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  • il y a 8 mois
Ce jeudi 8 janvier, BFMTV consacre une nouvelle émission présentée par Maxime Switek. En pleine crise agricole, économique et politique, les Français prennent la parole sur BFMTV.

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Transcription
00:00Les colères, elles ne sont pas nouvelles, ça dure depuis des mois.
00:02Déjà, je rappelle quand même que l'enjeu, ce qu'a déclenché les colères,
00:06c'est quand même la stratégie sanitaire, la dermatose nodulaire contagieuse.
00:10C'est ça qui a déclenché les colères.
00:12La surdité du gouvernement à écouter la souffrance des paysans et des paysannes.
00:15La surdité du gouvernement à écouter aussi des propositions qu'on a pu faire,
00:19d'expérimentation, mais aussi de vaccination.
00:22Et puis la méthode.
00:24Rappelez-vous aussi les gendarmes d'éloger les paysans et paysannes.
00:28Dans le Doubs, en Ariège, c'est ça qui a déclenché la colère.
00:32Rappelez-vous quand même.
00:33C'est là que vient l'origine de la colère, qui est aussi beaucoup plus profonde.
00:36Parce que c'est aussi les colères de 2024 qui sont encore très latentes.
00:40Les non-réponses du président Macron aux demandes qu'on avait pu faire sur le revenu,
00:45sur la régulation, la protection des paysans et des paysannes.
00:49C'est tout ça aussi qu'il y a derrière ça.
00:50Et puis bien sûr, le Mercosur.
00:52L'accord UE Mercosur.
00:53L'ambivalence de la France.
00:55L'ambivalence ce soir, c'est clair.
00:56Emmanuel Macron dit on votera contre.
00:57Oui, mais c'est trop tard.
01:00Et puis son ambivalence a fait que la France était fragile dans les négociations.
01:03La France est un grand pays agricole.
01:06Ils auraient dû prendre le lead et aller négocier.
01:08On est allé voir le Premier ministre.
01:09On lui a livré un billet d'avion pour aller en Roumanie.
01:13Parce qu'on sait que la Roumanie est à la décise.
01:15On lui a dit mais c'est à vous de faire le travail.
01:17Il nous dit mettez-vous dans la rue, allez, faites pression.
01:19Mais le travail politique, il était à faire avant.
01:22Le non de la France, il doit ouvrir aussi à une autre vision de l'agriculture, à une autre vision des politiques agricoles et s'opposer aux dérégulations des marchés, s'opposer au libéralisme.
01:33Je voudrais dire encore une chose parce que j'ai entendu des choses de la part de mes collègues.
01:36Mais je pense qu'on se trouve de combat.
01:38Le combat qu'on doit mener, nous, paysans en paysanne, ce n'est pas contre l'écologie, ce n'est pas contre l'environnement.
01:43Parce que les normes écologiques et environnementales sont là aussi pour nous protéger.
01:47Je parle qu'on a envie de retrouver des pesticides, mais on est les premiers à être victimes des pesticides.
01:52Quand j'entends qu'on veut aller puiser de l'eau avec des méga-bassines, mais en fait on a besoin de partager l'eau, la loi du plomb, c'était ses ambitions.
02:00La loi du plomb, c'était aussi pour ambition, la loi du plomb avait aussi pour ambition de concentrer les fermes et de faire disparaître les paysans et les paysannes.
02:08Relisez le texte sénatorial de Duplomb le lendemain de la prise de parole de Macron à Rungis où il appelait à une montée en gamme, il dit on va à la catastrophe parce qu'on perd en compétitivité.
02:21Nous, ce qu'on dit à la Confédération paysanne, c'est que l'agriculture n'est pas une compétition.
02:24L'agriculture a pour vocation à nourrir les populations, satisfaire la souveraineté alimentaire telle que nous on la définit, c'est-à-dire le choix des peuples à choisir leur alimentation et leur agriculture.
02:34Et c'est ça la vocation de l'agriculture, c'est pas de se mettre en compétition les uns avec les autres, avec des pays du Mercosur.
02:41Il faut vraiment revenir au centre de ce que c'est.
02:43Et les colères qui s'expriment, c'est ça en fait, c'est un basculement vers un monde sans paysans et paysannes dans les campagnes.
02:48Et nous, on le crie, on l'a dit au Premier ministre, c'est pas possible qu'on ait en France un basculement vers une financiarisation de l'agriculture, une fin de l'agriculture telle qu'on la connaît.
02:59– Il ne reste plus que, entre guillemets, 400 000 agriculteurs en France aujourd'hui.
03:03– Oui, dans les années 70, on était 1,5 million.
03:08Donc on a mis en place une politique productiviste qui a concentré les fermes, qui a spécialisé les régions et qui n'a jamais bénéficié aux paysans et paysannes.
03:19Moi, je suis fils de paysans depuis plusieurs générations, j'ai vu mon père souffrir du productivisme.
03:25Il était engagé dans une fière, très dépendant, aliéné aussi à l'agro-industrie.
03:30Parce que quand je dis qu'on se trompe de combat, qui va profiter des accords de libre-échange ?
03:34Qui va récupérer la marge du travail des paysans et des paysannes ?
03:37On ne parle jamais ici, nos collègues-là, ils ne parlent jamais en fait des grands groupes.
03:41Nous, on s'est battus contre l'actalis, qui a payé 450 millions d'euros de redressement fiscal.
03:46Il faut vous rendre compte un peu de ça.
03:47C'est eux qui captent la valeur des paysans et des paysannes.
03:49– Sous-titrage Société Radio-Canada
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