- il y a 8 mois
Avec Hervé de Lépineau, député RN de Vaucluse
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00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états.
00:06Le Premier ministre Sébastien Lecornu renonce à son renoncement et a finalement annoncé hier qu'il utiliserait le 49-3 pour faire adopter le budget 2026.
00:14Un passage en force qui valide notamment le deal passé avec le parti socialiste afin de s'éviter la censure.
00:19On en parle avec le député du Rassemblement National de la 3ème circonscription de Vaucluse, Hervé de Lépinault. Bonjour Monsieur le député.
00:25Bonjour Hervé de Lépinault, merci d'être avec nous en studio sur Sud Radio pour débattre de ce retour du 49-3.
00:32Tout d'abord bienvenue sur votre territoire natal, vous êtes né à Voulogne-Biancourt, donc vous êtes ici chez vous,
00:37mais vous êtes l'élu d'un territoire qui met très cher dans le comte à Venessin et vous êtes conseiller départemental de Carpentras.
00:44Je rappelle pour les plus jeunes qui nous écoutent que voilà, vous êtes sur le siège qu'a occupé Marion Maréchal et Julien Aubert.
00:50Non, non, pas Julien Aubert, Julien Aubert c'était le député de la 5ème circonscription.
00:54La 5ème exactement, c'est à côté, voilà. Mais vous c'était la circonscription de Marion Maréchal.
00:57De Marion dont j'ai été le suppléant de 2012 à 2017.
01:01Et vous vous êtes au municipal opposé au maire sortant qui était de Monsieur Francis Adolphe, du socialisme, voilà.
01:07Donc il y a une vie politique locale assez animée dans ce coin de paradis, j'appelle vraiment un coin de paradis,
01:12qui est en train de dépérir totalement, culture de la truffe, de la fraise, la cerise de Venasse, des tragédies.
01:18Je vous réinviterai un jour pour parler de ce territoire parce qu'il mérite, il est tellement symbolique des souffrances que traverse ce pays
01:25et des gâchis auxquels on est confronté.
01:28Là je vous invite, alors je dis au secours le PS revient, c'est moi qui le dis Monsieur le député, je ne vous le fais pas dire,
01:35avec cet usage du 49.3 pour lequel le Premier ministre Sébastien Lecornu s'était engagé à ne pas en faire usage
01:42considérant qu'effectivement le 49.3 est réducteur du droit du Parlement à l'Assemblée Nationale.
01:47Et puis finalement on y revient. Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:49Déjà je trouve qu'il est particulièrement dangereux pour un Premier ministre de renoncer de facto et de manière officielle
01:56à un outil qu'offre la Constitution.
01:58Je pense que ce jour-là, Monsieur Lecornu aurait mieux fait se taire.
02:02Mais toujours est-il qu'il a pris un engagement devant les Français
02:05et force est de constater que trois mois plus tard l'engagement n'est pas tenu.
02:09C'est un service énorme qu'il a rendu au 49.3, il en a démontré l'utilité.
02:13On s'est dit mais ce 49.3 qui est réducteur quand même du droit de l'Assemblée Nationale
02:16puisqu'il permet au gouvernement de faire passer une loi sans vote.
02:19On a dit mais que le général de Gaulle, Michel Debré, quand ils ont fait cet article,
02:22c'était à l'époque parce qu'ils avaient des problèmes de crainte majorité.
02:25Et là on se rend compte que le 49.3 dans une situation donnée, avec un blocage des institutions, il est très utile.
02:30Merci Sébastien Lecornu, n'est-ce pas, pour le 49.3 ?
02:33Non, parce que je pense qu'il s'est émoqué des Français et des parlementaires.
02:37Ah vous pensez ça ?
02:38Oui, parce qu'à partir du moment où vous avez...
02:41Je pense qu'il aurait aimé. Non, il aurait rêvé de faire passer la loi au vote.
02:44Alors moi je vais vous donner mon sentiment profond.
02:46Avec ce que vous dites, soit Monsieur Lecornu est un naïf, soit c'est un cynique.
02:51Je pencherais plutôt pour la deuxième solution.
02:53Bon, et moi pour la première.
02:57Conclusion, la loi va passer, le budget va passer quand même très, j'allais dire, biscornu, amoindri, retouché,
03:06avec une très forte influence quand même du Parti Socialiste.
03:09Parce qu'il est dramatique, puisque vous avez un impolitique qui est devenu le Parti Socialiste,
03:131,7% à la dernière présidentielle, qui devient la variable d'injustement d'un gouvernement qui n'a pas de majorité,
03:22bien que, et je voudrais que les auditeurs l'entendent,
03:25ce gouvernement qui est fait de briquets de broc, se retrouve sous le vocable socle commun.
03:32Eh bien lorsqu'on fait la somme des groupes parlementaires qui constituent ce socle commun,
03:37LR, Horizon, UDI, Modem, Renaissance, on arrive à 53% des députés.
03:43Ce qui veut dire que formellement, Monsieur Lecornu avait une majorité absolue.
03:47Le problème de ces députés, c'est qu'ils soutiennent le gouvernement comme la corde soutient le pendu.
03:51Donc ils ne siègent pas, là je l'ai vu sur les débats de la semaine dernière,
03:57grosso modo les trois quarts des députés du socle commun n'étaient pas dans l'hémicycle.
04:01Ah, paradoxal. Alors 68 députés au PS malgré les incètes du score à l'élection présidentielle,
04:07je vous rappelle 68 députés grâce au vote du Front Républicain,
04:10qui ont été élus avec des votes des électeurs de droite du centre qui ne pensaient pas comme eux.
04:14Donc merci le Front Républicain pour avoir obtenu une situation totalement ubue.
04:20Est-ce que vous reprenez un peu les propos de Jean-Philippe Tanguy, le président de votre groupe,
04:25qui dit que vous avez eu une majorité pour repousser les motions de censure ?
04:28Où est cette majorité pour faire passer le budget ?
04:30Pour faire passer le budget ?
04:31Mais comme ils sont en fait sur une construction complètement baroque, hétéroclite,
04:38les intérêts sont totalement divergents.
04:40Mais vous connaissez la bonne formule paysanne, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses.
04:45Et aujourd'hui, force est de constater que les LR seront une fois de plus les coctus de l'affaire,
04:51puisque M. Wauquiez, la main sur le cœur, nous répète à l'encant,
04:54n'ont surtout pas d'augmentation d'impôts.
04:56Or, quand un gouvernement aux abois deal avec le Parti Socialiste,
05:00il deal avec le Parti qui, dans son essence même, ne propose que l'impôt et la taxe.
05:08Députés LR qui ont également été élus avec des voix de gauche, c'est la contradiction.
05:13On peut dire que le RN et l'UDR sont les seuls groupes qui ont été élus par leur peuple.
05:18Personne n'est allé voter RN ou UDR en se pinçant le nez,
05:21comme ça a été le cas pour le Front Populaire ou pour le Républicain.
05:25Pour autant, pour revenir sur le 49-3, est-ce que, oui ou non,
05:29alors je m'adresse aux députés, est-ce que finalement il a son utilité ?
05:33Alors, à utiliser parcimonie, c'était ça l'esprit de la 5ème République,
05:36est-ce qu'il peut avoir son utilité dans un cas comme celui-là ?
05:39Pour moi, il est le constat d'un échec.
05:41C'est-à-dire que le Premier ministre n'a pas été capable de présenter une feuille de route
05:46qui pourrait fédérer un maximum, une majorité de parlementaires.
05:50Donc, c'est en quelque sorte un coup de sifflet final d'une partie qui n'est pas allée à son terme.
05:58Alors, je pense toujours, moi, au parlementaire, mais également aux administrateurs de l'Assemblée
06:02qui phosphorent quand même depuis des jours et des jours
06:06et qui voient leur travail partir à la poubelle.
06:08puisque, en définitive, c'est la feuille de route que va redessiner, réécrire le gouvernement
06:14avec, comme Pygmalion, le Parti Socialiste.
06:20Et c'est un constat d'échec, il faut dire la chose, très simplement.
06:23Le Parti Socialiste qui, du coup, est totalement en rupture avec la France Insoumise
06:26qui les accuse de sociotraitres et de collaboration avec la droite.
06:30On est, j'allais dire, dans le désœuvrement total.
06:33C'est une partie du « je te tiens par la barbichette » qui finit lamentablement.
06:36Il finit lamentablement, au détriment de l'économie française,
06:39puisque, je suis désolé, mais il y a pratiquement 8 milliards d'impôts.
06:43Alors, venons-y, le contenu de ce budget, alors ce 49-3 va permettre de faire passer quel budget, monsieur le député ?
06:48Alors, on essaye d'avoir les infos, puisque, pour l'instant, ça n'a pas fuité dans le détail.
06:55D'ailleurs, j'ai cru comprendre que le rapporteur de la Commission des Finances
06:59s'en est ému ce matin à la réunion des présidents, en disant
07:02« je suis quand même quelqu'un d'assez essentiel dans le dispositif,
07:05je ne connais toujours pas les contours précis ».
07:07M. Coquerel, M. Coquerel ne sait pas ce qu'il y a dans le budget.
07:08Non, ce n'est pas M. Coquerel, c'est le rapporteur LR.
07:12Le rapporteur LR. Coquerel, c'est le président.
07:15Exactement, c'est le rapporteur.
07:16Donc, on est dans une situation où le gouvernement cache sa copie
07:20pour la révéler le plus tard possible.
07:22Alors, normalement, nous allons avoir un premier 49-3 sur le volet des recettes,
07:27mais il faut que les Français sachent qu'on n'a toujours pas évoqué
07:30dans le cas des débats parlementaires, le volet dépense.
07:33Or, le volet dépense, ce sont les fameuses économies.
07:35Et en ce qui concerne le Rassemblement National, dans le cadre de notre contre-budget,
07:39nous, nous avions 50 milliards d'économies à proposer
07:42pour non seulement enrayer la machine infernale des intérêts de la dette,
07:46mais également ramener le déficit à quelque chose de supportable.
07:50Puisque le Premier ministre était si soucieux de tenir compte de l'avis du Parlement,
07:55mais de l'Assemblée Nationale au complet, selon ses sensibilités,
08:00est-ce qu'une de vos suggestions ou propositions a été retenue ?
08:04Exactement, aucune.
08:05Aucune.
08:06Donc, on continue dans le système macronique depuis 2017.
08:09C'est-à-dire, toujours plus de dettes, toujours plus de déficits,
08:13toujours plus de démagogie, et en fait, c'est la politique du pire.
08:17C'est-à-dire qu'en 2027, puisqu'on sait qu'il y aura, a priori, quand même, une alternance,
08:23eh bien, on va laisser la situation la plus pourrie qui soit
08:25à ceux qui seront en charge des affaires de l'État.
08:28Et surtout, ne jamais écouter l'opposition.
08:30Jamais, jamais.
08:31Et passer en bloc.
08:32Alors, arriver à passer en bloc sans avoir de majorité nette, comme c'est le cas,
08:35c'est quand même une prouesse.
08:36C'est pour ça que, finalement, ils ont besoin du 49-3.
08:39Ce gouvernement peut tenir, si on va jusqu'à la présidentielle,
08:43on est à un peu plus d'un an encore de délai.
08:45Vous pensez que la France peut être gouvernée de cette façon ?
08:48Alors déjà, il tient parce que les députés,
08:52qui sont à l'origine de tout ce que vous avez décrit,
08:54sont rivés sur leur siège de parlementaire,
08:57comme des moules sur leur rocher.
09:00Donc, le drame, c'est que des intérêts particuliers
09:02ont totalement étouffé l'intérêt général.
09:05Hervé Lépineau, ils ne font que reculer pour mieux sauter.
09:07La facture arrivera quand même le jour.
09:08Entre-temps, les dégâts seront faits.
09:10J'étais hier à l'Assemblée, moi, au vœu de la CAPEB-Vaucluse,
09:14donc cette association qui regroupe des artisans.
09:18L'artisanat, donc le bâtiment en France, est aux abois.
09:21Et vous connaissez la formule, quand le bâtiment va, tout va.
09:24Et en ce moment, le bâtiment, il ne va pas bien du tout.
09:26Il n'y a pas que lui qui ne va pas bien du tout, mais lui, c'est un signal.
09:28Voilà, c'est un signal très fort,
09:29parce qu'il y a beaucoup d'inertie dans cette filière économique.
09:32Donc, nous avons le Mozart de la finance qui a mis le pays à genoux.
09:36Vous avez le Premier ministre qui a le culot de dire,
09:40dans les médias, dans sa conférence de presse crépusculaire,
09:43que le Rassemblement National aurait saboté son budget.
09:46Non, nous, on a fait notre travail d'opposant.
09:49On a déposé des amendements.
09:51Et je le répète, si les députés qui sont censés le soutenir
09:53ne siègent pas dans l'hémicycle,
09:56eh bien, il ne peut pas nous reprocher, nous, d'être présents.
09:59Et nous étions bien présents et en nombre.
10:01– Monsieur le député, au vu de ce fiasco,
10:03on va faire un petit peu de politique fiction,
10:05est-ce que vous pensez que le moment est venu pour les Républicains,
10:09le Rassemblement National, l'UDR, de se mettre autour d'une table
10:12et d'autres partis, j'allais dire, qui veulent un peu sauver la France
10:16pour se mettre d'accord sur un programme gouvernemental ?
10:18C'est prématuré ?
10:19– Alors, dire qu'on va se mettre autour d'une table,
10:21c'est une déclaration d'intention.
10:22Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les faits.
10:23– Alors, voilà.
10:24– Alors, voilà.
10:24– Vous avez dit…
10:25– Non, mais déjà, se mettre autour d'une table, ça serait bien.
10:27– Mais déjà, on va se mettre l'un à côté de l'autre dans l'hémicycle.
10:30Ce qui est déjà le cas, d'ailleurs, sur un plan strictement géographique.
10:33Mais vous avez, jeudi, la niche parlementaire du groupe
10:37Les Républicains à l'Assemblée.
10:40Le Rassemblement National sera présent en nombre de députés
10:43pour soutenir les textes que nous considérons utiles
10:46pour le bien commun et l'intérêt général.
10:48– Ça peut être réciproque ?
10:50– Alors, on a eu une petite réciproque.
10:53C'était sur la nécessité d'abroger les accords de 68,
10:57donc entre la France et l'Algérie.
10:59Et nous avons pu faire passer ce texte
11:00parce que Les Républicains s'étaient un petit peu mobilisés.
11:03Donc, voyez, en fait, il ne faut pas des déclarations d'amour,
11:06il faut des signes d'amour.
11:07– Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour.
11:09– Arvide Pignot, merci d'avoir été avec nous sur ce drapio.
11:11– Merci pour votre invitation.
11:12– Et voilà, je vous réinviterai pour parler du Vaucluse du Compte à Venessin.
11:15– Avec grand plaisir.
11:15– C'est certainement la suite des vicissitudes de la vie politique française et parlementaire.
11:19Merci beaucoup.
11:19– Merci.
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