00:00On va prendre des nouvelles de Sébastien Lecornu ce matin avec vous, Arthur Berda.
00:04Un mois après sa renomination à Matignon, on a connu, disons-le, des premiers ministres moins discrets.
00:09Non, c'est vrai, Sébastien Lecornu, il est très discret.
00:12Pour autant, il s'active en coulisses pour faire la pédagogie de son action, notamment en matière budgétaire.
00:18Et alors, pour l'instant, il porte un regard assez mitigé sur la situation.
00:22À la fois, il est rassuré de voir que l'Assemblée a été capable de s'entendre samedi soir
00:28pour voter la partie recette du budget de la Sécu.
00:31Il y voit un signal positif.
00:33Et en même temps, il ne se fait pas d'illusion sur les chances quasi nulles d'adoption d'un quelconque texte dès la première lecture.
00:40En fait, il fait le pari que le filtre à café, c'est son expression de la navette parlementaire,
00:45va faire son œuvre en éliminant progressivement les irritants des uns,
00:49comme le doublement de la taxe GAFAM,
00:52et en assouplissant les exigences des autres,
00:54comme le dégel des pensions de retraite ou du barème de l'impôt.
00:57Autrement dit, il veut croire que l'on finira bien par atterrir, bon an, mal an,
01:01sur un texte qui sera votable par les deux chambres d'ici la fin de l'automne.
01:05C'est en tout cas la seule issue qu'il envisage,
01:08parce que contrairement à ce que certains imaginaient,
01:10non, Sébastien Lecornu ne veut pas revenir sur sa parole.
01:13Et donc, il ne veut pas avoir recours ni aux 49.3, ni aux ordonnances.
01:18Autrement dit, il veut responsabiliser le Parlement à tout prix,
01:21y compris si cela doit lui coûter une censure.
01:24Donc c'est un Premier ministre dont la vie ne dépend que du budget.
01:26En tout cas, ce qu'il aimerait, c'est que sa vie ne dépende pas que du budget.
01:30Pour l'instant, c'est le cas.
01:31Mais il voudrait qu'il en soit autrement.
01:32Et c'est pour cela qu'il a décidé d'organiser son gouvernement en différents pôles.
01:36Alors, les ministres ne sont pas connus.
01:38C'est le problème quand on prend des techniciens qui sont aussi experts qu'anonymes.
01:42Mais leurs thématiques, elles, elles sont identifiées.
01:45Il y a d'abord un volet régalien qui a été prioritairement chargé d'avancer sur la question de l'Algérie
01:51et d'obtenir des résultats avec un mot d'ordre assez cash.
01:54Je vous le donne en mille.
01:55Ne ramenez pas votre gueule, mais ramenez Boualem Sansal, objectif atteint depuis deux jours,
02:00même s'il reste désormais Christophe Glaze à libérer.
02:03Et puis, il y a ensuite un môle territorial qui doit avancer sur cette promesse de la décentralisation,
02:08maintes fois annoncée, jamais mise en œuvre.
02:10Et enfin, un dossier plus agricole avec cette question explosive du Mercosur
02:15qui vient de revenir sur le devant de la scène, sans compter toutes les urgences qui s'ajoutent par ailleurs.
02:19C'est le principe, quand on est à Matignon, vous savez, l'enfer de Matignon.
02:22On dit que les emmerdes remontent toutes à Matignon, comme par exemple, ça a été le cas avec l'affaire Chihine.
02:27Bref, les sujets ne manquent pas, ce qui risque de manquer en revanche,
02:30c'est à la fois le capital politique et peut-être aussi un peu de temps.
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