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  • il y a 2 semaines
Ce mercredi 31 décembre, dans son édito, Mathieu Jolivet a parlé des défis budgétaires auxquels sera confronté pour l'année 2026 Sébastien Lecornu, qui ne peut passer en force, avec le 49.3, sans abîmer son image de Premier ministre du compromis et qui court en même temps le risque de faire plonger le pays dans un chaos budgétaire, s'il refuse le 49.3. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business.

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Transcription
00:00C'est l'édito de Mathieu Jolivet ce matin dans votre édito, vous vous projetez sur 2026, Mathieu,
00:06qui sera un véritable chemin de croix pour notre Premier ministre, Sébastien Lecornu.
00:10Oui, déjà un chemin de croix budgétaire, on est dans une situation inédite,
00:13une loi spéciale qui a déjà été votée pour faire tourner l'État quelques semaines.
00:17Concrètement, la France vit à crédit en mode prorogation budgétaire
00:21et le Premier ministre est sommé, entre Noël et le jour de l'an, de trouver une majorité qui n'existe pas.
00:27S'il passe en force avec le 49-3, Sébastien Lecornu abîme son image de Premier ministre du Compromis,
00:33nommé justement pour calmer le jeu politique.
00:35S'il refuse le 49-3, il prend un risque bien plus grave, celui du chaos budgétaire,
00:39une crise de trésorerie de l'État et une perte de crédibilité financière de la France vis-à-vis des marchés et de l'Europe.
00:46Je vous rappelle que la France a prévu de lever un montant record de 310 milliards en 2026
00:51et que face à elle, il y a le grand retour de l'Allemagne sur les marchés,
00:54Berlin qui emprunte à nouveau des sommes colossales pour financer son plan de relance
00:58et pour muscler son armée en urgence.
01:00On a donc le sentiment qu'il est perdant à chaque coup.
01:03Soit il gouverne contre le Parlement, soit il laisse l'État sans budget.
01:07Dans les deux cas, il perd quelque chose.
01:09En 2026, il s'agit aussi pour Sébastien Lecornu de réarmer la France en période d'austérité, Mathieu.
01:16Oui, la loi de programmation militaire jusqu'à 2030 prévoit 413 milliards d'euros.
01:21C'est la plus forte hausse de l'effort de défense qu'on ait connu depuis la fin de la guerre froide.
01:25L'objectif affiché, il est clair, préparer la guerre de haute intensité,
01:29tirer les leçons de l'Ukraine, produire plus vite, plus fort, plus longtemps.
01:32Le chef d'État-major des armées a récemment fait un tableau très sombre des menaces extérieures dans le monde.
01:37Alors, on s'est tous focalisés sur la polémique de sa petite phrase,
01:40« Il faut accepter de perdre ses enfants ».
01:42Mais la réalité de son discours, c'est que la France doit se préparer à un monde plus dangereux,
01:47qui se brutalise à vitesse grand V.
01:49Dans ce contexte, un signal faible mais très politique,
01:52l'actualisation de cette loi de programmation militaire,
01:55censée ajuster les crédits à la réalité géopolitique,
01:58eh bien, elle a été repoussée à début 2026.
02:01Voilà donc le chemin de croix de Sébastien Lecornu.
02:03C'est aussi celui d'un Premier ministre sommé de préparer la guerre
02:07dans un pays qui reste mentalement en temps de paix.
02:09En 2026, il y aura aussi plus prosaïquement l'enjeu des municipales, Mathieu ?
02:15Oui, pour Sébastien Lecornu, l'enjeu, ce sera de sauver des fiefs
02:18et d'éviter une déflagration du bloc centriste.
02:212026, c'est le premier vrai test électoral à Matignon.
02:24En temps normal, les municipales, ça sert à parler de cantines, de transports, de sécurité, de proximité.
02:30En réalité, en 2026, on va parler de pouvoir d'achat, d'autorité de l'État,
02:35mais aussi de 10 ans de macronisme au pouvoir.
02:37L'objectif de Sébastien Lecornu est donc défensif.
02:40Il faut limiter la case dans les grandes villes et sauver le maillage des mers centristes.
02:45Pardon, je continue.
02:47Les municipales qui vont être difficiles, vu les rapports de force qui sont en jeu.
02:52Oui, regardez ce qu'on a sous nos yeux.
02:53On a un rassemble national qui est très fort sur le ressentiment social,
02:58qui est très audible sur la sécurité,
02:59qui est capable de transformer chaque colère en vote national,
03:03comme on l'a vu aux européennes ou dans les villes qu'ils contrôlent déjà,
03:06comme Énim-Beaumont ou Perpignan.
03:07À gauche, même s'ils semblent désunis à Paris ou à l'Assemblée,
03:10ils sont plus disciplinés localement,
03:12capables de monter des accords assez pragmatiques
03:14entre écologistes, socialistes et insoumis.
03:17Puis on a les républicains qui sont affaiblis nationalement,
03:19mais encore assez puissants sur le terrain,
03:21avec un réseau d'élus encore assez enraciné,
03:24plus de 3000 maires, les républicains.
03:26Et puis la France insoumise, moins implantée dans les petites communes,
03:29mais très active dans les grandes villes et les bastions militants.
03:32Et puis enfin, au centre, un pouvoir qui est fatigué,
03:35qui est fragmenté, perçu comme technocratique après 10 ans de pouvoir.
03:39Un atout quand même pour ces municipales,
03:42Mathieu Sébastien Lecornu, c'est un élu de terrain.
03:45Oui, c'est un élu qui est très enraciné.
03:47Il connaît les baronies, il connaît les équilibres territoriaux.
03:50Après, il est dans une position ultra compliquée.
03:53Pendant la campagne des municipales,
03:55il devra justifier ses arbitrages budgétaires,
03:57dire pourquoi l'État serre la vis
03:59pendant que les maires, eux, ils encaissent les colères locales.
04:02Si les municipales tournent mal,
04:03eh bien ça freinera sa capacité à réformer.
04:06Il risque alors de se retrouver
04:07en simple gestionnaire des affaires courantes.
04:10Voilà, donc c'est un chemin de croix de Sébastien Lecornu
04:12qui s'avère douloureux en 2026.
04:14En janvier, un budget douloureux.
04:16En mars, des municipales qui s'annoncent explosifs.
04:19Le tout dans un contexte de colère qui monte
04:21avec un monde agricole toujours hyper mobilisé
04:23et un malaise des classes moyennes
04:25très accrant sur le pouvoir d'achat.
04:27Merci beaucoup Mathieu Jolivet
04:29pour cet édito politique de dernier jour de l'année 2025.
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