00:00Beaucoup Pierre Herbulouf, Céline Landreau.
00:05RTL Matin jusqu'à 9h30.
00:07Il faut un budget en janvier.
00:09Sébastien Lecornu l'a martelé hier soir en s'adressant aux Français.
00:12Il se dit persuadé que c'est possible si les calculs politiques sont mis de côté.
00:17Bonjour Sébastien Chenu.
00:18Bonjour Madame.
00:19Député RN du Nord, vice-président du parti mais aussi de l'Assemblée Nationale.
00:24Le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi.
00:28C'est ce qu'a promis le Premier ministre hier soir.
00:31Vous entendez quoi ? La musique du 49-3 qui approche ?
00:33Oui bien sûr, le scénario est écrit depuis très longtemps.
00:36Sébastien Lecornu nous balade depuis très longtemps.
00:38Il sait que ça se terminera comme ça parce que les Républicains et les Socialistes ont décidé de se vendre pour pas grand chose
00:45parce qu'ils ont peur de se retrouver devant les électeurs.
00:47Donc ils ne veulent pas d'une dissolution.
00:49Donc à la fin, 49-3, dépôt de motions de censure probablement de différentes oppositions.
00:55Ça peut être le RN, ça peut être LFI, mais surtout pas de vote de ces motions de censure par LR ni le PS.
01:01Et donc le budget passe comme ça.
01:02Le scénario est écrit depuis le premier jour.
01:06En attendant, l'État va continuer à tourner avec cette loi spéciale à laquelle vous ne vous êtes pas opposé.
01:10Elle a été adoptée à l'unanimité par les deux chambres.
01:13C'était évident ?
01:14Oui, c'était évident.
01:15Personne ne veut que les fonctionnaires ne puissent pas être payés.
01:18Personne ne veut que l'État s'arrête de fonctionner.
01:20Donc nous, nous avons fait preuve de responsabilité.
01:22En revanche, nous n'acceptons pas ce budget qui fait la poche des Français.
01:27C'est quand même 20 milliards d'euros d'impôts de plus.
01:30Où sont passés d'ailleurs les grands opposants aux hausses d'impôts qui étaient les Républicains ?
01:35Où sont-ils passés ?
01:37Ils acceptent tout ça.
01:38Ils se sont vendus.
01:39Vous ne l'acceptez pas ce budget ?
01:40On l'entend, mais on a le sentiment que le RN est peut-être un petit peu le perdant politiquement de cette séquence.
01:48Vous n'êtes pas au cœur des compromis qui se nouent.
01:50Est-ce que vous n'avez pas une crainte d'avoir un peu raté le coche, d'avoir raté peut-être des occasions, de faire adopter des mesures qui vous tenaient à cœur ?
01:56Je pense au PLFSS qui, lui, a été adopté.
01:59Non, mais on a fait adopter des mesures, notamment la fin de l'abattement pour les retraités.
02:03Ça, on l'a fait adopter.
02:04Ça a été voté parce que le RN était présent.
02:08Sauf que vous n'avez pas voté l'ensemble du PLFSS, malgré tout.
02:11D'accord, mais à la fin, nous n'avons pas la majorité.
02:14Ça n'échappe à personne.
02:15D'ailleurs, personne n'a la majorité.
02:16Donc, le nœud gordien du budget, il est là.
02:20C'est-à-dire qu'il doit y avoir, pour le faire passer, des arrangements.
02:23Ils sont faits sur le dos des Français.
02:25Ils sont faits sur le dos du pouvoir d'achat des Français.
02:28C'est ça que nous n'acceptons pas.
02:30Quand j'écoute le Premier ministre, ça me fait penser, effectivement,
02:33puisque cette actualité, c'est le Père Noël, est une ordure.
02:36C'est-à-dire que, franchement, c'est les Français qui, à la fin, vont payer davantage.
02:41Il y a zéro économie, zéro baisse des dépenses,
02:44et surtout, ni le déficit, ni la dette ne vont payer.
02:47C'est-à-dire qu'en fait, ils ne règlent rien.
02:49Ce gouvernement est dans une fuite en avant.
02:52Mais qu'est-ce qu'il y a à mettre à votre crédit, à l'issue de cette séquence,
02:55Sébastien Chenu, pardon, mais même la suspension de la réforme des retraites,
02:58on ne peut pas dire quel est de votre fait ?
03:00C'est-à-dire que ce qu'il y a à mettre à notre crédit,
03:02c'est d'avoir fait reculer le gouvernement sur un certain nombre de choses.
03:05Nous, on a participé, en votant, notamment, la fin de la fiscalisation des indemnités journalières,
03:11on a participé à faire reculer le gouvernement sur un certain nombre de mesures
03:15dans ce musée des horreurs qui est celui du budget.
03:19Mais ce n'est évidemment pas satisfaisant.
03:21On n'a pas réussi sur tous les coups,
03:23et ce gouvernement revient avec une copie qui est inacceptable.
03:26Et encore une fois, je crois que vraiment, non seulement c'est inacceptable pour les Français,
03:31mais ça ne résout rien.
03:32Et c'est peut-être là où Sébastien Lecornu est assez malhonnête avec les Français,
03:37c'est qu'il leur fait les poches, mais il ne résout aucun des problèmes.
03:41Moi, je pense qu'on est reparti pour, malheureusement, un tour.
03:45Vous avez commencé cet entretien en disant
03:46« La fin de l'histoire est déjà écrite, il y aura 49.3 ».
03:49Pendant des semaines, vous nous avez aussi dit
03:51« La fin de l'histoire est déjà écrite, il y aura une dissolution ».
03:54Vous ne l'avez pas eu pour Noël, est-ce que vous espérez que le Président vous offre ce retour aux urnes
04:00d'ici la prochaine présidentielle ? Vous y croyez encore ?
04:02Mais ce serait à la fois logique par rapport à la situation politique bloquée,
04:06et ce serait la grandeur d'un Président de la République que de dire « La situation est bloquée ».
04:10Et pour qu'il y ait 49.3, il faut que Sébastien Lecornu acte qu'il n'y a pas de consensus à l'Assemblée nationale.
04:15Et bien donc, s'il n'y a pas de consensus, si la machine est bloquée, il faut la débloquer.
04:19Et moi, je pense qu'Emmanuel Macron a l'occasion, avec les élections municipales,
04:22de déclencher une élection législative anticipée,
04:25et pour cette dernière année, de donner une majorité à l'Assemblée nationale.
04:30Pourquoi ? Parce qu'on va arriver bientôt en 2027.
04:32Que se sera-t-il passé de 22 à 27 ?
04:35Rien. Le pays aura décliné, le pays se sera abîmé,
04:38les finances publiques auront été excessivement abîmées par la Macronie et ses alliés LR et socialistes.
04:44Aucune réforme d'ampleur en 5 ans, rien du tout.
04:46Le bilan est catastrophique.
04:48Il y a une année encore à sauver.
04:49Et bien nous, on dit, Emmanuel Macron, nous on est prêts à sauver cette dernière année.
04:53C'est l'une des informations de la nuit, Sébastien Chenu.
04:55Les Etats-Unis ont décidé de sanctionner et d'interdire de séjour 5 personnalités européennes
05:00qui étaient engagées contre la désinformation en ligne.
05:02C'est le cas du français Thierry Breton qui dénonce un vent de maccartisme.
05:05Est-ce que vous comprenez, vous, ce matin, la décision de l'administration Trump ?
05:08Non, pas du tout.
05:10Pour moi, d'ailleurs, les Etats-Unis...
05:11Parce que vous n'avez pas toujours défendu Thierry Breton, donc...
05:13Oui, d'accord, mais ce n'est pas Thierry Breton en lui-même qui pose problème,
05:16qu'on aime ou qu'on n'aime pas Thierry Breton.
05:18Pour moi, les Etats-Unis, c'est un pays de liberté.
05:20Et je trouve que cette façon de faire de l'administration Trump
05:24face à quelqu'un qui se penche sur la régulation des plateformes,
05:27en fait, c'est ça que fait Thierry Breton,
05:28il se penche sur la régulation des plateformes,
05:31eh bien, ça sonne mal à mon oreille.
05:34Je pense que l'administration Trump,
05:36non seulement se trompe sur le fond,
05:38mais se trompe sur la forme, sur l'image
05:39qu'elle renvoie des Etats-Unis au monde entier.
05:43Sébastien Chenu, on termine aujourd'hui le calendrier de l'Avent.
05:45Il y a un autre compte à rebours
05:46qui est enclenché dans 20 jours.
05:47Maintenant, s'ouvre le procès en appel de Marine Le Pen.
05:50C'est l'affaire des assistants parlementaires du FN.
05:53Marine Le Pen, condamnée à deux ans de prison ferme
05:55et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate
05:58au terme d'un premier procès,
05:59mais présumée innocente, on le rappelle,
06:01puisqu'elle a fait appel.
06:03Vous êtes un proche de Marine Le Pen.
06:04Comment elle l'aborde, ce nouveau procès ?
06:07Comme elle l'est aujourd'hui.
06:08Elle est sereine et combative.
06:10Sereine parce que je pense qu'elle a confiance
06:11dans l'institution judiciaire.
06:13Elle se dit que sa culpabilité n'est pas prouvée.
06:18Son innocence doit être prouvée, elle, en appel.
06:22Et donc, elle est sereine, elle est combative.
06:24Mais est-ce qu'elle va garder la même stratégie de défense,
06:25celle qui n'a pas fonctionné, on le rappelle,
06:27lors du premier procès ?
06:28C'est à elle de le choisir.
06:29On n'en avait pas parlé.
06:30Ce n'est pas à moi, en tous les cas,
06:31de dévoiler la stratégie de Marine Le Pen.
06:34Mais je crois que Marine Le Pen a pour elle cette sincérité.
06:36Vous savez, la sincérité est aussi une stratégie,
06:39écrivait Jean Hanouil.
06:40Eh bien, je crois que c'est cette sincérité de Marine Le Pen
06:42devant la justice française qui lui permettra,
06:45au final, de rencontrer les Français
06:46au moment de l'élection présidentielle.
06:48Et elle n'a pas changé d'avis.
06:49Si l'inéligibilité est confirmée
06:52au terme de ce procès en appel,
06:54elle n'attendra pas la décision de la Cour de cassation
06:56pour se retirer et laisser la place à Jordan Bardella
06:58en vue de la prochaine présidentielle ?
06:59Bien sûr, parce qu'une décision de Cour de cassation
07:01arriverait quelques mois avant la présidentielle,
07:03ce qui rendrait l'élection présidentielle en elle-même,
07:06en tout cas pour notre candidat,
07:08pour nos idées, pour notre time politique,
07:09beaucoup plus compliqué.
07:11Donc Marine Le Pen, ce qu'elle veut,
07:12c'est que nos idées soient au pouvoir.
07:14Elle est aujourd'hui celle qui doit les porter.
07:16Nous, on est tous rangés derrière elle.
07:18Et je crois qu'on peut le faire
07:19avec beaucoup de confiance aujourd'hui.
07:21Il a assez d'énergie.
07:22Jordan Bardella, pour prendre la suite,
07:24choisissement à dessein,
07:25le Premier ministre lui-même s'en amusait hier
07:27à l'Assemblée nationale.
07:28Mesdames et Messieurs les députés,
07:30Madame la Présidente Marine Le Pen,
07:32je me demande où est-ce que vous trouvez
07:34toute cette énergie ?
07:36Pour ceux qui n'ont pas les sous-titres,
07:38on rappelle que ça fait référence
07:40à une séquence télé sur le plateau
07:41de Quelle Époque,
07:42dans laquelle Jordan Bardella est, disons,
07:44moquée par Roselyne Bachelot
07:45pour son manque d'imagination.
07:46On lui demande en fait la question
07:48qu'il aimerait poser à plusieurs personnalités.
07:50séquence qui a beaucoup tourné
07:51sur les réseaux sociaux,
07:52humiliation, on dit certains.
07:55Est-ce que vous le voyez comme ça
07:56ou est-ce qu'au contraire,
07:56ça ne sert pas là aussi votre candidat ?
07:59Non, mais je crois que Mme Bachelot
08:00est plus efficace dans le registre
08:01des grosses têtes
08:02que dans le registre de la politique
08:04et qu'elle aurait pu faire preuve
08:05d'un peu plus d'élégance.
08:06Au-delà de ça,
08:07Jordan Bardella,
08:08pour revenir sur votre question,
08:10à l'énergie,
08:11la capacité,
08:12les épaules,
08:13la carure
08:13pour s'engager dans des combats.
08:15il en a gagné déjà
08:15un certain nombre
08:16contrairement à d'autres.
08:19Je pense qu'il a gagné
08:20d'ailleurs plus d'élections
08:20que Mme Bachelot.
08:23Jordan Bardella,
08:24adoubé
08:24par Nicolas Sarkozy
08:26qui dit que
08:27votre président
08:28lui fait penser
08:29au RPR
08:29du temps de Chirac
08:30se rappelle
08:32aux années 70-80.
08:34C'est une nostalgie
08:35que vous partagez ?
08:35C'est plutôt
08:36un compliment
08:37parce que
08:38le RPR
08:38de ces années-là,
08:40c'était un grand mouvement
08:41populaire
08:41qui rassemblait
08:42de l'ouvrier
08:43au chef d'entreprise,
08:45tous les Français
08:46dans leur diversité
08:47et je pense
08:48que c'est plutôt
08:49l'énergie
08:51pour y revenir
08:52qu'avait Chirac
08:53à cette époque,
08:54ce qu'était le RPR
08:55à cette époque
08:55et plutôt
08:56ce qui peut manquer
08:57au pays aujourd'hui.
08:58Vous-même,
08:58vous avez des liens
08:59avec Nicolas Sarkozy,
09:00Sébastien Chenu,
09:01vous lui avez écrit
09:02plusieurs fois
09:02lorsqu'il était en prison,
09:03une lettre chaque semaine,
09:04il le raconte
09:05dans son livre,
09:06parle de
09:06missives assez longues,
09:09contenus sensibles,
09:10personnels,
09:11humains.
09:11Pourquoi vous lui avez écrit ?
09:13Parce que dans ma philosophie,
09:15d'abord,
09:15on ne se renie pas.
09:17Moi,
09:17j'ai été sarkoziste
09:18pendant les années Sarkozy,
09:20ce n'est pas un mystère.
09:22J'ai quitté
09:22l'UMP
09:23parce que
09:24ce parti politique
09:25avait pris
09:25une tendance
09:27libérale
09:28et européiste
09:29qui ne me plaisait pas.
09:30J'ai rejoint
09:30avec beaucoup de bonheur
09:31Marine Le Pen
09:32il y a 13 ans
09:33maintenant
09:34et je pense aussi
09:35que c'est lorsque
09:36quelqu'un
09:37à un genou à terre
09:38est victime
09:38d'une injustice.
09:39Moi,
09:39je déteste l'injustice
09:41et Nicolas Sarkozy
09:42comme d'autres Français
09:43peuvent en être victimes
09:44était victime
09:44et victime
09:45d'une injustice.
09:46C'était ma façon
09:47à moi
09:47de lui dire
09:48que j'étais là
09:50dans ma petite place
09:53en tous les cas
09:54et de lui témoigner
09:54un soutien.
09:55On a pu lire dans la presse
09:56que vous aviez même hésité
09:57à vous rendre
09:57à une séance
09:58de dédicaces
09:59dans ces livres.
10:00Vous êtes fan à ce point-là ?
10:01Non, je ne vais pas hésiter
10:02à me rendre
10:02à une séance
10:03de dédicaces
10:04je présidais une séance
10:06à l'Assemblée
10:06ce jour-là
10:07donc ça aurait été compliqué
10:08mais je ne suis pas fan
10:10vous savez
10:10je vous l'ai dit
10:11dès le début
10:11moi je ne me renie pas
10:12j'ai été sarkozyste
10:16ça fait partie
10:17de mon histoire politique
10:18je ne me renie pas
10:19certains veulent essayer
10:21de faire oublier
10:21ce qu'ils ont été
10:22dans le passé
10:22moi je pense que dans la vie
10:23il faut tout assumer.
10:25Merci beaucoup Sébastien.
10:25Joyeux Noël !
10:26Belle fête de fin d'année
10:28Joyeux Noël
10:28effectivement à vous aussi
10:30député RN du Nord
10:32vice-président du parti
10:33vice-président aussi
10:34de l'Assemblée Nationale
10:35merci d'être venu répondre
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