00:00La grande interview sur CNews et Europain, mon invitée ce matin est la présidente du mouvement Identité et Liberté, également eurodéputée.
00:13Bonjour et bienvenue Marion Maréchal.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être notre invitée ce matin. Vous êtes également l'auteur de ce livre publié chez Fayard, Si tu te sens Le Pen, une autobiographie très politique.
00:23Si tu te sens Le Pen, c'est d'ailleurs ce que vous écrit votre grand-père, Jean-Marie Le Pen, pour vous convaincre d'être candidate.
00:28C'est en 2012, pour les législatives. Et tout au long de ce livre, c'est un cheminement pour expliquer cet héritage et comment aussi, on parlera de la suite, porter vos idées au pouvoir.
00:37Tout d'abord sur l'héritage, Marion Maréchal, dans toutes les successions, vous le savez, il y a le passif, il y a l'actif.
00:42Le passif, ce sont des condamnations pour antisémitisme et racisme. Il y a l'actif, évidemment, que vous détaillez, vous reconnaissez beaucoup, beaucoup de choses.
00:50Une vision prophétique également à votre grand-père. Mais est-ce que vous assumez tout ? Est-ce que vous prenez tout, l'actif et le passif ?
00:57Comme vous l'avez dit, dans ce livre, je reviens nécessairement, puisque lorsque j'écris ce livre, intervient, entre autres choses, le décès de Jean-Marie Le Pen,
01:03qui mécaniquement me conduit à interroger cet héritage, en quoi je le perpétue, en quoi je le réinterprète aussi à ma manière, en quoi je le dépasse.
01:11Je parle évidemment d'un certain nombre de désaccords que j'ai pu avoir avec Jean-Marie Le Pen à l'époque, que je n'ai pas hésité à exprimer publiquement et face à lui,
01:17ce qui était plus compliqué en 2015 qu'en 2026, vous vous en doutez.
01:21Mais je rappelle aussi un certain nombre de choses sur le fait que, oui, Jean-Marie Le Pen a été un précurseur, je veux dire, aujourd'hui, des sujets qui font consensus,
01:27au-delà même, d'ailleurs, de l'immigration ou de l'islamisation, sur la mondialisation sauvage, sur la désindustrialisation, sur le désarmement militaire,
01:35sur même l'Union européenne et la perte de souveraineté, sur tous ces sujets.
01:38Après, il a été longtemps seul, voilà, et il a porté, et il a, à certains égards, réhabilité l'idée de patriotisme,
01:44qui était considérée comme ayant des relents fascistes à une certaine époque, et en cela portait l'espoir de millions de Français.
01:49Donc oui, en cela, je revendique aussi fièrement d'être dans la continuité de cet héritage,
01:54je tâche à mon niveau de le perpétuer et de l'adapter aux défis nouveaux.
01:58Et on se souvient du communiqué de l'Élysée après la mort de Jean-Marie Le Pen, selon qui, je cite,
02:03« L'histoire jugera », vous avez été peut-être heurté ou pas, par une telle déclaration.
02:08Est-ce que vous estimez que c'est à l'histoire de juger ?
02:11Vous savez, je crois qu'à certains égards, la mort de Jean-Marie Le Pen lui a rendu justice, si on peut dire ainsi,
02:18puisque, à ce moment-là, il y a eu beaucoup d'analyses, quand même, qui ont, c'est vrai, ont admis
02:23que l'homme, dans la complexité de sa vie, parce qu'on parle de 60 ans de vie politique,
02:28ne pouvait pas être réduit aux polémiques, et qu'il y avait, à travers aussi sa capacité
02:34à voir loin, quelque chose qui sortait, malgré tout, un peu de l'ordinaire.
02:39Et donc, moi, ce que j'essaie d'expliquer à travers ce livre aussi, qui, vous le dites,
02:42est un livre très incarné, c'est que le combat civilisationnel que je porte,
02:45ce ne sont pas seulement des notions conceptuelles, la civilisation, la lignée, l'héritage,
02:48la tradition, la conservation, la transmission, ce sont des visages.
02:51Et c'est le visage aussi de mes ancêtres, c'est le visage de mes filles,
02:54et j'essaye de raconter cela à travers ce livre, parce que, pour moi, évidemment,
02:57c'est un combat existentiel.
02:59Oui, d'ailleurs, il n'y a pas une contradiction, mais beaucoup de ceux qui nous regardent
03:02et nous écoutent ce matin se disent, le titre, c'est « Si tu te sens, Le Pen »,
03:05et on parle de Marion Maréchal.
03:06Que signifie, en 2026, porter le nom Le Pen, que vous ne portez plus d'ailleurs ?
03:11Est-ce qu'il y a une culpabilité héréditaire, ou est-ce qu'il y a, comme vous le dites
03:14depuis le début, une forme de fierté, malgré tout ?
03:17Alors, cette phrase « Si tu te sens, Le Pen », est une citation, puisque c'est la dernière phrase,
03:20en effet, que de la lettre, en fait, que mon grand-père m'adresse en 2012
03:24pour m'enjoindre, de m'engager en politique et d'être candidate à la députation à Carpentras.
03:28Moi, je comprends, en fait, à travers cette phrase « Si tu te sens, Le Pen »,
03:31qui m'a un peu piqué au vif, piqué mon orgueil et qui en appelait à mon sens du devoir,
03:35c'était « Si tu en as le courage », en fait, « Si tu te sens, Le Pen »,
03:38c'est une attitude face aux événements, pour moi, c'est-à-dire le fait de ne pas avoir peur
03:42du politiquement correct, de sortir des modes et des conventions du moment,
03:46d'être capable de regarder loin, d'être toujours et avant tout soucieux
03:49des intérêts des Français. En cela, beaucoup de militants et d'électeurs
03:54se sont sentis Le Pen, si je puis dire, bien avant moi.
03:57Donc, ça va au-delà de ça. Quant à ce nom, en réalité, j'en parle longuement dans le livre,
04:01j'ai un rapport très intime à ce nom, puisque j'en parle,
04:05mon histoire personnelle et l'histoire de ma naissance fait que je me suis appelée
04:10pendant trois ans Marion Le Pen, avant d'être adoptée par mon père actuel
04:14et de devenir Marion Maréchal. Donc, ces deux noms ont toujours fait partie de ma vie.
04:17Et ce nom, moi, j'en suis fière, pour toutes les raisons que je viens d'évoquer.
04:22Et il a longtemps été, et peut-être encore aujourd'hui, une forme d'étendard.
04:26Voilà. Et donc, à ce titre, bon, moi, j'ai pas dit...
04:29Quand mes adversaires, vous savez, régulièrement sur les plateaux,
04:31essayent de me mettre mal à l'aise en m'appelant Marion Maréchal Le Pen,
04:34mais enfin, ils perdent leur temps, parce qu'objectivement, ça me pose...
04:36Mais vous dites que c'est une attitude.
04:37...
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