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Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l’union française des pêcheurs artisans (UFPA)

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##ACTU_DU_JOUR-2025-12-24##

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Transcription
00:00Artisans, agriculteurs, commerçants, pêcheurs, producteurs, petits entrepreneurs ont décidé de s'unir au sein d'un mouvement associatif avec l'objectif de réveiller leur terroir, de défendre leur souveraineté alimentaire et énergétique.
00:12Objectif, reconstruire un lien social et sociétal entre producteurs et consommateurs et s'opposer aux réglementations technocratiques européennes.
00:19On en parle avec Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l'Union française des pêcheurs artisans.
00:24Bonjour Jean-Vincent Chantreau.
00:25Bonjour Maud.
00:27Bonjour Jean-Vincent.
00:28Bonjour Féricault.
00:28Merci d'être avec nous sur ce radio aujourd'hui en cette grande journée du 24 décembre et ce soir évidemment les produits français seront à l'honneur, les produits de la mer notamment que vous représentez ici.
00:39J'étais il y a quelques instants encore en ligne avec Stéphane Layani, le patron de Rungis qui disait il reste un potentiel formidable en termes de production et d'excellence alimentaire.
00:48Pour autant le secteur de la mer on le sait en souffrance, on le sait menacer, les ressources, les licences.
00:55Est-ce que la marée française fait encore rêver Jean-Vincent Chantreau ?
01:01Écoutez, elle fait rêver certes quand on a les produits de la mer dans nos assiettes.
01:05Malheureusement aujourd'hui les producteurs, les pêcheurs aujourd'hui vivent des situations dramatiques.
01:11Tous les regards des médias sont aujourd'hui posés sur l'agriculture et ils ont bien raison parce que nos abris agriculteurs souffrent.
01:19Mais la pêche artisanale française est exactement dans le même bateau si je puis m'exprimer ainsi.
01:25Et même pire.
01:27Nous avons aujourd'hui, nous seulement nous représentons 13 000 pêcheurs en France.
01:33Alors c'est vrai qu'on ne pèse pas lourd par rapport aux 450 000 agriculteurs.
01:37Mais pour vous dire, 80% des produits de la mer aujourd'hui en France sont importés et importés en provenance de pays tiers qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires, les mêmes normes sociales, sociétales que celles que l'on nous impose en France.
01:51Donc il y a forcément des distorsions de concurrence et nous le Mercosur on le vit depuis longtemps et à très haut niveau.
01:57C'est ce que je voulais vous dire. Le Mercosur est un enjeu, j'allais dire, de produits territoriaux et continentaux.
02:04Là, vous êtes vous victime d'une concurrence déloyale, pas libre, totalement faussée à tous les niveaux, avec des impacts et des conséquences environnementales.
02:13Parce que la mer c'est la nature.
02:15Et de même qu'on peut dire qu'un agriculteur c'est les jardiniers de la France, vous êtes aussi, j'allais dire, les jardiniers de la mer.
02:21Et c'est grâce à vous qu'on a encore des océans qui peuvent produire de bons poissons.
02:25Mais si on vous l'œuvre en pâture à une concurrence déloyale et déréglementée, là vous ne jouez plus avec les mêmes règles. On est d'accord.
02:34C'est certain. Et qui plus est, nous sommes traités de manière injuste par l'Union Européenne.
02:39Je vais vous citer à titre d'exemple les quotas qui ont été renégociés il y a dix jours maintenant au niveau de Bruxelles.
02:46On nous a imposé sur certaines espèces comme Macron, par exemple, une réduction des captures de plus de 70%.
02:52Je ne sais pas si vous imaginez, 70% de captures en moins.
02:56Tout ça parce que des navires industriels non européens, russes, norvégiens, séringiens,
03:02viennent pêcher des populations et des stocks dans le nord de l'Atlantique Est,
03:07alors que nos stocks et nos populations en France vont très bien.
03:10Donc il y a un décalage complet entre les constats scientifiques de l'Union Européenne et puis...
03:20Oui, on a une petite rupture avec Jean-Versant Chintreau qui nous explique la concurrence déloyale dont est victime la pêche française.
03:29Effectivement, nous avons de grands bateaux industriels, russes, norvégiens, japonais.
03:34Vraiment, c'est des bateaux-usines qui s'installent sur un territoire maritime,
03:38pompent la totalité de la ressource,
03:40transforment ça soit en chair, soit en farine animale pour l'élevage du piscicole,
03:47soit deviennent des produits qui sont destinés à l'industrie agroalimentaire.
03:51Et cela, évidemment, constitue des ravages et des dégâts considérables par rapport à nos pêcheurs artisans français
03:59qui, eux, respectent les lois d'environnement, respectent les quotas, sont limités tous les ans.
04:03Les quotas de pêche, c'est Bruxelles qui les fixe et qui dit espèce par espèce.
04:08Eh bien, vous aurez le droit de pêcher tant de tonnes cette année, tant de tonnes à tel endroit, selon la variété.
04:13Tout ça est très réglementé.
04:15Comme nos agriculteurs français, les pêcheurs sont soumis eux aussi à des règles et à des normes
04:20qui ne sont pas correctes, parce qu'on ne les impose pas à ceux qui viennent de l'étranger,
04:23on les impose à eux.
04:25Et c'est eux qui payent toujours les pots cassés.
04:26Jean-Vincent Chintreau, est-ce qu'on vous a retrouvé ?
04:28Oui, oui, je suis là.
04:29Voilà. Est-ce qu'il y a moyen...
04:33Est-ce que les pouvoirs publics, d'abord, est-ce que le gouvernement...
04:35On voyait le gouvernement, Mme Gennevard, se mobiliser pour la dermatose.
04:39Est-ce que vous avez une écoute de la part des pouvoirs publics et des gouvernements par rapport à cette crise ?
04:44Est-ce que vous vous sentez défendu par les pouvoirs publics français ?
04:48Non, absolument pas.
04:50Et c'est pour ça que, si vous voulez, aujourd'hui, il y a une prise de conscience que j'en estime nécessaire
04:54entre tous les artisans, entre tous les producteurs, entre tous les gens qui travaillent avec les métiers de bouche,
05:01c'est-à-dire les agriculteurs, les pêcheurs, les bouchées,
05:05tous les professionnels qui sont impliqués dans le secteur agroalimentaire,
05:10pour travailler ensemble.
05:11Et c'est pour ça que nous avons créé ce nouveau mouvement qui s'appelle Réveil des terroirs,
05:16avec des gens de la coordination rurale, avec des gens, des collectifs d'artisans, bouchers, commerçants,
05:25et aussi avec des consommateurs, parce qu'il est important de recréer ce lien,
05:32ce tissu social entre les producteurs et les consommateurs,
05:35pour que les consommateurs comprennent nos problématiques,
05:38et qu'ils décident, eux, aussi, d'avoir un comportement vertueux par rapport à leurs achats.
05:44Et si vous voulez, on ne peut pas nous imposer, d'un côté, de respecter des normes,
05:48qui, bien évidemment, sont obligatoires pour la santé du public,
05:52mais nous mettre en distorsion de concurrence avec des produits importés,
05:56qui, eux, bien évidemment, sont moins chers, mais ne respectent pas ces mêmes normes.
05:59– C'est très important ce que vous dites, Jean-Vincent Châtrou,
06:01donc cette initiative Réveil des terroirs et des miroirs,
06:05puisque ça concerne aussi les produits maritimes,
06:07vous voyez, c'est un enjeu, bon, personnellement,
06:09c'est un combat que je mène depuis des années,
06:12je pars du principe que manger, c'est voter,
06:14que l'acte alimentaire est un acte politique, social, économique, bien entendu,
06:18que, bien entendu, les parties prenantes,
06:20que ce soit les agriculteurs, les artisans, les producteurs,
06:22y compris les agro-industriels, qui, quelquefois, font de la qualité,
06:25mais, bien sûr, que le consommateur, le citoyen consommateur,
06:28doit se sentir impliqué, doit participer,
06:31moins mais mieux, disait tout à l'heure Stéphane Ayani,
06:33il y a toujours moyen de privilégier les produits français,
06:36les produits de qualité, pas parce qu'ils sont meilleurs,
06:38ils sont meilleurs aussi parce qu'ils sont produits
06:40dans des conditions de respect de la nature,
06:43avec de la passion de l'artisanat.
06:45Donc, Réveil des terroirs, c'est quoi ?
06:46Dites-nous-en un petit peu plus, c'est une association, c'est un mouvement ?
06:48– Réveil des terroirs, pour l'instant, est une association,
06:51en cours de constitution, puisque nous nous avons déposé les statuts
06:54la semaine dernière seulement.
06:55Ce mouvement est appelé à se transformer très rapidement
07:01en organisation syndicale professionnelle et citoyenne.
07:07C'est-à-dire que nous voulons créer un réel mouvement collectif,
07:11démocratique, qui va permettre à la fois aux producteurs
07:14et aux consommateurs de prendre conscience des réalités
07:18de la nécessité d'avoir une souveraineté alimentaire
07:22et aussi une souveraineté énergétique.
07:24– Comment s'y impliquer, Jean-Baptiste Chantroux,
07:26comment s'y impliquer, comment nous, les médias,
07:28comment les consommateurs, comment est-ce qu'on peut vous rejoindre,
07:30comment on peut vous accompagner dans cette formidable initiative ?
07:33– Alors, d'ici deux, trois jours,
07:36vous allez avoir la possibilité de rejoindre notre mouvement,
07:41Réveil des terroirs, directement sur le site
07:43de Hello Association, Hello Asso,
07:46en tapant Hello Asso slash Réveil des terroirs,
07:50et vous pourrez rejoindre notre mouvement,
07:52qui, encore une fois, est un mouvement associatif,
07:57type loi de 1901, sans but lucratif.
08:00Notre but est réellement de promouvoir nos activités
08:03et de défendre nos intérêts.
08:04– Mais à terme, ce que nous voulons faire,
08:06à très court terme,
08:07c'est nous constituer en organisation syndicale professionnelle,
08:12avec, encore une fois, les consommateurs,
08:15pour mener des actions concrètes.
08:17Et là, nous avons fait appel à différents mécènes,
08:21et puis nous espérons aussi pouvoir travailler
08:24avec nos cotisations professionnelles,
08:26et pouvoir réellement avoir des actions concrètes
08:29sur la valorisation de notre patrimoine alimentaire,
08:31pour défendre notre souveraineté alimentaire
08:34et notre souveraineté énergétique.
08:36L'énergie énergétique est, pour nous, très très importante,
08:38parce que vous comprenez bien que, pour un boulanger,
08:40bien évidemment, le prix de la farine est très important,
08:43mais le prix de l'électricité aussi est important.
08:45– On sait les dégâts que ça a occasionnés,
08:47le nombre de boulangeries qui ont dû,
08:48d'artisans, qui ont dû mettre la clé sous la porte,
08:50parce qu'ils avaient une facture énergétique
08:51qui était plus compatible avec leur chiffre d'affaires.
08:53Jean-Vincent Châtrot, cette initiative des terroirs,
08:57contrairement aux promesses politiques du gouvernement
09:00qui parlent de souveraineté alimentaire,
09:01ça, c'est un véritable encouragement,
09:05c'est un véritable engagement où tout le monde peut s'impliquer
09:07pour la souveraineté alimentaire, on est d'accord ?
09:09– Tout à fait, tout à fait, tout le monde est concerné,
09:11tous les producteurs, tous les prestataires de services
09:14qui sont tout au long de la chaîne de distribution
09:17des produits et des produits alimentaires,
09:20mais bien également aussi les consommateurs,
09:22parce que ce sont eux qui, au bout de la route,
09:25définissent quelle est la stratégie que l'on doit suivre
09:28et qui doivent être les premiers défenseurs
09:31de notre souveraineté alimentaire.
09:32– Est-ce que les syndicats agricoles,
09:35les organisations professionnelles, les filières,
09:37je pense que vous allez les contacter les unes après les autres,
09:41est-ce qu'elles peuvent s'impliquer elles aussi
09:42si elles veulent vous accompagner dans cette démarche ?
09:45– Alors, bien évidemment, vous le savez peut-être,
09:47mais nous, au niveau de l'Union française des pêcheurs artisans,
09:51ça fait déjà deux ans que nous travaillons la main dans la main
09:53avec la coordination rurale, nous avons fait le salon d'agriculture
09:56ensemble l'année dernière, et avec l'ancienne équipe,
09:59avec Véronique Lefloc, avec Patrick Legras, etc.,
10:01on continue notre mouvement, on continue cette structuration,
10:06et bien évidemment, la porte est ouverte à tous les syndicats,
10:09parce que notre mouvement est en processus.
10:11nous ne défendons pas seulement qu'un cluster de l'agroalimentaire,
10:15on défend tous les producteurs artisans de l'agroalimentaire,
10:20les commerçants, les distributeurs, les transformateurs,
10:24et aussi les citoyens, et donc les consommateurs.
10:29C'est vraiment un mouvement transversal,
10:31et vous savez, on a fait ne serait-ce qu'un petit test
10:35pour savoir, à travers les principaux secteurs,
10:38les principaux clusters de l'agroalimentaire,
10:40quelles étaient leurs cinq principales problématiques.
10:43Eh bien, figurez-vous qu'on a tous les mêmes.
10:46Toutes les mêmes, c'est les mêmes propositions,
10:48les mêmes problématiques.
10:49On est bien d'accord.
10:50C'est l'énorme, c'est le poids de l'Europe,
10:53c'est le poids de l'administratif,
10:55c'est le poids des charges,
10:57c'est nos problèmes d'importation et de distorsion de concurrence,
11:00et le problème de l'énergie.
11:02Voilà les cinq thèmes qui reviennent en boucle.
11:04Il est bien évident que c'est ensemble
11:06que nous pouvons régler ces problématiques
11:08et imposer nos décisions et nos préoccupations
11:11au niveau de l'État,
11:12mais aussi nous voulons le faire au niveau de l'Union Européenne.
11:14Vous confirmez, Jean-Vincent Chintrault,
11:16que c'est en se serrant les coudes,
11:19en étant solidaires,
11:20en dépassant les clivages idéologiques,
11:22ou j'allais dire sectoriels,
11:24ou d'intérêts pécuniaires,
11:26qu'on peut rencontrer sur nos filières,
11:28au point où nous en sommes dans cette détresse.
11:30La souveraineté de la France est menacée,
11:32c'est la première fois qu'on va importer plus de produits alimentaires
11:34qu'on en exporte.
11:35On voit bien la crise qui ravage nos campagnes et les détresses,
11:38et je pense qu'aujourd'hui,
11:39nous avons le potentiel social, culturel, humain,
11:42comme je disais en se serrant les coudes,
11:44d'un acte de solidarité,
11:46et que la souveraineté alimentaire,
11:47elle passe par cette solidarité,
11:49par ce partage de ce combat commun
11:50qui est le combat de l'avenir de la France,
11:52on est bien d'accord ?
11:53Tout à fait, vous savez,
11:54malheureusement, il y a dans tous ces mouvements
11:57des luttes d'égo, si je puis dire.
11:59Il y a des batailles de clochers,
12:01entre savoir si vous êtes de la coordination rurale,
12:05de la confédération rurale,
12:06des jeunes agriculteurs,
12:08de l'Union française des pêcheurs artisans,
12:09mais encore une fois,
12:11nos problématiques sont toutes,
12:12identiques.
12:13Et notre mouvement se veut apolitique
12:15et se veut d'être fondé
12:17sur des propositions concrètes.
12:19Et nous avons des propositions,
12:20aussi bien pour l'agroalimentaire
12:21que pour l'agriculture,
12:23que pour la pêche,
12:24que pour la transformation des produits.
12:26Et ça, ça doit être fait
12:27en coopération et en coordination
12:28avec le souhait des consommateurs.
12:30Je disais dans mon humeur
12:31au début de l'émission
12:32que voilà, nous avons 10 jours de répit,
12:34de fin d'année.
12:35On a été évidemment,
12:37nous les médias,
12:37porteurs souvent de mauvaises nouvelles.
12:39Nous avons témoigné
12:40de la détresse, de la souffrance,
12:41mais qu'il y a de l'espoir
12:42qui reste dans ce pays.
12:43Et une initiative comme la vôtre,
12:44Jean-Vincent Châtrou,
12:45prouve qu'il y a encore de la ressource,
12:47que si on se met d'accord,
12:49que si on espère,
12:50et que si on se retrousse les manches
12:52tout en prenant le taureau par les cornes,
12:54il y aura toujours moyen
12:54de trouver des solutions.
12:55Quelquefois, on ne croyait plus.
12:57Et vous êtes le témoignage
12:58qu'il y a encore de l'énergie
13:00et de la volonté dans ce pays
13:01pour nous sortir de là où on en est
13:03et que la France continue d'être
13:04la grande référence
13:05de la qualité alimentaire
13:07à tous les pouvoirs d'achat.
13:09On est bien d'accord sur cette idée ?
13:12Tout à fait, tout à fait.
13:13C'est ensemble que nous réussirons
13:15à surmonter ce challenge
13:16qui se pose à tous.
13:19Celui d'avoir réellement
13:20des produits dans notre assiette
13:22qui viennent de nos terroirs,
13:25qui ont été produits
13:26par nos paysans,
13:28par nos agriculteurs,
13:29par nos pêcheurs,
13:30qui ont été distribués
13:33par nos commerçants.
13:35Parce que voilà,
13:36c'est le fondement même
13:37de notre nation.
13:38C'est notre terroir.
13:39Ce sont nos terroirs,
13:41notre territoire.
13:42Et c'est indispensable
13:43de préserver ces valeurs.
13:45Nous en sommes bien conscients.
13:46Les valeurs de la France.
13:47Nous en sommes bien conscients,
13:48Jean-Vincent Chateau.
13:49Merci pour votre témoignage.
13:50Merci pour votre présence.
13:51On aura bien entendu
13:53l'occasion de se retrouver.
13:54Je vous souhaite
13:54de bonnes fêtes
13:56et une bonne fin d'année
13:56et gardez l'espoir
13:58et l'énergie qui est la vôtre
13:59pour défendre ce patrimoine
14:00prestigieux.
14:01Merci.
14:01Merci.
14:02Merci.

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