00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h41, Sud Radio vous explique, la colère dans le monde agricole n'est pas retombée, bien sûr.
00:12Nous sommes avec Quentin Leguillou, qui est secrétaire général des jeunes agriculteurs et agriculteurs lui-même en Eureloir.
00:19Bonjour Quentin Leguillou.
00:21Bonjour.
00:22Alors, il y a des négociations actuellement, des discussions avec Sébastien Lecornu.
00:28Il y a demain une annonce de manifestation avec des tracteurs qui pourraient venir sur Paris.
00:34D'ailleurs, je me pose la question, avec ce grand froid et cette neige, est-ce qu'il y aura finalement des tracteurs sur les routes ?
00:42Vous, vous êtes en Eureloir, où il a beaucoup neigé d'ailleurs, hier.
00:46Oui, tout à fait. On avait des mobilisations qui étaient prévues déjà hier en département, plutôt sur la Normandie, sur le nord de la France.
00:55Des mobilisations aussi qui devaient avoir lieu. Pour l'instant, ces mobilisations, étant donné que chez jeunes agriculteurs, on est plutôt des gens responsables,
01:04on n'a pas forcément envie d'aller mettre des tracteurs sur des routes verglacées.
01:08Et je crois que pour l'instant, les citoyens et les consommateurs ont plutôt besoin des tracteurs pour déneiger.
01:13Donc, nous, c'est ce que je sais. Personnellement, je ne le fais pas parce qu'hier, j'étais en rendez-vous chez M. Lecornu,
01:19mais mon frère sur la ferme est actuellement en train de déneiger les routes pour permettre à chacun de pouvoir repartir au travail,
01:26retourner dans les écoles. Voilà. Donc, pour l'instant, on revient plutôt aux fondamentaux, à l'accompagnement des gens avant de repartir dans les manifestations.
01:34Oui. Bon, même si la coordination urale maintient pour l'instant, mais ça peut bouger aussi les manifestations, évidemment, demain.
01:42Mais sur le fond, revenons quand même sur le rendez-vous avec Sébastien Lecornu.
01:48Qu'est-ce que vous lui avez demandé et qu'est-ce qu'il vous a répondu, Quentin Laguilloux ?
01:53Alors, on a deux sujets, on va dire fort, les sujets nationaux et les sujets européens.
01:58Les sujets européens, ça fait maintenant des mois, voire même des années qu'on le pousse parce que le sujet du Mercosur, qu'on est toujours.
02:05Le sujet du Mercosur devrait être potentiellement peut-être signé dans le week-end ou lundi.
02:11À partir de là, M. Lecornu, on a pu rééchanger pour voir quelles étaient encore les possibilités derrière pour essayer de débouter ce Mercosur-là.
02:20Il nous a expliqué encore une nouvelle fois le processus.
02:23C'est pour ça que dès maintenant, je peux vous le dire, nous serons mobilisés encore une partie du mois de janvier
02:30parce que potentiellement, si le Mercosur est signé, il arriverait au Parlement européen le 19 janvier.
02:36C'est pour ça que les jeunes agriculteurs, et sans parler en avance, mais en voyant un peu autour,
02:42potentiellement d'autres agriculteurs, peut-être aussi des FDSEA et des FNSEA,
02:46seront mobilisés à Strasbourg le 19 janvier pour essayer d'alerter les eurodéputés
02:53pour aller à l'encontre de ce Mercosur.
02:56On a parlé sur les taxes aussi sur les engrais, parce qu'on a des taxes européennes
03:00qui vont venir impacter les engrais pour les agriculteurs français.
03:04L'objectif pour le gouvernement, et le même que les agriculteurs, c'est zéro.
03:09On ne veut aucun impact sur le porte-monnaie des agriculteurs.
03:12– Et là, qu'est-ce qu'ils vous répondent, Sébastien Lecornu ?
03:16Parce que j'ai l'impression qu'ils avancent dans ce sens pour vous donner quelques gages quand même, non ?
03:21– Ils ont l'air d'aller plutôt dans ce sens.
03:23Ils nous ont dit négocier encore actuellement avec l'Union européenne
03:27pour avoir l'impact le plus bas possible,
03:29et que si l'Union européenne arrivait au bout,
03:31ils étaient prêts à peut-être lever des frais de douane sur des importations,
03:36pour essayer de limiter les impacts sur le coût des engrais agricoles.
03:41Donc, on sent une volonté d'aller dans le bon sens.
03:44– Oui, mais sur le Mercosur, maintenant,
03:48Emmanuel Macron s'était engagé à tout faire pour ne pas que ce soit signé.
03:53J'ai l'impression que l'Italie prévoit de soutenir maintenant l'accord avec le Mercosur.
03:57Mélanie, elle a regardé les intérêts du pays.
04:00Donc, j'ai l'impression que l'affaire est pliée, non ?
04:03– Sur le Mercosur, ça va devenir dur.
04:05C'est pour ça qu'on ne va pas lâcher de notre côté.
04:09Nous, la position, elle est toujours pareille, c'est le non.
04:11Et on va essayer d'épuiser tous les recours possibles
04:14pour retarder et reculer cette échéance du Mercosur,
04:18le temps que, en fait, soit que le Mercosur soit totalement abandonné,
04:24ou soit que tout soit revu.
04:25Parce qu'on est sur quand même un sujet qui date de 1999.
04:29Il s'est passé des dizaines d'années quand même depuis.
04:32Donc, ce sujet du Mercosur doit être revu.
04:35Chez les jeunes agriculteurs, on n'est pas pour le libre-échange.
04:37Mais il faut un libre-échange construit convenablement avec les agriculteurs.
04:41Et là, malheureusement, ça va à l'encontre des agriculteurs.
04:44– Bon, dites-moi, un dernier mot, Quentin Guillou.
04:47Je ne sais pas ce qui va se passer pour le prochain salon de l'agriculture,
04:51qui est prévu le 21 février à Paris.
04:54Mais ça risque quand même d'être chaud,
04:56parce que le Mercosur viendra d'être acté.
04:59Est-ce que ce salon se tiendra normalement, d'ailleurs ?
05:01C'est l'une des questions.
05:03– On a, cette semaine avant le salon d'agriculture,
05:07on a un sujet, des sujets nationaux, avec la DNC.
05:10On peut voir qu'aujourd'hui, on a des filières bovines
05:13qui refusent de venir parce qu'il y a un risque maladie,
05:18DNC, dermatose nodulaire.
05:20On a tout un tas d'autres sujets qui pèsent aussi énormément
05:22sur les filières françaises, que ce soit sur la prédation,
05:26des grosses attaques de loups.
05:27On a des gros sujets aussi sur la crise viticole,
05:31la crise des céréaliers.
05:32Donc on va, on risque de vivre, encore une fois,
05:35un salon qui pourrait être chaud et tendu.
05:38C'est pour ça que nous, ce qu'on demande,
05:39c'est au gouvernement d'agir maintenant,
05:42de manière à ce qu'on arrive au salon,
05:44on va dire, beaucoup plus serein.
05:45Malheureusement, le temps va être court.
05:48Il est à fois long cette semaine,
05:49mais c'est très court et très rapide.
05:51Donc il faut agir très rapidement maintenant.
05:53C'est le gouvernement qui a la balle, à eux d'agir.
05:55– Merci beaucoup, Quentin Le Guillou,
05:57et on va surveiller ça.
05:59Il y a de nouvelles discussions aujourd'hui,
06:01de nouvelles rencontres avec Sébastien Lecornu,
06:04le Premier ministre.
06:05Il est 7h47.
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