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- il y a 8 heures
- #vosouvenirstele
La baronne d'Audigné charge la police d'enquêter sur la disparition de son frère, Philippe. Ce scientifique passionné semblait travailler sur le voyage temporel, poursuivant ainsi les recherches de son arrière grand oncle, fameux savant.
Il fut aperçu pour la dernière fois, il y a six mois, non loin de la grotte de Luzarches. Les policiers y découvrent un squelette...
Distribution
Hervé Jolly : Philippe d'Audigné
Robert Vattier : le professeur François d'Audigné
Raymond Baillet : Brunot, l'assistant
Lucien Raimbourg : le professeur Cloutier )
Fernand Bercher : le professeur Fabrette
Genre : Fantastique, Science-fiction, Action et Aventures
Réalisation : Jean Dréville
Création : Noël-Noël, Jean Dréville
#vosouvenirstélé
Il fut aperçu pour la dernière fois, il y a six mois, non loin de la grotte de Luzarches. Les policiers y découvrent un squelette...
Distribution
Hervé Jolly : Philippe d'Audigné
Robert Vattier : le professeur François d'Audigné
Raymond Baillet : Brunot, l'assistant
Lucien Raimbourg : le professeur Cloutier )
Fernand Bercher : le professeur Fabrette
Genre : Fantastique, Science-fiction, Action et Aventures
Réalisation : Jean Dréville
Création : Noël-Noël, Jean Dréville
#vosouvenirstélé
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:30...
00:01:00Joli réglage
00:01:07...
00:01:08Conciergerie
00:01:22...
00:01:23Madame, c'est Adrien. Madame, le monsieur qui attend Madame est là.
00:01:28L'agence Boireau ?
00:01:29L'agence Boireau ?
00:01:33Oui, madame la baronne.
00:01:35Bonjour, madame. Je suis monsieur Jolivet.
00:01:38Très bien, monsieur Adrien va vous mener jusqu'à moi.
00:01:42Ah, dites-moi Adrien.
00:01:43Madame ?
00:01:44L'ouvrier de la télévision est passé ?
00:01:47Oui, madame, il est venu hier.
00:01:49Elle n'a rien réparé du tout. C'est toujours aussi mauvais.
00:01:53Non, vous auriez pu surveiller son travail.
00:01:55D'abord, l'appareil projette les personnages beaucoup trop gros. Je n'arrive même pas à les réduire.
00:01:59Ils ont la tête dans mon plafond. C'est ridicule.
00:02:01On dirait des éléphants.
00:02:02Faites revenir votre bonhomme.
00:02:03Il dit que vous n'enclenchez pas l'enclenchement sur la bonne enclenchure. Enfin, peut-être.
00:02:13Mais non, mes enclenchements sont bons. Qu'est-ce qu'ils ont, mes enclenchements ?
00:02:17Et puis, voyons, la définition de l'image est trop faible.
00:02:21En ce moment, sur la cinquième chaîne, il y a une bataille dans une histoire du Moyen-Âge quelconque.
00:02:25L'image se mélange avec les tableaux du fond de la pièce. C'est immonde.
00:02:29En ce moment, le roi Louis XV est assis dans des machicoulis. Grotesque.
00:02:33Je ne comprends pas, madame la baronne.
00:02:35Oui, mais ça ne fait rien. Entrevisez, monsieur, j'y vais.
00:02:37Tout de suite, madame.
00:02:42La télé s'encadre. Comme si j'y connaissais quelque chose.
00:02:45Ah, puis je ne sais pas, elle a déconnecté un peu.
00:02:47Vous avez vu Louis XV dans les machicoulis ?
00:02:50Elle a pour les recommodes, en tout cas.
00:02:51Oh ! Vous n'avez rien vu.
00:02:58Il n'y a pas qu'avec sa télé qu'on en voit de toutes les couleurs.
00:03:01Non, par là.
00:03:03Oh ! Belle arme !
00:03:09Eh oui !
00:03:10Alors, monsieur, vite, au fait.
00:03:29Votre agence vous a mis au courant de l'enquête dont je la charge.
00:03:32Absolument, madame la baronne.
00:03:33En l'absence du baron, parti ce matin chasser le tigre au Cambodge et qui ne rentre que ce soir,
00:03:38je puis vous donner de vives voix les précisions que vous souhaiteriez recueillir.
00:03:41Je regrette vivement de ne pas saluer le monsieur le baron,
00:03:43mais madame la baronne saura sans doute me répondre aussi bien que lui-même.
00:03:47Vous êtes bien aimé.
00:03:47Parfait.
00:03:54Tout d'abord, monsieur Philippe Godinier, votre frère, a disparu quand ? L'année dernière ?
00:04:00Oui, en mai dernier.
00:04:02Il aurait été vu en Magnétomobile sur la route de Lusarche près de Chantilly pour la dernière fois fin mai 80.
00:04:08Bien.
00:04:10Fin mai 80, Magnétomobile, route de Lusarche.
00:04:13Quand vous êtes-vous inquiétée ?
00:04:14Je ne me suis jamais inquiétée.
00:04:16Nous étions fâchés depuis plus de cinq ans.
00:04:18Notre dernier Algarade date de l'été 74.
00:04:21Ça fera sept ans, sept ans.
00:04:23Je ne l'ai jamais revu depuis.
00:04:25J'ai entendu parler de mon frère pour la dernière fois par les journaux,
00:04:28il y a deux ans.
00:04:33Il était cité parmi les membres d'une mission scientifique qui partait pour Vénus.
00:04:37Monsieur, votre frère est un savant.
00:04:40Il est, il faut le reconnaître, agrégé par tous les coins de la cervelle.
00:04:43Ça l'a rendu un peu fou, d'ailleurs.
00:04:45Cette mission pour Vénus est partie, je crois.
00:04:47Oui, oui, elle a fait le tour de Vénus, elle est revenue.
00:04:49La question n'est pas là, c'est sans intérêt.
00:04:51Mon frère n'est pas parti, paraît-il.
00:04:54D'ailleurs, parti ou reparti, tout ça, Madame la Baronne,
00:04:56puisqu'il a été vu depuis, on s'en fout.
00:04:58On s'en vote pas.
00:04:59Comme vous dites.
00:05:01L'important, je le répète, il a été vu sur la route de Lusarche près de Chantilly en mai dernier.
00:05:05Bien, vu plusieurs fois sur la route de Lusarche en mai dernier.
00:05:09Quelle fut, si je peux me permettre cette question, la nature de vos dix sentiments ?
00:05:13Mon frère a toujours été un sauvage, c'est tout.
00:05:16Il habitait ici avec nous à Sainte-Marie environ 15 ans, de 59 à 74.
00:05:21Bien, à Sainte-Marie de 1959 à 1974.
00:05:25Après ?
00:05:26Il occupait un appartement dans l'Île du Midi,
00:05:28où il se claquemurait toujours agressivement pour travailler, paraît-il.
00:05:32Voici les documents que je viens de réunir sur lui
00:05:35et que j'allais joindre au dossier qui vous attend.
00:05:37Voyez.
00:05:38Voici sa taille,
00:05:40la couleur de ses cheveux, de ses yeux,
00:05:42sa vêture,
00:05:44et puis son portrait en multiphoton.
00:05:52Figure sympathique.
00:05:53Si on veut.
00:05:54Vous êtes son aîné ?
00:05:57Oui, de dix ans.
00:05:58Ne dites pas que ça se voit, monsieur Jolivet, je le sais.
00:06:00Madame...
00:06:01Le baron déborde dès moi-même,
00:06:03recherchant mon frère pour faire cesser l'indivision de nos domaines
00:06:06et de nos biens qui est grotesques et qui a assez duré.
00:06:08Si les gens, tant mieux, nous en partage.
00:06:11Si le mort, ce sera dommage.
00:06:13Nous pleurerons, mais nous saurons à quoi nous en tenir.
00:06:16Ah, ça m'est...
00:06:18Où ai-je mis mon dossier bleu ?
00:06:19Ah, allez, c'est là-bas.
00:06:23Chantal !
00:06:26Oui, votre femme.
00:06:29Elle a dû, madame, monter dans la chambre de madame.
00:06:32Ah, parfait.
00:06:42Chantal !
00:06:43Dites-moi, Chantal.
00:06:44Madame la baronne me fait toujours peur à m'arriver comme ça par derrière.
00:06:47Oui, dites-moi, regardez donc dans ma chambre si vous ne voyez pas sur mon bonheur du jour ou ailleurs un grand dossier de carton bleu.
00:06:53Bien, madame.
00:06:55Un dossier bleu.
00:07:00Un dossier bleu, un dossier bleu.
00:07:01Je ne vois rien, madame.
00:07:11Ah, tenez, le voilà, il vous crève les yeux sur la table à thé.
00:07:14Oh, c'est ça ?
00:07:16Eh oui, évidemment, portez-le-moi.
00:07:19Vous êtes partout.
00:07:21Mon frère nous a donc quittés définitivement en 1974.
00:07:24Rupture complète.
00:07:25Il est allé vivre sur nos terres du Taulois, en Dordogne.
00:07:30Là, il a pu se livrer tout seul, tout son sou, à ces bricolages mystérieux.
00:07:35Mystérieux ?
00:07:35C'est le moins qu'on puisse dire.
00:07:37Vous avez peur qu'il lui soit arrivé quelque chose au cours de ces bricolages ?
00:07:40Exactement.
00:07:41Entrez.
00:07:44Le dossier, madame.
00:07:45Ah, posez sur la cheminée. Merci, Chantal.
00:07:47Viens, madame.
00:07:48Vous allez le voir interviewer en magnétophilme à la télé, il y a deux ans.
00:07:56Asseyez-vous.
00:08:05Philippe Delignier, d'abord, pourquoi n'êtes-vous pas parti avec vos camarades ?
00:08:09Au départ, accaparé par des expériences personnelles.
00:08:12C'est lui, là ?
00:08:13Oui.
00:08:14Et celui-ci, c'est Jean-Paul, un des cosmonautes qui ont fait le tour de Vénus.
00:08:18Ah bon, c'est après le raid, alors ?
00:08:20Oui, oui.
00:08:20C'était un cours et je ne pouvais les lâcher sans une énorme perte de temps.
00:08:23Un an, peut-être.
00:08:24Oh, oui.
00:08:26Voyez-vous, la science est une passion comme une autre.
00:08:28Là, là, vous allez la voir très bien.
00:08:30Quand un chercheur tient un problème, très vite, ce n'est plus le chercheur qui tient le problème.
00:08:35C'est le problème qui tient le chercheur.
00:08:37Écoutez bien ça.
00:08:39Depuis de longues années déjà, ces recherches a caparrent toute ma vie.
00:08:42Vous entendez ?
00:08:43Ce sont des expériences dangereuses.
00:08:45Aussi dangereuses qu'un départ dans le cosmos ?
00:08:48Beaucoup plus dangereuses.
00:08:50Tiable.
00:08:51Pour la société ?
00:08:52Non.
00:08:53Pour l'expérimentateur.
00:08:56Ah oui.
00:08:56Ça, ce sont les risques du métier.
00:08:58Oui, vraiment sympathique.
00:09:00Si on veut.
00:09:01Je sais naturellement que vous n'allez rien vouloir nous révéler du sens de vos travaux.
00:09:05Décidément, mon cher, vous comprenez tout à l'avance.
00:09:07Il suffit de boire par-dessus le marché, ça.
00:09:09Enfin, pas la plus petite indication, il s'agit d'études atomiques, magnétiques.
00:09:16Non, je ne veux pas.
00:09:18Mon cher, je vous renie.
00:09:20C'est tout.
00:09:23Il part à présent du voyage autour de Vénus, c'est sans intérêt.
00:09:27Enfin, il s'agit de quoi ? Quels sont ces recherches ?
00:09:28Le peu que je sais, je vais vous le dire.
00:09:30Vous trouverez le reste, si vous pouvez.
00:09:31Mais il faut interroger le cosmonaut, ce Jean-Paul-là, il sait, lui.
00:09:34Impossible, il vient de repartir pour Saturne.
00:09:36Ah bon, c'est lui ?
00:09:37Il ne sera de retour que dans trois ans.
00:09:39Ah ben, il prend son temps.
00:09:39Eh oui, il faut vous contenter de ce que je sais.
00:09:42Mon frère, un hiver, ici, il avait à peine 19 ans.
00:09:46Découvri là-haut dans les combles une caisse contenant de très vieilles paperasses.
00:09:49C'était toutes les compilations, tous les rapports, tous les travaux de notre ancêtre, François Daudigny.
00:09:54François Daudigny ?
00:09:54Et que je vais vous présenter, venez avec moi.
00:09:56Voilà mon dossier, nous aurons tout.
00:10:01Venez, voilà.
00:10:02François Daudigny, notre arrière-denton, membre de l'Institut et propriétaire en son temps de ce domaine.
00:10:09La photographie par les rayons infrarouges, la mensuration de la force psychique, son de lui.
00:10:13Ce bureau, paraît-il, fut le sien.
00:10:16C'était, selon la famille, une sorte de fou génial, comme mon frère.
00:10:19Comme ça, il a pour l'air.
00:10:21Il a une bonne tête.
00:10:22Il vivait ici de 1868 à 1884.
00:10:24Il y a environ 100 ans.
00:10:26C'est lui qui aurait planté ce cèdre énorme.
00:10:29Je le remarquais tout à l'heure.
00:10:30Donc, parmi ces vieux papiers, mon frère découvrait surtout un dossier volumineux.
00:10:35Le voici, ce dossier.
00:10:37Mais un peu vidé de son contenu, seuls les premiers chapitres sont restés.
00:10:41On se demande pourquoi.
00:10:42Le reste a été brûlé par mon frère avant sa disparition.
00:10:49La grande erreur.
00:10:52De quoi traitait-il ce manuscrit ?
00:10:54Voyez-vous même.
00:10:56La grande erreur, réfutée, paraît-il,
00:11:00toutes les doctrines sur le temps et sur la lumière jusqu'ici établies.
00:11:03Qui dit cela ?
00:11:04Mon mari qui, du reste, ne lui entend rien.
00:11:06Notre structure physiologique me trompe.
00:11:08La matière est continue.
00:11:09Mais l'homme, ne percevant qu'un instant à la fois,
00:11:12ne peut percevoir cette continuité.
00:11:16Oui.
00:11:19Alors là, j'avoue que je n'arrive pas à suivre.
00:11:21Chacun son métier, monsieur.
00:11:22Cet ouvrage, quand mon frère le découvrit,
00:11:24fait pour lui un choc, une véritable révélation.
00:11:26Il a de la veine.
00:11:27En somme, si je comprends quand même quelque chose,
00:11:29votre frère aurait travaillé sur les idées du professeur.
00:11:33Il aurait mis au point des recherches,
00:11:36celles qu'il évoque à la télévision.
00:11:37Précisément.
00:11:39Il aurait tenté cette émission.
00:11:43Date de quand ?
00:11:44Deux ans.
00:11:45Il aurait tenté, précisément après mai 1980,
00:11:50une expérience qui aurait mal tourné.
00:11:51C'est cela qui aurait, au contraire, réussi.
00:11:56C'est-à-dire ?
00:11:58En vérité, nous croyons qu'il s'agit d'expériences de dissociation,
00:12:03de passage dans la quatrième dimension.
00:12:06Oh là là !
00:12:07Et où serait-il parti ?
00:12:09Il serait passé sur un plan différent d'une autre,
00:12:11dans un autre univers,
00:12:13un autre temps.
00:12:14Mais quel autre temps ?
00:12:18En bref, mon frère cherchait à réaliser le voyage dans le passé ou l'avenir, quoi.
00:12:24Il cherchait à remonter ou à descendre le temps.
00:12:27Ou alors là, moi je ne crois pas à tout cela.
00:12:30Nous sommes en 1981, mais tout de même...
00:12:33Qui sait ?
00:12:34Madame la baronne,
00:12:35que monsieur votre frère ait risqué une expérience dangereuse,
00:12:38soit.
00:12:39Mais de là qu'il ait réussi à aller voir l'an 3000,
00:12:41ou la guerre de 1870.
00:12:44Permettez-moi de rigoler.
00:12:46Rigolez, monsieur Jolivet, je vous l'accorde.
00:12:49Mais dans ce cas, retrouvez mon frère.
00:12:51Et madame la baronne, nous allons nous y employer.
00:12:53Et vous verrez que mort ou vif, nous le retrouvons.
00:12:55Où est-il allé se perdre ?
00:12:58Et ceci ?
00:12:59Oh, ce sont deux photos retrouvées à Taulois.
00:13:02Elles étaient tombées derrière un pupitre.
00:13:03Elles ont échappé ainsi à la destruction systématique de mon frère.
00:13:06C'est peut-être intéressant.
00:13:08Ça m'étonnerait, elles sont des photos ratées, un peu sous.
00:13:11Probablement sans intérêt.
00:13:12Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
00:13:13C'est un acteur dans un film ?
00:13:15Un film historique ?
00:13:17Probablement, moi je ne le reconnais pas, regardez-le bien.
00:13:20Ce vieil homme chauve, en tout cas.
00:13:22Je ne vois pas de vedette qui ressemble à ça.
00:13:24C'est peut-être un figurant.
00:13:25Oh, c'est possible.
00:13:27Malgré le ripot brodé, regardez l'œil éteint.
00:13:30Ça suit la misère, non ?
00:13:32Et ce clown.
00:13:34Voilà d'ailleurs qui ne m'étonne pas des relations de mon frère,
00:13:36les gens du cirque.
00:13:38C'était bien dans ses goûts.
00:13:39Il a photographié ses personnages dans des classes que je ne connais pas non plus.
00:13:43Parfait.
00:13:44Je vais, si madame la baronne le permet, emporter ses documents.
00:13:48Emporter.
00:13:49La première, le vieux chaud, c'est un décor à des meubles de studio.
00:13:52Très beau d'ailleurs.
00:13:53Ah oui, oui.
00:13:55C'est une scène qu'on tourne.
00:13:56Les candélabres sont allumés.
00:13:58L'autre, effectivement, semble prise dans les coulisses.
00:14:01Il est éclairé aussi à la bougie.
00:14:02Là, c'est probablement une panne de lumière.
00:14:04Oui.
00:14:06Ces artistes, si tout retrouvés, pourront peut-être nous fournir leur témoignage.
00:14:09Celui-là, le paillage, ne sera pas difficile à identifier.
00:14:12Le monde du cirque est assez limité.
00:14:13À présent, voici un document curieux.
00:14:17Cette photographie a été prise en 1875.
00:14:20La date est derrière.
00:14:23François Daudigny est photographié ici devant des ancêtres,
00:14:25dans le salon à côté.
00:14:26Maintenant, regardez bien derrière lui.
00:14:31Ce petit pastel.
00:14:33Je crois que c'est un pastel.
00:14:35Ce tableau n'est pas parvenu jusqu'à nous.
00:14:37C'est une ancêtre ?
00:14:38Je ne sais pas.
00:14:40Mon frère a fait tirer un agrandissement de ce tableau.
00:14:43Le voici.
00:14:44Cette dame l'intéressait ?
00:14:47Oui.
00:14:48Pourquoi ?
00:14:48Elle est jolie.
00:14:50Et pourquoi a-t-il tiré un second agrandissement du coin droit du tableau ?
00:14:55Il a voulu lire la signature.
00:14:56Non, non.
00:14:57La signature est à gauche.
00:14:59Moreau le jeune.
00:15:01Ah oui, exact.
00:15:03Non.
00:15:04Non, il a photographié le coin droit, le millésime.
00:15:08Bon, on lit vaguement 1760 ou 80.
00:15:13À la mode de la robe, je dirais plutôt 1780.
00:15:15Que cherchait-il ?
00:15:17Eh bien, la date.
00:15:19Curiosité d'amateur d'art.
00:15:20Oui, ou un but.
00:15:22Un carpatin.
00:15:23Laissons l'imagination poète, madame la baronne.
00:15:27Lui, je vous le laisse.
00:15:28Comme vous voudrez.
00:15:29Il est pourtant la cause de tout.
00:15:31Oui, mais il est mort il y a 100 ans.
00:15:33Enfin.
00:15:34Allons-y.
00:15:35Par où allez-vous commencer votre enquête ?
00:15:37Par le château de Tolois.
00:15:38Nous la poursuivrons si nécessaire à Chantilly et à Lusarche.
00:15:42Je tiendrai madame la baronne à courant.
00:15:43Bon courage, monsieur Jolivet.
00:15:45Madame la baronne ne semble pas avoir préconfiance à notre perspicacité.
00:15:49Si, monsieur Jolivet, la preuve, pardon.
00:15:52Permettez.
00:15:55Monsieur Jolivet s'en va, prenez Adrien.
00:15:57Il l'attend sur le perron, madame la baronne.
00:15:59Pas bien.
00:16:00La preuve, je n'ai pas discuté la très forte provision que vous m'avez demandé.
00:16:04À ce propos, monsieur Boirou a reçu mon téléchec.
00:16:07Oui, excusez-nous, madame la baronne.
00:16:09Nous l'avons trouvé hier en rentrant de voyage.
00:16:11Parfait.
00:16:11Nous espérons que dans cette enquête, ce n'est pas la seule chose que vous aurez trouvée.
00:16:15Oh, madame la baronne.
00:16:17Rappelez-vous que cette affaire est un cas sans précédent.
00:16:20Sans commune mesure, avec aucune autre affaire.
00:16:22Voilà.
00:16:23Au revoir, monsieur Jolivet.
00:16:24Mes hommages, madame la baronne.
00:16:32Nous ne trouvons rien.
00:16:33Et je repasse la parole à Georges de Cône.
00:16:43Chers téléspectateurs, j'ajouterai quelques mots à notre rubrique du soir sur la vie parisienne.
00:16:47L'Académie française, en ce 4 mars 1981, a reçu sous sa coupole le chansonnier Georges Brassens.
00:16:54Les gendarmes qui, jadis, l'avaient, paraît-il, plus ou moins malmené,
00:16:58rendaient aujourd'hui les honneurs sur son passage.
00:17:01Les mânes de vilons et de bruyants s'en réjouiront.
00:17:04Mesdames, mesdames, messieurs, bonsoir.
00:17:06Nos émissions de 19h sont terminées.
00:17:08Je vous rappelle que ce soir, la cinquième chaîne aura le grand plaisir de vous proposer
00:17:13« Noix de coco » de Marcel Achard,
00:17:15avec dans le rôle principal, le vénéré doyen de la comédie française, Jean Marais.
00:17:21À ce soir.
00:17:21Bonjour, Petro.
00:17:31Bonsoir.
00:17:31Vous avez fait bon voyage ?
00:17:32Oui ! L'affaire du corbeau est réglée.
00:17:35Ah ben, bravo. C'est pas comme ici.
00:17:36Ah, rien de neuf ?
00:17:38Non, rien, au piétine.
00:17:39Ça devient long.
00:17:40Eh ben, à Thaulois, on n'a rien trouvé.
00:17:41Et ici, il n'y a qu'une oubergiste qui l'a reconnue il y a trois jours sur une photo.
00:17:44Mais ça a donné quelque chose ?
00:17:45Ah non, rien du tout.
00:17:46Ouais.
00:17:47Et je l'y vais ?
00:17:48Là-bas, à la caverne.
00:17:49On le rejoint.
00:17:49Mais qu'est-ce qu'il existe dans la caverne ?
00:17:51Ah ben, alors ça, vous allez voir vous-même.
00:17:52Histoire de fou.
00:17:54Tiens, c'est pour nous.
00:17:55On arrive !
00:17:56Ah ben, tiens, avec le jet de Paris, on n'a pas besoin de loupiata.
00:18:01Eh !
00:18:02Oui, le nouvel éclairage.
00:18:04Formidable, hein ?
00:18:06Je n'avais encore jamais vu de loin, le progrès.
00:18:10Celui-là, c'est le pylône de Sarcelles ?
00:18:13Eh oui, le pylône d'or.
00:18:14En effet, ça fait bien comme une sorte de gigantesque délumineux.
00:18:17À 500 mètres de hauteur ?
00:18:19Tenez, regardez le petit point lumineux, là, que vous voyez tout là-bas, vous savez, de l'autre côté de Paris.
00:18:24C'est le sommet du pylône de Montlhéry, la magnétrope du sommet.
00:18:28Ah, formidable.
00:18:29Oh, mais quand même, il paraît qu'il faut faire attention.
00:18:31Quand il y a beaucoup de nuages, ça les rend fulgurants, ça fout mal aux yeux.
00:18:34C'est ce que les journalistes appellent un coup de cumulus.
00:18:35C'est vous, Jolivet ?
00:18:40Oui !
00:18:41C'est moi, Poirot !
00:18:42Ah, Claude, est-ce avec vous ?
00:18:45Oui, j'arrive.
00:18:46C'est quelque chose ?
00:18:47Oh non, rien.
00:18:48Bravo !
00:18:49Il a la crotte, le Jolivet.
00:18:51Bah, il s'embête, et moi aussi, par la même occasion.
00:18:53Et non, patron, pas par là, vous allez pas tourner.
00:18:55Je vais faire comme Jolivet, alors.
00:18:57Oui, non, c'est pour le rouge.
00:18:59Bon, on arrive.
00:19:01Vous en dites ?
00:19:02Oui.
00:19:03Bonsoir.
00:19:03Bonsoir.
00:19:04Et puis aujourd'hui, surtout, c'est absolument déconcertant.
00:19:06Vous croyez tenir quelque chose, et puis rien.
00:19:09On n'a rien.
00:19:10Pourtant, il y a.
00:19:11Il y a quelque chose.
00:19:13Et ça m'échappe.
00:19:14Vous allez me raconter ça.
00:19:16Tenez, voici madame la propriétaire de l'auberge à 200 mètres d'ici.
00:19:20L'auberge du cheval noir.
00:19:22Monsieur Boirot, notre patron.
00:19:24Madame ?
00:19:24C'est madame qui l'a reconnu sur ses photos.
00:19:27Bon, mais c'est-à-dire, je l'en connais surtout quand vous lui mettez sa barbe.
00:19:32Comme ça ?
00:19:34Oui, c'est bien lui.
00:19:35Il venait ici, barbu.
00:19:36Oui, tout le terrain ici, c'était lui.
00:19:38C'est lui qui l'a fait entourer.
00:19:39Il a acheté quand ?
00:19:40Madame Dix, en 1979.
00:19:43Oui, il y a deux ans.
00:19:44Mais il venait avant dans la région.
00:19:46Il déjeunait chez moi au cheval noir.
00:19:48Le hangar là-haut, c'est lui qui l'a construit ?
00:19:51C'est lui, oui.
00:19:52Et quand il venait au cheval noir, qu'est-ce qu'il disait ?
00:19:56Il disait qu'il allait construire un silo à betterave.
00:19:59Il ne savait rien d'autre ?
00:20:00Non, je ne sais rien, je l'ai dit à monsieur d'ailleurs.
00:20:02Il y a deux mois, il ne venait plus que la nuit avec des camions.
00:20:05Avec ces camions, il passait par la droite, par le rédillon, jusqu'au hangar.
00:20:10Il y avait des hommes avec lui ?
00:20:11Oui, mais ils ne descendaient plus à l'auberge.
00:20:12Vous n'avez pas vu ce qu'il descendait de ces camions ?
00:20:15C'était trop loin.
00:20:17Puis de toute façon, remarquez, nous, on n'est pas des gens à s'occuper de ce que font les autres.
00:20:21Oui, mais pendant leur absence...
00:20:22Et puis d'abord, ils étaient tout banchés.
00:20:24On ne voyait rien.
00:20:25Oui, mais pendant leur absence, on n'avait pas essayé de voir ce que contenait ce hangar.
00:20:30Il était fermé complètement.
00:20:32Et puis je vous le dis, on ne s'occupe pas des voisins.
00:20:34Évidemment.
00:20:35Quand il y a eu le date de Paris, là, on a bien essayé de regarder avec la jumelle.
00:20:39On ne voyait rien.
00:20:41Ah, moi, j'ai eu une idée qu'ils descendaient des choses dans la caverne.
00:20:45Il n'y a rien dans la caverne.
00:20:47On est mal cherchés.
00:20:48Alors expliquez-vous, vous.
00:20:50Merci, madame.
00:20:51Merci beaucoup.
00:20:53Au revoir, madame.
00:20:53Merci.
00:20:55Je vais vous expliquer, mais je n'y comprends rien.
00:20:58Ah, ça va être intéressant.
00:21:01Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:21:03Oh, rien, c'est paraît-il un vieux calvaire dont il n'y a plus que ça.
00:21:07Thierry, du reste ici, ça s'appelle le calvaire.
00:21:09Alors là, en bas, c'était une route jalis.
00:21:11Et d'abord, où est votre caverne ?
00:21:13Se situe exactement là en dessous.
00:21:16En contrebas, derrière ces rochers.
00:21:18Par où êtes-vous à trait ?
00:21:20Nous avons ouvert par là-haut.
00:21:22Dans le hangar, à l'endroit où le sol semblait fraîchement ennuye.
00:21:24Hein ?
00:21:25En effet, c'était une entrée au boucher.
00:21:27Ah.
00:21:27Nous avons creusé.
00:21:29Nous avons bien trouvé la caverne, une vaste salle granitique.
00:21:31Et alors ?
00:21:32Mais rien dedans, rien.
00:21:32Bien, vide.
00:21:33Ah.
00:21:34Attendez, vide, mais avec des traces d'incendie.
00:21:38Et les restes calicinés d'une vieille hauplande.
00:21:41Au fond.
00:21:42Au fond.
00:21:42Et alors ?
00:21:43Moi, j'aime bien comprendre.
00:21:44S'il y a que ça dans la caverne, qu'est-ce que Daudigny est allé y foutre ?
00:21:47Hein ?
00:21:48Ben, il est allé.
00:21:49Mais pour quoi faire ?
00:21:50Philippe Daudigny est boulanger 8 mètres de cube de terre pour aller voir la hauplande.
00:21:53Alors il la regarde, il la contemple,
00:21:56et il remet les 8 mètres de cube de terre dans le trou,
00:21:58et il repart.
00:21:59Je ne vois pas bien l'intérêt.
00:22:00Philippe Daudigny est venu prendre quelque chose dans la caverne,
00:22:03et comme ce quelque chose est pris, il n'y est plus.
00:22:05Vous ne le trouverez pas.
00:22:06C'est simple, non ?
00:22:06Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais.
00:22:07Mais quelle que soit sa raison, il a dû se pratiquer une entrée plus facile.
00:22:10Et nous la cherchons.
00:22:11Que dit le radiesthésiste ?
00:22:15Bon, ils sont curieuses, avec son air calme.
00:22:19Monsieur Rousier !
00:22:20Hein ?
00:22:22Vous êtes là ?
00:22:23Bonjour, monsieur Boireau.
00:22:25J'ai promené mon pendule, ici, un peu partout dans la caverne,
00:22:29et jusqu'à présent, il détectait qu'une seule entrée.
00:22:32Celle de l'eau minée, par le plafond, que nous avons réouvert.
00:22:35Avant ce double forage, jusqu'à preuve du contraire,
00:22:40la caverne était complètement thermétique.
00:22:42Hein ?
00:22:43Ouais.
00:22:44Un seul endroit pourrait...
00:22:49Et eux, les chiens, qu'est-ce qu'ils me prétendent ?
00:22:53J'y arrivais, Justin.
00:22:54Regardez-les.
00:22:55Après avoir flérit 20 pistes dans tous les sens,
00:22:57ils reviennent tous à ce rocher.
00:22:59Et ils eniflent, et ils grattent, et ils jappent.
00:23:02Ils grattent comme si l'homme était là-dessous.
00:23:04Non, mais ils veulent peut-être indiquer que l'homme est passé par ce rocher.
00:23:08À travers ?
00:23:09Mais non, en le déplaçant.
00:23:13Vous avez pris un coup de communiste, vous.
00:23:15Bon, Rougier a détecté que ce bloc était complètement détaché des autres.
00:23:18Ouais, il est complètement détaché, je le dis.
00:23:20Vous voulez retirer vos molosses, s'il vous plaît ?
00:23:22Hein ?
00:23:23Allez.
00:23:24Allez, allez.
00:23:26Merci.
00:23:28Vous voyez cette fissure ?
00:23:30Hein ?
00:23:30Presque régulière.
00:23:33Tout autour.
00:23:34Il est comme détaché de sa base.
00:23:38Il pourrait être mobile.
00:23:39Mobile ?
00:23:40Hein ?
00:23:40Un monolithe de 3 tonnes.
00:23:42Vous parlez d'un portillon ?
00:23:43Mais il existe aujourd'hui des appareils à courant magnétique qui peuvent très bien faire pivoter.
00:23:47Mais oui, système qui le déplace.
00:23:48Vous avez vu des traces de treuil, des éraflures ?
00:23:51Non.
00:23:52Mais je vous signale les bords de la fissure.
00:23:54Complètement viteifié.
00:23:55Regardez.
00:23:56Curieux, hein ?
00:23:57Et moi, dans la caverne, j'ai des influx d'une puissance exceptionnelle.
00:24:02Vous me faites du cinéma-fiction, tous les deux.
00:24:05Et d'abord, montrez-moi cette caverne.
00:24:06Je vous préviens, il faut monter et redescendre.
00:24:08Et alors ?
00:24:09Allons-y.
00:24:10Je vous précède.
00:24:11Mais dans la caverne, par votre pendule, vous avez des sléquies.
00:24:17Dans la caverne ?
00:24:18Oui.
00:24:18Ah, j'ai détecté la présence de plusieurs personnes, et plus particulièrement celle de votre homme.
00:24:23De Philippe de Ligné ?
00:24:24Oui.
00:24:24Bien, dites-le.
00:24:25Mais je le dis.
00:24:26Ben, vous le dites, mais vous auriez pu le dire plus tôt.
00:24:28Oh, quant au squelette, ça.
00:24:31Squelette ?
00:24:32Ah oui, on a trouvé un squelette.
00:24:35Oh, vous énervez pas, il y a prescription.
00:24:37Squelette ?
00:24:38Je vous dis, c'est pas une affaire pour vous.
00:24:41Attention, Stapic.
00:24:56C'est un squelette absolument effrité qui doit être de l'âge de pierre.
00:25:00Au moins.
00:25:01Ah, pas tout à fait.
00:25:04Lumière !
00:25:05Lumière !
00:25:07Lumière !
00:25:08Ces traces de forage, ce sont les nôtres ?
00:25:12Non, ce sont celles du forage de Philippe de Ligné.
00:25:15Le bergiste a dû entendre du bruit la nuit.
00:25:17Jamais !
00:25:18J'y reviens.
00:25:18Les nouvelles foreuses magnétiques ne font pas de bruit.
00:25:21Les foreuses magnétiques sont encore exceptionnelles.
00:25:23Patron, Philippe de Ligné aussi est exceptionnel.
00:25:26Et voilà l'autre.
00:25:28Oxy par un mammouth probablement.
00:25:29Sous le squelette des traces de calcination.
00:25:34Traces de calcination ici, sur la paroi, jusque là.
00:25:40Là, le morceau de Haupland.
00:25:42Après l'expertise d'un bouton, c'est un palteau d'époque Louis XV, Louis XVI, 1770, 80, enfin, dans ces eaux-là.
00:25:51Alors, Rougier, que dites-vous du bonhomme ?
00:25:54Je pense que M. Jolivet galège un peu avec son mammouth.
00:25:58Oui.
00:25:59Mon pendule m'a dit que ce squelette est vieux de 150 à 200 ans.
00:26:03Comme là où Plande ?
00:26:05Oui, chez Cousin.
00:26:06Pardon, vous dites que la caverne, avant nos forages, était hermétiquement close ?
00:26:10Oui, depuis 20 000 à 30 000 ans.
00:26:13Ah bon, tant que ça ?
00:26:14Alors, comment ce bonhomme a-t-il pu venir mourir ici il y a 200 ans ?
00:26:17Par où est-il entré ?
00:26:19Et par où a-t-on apporté là où Plande Louis XVI ?
00:26:21Cette où Plande est peut-être la sienne.
00:26:24Mais le problème est le même ! Par où, tant qu'il est entré, tous les deux ?
00:26:27Je vous le demande.
00:26:28Merci bien.
00:26:30Peut-être là.
00:26:31C'est le rocher que les chiens à l'extérieur viennent renifler.
00:26:36Et là, j'ai des influx.
00:26:38Je ne peux pas dire autre chose, mais j'ai des influx.
00:26:40Comment ce gars-là aurait-il pu déplacer ce rocher il y a 200 ans pour entrer ici ?
00:26:45Il n'y avait quand même pas de machine magnétique en 1790.
00:26:48Permettez, messieurs.
00:26:49Votre squelette, qu'il soit entré ici d'une façon ou d'une autre il y a 200 ans, on s'en fout, c'est pas le problème.
00:26:54Nous, on recherche Philippe Dodinier, né en 1946, âgé de 35 ans. Voilà tout.
00:26:58C'est justement, monsieur Boireau.
00:27:01Mais écoutez-moi, vous ne me laissez pas placer un mot.
00:27:03Comment, en tant que vous ? Allez-y, remarquez.
00:27:06C'est peut-être aussi une détection fausse.
00:27:10Mais je l'avais déjà remarqué hier.
00:27:12Et présentement, je l'aime.
00:27:19Ah, alors ça ?
00:27:21Enfin, quoi qu'est-ce qu'il dit, votre pendule ?
00:27:24Mais il dit que le squelette est celui de Philippe Dodinier.
00:27:32Ah, en effet, il débloque votre pendule.
00:27:34Votre squelette est là depuis 200 ans, vous l'avez dit vous-même.
00:27:37Et Dodinier était vu ici même, il y a 8 mois.
00:27:39Eh, je le reconnais.
00:27:40Alors, alors, pas de question.
00:27:42On finirait par chauffer du couvercle si on vous écoutait, vous.
00:27:44Remarquez, il suffit d'un détail, une petite chose qui vous manque.
00:27:50Quand vous l'aurez trouvé, ça ira tout seul.
00:27:51Ah, voilà.
00:27:52Eh, moi, je ne peux vous dire ce que me dit mon pendule,
00:27:56influencé par les influx.
00:27:58Il y avait longtemps.
00:27:58Oui.
00:27:59Oh, c'est bien simple.
00:28:01Il me dit que c'est le squelette de Philippe Dodinier.
00:28:04Ah, point, c'est tout.
00:28:05Oh, c'est très simple, en effet.
00:28:07Remarquez que mon pendule subit incontestablement des ondes curieuses ici.
00:28:11J'avais déjà remarqué.
00:28:12Là-bas.
00:28:13Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ?
00:28:14Je vous dis tout.
00:28:15Allez-y.
00:28:16Ça ne ferait qu'augmenter le cafouillage.
00:28:18C'est-à-dire que vous avez une curieuse expérience que j'ai faite encore.
00:28:24Oui.
00:28:25Une idée comme ça.
00:28:27J'ai tenté aussi une recherche sur cette photo.
00:28:32Qui est-ce ?
00:28:33C'est l'ancêtre, c'est le vieux François Dodinier.
00:28:36Qu'est-ce qui se passe ?
00:28:37Ah, oui, bien là, c'est plus fort que tout.
00:28:41Avec mon pendule, j'ai cru...
00:28:43Vous avez cru quoi ?
00:28:44J'ai cru le détecter dans la caverne.
00:28:47Lui aussi.
00:28:49Quoi ? Lui aussi ?
00:28:50Oui.
00:28:51Mais il est mort il y a 100 ans.
00:28:53Attention, attention.
00:28:55Je ne dis pas que j'ai forcément raison.
00:28:58Mais remarquez qu'en ranesthésie, on peut très bien détecter le poisson de l'un corps 200 ou 300 ans après.
00:29:04La preuve.
00:29:05Alors, d'après vous, celui-là serait venu aussi dans cette caverne il y a 100 ans.
00:29:10Oui.
00:29:10Ah, pardon, pardon.
00:29:12Quoi pardon ?
00:29:12Ah, mais c'est beaucoup plus fort que ça.
00:29:16C'est beaucoup plus époustouflant.
00:29:17Oh, remarquez que le peu que vous nous avez dit nous suffisait.
00:29:19Alors, les ondes, les influx, me le donnent en concordance avec lui.
00:29:29Je ne comprends pas.
00:29:30Mon pendule, honnêtement, les situe ici, ensemble.
00:29:34Ensemble, ici ?
00:29:35Oui.
00:29:35Quand ?
00:29:36Maintenant, il y a 100 ans ?
00:29:38Il y a 100 ans, voire 200 ans.
00:29:42Oui.
00:29:43Au moment de la mort de celui-ci.
00:29:45De Philippe de Digny.
00:29:46Oui.
00:29:47Que l'aubergiste a vu ici, bien vivant, barbu, il y a six mois.
00:29:54Je vous dis ce que me dit mon pendule.
00:29:56Alors là, ce n'est plus votre pendule qui débloque.
00:29:57C'est vous.
00:29:58Ah, voilà.
00:29:59J'en ai été sûr.
00:30:01Je vous dis tout et vous me chahutez.
00:30:03Alors, M. Moirou.
00:30:04Ah, foutez-moi la paix.
00:30:06Bon.
00:30:07Alors, résumons-nous.
00:30:09Philippe de Digny, qui a disparu il y a six mois,
00:30:13serait venu mourir ici il y a 200 ans.
00:30:15Oui.
00:30:16Bon.
00:30:17Voilà un premier point d'acquis, précis, indiscutable, bravo.
00:30:19Nous avançons.
00:30:20C'est l'éliminant.
00:30:22Deuxième point.
00:30:24Le même Philippe, aurait-il du conciliabule, ici toujours,
00:30:28avec son ailleurs, qui vivait sans avant lui.
00:30:30Parfait.
00:30:31Nous nageons dans un océan de bon sens.
00:30:33Tout s'éclaircit.
00:30:34C'est foudroyant.
00:30:36Quant à moi, je pile.
00:30:37Et pour quoi faire ?
00:30:38Vous avez essayé de me procurer avant ce soir de bonnes camisoles de force.
00:30:41Vous semblez en avoir besoin tous les deux.
00:30:42Voilà.
00:30:44Je commence à être de l'avis de la baronne.
00:30:46Le jeune Philippe d'Audinier,
00:30:48on ne le retrouvera pas.
00:30:50Un télégramme pour Madame la baronne.
00:31:04C'est la moto du gendre.
00:31:08Évidemment, ce n'est pas la bécane de l'administration.
00:31:10À l'heure, elle s'est foutue en deux hier.
00:31:12C'est un vieux clou qui datait de la guerre de 40.
00:31:14Dis-donc, 40 ans, la pauvre, elle a fait son con.
00:31:18C'est la dernière Renault magnétique ?
00:31:20Oui, la 208, je crois.
00:31:23Elle marche sur l'eau ?
00:31:24Non.
00:31:25Ah, ben alors, c'est pas la 208.
00:31:26C'est la 205.
00:31:28La 208, elle est amphibie.
00:31:29Ah, il n'y a plus rien de tel maintenant que le magnétique.
00:31:32Ah oui, ça, il n'y a pas de dérapage avec ça.
00:31:33Et plus de chaos.
00:31:36Et ben voilà, Madame la baronne déborde d'Audinier.
00:31:40Eh ben, elle est là-bas, elle continue toi-même.
00:31:42Tu auras la pièce.
00:31:43Oh, il ne peut pas y avoir tout le progrès qu'on veut,
00:31:45mais le pourvoir sera toujours à la mode.
00:31:50Madame la baronne, un télégramme pour vous.
00:31:53Vas-y.
00:31:54C'est ça, dis merci à la dame.
00:32:12Tu coupes les cheveux ?
00:32:13Je l'égalise.
00:32:14Ça lui fait du bien, ce petit.
00:32:16Ce petit, ce petit, il nous enterrera tous.
00:32:19Ah oui.
00:32:20Et puis, il en a enterré d'autres.
00:32:22Il paraît qu'une fois, mon grand-père, quand il était gamin,
00:32:26il avait reçu un jour une claque de son père,
00:32:28qui était jardinier ici,
00:32:30parce qu'il avait voulu couper cet arbre
00:32:31pour s'en faire une badine.
00:32:33Eh ben, allez-donc, ça, c'est une claque qui aura servi à quelque chose.
00:32:37Sinon, viens donc goûter à mon petit blanc.
00:32:40Ah, il n'était pas comme, dit paraît, mon grand-père.
00:32:42Il avait perdu un pied à Malakoff.
00:32:44Enfin, alors, on y avait mis un mollet en bois.
00:32:47Jean, Jean, venez voir.
00:32:54Qu'est-ce que c'est ?
00:32:56C'est Boireau, le détective.
00:32:58Il abandonne l'enquête.
00:32:59Zut.
00:33:02On ne retrouvera jamais mon frère.
00:33:05Moi, je te l'affirme.
00:33:06Comment a-t-il été finir, ce fou ?
00:33:11Où peut-il être ?
00:33:13Où il est ?
00:33:16S'il avait réussi, pourtant.
00:33:19Si ce que l'on pense était vrai.
00:33:21Ah non, retire-toi cette idée de la tête, c'est impossible.
00:33:24Ça dépasse l'entendement, je sais.
00:33:26Mais tout de même,
00:33:28les théories du vieux François l'ont tellement marquée,
00:33:30il les a tellement travaillées.
00:33:32Ça.
00:33:33Je crois, moi.
00:33:34Je crois qu'il a tenté l'expérience.
00:33:37Allons, allons.
00:33:39Tout de même,
00:33:41c'était vrai.
00:33:44Il pourrait retrouver ce château dans toute sa splendeur première.
00:33:47Quelle fantastique aventure.
00:33:49Ma pauvre femme.
00:33:51Mes amis, ma pauvre femme.
00:33:52C'est toi, idiot.
00:33:54Ah, mes amis, ma femme est folle.
00:33:57Complètement folle.
00:33:58À cause.
00:33:59Je ne peux pas vous le dire,
00:34:01mais elle est folle.
00:34:04Je ne sais pas.
00:34:12Les journées.
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00:37:04Dans la nuit du 8 au 9 décembre, vers 10 heures du soir, il frappait à la porte d'une auberge sur la route de Chantilly, près de l'Usarche, l'auberge du Cheval Noir, à 400 kilomètres d'ici.
00:37:17Aidez-moi, vous autres !
00:37:19Lequel parmi ces braves gens affolés aurait pu se douter que la pauvre silhouette sans force qu'il relevait là,
00:37:30ce corps fragile de vieil homme avait failli en 5 jours défigurer le monde.
00:37:57Qui ça peut être ?
00:37:59Il est sourd.
00:37:59Les commentaires allaient leur train.
00:38:01Qui était-il ? Un homme ivre ?
00:38:03Oh non, pauvre homme.
00:38:04Avait-il été attaqué sur la route, renversé par une voiture ?
00:38:07Vous n'avez pas vu sa brûlure à la main ? Sa pauvre main ?
00:38:12J'ai mis dessus de la pomme de terre râpée.
00:38:15Qu'est-ce qu'a bien pu lui arriver ?
00:38:17Tu n'irais pas chercher le docteur ?
00:38:18Si, demain matin.
00:38:20Il était minuit quand l'aubergiste ressortit de la chambre l'air perplexe.
00:38:38Eh, il m'a parlé. Il demande qu'on télégraphie à cette adresse.
00:38:46Monsieur Jean-Bruneau, manoir de la Roche Sainte-Marie, par Sanche, Yonne.
00:38:54C'est son secrétaire. Il y a le texte. Tu peux lire ?
00:38:56Je suis malade. Auberge du cheval noir, l'usarche. Oui.
00:39:07Il a un drôle de chapeau.
00:39:18Un tricorne.
00:39:20C'est un vieux fou. On n'est pas la micarrère.
00:39:26Le chapeau qui intriguait si fort ces braves gens était celui-ci, en effet.
00:39:33Où avait-il péché, cela ?
00:39:35Au matin, mon maître semblait avoir repris ses forces
00:39:37et le fameux chapeau intriguait déjà moins les aubergistes,
00:39:42le professeur leur ayant expliqué qu'il venait de l'acheter chez un antiquaire de chantilly.
00:39:46Il sort de chez un costumier de théâtre. Il est tout neuf, ce fait.
00:39:49Au reçu du télégramme, je partis donc d'ici le 8 à midi,
00:39:53mais ayant dû changer trois fois de train, emprunter deux omnibus et un fiatre.
00:39:58Je n'arrivais à l'usarche que tard, dans la soirée du lendemain.
00:40:13Bonsoir, madame. Je suis monsieur Bruno, le secrétaire du professeur d'Audigny.
00:40:17Si vous voulez me suivre, monsieur.
00:40:18Merci, madame.
00:40:19Cinq jours seulement me séparait, je vous le rappelle, de notre dernière entrevue.
00:40:25Aussi, mon saisissement fut-il grand lorsque je fus à son chevet.
00:40:30Monsieur d'Audigny, en cinq jours, vous entendez, messieurs,
00:40:34avait vieilli d'au moins, je ne sais pas, dix ans peut-être.
00:40:38Sa figure s'était ravinée.
00:40:39Ses cheveux avaient blanchi terriblement.
00:40:41Il était blessé au bras droit.
00:40:43Que lui était-il arrivé ?
00:40:45Contrairement aux premières nouvelles, je le trouvais très oppressé,
00:40:49parlant avec peine.
00:40:52Son état resta grave deux jours, puis à nouveau s'améliora.
00:40:56Huit jours, il sembla sauvé.
00:40:59Huit jours alors pendant lesquels, lucide et méticuleux,
00:41:03il écrivit ce document fabuleux.
00:41:06C'est plus raisonnable.
00:41:07Laissez, laissez.
00:41:09Je dois finir.
00:41:13C'était le récit de sa disparition.
00:41:15Ils m'enfilirent quelques passages sur place.
00:41:18Et mes réactions ahuries lui causirent ses derniers sourires.
00:41:22Mais son cœur avait été touché.
00:41:25Il se sentit à nouveau brusquement mal.
00:41:31Écrivez encore ceci.
00:41:33Maître, demain matin, reposez-vous.
00:41:35Non.
00:41:36Non, écrivez.
00:41:37C'est capital.
00:41:45À toi, Maurice Pelletier.
00:41:48À toi, Maurice Pelletier.
00:41:52Dont les lumineux calculs ont rapproché le monde scientifique des secrets de l'univers.
00:41:58À vous, cher Paul Fabrette.
00:42:00Dont les études sur la relativité ont facilité si puissamment mes propres travaux.
00:42:04Vous prospectiez des sphères mathématiques si hautes, mon cher ami, que, vous étant trompé dans vos formules, vous fûtes le seul à vous en apercevoir après dix ans passés dans la considération et les honneurs.
00:42:16Hommage soit rendu à votre intégrité.
00:42:19À toi, Joseph Marie Cloutier.
00:42:22Cher vieux, Pierre.
00:42:23Cher vieux, vieux nybou génial et gregnons.
00:42:30Je m'excuse, maître, mais je lis.
00:42:31Je lise, lisez, mon ami.
00:42:33Je connais mon bonhomme.
00:42:34Vieux dénicheur d'erreurs scientifiques, écoute mon rapport et pour ne pas aussitôt te hérisser,
00:42:40rappelle-toi qu'en 76 à la Sorbonne, tu énonçais cet axiome lequel fit date.
00:42:44Toute vérité scientifique, disais-tu, est un concept évolutif et provisoire.
00:42:50Rappelle-toi vieux crocodile... Excusez-moi encore maître.
00:42:54Rappelle-toi vieux crocodile barbu et accepte ma mise en garde.
00:42:58A vous trois, je confie le récit de mon invraisemblable odyssée.
00:43:01Ne la divulguez jamais. Si vos recherches venaient à trouver les principes de météorie, arrêtez.
00:43:05Détruisez vos travaux. Et si vos émules, à leur tour, s'y fourvoyaient,
00:43:10sapez de votre autorité leurs expériences, dans l'intérêt du monde vivant et de sa sécurité.
00:43:15Ce récit puisse vous convaincre.
00:43:18Signé, François Daudigné, 20 décembre 1884.
00:43:24Il s'endormit et ne se réveilla plus.
00:43:26Il payait de sa vie l'incroyable odyssée qu'il nous relate dans ses pages.
00:43:31Impartialement, messieurs, avant encore d'ouvrir ce document,
00:43:35je dois vous rapporter les faits dont je fus moi-même le témoin la veille de sa disparition.
00:43:39Le 2 décembre dernier, le professeur et moi nous trouvions ici,
00:43:43à côté, dans le laboratoire des réfractions.
00:43:46Les réfractions ?
00:43:48Oui, à l'occasion de ces recherches cosmogoniques,
00:43:50le professeur avait découvert certaines particularités surprenantes de la lumière.
00:43:55Et depuis deux ans, secrètement, il travaillait à une idée, folle en apparence, et pourtant réalisable.
00:44:01Augmenté, Bruno.
00:44:03Encore.
00:44:05Augmenté.
00:44:06Il cherchait à détecter les réfractions anciennes dans le teint des glaces.
00:44:10C'était une question de périodicité à établir.
00:44:14Il avait des résultats, mais médiocres, fugitifs, fantomatiques.
00:44:18Ce qui était déjà sensationnel, mais le professeur piétinait depuis plusieurs semaines.
00:44:23Encore.
00:44:26Fassé à gauche.
00:44:28Toujours des ombres confuses, mélangées.
00:44:31Il était de plus en plus déçu.
00:44:33Et moi, j'avoue, de plus en plus impressionné.
00:44:36Nous semblions animés des spectres.
00:44:38Il me semble voir une femme.
00:44:53Un chignon, non ?
00:44:55Polarisé.
00:44:57Encore ?
00:44:59Ah non.
00:44:59Ah non, ça va mal.
00:45:00Ah, mais oui, on croirait le gros chignon de... de feu, Madame Thiebaud.
00:45:08La mère de ma femme.
00:45:10Travailler depuis des mois comme je travaille pour revoir le chignon de Madame Thiebaud,
00:45:13ce serait le comble.
00:45:15Ah non.
00:45:16Ah, non, ça va pas.
00:45:19Restons-en là.
00:45:22Mauvaise journée.
00:45:23Il eut pu dire journée mémorable, mais pouvait-il prévoir la visite qui, à l'instant même, lui advenait ?
00:45:33Une visite ?
00:45:35Il s'en risquait rarement à Sainte-Marie.
00:45:37Les journalistes, les correspondants n'étaient jamais reçus.
00:45:40Depuis deux ans, on n'avait vu personne.
00:45:42Qui arrivait donc là ?
00:46:03Monsieur ?
00:46:05Bonjour, mon ami.
00:46:06Je voudrais voir monsieur le professeur François de Audinier.
00:46:09Ah oui, monsieur, mais c'est que monsieur le...
00:46:13Je sais, je sais.
00:46:14Veuillez lui remettre ce mot, je pense qu'il me recevra.
00:46:17Ah bien, mais alors, je vais vous demander de mettre...
00:46:20J'ai compris, je vous attends.
00:46:21Ah, la barbe.
00:46:37Bruno, allez voir ce que c'est.
00:46:39Cher monsieur, je vais t'attendre à l'entrée.
00:46:47Oui, oui, c'est très bien.
00:46:49Monsieur, Bruno va les conduire.
00:46:51Dites-moi, Firmin, ouvrez l'œil.
00:46:54Et pas de bavardage.
00:46:55Oui, monsieur.
00:47:02Alors ?
00:47:03Ah bien, alors ça.
00:47:04Qu'est-ce qu'il se passe ?
00:47:08Qu'est-ce que ça signifie ?
00:47:10La lisez.
00:47:12Ah bien, essayez-vous, maître.
00:47:13Je me suis assis.
00:47:16Alors ?
00:47:16Quoi en sont, monsieur le professeur, aux secrètes et sensationnelles recherches sur la détection des vieilles images dans les glaces ?
00:47:25Elles sont inachevées, je le sais.
00:47:27Mais avancent-elles.
00:47:30Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi ?
00:47:32Ce n'est pas signé.
00:47:34C'est le type, là-bas ?
00:47:43Certainement.
00:47:45Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
00:47:47À part vous, personne n'approche mes travaux depuis dix ans.
00:47:49Et moi, je ne vois personne.
00:47:51Je le sais.
00:47:55C'est pourquoi je ne comprends pas.
00:47:57C'est alors qu'il fit cette réflexion, apparemment sans intérêt.
00:48:01On dirait mon neveu.
00:48:03Mon neveu Jean-Loup.
00:48:04Et ce type-là se vante de savoir que je patauge.
00:48:13Elle est raide, celle-là.
00:48:18Vous allez le recevoir ?
00:48:20Vous pensez ?
00:48:21Maintenant, ce n'est plus lui qui veut qu'on se rencontre, c'est moi.
00:48:24Allez me le chercher.
00:48:25Bien.
00:48:31Le visiteur que je rejoignais un instant plus tard près du jeune chêne,
00:48:34était un homme encore jeune, visage ouvert et sympathique.
00:48:38C'était exact qu'il ressemblait à Jean-Loup, le jeune neveu du professeur.
00:48:41Cependant qu'il se répandait aimablement en phrases louangeuses à l'égard de mon maître,
00:48:47il ne me précisait nullement les raisons de sa visite.
00:48:50Je remarquais la coupe bizarre de ses cheveux.
00:48:52L'homme devait être un étranger.
00:48:54Il portait une curieuse serviette de matière et de forme peu usitée.
00:48:59Singulier personnage.
00:49:00Puisse donner un ordre à votre domestique.
00:49:04Mais je vous en prie.
00:49:06S'il vous plaît, pouvez-vous me garder précieusement ma valise ?
00:49:08Vous me la remettrez lorsque le professeur m'aura désigné ma chambre.
00:49:11Vous comptez monsieur coucher ici ?
00:49:14Je le pense, oui.
00:49:15Si le professeur m'invite.
00:49:16Évidemment.
00:49:18Je pense qu'il m'invitera.
00:49:19Ah.
00:49:21C'est ici, n'est-ce pas ?
00:49:23Il connaissait le chemin.
00:49:27J'étais impatient d'écouter l'entretien.
00:49:29Je n'aurais pas donné ma place pour un voyage en ballon.
00:49:32Je m'excuse, monsieur le professeur.
00:49:34Je m'excuse surtout auprès de monsieur.
00:49:36Mais je désirais avoir un entretien absolument privé.
00:49:40Ce qui, en clair, veut dire que mon secrétaire est trop.
00:49:46Mon cher.
00:49:51Veuillez m'excuser encore, monsieur Bonneau.
00:49:54Tiens, il savait mon nom.
00:49:57Alors ça.
00:50:00Avant de monter m'enfermer dans ma chambre,
00:50:03éberlué, vexé,
00:50:06je vins ici même me laisser tomber un moment dans ce fauteuil.
00:50:10Il connaissait mon nom.
00:50:12Il connaissait les travaux secrets du professeur.
00:50:16Quel était cet étrange garçon ?
00:50:20Aujourd'hui, je sais.
00:50:22Et vous allez savoir aussi.
00:50:24À lire ces lignes, on pourrait penser que mon maître, près de la mort,
00:50:27avait perdu la raison.
00:50:29Il n'en est rien.
00:50:30La vérité, a dit l'éminent professeur Cloutier.
00:50:34Recept évolutif et provisoire.
00:50:36Oui, je sais, je l'ai dit, oui.
00:50:37Nous allons en avoir, messieurs, une preuve bouleversante.
00:50:40Voici le récit du professeur Daudigné.
00:50:45L'Usarche, le 10 décembre 1884.
00:50:48Le départ de tout fut l'entrevue que j'accordais à l'homme dont Bruno vous parlera par ailleurs.
00:50:53De cette entrevue extraordinaire, je me rappelle tous les termes, tous les détails.
00:51:03Le dialogue qui va s'engager entre nous, mon cher maître,
00:51:06embarrasserait bien un romancier qui aurait à l'écrire.
00:51:08Parce qu'il aurait du mal à rendre la conversation vraisemblable.
00:51:12Et qu'il passerait tout de suite auprès de son lecteur
00:51:14pour un dément ou pour un idiot.
00:51:17Voilà qui promet.
00:51:18Je vous écoute, monsieur.
00:51:20Mais je m'attends donc à tout.
00:51:22Est-ce qu'il vous arrive certainement pas ?
00:51:25Et vous allez voir, monsieur le professeur,
00:51:26qu'il vous suffira d'un instant de réception phonétique
00:51:28pour avoir les yeux tourants.
00:51:30Il s'exprimait curieusement.
00:51:33Non, un instant, d'abord.
00:51:35Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:51:36Vous avez entendu parler de prétendues recherches
00:51:38que j'effectuerais sur...
00:51:39Sur la détection des images dans les vieilles glaces ?
00:51:41Oui.
00:51:42Idée géniale, à laquelle...
00:51:43Non, non, pardon, doutez-vous, c'est précision.
00:51:46C'est prétendu, précision.
00:51:48Vous faites de la transmission de pensée,
00:51:49vous traversez des murs...
00:51:50Ne vous énervez pas, maître.
00:51:52Et vous allez voir que tout va très facilement s'expliquer.
00:51:55Très curieusement, mais très facilement.
00:51:58Savez-vous d'abord qui je suis ?
00:52:01Regardez-moi.
00:52:04Mon physique ne vous rappelle personne.
00:52:06Un parent ?
00:52:08Allons, maître, je ressemble étonnamment à Jean-Loup, votre neveu.
00:52:11Bon.
00:52:13Et alors, vous seriez qui ?
00:52:16Je suis le comte d'Audigné,
00:52:19Philippe d'Audigné.
00:52:23Vous voyez, vous faites les yeux ronds, déjà.
00:52:26Jusqu'à preuve du contraire.
00:52:28Le seul comte d'Audigné...
00:52:29Je n'en tire pas Gloriole, d'ailleurs.
00:52:32C'est moi.
00:52:32Je m'excuse, mais aussi extraordinaire que ce soit,
00:52:37aujourd'hui, dans cette pièce,
00:52:38vous n'êtes pas le seul comte d'Audigné.
00:52:41Ah.
00:52:42Je croyais jusqu'ici qu'il ne pouvait pas y avoir
00:52:44deux comtes d'Audigné simultanément.
00:52:47Si, en l'occurrence.
00:52:48Alors, vous seriez un parent ?
00:52:53Oh oui.
00:52:54Ah bah, et par quelle filiation ?
00:52:58Si vous le permettez,
00:52:59je vais vous fournir quelques preuves
00:53:01de notre indéniable,
00:53:03et j'ose dire sensationnel parenté.
00:53:06Je simulais l'incompréhension.
00:53:08En réalité,
00:53:09une idée fulgurante, insensée,
00:53:12venait de traverser mon cerveau.
00:53:13Ah, j'oubliais de vous dire aussi
00:53:15que je suis le propriétaire
00:53:17de la Roche Sainte-Marie.
00:53:19Ah non, bon, de ce château ?
00:53:21Oui, en indivision avec ma sœur,
00:53:23la baronne des Bordes.
00:53:24Je n'ai plus qu'à coucher sous les ponts, alors.
00:53:27Vous êtes le propriétaire, vous, en 1884, soit.
00:53:30Qui vous dit que je me prétends
00:53:31le propriétaire actuel ?
00:53:33Les biens sont éphémères, vous le savez.
00:53:35Qui vous dit que je ne suis pas
00:53:36le propriétaire d'hier ?
00:53:38Vous n'êtes pas un revenant, non.
00:53:44Ou plutôt donc,
00:53:45le propriétaire de demain,
00:53:47par le jeu légitime des héritages.
00:53:50Un instant, je vous prie.
00:53:52Toujours calme en apparence,
00:53:53une émotion intense m'envahissait.
00:53:55Mes théories venaient-elles
00:53:56triompher sous mes yeux ?
00:53:58D'où arrivait cet homme ?
00:54:02Voici une photographie
00:54:03qui va, je pense, vous intéresser.
00:54:06Votre petit chêne,
00:54:07votre arbrisseau planté par vous
00:54:09il y a deux mois au milieu de la cour.
00:54:12Sa santé vous inquiète, paraît-il ?
00:54:14Rassurez-vous.
00:54:15Le voici,
00:54:16photographié par moi
00:54:17le jour anniversaire de mes 25 ans.
00:54:2020 mètres de hauteur,
00:54:224 mètres de tour à la base,
00:54:24et il a encore grandi depuis.
00:54:26C'est un trucage.
00:54:27Ce serait en ce cas un trucage en relief.
00:54:31L'angle est pris d'ici.
00:54:34Votre bureau est toujours là,
00:54:35conservé, vénéré.
00:54:37Avec la panoplie de vos décorations.
00:54:39Elles y sont toutes.
00:54:39La tête me tournait.
00:54:41Il y avait de quoi.
00:54:42Je prononçais bêtement.
00:54:43Le voyage dans le temps est impossible.
00:54:46Ah non, maître.
00:54:47Cher grand aïeul.
00:54:48Pas vous.
00:54:49Ce sont vos propres théories
00:54:50qui m'ont servi de base.
00:54:51C'est grâce à vous
00:54:52que je suis ici.
00:54:54Vous tenez.
00:54:55Rangez-la.
00:54:57Dans ce meuble fermé à clé,
00:54:58votre traité sur la régression écleptique.
00:55:00La grande erreur.
00:55:01Couverture bleu ciel.
00:55:04Titre en lettres anglaises
00:55:06au gros crayon bleu.
00:55:12Vous faites de la transmission de pensée.
00:55:20Voilà.
00:55:22Personne ne l'a lue.
00:55:23Pas même Bruno.
00:55:24Vous le dites dans votre journal.
00:55:24Est-ce que c'est la transmission de pensée ?
00:55:31Regardez votre traité, maître.
00:55:33Avec sa couverture presque neuve.
00:55:35Le revoici.
00:55:37Rongé par les rats.
00:55:39Abîmé.
00:55:39Poussiéreux.
00:55:41Sortant de la malle
00:55:42où je l'ai découvert ici.
00:55:43Là où, dans les combles du grenier
00:55:44en juin 1966.
00:55:51Ouvrez votre manuscrit, maître,
00:55:52où vous voudrez.
00:55:53Je le sais par cœur.
00:55:54C'est des principes qu'il contient
00:55:57que je suis parti.
00:55:58Dix ans d'études pour me permettre
00:56:00de tenter, enfin moi le premier,
00:56:01le voyage interchronomique.
00:56:03Tenez, ce schéma, page 18.
00:56:05Vous permettez ?
00:56:06Je le reproduirai exactement.
00:56:11Il représente la Terre
00:56:12tombant dans l'espace
00:56:13avec ses principaux mouvements
00:56:14uranographiques actuellement homologués.
00:56:17La Terre et son mouvement orbital
00:56:19sont figurés par une spirale.
00:56:21Le sens de la translation
00:56:25est indiqué par une flèche
00:56:26ici à droite.
00:56:28Flèche dont la tige
00:56:29sur votre document
00:56:30est un peu barbouillée
00:56:31par un gros pâté d'encre
00:56:32à sa gauche.
00:56:32Exact.
00:56:40Exact.
00:56:41Le mouvement de marche de la Terre
00:56:42est figuré par des cercles
00:56:44qui s'interpénètrent.
00:56:45Oui.
00:56:49Merci.
00:56:50Et il s'est lancé à présent
00:56:51dans l'exposé
00:56:52de ma conception nouvelle
00:56:53sur le temps.
00:56:54Théorie que jusqu'ici
00:56:55je me croyais seul à connaître.
00:56:58Précession,
00:56:59balancement de l'écliptique.
00:57:00Théorie fascinante,
00:57:02vertigineuse
00:57:03que, si tôt élaborée,
00:57:04j'avais eu l'intention
00:57:05de brûler.
00:57:06Et à droite,
00:57:08trois notations.
00:57:10Passé,
00:57:11présent,
00:57:13futur.
00:57:13Et vous énoncez page 16,
00:57:16c'est le chapitre 3,
00:57:17chapitre capital.
00:57:18Vous énoncez
00:57:19l'univers que nous croyons voir
00:57:21est un leurre.
00:57:22Notre structure physiologique
00:57:23nous trompe.
00:57:24Les mondes de toutes les époques
00:57:26Vous avez eu la distraction
00:57:27des grands savants, maître.
00:57:28Vous n'avez pas mis d'aise à l'époque.
00:57:31Les mondes de toutes les époques
00:57:32existent simultanément.
00:57:34Comme dites-vous,
00:57:35toutes les gares
00:57:36d'une ligne de chemin de fer
00:57:37existent en même temps.
00:57:39C'est nous qui emportés
00:57:39dans un convoi à sens unique
00:57:41le convoi du temps
00:57:42ne voyant qu'une gare à la fois.
00:57:44Croyons que la gare précédente
00:57:45n'existe plus
00:57:46et que la gare suivante
00:57:47n'existe pas encore.
00:57:49Passé,
00:57:50présent,
00:57:50futur
00:57:51constitue en réalité
00:57:52une spirale compacte
00:57:54et continue
00:57:55dont nous ne percevons
00:57:56que les globes successifs
00:57:57qui la composent.
00:57:59J'ajouterai une image personnelle.
00:58:01Telle pour un film,
00:58:02nos yeux imparfaits
00:58:03ne nous laissent voir
00:58:03sur l'écran
00:58:04qu'une seule image à la fois
00:58:05alors qu'en réalité
00:58:06des milliers d'images
00:58:07se succèdent
00:58:08et continuent d'exister.
00:58:09Film, écran,
00:58:10qu'est-ce que c'est que ça ?
00:58:11Je vous expliquerai.
00:58:12Oui, dites-vous,
00:58:13le temps est une matière,
00:58:14une quantité
00:58:15dans laquelle l'homme
00:58:16ne sait se mouvoir
00:58:17que dans un sens.
00:58:19J'abrèche.
00:58:20Vous concluez
00:58:21chapitre 4,
00:58:22page 19 ou 20...
00:58:24Non, 19.
00:58:26C'est dans cette spirale continue
00:58:27qu'il nous faut réaliser
00:58:29notre régression rotative
00:58:31et translationnelle
00:58:32pour retrouver les mondes
00:58:34que nous croyons révolus.
00:58:36Votre hypothèse était juste.
00:58:39Je suis là.
00:58:41Oui, la tête me tournait.
00:58:43Elle aurait pu me tourner à moins.
00:58:45Cet homme arrivait de l'avenir.
00:58:46Vous prétendez arriver
00:58:50d'où ?
00:58:53Ou plutôt de quand ?
00:58:55J'ai quitté
00:58:55Comté en heure cosmique
00:58:57l'an 1980,
00:58:59approximativement il y a 18 heures.
00:59:01J'ai réalisé
00:59:02ma régression sur place
00:59:03par dissociation,
00:59:04toujours selon vos principes,
00:59:06chapitre 12
00:59:06de la grande erreur.
00:59:08J'ai mis
00:59:08860 secondes
00:59:09pour remonter ce siècle,
00:59:11puis de l'usarche ici,
00:59:12en tortillard et en patache,
00:59:14j'ai mis 17 heures.
00:59:15De l'usarche ?
00:59:16Oui.
00:59:17J'ai remonté les 96 ans
00:59:18qui nous séparent.
00:59:19Vous savez comment ?
00:59:19En quel endroit ?
00:59:20Dans une caverne, maître.
00:59:22Et oui,
00:59:22j'ai repris votre idée
00:59:23de la caverne,
00:59:23elle était bonne.
00:59:24Mes prospections
00:59:25radiostésiques
00:59:25m'avaient fait découvrir
00:59:26près de l'usarche
00:59:27la caverne idéale.
00:59:29Vaste salle granitique
00:59:30mûrée depuis des millénaires,
00:59:31la route était libre.
00:59:33Voici le plan
00:59:33de cette caverne.
00:59:34Voyez,
00:59:35c'est à 5 mètres sous terre.
00:59:37Ici,
00:59:37le chemin d'accès.
00:59:39Là,
00:59:39des rochers naturels
00:59:40que j'ai truqués.
00:59:41L'un d'eux
00:59:45la caverne
00:59:45et au fond,
00:59:47la chambre de voyage
00:59:48avec mon bloc chronomique
00:59:50dans l'infractuosité.
00:59:54C'est à peu de choses près
00:59:55le chronoscaf
00:59:56que vous aviez prévu, maître.
00:59:59Le revoilà,
01:00:00photographié par moi
01:00:01dans son antre.
01:00:03Je l'ai baptisé
01:00:04mon poisson chinois.
01:00:08T'es une photo en relief.
01:00:11Oui.
01:00:12Mon oncle,
01:00:13j'avais brusquement
01:00:14devant les yeux
01:00:14la réalisation concrète
01:00:16de mes rêves.
01:00:17J'avais écrit en effet
01:00:18qu'il faudrait placer
01:00:19l'appareil
01:00:19dans un endroit vierge
01:00:20de toute présence vivante
01:00:21depuis des centaines d'années.
01:00:23Une grotte millénaire,
01:00:24par exemple,
01:00:25pour qu'en remontant le temps,
01:00:26l'appareil ne risquât pas
01:00:27de se heurter
01:00:28à des êtres
01:00:29ou des objets
01:00:29qui se seraient trouvés là
01:00:31avant lui.
01:00:32Je ressentais l'émotion
01:00:33qu'aurait pu éprouver
01:00:34Denis Papin
01:00:35devant une locomotive
01:00:36ou Archimède
01:00:37devant un bicycle à pédale.
01:00:41Personne,
01:00:41en 1980,
01:00:42ne soutenne ma réussite.
01:00:44On doit moi chercher
01:00:45à l'heure actuelle
01:00:46à Taulois
01:00:46ou à Lusarche
01:00:47puisque toutes les époques
01:00:48existent en même temps
01:00:48toujours d'excite
01:00:49François d'Audigny
01:00:50et ma soeur
01:00:51surtout doit moi chercher
01:00:52pour l'indivision
01:00:53de nos biens.
01:00:53Je la connais,
01:00:54ma chère soeur.
01:00:57Vous seriez qui
01:00:58par rapport à moi ?
01:01:00Vous n'avez pas d'enfant.
01:01:02Mais votre frère Hubert
01:01:03a eu deux fils,
01:01:04Jean-Paul et Jean-Louis.
01:01:06Jean-Paul a eu lui-même
01:01:08cinq enfants
01:01:08dont un idiot.
01:01:09Oui,
01:01:10hélas pour l'idiot.
01:01:11Je suis Philippe,
01:01:13le petit-fils de l'idiot.
01:01:15Vous semblez heureusement
01:01:15de rien lui devoir.
01:01:17Merci.
01:01:18Ainsi,
01:01:18mon hypothèse
01:01:19sur la cellule
01:01:20serait exacte.
01:01:21J'en suis la preuve.
01:01:22Quand j'écrivais
01:01:23chapitre...
01:01:26Chapitre 8.
01:01:27Merci.
01:01:27La matière organique
01:01:32est constante,
01:01:33continue comme un ruban
01:01:34sans fin
01:01:35et indépendante
01:01:36d'elle-même.
01:01:37J'avais raison.
01:01:38En cela résume
01:01:39votre immense découverte.
01:01:41Je pouvais, moi,
01:01:42en remontant moins d'années,
01:01:43me rencontrer gamin.
01:01:44Oui.
01:01:45Peut-être.
01:01:47Vous le dites ?
01:01:48Le bout d'un long ruban replié
01:01:49peut aller rejoindre,
01:01:50croiser, toucher
01:01:51une autre partie de ce ruban.
01:01:53J'étais brusquement dépassé
01:01:54par la réalisation
01:01:55de mes idées.
01:01:56idées dont je n'étais plus
01:01:57d'ailleurs au fond
01:01:58très certain
01:01:58et que ce soir,
01:02:00ce galopin
01:02:01semblait bien mieux
01:02:02tenir que moi.
01:02:06Alors,
01:02:07vous pourriez parler
01:02:08de votre siècle,
01:02:10de la vie,
01:02:11du progrès ?
01:02:13Oui.
01:02:17Des guerres ?
01:02:21Oui, bien sûr.
01:02:24Croyez-moi.
01:02:26Vous êtes plus heureux ici.
01:02:281885,
01:02:2990,
01:02:3095,
01:02:31c'est la belle époque.
01:02:33Regardez seulement
01:02:33ces documents.
01:02:36Voici le 20e siècle
01:02:37finissant.
01:02:39Les autos se touchent en bas,
01:02:40les hélicoptères
01:02:41se touchent en haut.
01:02:43Ce sont des voitures, ça ?
01:02:44Oh, elles ont changé de forme.
01:02:45Oui.
01:02:46Elles ont la forme de l'œuf.
01:02:47Eh bien, bravo.
01:02:48Pour la résistance à l'air,
01:02:49c'est parfait.
01:02:50Aérodynamique, oui.
01:02:51Mais j'ai dit 100 fois,
01:02:52à Dodion,
01:02:52ils construisent des voitures,
01:02:53on dirait des buffets en I2.
01:02:56Ah, ben dites-donc,
01:02:57ce qu'il y en a,
01:02:58des voitures.
01:03:00On les distribue gratuitement.
01:03:03Elles sont l'une dans l'autre.
01:03:05Souvent, oui.
01:03:08Et ça,
01:03:08vous dites-le ?
01:03:09L'hélicoptère,
01:03:11c'est un véhicule qui vole.
01:03:13J'en ai inventé un.
01:03:14Exactement pareil.
01:03:16À part qu'il n'a pas d'hélices,
01:03:17pas d'ail et pas de moteur.
01:03:18Et ça vole ?
01:03:19Non, mais ça volera.
01:03:21Je vous expliquerai.
01:03:23Quelle ville !
01:03:25C'est monstrueux.
01:03:26C'est Paris ?
01:03:29Non, c'est Saint-Flour,
01:03:30en 1977.
01:03:32J'apprége-tu.
01:03:34Et la guerre,
01:03:36c'est le jeune Guillaume II
01:03:37qui veut nous attaquer, n'est-ce pas ?
01:03:38Oui.
01:03:40Mais non, le conflit n'est pas imminent.
01:03:431885, je vous le répète,
01:03:44c'est la belle époque.
01:03:45Le fâcheux, c'est que
01:03:46on ne le voit pas quand on est dedans.
01:03:49Je vais tout de suite au plus curieux.
01:03:52En 1980,
01:03:54chez nous, c'est à peu près la paix.
01:03:56Ah oui.
01:03:57En cette fin du XXe siècle,
01:03:59un paléatif joue.
01:04:01Les antagonismes nationaux
01:04:02ont été distraits
01:04:03par des ambitions plus hautes.
01:04:06Plus hautes, lesquelles ?
01:04:08Il y a eu des conflits en 1976.
01:04:11Mais ils se sont passés ailleurs.
01:04:13Ailleurs ?
01:04:15Oui.
01:04:16En 1976,
01:04:18on s'est battus sur la lune.
01:04:20Qu'est-ce que sur l'âge,
01:04:21vous vous fichez de moi ?
01:04:22Absolument pas.
01:04:23Chaque hégémonie a voulu
01:04:24le même morceau de la lune.
01:04:26Comme les gosses,
01:04:26il a pris le morceau que je voulais.
01:04:28Et on se bat.
01:04:29Mais comment y va-t-on sur la lune ?
01:04:31C'est presque l'obutule vert.
01:04:33Je crois qu'il est.
01:04:34Alors on s'est battus sur la lune.
01:04:36Eh oui.
01:04:38L'homme est aussi petit qu'il est grand.
01:04:40Hélas.
01:04:43Tenez.
01:04:44Voici une photo prise de la Terre
01:04:46pendant les hostilités de 1976.
01:04:47Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
01:04:51Un nuage derrière la lune.
01:04:53Ah ben oui, derrière.
01:04:55Moi.
01:04:56C'est la poussière lunaire
01:04:57propulsée par les éclatements atomiques
01:04:59pendant la grande bataille
01:05:01dans la mer de la sérénité.
01:05:04Ils ont dû arrêter de se battre.
01:05:05Ils ne se voyaient plus.
01:05:06Un combat de mitrons
01:05:07dans un océan de farine.
01:05:09Oh, c'est idiot.
01:05:10Complètement.
01:05:12Je vous expliquerai tout cela
01:05:13petit à petit.
01:05:15Je crois rêver.
01:05:17Mais enfin, vous,
01:05:20pourquoi avez-vous tenté
01:05:21cette randonnée
01:05:22si monstrueusement dangereuse ?
01:05:25Maître,
01:05:27vous êtes une des causes de mon voyage.
01:05:31J'ai voulu vous apporter l'hommage
01:05:32des découvertes dont vous étiez le père.
01:05:35J'ai travaillé comme un forcené secrètement.
01:05:37Et voici la réalisation
01:05:38de deux de vos théories.
01:05:39Le voyage dans le temps
01:05:40et celle-ci,
01:05:43si poétique.
01:05:47ma glace
01:05:52avec un visage dedans.
01:05:55Mon Dieu.
01:05:58Mon Dieu.
01:06:01Il n'est toujours pas un trucage.
01:06:08L'image est faible,
01:06:09mais d'époque Louis XVI,
01:06:10ne l'oubliez pas.
01:06:12Vue de 1980,
01:06:13c'est loin.
01:06:14C'est fabuleux.
01:06:16Mais alors,
01:06:17moi,
01:06:18je n'aboutis pas.
01:06:20Vous abandonnez.
01:06:21Je reste en plan.
01:06:23Zut.
01:06:24C'est moi qui,
01:06:25en 1976,
01:06:26reprends vos données.
01:06:28Je cherche longtemps,
01:06:29je piétine,
01:06:30je m'aide de vos carnets verts.
01:06:31Et brusquement,
01:06:32en 1978,
01:06:33j'ai une idée claire simple,
01:06:35une idée plexiglacée,
01:06:36comme on dit chez moi.
01:06:36Et en huit mois,
01:06:38j'aboutis.
01:06:39C'est bon, n'est-ce pas ?
01:06:43C'est excellent.
01:06:46Je vous communiquerai
01:06:47tous mes travaux.
01:06:50Quel visage ravissant,
01:06:51n'est-ce pas ?
01:06:53Vous n'avez pas
01:06:53un portrait d'elle ?
01:06:55Vous ne la reconnaissez pas ?
01:06:57Un pastel.
01:06:58Oh, mais oui.
01:07:00Vous savez tout, vous.
01:07:01Je peux le voir ?
01:07:02Le pastel ?
01:07:03Oui.
01:07:03Tout de suite.
01:07:04Si possible.
01:07:05C'est facile.
01:07:06Venez avec moi.
01:07:07Oui, oui, les rubans bleus.
01:07:08C'est le petit passé de Moreau.
01:07:10De Moreau le jeune.
01:07:14Le voici là-bas.
01:07:16Vous permettez ?
01:07:22Moreau le jeune,
01:07:231788.
01:07:2688.
01:07:27100 ans encore.
01:07:30Alors, qui était-ce ?
01:07:32C'était Marie Dawson,
01:07:33une Anglaise.
01:07:35Une Anglaise, cette brune ?
01:07:36Oui.
01:07:37J'ai toujours entendu dire
01:07:38dans ma jeunesse
01:07:38que c'était Marie Dawson,
01:07:40une Anglaise.
01:07:42C'est bien elle.
01:07:44Ses rubans bleus,
01:07:46son charme étrange,
01:07:48elle est vraiment
01:07:49Aérodina Fleur.
01:07:50Comment ?
01:07:52Aérodina Fleur
01:07:52est une expression de mon époque
01:07:53qui signifie exquise.
01:07:55Oh, c'est mécanico-poétique.
01:07:57Elle était, paraît-il,
01:07:58la demoiselle de compagnie
01:07:59de celle-ci,
01:08:00Catherine Daudinier,
01:08:02notre aïeule.
01:08:04Elle est morte
01:08:04sur l'échafaud,
01:08:05la pauvre.
01:08:05Marie Dawson ?
01:08:06Non.
01:08:07Catherine Daudinier,
01:08:08notre ancêtre.
01:08:09Ah bon ?
01:08:10Enfin bon.
01:08:11Ouais.
01:08:13Voici son perroquet.
01:08:15C'est lui
01:08:16qui la compromise.
01:08:17Enfin, d'après la légende,
01:08:19il gueulait tout le temps
01:08:20« Vive le roi ».
01:08:20Alors, elle a été guillotinée
01:08:21à Nevers
01:08:22en même temps
01:08:23que son mari.
01:08:24Que voici ?
01:08:26Xavier Daudinier,
01:08:28notre richissime aïeule
01:08:30et le reconstructeur
01:08:31de ce château.
01:08:33C'est une toile
01:08:34très rare
01:08:35de Carmontel.
01:08:37Aucune de ces toiles
01:08:38ne m'est parvenue.
01:08:41Xavier Daudinier,
01:08:43pionnier de la civilisation française
01:08:45aux Antilles.
01:08:46C'est très bien.
01:08:47Ouais.
01:08:48Mais grillé, quoi.
01:08:50Il avait perdu un oeil ?
01:08:51Oui, dans un duel.
01:08:53Ces marins l'appelaient
01:08:54Coco Belleuil.
01:08:55Mais pas devant lui.
01:08:56Une brute, quoi.
01:08:58Euh, non.
01:08:58Il était artiste,
01:08:59paraît-il.
01:09:00Un mélange.
01:09:02Alors,
01:09:02Mark Dodson
01:09:03n'a pas été guillotinée.
01:09:04Si ça peut vous faire plaisir
01:09:05quand vous le répète,
01:09:06non.
01:09:07Elle est repartie
01:09:08pour l'Écosse.
01:09:111788.
01:09:12Dans votre glace,
01:09:14vous n'avez jamais vu
01:09:15Coco Belleuil
01:09:16ni Catherine ?
01:09:17Non.
01:09:19La belle Marie
01:09:19est mon image
01:09:20la plus lointaine.
01:09:22Après,
01:09:22le miroir reste vide.
01:09:251788,
01:09:26c'est loin de 1990.
01:09:28Oui,
01:09:28ça fait 192 ans.
01:09:30Vous êtes à mi-chemin.
01:09:32Bon,
01:09:32ben,
01:09:33regagnons mon bureau.
01:09:33Cette pièce est froide.
01:09:40Qu'est-ce qui se passe ?
01:09:44Amoureux d'une image ?
01:09:45Je ne sais plus.
01:09:47Peut-être.
01:09:49Depuis que j'ai détecté
01:09:50ce regard,
01:09:50il ne quitte plus
01:09:51ma pensée.
01:09:53Oh,
01:09:53mais alors ?
01:09:54Vous n'aviez pas envie
01:09:55de plonger jusqu'à elle
01:09:56au lieu de vous arrêter ici ?
01:09:57Fallait profiter
01:09:59de la voiture,
01:09:59c'était si simple.
01:10:03Folie pour folie.
01:10:05Vous me devrez d'abord
01:10:06de vous rejoindre.
01:10:07Bon,
01:10:07bon,
01:10:07bon,
01:10:07bon.
01:10:09Vous n'êtes pas
01:10:09certaine ma date ?
01:10:10780,
01:10:11888 ?
01:10:13Eh oui,
01:10:14en vous trompant de date,
01:10:15vous risquez de la trouver
01:10:16en train de sauter à la corde.
01:10:19Ah,
01:10:23voici.
01:10:25Chère glace.
01:10:27Un peu moins dédorée,
01:10:29moins abîmée qu'en 1980.
01:10:31Vieilleux Ross,
01:10:33qui n'a pas voulu me révéler ses secrets.
01:10:35À moi,
01:10:36elle a révélé
01:10:36que je réussirai mon voyage.
01:10:37Ah oui ?
01:10:38Oui.
01:10:39Restez là une seconde
01:10:40devant la glace,
01:10:40maître,
01:10:40je reviens.
01:10:41De mon époque,
01:10:44je vous ai détecté
01:10:45souvent dans son pain.
01:10:47Je m'ai suivi aussi
01:10:47moi à côté de vous.
01:10:48Ce qui m'a permis de penser,
01:10:50ça va,
01:10:50j'arrive là à mon port.
01:10:52En voici la preuve.
01:10:55Mais en somme,
01:10:56ce sont les reflets
01:10:57que nous créons maintenant
01:10:57que vous avez captés
01:10:58en 1980.
01:10:59Regardez votre position.
01:11:00Approximativement,
01:11:01oui.
01:11:02Vous êtes à droite,
01:11:03je suis à gauche.
01:11:04Mais en somme,
01:11:05vos appareils de l'avenir
01:11:06nous regardent
01:11:07par ce trou d'ombre ?
01:11:09Probablement.
01:11:11L'histoire de fou.
01:11:12Dans son développement,
01:11:14dépasse la pensée.
01:11:16Tenez,
01:11:17gens de l'avenir,
01:11:19captez aussi
01:11:19ce reflet-là.
01:11:21J'avais prévu
01:11:21ce geste gamin,
01:11:22maître,
01:11:22et je l'ai enregistré aussi.
01:11:23Le voici.
01:11:27Oh.
01:11:29J'oubliais.
01:11:30Une idée subite
01:11:30le faisait s'agiter
01:11:31brusquement
01:11:32et mimer par de grands gestes
01:11:34l'importance
01:11:35de son étourderie.
01:11:36J'oubliais de vous présenter
01:11:36quelques-unes
01:11:37des prospections
01:11:38que j'ai faites
01:11:38sur d'autres miroirs anciens.
01:11:39Je connais en 1980
01:11:41le directeur du garde-meuble national.
01:11:43Je me suis fait prêter
01:11:44par lui
01:11:44différents miroirs historiques.
01:11:46Je n'ai pas toujours réussi
01:11:47mes détections.
01:11:48Cependant,
01:11:49en voici deux,
01:11:49j'ose dire,
01:11:50bonnes.
01:11:51Que dis-je ?
01:11:52Sensationnelles.
01:11:54Voici détectées
01:11:55dans une psyché
01:11:55des petits appartements
01:11:56de Versailles.
01:11:57Voici, peut-on dire,
01:11:59la photographie.
01:12:00L'instantané
01:12:01du roi soleil.
01:12:03Louis XIV.
01:12:06Oui, maître.
01:12:07Voici le visage exact
01:12:08du vieux roi
01:12:09au moment d'ajuster
01:12:10sa perruque.
01:12:11C'est fantastique.
01:12:13Louis XIV.
01:12:14Le vrai visage.
01:12:16Comme personne ne l'a vu.
01:12:18C'est vraiment lui ?
01:12:19Je vais vous en donner
01:12:20une preuve.
01:12:21Au moyen d'un petit jeu
01:12:22qu'on pratique à mon époque.
01:12:23Voyez ?
01:12:24Puis Philippe me tendit
01:12:30solennellement
01:12:31une seconde image.
01:12:32Une photographie toujours.
01:12:34Représentant,
01:12:34réfléchi faiblement
01:12:35dans une glace piquée,
01:12:36ternie,
01:12:37un acteur maquillé
01:12:38de grossière façon.
01:12:40Une sorte de clone.
01:12:42Qui est-je ?
01:12:44Voici,
01:12:44dans la jalousie du barbouillet,
01:12:46voici Molière.
01:12:48J'étais bouleversé.
01:12:50Molière lui-même.
01:12:52Maquillé,
01:12:53mais lui-même.
01:12:55Le vrai visage de Louis XIV.
01:12:57Les siècles n'allaient plus
01:12:58garder leurs secrets.
01:13:00Dans le miroir d'argent
01:13:01du musée d'Alexandrie,
01:13:02nous pourrons connaître
01:13:03enfin la ligne authentique
01:13:05du nez de Cléopâtre.
01:13:08C'est une féerie,
01:13:09la science.
01:13:13Mais j'étais bientôt tiré
01:13:14de mes réflexions
01:13:15par la voix de Philippe.
01:13:16Lui aussi était dans un rêve.
01:13:18Il regardait ma glace
01:13:19et il me dit,
01:13:21vous verrez,
01:13:21d'ici en 1885,
01:13:24100 ans plus tôt que chez moi,
01:13:26nous allons détecter
01:13:26des réfractions plus définies,
01:13:28plus nombreuses aussi
01:13:28qu'en 1980,
01:13:30plus lointaines.
01:13:31C'est une glace
01:13:32d'époque fin Louis XV et...
01:13:33Qu'est-ce qu'il y a ?
01:13:36Je comprends pas.
01:13:38Vous avez dit,
01:13:38vous verrez,
01:13:39je verrai,
01:13:40je verrai quoi ?
01:13:41Oui.
01:13:43Vous avez le...
01:13:43Eh oui,
01:13:44dans mon bagage.
01:13:45Vous avez l'appareil
01:13:46à des...
01:13:46Et vous ne le dites pas !
01:13:47Qu'est-ce que je fais en ce moment ?
01:13:48Ah non, faites attention
01:13:49à mon cœur.
01:13:50Vous êtes cardiaque ?
01:13:50Je vais le devenir.
01:13:51Où est-il ?
01:13:51Vous l'avez là ?
01:13:52Mais allez me le chercher !
01:13:53Allez me le chercher
01:13:54que je pense que je me laisse,
01:13:55mon Dieu !
01:13:56Du calme, maître.
01:13:56Du calme ?
01:13:57Vous demandez du calme
01:13:58quand je mets ma réelle.
01:13:58Allez courir.
01:13:59Je vous attends ici
01:14:00à pied d'œuvre.
01:14:00Vous voulez qu'on vous aide ?
01:14:01Non, maître,
01:14:01je connais la maison.
01:14:02Non, il vous faut de la place.
01:14:03Il vous faut de la place.
01:14:04Je vais vous faire de la place.
01:14:05Vous verrez,
01:14:06elle contient de très belles images.
01:14:08Voulez-vous me foutre le corps ?
01:14:11Était-ce possible ?
01:14:17J'allais dans un instant,
01:14:19enfin,
01:14:20explorer l'univers si bilin
01:14:21de mon vieux miroir.
01:14:23Ainsi,
01:14:23cette invention
01:14:23s'y embrionnèrent
01:14:24dans ma vieille cervelle,
01:14:26allait venir à moi
01:14:27toutes réaliser.
01:14:28de mon vieux miroir.
01:14:29de mon vieux miroir.
01:14:31Sous-titrage Société Radio-Canada
01:14:32de mon vieux miroir.
01:14:35de mon vieux miroir.
01:14:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:14:41de mon vieux miroir.
01:15:11de mon vieux miroir.
01:15:14Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:15de mon vieux miroir.
01:15:17de mon vieux miroir.
01:15:20de mon vieux miroir.
01:15:23de mon vieux miroir.
01:15:25de mon vieux miroir.
01:15:28de mon vieux miroir.
01:15:30de mon vieux miroir.
01:15:31de mon vieux miroir.
01:15:33de mon vieux miroir.
01:15:34de mon vieux miroir.
01:15:36de mon vieux miroir.
01:15:37de mon vieux miroir.
01:15:39de mon vieux miroir.
01:15:40de mon vieux miroir.
01:15:41de mon vieux miroir.
01:15:43.
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