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François exulte ! Philippe a réussi a perfectionner son invention. Dans le miroir, les visages des aïeuls reprennent vie, retraçant l'histoire de la famille. Le doux visage de Mary, la dame de compagnie si chère à Philippe, apparaît également. Ils décident de partir à sa recherche, dans le Paris de 1788, mais de nombreuses...

= Scénario, Adaptation et Dialogue des quatre épisodes : Noël Noël


#vosouvenirstélé

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Transcription
00:00:30Vers l'an 1882, un vieux savant de génie, François Daudigné,
00:00:37essaie de détecter les reflets évanouis dans le teint des miroirs anciens.
00:00:40Puis, de là, il tente de mettre au point une machine à remonter à travers les siècles passés.
00:00:45Il échoue dans son entreprise.
00:00:48Cent ans plus tard, en l'an futur 1980, son arrière-neveu, Philippe Daudigné,
00:00:52passionné lui aussi de recherche scientifique, reprend ses travaux et réussit là où son ancêtre avait échoué.
00:00:58Il réalise l'appareil dont les hommes ont toujours tous rêvé.
00:01:02L'appareil a remonté le temps.
00:01:04Un soir de décembre 1884, le vieux professeur Daudigné va recevoir une visite bouleversante.
00:01:11Celle d'un homme qu'il ne connaît pas, celle de Philippe Daudigné, son arrière-neveu.
00:01:16Le jeune téméraire lui prouve, par des documents sensationnels, irréfutables,
00:01:19qu'il arrive véritablement de l'avenir.
00:01:23Au surplus, quant à la détection des miroirs anciens,
00:01:27sous les yeux stupéfaits de son maître, Philippe présente une sensationnelle photographie,
00:01:31l'instantanée détectée par lui dans le teint d'une glace ancienne,
00:01:35d'un ravissant visage de femme aux cheveux poudrés.
00:01:39Le vieux savant devine qu'il n'est, lui, qu'une première étape pour Philippe
00:01:42est que le but inavoué de la fantastique incursion dans le passé tentée par le jeune intrépide
00:01:47est de rejoindre en son temps la belle image dont il est tombé amoureux.
00:01:52D'après les ondits de la famille, il lui révèle le vieux savant,
00:01:55c'était Mary Daudson, la dame de compagnie de l'Oraïol, Catherine Daudigné.
00:01:59Philippe, comme sortant d'un rêve, assure en souriant que d'ici,
00:02:03ils détecteront ensemble des reflets plus précis, moins fantomatiques.
00:02:08Le professeur sursaute ne comprend pas comment vous avez l'appareil à détecter.
00:02:13Oui, dans mon bagage, misérable, vous ne le dites pas.
00:02:16Et le professeur, dans l'exaltation frénétique et joyeuse qui s'empare de lui,
00:02:20bouscule littéralement son arrière-neveu vers la porte
00:02:22pour qu'il aille, qu'il court plus vite, lui chercher l'appareil miraculeux.
00:02:26Je pensais à tout le travail que m'avait coûté cette prospection des glaces.
00:02:40Je n'avais jamais accumulé dans un laboratoire un assemblage d'instruments aussi volumineux,
00:02:4415, 20 mètres cubes au moins, et tout cela pour n'arriver à rien.
00:02:49Alors, cet appareil, où est-il ?
00:02:51Le voilà. C'est ça, c'est tout.
00:02:55Évidemment, il y a de la simplification.
00:02:59L'homme est bête. J'étais vexé.
00:03:02Et ça va marcher ?
00:03:03Sans réglage, c'est l'aventure.
00:03:05On rate les détections pour un cheveu, mais vous verrez sûrement quelque chose.
00:03:10Mon Dieu, est-ce possible ?
00:03:14Puis-je vous demander de bien vouloir...
00:03:15fermer les volets ?
00:03:16Ça, je sais le faire.
00:03:19Je commençais à m'accoutumer au miracle, mais tout de même,
00:03:22ce rêve que j'avais caressé allait-il vraiment surgir sous mes yeux ?
00:03:28Les meilleures figures sont celles qui sont éclairées violemment par un soleil d'été,
00:03:37ou une lampe, ou un flambeau.
00:03:40Savez-vous pourquoi j'ai choisi cette glace pour mes expériences ?
00:03:43Oui, vous le dites dans votre journal.
00:03:45À cause de l'emplacement lumineux qu'elle a toujours occupé dans le vestibule.
00:03:47Oui, mais aussi, ça je ne le dis pas, par bien séance.
00:03:51Avec une glace de chambre, j'aurais risqué de détecter constamment
00:03:55des ancêtres en chemise ou des grands-mères en bigoudis.
00:03:58Honnête scrupule.
00:03:59Non, non, non, j'étais très onctueux.
00:04:01Avec ou sans bigoudis, j'ai rien détecté du tout, à part Mme Thiebaud.
00:04:07Je vais être prêt.
00:04:10Déjà ?
00:04:11Oui.
00:04:12Avec cette détection, nous allons aussi remonter le temps.
00:04:15C'est moins dangereux qu'avec votre poisson chinois.
00:04:18Maître, voilà.
00:04:21Ce fut tout à coup pour moi une émotion intense.
00:04:27Mon père.
00:04:29C'est mon père.
00:04:31Ce reflet remonte approximativement à...
00:04:3373, 74 ou plus tard, mon père.
00:04:37J'ai déjà repéré des reflets.
00:04:40Nous en ratons beaucoup, je le sens.
00:04:42Nous en ratons au moins 8 sur 10.
00:04:43Nous y reviendrons.
00:04:45C'est déjà extraordinaire.
00:04:46Ne vous excusez pas, c'est hallucinant.
00:04:49Allons bon.
00:04:50Et qui est cette dame ?
00:04:51Ma belle-mère.
00:04:52Celle-là, nous ne l'avons pas ratée.
00:04:54Mme Thiebaud.
00:04:55Zut, je la perds.
00:04:56Il n'y a pas de mal.
00:04:57Allez, allez, allez.
00:04:58Descendez.
00:05:01À ça.
00:05:05C'est toujours l'après-guerre de 1870 ?
00:05:07Ah oui, 72, 73, oui, oui.
00:05:10Oui, oui, vous voyez, il est décoré après Eric Chauffel.
00:05:12Mais c'est un officier ?
00:05:13Oui, c'est mon cousin Antoine.
00:05:15Oh, un soldat extraordinaire.
00:05:1720 batailles, colonel de cuirassiers.
00:05:1925 charges sans une égratignure.
00:05:21Mais une boîte ?
00:05:22Oui, ça, c'est ici, un jour de verglas.
00:05:26Oh, ma femme.
00:05:29Mon Dieu.
00:05:32Ma femme.
00:05:33Déjà bien fatiguée.
00:05:35La guerre avait été un grand coup pour elle.
00:05:38Ce reflet date
00:05:38de son dernier été.
00:05:41Oui, 72, certainement.
00:05:451872.
00:05:47Mme Daudigny était très jolie.
00:05:49Prêt ?
00:05:51Oh, qu'est-ce qui arrive ?
00:05:53C'est prospère.
00:05:55Le fidèle prospère de nos parents.
00:05:58Prospère.
00:05:59Qu'est-ce que vous dites ?
00:05:59Oh, rien.
00:06:00C'est une vieille rengaine que chantait mon grand-père.
00:06:02Vous avez vu ?
00:06:03Un Allemand ?
00:06:04Eh bien, oui.
00:06:05En 70, ce château t'es occupé.
00:06:07T'as n'en voulu encore, hein ?
00:06:08Tiens, un Français.
00:06:09Il a l'air de les avoir chassés.
00:06:11Ben oui, vous voyez,
00:06:12l'histoire à l'envers,
00:06:13c'est un part-fois du bon.
00:06:15Oh, ma mère.
00:06:17Mes parents ensemble.
00:06:20Ils s'adoraient.
00:06:24Retenez, retenez l'image.
00:06:25J'essaie.
00:06:27Nous refons des photos de tout ça, n'est-ce pas ?
00:06:28Bien sûr.
00:06:29Les images sont tellement meilleures que chez moi.
00:06:32Mais nous remontons là, à quand ?
00:06:341864 ?
00:06:341864 ?
00:06:351865 ?
00:06:36Oh non, oh non.
00:06:381959, hélas, tout au plus.
00:06:40Été, 1959.
00:06:41Mais je descends trop vite, alors.
00:06:43Non, non, non, non.
00:06:44Oh.
00:06:46Ma femme encore.
00:06:47Toute jeune.
00:06:50Oui.
00:06:50Elle était bien jolie, Madame Daudigné.
00:06:52Oui.
00:06:53Hélas, mon laboratoire me l'a fait souvent oublier.
00:06:58Le vieux curé qui nous a mariés.
00:07:00Oh, lui, là.
00:07:01Regardez.
00:07:03Il est Crocus, non ?
00:07:04Il est quoi ?
00:07:05Crocus, en 1990, veut dire cocasse.
00:07:07Rigolo.
00:07:08Il n'est pas Crocus, celui-là ?
00:07:101850, environ, n'est-ce pas ?
00:07:11Oui, environ.
00:07:13Il est Crocus, non ?
00:07:14Oh, ben, je comprends qu'il est Crocus.
00:07:16C'est moi.
00:07:17Oh, pardon.
00:07:18Il n'y a pas de man.
00:07:19Je fonce, je descends.
00:07:21Allez, allez, allez, plongez.
00:07:22Je plonge.
00:07:24Oh, mais par ici, j'ai une jolie femme très bien éclairée.
00:07:26Une jolie blonde à vous présenter.
00:07:28Ah, la voilà.
00:07:30Oh, alors là, mon cher, nous faisons un bond.
00:07:32Tenez, sur Flair, remonte.
00:07:33Ben, vous voyez le costume, à 1818, 1815, au moins.
00:07:38C'est ma grand-tante Sophie.
00:07:39Je l'ai vaguement connue dans ma prime jeunesse.
00:07:42Beau fruit, n'est-ce pas ?
00:07:43Belle pêche.
00:07:44Ouais.
00:07:45Moi, je l'ai surtout connue, vieille pomme.
00:07:47Allez-y.
00:07:48Les détections vont devenir passionnantes.
00:07:51Regardez ce bébé, ce qu'il est beau.
00:07:52Il n'est pas beau, mon bébé ?
00:07:54Un vrai bébé de concours, non ?
00:07:55Si, mais votre bébé, c'est encore moi.
00:07:57Bon, vous, maître.
00:07:58Ben oui.
00:07:58Ma beauté n'a pas tenu ce qu'elle promettait.
00:08:03La bébête qui monte, qui monte.
00:08:05Et là, voilà.
00:08:06La première blague qui nous a tous fait rire.
00:08:09Quand on pense qu'elle a été probablement chantée à Jules César, enfant.
00:08:11Mais oui, certainement, à tout le monde.
00:08:13À Pythagore, à Mérovet, à Charlemagne.
00:08:16La bébête qui monte à Charlemagne.
00:08:18Pourquoi pas ?
00:08:20Qu'est-ce qui se passe ?
00:08:21C'est fini ?
00:08:21Non.
00:08:23Mais ici, j'ai toujours un tunnel, un noir.
00:08:26Je n'ai jamais l'Empire.
00:08:28Ah !
00:08:28Je sais.
00:08:29Cette glace est restée enterrée 25 ans dans une cave, à la Révolution.
00:08:33Ah, c'est non cela.
00:08:36Tenez des chandelles dans la cave.
00:08:38C'est pourtant vrai.
00:08:40Un aïeul qui vient prendre une bouteille.
00:08:43Ah ben, ça troc, il ne vient pas chercher de l'eau de Vichy.
00:08:46Elle est très bien, cette glace.
00:08:48Elle n'a pas voulu voir Buonaparte.
00:08:50Putain, j'oubliais que vous étiez royaliste.
00:08:52Un pénitent.
00:08:55Voilà, j'ai passé le tunnel.
00:08:58Je vais avoir à présent, j'espère, des reflets authentiquement Louis XVI.
00:09:02Et notre belle Anglaise, si je la retrouve.
00:09:06Regardez !
00:09:07Un prospère XVIIIe siècle !
00:09:08Un prospère d'époque !
00:09:10Qu'est-ce que vous en dites, maître ?
00:09:11C'est fantastique.
00:09:12Quel coup de sonde dans le passé.
00:09:16Attendez, qu'est-ce que j'ai vu, là ?
00:09:18Ah oui !
00:09:18Ah oui, oui, Catherine !
00:09:19Catherine Daudigné !
00:09:20Allez, ça y est, ça y est, fixez !
00:09:21Fixez, vous l'avez, vous l'avez...
00:09:23Vous la reconnaissez ?
00:09:25Bien sûr.
00:09:26La belle Marie ne doit pas être loin.
00:09:29La voilà !
00:09:31Oh non, surtout est-elle, je l'avais !
00:09:33Le perroquet !
00:09:34Attrapez-le, attrapez-le !
00:09:35Regardez, il doit crier, vive le roi !
00:09:37Oh, c'est extraordinaire, nous en parlions tout à l'heure !
00:09:39Il file, il file, il file !
00:09:40Je retiens tant que je peux, mais...
00:09:41Retenez, retenez !
00:09:42C'est quoi ?
00:09:43Coucou Belle !
00:09:45Le fameux Xavier !
00:09:48Ah oui, c'est lui !
00:09:50Regardez son habit !
00:09:51Oh, que c'est émouvant !
00:09:53Le constructeur du château dans toute son opulence !
00:09:57Et son omnipotence !
00:09:59La toile de Carmont, elle est ressemblante !
00:10:01N'est-ce pas ?
00:10:02Ah, qu'est-ce qu'il se passe ?
00:10:03Mais, la voilà !
00:10:07Alors...
00:10:09Oh, zut, non, encore !
00:10:13Ah !
00:10:14Ah, yes, Miss Mary, very beautiful !
00:10:18N'est-ce pas qu'elle est jolie ?
00:10:21Oh, elle s'en va !
00:10:23Elle s'en va, zut, zut, zut !
00:10:24On ne voit plus rien ?
00:10:25J'en ai peur.
00:10:27Ah, enfin, les rubans bleus !
00:10:28La voilà !
00:10:30Ah ben oui, c'est cette image que vous avez photographiée !
00:10:32Oui !
00:10:34Je le crois !
00:10:36Oh !
00:10:37Je la perds !
00:10:40Vous voyez, après, plus rien, c'est fini !
00:10:44Ce brouillard profond, mouvant et vertigineux !
00:10:50Le gouffre du temps !
00:10:53Quel album de famille !
00:10:57On recommence ?
00:10:59Pas tout de suite, maître, l'appareil est chaud !
00:11:02Alors, venez m'expliquer tout ça !
00:11:06J'espère que je comprendrai !
00:11:08D'ici, je referai un photogramme de la belle-marie !
00:11:10Ah oui, quand elle retouche son ruban !
00:11:13Mais elle semble difficile à saisir, même d'ici !
00:11:17Elle semble lointaine, lointaine !
00:11:20Elle s'esquive, elle fuit !
00:11:23Vous avez bien fait de ne pas divulguer vos découvertes à vos contemporains !
00:11:26Les glaces sont déjà assez cruelles sur le moment si elles se mettent à avoir de la mémoire !
00:11:32Le monde entier doit ignorer votre randonnée insolite !
00:11:36C'est curieux, vos deux inventions se complètent !
00:11:39Peut-être, elles tournent autour du même mystère le temps !
00:11:41Le temps dont je pressentais la matière !
00:11:45Ah oui, faut t'enterrer tout ça !
00:11:52Qu'arriverait-il si les générations se mettaient à se balader l'une chez l'autre ?
00:11:56Quelle confusion, quel bagaille !
00:11:58Le jour baissait, comme je m'apprêtais à poser encore mille questions,
00:12:03je regardais Philippe, mais son air harassé me fit revenir à l'heure présente !
00:12:07Je vais vous faire préparer une chambre !
00:12:10Merci, vous en serez heureux !
00:12:11Un voyage de 96 ans, tout de même, ça fatigue !
00:12:16Allô, allô ?
00:12:18Le monsieur le tante !
00:12:19Mélie !
00:12:20Attention, mais...
00:12:22Mélie, j'ai un invité à dîner ce soir !
00:12:25Un quoi le monsieur le tante ?
00:12:27Un invité !
00:12:29C'est extraordinaire !
00:12:31Eh bien oui, c'est extraordinaire, eh bien oui !
00:12:33Bon, vous allez monter tout de suite pour le menu,
00:12:35et envoyez-moi firmer en attendant !
00:12:37Le voilà, il est là !
00:12:39Il est là, bon !
00:12:40Ah ! Firmin, ce monsieur qui vient d'arriver est un cousin,
00:12:45est un cousin éloigné, un cousin d'Australie !
00:12:49D'Australie quoi ?
00:12:51Un cousin d'Australie, oui c'est un pays !
00:12:54Vous allez lui préparer une chambre !
00:12:56Viens notre maître, laquelle ?
00:12:58Eh bien, la chambre du midi !
00:13:01Viens monsieur le comte !
00:13:03Merci Firmin !
00:13:04Ça les épate !
00:13:07C'est curieux, vous m'avez donné ma chambre !
00:13:09J'en suis fort heureux !
00:13:11Soyez donc par anticipation, tout simplement chez vous !
00:13:14Nous dînons à 8 heures !
00:13:15Parfait !
00:13:16Encore un document, qui n'est pas sans intérêt !
00:13:20C'est une carte postale populaire, c'est la place de la Sorbonne, ou plutôt l'ex-place de la Sorbonne, en 1980 !
00:13:29Place d'eau dîner, d'eau dîner qui ?
00:13:33D'eau dîner vous !
00:13:34D'eau dîner moi ?
00:13:35Eh oui, vous !
00:13:36Vous êtes historialisé comme nous disons, cher grand aïeul !
00:13:40Et la statue est la vôtre ?
00:13:42C'est moi ça ?
00:13:42Eh oui !
00:13:43J'ai une casquette ?
00:13:45Non, c'est une couronne de laurier !
00:13:47Oh !
00:13:48Mais, je me tiens le menton dans la main !
00:13:50Oui, vous méditez sur une cornue !
00:13:52Oh !
00:13:53J'ai l'air de ne rien comprendre, moi !
00:13:56En effet, ça me ressemble assez quand je ne comprends rien, ce qui m'arrive plus souvent qu'à mon tour !
00:14:02Émotion curieuse !
00:14:04J'eus naturellement, c'était à prévoir, envie de lui poser cette question terrible !
00:14:09Alors, moi, d'après vous, il me reste combien de temps à vivre ?
00:14:17Vous avez encore 20 ans, juste !
00:14:21Vrai ?
00:14:23Vrai !
00:14:24Vous allez être rassuré d'une étrange façon de m'entraper !
00:14:29Oh, c'est ma tombe !
00:14:31Oui, avec la date, vous voyez !
00:14:34Ah non, je ne vois pas se dépasser !
00:14:35Faites-moi confiance !
00:14:3720 décembre 1905 !
00:14:39Le mois de décembre ne vous réussit jamais, paraît-il !
00:14:41Oui, non, mais cette fois-là, il ne me réussit pas du tout !
00:14:44Alors, attends, vous êtes sûr ?
00:14:47Oh ! Mais, je vais lâcher mon régime !
00:14:51Entrez !
00:14:54Mélie !
00:14:55Je vous présente Mélie, ma servante maîtresse !
00:14:58Enfin, c'est une façon de parler, mais c'est elle qui commande tout ici !
00:15:01Oh, notre maître ! Notre maître dit ça, monsieur !
00:15:05Voilà, Mélie !
00:15:06Monsieur est un cousin éloigné, un cousin d'Australie, oui, enfin d'un pays lointain !
00:15:10Vous le soignerez bien !
00:15:12Alors, pour le menu de ce soir, potage !
00:15:16Potage ?
00:15:17Il y a du lièvre ?
00:15:18Affirmé, on en a pris deux !
00:15:19Il y en a deux !
00:15:20Lièvre à la royale, vous le faites superbement !
00:15:23Notre maître, et votre régime ?
00:15:24Comment régime ? Il n'y a plus de régime !
00:15:26Mon neveu, qui est une sorte de docteur, vient de me donner une consultation péremptoire !
00:15:30Plus de régime ?
00:15:31Oh !
00:15:31Mais plus de régime, je vous dis !
00:15:33Bon ! Lièvre à la royale, salade, fromage, et pour finir, quelques craies !
00:15:38Pour ce soir, ça suffira !
00:15:39Vous allez vous tuer, notre maître ! Mais déjà qu'en décembre, vous êtes plus fragile !
00:15:43Et Chambertin, 79 ! Exécution !
00:15:46Oh non, c'est vraiment pas raisonnable !
00:15:48Et bien moi aussi, je mangerai de tout ! Et j'aurai tort !
00:15:52Ne vous tracassez pas, vous nous enterrerez tous !
00:15:54Que le Dieu vous entendra !
00:15:55Il nous entendra, soyez en sûr !
00:15:57Et pour huit heures !
00:16:00Le bon Dieu vous entendra, en effet !
00:16:04Elle meurt cinq ans après vous !
00:16:05Oui ! Ah ben vous êtes bien gentil, merci !
00:16:08Vous êtes un sphinx terrible à entendre !
00:16:11Je regrette d'avoir parlé, maître !
00:16:12L'homme n'est pas fait pour savoir !
00:16:15Je ne vous reproche rien !
00:16:17Vingt ans, c'est déjà une belle somme de vie !
00:16:19Je suis très content !
00:16:21Je suis très content !
00:16:22Non, simplement, je pense qu'à partir de maintenant, je tape dans mon capital !
00:16:25Nous tapons tous dans notre capital, maître !
00:16:27Oui !
00:16:27Mais maintenant, moi, je connais mon compte en banque !
00:16:31Je l'accompagnais jusqu'à sa chambre ronde !
00:16:34Il marchait le premier !
00:16:36Et mes yeux s'étonnaient malgré moi de voir cette silhouette inconnue
00:16:38s'orienter si aisément dans la succession compliquée de mes vieux couloirs !
00:16:43Eh oui !
00:16:45Le cabinet de toilette de monsieur est là !
00:16:50Je sais, merci !
00:16:52Je gaffe, moi ! Je dis que je sais !
00:17:00Dans soixante ans, mon grand-père fera percer une seconde fenêtre ici !
00:17:06La vue en est très jolie !
00:17:08C'est par cette fenêtre, paraît-il, que mon père, à vingt ans...
00:17:12Pardon, messieurs !
00:17:17En 1935, échangera pour la première fois un regard
00:17:21avec une jeune fille qui arrive pour une vélégiature des fées !
00:17:24Ma future mère !
00:17:26Dès ce premier regard, ils vont s'aimer !
00:17:28C'est pas le coup de foudre, c'est le coup de fenêtre !
00:17:31Oui !
00:17:32Il est tout de même drôle de penser
00:17:34que par cet espace strict, étroit,
00:17:38encore aveugle,
00:17:40passera bientôt le puissant coin de l'amour
00:17:42qui lui-même engendrera ma naissance !
00:17:46Comme tout ici-bas, à des raisons et des cheminements multiples et mystérieux !
00:17:51Oui !
00:17:52Qui font le destin comme il est !
00:17:54Que fut la soirée entre le professeur et Philippe resté seul à Sainte-Marie ?
00:17:58Vous n'étiez pas là !
00:17:59Non !
00:18:00Non, on m'avait éloigné, on m'avait expédié le soir même à Dijon,
00:18:03pour une mission urgente, qui n'avait bien sûr aucune utilité !
00:18:08Ah, c'est bien dommage, car à travers ces lignes souvent bien mal écrites,
00:18:12nous apprenons qu'au dîner, Philippe fit des révélations sur la vie de son siècle !
00:18:16Quelle tête à tête !
00:18:18Nous tenterons d'imaginer le professeur écoutant, dans la solitude propice de Sainte-Marie,
00:18:22les miraculeuses confidences de Philippe !
00:18:24Mais, nous, nous ne les connaîtrons vraiment jamais !
00:18:27C'est bien dommage !
00:18:28Enfin, je lirai ce que j'aurais pu déchiffrer !
00:18:30Vous qui vous déplacez encore en 1885, comme au temps de François 1er,
00:18:34ne pouvez-vous imaginer la voiture sans cheval que j'ai vue ?
00:18:37Une automobile magnétique, sans roues, voiture sans pilote,
00:18:41enclenchée sur un chemin électromagnétique,
00:18:43que l'ordinateur guide aux embranchements,
00:18:45selon l'itinéraire enregistré au départ, sur carte perforée !
00:18:49Je ne comprends pas ! Qu'est-ce que c'est que cet ordinateur ?
00:18:53Cet ordinateur ? Une sorte de chef de gare, probablement !
00:18:57Ouais ! Ouais ! Peut-être !
00:19:00Quel dommage, en effet, que nous ne puissions pas voir nous aussi ces images de l'avenir !
00:19:04Ah, ici, c'est subitement illisible !
00:19:07Je connais pourtant bien l'écriture de mon maître, messieurs,
00:19:10mais sans doute devait-il se sentir très mal !
00:19:13Je lis, ou plutôt, je devine, Méliès !
00:19:16Ça doit être un nom propre !
00:19:18Je vois le mot, lumière !
00:19:20Une invention sur la lumière, probablement, le...
00:19:23Le Sina, le...
00:19:26Je ne comprends pas, là, mais...
00:19:28Le Sinoma, oui !
00:19:30Ça doit être un néologisme qui veut dire la photographie animée !
00:19:33Oh ! Marais travaille à ça depuis 78 !
00:19:36Ici, impossible ! Alors...
00:19:38Je devine en... en... en 1904...
00:19:42Ou... ou... ou 14, oui, c'est peut-être un nain !
00:19:45En... en 1914, c'est cela, oui !
00:19:47Qu'est-ce qu'il se passe en 1914 ?
00:19:49Il parle de poilus !
00:19:51La moitié est peut-être pour les hommes d'être poilus !
00:19:54Ah non, rien à faire ! On ne saura pas ce qui se passe en 1914 !
00:19:58Par contre, ici, c'est meilleur ! Enfin, meilleur !
00:20:00Je comprends, hélas, qu'en 1940, oui, 1940, il va y avoir une guerre, messieurs, contre l'Angleterre !
00:20:08Ah non, l'Allemagne ! Contre l'Allemagne !
00:20:10Ah ! La revanche de 70 !
00:20:12Oui, je lis là les Allemands à Biarritz !
00:20:15C'est pas pensable !
00:20:16Bah... non, d'autant que plus loin, je déchiffre...
00:20:19Défaite de...
00:20:20Hi...
00:20:21Hi...
00:20:22Hi...
00:20:23Hi...
00:20:24Hi...
00:20:25Défaite de...
00:20:26Hitler !
00:20:27Enfin, oui, ce doit être le nom du pays où a eu lieu la dernière bataille !
00:20:30Oui, certainement !
00:20:31Plus loin, je déchiffre, j'ai vu... j'ai vu le cinéma à domicile appelé Télé !
00:20:36Oui, en grec, Télé ! De loin !
00:20:38C'est ça, oui, c'est cela, appelé Télé !
00:20:40C'est-à-dire un spectacle qu'on leur livrerait à domicile comme un vol-au-rant !
00:20:45Hé, en mettant au point, aujourd'hui, la famille sans fil ! Ce sera l'image sans fil ?
00:20:51Ah, ici, c'est très lisible ! Vos fils de 1905-1910 commenceront la navigation aérienne !
00:20:58Pas vous ! C'est une question de force motrice, d'aérodynamisme !
00:21:02C'est tout un monde à laisser mûrir !
00:21:06J'ai vu sur la navigation aérienne des images grandioses !
00:21:10D'abord des documents curieux, paraît-il archaïques !
00:21:13Puis des visions fantastiques !
00:21:15J'ai vu un mastodonte aérien de 1979 traversant la nuit !
00:21:203 000 passagers, des centaines de hublots illuminés,
00:21:23brillant comme ceux d'un immense paquebot !
00:21:25Mais un immense paquebot voguant dans le flot des nuages !
00:21:30Comme le rêve aujourd'hui Jules Verne !
00:21:32J'ai vu les campagnes de l'avenir !
00:21:34La terre fatiguée est remplacée par des bacs chimiques dans lesquels baigne la plante !
00:21:38J'ai vu ces vergers synthétiques produisant des fruits, des légumes énormes !
00:21:43Je demande à Philippe, que porte ce monsieur ?
00:21:45Une torpille ? Non, un haricot vert !
00:21:47Un satellite artificiel a été construit en 1972 !
00:21:5320 000 mètres de diamètre !
00:21:55Placé sur orbite probablement à 600 km de la Terre !
00:21:59Ces jours de repos pour les surmenés, les cardiaques et les paralytiques !
00:22:03Un podagre de 75 ans s'y meut comme un gamin !
00:22:07Et ce satellite supplémentaire fait que dorénavant, ici-bas, la nuit, nous avons souvent deux lunes à contempler !
00:22:15Mais je n'ai pas le temps de tout rapporter !
00:22:17Si mes forces m'abandonnent bientôt, je n'aurais pas révélé l'essentiel, l'ahurissant !
00:22:23Le lendemain matin...
00:22:25Pardon, Dodinier ne révèle rien sur l'avenir immédiat !
00:22:30Notre avenir immédiat est important aussi !
00:22:33Il ne parle pas du général !
00:22:35Du général ? Quel général ?
00:22:37Oui !
00:22:38Boulanger, voyons !
00:22:39Enfin !
00:22:40Non, je ne crois pas !
00:22:41Boulanger, c'est l'avenir de la France !
00:22:43Il faut t'entendre !
00:22:45Il y a toute une page illisible !
00:22:47Ah oui, là maintenant, je devine Boulanger !
00:22:50Et bien voilà, il dit certainement que Boulanger va prendre le pouvoir, certainement !
00:22:55Je lis Bonnemain !
00:22:57Voilà, c'est sûrement ça !
00:22:58La France est en Bonnemain !
00:23:00Bravo !
00:23:01Voilà !
00:23:02Tu es rassuré !
00:23:03Parfaitement !
00:23:04Et bien pas moi !
00:23:05Oui, il lui faudra revoir ses textes !
00:23:07Bien sûr, bien sûr !
00:23:08Je continue ?
00:23:09Mais continue, bien sûr !
00:23:11Les pages suivantes, d'ailleurs, redeviennent plus claires jusqu'à la fin !
00:23:14Le lendemain matin, les événements se précipitèrent !
00:23:17Au petit déjeuner, auquel je m'étais offert des croissants chauds et un café crémeux, au diable la sagesse,
00:23:24Philippe me regardait curieusement.
00:23:26Il semblait préoccupé.
00:23:28Il semblait retenir une question sur ses lèvres.
00:23:35Je ne m'étais pas trompé.
00:23:37Il se décida tout à coup.
00:23:40D'ici, vous m'accompagneriez ?
00:23:43Où ?
00:23:45Dans le passé ?
00:23:47Oh, non !
00:23:49J'aurais peur de ne pas revenir.
00:23:51Oh, maître !
00:23:54Par contre, l'avenir me tenterait.
00:23:58D'abord, notre incursion dans l'avenir n'aurait pas de conséquences.
00:24:03J'aimerais aller contempler le délumineux de Paris.
00:24:07J'aimerais...
00:24:08Nous irons, maître.
00:24:10Mais vous serez déçus.
00:24:12Notre époque atomique et magnétique n'est guère convaincante.
00:24:15Surpopulation, concurrence, négation de l'individu...
00:24:20Chez nous, aujourd'hui.
00:24:21Enfin, aujourd'hui de chez moi.
00:24:23Les trottoirs sont à sens unique, c'est tout dire.
00:24:25Si vous habitez, par exemple, au 7, et que vous vouliez aller au 11, et que ce ne soit pas dans le bon sens, vous êtes obligés de faire tout le tour par le 1, tout le tour du pâté de maison, pour revenir par le 55 jusqu'au 11.
00:24:37Société super polissée, super technologique, super intellectuelle, super automatique et super idiote, rythmée par les règlements, les panneaux, les feux verts, les feux rouges et les contredenses...
00:24:46Qu'est-ce que c'est que ça, les feux rouges ?
00:24:48Je vous expliquerai.
00:24:50Oui, maître, la vie passée m'a tiré irrésistible...
00:24:52Ah, sœur !
00:24:54Oh, par sœur !
00:24:55La vie sous Louis XVI, sans doute, à cause de votre dulciné.
00:25:00J'avoue, oui.
00:25:02Aussi.
00:25:05Alors, maître, non ?
00:25:07Non, mon petit, je n'ai plus l'âge de courir les jupons, encore moins les robes à panier.
00:25:12Allons, maître, il ne vous passionnerait pas d'aller visiter, par exemple, le palais royal du duc d'Orléans ?
00:25:17Avec ses caillettes, ses évaporés du bel air ?
00:25:19Oh, bien sûr !
00:25:21D'aller entrevoir le bon roi Henri ?
00:25:23Henri IV ?
00:25:24Ah !
00:25:25Vivant ?
00:25:26Si, grand bonhomme !
00:25:27Le voir entrer au Louvre ou en sortir ?
00:25:30Voyons.
00:25:31Non, non, en sortir, plutôt. On le verrait de face.
00:25:33Mais, Philippe, vous ne pourriez pas vous empêcher d'aller le prévenir de ce qui va se passer de 10 mai 1610 rue de la Ferronnerie ?
00:25:39Oh, ben voyons, ce serait humain.
00:25:41Vous faillez arrêter à Bayac sur la route d'Angoulême.
00:25:43Mais non.
00:25:44Pensez-vous, votre cœur aurait raison.
00:25:47Mais, la continuité du temps, le déroulement universel des choses serait fichu.
00:25:54Mais non, maître, je vous le promets, nous nous terrions.
00:25:57Quel voyage passionnant !
00:25:59Nous nous ferions tout petits.
00:26:02Oh, mais il faudrait vraiment se faire tout petit, alors.
00:26:08Tout petit.
00:26:11Tout petit.
00:26:12Oh là là.
00:26:14Une petite heure après, comme nous nous promenions bonnoitement dans la cour d'honneur, la résolution fut vite prise.
00:26:19Philippe, qui décidément sait ce qu'il veut, me convainquait facilement de l'accompagner dans son nouveau périple.
00:26:24Destination, l'ancien régime.
00:26:27Un rien.
00:26:28Un royaliste, vous ne pouvez vous refuser ça.
00:26:32Animal.
00:26:33Vous n'avez pas confiance en votre invention ?
00:26:34C'est.
00:26:35Votre cœur n'est pas bon.
00:26:36Excellent.
00:26:37Alors.
00:26:39Bon.
00:26:40Allons-y, on part.
00:26:41Non, vrai ?
00:26:42Quand ?
00:26:44Avant le retour de ce cher Bruno, ça évitera les questions.
00:26:47Alors, tout de suite.
00:26:48C'est au près.
00:26:49On n'emporte rien ?
00:26:50Non, non, non.
00:26:51J'ai là dans ma ceinture 50 000 or.
00:26:53Des Louis XV et des Louis XVI.
00:26:54Parfait.
00:26:55Allons nous préparer.
00:26:58Et...
00:26:59Préviens.
00:27:00Quarante-huit heures, là-bas.
00:27:01Et pas plus.
00:27:03Et...
00:27:04Là-bas...
00:27:05Enfin...
00:27:06XVI.
00:27:07On se fait tout petit.
00:27:08Evidemment.
00:27:10Bien.
00:27:11Bon sang ne saurait mentir.
00:27:12Nous couchâmes en route.
00:27:14Et, dès le lendemain, nous arpentions la plaine enneigée de la campagne de Lusarche.
00:27:19Philippe s'arrêta.
00:27:20Où est-elle, votre caverne ?
00:27:21Sous cette butte, là-haut.
00:27:22L'accès est là-haut.
00:27:23Permettez, je vous précède.
00:27:26Ce chemin défoncé a été sous l'ancien régime d'une route importante.
00:27:33Tenez.
00:27:34Vous voyez ?
00:27:35Ces vieilles pierres.
00:27:36Une route royale, probablement.
00:27:39La preuve, ce vieux calvaire qu'il a abordé.
00:27:42Bien, maître.
00:27:43Cette route royale, nous partons la retrouver.
00:27:45Ne m'en parlez pas.
00:27:46Voyez-vous, maître.
00:27:47Ce calvaire avant-hier m'a causé une superbe et impérissable émotion.
00:27:51Ah oui ?
00:27:52Regardez.
00:27:53En 1981, je l'ai remarqué avant mon départ.
00:27:57En 1981, il ne reste plus de cette vieille croix que le socle et le sous-bassement.
00:28:02Pas ce moignon.
00:28:03J'ai compris.
00:28:04Quand je suis arrivé à l'entière de votre siècle, j'ai été très ému d'apercevoir ce bout de croix.
00:28:11En plus.
00:28:13En plus.
00:28:15Ce modeste tronçon me confirmait ma réussite.
00:28:18J'avais bien remonté le temps.
00:28:21Elle semble dire gare.
00:28:23Vite.
00:28:24L'endroit est désert, mais inutile de nous faire remarquer.
00:28:29Ce paysage, en 1981, doit être bien différent.
00:28:33Oh oui.
00:28:35Très différent ?
00:28:36Surtout moins champêtre.
00:28:38Sur toute la gauche, ici, à la place de cet immense champ de betteraves,
00:28:42en 1981, s'inscrit le bout du terrain de la station des fusées intercontinentales,
00:28:47avec ses signaux de toutes les couleurs.
00:28:48Et là, partant du centre, couvrant tout l'horizon,
00:28:53allant jusqu'à la route là-bas,
00:28:55une énorme usine agronomique de haricots verts chimiques.
00:28:57Ah oui, vos torpilles.
00:28:58C'est cela.
00:28:59T'es bon vos torpilles ?
00:29:00Bon, ça se mange.
00:29:01Ça se vend en tranches.
00:29:02Une tranche de haricots verts fait largement pour 4 personnes.
00:29:04Si je comprends bien, pour un banquet de 50 couverts...
00:29:06Il suffit d'un seul haricot.
00:29:07Furieuse cuisine.
00:29:09Philippe sortit de sa poche un gros tube de métal dont il retira le capuchon de plomb.
00:29:13Puis, tenant l'extrémité découverte dans la direction de la pierre...
00:29:16N'avancez pas, Maître.
00:29:17Ah, c'est votre clé magnétique.
00:29:18Oui.
00:29:19À travers le granit, elle va déclencher l'ouverture.
00:29:21N'approchez pas trop.
00:29:22Ce n'est pas un instrument très sociable.
00:29:24Voilà.
00:29:25C'est parti.
00:29:26Voilà.
00:29:27C'est parti.
00:29:28C'est parti.
00:29:29C'est parti.
00:29:30C'est parti.
00:29:31C'est parti.
00:29:32C'est parti.
00:29:33C'est parti.
00:29:34Voilà.
00:29:35C'est parti.
00:29:36C'est parti.
00:29:37C'est parti.
00:29:38Voilà.
00:29:39C'est parti.
00:29:40C'est parti.
00:29:41C'est parti.
00:29:42C'est parti.
00:29:43Dans la pénombre, je devinais enfin devant moi...
00:30:10l'engin fantastique dont j'avais le premier rêvé.
00:30:22Je vous présente mon poisson chinois.
00:30:24C'est presque mon projet.
00:30:25Presque.
00:30:26Veuillez vous reculer un instant, Maître.
00:30:28Je ferme la boutique.
00:30:29Restez derrière ce bloc.
00:30:30Certaines radiations sont notives.
00:30:39À présent, la roche mobile de l'entrée se refermait.
00:30:45C'était l'application de mon chapitre 9,
00:30:47système de fermeture solidaire de l'appareil
00:30:49et voyageant dans le temps avec lui.
00:30:51Seulement moi, je n'avais pas trouvé la liaison magnétique.
00:30:54J'en apprends des choses.
00:30:56Avec vous, je me prends encore à l'école en petites culottes.
00:30:59Attendez-moi ici.
00:31:00Mais pourquoi ?
00:31:01Je fais un essai avant que vous ne mentiez vous-même.
00:31:02Un essai ? Mais non, pourquoi ?
00:31:04Si, laissez-moi faire.
00:31:05Non.
00:31:06Mais qu'est-ce que c'est ?
00:31:07Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:31:08Ne changez plus de place.
00:31:09Vous allez être le premier homme au monde
00:31:11à entrevoir une disparition brusque
00:31:13comme dans les contes de fait.
00:31:14Mais oui, je sais.
00:31:15C'est le fait que subitement,
00:31:16vous n'allez plus exister à la même époque que moi.
00:31:18Non, mais écoutez-moi, Philippe.
00:31:19Moi, j'aimerais bien partir avec vous.
00:31:20Non, pas tout de suite.
00:31:21Non, je préfère.
00:31:22C'est plus prudent.
00:31:23Ce ne sera pas long.
00:31:24Non, mais écoutez-moi, j'ai compris.
00:31:25Restez bien où vous êtes.
00:31:26Oui, oui.
00:31:27N'avancez pas.
00:31:28Non, mais j'ai compris, mais écoutez-moi.
00:31:29Philippe, écoutez-moi.
00:31:42Oh, l'animal.
00:31:44Philippe venait de plonger dans le passé
00:31:47ou dans le futur, est-ce que je savais ?
00:31:50C'était quand même le triomphe de ma vérité
00:31:53qui venait de se confirmer sous mes yeux.
00:31:55Un homme venait de plonger,
00:31:56de disparaître devant moi
00:31:57dans cet univers inexploré,
00:31:59l'univers chronomique.
00:32:01Oui.
00:32:02Oui, mais si maintenant il n'allait plus revenir.
00:32:05Je réalisais brusquement ma situation.
00:32:07J'étais là tout seul,
00:32:08mûré dans l'obscurité complète
00:32:10et j'attendais pour me délivrer
00:32:12qui ?
00:32:13Qui ? Uniquement un fou qui se baladait dans le temps.
00:32:15Où étais-je allé m'embarquer aussi ?
00:32:17Moi qui de ma vie
00:32:18n'avais jamais osé traverser la rue
00:32:19pour une jolie femme,
00:32:20je m'apprêtais à traverser des siècles
00:32:22pour des amours
00:32:23qui n'étaient évidemment plus les miennes.
00:32:34Vous n'avez pas trouvé le temps long ?
00:32:37Pas trop.
00:32:38Je pensais seulement que,
00:32:40Charlemagne, vous avez retenu un dîner.
00:32:42Le moral est bon, tant mieux.
00:32:43Non, je ne suis pas allé dans ce sens-là.
00:32:45Et je n'ai pas fait une marche arrière,
00:32:46j'ai fait une marche avant.
00:32:47Dès que vous me revoyez, maître,
00:32:48je redescends du mois d'août 1938.
00:32:51Allez donc !
00:32:52Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:32:53C'est un vérificateur de régime.
00:32:56Cet écran va me donner le contrôle de ma bonne marche.
00:33:01Il va nous dire si vous avez bien atteint 1938.
00:33:03C'est cela.
00:33:04C'est une sorte de téléviseur
00:33:06qui m'a enregistré des perspectives choisies,
00:33:08repérées à l'avance.
00:33:11Tenez, par exemple ici, voyez,
00:33:12j'ai deux chaînes.
00:33:13J'ai cadré successivement le Trocadéro,
00:33:15puis la Tour Eiffel.
00:33:16La Tour Eiffel...
00:33:17Ben oui, on en parle.
00:33:18Mais...
00:33:19Elle n'est pas encore construite pour vous,
00:33:20pour l'heure actuelle.
00:33:22Vous suivez, oui, vous l'avez rejointe.
00:33:24Oui, en descendant le temps.
00:33:25Dès que j'ai atteint 1888,
00:33:27elle était là, on la construisait.
00:33:28Et comme j'allais très vite,
00:33:29elle avait l'air de pousser à vue d'œil.
00:33:30Je l'ai automatiquement enregistrée,
00:33:32et vous allez la voir aussi.
00:33:33Eh oui, c'est logique.
00:33:34Vous pour qui elle n'existe pas encore.
00:33:35C'est logique.
00:33:36Enfin, c'est logique.
00:33:37C'est follement logique
00:33:38dans la logique folle
00:33:39de notre aventure de fou, quoi.
00:33:42Vous voyez, pour le départ,
00:33:43je cadre sur le Trocadéro.
00:33:46Nous sommes au compteur fin 1884.
00:33:48Je mets en marche l'alternance.
00:33:50C'est l'alternance des jours et des nuits
00:33:52que vous dépassez.
00:33:53C'est cela même.
00:33:54Avec vous, Maître, c'est commode,
00:33:55il n'y a rien à vous expliquer.
00:33:56J'accélère déjà janvier 87, mai, juin, novembre 88, avril, août, janvier 90.
00:34:05Tout va bien.
00:34:06Le temps passe vite.
00:34:071903, 4, 1906.
00:34:11Vous pouvez ralentir.
00:34:12Certainement.
00:34:13Je peux même descendre à 2 secondes par 24 heures traversées.
00:34:16Vous voyez, un jour, une nuit, un jour, une nuit.
00:34:23Les réverbères.
00:34:25Reprenons ma vitesse.
00:34:26Accélérons-encore.
00:34:27Je fais en ce moment une année par seconde.
00:34:30Diable.
00:34:31Autant suspends ton vol.
00:34:33Qu'est-ce qui se passe ?
00:34:34C'est la guerre.
00:34:35Non, non.
00:34:36J'arrive vers la fin de ma descente.
00:34:38Démolition du Trocadéro, 1934.
00:34:41Regardez.
00:34:421935, 36, le Palais de Chaillot.
00:34:47Et que c'est que ça ?
00:34:48Qui remplace le Trocadéro.
00:34:50Le voilà.
00:34:51Vous n'y perdez rien.
00:34:53C'est moi-même.
00:34:54Voilà.
00:34:55En route pour la redescente.
00:34:58Je cadre sur la tour Eiffel et les quais de la Seine.
00:35:02Ah, la tour Eiffel.
00:35:04Comment...
00:35:05Elle est là en 1937 ?
00:35:06Et même encore là en 1980.
00:35:08C'est pas possible.
00:35:09Mais qu'est-ce qu'ils en disent, les Parisiens du 20ème siècle ?
00:35:11Ils sont ravis.
00:35:12Ils y tiennent à leur tour Eiffel.
00:35:13Ils l'aiment de plus en plus.
00:35:14Non.
00:35:15Mais ça n'est pas comme mes contemporains.
00:35:16Ils protestent comme des beaux diables devant le projet.
00:35:18Ils parlent de sacrédèse, de vandalisme.
00:35:20Tenez.
00:35:21La voilà.
00:35:22Je vous présente Madame Latour en 1937.
00:35:26C'est à sa beauté tout de même.
00:35:29Il avait la foi celui qui a construit cela.
00:35:32Je repars ?
00:35:34Oui.
00:35:35Regardez Maître.
00:35:36L'exposition de 89.
00:35:37On a raté celle de 1900.
00:35:38Les illuminations.
00:35:39Les drapeaux.
00:35:40Les palais.
00:35:41Ça y est.
00:35:42Terminé 1888.
00:35:43La tour perd sa tête.
00:35:441887.
00:35:451886.
00:35:46Plus de tour.
00:35:481885.
00:35:491885.
00:35:501884.
00:35:51Nous voilà revenus.
00:35:52Bon.
00:35:53Tout va bien à bord.
00:35:54Nous pouvons partir.
00:35:55Nous partons ?
00:35:56C'est encourageant.
00:35:57En route.
00:35:58En route.
00:35:59En route.
00:36:00Pas d'appréhension au Maître.
00:36:01Ok.
00:36:02Je n'allais pas avouer à mon émule que le Maître, le Promoteur, ressentait brusquement une frousse magistrale.
00:36:14Voilà votre idée.
00:36:16Je n'allais pas avouer à mon émule que le Maître, le Promoteur, ressentait brusquement une frousse magistrale.
00:36:27Voilà votre siège.
00:36:31Ah, c'est un véritable lit.
00:36:34Installez-vous.
00:36:37Nous étions installés dans une carlingue confortable, apparemment de tout repos.
00:36:42Vous êtes bien ?
00:36:44Très, très, très, très bien.
00:36:48Voilà.
00:36:51Prêt ?
00:36:54Prêt.
00:36:55Brusquement, des lueurs tournantes illuminent la caverne.
00:36:58Des impressions spectrales m'assaillent.
00:37:01Puis, comme me l'a prédit Philippe, soudain, sans le moindre malaise, c'est l'anéantissement de toute conscience, de toute réalité.
00:37:08Combien de temps dura mon état ? Je ne sais.
00:37:23Quand je me ressociais, comme dit Philippe, je ne pus savoir si j'avais perdu connaissance une seconde ou dix siècles.
00:37:29Philippe maniait déjà son télécontrôle.
00:37:33Nous sommes arrivés.
00:37:34Je l'espère.
00:37:36Je vérifie notre remontée qui semble avoir été bonne.
00:37:43Allons-Bron, qu'est-ce qui se passe ?
00:37:45J'ai une panne de contrôle.
00:37:47La précision de notre arrivée, je ne vais pas l'avoir.
00:37:49Zut, zut, zut.
00:37:50En effet, zut.
00:37:52Je n'ai plus d'image.
00:37:57Et votre compteur chronomique gris aussi ?
00:38:01Oui.
00:38:02Mais nous avons encore marché un bon bout de temps après.
00:38:05Enfin, quelques secondes.
00:38:07Non, non.
00:38:08Je suis persuadé que nous sommes au but.
00:38:10Vous êtes optimiste.
00:38:12Mon voyant bleu m'a dit que nous sommes arrivés.
00:38:14Pour être arrivés, nous le sommes, mais nous sommes arrivés où ?
00:38:17Il n'y a pas de raison.
00:38:20Allez, on y va ?
00:38:24On y va.
00:38:35Vous ouvrez ?
00:38:36Pas encore, j'ai un autre contrôle.
00:38:38Nous arrivons, si tout est normal, de nuit.
00:38:40Qu'est-ce que vous regardez ?
00:38:42C'est un viseur à infrarouge.
00:38:43Pour vérifier en principe si la voie est libre.
00:38:45C'est bien cela, tout est parfait.
00:38:48Nous arrivons de nuit par un clair de lune superbe.
00:38:51Regardez, maître.
00:38:53Mon usine de haricots verts torpilles et vos betteraves,
00:38:55évaporés, disparus, remplacés par une forêt séculaire.
00:38:58Vous voyez ? Victoire, maître.
00:39:00Je vois.
00:39:04Nous arrivons, en principe,
00:39:06Le 8.
00:39:08Le 8 à 9 heures du soir.
00:39:10Quel soir, quel 8 ?
00:39:12Eh bien, le soir du 8 mai.
00:39:14Mais, mais, mais quel mai, nom d'un chien ?
00:39:17Eh bien, mai 1788, comme prévu.
00:39:20Vous voyez, vous êtes moins affirmatif.
00:39:22Evidemment, un dérèglement peut toujours signifier que nous...
00:39:23Il signifie que nous allons arriver le 8 mai sous pépins de bref.
00:39:26Je vous avais dit qu'on arrivait de nuit.
00:39:28Et il fait nuit.
00:39:30Mon cher, il y a aussi des nuits sous pépins de bref.
00:39:32Mettez votre part dessus, maître.
00:39:34En mai, les nuits sont fraîches.
00:39:361788, tous les paris que vous voudrez mettre.
00:39:40Je ne demande qu'à perdre.
00:39:42Voilà.
00:39:44Écartez-vous du rayon, c'est dangereux.
00:39:45Je vais ouvrir.
00:39:55J'avais quand même une hâte fébrile à aller contempler un clair de lune de mes aïeux.
00:40:03Et comme un gamin insupportable, je sortis dès que le monolithe le voulut bien.
00:40:14Regardez la lune.
00:40:22Belle, mais pas plus belle que chez nous.
00:40:25Inexorablement la même qu'en 1880.
00:40:28Et même la même qu'en 1981, avec 300 000 hommes dessus.
00:40:33Elle a de la chance, la lune s'entend. 200 ans pour elle ne compte pas.
00:40:37Ah, par contre, ici, ça change.
00:40:40Plus de prairies. Une forêt.
00:40:44Oui, la terre garde toujours le même crâne.
00:40:47Mais elle se coiffe différemment.
00:40:56Oh, la croix.
00:40:58Ça y est.
00:41:01Entière.
00:41:04Nous voilà plus vieux que nous-mêmes.
00:41:08Comme dit la chanson, ça vous fait tout de même quelque chose.
00:41:10Subitement, un bruit caractéristique, encore lointain, nous fit battre le cœur.
00:41:16Dans la nuit, là-bas, on avançait sur la route.
00:41:19Tu vois, tu as entendu ces grelots ?
00:41:21Je peux prendre à même que ces lumières.
00:41:25La voilà.
00:41:27Je vais passer par ici.
00:41:29C'est la vérité qui arrive.
00:41:31Drôle d'effet.
00:41:32Un ancêtre avançait sur nous.
00:41:49Louis XVI, maître. Pas d'erreur. Nous sommes sur Louis XVI. Regardez.
00:41:52En quelle année sommes-nous, monsieur ?
00:41:55Plaît-il ?
00:41:57Vous avez perdu la Tramontane, mon ami.
00:41:59Vous avez bu.
00:42:01Gare ! Gare !
00:42:03Allez ! Allez !
00:42:05Il faut les attaquer plus doucement.
00:42:07Vous lui avez fait peur.
00:42:08Il ne nous reste plus qu'en attendre une autre.
00:42:10Mais vous avez vu, il portait une perruque Louis XVI.
00:42:12Pas certain. Peut-être Louis XV.
00:42:14Non, non, non. Louis XVI.
00:42:15Tout va bien. J'ai tenu mon cap.
00:42:18J'ai annoncé 1788. Nous y sommes.
00:42:20Maître, gagnons vite Paris.
00:42:22Quel coup de sonde dans le passé, comme vous dites.
00:42:24Et regardez les souvenirs merveilleux que nous allons apporter.
00:42:27Qu'est-ce que c'est que ça ? Une clarinette ?
00:42:29Non, une caméra magnétique qui marche à tous les éclairages.
00:42:32Et en couleurs ?
00:42:34Et en couleurs.
00:42:36Mais où allez-vous ?
00:42:37Je reviens. Je vais fermer la boutique.
00:42:38S'il passe une autre voiture, arrêtez-la.
00:42:40Oui, Milord. Nous allons filmer les remparts, les tuileries, la bâtie qu'elle filme.
00:42:43Habillés comme ça, ils vont nous y foutre à la Bastille.
00:42:47Avec nous, Louis d'Or. Demain, nous aurons perruques de soie et culottes blanches.
00:42:50Eh ben, j'aurai bonne mine.
00:42:52Vous ne voulez-vous même pas arriver au château de Sainte-Marie en raspé ?
00:42:55Ah oui, la belle Anglaise. Va falloir faire les mires des flores.
00:42:59Maître, vous n'êtes pas pressé d'aller revoir notre vieille demeure de famille, dans sa magnificence première ?
00:43:04Vous me laisseriez y aller seul ?
00:43:06Evidemment, non.
00:43:08Animal.
00:43:09Mais, permettez-moi, je pense à mes reins.
00:43:12400 et 400, 800 kilomètres de tape-cul, quel voyage ?
00:43:15Ça vaut bien ça, non ?
00:43:17Bien sûr. Mais, nous ne moisirons pas là-bas. Pas plus qu'ici.
00:43:21Si nous sommes présentement sous Louis XVI, en mai 88, nous sommes à 8 mois de la guillotine, ne l'oublions pas.
00:43:27Dis-moi, maître.
00:43:28Énorme, par-dessus le marché.
00:43:29Mais qu'il saurait.
00:43:30Mais nous affolons pas.
00:43:31Je m'affole pas, je veux pas perdre la tête, c'est tout.
00:43:33J'ai dit tout petit, j'ai pas dit rapetissé.
00:43:37Écoutez, une autre voiture. Tâchez de l'arrêter, je reviens.
00:43:41Comment l'aborder ? Messire ? Non, citoyen ? Non, pas encore.
00:43:48Monsieur !
00:44:04Vous désirez ?
00:44:06Monsieur, pardonnez à mon comportement, ne courez-vous pas vers Paris ?
00:44:11Oui, j'y vais.
00:44:12Oh, par Saint-Georges, auriez-vous la bonté de nous voiturer, mon neveu et moi ?
00:44:17Oui, je rentre par la barrière de Clichy.
00:44:19Oh, merveille, nous gîtrons rue de...
00:44:22Oui, enfin, nous allons au palais royal.
00:44:25Oh, mon sieur, je vous sais gré de votre accorte grâce.
00:44:28Je m'encours chercher mon neveu et je reviens séant.
00:44:33Philippe !
00:44:36Vous êtes fait mal ?
00:44:37Non, je me suis cassé la gueule.
00:44:39Je n'ai ni...
00:44:40J'ai achopé seulement, simple malencontre.
00:44:44Parler un drôle de français.
00:44:47Mon sieur nous emmène.
00:44:50Grand merci, mon sieur, pour votre civilité.
00:44:52Oh, c'est bien peu de choses.
00:44:53Le fâcheux, c'est que vous allez être un peu serré.
00:44:56Oh, Penouchot, mon sieur, Penouchot.
00:44:58Je monterai près de vous, mon sieur.
00:45:00Veuillez monter derrière, monsieur.
00:45:02Ah, si j'avais le carrosse du roi.
00:45:04Quel roi ? Louis XVI.
00:45:06Pas prouvé.
00:45:11Et où est-il en ce moment, notre bon roi ?
00:45:14Ben, il est toujours à Versailles.
00:45:16Comment ?
00:45:17À Versailles.
00:45:18La prononciation de Versailles était bien dix-huitième, mais ne nous renseignez pas.
00:45:22Il est à Versailles ?
00:45:23Il est à Versailles à fabriquer ses éternelles serrures.
00:45:28Les serrures, vous êtes content ?
00:45:29Je suis content, non ?
00:45:30Vous avez raison, monsieur.
00:45:32Le roi ferait bien mieux de s'occuper des affaires de l'État.
00:45:35Ah, oui.
00:45:36Il finira par nous mettre sur la pâle.
00:45:40Non, monsieur.
00:45:42La france est déjà sur la pâle.
00:45:45Allons bon.
00:45:48Bonsoir, petite fille.
00:45:53On dirait un greuse.
00:45:56Oui.
00:45:58On dirait un greuze.
00:46:00Oui.
00:46:02Elle a aussi raison, cette chanson-là.
00:46:13Il pourrait bientôt faire de l'orage.
00:46:16Croyez-moi, monsieur, vous ne pouvez pas savoir combien vous avez raison.
00:46:20Oh, si, je le sais.
00:46:22Vous ne pouvez pas savoir combien, je le sais.
00:46:26Oui, moi, dont la main, en 1884, écrit ses lignes,
00:46:29j'étais, il y a 350 heures à peine, dans une calèche qui roulait vers le Paris de Louis XVI.
00:46:34Oui, messieurs, le voyage fut long.
00:46:41Enfin, là-bas, soudain, deux, trois lanternes cloutèrent faiblement la nuit.
00:46:46Ah, voilà Paris !
00:46:48Paris, la ville lumière ?
00:46:51Nous étions loin du délumineux de Philippe, éclairant jusqu'à Compiègne.
00:46:55Nous atteignions la barrière que ponctuait le fallot d'une sentinelle.
00:46:58Ce premier soldat m'impressionnait.
00:47:01Rien pour le service du roi ?
00:47:03Non, rien.
00:47:05Bonsoir.
00:47:05Ah, monsieur Delaney, c'est au mieux.
00:47:08Laissez passer !
00:47:10Enfin, nous y étions.
00:47:17C'était surtout le Paris de Diderot, le Paris de Fontenelle,
00:47:20flambeauilluminant le monde.
00:47:22Alors, on est dans Paris, maintenant ?
00:47:25Ben, nous y sommes, en plein.
00:47:26Eh ben...
00:47:27Vous habitez la province ?
00:47:29La Bourgogne.
00:47:29Ah, vous venez souvent ?
00:47:31Non.
00:47:32Ah, c'est ça.
00:47:33On vous sent un peu dépaysé.
00:47:35Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:47:37Voilà.
00:47:38Nous y sommes.
00:47:40Moi, je dois filer tout droit, je dois me rendre.
00:47:43J'ai de l'oseille.
00:47:43C'est pas ici.
00:47:45Ah, bigre, non !
00:47:47Alors, vous allez prendre à cette grille.
00:47:50Oui.
00:47:51C'est la rue de l'Hôtel Dieu.
00:47:52Ah.
00:47:52Vous connaissez ?
00:47:53Non.
00:47:54Point d'affaire, c'est toujours tout droit.
00:47:56Au bout, vous enfinez en face le passage d'Antin.
00:47:59Ah.
00:48:00Vous y êtes ?
00:48:01Non.
00:48:01Mais c'est toujours tout droit.
00:48:03Vous tomberez sur la place de Vendôme.
00:48:06C'est une grande place, carré, avec le...
00:48:10La place Vendôme ?
00:48:11Oui.
00:48:11Oh, mais je connais !
00:48:12Vous connaissez ?
00:48:13Vous connaissez, oui.
00:48:14Ils connaissent, ils ne connaissent pas ce qu'ils sont drôles.
00:48:16Oui, la place Vendôme, tout le monde connaît, avec sa collage.
00:48:18Ah, mais avec la statue de Louis XIV au milieu.
00:48:21Avec, oui, la statue de Louis XIV au milieu.
00:48:23Mais vous êtes des Parisiens consommés.
00:48:26Alors, beaucoup plus savants que vous ne voulez laisser entendre, hein ?
00:48:30Voilà.
00:48:31Monsieur, il nous reste à vous remercier.
00:48:33Bon, ce n'est rien à laisser cela, je vous en prie.
00:48:34Super.
00:48:36Sérieusement, vous voyez votre chemin.
00:48:40Monsieur, une fois place Vendôme, nous sommes sauvés.
00:48:42J'en accepte, l'augure.
00:48:49Vous entendez ?
00:49:00J'étais ému.
00:49:01Je m'écriais, lyrique et enthousiaste.
00:49:03Vieux Paris, vieux creuset ancestral de ma race, je te salue.
00:49:06Et j'aspirais à plein poumon.
00:49:08Mais ça sent mauvais.
00:49:10Oui.
00:49:12Curieux mélange de vieux poissons, de vieilles graisses, de vieilles...
00:49:15Oui, surtout.
00:49:17Ça pue, hein ?
00:49:18Oh oui !
00:49:19Eh bien, nous ne nous gêlons plus.
00:49:21Mais qu'est-ce qu'ils jettent comme ça à l'heure au sale ?
00:49:22Je l'espère, mais je crêle pire.
00:49:24Attention à nos chapeaux.
00:49:24Bon, il va falloir trouver un hôtel, maintenant.
00:49:28Non, un garni, comme on dit présentement.
00:49:30On dit un garni ?
00:49:31Ah ben oui, au 18e siècle, on dit un garni.
00:49:34Garni de quoi ? Un garni de punaise ?
00:49:35Oh, quelle horreur !
00:49:36J'ai trouvé dans la manette 1787, notation d'un hôtel garni au bout de la rue des bons-enfants.
00:49:43Au bout de la...
00:49:43Ah ben, on s'enseignera au palais royal.
00:49:45Tenez, ça doit être le Faubourg Saint-Honoré, là.
00:49:47On dit...
00:49:48Nous avancions le cœur battant entre les séculaires façades.
00:49:51Par miracle, ce soir, toute neuve, toute blanche.
00:49:54On se croirait autant de Malraux, dit Philippe.
00:49:56On se croirait autant de Malraux.
00:49:57Malraux ?
00:49:58Oui, Malraux, c'était le...
00:49:58Vous m'expliquerez.
00:50:00Voyons, voyons, voyons.
00:50:01Et qu'est-ce qu'il ne va pas mettre ? Vous êtes perdu ?
00:50:02Non, absolument pas. Le palais royal, c'est tout droit.
00:50:05Mais...
00:50:05Mais...
00:50:06Quoi mais ?
00:50:07Mais...
00:50:08Mais ça y est !
00:50:09Qu'est-ce qu'il y est ?
00:50:10C'est le cul-de-sac Saint-Vincent, ici.
00:50:12Impossible ?
00:50:13Ben oui, c'est la future rue Saint-Roch.
00:50:14Et alors ?
00:50:15Et alors, c'est là où je viens quand j'habite Paris.
00:50:16Au 29.
00:50:17Mais oui !
00:50:18Quand vous viendrez ?
00:50:19Quand vous viendrez, maître, dans 100 ans.
00:50:21Pardon, monsieur.
00:50:22Quel est le nom de cette rue ?
00:50:23Un cul-de-sac Saint-Vincent, monsieur.
00:50:24Merci, monsieur.
00:50:25Mille grâce.
00:50:26Ça y est !
00:50:27C'est ma rue.
00:50:28C'est là où j'habite.
00:50:29C'est là.
00:50:29Je ne la reconnaissais pas.
00:50:31Il y a pourtant de la lune.
00:50:32Oh !
00:50:33Voilà ma maison.
00:50:34La voilà.
00:50:35Elle existe.
00:50:36Elle est construite.
00:50:37C'est canon.
00:50:38Tiens, bon coup de rampelons, monsieur, votre honte.
00:50:40Dites-moi, mais c'est normal.
00:50:41Ma maison, elle date de Louis XV.
00:50:43C'est logique.
00:50:44C'est l'exil.
00:50:45Mon nom peut calmer.
00:50:46Il me rappelle mon beau-père.
00:50:48Mon beau-père, lui, quand il a son plumeur,
00:50:50il s'assoit et il attend que sa maison passe.
00:50:53Dermiteur, monsieur.
00:50:54Dermiteur.
00:50:54C'est une joie incroyable de la voir.
00:50:57C'est un maître du canot.
00:50:58Vous vous faites remarquer.
00:51:00Il y a de la lumière chez moi.
00:51:02Et encore, je pense que si je montais,
00:51:04je ferais peut-être sortir comme un voleur.
00:51:06C'est cela, la propriété.
00:51:08Quand ce propriétaire-là, il ne sera plus,
00:51:09vous, vous y serez.
00:51:11Chacun son tour.
00:51:11Eh bien, on ne nous est que prêtés.
00:51:13Bien sûr.
00:51:13Cinquante ans suffisent pour que tout l'univers change de main.
00:51:15Dans cent ans, je serai chez moi là-haut,
00:51:18puis dans cent ans, je n'y serai plus.
00:51:19On va passer piscade et allez donc.
00:51:22Alors, poudre, poudre !
00:51:24Les bavards, on ne peut plus dormir.
00:51:26Attention !
00:51:28Vous ne pouvez pas aller bavarder chez vous, non ?
00:51:30Chez vous ?
00:51:31Culeau !
00:51:33Bon, ce n'est pas la royale.
00:51:34Ça y est, on y arrive.
00:51:37C'est tout de même vexant de recevoir un pot de chambre
00:51:39de sa propre fenêtre.
00:51:40Enfin, nous y étions.
00:51:42Oui, moi, contemporain comme vous, messieurs,
00:51:45de grévis et de boulangers,
00:51:47j'ai pu voir vivre cette nuit-là
00:51:48le palais royal de l'ancien régime.
00:51:51Le centre est un ce nant d'un Paris
00:51:52que vous croyez mort.
00:51:53Charmant palais royal, charmante capitale de Paris,
00:52:05comme l'écrivait Rivarol.
00:52:06Vous avez vu ?
00:52:07Le montreur d'enterre magique.
00:52:10Caché dans l'ombre,
00:52:11tournant autour des grilles,
00:52:13nous n'en avons pas moins tout à loisir.
00:52:14Écoutez, observez avidement
00:52:17les fates à l'anglaise,
00:52:19les cahillettes,
00:52:20les évaporés du bel air.
00:52:22Cher Adélaïde,
00:52:23laissez-moi contempler ces merveilles.
00:52:26Ce sont des sortes de petits vénésivars,
00:52:28en émeraude.
00:52:31Superbe !
00:52:32Il est mérape, ce pauvre jeune homme,
00:52:36il est mérape.
00:52:37Madame Fouapu, concierge,
00:52:39possède un matou qu'elle adore.
00:52:41Mais voilà,
00:52:42dis-moi tout là, subitement.
00:52:43Madame Sivelle de la Pille,
00:52:45le châme à la Fouapu
00:52:46avant les besoins,
00:52:46le châme à la Fouapu
00:52:47avant les besoins.
00:52:48Et ensuite,
00:52:48on la voit d'âme,
00:52:4916e valet,
00:52:50et court après le matou.
00:52:51Antithèse du progrès.
00:52:52Rien, rien,
00:52:53ça détend.
00:52:55C'est bon ce soir, hein ?
00:52:56Vous avez vu tout à l'heure,
00:52:58à l'entrée,
00:52:58les fameux traiteurs du palais royal,
00:53:00perdris confites de périgueux
00:53:02peintés de thon frais de Toulon.
00:53:04Ça me donne faim.
00:53:05Eh bien, avalez une pilule.
00:53:06Ça n'en passera pas.
00:53:09Ah, Mélios.
00:53:11La révolution semble encore loin.
00:53:13Toute la France ne dîne pas ici.
00:53:15Vous connaissez le mot de chanvre.
00:53:17Certains ont plus de dîner
00:53:18que d'appétit.
00:53:20Et d'autres,
00:53:20plus d'appétit que de dîner.
00:53:22C'est de l'esprit.
00:53:23Et du vrai.
00:53:24Et du meilleur.
00:53:25Bien de puissance.
00:53:27C'est cet esprit-là
00:53:28qui va renverser la Bastille.
00:53:30Taisez-vous, pétroleur.
00:53:32Ça vient.
00:53:33Tenez, justement.
00:53:35Regardez la coutellerie d'à côté.
00:53:38Ah ben, c'est bien ça.
00:53:39C'est le 4.
00:53:43C'est la boutique
00:53:44où, dans trois ans,
00:53:45Charlotte Corday
00:53:46achètera le couteau
00:53:47pour tuer marins.
00:53:49Mais oui, c'est vrai.
00:53:51Mais le fameux couteau
00:53:52est peut-être déjà dans la vitrine.
00:53:53C'est déjà plausible.
00:53:56Quelle aventure nous vivons.
00:53:57Attention, Philippe.
00:54:01Vous êtes dans la lumière.
00:54:03Allez, venez vite.
00:54:07Philippe.
00:54:08Philippe.
00:54:09Philippe, venez ici.
00:54:10Philippe.
00:54:11Comme l'a chanté le bon maraud,
00:54:12monsieur,
00:54:13veuillez pardonner
00:54:14à mon audace.
00:54:15Eh ben, voilà.
00:54:15C'est gagné.
00:54:16Il nous allait falloir
00:54:17essuyer une alerte
00:54:18avec un essaim joyeux
00:54:19de petits maîtres.
00:54:21Sacré Philippe.
00:54:23Non, non, nous ne sommes pas
00:54:24des étrangers.
00:54:25Nous allons à un val costumé.
00:54:27Vous racontez.
00:54:28Oui, rue Saint-Honoré.
00:54:30Oh, merveille.
00:54:31Le brieux, j'avais raison,
00:54:32ce sont des travestis.
00:54:33C'est un mystère.
00:54:35Eh, mais encore de grâce,
00:54:36que signifie l'accoutrement ?
00:54:38L'accoutrement.
00:54:39Eh oui.
00:54:39Ah, l'accoutrement.
00:54:41Eh ben, voilà,
00:54:42nous sommes déguisés.
00:54:43Nous sommes déguisés
00:54:44en hommes de l'avenir.
00:54:451880, 1900, voilà.
00:54:49Amusant.
00:54:51Ces petits revers
00:54:52sont d'un mesqu...
00:54:53Oh !
00:54:54Et la casse.
00:54:56Il faut rendre grâce
00:54:58à la casacque.
00:54:59Mais c'est peu de choses.
00:55:01Elle est cocasse.
00:55:03Mais oui, mais oui.
00:55:04Une seule critique.
00:55:05Vous permettez.
00:55:06Je vous en prie, monsieur.
00:55:07Pourquoi ces couleurs tristes ?
00:55:09Pourquoi ces teintes
00:55:10de corbella ?
00:55:11Oh, vous êtes sévères.
00:55:13Je doute fort
00:55:13que nos arrières ne veux
00:55:14sous Louis 25
00:55:15ou sous Louis 30
00:55:16soient assez fauches.
00:55:18Assez plus rares
00:55:19pour s'endeuiller
00:55:19semblablement en ennemi.
00:55:21Vous croyez ?
00:55:22Oh, de certitude.
00:55:24Vous allez être
00:55:25le fourrure de la soirée.
00:55:26En vérité.
00:55:27En vérité.
00:55:28Vous êtes une désofilante
00:55:30chiant-lite.
00:55:31Vous êtes la mabilité mère.
00:55:32Alors, au revoir, messieurs.
00:55:34Au revoir, messieurs.
00:55:35Serviteur.
00:55:36Serviteur.
00:55:36Si nous les accompagnons,
00:55:37que se passe-t-il ?
00:55:39Sont-ce des hommes de la lune ?
00:55:41Ils sont drôles.
00:55:43La lune s'étend
00:55:44brusquement cachée.
00:55:45Nous nous trouvons
00:55:46en pleine obscurité
00:55:47immédiatement perdus.
00:55:49Mousseau.
00:55:50Mousseau.
00:55:51Ah, mais oui.
00:55:53Le village de Mousseau
00:55:54et de Courcelles,
00:55:55par là.
00:55:55Eh oui, nous sommes
00:55:56dans la plaine Mousseau,
00:55:57ici.
00:55:57Nous sommes dans les nouveaux
00:55:58quartiers chics de Paris.
00:55:59Ils cachent bien leur jeu ?
00:56:00Eh bien, ils l'empêchent.
00:56:01C'est Paris.
00:56:03Qu'est-ce que nous sommes
00:56:03venus foutre par là ?
00:56:04Attention, votre plaque animale.
00:56:06Mon maître.
00:56:06Oui, quoi ?
00:56:07Centre...
00:56:08Chut !
00:56:09Eh bien, le chemin
00:56:10où nous sommes,
00:56:11c'est la centre Myroménile.
00:56:12Oui, eh bien, votre plaque,
00:56:13mon Dieu !
00:56:14Mon cher,
00:56:15je vous présente tout bonnement
00:56:16la future rue Myroménile.
00:56:18Même déclivité.
00:56:20Et Paris est là.
00:56:20Même direction.
00:56:22Sûrement, oui.
00:56:24Eh bien, ça va être elle.
00:56:25Je vous le dis.
00:56:26T'sais, attendez.
00:56:28Au relief du terrain,
00:56:29je vois très bien,
00:56:30très exactement
00:56:30où nous sommes.
00:56:32Ici, donc,
00:56:32la rue de Myroménile.
00:56:34Vous y êtes ?
00:56:34J'y suis.
00:56:35Bah, cette grande coulée
00:56:37qui descend vers elle,
00:56:38qui la coupe
00:56:38et qui file vers la place
00:56:39Saint-Augustin.
00:56:40La place Saint-Augustin ?
00:56:41Où ?
00:56:42Elle vous crève les yeux,
00:56:44là !
00:56:45Oh, ce Parisien !
00:56:46Cette grande coulée
00:56:47va être...
00:56:48Le boulevard Haussmann.
00:56:49Oui, monsieur.
00:56:50Je crois que vous avez raison.
00:56:51J'en suis sûr.
00:56:53Eh bien,
00:56:53je me serai reposé
00:56:54sur un marge
00:56:55d'une rouge à cochons
00:56:56au point de la rue Myroménile
00:56:57du boulevard Haussmann.
00:56:58Pourquoi pas ?
00:56:59Pourquoi pas ?
00:57:01C'est bien ça,
00:57:01nous sommes à Monceau.
00:57:03Regardez le champignon blanc
00:57:04sous la lune.
00:57:06Plus à gauche.
00:57:08Vous la reconnaissez ?
00:57:09Bien sûr.
00:57:10C'est la coupole
00:57:10du duc de Chartres
00:57:11sur la barrière
00:57:12entre Monceau et Courcel.
00:57:14Oui.
00:57:15Vous pouvez grossir,
00:57:15vous avez une molette.
00:57:16Ou ça ?
00:57:16Ah ben oui, je l'ai.
00:57:18Oui.
00:57:19Le duc de Chartres,
00:57:20paraît-il,
00:57:21s'est fait réserver
00:57:22dans la coupole
00:57:22un petit salon
00:57:23pour ses soupers galants.
00:57:25Tiens, tiens.
00:57:26Cette rotonde
00:57:27en 1885
00:57:29existe toujours
00:57:30à l'entrée du parc Monceau.
00:57:31Elle existe aussi
00:57:32en 1980.
00:57:33Elle est toujours là ?
00:57:34Elle est toujours là.
00:57:36Eh ben,
00:57:36elle en aura vu.
00:57:37Oh !
00:57:38La coupole du duc
00:57:40est allumée.
00:57:43Non,
00:57:44quel voyage !
00:57:45Il va souper,
00:57:46regardez,
00:57:47avec Madame de Jean-Lys,
00:57:47peut-être.
00:57:48Bon appétit,
00:57:49Monseigneur.
00:57:50Vous êtes le parfait
00:57:51royaliste,
00:57:51maître.
00:57:52Quand le cousin
00:57:52du roi dîme,
00:57:53ça vous régale.
00:57:54Tégez-vous,
00:57:54anarchiste.
00:57:56Ah non,
00:57:56mais quel voyage,
00:57:57quel voyage !
00:57:58La fraîcheur tombe.
00:58:00Allons-nous-en,
00:58:00n'attendons pas l'omnibus.
00:58:02Ah non,
00:58:02on risquerait
00:58:02de l'attendre
00:58:03une bonne cinquantaine
00:58:03d'années.
00:58:04On revient par la rue
00:58:05de Miroménil ?
00:58:06Euh,
00:58:07oui.
00:58:07Oh !
00:58:08Un lapin !
00:58:08Un lapin du Miroménil !
00:58:10Ah ah ah ah !
00:58:11Ah ouais.
00:58:13Maître,
00:58:14regardez,
00:58:15dans 200 ans d'ici,
00:58:16il y aura
00:58:16un bien bon petit restaurant
00:58:17ici,
00:58:18à Scone Rue.
00:58:19Et dans 60 ans seulement,
00:58:21dans la maison là en face,
00:58:23il y aura
00:58:23une bien jolie fille.
00:58:25Tiens,
00:58:26tiens,
00:58:26maître.
00:58:27C'est déjà dit.
00:58:29Quand partons-nous
00:58:30pour Sainte-Marie ?
00:58:31Laissez-nous arriver,
00:58:32voulez-vous ?
00:58:33Demain.
00:58:34C'est ça,
00:58:34demain.
00:58:35Nous lourons un cabriolet.
00:58:36Bien sûr,
00:58:37à nous les galops
00:58:37et les pètes-chevaux.
00:58:39En attendant cette gâtrée,
00:58:41j'aimerais bien trouver un lit,
00:58:42voire avec des punaises,
00:58:43je serais plus regardant.
00:58:45Sérieusement,
00:58:45ça va être dramatique.
00:58:46Si nous tombons sur un galeta
00:58:47affreux,
00:58:48ça va aller plus
00:58:48bon,
00:58:49le plus dramatique,
00:58:50mon vieux,
00:58:50ce serait si nous ne trouvions
00:58:51rien du tout.
00:58:52Évidemment.
00:58:53Non,
00:58:53le plus dramatique,
00:58:54c'était ce qui nous attendait
00:58:55au bout de la rue
00:58:56des bons enfants.
00:59:01Vos bourses,
00:59:02vos seigneuries,
00:59:04envoyez la gabelle.
00:59:07Allez.
00:59:08Un cri de douleur.
00:59:19Un cri de douleur.
00:59:20Philippe,
00:59:20voulant forcer le passage,
00:59:21venait déjà de recevoir
00:59:22un coup de matraque
00:59:22en plein front.
00:59:24Mais Dieu soit loué.
00:59:25Heureuse surprise pour moi,
00:59:27la réplique ne manquait pas
00:59:28chez mon cher meveu.
00:59:30Autru,
00:59:30en subjugué,
00:59:31il imposait soudain
00:59:32une méthode de combat
00:59:33de son siècle,
00:59:34absolument irrésistible.
00:59:35Je ne sais plus comment
00:59:37il appelle cette méthode
00:59:38le juda,
00:59:39le judo.
00:59:41Je ne sais plus,
00:59:42mais la technique
00:59:42était fameuse.
00:59:43Si efficace même,
00:59:45si bien appliquée,
00:59:46qu'il me semblait
00:59:47à une seconde
00:59:47que j'allais pouvoir
00:59:48le relayer,
00:59:49lui donner un coup de main.
00:59:59Cependant,
01:00:00le nombre,
01:00:01avantage imbécile
01:00:02des plus mauvais stratèges,
01:00:03jouait contre nous.
01:00:04Et petit à petit,
01:00:05nous submergeait.
01:00:07Il fallait décrocher.
01:00:07Il fallait décrocher.
01:00:36N'allez pas trop vite.
01:00:37Vous allez vous cogner,
01:00:38mes preuves.
01:00:42Je vous en fais.
01:00:43C'est une impasse.
01:00:45J'ai une idée.
01:00:49Vous triquez.
01:00:50J'ai mon pistolet.
01:00:51Non, maître.
01:00:51Trop de bruit.
01:00:52Vous allez à cogner le feu.
01:00:53Non, je tire.
01:00:54Non, maître,
01:00:54j'aime mieux.
01:00:55Vous avez mieux,
01:00:56mais si vous avez mieux,
01:00:56faites vite, alors.
01:00:57Vous êtes fou,
01:00:58vous les prenez en cinéma,
01:00:59c'est pas le bon bon présent.
01:01:00Et moi, je tire.
01:01:00Non, maître.
01:01:02Mais elles sont pas précises,
01:01:02j'ai tout mon temps.
01:01:04Vendard.
01:01:05Mais sur les clampins,
01:01:07il va y avoir de la jouerie.
01:01:08Ah, fils de gouge.
01:01:10Je peux bien me payer la petite fantaisie
01:01:11d'enregistrer leur fuite tout de même.
01:01:12Ça fera des souvenirs.
01:01:13Leur fuite, voyez-vous, leur fuite.
01:01:14En fait, fuite,
01:01:14c'est en train de fuir vers nous.
01:01:15Mais c'est très...
01:01:16Non, maître, regardez.
01:01:19Qu'est-ce que c'est ?
01:01:20Mat les magnétiques.
01:01:21Oui, alors ?
01:01:21Alors, les murs, les fleurs,
01:01:23baillez la gabelle.
01:01:24Viens la prendre.
01:01:25Ne les asticotez pas.
01:01:26Moi, les...
01:01:27Mais voilà, moi, je...
01:01:28Qu'est-ce que...
01:01:28Non, maître, du calme.
01:01:30Regardez.
01:01:31Alors, cette gabelle,
01:01:32vous la voulez ou vous ne la voulez pas ?
01:01:34Oh, bravo !
01:01:53Je n'ai pas emploié toute l'intensité,
01:01:54j'aurais pu les pulvériser.
01:01:55Vous nous avez tiré d'un mauvais pas.
01:01:57Si nous étions morts ici,
01:01:58nous aurions eu des ennuis
01:01:59avec les bureaux du ciel.
01:02:00Peut-être.
01:02:00Nous nous présentions morts
01:02:01avant d'être nés.
01:02:02La tête de Saint-Pierre.
01:02:04La Lune, plus favorisée que nous,
01:02:06s'était couchée.
01:02:07Non, plutôt, le brouillard était tombé.
01:02:09Le résultat était le même.
01:02:10L'Alfalo !
01:02:12Hé, Ali !
01:02:12L'Alfalo !
01:02:13Venez !
01:02:14Venez dans ton secours.
01:02:15Que passe-t-il ?
01:02:16Pas une lanterne ?
01:02:18Je vais vous expliquer.
01:02:19C'est à cause du roi.
01:02:21Il coupe les lanternes quand il y a la Lune.
01:02:22Alors donc, les soirs de Lune,
01:02:24quand il n'y a pas de Lune,
01:02:25il fait encore plus noir
01:02:27que les soirs sans Lune.
01:02:29C'est comme ça.
01:02:30C'est ça, l'administration...
01:02:31C'est l'administration royale,
01:02:32conclut ce futur preneur de la Bastille.
01:02:34C'est les économies de bout de chandelle.
01:02:37L'homme, pour un écu,
01:02:38nous indiqua tout à côté
01:02:39un bon hôtel très propre,
01:02:41très bien tenu,
01:02:42rue de l'Égout,
01:02:43à l'enseigne des trois cloches
01:02:44et du grand vizir réuni.
01:02:46Ce traiteur avait encore,
01:02:47ce fut son expression,
01:02:48des cabinets vides.
01:02:49Vous avez de la veine,
01:02:50mes gentils hommes,
01:02:51il me reste des cabinets vides.
01:02:53Vous ne trouverez pas,
01:02:54sur la place de Paris,
01:02:55pareil gîte et pareil ou faux.
01:02:57Chacun de vos cabinets,
01:02:58véritable petit salon de Versailles,
01:03:00est assuré,
01:03:01moyennant une livre,
01:03:02d'un lit,
01:03:03d'une table,
01:03:03d'un miroir,
01:03:04d'une cuvette,
01:03:05d'une serviette,
01:03:05d'un pot à eau
01:03:06et d'un pot de chambre.
01:03:07Par ici, messieurs,
01:03:08s'il vous plaît.
01:03:09Nous sommes voyés,
01:03:10taverniers,
01:03:10dans la base d'une fâcheuse aventure.
01:03:12Nous étions,
01:03:12mon oncle et moi,
01:03:13dans un bal costumé.
01:03:14Et le bal terminé,
01:03:16nous n'avons pas courré
01:03:17ni nos jambes,
01:03:17ni notre cocher.
01:03:18Je ne sais que vous les drôles
01:03:19sont d'un espère.
01:03:20Enfin, je ne sais pas,
01:03:21vous avancez,
01:03:21vous voyez comme nous sommes accoutrés.
01:03:22S'il n'y a pas,
01:03:23il s'en fout.
01:03:24C'est pour ça que nous sommes venus,
01:03:25j'étais ici.
01:03:26C'est parfait, monsieur le baron.
01:03:27Demain, mon brave,
01:03:28des potes ruminettes
01:03:29et notre radeuil,
01:03:31vous viendrez noter nos voitures.
01:03:33Aussitôt,
01:03:33vous passerez un coup de fil.
01:03:35Vous courez vous engueillir
01:03:36depuis le voyage décent
01:03:37pour mon oncle
01:03:38et pour moi-même.
01:03:39Faites livrer
01:03:44de chapeaux à la Suisse
01:03:45ou à la Maracque, etc.,
01:03:46que nous puissions choisir.
01:03:47Alertez qu'il doit l'être.
01:03:49Nous ferons ce qu'il faudra.
01:03:50Enfin, je vous présiderai
01:03:50tout cela demain matin.
01:03:52Vous serez largement dédommagé
01:03:53de vos courses
01:03:54et de vos ariens.
01:03:55J'en suis persuadé,
01:03:56monsieur le comte.
01:03:57Monsieur le comte ?
01:03:58Nous gagnons un quartier
01:03:59de noblesse à chaque étage.
01:04:01J'ai un marchand d'habits
01:04:02qui tient boutique
01:04:02à 30 pas d'ici,
01:04:03je l'alerterai des matines.
01:04:05Fort bien.
01:04:06Il tient même des perruques
01:04:07et des habits brodés.
01:04:09C'est parfait.
01:04:10N'ayez donc plus de soucis
01:04:11pour votre piétan cap,
01:04:12mes seigneurs.
01:04:17Qu'est-ce qui m'a filé
01:04:18entre les jambes ?
01:04:19C'est un ratou ?
01:04:20Non, c'est un rat.
01:04:22Un rat ?
01:04:23Oui.
01:04:24Il y en a beaucoup
01:04:25dans le quartier.
01:04:26Ils sont gros
01:04:26comme des petits chats.
01:04:27Des petits chats ?
01:04:28Vous êtes menaces.
01:04:29Pas ici, mes princes.
01:04:31Princes ?
01:04:32Un étage de plus,
01:04:33nous étions rois de France.
01:04:36Vous voilà chez vous.
01:04:39L'autre cabinet est à côté.
01:04:40J'y vais abattre le briquet.
01:04:42C'est au mieux.
01:04:43Dans chacun de mes cabinets,
01:04:45je peux au moins
01:04:45me glorifier d'une chose.
01:04:47Vous ne trouverez
01:04:48presque jamais
01:04:49de volaille.
01:04:50De volaille ?
01:04:52Oui, de punaise.
01:04:55J'espère bien.
01:04:56Vous m'avez dit
01:04:56un lit même avec punaise.
01:04:58Oui, maintenant que j'ai un lit,
01:04:59je le préférerai sans punaise,
01:05:00figurez-vous.
01:05:01Je me tiens là !
01:05:02Encore un !
01:05:04Ah !
01:05:04Il est là !
01:05:05Oh, il est taille !
01:05:07Vous prêtez ?
01:05:08Vous prêtez ?
01:05:09En fait,
01:05:16de petit chat,
01:05:17c'était plutôt un petit chien.
01:05:18N'ayez crainte,
01:05:19il ne reviendra pas.
01:05:20Vous croyez qu'il s'est vexé ?
01:05:22En général,
01:05:23ça n'est pas susceptible,
01:05:24ce nascar-là.
01:05:25Ayez pas peur.
01:05:26Dans chacun de mes cabinets,
01:05:28vous trouverez
01:05:28l'eau installée
01:05:29et un pain de savon.
01:05:31dans ce bon vieux Paris,
01:05:38ce n'est pas l'eau
01:05:38qui est courante,
01:05:40c'est la vermine.
01:05:42Exactement.
01:05:43Vous prenez cette chambre,
01:05:43Philippe ?
01:05:44Bon,
01:05:44peu me chaud,
01:05:45mon oncle.
01:05:45Eh bien,
01:05:45moi,
01:05:45je prends l'autre.
01:05:48Alors,
01:05:49demain matin,
01:05:49le marchand d'habit.
01:05:50Des matines,
01:05:51vous verrez,
01:05:52c'est un très bon tailleur.
01:05:54D'ailleurs,
01:05:54ici,
01:05:54c'est un quartier d'artistes.
01:05:56On a tout.
01:05:57Des faiseurs de couplets,
01:05:59des danseurs.
01:06:00Il y a dix ans,
01:06:01j'ai eu ici
01:06:01un peintre,
01:06:02Frago.
01:06:03On l'appelait Frago.
01:06:04De son vrai nom,
01:06:04il s'appelait Fragonard.
01:06:05Fragonard ?
01:06:06Vous connaissez ?
01:06:07Oui,
01:06:07je crois qu'il gagne
01:06:08beaucoup des sous maintenant.
01:06:10Venez,
01:06:11venez,
01:06:11venez à côté,
01:06:12dans ma chambre.
01:06:16Mairie,
01:06:16j'ai des croquis
01:06:18qui m'a fait
01:06:19de feu ma femme.
01:06:20Votre femme est morte ?
01:06:22Non.
01:06:23Elle est partie
01:06:24avec un garde française.
01:06:25Ah,
01:06:26oh,
01:06:26pardon.
01:06:28Messieurs.
01:06:33Pas mal,
01:06:33hein ?
01:06:34Pas mal.
01:06:35Nous le connaissions,
01:06:36celui-là.
01:06:36Il est au Louvre.
01:06:37Joli,
01:06:38c'est bien.
01:06:39Joli visage.
01:06:41Il l'a fait aussi,
01:06:43celui-là.
01:06:43Toujours,
01:06:47madame,
01:06:47votre femme.
01:06:48Oui.
01:06:49Quand j'ai vu
01:06:50que le Frago,
01:06:51il voulait la peindre
01:06:51sur toutes ses coutures,
01:06:54je l'ai foutu à la porte.
01:06:56Vous semblez
01:06:56vous être décidé
01:06:57un peu tard.
01:06:59Ah,
01:06:59j'en ai vu trop.
01:07:00Oh,
01:07:01nous fit remarquer
01:07:02le bonhomme,
01:07:02nous reconduisant.
01:07:04Je la garderai
01:07:04comme ça toujours,
01:07:06jolie comme elle était.
01:07:07Tandis que le soudard
01:07:08qui me l'a séduite,
01:07:09il l'apparaît-il maintenant
01:07:10toute carse
01:07:11et toute maflue.
01:07:12C'est moi
01:07:13qu'à la bonne part.
01:07:15C'était un philosophe.
01:07:17Eh bien,
01:07:17bonne nuit,
01:07:17mes princes,
01:07:18et faites de beaux rêves.
01:07:22Ah,
01:07:22après ce moment
01:07:23de rares émotions,
01:07:25si on allait dormir,
01:07:26je tombe de sommeil.
01:07:27On tomberait à moins?
01:07:29N'oubliez pas
01:07:30que nous sommes
01:07:30à cent ans
01:07:31de notre dernière nuit.
01:07:32C'est vrai.
01:07:33Ça fait de rude journée.
01:07:36Bonsoir,
01:07:37mon petit,
01:07:37petit neveu.
01:07:38Bonsoir,
01:07:39mon grand,
01:07:39grand temps.
01:07:40Qu'est-ce qu'il va?
01:07:45Oh,
01:07:46je suis arrivé.
01:07:50On court plus de péril ici
01:07:51que dans la chronosphère.
01:07:53On risque plus ici
01:07:57sa vie
01:07:57que dans la chronosphère.
01:07:59Allons,
01:07:59Philippe,
01:07:59soyons sérieux.
01:08:01À demain.
01:08:02Puisqu'ils vont reposer,
01:08:03voulez-vous que nous en profitions
01:08:05nous pour aller dîner?
01:08:06Ah ouais,
01:08:06très bien.
01:08:07Puis dormir nous-mêmes.
01:08:08Et nous reprendrons cela
01:08:09demain matin.
01:08:10Bien sûr,
01:08:10alors et s'il vous intéresse?
01:08:11C'est encore un peu
01:08:13circonspect.
01:08:14Enfin,
01:08:15la mode est à Jules Verne.
01:08:16Allons-y.
01:08:17Messieurs,
01:08:17ne jugeons pas trop vite.
01:08:19À table.
01:08:20Je me suis permis
01:08:20de vous faire cuisiner
01:08:21le plat préféré
01:08:22de mon maître,
01:08:23le lièvre à la royale.
01:08:25Oh là là.
01:08:26Vous n'aimez pas?
01:08:26Si,
01:08:27mais à moi,
01:08:28il n'a pas été prédit
01:08:28que je m'apprends chouin
01:08:29que j'avais encore
01:08:3020 ans à vivre.
01:08:31Bref,
01:08:32j'en mangerai quand même.
01:08:33Mais oui,
01:08:33c'est vrai,
01:08:34en fait,
01:08:34le pauvre,
01:08:35c'est 20 ans à vivre.
01:08:36Il n'en laisse à pas.
01:08:37Messieurs,
01:08:38messieurs,
01:08:41la suite au prochain numéro.
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#vosouvenirstélé
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