00:00C'est la question avec cette chute de Nicolas Maduro, c'est la question de la succession qui se pose immédiatement.
00:07On est dans un pays épuisé, épuisé économiquement, avec une population qui a massivement fui.
00:13Plusieurs millions de personnes ont fui, se sont installées dans les pays limitrophes si ce n'est plus loin.
00:20Qu'est-ce qui peut incarner une nouvelle ère pour reprendre les termes américains qui ont été employés ces dernières minutes ?
00:26Une nouvelle ère s'ouvre au Venezuela selon eux.
00:30Bon, ça c'est une question à laquelle il est difficile de répondre.
00:35Qu'est-ce qui peut se passer après l'éloignement du président Maduro ?
00:40Tout dépend de la solidité du bloc qui le soutient, donc qui est composé essentiellement par les forces armées, les forces de l'ordre, les forces de police,
00:50et également toute une série de personnes dans la société civile qui sont liées au régime.
00:57Bon, mais il y a aussi une opposition qui ne se limite pas, contrairement à ce que peut laisser penser l'attribution du prix Nobel de la paix à Corinna Machado,
01:08à ce segment de l'opposition vénézuélienne.
01:12Il y a une opposition vénézuélienne qui est incarnée par un monsieur qu'on a oublié, ou du moins qu'on essaie de faire oublier, qui s'appelle Enrique Capriles,
01:21qui a été deux fois candidat malheureux aux présidentielles, une fois contre Hugo Chavez, une fois contre Nicolas Maduro,
01:28et qui en 2017 a été interdit de droit civique pour plusieurs années.
01:32Que dit ce monsieur ? Il dit « Je suis un opposant résolu à Nicolas Maduro, mais je suis aussi un patriote.
01:40Je ne peux pas concevoir que l'on change le régime, que l'on fasse tomber le régime Maduro par la voie d'armes venues de l'étranger. »
01:50Donc il y a un vrai débat à l'intérieur de l'opposition, à l'intérieur du Venezuela.
01:56Il y a un bloc quand même qui représente, personne ne sait exactement, mais qui est estimé autour de 20% de la population qui continue à soutenir le régime.
02:06Donc si Nicolas Maduro, effectivement, s'il est confirmé et qu'il est capturé, il pourrait se produire des troubles à l'intérieur du Venezuela,
02:16et le pays pourrait entrer dans une période assez trouble, avec des conflits internes, mais qui laisse un avenir assez brumeux,
02:29dont il est difficile de prévoir au jour d'aujourd'hui quels seront les éléments qui conduiront à une solution négociée, pacifique, dialoguée entre les différents acteurs en présence.
02:46Solution ou sortie de crise pacifique qu'il est difficile de concevoir dans le contexte d'un bombardement du gouvernement vénézuélien tel que l'ont opéré les États-Unis.
02:59Il reste à savoir d'ailleurs si à l'arrivée, le président Trump, qui ne mène pas une croisade pour les libertés comme ses prédécesseurs démocrates ou républicains,
03:08obtiendra ce qu'il souhaite, c'est-à-dire imposer les règles de l'économie des États-Unis,
03:20d'orienter les pays d'Amérique latine de façon prioritaire en direction des États-Unis,
03:26alors que ces pays, ces dernières années, un peu délaissés par ses prédécesseurs, ont établi des relations privilégiées avec la Chine.
03:36C'est un élément qui entre en ligne de compte dans l'intervention d'aujourd'hui.
03:40Il faut se rappeler que le premier coup de poing de Donald Trump après sa prise de fonction, en ce qui concerne l'Amérique latine, a été dirigé contre Panama.
03:51Donc les ports portes-conteneurs sur la Caraïbe et sur le Pacifique étaient effectivement gérés par des sociétés maritimes chinoises de Hong Kong.
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