique
01:24:14passera par la lutte
01:24:15contre le solipsisme
01:24:17la solitude
01:24:18mais je pense qu'il faudrait
01:24:19vraiment des vraies
01:24:20vraies campagnes
01:24:21d'information
01:24:22de sensibilisation
01:24:23de prévention répétées
01:24:24comme des campagnes
01:24:25de vaccination
01:24:26je suis plutôt partisan
01:24:27de la sensibilisation
01:24:29et de l'apprentissage
01:24:30aux choses
01:24:31pour prévenir
01:24:31un peu les risques
01:24:32de toute manière
01:24:33c'est un enjeu collectif
01:24:34c'est un enjeu sociétal
01:24:35c'est un enjeu
01:24:36où tout le monde doit
01:24:37se prendre en compte
01:24:39cette situation
01:24:40les parents
01:24:41les pouvoirs publics
01:24:42les acteurs économiques
01:24:42dans l'ensemble de la chaîne
01:24:43du début
01:24:44jusqu'à la fin
01:24:46donc on appelle
01:24:47nous véritablement
01:24:48à ce qu'il y ait
01:24:48presque des états généraux
01:24:50une réflexion collective
01:24:51et vous ne vous dites pas
01:24:52qu'est-ce qu'on nous a laissé
01:24:54comme monde
01:24:54nos parents
01:24:55le réchauffement climatique
01:24:58tous ces complis
01:24:59finalement ces adultes
01:25:01ils nous laissent
01:25:01un monde compliqué
01:25:02les crises économiques
01:25:04non non
01:25:05il y a du mal partout
01:25:08dans tous les cas
01:25:09pour en profiter de la vie
01:25:10c'est pas vrai
01:25:11j'ai décidé d'être heureux
01:25:16parce que c'est bon
01:25:17pour la santé
01:25:17la devise de ces élèves
01:25:19empruntés à Voltaire
01:25:21ne me fait pas perdre de vue
01:25:22le chemin qu'il nous reste
01:25:23collectivement à parcourir
01:25:25car 14% des collégiens
01:25:27et 15% des lycéens
01:25:29présentent un risque
01:25:30important de dépression
01:25:31donc vous restez optimiste
01:25:34je suis plutôt
01:25:35quelqu'un d'optimiste
01:25:36je suis fan de heavy metal
01:25:38ça va être le mot de la fin
01:25:51j'ai vu le mot de la fin
01:25:53je suis un peu plus
01:25:55je suis un peu plus
01:25:57j'ai vu le mot de la fin
01:25:58Abonnez-vous !
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