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  • il y a 9 heures

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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Un jour, une vie.
00:03Merci d'être avec nous en direct sur RTL.
00:06Vous le savez, tous les matins de 9h30 à 10h,
00:08toutes vos vies et toutes vos légendes sont sur RTL.
00:11Aujourd'hui, on va donc s'intéresser à la vie mystérieuse de Vincent Crouset.
00:16Bonjour Vincent.
00:17Bonjour Faustine.
00:18Merci beaucoup d'être avec nous.
00:19Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous avez le physique de l'emploi.
00:22Vous le pouvez.
00:23Mais exactement, on dirait un acteur un peu américain,
00:25un petit côté un peu Harrison Ford ou Daniel Craig.
00:28Vous pourriez parfaitement jouer dans James Bond, dans un film, on vous l'a déjà dit ?
00:31Oui, un peu amorti quand même.
00:33J'aime bien cette expression, amorti.
00:36Vous avez été agent secret au sein de la DGSE avant de devenir auteur et expert en géopolitique.
00:41Vous publiez dans deux jours, le jour où je suis devenu espion aux éditions de l'Observatoire.
00:47Alors justement, quel est le jour où vous vous êtes senti vraiment espion professionnel, au-delà de votre formation ?
00:53C'était une nuit, une nuit assez profonde.
00:56Le décollage d'un Pilatus, c'était un avion, un bimoteur, au départ de Kinshasa, à destination de l'Angola.
01:03Il y a eu la compression, vous savez, juste avant le décollage.
01:07L'avion a décollé, c'était un avion assez puissant, piloté par des pilotes sud-africains, des forces spéciales de
01:13l'armée sud-africaine.
01:15Et là, vraiment, je partais pour la grande aventure.
01:18Et à ce moment-là, je me suis dit, voilà, je vais vraiment...
01:21J'y suis.
01:21J'y suis.
01:22J'y suis.
01:22J'y suis pleinement.
01:23Et vous m'avez fait rire parce que je me dis que vous avez vraiment des réflexes, des réflexes d
01:27'espion, puisque j'ai des feuilles sous mes yeux.
01:30Et avant même de commencer, vous avez pris une feuille pour regarder ce qu'il y avait écrit dessus.
01:35Vous m'avez dit, je suis très curieuse.
01:36Je me suis dit, oui, écoutez, vous êtes surtout un peu filou.
01:39Quelle est la question qu'on vous pose le plus quand vous dites que vous avez été espion ?
01:42Aujourd'hui, vous ne l'êtes plus depuis 9 ans.
01:44Mais qu'est-ce qu'on vous pose comme question ?
01:46Alors, c'est assez amusant.
01:48C'est une question qui est liée au mensonge et finalement à un monde de mensonges.
01:55Comment on fait pour mentir tout le temps et être tout le temps dans le mensonge par rapport aux autres,
01:59par rapport à ses proches ?
02:01Au-delà de tous les fantasmes qui sont portés par le métier, qui sont notamment véhiculés par la fiction, par
02:07un monde de fiction.
02:08Puisqu'on rentre tous, en fait, dans le monde de l'espionnage à travers la fiction.
02:11Notre imaginaire est nourri par James Bond, OSS 117, etc.
02:17Et finalement, c'est un monde beaucoup plus complexe, beaucoup plus pragmatique.
02:22Moins glamour ?
02:23Moins glamour, oui.
02:25Mais il y a des côtés glamour aussi.
02:26Qu'est-ce que c'est glamour ?
02:27Le voyage, la découverte, se retrouver dans des univers qui ne sont pas les siens, parfois exotiques.
02:34Moi, j'ai eu la chance d'être très rapidement projeté.
02:36On appelle ça projeté, dans le monde de l'espionnage.
02:38Projeté dans des pays que je ne connaissais pas, qui m'ont permis d'ouvrir les yeux sur des situations
02:43qui, pour moi, étaient assez, comment dire, je les voyais à travers mes yeux de jeunes occidentaux.
02:49Et le fait de voyager, de me retrouver justement dans ces pays avec toute la complexité
02:54m'a permis, en fait, de changer très rapidement mon scope sur les choses.
03:00Et glamour, parce qu'on rencontre des gens différents, parce qu'on s'ouvre aux autres
03:05et qu'on sort un petit peu de son quotidien.
03:08Parce qu'on saute au-dessus des trains habillés en smoking ?
03:10Non, je me suis retrouvé en smoking, oui, pour aller jouer au casino à Kampala, en Ouganda,
03:18où il y avait énormément de choses intéressantes à glaner dans ce casino.
03:21Alors, on va reprendre, évidemment, toutes les étapes de votre formation,
03:25même à vos envies quand vous étiez petit garçon.
03:27Mais juste, puisque je voudrais qu'on soit très concret,
03:29est-ce qu'un jour, vous avez vraiment eu peur qu'on découvre votre véritable identité d'espion ?
03:35Un jour, c'était en août 1998, je me suis retrouvé coincé à la frontière,
03:40entre la République démocratique du Congo, qui est ce très grand pays au centre de l'Afrique,
03:45et la Zambie.
03:47Et j'ai été interpellé et arrêté par l'Agence nationale du renseignement,
03:51qui était le service de sécurité congolais.
03:54J'ai passé une très mauvaise journée.
03:56On m'a mis tout nu dans un conteneur à la frontière.
03:59Mais il y a eu un moment assez drôle qui m'a permis beaucoup de distanciation
04:02et de me détacher de la situation.
04:04Drôle ?
04:05Oui, parce qu'un blanc tout nu dans un conteneur,
04:07vous avez tous les enfants du village qui viennent le voir.
04:10Et vous avez 100 gamins en arc de cercle,
04:15devant le conteneur.
04:17Et je voyais un petit Africain qui louchait sur...
04:19On m'avait juste laissé mon Walkman.
04:21Vous savez, à l'époque, on avait des Walkmans Sony
04:23qui fonctionnaient avec des piles.
04:27Et je voyais cet enfant qui regardait mon Walkman avec beaucoup d'envie.
04:31Et je lui ai laissé mon Walkman.
04:33J'écoute beaucoup de musique baroque.
04:35Il a écouté jusqu'à épuisement des piles,
04:38La Passion selon Saint Mathieu.
04:41Et je pense souvent à cet enfant.
04:42Je me dis, qu'est devenu ce jeune Congolais qui écoutait Bac à 5 ans ?
04:49Ce jour-là, vous avez eu peur ?
04:51Non, pas vraiment.
04:53J'ai toujours eu cette chance de me...
04:57Toujours eu cette chance, finalement,
05:00de vivre ça au second ou au troisième degré.
05:02Et plus c'était chaud, plus je vivais ça comme une fiction.
05:04Et ça m'aidait beaucoup.
05:06Et d'ailleurs, je conseille à tout le monde,
05:08quelle que soit la situation,
05:09si vous rencontrez une difficulté dans la vie,
05:11vivez-le comme une fiction.
05:13Et vous verrez, ça passera beaucoup plus facilement.
05:14Alors, vous me parlez des moments où ça a été chaud.
05:16Justement, on va en parler dans un instant.
05:18Vous allez me raconter comment vous avez été recruté,
05:20formé, observé, traqué.
05:23Et puis, comment, surtout, on vit avec ces fameuses légendes,
05:26avec plusieurs identités.
05:27A tout de suite sur RTL.
05:29Je vous laisse mes feuilles pour continuer à fouiller.
05:30On parle d'espionnage.
05:41Je ne pouvais pas m'en empêcher, Vincent.
05:42Je ne pouvais pas m'en empêcher.
05:44Vous êtes de retour dans Un jour, une vie sur RTL.
05:47On s'intéresse tous les matins à vos vies passionnantes
05:50de 9h30 à 10h.
05:52Et ce matin, c'est donc Vincent Crouzet qui nous passionne.
05:54Il a passé 27 ans en tant qu'espion à travailler pour la DGSE.
06:00Et je souris encore une fois,
06:01parce que je voudrais tout raconter à nos auditeurs.
06:03Juste avant de commencer,
06:03je susurrais quelque chose à mes équipes dans le micro.
06:07Et je disais que vous ressembliez donc à un comédien.
06:09Et vous avez entendu, alors que jamais on m'entend.
06:11J'étais en train de marmonner.
06:13Mais quand on est espion, je ne sais pas quoi,
06:14on développe tous ses sens.
06:16Vous avez une oreille supersonique ou quoi ?
06:18Non, malheureusement, j'aimerais...
06:21Non, mais on reste curieux.
06:22On reste curieux en tout.
06:23Oui, on a été...
06:25On est choisi pour ses capacités d'adaptabilité,
06:29d'adaptation, de curiosité.
06:31Il faut rester curieux dans la vie de toute manière.
06:32Que l'on soit espion ou pas.
06:33Vous aviez toujours rêvé d'être un espion,
06:35quand vous étiez petit garçon, par exemple ?
06:37Non, je n'ai pas toujours rêvé d'être un espion.
06:39En revanche, j'ai lu de l'espionnage très tôt chez ma grand-mère,
06:42qui possédait toute la collection des James Bond de Jan Fleming.
06:44Donc, on a entendu le générique de John Barry, tout à l'heure.
06:48Et je les ai dus dans l'ordre.
06:50Et le premier que j'ai ouvert, c'est Casino Royale,
06:52qui est le premier des James Bond.
06:54Où d'ailleurs, Jan Fleming, le créateur de James Bond,
06:58définit la silhouette de l'agent secret.
07:00Et finalement, je suis rentré pleinement dans le monde de l'espionnage,
07:03à travers les premières lignes de Jan Fleming,
07:05et d'écrivant l'agent 007.
07:08Donc très jeune.
07:09Avec permis de tuer.
07:10Comment ? Avec quoi ?
07:11Avec permis de tuer le concernant.
07:13Vous ne l'avez pas, vous ?
07:14Quand on est espion, on n'a pas le permis de tuer ?
07:15Non, je n'ai jamais été armé.
07:17Vous n'êtes pas armé en tant qu'espion ?
07:19Non, surtout pas.
07:20Quand vous opérez sur les zones de crise,
07:24sur les théâtres d'opération,
07:25si vous vous capturez avec une arme,
07:27vous passez pour un mercenaire,
07:29et vous êtes passible souvent de la peine de mort.
07:31Avant de devenir agent secret,
07:33vous en étiez où de votre vie professionnelle ?
07:35Comment ça se passe, le recrutement d'un espion ?
07:38Alors, je voulais travailler dans ma montagne.
07:40J'ai grandi aux arcs, en haute parenthèse,
07:43dans une station de sport d'hiver.
07:44Et je dois dire que j'avais fait des études,
07:47j'ai fait Sciences Po à Grenoble, etc.
07:49Mais mon rêve secret, c'était de travailler
07:51à l'école du ski français, tout simplement.
07:53Ah, rien à voir ?
07:54Rien à voir, oui.
07:55Pas du tout.
07:55Non, non, non, non.
07:56Mon truc, c'était le ski, le tennis, le golf,
07:59et pas du tout courir le monde.
08:02Et puis, pendant mon service national,
08:05j'ai souvent été invité par l'adjudant-chef de la sécurité militaire
08:10à venir discuter avec lui le soir, etc.
08:14Et puis, un jour, un mois ou deux mois,
08:16après avoir terminé mon service national,
08:18j'ai été contacté par quelqu'un qui m'a dit,
08:19ben voilà, nous sommes des amis de l'adjudant-chef Intel,
08:23et nous souhaiterions vous rencontrer.
08:25Je ne savais pas trop où j'allais,
08:26et on m'a juste donné un rendez-vous
08:28dans un bistrot du 8e arrondissement,
08:30qui s'appelait L'idéal, qui existe toujours.
08:33D'ailleurs, ils n'ont pas choisi, à mon avis,
08:35ce bistrot par hasard, qui s'appelait L'idéal.
08:37Et j'ai rencontré un type très impressionnant
08:39au fond du bistrot,
08:41qui m'a cuisiné pendant deux heures.
08:44Cuisiné, déjà, est-ce qu'il vous dit
08:45pourquoi vous êtes contacté ?
08:46Parce que vous me dites, je ne savais pas
08:47pourquoi on m'avait appelé
08:48et on m'avait convoqué dans ce bar.
08:51Lui, est-ce qu'il vous dit, clairement ?
08:53Oui, d'entrée, il me le dit.
08:54Mais d'entrée, il me met la pression,
08:58il essaye de me déstabiliser,
09:00de voir comment je peux réagir.
09:01Et d'entrée, je prends ça comme un jeu.
09:03Et finalement, je finis par rire.
09:05Et c'est lui qui est déstabilisé,
09:07parce qu'il ne comprend pas,
09:08il pense m'avoir impressionné,
09:09et pas du tout.
09:10Et il me donne 3-4 jours
09:12pour prendre ma décision.
09:13Et je la prends en descendant
09:14à toute vitesse, à toute volée,
09:16les escaliers du métro Saint-Philippe-du-Roule.
09:19Et je me suis dit, ok, allons-y.
09:20Vous aviez quel âge ?
09:21J'avais donc 25 ans, 25, 26.
09:24Vous n'aviez pas...
09:24C'était quoi ?
09:25C'était l'excitation ?
09:26Vous étiez un peu tête brûlée ?
09:27Ou vous n'imaginez pas
09:28ce que ça représentait d'être un esprit ?
09:29Oui, il y avait le côté rimbaldien du voyage,
09:32l'envie de partir en voyage.
09:34C'était plus le jeu
09:35et le goût de l'aventure,
09:36de la grande aventure,
09:37qui me plaisait plus qu'autre chose.
09:40Je pourrais me réfugier derrière
09:42des choses beaucoup plus nobles,
09:43comme le patriotisme,
09:44la défense du drapeau, etc.
09:46Non.
09:46Mais ça, ce sont des choses
09:47qui sont venues après,
09:48qui sont venues très rapidement après,
09:52en m'avouant, finalement,
09:53tout ce que tu fais n'est pas vain
09:54et tu le fais pour ton pays.
09:55Et finalement, tu le fais comme les autres,
09:57comme la somme du travail
09:58de tous les autres
09:59pour être un peu le bouclier
10:01de la société dans laquelle
10:02tu aimes vivre.
10:03Et pour moi, ça faisait sens.
10:04On va parler de votre formation
10:05dans un instant.
10:06D'abord, je rappelle
10:07que vous êtes bien sûr RTL,
10:08qu'on parle d'espionnage aujourd'hui
10:10avec Vincent Crouzet,
10:11qui a été espion
10:12pendant presque 30 ans.
10:14Vous étiez en couple
10:15à cette période-là ?
10:16Vous allez me dire
10:17je me mêle de ce qui ne me regarde pas,
10:18mais vous aussi,
10:18vous êtes espion.
10:19Oui, je me suis marié
10:21quelques mois après.
10:23Oui, j'ai été marié.
10:25Alors, ma question,
10:26évidemment, a un sens.
10:28Est-ce que vous avez pu dire
10:29à votre épouse
10:30le métier que vous alliez embrasser ?
10:32Non, à l'époque, non.
10:33Cette occupation-là
10:34devait rester absolument secrète
10:36et tout à fait clandestine.
10:38C'est difficile de commencer
10:39un mariage avec un mensonge comme ça ?
10:41Oui, mais vous savez,
10:42on ment un petit peu tous les jours.
10:43Après, il y a des grands mensonges
10:46et des petits mensonges.
10:47Là, c'était un grand mensonge.
10:48Mais c'est plus un mensonge
10:49pour protéger l'autre
10:51et pour protéger les autres,
10:52finalement.
10:53C'est un mensonge nécessaire.
10:55Il y a des mensonges
10:55qui sont nécessaires dans la vie.
10:57Oui, mais il est difficile à tenir
10:58quand on parle d'un quotidien quand même.
10:59C'est-à-dire,
11:00vous lui disiez quoi à votre femme ?
11:01Mais je pense que la cérébralité
11:02s'organise très vite.
11:04Notamment dans les double-vies,
11:05par exemple,
11:05pour les double-vies amoureuses,
11:06vous arrivez,
11:07enfin pour ceux
11:08qui ont des double-vies amoureuses,
11:09à organiser leur cérébralité
11:11de telle manière
11:13que finalement,
11:14le cerveau ne trompe jamais.
11:15Se conditionne.
11:17Ou presque.
11:17Vous n'avez jamais gaffé ?
11:19Non, je n'ai jamais gaffé.
11:20Jusqu'à un moment
11:20où j'ai dû parler
11:23au téléphone satellitaire.
11:25J'ai dû prendre une urgence
11:25en cours de nuit.
11:27Et là, elle était derrière moi.
11:28Elle s'est réveillée.
11:28Elle s'est rendue compte
11:29qu'effectivement,
11:30je faisais un drôle de travail.
11:31Et elle vous a posé la question ?
11:33Vous lui avez menti à ce moment-là ?
11:34Non, non, non, non.
11:35Après, je lui ai dit.
11:36Après, il arrive un moment
11:37où il ne faut pas
11:38que l'ambiguïté demeure.
11:39Donc, il faut en parler.
11:40Je crois qu'aujourd'hui,
11:41on demande aux agents
11:42de renseignement
11:43de s'ouvrir à leurs proches
11:44à condition
11:45qu'ils aient confiance
11:46dans leurs proches.
11:47Et éventuellement,
11:48il y a des enquêtes de sécurité
11:49pour vérifier que les proches,
11:51justement,
11:52tiennent leur langue.
11:53Alors, vous voilà donc
11:55dans la station de métro
11:56Saint-Philippe-du-Roule.
11:57Vous vous dites
11:58OK, j'y vais.
11:59Je vais accepter
12:01de devenir un espion
12:02pour la DGSE.
12:03C'est quoi votre formation après ?
12:05C'est quoi l'étape d'après ?
12:06Ça dure combien de temps, déjà,
12:07pour former un espion ?
12:08Alors, aujourd'hui,
12:08c'est beaucoup plus long.
12:09À l'époque,
12:10on était un peu formé sur le tas.
12:12Déjà, on recevait un budget
12:13assez vite.
12:14Donc, il fallait vite
12:15rentabiliser ce budget.
12:17Donc, on m'a vite envoyé
12:18sur le terrain.
12:19Et j'ai eu la chance
12:20d'avoir un formateur formidable
12:21que j'appelle Gaëtan.
12:24Qui ne s'appelle pas du tout Gaëtan.
12:25Qui ne s'appelle pas Gaëtan.
12:26C'est un type formidable,
12:28qui est un ancien nageur de combat,
12:29qui a formé des générations
12:31d'agents
12:32avec du bon sens.
12:33Du bon sens,
12:34de l'humour,
12:35de la décontraction.
12:36Mais concrètement ?
12:37Et du plaisir.
12:38Concrètement,
12:39comment il vous a formé,
12:40cet agent secret ?
12:41Non, apprendre, par exemple,
12:42la progression en ville,
12:44savoir se décilhouetter,
12:46savoir prendre contact
12:47avec quelqu'un
12:48à une terrasse de café.
12:50C'est quoi,
12:50se décilhouetter ?
12:52Par exemple,
12:53changer d'apparence
12:53quand on progresse en ville.
12:56Mais c'est-à-dire ?
12:57Avec une casquette,
12:58avec une casquette,
12:59avec un bonnet.
13:01Devenir invisible ?
13:02Oui,
13:03ou changer d'apparence.
13:05Ou les techniques
13:06de progression en ville,
13:08des choses
13:09pour se protéger soi-même.
13:10Par exemple,
13:10contre les pickpockets,
13:11ou par exemple,
13:12plonger un mur.
13:13Vous êtes beaucoup moins,
13:14voilà,
13:15vous êtes beaucoup plus
13:16en sécurité.
13:17Des petites choses,
13:18énormément.
13:19Une somme
13:20de petits conseils
13:22que je suis toujours,
13:24d'ailleurs,
13:24quand je voyage,
13:24et qui me servent énormément.
13:26Vous faisiez des erreurs ?
13:28Bien sûr.
13:29Bien sûr,
13:29je faisais des erreurs
13:30et je me punissais moi-même.
13:33En fait,
13:34l'échec,
13:37c'est quand on est pris
13:38ou quand on est soupçonné,
13:39quand on est suspecté
13:40que l'on doit quitter un pays
13:41parce qu'on est un peu grillé.
13:43Il faut essayer
13:44de se prémunir contre ça.
13:46Donc,
13:47voilà,
13:47j'ai suivi longtemps
13:49les conseils de Gaëtan.
13:51Et alors,
13:51Gaëtan,
13:51cette formation,
13:52elle a duré combien de temps ?
13:53Vous m'avez dit
13:53que c'était rapide,
13:54mais c'est-à-dire ?
13:55Quelques mois.
13:55Et alors,
13:56est-ce qu'à un moment,
13:56il vous dit,
13:57ça y est,
13:57tu es prêt,
13:58il vous serre la main,
13:58il y a un truc un peu officiel ?
14:00Non,
14:00non,
14:00il disparaît.
14:01Il disparaît ?
14:02Il disparaît,
14:02je ne le vois plus,
14:03je le vois quelques années plus tard.
14:04Genre,
14:04il ne vous appelle plus ?
14:05Non.
14:05Et je suis pris en main
14:07par quelqu'un d'autre,
14:07par mon officier traitant,
14:09qui, lui,
14:09va m'assigner
14:10des orientations,
14:11des instructions
14:12que je vais suivre
14:13et va me projeter
14:15en voyage.
14:16Et alors,
14:16c'est quoi la première mission
14:18sur laquelle
14:19on vous a envoyé ?
14:20C'est drôle,
14:21parce que vous avez
14:21des yeux bleus espiègues,
14:23vous avez des petits rictus.
14:25Ça ne m'étonne pas
14:25que vous puissiez duper votre monde.
14:27Vous êtes plein de séductions,
14:28plein de jeux.
14:30Non,
14:30mais c'est vrai,
14:30vous étiez comme ça
14:31avant de devenir agent secret ?
14:32Oui,
14:33je ne voudrais pas trop non plus
14:34en abuser,
14:34Faustine.
14:35Vous en abusez grave
14:36et ça marche.
14:37Non,
14:37mais c'est vrai,
14:37parce qu'on sent
14:38que vous jouez un peu.
14:39Je ne sais pas
14:40ce que vous me dites,
14:41ce qui est vrai
14:41depuis tout à l'heure.
14:42Vous avez raison,
14:42je dois vous mentir
14:43un petit peu,
14:44évidemment.
14:44Vous vous souvenez
14:45de votre première mission ?
14:46Oui,
14:47je me souviens
14:47de ma première projection,
14:48de mon premier voyage au Liban,
14:50où là,
14:50je n'avais pas de...
14:51Je devais juste ouvrir les yeux
14:52et ensuite rendre compte.
14:55Les premiers voyages,
14:56généralement,
14:57on vous demande
14:58d'accumuler le maximum
14:59d'informations,
15:00ensuite de les restituer.
15:01Donc,
15:02testant en cela aussi
15:03vos facultés
15:05de l'écriture,
15:06pour écrire une note
15:08de manière très synthétique,
15:10parce qu'en fait,
15:11la finalité,
15:11c'est de pouvoir fournir
15:12à l'autorité politique
15:14les informations nécessaires
15:15d'aide à la décision.
15:17Donc,
15:18dès le départ,
15:18si un agent est capable
15:20d'apporter,
15:21ou du moins d'apporter
15:22une information
15:22de manière claire,
15:24sans que l'officier
15:25traitant derrière,
15:26ou bien que le service
15:26d'analyse derrière
15:27soit obligé
15:28de retraiter la note,
15:29c'est important.
15:30Donc,
15:30ils se sont aperçus
15:31que j'étais capable
15:31de restituer une note
15:32très rapidement.
15:34Je voudrais qu'on parle
15:35de cette fameuse légende.
15:37Pour sortir,
15:38justement,
15:38de la légende,
15:39vous construisez,
15:40enfin,
15:40pas pour sortir,
15:40c'est une formule maladroite,
15:42mais vous construisez
15:44une légende
15:44qui va vous suivre
15:45toute votre vie,
15:45ou est-ce que vous allez
15:46avoir plusieurs légendes ?
15:47Déjà,
15:47rappelez-moi
15:48ce que c'est une fausse identité.
15:51Alors,
15:51une légende,
15:52c'est ce qu'on appelle
15:52dans le métier
15:53une identité fictive,
15:54à travers laquelle
15:55des agents vont être projetés
15:57sous fausse identité,
15:58avec un faux passeport.
16:00Et cette légende,
16:01elle va être nourrie
16:02de couvertures,
16:03donc souvent
16:04de professions
16:06qu'ils apprennent,
16:08ils apprennent à devenir...
16:10Acheteurs de café,
16:11dans votre cas.
16:11Voilà.
16:11Moi,
16:12ça a été une des premières choses
16:13que j'ai faites,
16:13j'ai été acheteur de café,
16:15même,
16:15je peux le dire maintenant,
16:16j'étais contrebandier de café,
16:18j'ai organisé
16:19une grosse opération
16:19de contrebande de café
16:21afin de soutien
16:22à un mouvement
16:23de guérilla
16:24que nous aidions
16:24clandestinement.
16:25Il faut s'y connaître
16:26à ce moment-là,
16:27vous apprenez vraiment ?
16:28J'apprends le métier du café,
16:29je vais au Havre,
16:32je travaille
16:33avec un grand négociant
16:35sur la place
16:36de Paris,
16:37de café,
16:38je suis pris en main
16:39par ces équipes
16:40qui m'apprennent
16:40comment on achète
16:43du café,
16:45du robusta,
16:45en l'occurrence,
16:46du mauvais robusta,
16:46là, c'était plus facile.
16:48Et toute votre vie,
16:49vous allez garder
16:49la même légende ?
16:50Non, non, non,
16:51après on change.
16:53Aujourd'hui,
16:54c'est beaucoup plus dur
16:55parce qu'avec les méthodes
16:56de surveillance globale,
16:57la biométrie,
16:59c'est extrêmement compliqué
17:01de changer de légende.
17:04Mais avant,
17:05on pouvait changer
17:06effectivement de parcours,
17:08de CV,
17:10on pouvait voyager
17:11parfois dans un pays
17:13deux, trois fois
17:13avec une légende différente.
17:15Aujourd'hui,
17:16c'est très compliqué.
17:17Alors, sans se perdre,
17:18évidemment,
17:18je voudrais qu'on revienne
17:19quand même sur cette notion
17:20de légende.
17:20Est-ce que vous pourrez me dire
17:21juste après la pause
17:24quelques identités
17:24ou même quelques noms
17:26que vous avez endossés
17:27ou je ne peux pas ?
17:28Bon, là, vous souriez,
17:29vous vous foutez de moi.
17:30Non, ça, je ne pourrais pas.
17:31Bon, alors,
17:31vous allez quand même parler
17:32un peu plus de ces identités
17:33et puis on va parler justement,
17:35évidemment,
17:35de mensonges,
17:37de l'après
17:38et puis de quelques missions
17:40plus précises.
17:40A tout de suite sur RTL.
17:41Merci d'être avec nous.
17:43Un jour,
17:44une vie
17:46avec Faustine Bollard.
17:48Tous les jours à 13h,
17:50Amandine Bégaud
17:51vous donne la parole
17:51sur RTL.
17:52Notre agriculture,
17:53on doit la préserver,
17:55c'est une des meilleures
17:55du monde,
17:56mais ça n'explique pas
17:58de tout détruire.
17:59Cela n'a pas été
18:00à la charge
18:00de tous les Français.
18:01Chacun doit être responsable
18:03de ses actes
18:04pour qu'il apprenne
18:05à réfléchir avant.
18:06Gisèle,
18:07on va faire réagir Hervé.
18:09Le problème,
18:09c'est que la loi,
18:10il faut la faire appliquer
18:11pour tout le monde,
18:12mais comme ce n'est pas appliqué
18:13pour tout le monde,
18:13qu'il y a des paves droits
18:14pour certains,
18:15je ne vois pas pourquoi
18:16les agriculteurs
18:16devraient être sanctionnés
18:17et pas les autres.
18:18Tous les jours à 13h,
18:19Amandine Bégaud
18:20vous donne la parole
18:21sur RTL.
18:25Leclerc,
18:25bonjour.
18:27Oui, bonjour.
18:28À déjeuner,
18:28j'ai fait une bonne tarte
18:29à mon petit-fils
18:30avec vos poireaux français.
18:32Ah, super idée.
18:33Oui,
18:33mais je suis un peu inquiète,
18:34il n'en a repris que trois fois.
18:35Vous croyez qu'il est malade ?
18:37À mon avis,
18:38il est juste rassasié.
18:39Du 3 au 7 février,
18:40les poireaux français
18:41sont à 99 centimes le kilo
18:43avec 10% de tickets Leclerc
18:44sur les fruits et légumes
18:45à activer chaque semaine
18:46sur votre appui Mont Leclerc.
18:48Chez Leclerc,
18:49le goût du frais,
18:50ça se défend tous les jours.
18:51Catégorie 1,
18:52modalité et magasin participants
18:53sur www.e.leclerc.
18:58Ce matin,
18:58avec ce froid,
18:59votre pare-brise est complètement givré.
19:01Alors,
19:01si vous avez un impact
19:02entre le froid dehors
19:03et le chauffage
19:04dans la voiture,
19:04avec l'écart brutal
19:05de température
19:06sur le pare-brise,
19:07crac !
19:07Ça peut fissurer.
19:08Si ça vous arrive,
19:09venez chez Carglass.
19:10Votre pare-brise,
19:11on le remplace.
19:12En plus,
19:12jusqu'au 20 février,
19:13pour toute intervention pare-brise,
19:14Carglass vous offre
19:15des balais d'essuie-glace Bosch.
19:16Alors,
19:17prenez rendez-vous maintenant
19:18sur carglass.fr.
19:19Carglass répare,
19:20Carglass remplace.
19:21Conditions sur carglass.fr.
19:23N'oubliez pas,
19:24.fr.
19:26Jusqu'à 10 heures,
19:28un jour,
19:30une vie.
19:32Présenté par Faustine Bollard
19:33sur RTL.
19:34Merci d'être avec nous
19:36dans Un jour,
19:37une vie.
19:37Vous le savez,
19:38du lundi au vendredi,
19:39toutes vos vies
19:40sont sur RTL
19:41et aujourd'hui,
19:41on se passionne
19:42pour la vie de Vincent Crouzet
19:44qui publie dans deux jours,
19:46le jour où je suis devenue espion
19:48aux éditions de l'Observatoire.
19:50Et depuis tout à l'heure,
19:51il nous raconte
19:52ou il nous ment,
19:52j'en sais rien,
19:53mais il nous parle
19:53de ses différentes identités
19:55et de son parcours
19:56d'agent secret.
19:57D'ailleurs,
19:58vous pouvez me donner
19:58quelques exemples
19:59sans me dire forcément
20:00pour vous,
20:01mais quelques identités
20:02ou quelques rôles
20:03que vous ou vos pères
20:05avez pu endosser ?
20:06Ce sont des sujets
20:07très sensibles
20:07parce que les services
20:08de renseignement
20:09ou de contre-espionnage
20:09du moins adverses
20:11sont extrêmement vigilants
20:15sur toutes les couvertures
20:17que peuvent endosser
20:17les agents français,
20:19notamment.
20:19Vous savez,
20:20on a beaucoup suspecté
20:21notamment les ONG
20:22d'être ce qu'on appelle
20:23des véhicules,
20:24des wagons dans le métier
20:27pour justement faciliter
20:28les projections d'agents.
20:30Ce n'est plus le cas aujourd'hui
20:31parce qu'aujourd'hui,
20:32tout le membre d'ONG
20:34est désormais suspect.
20:35Il y a une anecdote
20:37aussi assez intéressante.
20:39Dans le bureau des légendes,
20:40il y a un personnage
20:41qui s'appelle Phénomène
20:43et qui a une légende
20:44pour partir en Iran
20:45d'ingénieur.
20:47Et c'est un reproche
20:49qui a été fait
20:49ou du moins,
20:50c'est un prétexte
20:51qui est utilisé
20:52par les services
20:53de contre-expiration
20:54iraniens
20:54justement pour coincer
20:56un citoyen français
20:57ou une citoyenne française
20:58récemment.
20:59C'est très touchy.
21:01C'est très touchy.
21:01Mais vous pouvez fabriquer
21:02du café,
21:03vous pouvez en effet
21:03être ingénieur,
21:04vous pouvez être prêtre
21:05ou agriculteur.
21:06Oui, on peut être curé,
21:08connaître tous les sacrements.
21:10Oui, oui, non, non,
21:10mais toutes les légendes
21:12sont possibles, imaginables.
21:13De toute manière,
21:13c'est un rôle
21:14que l'on joue,
21:14que l'on endosse
21:15comme un comédien.
21:16Est-ce qu'on se sent seul,
21:17justement,
21:17on endosse comme un comédien ?
21:19Mais est-ce que c'est lié
21:20à une grande solitude ?
21:22Notamment quand on se retrouve
21:23dans des zones de guerre
21:24avec des images
21:25qui peuvent vous hanter.
21:27C'est dur de rester seul
21:28avec cette fausse identité.
21:29On travaille seul
21:30avec pour seule confidence
21:32en officier traitant
21:32auquel on débriefe
21:35régulièrement
21:35quand on rentre de mission,
21:37notamment.
21:38C'est la seule personne
21:39avec laquelle on parle
21:42qui a quasiment
21:43fonction de thérapeute
21:45en quelque sorte.
21:46parce qu'à l'époque,
21:47il était absolument
21:48hors de question
21:49d'avoir un suivi psychologique.
21:51Pourquoi ?
21:52Je ne sais pas,
21:52je n'en ai jamais entendu parler
21:53en tout cas.
21:54Ah oui,
21:54on ne vous l'a jamais proposé ?
21:55On ne l'a jamais proposé,
21:56y compris en rentrant
21:57de zones assez dures.
21:59Et donc,
22:00cet officier traitant
22:01est à la fois
22:01le confident,
22:02le frère ou la sœur,
22:04le copain...
22:05L'oreille attentive
22:05et bienveillante.
22:06L'oreille attentive,
22:06oui.
22:07Vous parlez quand même
22:08de schizophrénie organisée.
22:12Il faut organiser
22:13ces mondes
22:13et ces univers
22:14de manière extrêmement disciplinée.
22:17Par exemple,
22:18moi j'ai vécu
22:18dans le monde
22:19des trafiquants d'armes
22:20pendant un moment
22:20et le soir,
22:21quand je rentrais
22:22dans ma chambre d'hôtel,
22:23quand je fermais ma chambre,
22:24je redevenais moi-même.
22:25Je m'obligeais
22:26pendant cinq minutes
22:27à redevenir
22:28Vincent,
22:30le garçon
22:31qui a grandi
22:31dans la bourgeoisie
22:32moyenne de province
22:33et qui sort
22:34de cet univers
22:35un peu interlope
22:36de marchands d'armes
22:37et de n'importe quoi.
22:38Ça vous arrivait
22:38parfois
22:39de préférer
22:40celui que vous incarniez
22:41plutôt que votre propre vie
22:42qui pouvait...
22:43Bien entendu,
22:44c'est beaucoup excitant
22:45d'être dans la formalité
22:46et de travailler
22:47avec des criminels.
22:48C'est une liberté,
22:49si j'ose dire,
22:50tellement transgressive
22:52et on a vraiment
22:54l'impression
22:54de vivre
22:54dans un univers fictionnel
22:57qui peut être
22:57assez trippant.
22:58Mais c'est pour ça,
22:58c'est très important
22:59de faire un pas en arrière
23:01chaque jour
23:01et de s'obliger
23:02à ces cinq minutes
23:02de lucidité
23:03et de pleine conscience.
23:04Ce n'est pas beaucoup
23:04cinq minutes.
23:05Et quand vous reveniez
23:05à la maison...
23:06Je ne suis pas certain
23:07que chacun s'oblige
23:08à cinq minutes
23:09de pleine conscience.
23:09Vous avez raison,
23:10comme de méditation.
23:11Et quand vous reveniez
23:12à la maison,
23:12vous disiez quoi à votre femme
23:13que vous étiez où ?
23:15Que j'étais ailleurs.
23:18Je ne me satisferais pas
23:19du tout de ça, moi.
23:20Elle pensait que vous faisiez quoi ?
23:22Vous êtes soupçonneuse ?
23:23Non, mais le côté
23:24j'étais ailleurs
23:24quand vous partez huit jours,
23:26j'ai envie de savoir
23:26où, pourquoi et avec qui.
23:27Oui, je m'inventais
23:29une autre destination,
23:30une autre activité,
23:32éventuellement
23:32de fausses photos
23:34de voyages
23:35qu'on pouvait me fournir
23:36par ailleurs
23:36pour étayer justement
23:38mon prétexte.
23:39Le prétexte,
23:40c'est un terme
23:41de renseignement.
23:42D'accord.
23:43Quand est-ce que vous lui avez
23:44dit la vérité
23:45à vous et à vos proches ?
23:47Ma femme,
23:48quand elle a découvert
23:49cet appel téléphonique,
23:52satellitaire,
23:53et puis à mes parents
23:54plus tard,
23:56mais...
23:56Pour moi,
23:57ce n'était pas une nécessité
23:59de faire mon coming out
24:00et de dire la vérité.
24:01Mais comment elle a réagi
24:02surtout ?
24:03Parce que ce n'est pas rien
24:04comme secret.
24:05Plutôt bien.
24:05C'était une femme
24:07très équilibrée,
24:08un peu vieille école,
24:10si j'ose dire,
24:10old school.
24:12Donc non,
24:12elle a été épatante.
24:15Qu'est-ce qui vous manque
24:16le plus aujourd'hui ?
24:17Vous n'êtes plus
24:18agent secret
24:18depuis 9 ans.
24:19Qu'est-ce qui vous manque
24:20le plus de cette vie-là,
24:21Vincent ?
24:24L'adrénaline,
24:25c'est certain.
24:26Je suis romancier aussi,
24:27donc je...
24:28Oui, vous écrivez
24:28des nombreux romans
24:29d'espionnage justement.
24:30C'est drôle d'ailleurs.
24:33Sur le service d'action
24:34de la DGSE.
24:35Et justement,
24:35ça vient compenser
24:36mon désir toujours
24:39de voyage
24:39et de projection
24:40sur des zones sensibles.
24:41Et puis surtout,
24:41quand on fait un travail
24:43d'agent de renseignement,
24:44on est dans son couloir
24:45de nage,
24:45on ne sait pas
24:46ce qui se passe autour.
24:47Alors que là,
24:47dans mes romans,
24:48je suis l'architecte
24:49et finalement le directeur
24:50des opérations.
24:51Chose que je n'étais pas
24:52auparavant, évidemment.
24:53Je ne savais rien.
24:53On me donnait des orientations
24:55et j'y répondais
24:56de manière assez stricte.
24:57C'est une manière
24:58de continuer à vivre
24:58un peu dans votre fiction.
25:00C'est-à-dire que la vie réelle
25:01est un peu fade, Vincent ?
25:03Non, je pense qu'il faut...
25:05Non, elle n'est pas fade
25:07mais c'est vrai
25:08que j'ai un petit peu
25:08l'impression
25:09que ma vie est derrière moi
25:11ou du moins,
25:11ce qui est important aussi
25:12et ça, je le dis
25:13à destination des jeunes
25:14qui pourraient nous accouter,
25:15c'est d'avoir le sentiment
25:16quand même de rendre service.
25:17Ça, c'est important.
25:19De servir son pays, bien sûr.
25:23De servir le plus grand nombre,
25:24c'est tout de même
25:26un élément satisfaisant de sa vie.
25:28Qu'est-ce que vous aimeriez
25:29que les auditeurs
25:30comprennent vraiment
25:31sur le métier d'agent secret ?
25:32Qu'est-ce que vous aimeriez
25:33qu'ils retiennent ce matin
25:35de notre rendez-vous ?
25:37La curiosité, avant toute chose.
25:39La curiosité, se réveiller tous les jours
25:43et se dire chaque jour
25:43est une nouvelle aventure, finalement.
25:45Évidemment, ce n'est pas une aventure
25:46au bout du monde
25:47avec des risques concourus.
25:49mais être curieux de tout.
25:52Vous m'avez menti ce matin ?
25:53Un petit peu.
25:54Évidemment, Faustine.
25:56Vous jouez bien
25:57avec votre personnage.
25:58Merci beaucoup, en tout cas,
26:00d'être venu avec nous,
26:01Vincent Crouset.
26:02Je rappelle le titre
26:03de votre livre,
26:04qui sort le 5 février,
26:05le jour où je suis devenue
26:07espion aux éditions
26:09de l'Observatoire.
26:10Merci beaucoup, Vincent.
26:11C'était passionnant
26:12de vous écouter.
26:13Merci à toute mon équipe.
26:14Mélène Cochonneau,
26:15Aude Pavani,
26:16Céline Nourisson,
26:17Manou, Olivier,
26:18Coralie Bosquetier,
26:19et notre réalisateur
26:19Xavier Kassovic.
26:21Merci de nous avoir suivis.
26:23Si vous souhaitez venir
26:23partager votre histoire,
26:25vous n'hésitez pas
26:25à nous écrire,
26:26à écrire à notre équipe
26:28à l'adresse mail
26:29unjourunevie
26:29at rtl.fr
26:31ou également
26:32le groupe Facebook
26:33d'Un Jour Une Vie.
26:34On vous lit
26:35et on vous attend.
26:36On se retrouve demain
26:37dès 9h30
26:38sur RTL.
26:39à l'adresse mail.
26:39Merci.
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