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00:00On va plus loin à présent dans l'Essentiel avec Richard Verli, correspondant à Paris du journal suisse Blic.
00:07Bonjour Richard. Bonjour Raphaël. Je rappelle que vous êtes aussi l'auteur, entre autres, du livre
00:11« Cet Amérique qui nous déteste, la comprendre pour mieux lui répondre ». C'est aux éditions Navicata.
00:18Et puis, face à vous, Bruno Daru, chroniqueur international, ici même à France 24. Bonjour Bruno. Bonjour Raphaël.
00:24Au sommaire, Washington accentue la pression sur Caracas, des troupes américaines envoyées en Équateur
00:28officiellement pour une opération temporaire contre le narcotrafic. Le Venezuela qui fait l'objet d'un blocus par les États-Unis,
00:35même s'il l'assure, les exportations de pétrole brut se poursuivent normalement.
00:42Et puis les Européens se réunissent demain et vendredi, notamment pour voir comment continuer d'aider l'Ukraine.
00:47Au cœur des discussions, les avoirs russes. La Belgique qui héberge actuellement l'essentiel du montant
00:53est très réticente à l'utiliser. C'est à suivre dans l'Essentiel.
00:58La menace d'une intervention terrestre américaine se fait de plus en plus précise au Venezuela.
01:16Washington annonce envoyer des troupes dans la région, en Équateur.
01:19Le président Daniel Nobura est un allié de Donald Trump.
01:22Les États-Unis bloquent depuis hier la navigation des pétroliers vénézuéliens sous sanction.
01:27À Caracas, on fait le point sur les réactions avec Alice Campagnol pour France 24.
01:31Les réactions ne se sont pas faites attendre.
01:35Dès hier soir, le gouvernement avait émis un communiqué évoquant une menace extravagante.
01:41Aujourd'hui, ça continue.
01:42Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino-Lopez, qui est un personnage très important au sein du gouvernement,
01:48s'est exprimé il y a peu.
01:50Il a parlé de déclarations délirantes du président Trump.
01:54Il a rappelé la position des autorités vénézuéliennes qui considèrent que toutes ces opérations n'ont qu'un seul but,
02:01faire tomber le gouvernement et s'approprier les ressources du pays.
02:05Je le rappelle, le Venezuela est l'un des pays avec les plus grandes réserves de pétrole au monde.
02:11Des réserves qui ont été exploitées par les États-Unis pendant des décennies et qui le sont toujours.
02:16L'entreprise Chevron travaille toujours ici.
02:19Côté entreprise pétrolière publique, PDVSA, un communiqué a également été publié ce matin,
02:26affirmant que les exportations de bruts se déroulent tout à fait normalement,
02:31malgré, je cite, les menaces et les attaques depuis plusieurs années.
02:37Richard Verli, quel est le but de la manœuvre ?
02:39Faire partie à Maduro ?
02:41Incontestablement.
02:42Là, sur ce plan-là, je crois qu'il est évident que l'administration Trump veut changer le régime au pouvoir à Caracas.
02:49Peut-être pour y installer d'ailleurs celle qui a obtenu le prix Nobel de la paix à la place de Donald Trump qu'il espérait tant.
02:56Mais moi, ce que je trouve quand même frappant, c'est que ce brouillard de la guerre à proximité des États-Unis
03:02a aussi des répercussions de politique intérieure.
03:05Parce que là, on serait dans un conflit s'il y avait un déclenchement d'une action militaire
03:08qui est vraiment à la porte des États-Unis dans cet empire américain que Donald Trump entend recréer
03:16puisque pour lui, tout le continent appartient à Washington.
03:19Et à partir de ce moment-là, vous pouvez vous dire que c'est aussi de la politique intérieure américaine
03:23que d'entretenir un brasier à proximité, peut-être demain pour justifier, je ne sais pas,
03:30le report d'élection ou autre sujet.
03:32C'est plus que de la géopolitique pétrolière, c'est aussi, à mon sens, de la politique intérieure américaine
03:39sans parler de l'immigration et du fait que Donald Trump veut pouvoir expulser en masse
03:43ceux qu'il appelle des Vénézuéliens, qui ne le sont pas toujours.
03:47Il estime qu'ils appartiennent, ces migrants aux gangs traînent des Araguais.
03:51Et donc, avoir un gouvernement ami au Venezuela, il en a déjà un au Salvador,
03:55ce serait l'occasion d'ouvrir les présents et de pouvoir envoyer ces illégaux en masse.
03:58Oui, il y a un objectif de politique intérieure pour vous aussi, Bruno Daru.
04:02D'abord, créer un épouvantail à court terme et puis peut-être, à terme, un gouvernement fantoche ou ami.
04:06Oui, il y a certainement un élément de politique intérieure.
04:11Je n'avais pas pensé à cette option que vient de développer Richard,
04:16mais effectivement, ça paraît tout à fait envisageable dans le logiciel Trump, en tout cas.
04:23Bon, cela dit, ça ne date pas d'hier, son obsession anti-Maduro.
04:26Déjà, pendant le premier mandat, Donald Trump disait tout le mal qu'il pensait de ce régime,
04:33avait soutenu, on s'en souvient, c'était un peu l'homme de Washington, Juan Guaido.
04:38Bon, là, maintenant…
04:38Aujourd'hui, c'est Maria Corina Machado qui a obtenu le prix Nobel.
04:42Voilà, qui est devenu prix Nobel.
04:45Bon, alors, effectivement, il y a l'argumentaire de Trump,
04:48mais qui paraît effectivement un peu faiblard,
04:51sur le fait que le pétrole, ou plus exactement les devises tirées du pétrole,
04:56font que le Venezuela finance le narcotrafic, la traite d'êtres humains,
05:01enfin, toutes sortes de choses horribles.
05:04Mais c'est évidemment très peu documenté.
05:08Il y a un autre argument, alors là, qui est encore un peu plus flou,
05:11c'est quand il dit que les États-Unis doivent récupérer des sommes d'argent,
05:15des terres, des actifs qui lui ont été dérobés par le Venezuela.
05:20Mais il ne précise pas.
05:21Alors bon, tout ce qu'on peut dire en regardant un peu l'histoire,
05:24c'est que dans les années 70, effectivement, le pétrole vénézuélien a été nationalisé,
05:28que les experts estiment que, durant cette période,
05:31les compagnies américaines ont perdu environ 5 milliards de dollars.
05:34Elles n'ont récupéré qu'un seul.
05:36Est-ce que Donald Trump fait référence à ça ? On ne sait pas.
05:40Et puis, peut-être politique intérieure, mais aussi, moi je n'exclus pas,
05:44mais vous l'avez un peu dit en fait, pardon,
05:47peut-être cette visée quand même idéologique aussi d'exportation du trumpisme,
05:53au-delà des frontières américaines.
05:57Alors, sur le continent latino-américain, il vient d'y avoir la victoire de M. Kast au Chili.
06:04Il y a évidemment Ravier Milley en Argentine.
06:07On se souvient aussi de tout ce que Trump et Edgy Levens, notamment, disent sur l'Europe.
06:12Et comment ils font tout pour encourager, là aussi, l'arrivée au pouvoir de personnalités
06:19ou d'organisations qui partagent leurs idées et leurs visions du monde.
06:24Donc, je crois que c'est peut-être un mélange de tout ça.
06:27Après, le blocus qui a été décrété, ça pose un peu problème quand même,
06:33en termes de définition, parce que, en principe,
06:37quand un pays décrète un blocus contre un autre,
06:39c'est qu'en fait, il y a un état de guerre.
06:41Donc, on va en parler.
06:43On en est presque sûr.
06:44Alors, jusqu'à présent, il y avait un embargo sur le pétrole vénézuélien
06:47qui datait de 2019.
06:48Mais là, on empêche physiquement.
06:50En réalité, les navires, parce que le Venezuela continuait
06:54de faire commerce de son pétrole, alors, dans des marchés parallèles
06:59et notamment avec des pays comme la Chine qui, d'ailleurs, aujourd'hui…
07:01À cause de l'embargo.
07:02…surgé à cause de l'embargo.
07:04Là, il est question vraiment d'empêcher physiquement la navigation.
07:08Mais pas seulement, parce qu'on voit des troupes,
07:11ou on entend dire, en tout cas, que des troupes américaines
07:13vont se déployer en Équateur.
07:15Est-ce que là, c'est la fameuse opération terrestre
07:18qui se précise, d'après vous, Richard Verley ?
07:20Alors, l'opération terrestre, je crois que tous les commentateurs
07:23que j'ai entendus n'y croient pas.
07:24Ils n'y croient pas pour une raison simple,
07:26c'est que le Venezuela, c'est une géographie quand même
07:29très compliquée, tropicale, montagneuse.
07:32Il y a un nationalisme vénézuélien très fort.
07:35Je rappelle que Maduro est l'héritier de Chavez,
07:38le fameux populiste Chavez.
07:40Et quand on voyait des troupes dans ces conditions-là,
07:42ce serait quand même très périlleux.
07:44Et par ailleurs, en contradiction totale,
07:46avec ce message de paix que Donald Trump entend apporter au monde.
07:50Mais on va voir.
07:51Il change d'avis souvent, Donald Trump.
07:54Par contre, ce qui est sûr, c'est qu'il veut maintenir la pression.
07:56Deux éléments quand même à avoir en tête.
07:58D'abord, c'est l'arraisonnement de ce navire, de ce pétrolier.
08:01Vous avez vu les images avec les forces spéciales
08:04qui descendent des hélicoptères,
08:05c'est-à-dire ni plus ni moins un acte de guerre.
08:07Quand on fait ça, c'est un acte de guerre.
08:09Donc, il est sans doute prêt à faire d'autres choses de ce type.
08:12Et puis ensuite, il a quand même autorisé la CIA
08:14à des actions létales.
08:16Alors, est-ce que CIA, force spéciale, à ses yeux, c'est la même chose ?
08:20Donc, imaginez que des forces, que des commandos américains
08:24à partir de l'Équateur interviennent ponctuellement
08:27ou soient héliportés au Venezuela.
08:31Pourquoi pas ?
08:32Néanmoins, moi, je crois que le risque d'un engrenage
08:34est quand même quelque chose.
08:35Marco Rubio, le secrétaire d'État,
08:38qui, à la fois, lui, est originaire de Cuba,
08:40qui connaît bien cette région,
08:42et qui est un peu le monsieur Amérique latine,
08:44il est quand même probable qu'il dissuade Donald Trump
08:46d'aller trop loin en la matière.
08:48Mais 26 navires déjà frappés, 95 morts,
08:52parfois sans sommation, comme on a vu il y a trois jours.
08:54Est-ce qu'on n'est pas déjà dans le trop loin, Bruno Darrois ?
08:57Est-ce qu'on peut revenir en arrière ?
08:58Oui, bien sûr qu'on est déjà dans le trop loin.
09:00Et de ce point de vue, évidemment, l'administration Trump,
09:02à la tête de la plus grande démocratie du monde,
09:07donne un très mauvais exemple.
09:09C'est-à-dire, pas de respect de la charte de l'ONU,
09:13agression comme ça, de manière de facto,
09:16contre des bâtiments d'un pays étranger.
09:20Oui, évidemment, ce sont des actes de guerre.
09:22Donc, bon, après, on peut reprocher à Vladimir Poutine
09:25ce qu'il a fait, mais enfin, quand on voit que maintenant,
09:27ce sont les États-Unis qui pratiquent cette espèce de guerre hybride,
09:31comme ça, sans en référer absolument à personne,
09:35avec l'usage pur de la force pour servir ce que Donald Trump croit être,
09:40on l'espère, les intérêts des États-Unis.
09:42Oui, évidemment, c'est choquant.
09:45Alors, après l'opération terrestre,
09:48alors, dans la fameuse interview de C.Z. Wiles à Vanity Fair,
09:51qui a fait couler déjà beaucoup d'encre et a fait beaucoup parler d'elle,
09:54elle parle de ça et elle dit qu'en fait, quand même,
10:00s'il y avait vraiment une intervention terrestre,
10:01là, ça ne se ferait pas sans l'aval du Congrès.
10:04Bon, c'est elle qui le dit, on verra bien.
10:07En principe, il ne peut pas faire ça sans l'aval du Congrès,
10:12mais est-ce qu'il veut aller jusqu'à une déclaration de guerre en bonne et due forme ?
10:16Moi, je ne pense pas.
10:17Alors, peut-être que son calcul,
10:19si on se replace dans l'optique du changement de régime à Caracas
10:24et de l'éviction de Maduro,
10:26c'est de se dire qu'en compliquant énormément
10:29les exportations de pétrole vénézuéliens,
10:33le Venezuela, qui est très dépendant de ses revenus,
10:37va perdre beaucoup de monnaie en devise,
10:40notamment en dollars,
10:41et ne pourra plus apporter toutes les denrées alimentaires nécessaires,
10:44et que donc, ça pourrait créer un chaos politique et social,
10:48des émeutes de la faim,
10:49et donc, ça aboutirait à faire en sorte
10:52que ce soit les vénézuéliens eux-mêmes, finalement,
10:54excédés, affamés,
10:56qui renversent le régime Maduro.
10:59Oui, ajoutons à ça,
11:01on ne l'a pas dit explicitement,
11:03que le régime vénézuélien
11:04est un régime à bien des égards pourri.
11:07Oui, bien sûr.
11:08Au sens où c'est un régime,
11:09la corruption est documentée,
11:11elle est énorme,
11:12les liens entre l'armée et le narcotrafic sont avérés également.
11:17Par ailleurs, on dit que le Venezuela abrite une base du Hezbollah iranien,
11:21a profité des réseaux latino-américains du Hezbollah.
11:26Donc, déboulonner ce régime vis-à-vis de l'électorat MAGA aux États-Unis,
11:32ce serait payant,
11:33parce que Maduro est un peu une cible permanente de cette droite américaine,
11:38et s'il en venait à bout en mettant la pression militaire,
11:41mais sans déclencher une guerre,
11:43ce serait tout bénéfice.
11:44Après, il y a un élément que moi je ne comprends pas,
11:46parce que je ne suis pas assez expert,
11:48c'est que moi j'ai toujours compris que l'intérêt américain,
11:51c'était d'avoir un prix du pétrole assez haut,
11:53parce que le gaz de schiste américain est cher,
11:55et s'il veut le vendre, il faut que le prix du pétrole soit assez haut.
11:58Or, si vous libérez les réserves de pétrole vénézuéliennes,
12:01à ce moment-là, le prix du pétrole va plutôt baisser.
12:04Donc, je ne sais pas en la matière quels sont les plans de Donald Trump.
12:07Moi, je ne suis pas non plus un expert.
12:10Mais enfin, d'après ce que j'ai lu,
12:11les experts en marché du pétrole estiment qu'en fait,
12:15ce ne serait pas véritablement un danger pour le niveau des prix du pétrole,
12:18parce que le niveau de transaction émanant du Venezuela,
12:23alors qui est certes un des principaux,
12:25je crois même le principal pays en matière de ressources pétrolières,
12:29mais qui n'est que le 21ème producteur,
12:31le niveau des transactions est trop faible
12:33pour que ça puisse avoir un impact sérieux
12:37ou durable sur les prix du marché.
12:41– Et dernier mot, Anna Corrida Machado,
12:43elle soutient la politique des États-Unis,
12:46y compris d'ailleurs dans les effets sociaux
12:49qu'elle peut avoir actuellement via le blocus sur le Venezuela.
12:53Elle considère que c'est un des effets
12:54qui la crise sociale permettra de faire partir Maduro.
12:57– Il faut le rappeler, elle avait dédié, je crois, son prix Nobel à Donald Trump,
13:00où elle l'avait saluée au moment où elle l'a reçue.
13:02Elle est venue en Norvège dans des circonstances assez rocambolesques.
13:05Elle est arrivée le lendemain de la remise du prix.
13:08– Avec une cote fêlée ou cassée.
13:09– Si Donald Trump placait au pouvoir,
13:12puisque ce serait quand même son intervention,
13:14la lauréate du prix Nobel de la paix 2025,
13:17je dirais que ce serait presque carton plein.
13:18– Oui.
13:20– À suivre.
13:21– En tout cas, juste un dernier mot,
13:23en tout cas c'est quand même potentiellement dangereux
13:27le jeu joué par Trump.
13:29Et il y a eu, il y a quelques heures, jusque-là,
13:30la Chine était restée très discrète.
13:31– Oui, elle a réagi.
13:32– Il y a eu une communication du ministère de Chine
13:34et des Affaires étrangères sur le thème
13:35« pas d'agression unilatérale contre un État souverain », etc.
13:38Bon, on rappelle, vous l'avez esquissé, Raphaël,
13:42que la Chine est un des gros clients du Venezuela.
13:45– Et que peut faire la Chine ?
13:46La Chine peut-elle intervenir dans ce qui reste quand même
13:48la sphère d'influence immédiate des États-Unis ?
13:50– Non, elle ne peut pas intervenir,
13:52mais après ça dépend où Donald Trump place le curseur.
13:56S'il sent quand même que la Chine va être très très mécontente
13:58et qu'en plus ça touche ses intérêts économiques,
14:01peut-être va-t-il y réfléchir à deux fois.
14:03– Les Européens se réunissent demain et vendredi
14:06en sommet à Bruxelles.
14:07Il sera question notamment des moyens pour venir en aide à l'Ukraine
14:11au cours des deux prochaines années.
14:12La Commission souhaite utiliser les avoirs russes gelés
14:15pour une grande partie en Belgique.
14:17– Problème, Bruxelles s'y oppose.
14:19– Axel Simon.
14:22– Utiliser certains actifs souverains russes gelés,
14:25c'est l'une des solutions trouvées par les 27
14:27pour financer un prêt massif à l'Ukraine.
14:30La Commission européenne cherche à piocher
14:32dans l'enveloppe de 210 milliards d'euros
14:34d'avoirs de la Banque centrale russe gelés
14:36sur le territoire européen à la suite des sanctions contre Moscou.
14:40Jeudi, les pays européens ont levé un obstacle clé
14:43pour pouvoir utiliser les avoirs gelés.
14:46– Les Européens ont mis au point un plan astucieux.
14:52Émettre des obligations à taux zéro,
14:56dites obligations de réparation,
15:00adossées aux avoirs russes gelés.
15:03Elles bénéficieront de garanties de la Commission
15:05et des États membres,
15:06ce qui les rend équivalentes aux obligations souveraines
15:09de pays comme la France ou l'Allemagne.
15:12Ce sera un excellent investissement.
15:14L'Ukraine en percevra les recettes en plusieurs tranches.
15:20– À elle seule, la société financière Euroclear basée en Belgique
15:24héberge 193 milliards d'euros d'avoirs russes gelés.
15:27Le gouvernement belge réclame donc des garanties juridiques
15:30de la part des Européens,
15:32notamment un mécanisme de solidarité.
15:34– Il est inacceptable d'utiliser cet argent
15:39et de nous laisser seuls face aux risques.
15:42Il ne s'agit pas d'une demande déraisonnable,
15:44mais simplement d'une question d'équité.
15:48– La réaction de Moscou ne s'est pas faite attendre.
15:52Sa banque centrale a annoncé engager des poursuites contre Euroclear.
15:55Moscou considère comme illégale les sanctions internationales
15:58à son encontre, notamment le gel de ses avoirs,
16:00et qualifie leur utilisation de vol.
16:03– Et avec nous en direct de Bruxelles pour France 24,
16:06Pierre Benazet.
16:07Pierre, la Belgique a obtenu des gages de ses partenaires.
16:09– Pas encore, pour l'instant.
16:14Les Belges négocient pied à pied.
16:17Alors ça se passe un peu mieux que ça se passait
16:20depuis le mois de septembre,
16:22lorsque Ursula von der Leyen a annoncé cette idée
16:25d'avoir un prêt de réparation pour l'Ukraine,
16:28avec entre autres scénarios,
16:30parce qu'il y en avait trois au départ d'utiliser,
16:33en tout cas d'adosser ce prêt aux avoirs immobilisés
16:36chez Euroclear.
16:38Immobilisés et pas gelés, il faut faire une différence,
16:40et c'est devenu très important aujourd'hui.
16:43Ces avoirs ne sont pas gelés.
16:45Les avoirs gelés, ce sont ceux des oligarques, par exemple.
16:48Là, ce sont les avoirs immobilisés,
16:49c'est-à-dire ceux qu'il y a chez Euroclear,
16:51185 milliards d'euros,
16:53et ceux qu'il y a dans les autres pays de l'Union européenne,
16:56dans les banques privées aussi, par exemple.
16:58Ça, ce sont les avoirs immobilisés.
17:00Au total, ça représente 210 milliards d'euros
17:03qui sont dans l'Union européenne,
17:05c'est-à-dire, en gros, les deux tiers
17:07des avoirs souverains de la Russie.
17:10C'est ce que possède la Banque centrale russe,
17:12c'est ce qu'elle a placé en Europe.
17:14Le sujet qu'on vient de voir mentionnait,
17:17la procédure en justice initiée par Moscou en Russie,
17:21vendredi dernier.
17:23Cette procédure en justice porte sur 196 milliards d'euros.
17:26On ne sait même pas de quoi il s'agit,
17:28puisque c'est 11 milliards d'euros de plus
17:30que ce qu'il y a chez Euroclear en Belgique.
17:33Donc non, pour l'instant,
17:34les Belges estiment qu'il n'y a pas de garantie
17:36et ça va être extrêmement difficile,
17:39les négociations au cours de ce sommet européen
17:41à partir de demain.
17:42Mais l'idée, comme on l'entendait dans ce sujet,
17:43d'employer ces avoirs, non pas directement,
17:46mais comme garantie pour un prêt à l'Ukraine,
17:48cela, aujourd'hui, ne satisfait pas la partie belge ?
17:52Alors, absolument pas.
17:57Il reste deux scénarios sur la table.
18:00Un scénario qui est d'utiliser le budget commun de l'Union européenne.
18:05Mais ça, ce scénario-là, c'est le plus simple juridiquement,
18:09le plus compliqué politiquement pour l'instant,
18:11parce qu'il faut l'unanimité.
18:13Or, les Européens prennent beaucoup de décisions à 26,
18:16sans les Hongrois, depuis maintenant 18 mois.
18:19C'est donc un peu difficile d'imaginer arriver à l'unanimité,
18:25alors qu'on sait très bien que Viktor Orban
18:26ne veut pas financer l'Ukraine pour l'instant.
18:30Il reste donc ce scénario d'adosser des obligations
18:34sur les avoirs immobilisés chez Euroclear
18:37et dans les autres pays de l'Union européenne.
18:40Et là, la Belgique réclame des garanties.
18:42Elle réclame d'abord que ça concerne tous les pays
18:45dans lesquels il y a des avoirs immobilisés,
18:47en particulier la France, pour arriver à ces 210 milliards d'euros.
18:51Il manque donc 25 milliards qui sont ailleurs dans l'Union européenne,
18:54en gros, 7 pays dans l'UE.
18:57La Belgique réclame aussi des garanties et une solidarité illimitée,
19:01illimitée dans le temps, parce qu'évidemment,
19:04il peut y avoir des arbitrages, des réclamations,
19:07sans date limite pour l'instant.
19:09Illimitée dans la géographie,
19:11parce qu'on a vu cette procédure en justice initiée en Russie,
19:16ça peut être aussi dans l'Union européenne,
19:17ça peut être n'importe où ailleurs dans le monde.
19:19Et puis, illimitée en montant,
19:20parce qu'on sait très bien que les arbitrages internationaux
19:23sont souvent arbitrés au-delà des montants initiaux.
19:26Il peut y avoir des montants compensatoires,
19:28des montants punitifs.
19:31Donc, la Belgique va négocier pied à pied.
19:34Et pour l'instant, Bart de Weaver,
19:36c'est le chef du village gaulois
19:38qui résiste encore et toujours à l'envahisseur,
19:41qui veut lui imposer de donner son argent.
19:44Il a une cote de popularité sans précédent en Belgique,
19:48en particulier chez les francophones,
19:50ce qui est très surprenant pour un nationaliste flamand.
19:52Donc, il résiste.
19:53Il a des arguments juridiques
19:54qui sont un peu les mêmes que ceux de Moscou,
19:57mais qui sont extrêmement forts.
19:58Et ça va être très difficile de le faire bouger.
20:00Il va vraiment falloir donner des garanties
20:02extrêmement fortes à la Belgique
20:03pour qu'elle accepte de se mettre en danger
20:05de cette façon-là.
20:07Merci, Pierre Benazé, en direct de Bruxelles.
20:09Pour France 24, on l'a compris,
20:10ces avoirus, c'est un peu la patate chaude.
20:12C'est-à-dire que tous les Européens
20:14ont une idée de leur emploi.
20:16Ils sont très téméraires
20:17pour savoir ce qu'il faut en faire,
20:19sauf un pays, celui qui les abrite,
20:21en l'occurrence la Belgique.
20:22Vous comprenez aujourd'hui
20:26cette prudence belge, Richard Verly ?
20:30J'ai quand même du mal à la comprendre.
20:31Parce que la Belgique,
20:34non seulement fait partie de l'Union européenne,
20:37fait partie de la coalition des volontaires.
20:40Vous savez, ces pays alliés
20:41qui se disent prêts à déployer
20:42une force de garantie pour l'Ukraine.
20:45Et de toute façon,
20:47je dirais qu'elle abrite aussi,
20:48ne l'oublions pas,
20:50le siège de la Commission européenne
20:52et le siège de l'OTAN,
20:53la Belgique, à Bruxelles.
20:54Donc, elle n'abrite pas seulement Euroclear.
20:56Donc, imaginez que la Russie
20:59va prendre une ripose particulièrement dure
21:01contre la Belgique en soi
21:03à cause d'Euroclear.
21:04Donc, elle est actionnaire parmi d'autres.
21:07Parce que Euroclear est une société
21:08qui a des actionnaires à la fois privés et publics.
21:10Non, je crois qu'en réalité,
21:12Bart de Weaver,
21:13qui est un nationaliste flamand
21:15assez intransigeant,
21:17il a compris que c'était le bon moment,
21:19que c'était un bon dossier.
21:21Je ne peux pas m'empêcher de penser
21:23qu'il a peut-être reçu
21:24des coups de fil de Washington,
21:26parce que tout ça est extrêmement politique.
21:28Est-ce que la Belgique
21:29est plus vulnérable que la moyenne ?
21:31Peut-être.
21:32Mais les garanties qui lui sont données
21:34sont quand même assez solides.
21:36S'il devait refuser,
21:38refuser toute procédure
21:40permettant d'appuyer,
21:42je dirais, un prêt
21:44ou un montant d'argent
21:45sur ses actifs russes,
21:46là, il prendrait une autre responsabilité.
21:48La Belgique, c'est la faillite de l'Ukraine.
21:50Alors, qu'est-ce qu'ils veulent ?
21:51Ils veulent protéger
21:52leur place financière
21:53avec Euroclear
21:54ou ils veulent prendre le risque
21:55d'une faillite
21:56du gouvernement ukrainien ?
21:58Bruno Daru,
21:59votre point de vue.
22:00On sait que Donald Trump, lui,
22:01souhaiterait bien mettre la main
22:02aussi sur ses avoirs,
22:03qu'il y a une course de vitesse
22:04en ce moment.
22:05Ah bah oui, oui.
22:05Parce qu'on se souvient
22:06que dans le premier plan américain
22:09en 28 points,
22:11le sort des avoirs russes
22:13était complètement différent.
22:14Si on avait bien compris,
22:15on avait la moitié
22:15à peu près pour les Américains,
22:16la moitié pour les Russes,
22:17pour aider après la guerre,
22:19l'Ukraine à être de nouveau prospère.
22:22Bon, tout ça a été un peu abandonné,
22:23mais enfin,
22:24on comprend bien
22:25que Washington, effectivement,
22:26n'est pas très désireux
22:29que ses avoirs russes
22:31soient utilisés comme ça
22:33et ça compliquerait évidemment
22:34les relations avec Moscou.
22:36Après, c'est un peu contradictoire
22:37avec la posture de Donald Trump.
22:40Parce que d'un côté,
22:41il dit aux Européens,
22:42vous allez devoir gérer
22:43de plus en plus
22:44le fardeau ukrainien,
22:47l'aide à l'Ukraine
22:48en temps de guerre,
22:49l'aide à la reconstruction.
22:51Nous, on se retire.
22:52Bon, la reconstruction,
22:52moins parce que
22:53s'il y a du business à faire,
22:54évidemment, on sera là.
22:56Et d'un côté,
22:58dire aux Européens,
22:59ben non,
22:59là, cette manne de 200 milliards d'euros,
23:01vous n'y touchez pas.
23:01Après, c'est vrai
23:02qu'en droit purement international,
23:06ça pose quand même
23:07de vrais problèmes.
23:09Moi, je ne suis pas spécialiste.
23:11Mais de ce point de vue,
23:12d'un point de vue vraiment juridique,
23:14et je pense aux pénalités,
23:15c'est peut-être ça aussi
23:16qui joue un peu côté belge
23:18avec ce qu'évoquait Pierre Benazé,
23:20les fameux montants punitifs
23:21ou compensatoires.
23:23En gros,
23:24alors après,
23:25on ne connaît pas encore
23:25le détail des garanties,
23:27mais en gros,
23:28si on comprend bien,
23:30la Belgique dit
23:30je ne veux pas être la seule
23:31à devoir affronter
23:34tout un processus juridique
23:38où au bout du compte,
23:40c'est moi qui vais payer
23:40l'addition finale
23:42en termes de compensation supplémentaire.
23:45Donc voilà,
23:46peut-être que c'est ça
23:46qui va se négocier à Bruxelles
23:49pour un sommet européen
23:50qui de toute façon
23:51s'annonce assez chaud
23:52parce qu'il y a l'autre gros dossier
23:54dont on reparlera peut-être
23:55qui est le Mercosur.
23:55Mais oui,
23:57ça va être un sommet européen
23:58qui va certainement dépasser
24:00comme c'est souvent le cas,
24:01mais là encore plus,
24:02les horaires prévus.
24:04Il y a un élément supplémentaire,
24:06c'est-à-dire que le calendrier
24:07est très important.
24:09Donald Trump,
24:10on le sait,
24:10veut cet accord.
24:11Il veut forcer l'Ukraine.
24:13C'est ça la réalité.
24:15Il veut forcer l'Ukraine.
24:17Je dirais,
24:18si l'Ukraine n'obtenait pas
24:20ses fonds européens
24:21pour sa reconstruction
24:22et pour financer son budget
24:23dans les deux prochaines années,
24:25ce serait en réalité
24:26une pression supplémentaire
24:28sur Zelensky.
24:29Donc tout ça
24:30et de la négociation,
24:32je dirais,
24:33par sujet interposé,
24:35les Etats-Unis
24:35ne sont peut-être pas
24:37hostiles,
24:38in fine,
24:39à une procédure européenne
24:40qui de toute manière,
24:42comment dirais-je,
24:43permettra de financer
24:44à peu près 100 milliards d'euros,
24:46c'est-à-dire la moitié,
24:47mais pas maintenant,
24:48parce que maintenant,
24:49ça donnerait à Volodymyr Zelensky
24:51des garanties
24:51que les Etats-Unis
24:52n'ont pas envie de lui donner
24:53puisqu'ils veulent lui tordre le bras.
24:54Tout ça est extrêmement cynique,
24:57mais la Belgique joue un jeu
24:59où elle doit à la fois
25:00se faire l'avocate
25:01de la solution américaine,
25:02elle doit quand même être
25:04un pays européen
25:06qui partage le fardeau ukrainien
25:08et puis Bardo Weaver
25:09pense aussi,
25:10il faut bien le dire,
25:10vous imaginez
25:11s'il devait rester
25:12comme le Premier ministre
25:13qui supporte sous son poids
25:15les futures réparations
25:16à la Russie, etc.
25:18Il ne veut pas de ça,
25:19donc il va chercher
25:19ceinture, bretelles
25:21et encore plus.
25:22Et on comprend
25:22à quel point ce soit essentiel.
25:23Et on montrera que
25:25de l'autre côté,
25:26évidemment,
25:26Zelensky va faire
25:27le déplacement
25:28et il y a eu
25:30des informations
25:31cet après-midi
25:31comme quoi
25:32plusieurs hauts responsables
25:34ukrainiens
25:35confirment que
25:36les Américains
25:36font pression
25:37pour que
25:39les avoirs russes
25:40ne soient pas dégelés
25:41en quelque sorte.
25:42On verra la suite
25:43effectivement demain
25:44à Bruxelles.
25:44Merci beaucoup
25:45Richard Verly,
25:46merci Bruno Daru.
25:47L'Essentiel continue
25:49dans un instant.
25:50On reparlera
25:51de cette situation
25:53à la fois
25:53le Venezuela,
25:55l'Ukraine
25:56et puis on se concentrera
25:57aussi sur ces événements
25:59un peu curieux,
26:00cette cyberattaque
26:00qui a visé le ministère
26:01de l'Intérieur
26:02ici en France
26:02et puis on la prend
26:03un navire,
26:04un ferry
26:04sur lequel on a retrouvé
26:06une boîte assez étonnante,
26:08une clé USB
26:08qui aurait permis
26:09d'en prendre le contrôle
26:10à distance.
26:11Un suspect
26:12a été interpellé
26:13en ressortissant
26:13laiton.
26:14On en reparle
26:14dans un instant.
26:15Tous les soirs,
26:25je vous emmène
26:26en Afrique.
26:26Ne manquez pas
26:27notre coup de projecteur
26:28sur l'actualité africaine
26:29avec nos correspondants
26:31et nos invités.
26:33Retrouvez
26:33Meryem Amela Lalmas
26:35dans le journal
26:36de l'Afrique
26:36sur France 24.
26:38Et pour rester connecté,
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26:41de France 24 Afrique.
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