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  • il y a 11 mois
Manipulation des sondages, compétences essentielles à l'ère de l'intelligence artificielle, taxation des plus riches, engagement des patrons dans le débat public : face aux jeunes, Didier Truchot, Président d'Ipsos réagit aux grands défis de notre époque et nous fait partager son expérience et ses convictions Année de Production :

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Transcription
00:01Masterclass avec Ophi Invest. Comprendre pour agir, c'est se préparer à faire les bons choix.
00:06Ophi Invest finance les acteurs qui dessinent l'économie de demain.
00:10Ophi Invest, investissez dans votre avenir.
00:25Bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Ça va ? Content de vous retrouver.
00:28Bon, on va faire cette circonstance à un petit sondage.
00:33Qui connaît la marque et la société Ipsos ?
00:37Je suis rassuré. C'est mieux.
00:39Bon, vous connaissez la règle du jeu dans Masterclass.
00:42Vous posez toutes les questions que vous voulez, sans filtre et sans tabou.
00:46Important de le rappeler.
00:47Et puis, c'est lui qui a créé Ipsos et qui en a fait un géant mondial.
00:52C'est une histoire assez rare et assez exceptionnelle.
00:55Ah ben, le voilà, justement. Ça, il arrive.
00:56Bonjour, Didier Truchot.
00:58Bonjour, vous allez bien ?
00:59Comment ça va ?
01:00Très bien, merci.
01:01Merci d'être là.
01:02Merci beaucoup.
01:03Merci, je vous présente.
01:04Bien, monsieur, bonjour.
01:05Il est là rien que pour vous.
01:06Et Didier ne connaît pas vos questions.
01:08Donc, pour lui, ce sera total surprise.
01:10Très bien.
01:11Hein ?
01:11Bon, eh ben, on y va.
01:13Allez, c'est parti.
01:13C'est parti pour la Masterclass de Didier Truchot,
01:17donc, le président fondateur d'Ipsos.
01:19Allez, c'est parti.
01:20On s'installe.
01:22Installez-vous.
01:28Eh oui, dans la vraie vie, évidemment,
01:30les étudiants et les grands patrons ne se rencontrent quasiment jamais.
01:33C'est normal.
01:34Les étudiants, vous, vous êtes concentrés sur vos formations,
01:39sur vos diplômes.
01:39Et puis, les patrons des grands groupes,
01:42eh ben, ils gèrent non-stop leur multinational.
01:44Eh bien, nous, sur Public Sénat,
01:45on veut que les uns et les autres puissent se parler librement
01:49sur les sujets que notre jeunesse juge prioritaires.
01:52Et comme à chaque fois,
01:53eh ben, nos amis étudiants ont plein de questions passionnantes à poser
01:56sur leur avenir, sur leur carrière
01:59et sur les grands défis que nous devrons relever collectivement.
02:04Et puis, je rappelle, puisqu'on est en début d'émission,
02:06que celui ou celle qui posera, attention,
02:08la question la plus pertinente se verra offrir.
02:10Ce sera en fin d'émission.
02:11Un an, un an d'abonnement au Parc des Princes, en loge,
02:15pour aller voir le PSG, aux frères, par Ipsos.
02:17Allez, on applaudit.
02:20Comment ça, non ?
02:22Non, évidemment, c'est une blague.
02:24Mais ce qui n'est pas une blague,
02:25c'est que vous êtes un grand fan du PSG.
02:27Tout à fait.
02:27Et vous allez tout le temps,
02:29alors, il est tout le temps au Parc des Princes,
02:31vous ne loupez aucun match.
02:33Et puis, il faut dire qu'il est avec tout le monde en loge.
02:36Il est avec les fans.
02:38Je veux dire, on pourrait vous imaginer…
02:40Ah, pardon, en tribune.
02:40Il est en tribune avec tout le monde.
02:42On pourrait l'imaginer en loge.
02:43Non, non, il est avec tout le monde en tribune.
02:44Tout à fait.
02:45Et pourquoi il pourrait avoir sa propre loge ?
02:48Parce que je suis très bien là où je suis.
02:51Je ne vois pas pourquoi je dépenserais plus d'argent
02:53que j'en dépense déjà, ce qui n'est pas mal.
02:57C'est ça, la méthode Truchot, ne pas trop dépenser.
02:59Exactement.
02:59Quel enseignement, d'ailleurs, on peut tirer de cette épopée
03:02du Parisien dans la Ligue des Champions la saison dernière ?
03:06Une leçon de vie ou même un enseignement professionnel
03:09qu'on peut tirer ?
03:11Et qu'il y a toujours un espoir ?
03:12Non, c'est que ce qui fait une partie de la réussite
03:17des entreprises comme des clubs de football,
03:19c'est la capacité des gens à collaborer ensemble,
03:21à travailler ensemble.
03:22C'est très sûr, c'est absolument certain
03:24que si on travaille ensemble, si on est plusieurs,
03:27si on tire tous dans la même direction,
03:30on est plus fort que si chacun ne pense qu'à soi.
03:33Ipsos, c'est vous qui l'avez créé.
03:35C'est lui qui l'a créé en 1975.
03:38Aujourd'hui, c'est le numéro 3 mondial
03:39des études de marché et de l'opinion
03:41en partant de zéro, zéro chiffre d'affaires il y a 50 ans.
03:44C'est 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires aujourd'hui
03:47et 20 000 salariés dans 90 pays.
03:50On peut l'applaudir aussi parce que des histoires comme ça,
03:53on en voudrait plus en France, évidemment.
03:56Mais ce n'est pas à 27 ans, Didier.
03:57Est-ce qu'à 27 ans, vous imaginez ou pas une telle réussite ?
04:00Est-ce que vous la désiriez, vous la rêviez en secret ?
04:04Pas du tout.
04:06Moi, je ne suis pas un visionnaire.
04:08Je suis quelqu'un de très pratique.
04:11Je suis au Vernia d'origine.
04:13C'est à la terre, à l'épau, il faut travailler
04:16et on n'est pas nécessairement très bien payé
04:19pour le travail qu'on fait.
04:21Donc, moi, ce qui m'intéressait, c'était...
04:24J'ai découvert par hasard ce métier quand j'avais 22 ans.
04:28Et je suis rentré comme stagiaire à l'Institut français d'opinion publique,
04:33l'IFOP, qui existe toujours aujourd'hui.
04:35Un concurrent.
04:35Mais qui, à l'époque, était la principale société de ce marché.
04:39Et donc, j'ai trouvé ce métier absolument passionnant,
04:42mais j'ai trouvé aussi qu'il n'était pas très bien fait.
04:46Enfin, que les sociétés dans lesquelles j'ai travaillé,
04:48l'IFOP pendant 4 ans et une autre société pendant 2 ans et demi,
04:51elles faisaient leur métier consciencieusement
04:53et pas suffisamment bien, en tout cas à mes yeux.
04:56Et donc, j'ai dit, je me suis dit,
04:59moi, ce que j'ai envie, c'est de faire ce qu'ils font,
05:01parce que ce qu'ils font, c'est sérieux, c'est bien, etc.
05:03Mais on peut faire mieux.
05:05Et pourquoi on peut faire mieux ?
05:06Parce qu'on peut s'intéresser, non pas simplement à ce qu'on fait,
05:09mais à ce que les clients font de ce qu'on fait.
05:12Quel usage ils ont de cette information ?
05:13Comment ils travaillent avec cette information ?
05:16Est-ce qu'on leur présente bien ?
05:17Est-ce qu'on va assez vite ?
05:19Est-ce qu'on est vraiment pertinent par rapport à leurs problématiques, etc. ?
05:23Et j'avais des idées relativement précises là-dessus.
05:25Et par ailleurs, je voudrais vous avouer quelque chose
05:28que mes enfants et mon épouse, qui n'est pas très loin, savent,
05:32c'est que je déteste obéir.
05:34Et donc, la meilleure façon de ne pas obéir,
05:36c'est de créer sa propre entreprise.
05:38Parce que comme ça, au moins, si ça marche, tant mieux.
05:40Et si ça ne marche pas, on ne peut s'en prendre qu'à soi.
05:42Donc, j'ai créé cette entreprise avec l'idée
05:46que je pouvais faire mieux que les sociétés dans lesquelles j'avais travaillé.
05:51Non pas qu'elles ne travaillaient pas bien,
05:52mais que je pensais qu'on pouvait faire mieux.
05:55Mais je voulais faire mieux à mon échelle.
05:58Je veux dire, on était trois, quatre, rues d'aboutir,
06:01dans un petit loft.
06:05Et voilà, je n'avais absolument aucunement l'idée
06:09que dix ans plus tard,
06:13j'allais commencer à m'intéresser à d'autres marchés
06:17que le marché parisien,
06:18que vingt ans plus tard,
06:19on serait dans un certain nombre de pays d'Europe.
06:22Trente ans plus tard, on irait vagabonder
06:25dans les Amériques du Nord et du Sud, etc.
06:28Donc, ça s'est fait petit à petit, pas à pas.
06:31Et comme on dit dans le football, match après match.
06:36Justement, vous étudiants, on a une photo.
06:38On va la regarder, Didier de vous, quand vous étiez étudiant.
06:41On est en mai 68.
06:43Donc, vous êtes au deuxième plan sur la photo de profil.
06:45Vous faisiez partie de l'Union des Jeunesses Communistes.
06:48Jeunesses Communistes.
06:49Comme quoi, on peut…
06:50Non, ce n'est pas vrai.
06:51Ah, alors.
06:52Je faisais partie de l'Union des Jeunesses Communistes
06:54Marxiste-Léiniste.
06:55Voilà, il faut être précis.
06:56C'est plus précis et ça aggrave le cas.
06:58Mon métier est un métier de précision.
07:00Je tiens le dire.
07:01Comme quoi, on peut commencer communiste,
07:03trotskiste et compagnie.
07:04Certainement pas trotskiste, j'étais maoïste.
07:06Maoïste et finir dans les 500 fortunes françaises.
07:10C'est un peu rapide de dire comme ça.
07:13Alors, il y a un rapport de l'un à l'autre, si je puis me permettre.
07:17D'abord, parce qu'il y a beaucoup de maoïstes qui se sont devenus riches,
07:20notamment en Chine, oui, il y en a un certain nombre.
07:22Mais surtout parce que, en fait, dans toute cette expérience-là,
07:26que j'ai faite pendant 5 ou 6, 7 ans,
07:29parce que 68, pour moi, c'est la fin de ma période militante.
07:32Donc, je vais commencer en 62, 63.
07:35On apprend, là aussi, à discuter avec des gens.
07:38Parce que la politique, c'est qu'on est en relation avec des gens
07:41et on discute avec eux.
07:43On essaye de trouver sa place et de respecter la leur,
07:47ou pas, selon les convictions qu'on a.
07:50Et en tout cas, j'ai appris à être avec des gens
07:54et à faire en sorte qu'on puisse faire un certain nombre de choses ensemble.
08:00Allez, maintenant, c'est au tour de nos amis étudiants
08:02de vous poser des questions.
08:04Ils ont tous des parcours, vous allez voir, étudiants différents,
08:07mais ils ont tous en commun.
08:08D'être engagés, puisque vous avez fait votre service civique
08:10ou du bénévolat.
08:11Et donc, bravo à vous et merci à l'Institut de l'engagement
08:13qui nous met chaque mois en relation.
08:15Première question de Robin, qui porte, évidemment,
08:18c'est une surprise, sur les sondages.
08:22Bonjour.
08:22Merci beaucoup pour votre présence.
08:26Alors, je m'appelle Robin Nardot.
08:29Je suis étudiant en master à Sciences Po,
08:31en communication politique à Sciences Po Grenoble
08:33et à l'université de Grenoble.
08:36Votre avis, avec le statut que vous avez aujourd'hui,
08:41est-ce que les sondages d'opinion
08:43sont un reflet de l'opinion politique des gens
08:50ou le dictent au quotidien ?
08:53Est-ce qu'ils l'influencent, exactement ?
08:55Est-ce que c'est un reflet de l'opinion ou c'est un flux ?
08:57Oui, j'ai compris.
08:59Mais je savais qu'il avait compris.
09:01Les deux, mon général.
09:03Comme toute information.
09:06Quand un journaliste décrit ce qu'il vit,
09:09ce qu'il voit,
09:11à la fois, il va diffuser de l'information
09:15et cette information,
09:16elle va avoir un effet sur la société.
09:19Elle va transformer la société,
09:22éventuellement, si c'est une information majeure.
09:25Donc moi, je vais vous poser la question autrement.
09:27Est-ce que vous imaginez une élection sans sondage ?
09:31C'est-à-dire une élection sans au moins avoir une petite idée
09:34de ce que chacun des candidats représente.
09:39Et vous imaginez la quantité de candidats
09:41qui vont dire que cette élection est truquée,
09:43ce n'est pas possible,
09:45elle est volée une fois de plus, etc.
09:48Les sondages, ça n'est pas nécessairement exact.
09:52C'est souvent assez juste,
09:53même si ça n'est pas d'une totale précision.
09:56Mais en tout cas, ça permet de donner quand même une certaine idée
10:00des rapports de force, des rapports de voix
10:03au sein d'un corps électoral à un moment donné.
10:07Et ça, c'est une information très précieuse
10:10pour la préservation de la démocratie.
10:12C'est ce que je pense.
10:13Merci.
10:15Et donc, les sondages peuvent ou ne peuvent pas être manipulés ?
10:17Bien sûr, ils peuvent être manipulés,
10:19comme les journalistes peuvent être manipulés.
10:21Mais oui, mais oui.
10:22Non, sans faire le geste, c'est mieux sans faire le geste.
10:24Non, moi, je vous ai dit, je suis du sud de l'Auvergne.
10:29D'ailleurs, il faut le dire, Didier, votre activité de sondage,
10:32c'est la plus connue du grand public,
10:34mais c'est une petite partie de ce que fait Ipsos.
10:36Pardon, petite parenthèse.
10:37– Oui, oui, non, c'est…
10:40Les sondages, notamment les sondages électoraux,
10:43les sondages politiques, ça représente moins de 1% de notre chiffre d'affaires.
10:45– Moins de 20%.
10:46– Mais c'est une partie importante,
10:50parce que, encore une fois, je pense que préserver la démocratie,
10:55préserver le système électoral,
10:57préserver la possibilité pour les citoyens de délire leurs représentants,
11:03c'est aussi, ce n'est pas que ça, mais c'est aussi un acte civique.
11:06– Allez, question à présent de Ludivine.
11:12– Bonjour, madame.
11:13– Bonjour, alors je m'appelle Ludivine,
11:15je suis à l'Institut d'études européennes de Bruxelles,
11:18et je suis laurette de l'Institut de l'engagement,
11:21principalement pour avoir été volontaire aux Jeux olympiques.
11:24– Très bien.
11:24– Ma question, je suis désolée,
11:26va rester sur les 1% de votre activité à Ipsos.
11:28– S'il vous plaît.
11:28– Notamment sur les sondages,
11:30vous parliez de la perception des Français,
11:32et au sein de votre activité,
11:33vous analysez beaucoup cette perception.
11:34Moi, ma question, elle a été plutôt sur votre rapport personnel.
11:39On voit beaucoup que les Français, aujourd'hui,
11:40il y a une très grande frustration,
11:42il y a beaucoup de pessimistes aussi qui reflètent de ces sondages.
11:45Comment vous, personnellement, vous imprégnez de ce ressenti-là ?
11:50Est-ce qu'il vous impacte personnellement ?
11:52Comment vous faites ?
11:53Est-ce que vous essayez de rebondir ?
11:55Ou je ne sais pas vraiment comment vous faites
11:57pour aller justement avec cette analyse, avec cette data ?
12:00– L'Europe a été le centre du monde pendant plus de 200 ans,
12:04notamment parce que c'est en Europe que s'est déroulée,
12:07non pas la dernière, mais l'avant-dernière révolution technologique,
12:10qui était la révolution industrielle.
12:11C'est en Europe qu'on a inventé la machine à vapeur,
12:15c'est en Europe qu'on a inventé plein de choses
12:17qui ont bâti le monde jusque dans les années 1970, 1980, etc.
12:23Aujourd'hui, on est dans une autre révolution technologique
12:29avec plein de choses très variées,
12:33y compris, évidemment, l'intelligence artificielle.
12:37Et ceci ne se passe pas en Europe.
12:39Ça se passe aux États-Unis, ça se passe en Chine,
12:41mais ça ne se passe pas en Europe.
12:43Et donc l'Europe va perdre son rôle central dans le monde.
12:47Et je pense que le ressenti un peu difficile
12:50que beaucoup d'entre nous avons,
12:52c'est parce que nous savons, sans nécessairement l'exprimer,
12:56et nous savons que nous vivons dans une zone
12:58qui est face à des problématiques et des difficultés
13:01pour aujourd'hui et pour demain.
13:03Ça ne veut pas dire pour autant qu'on va sombrer,
13:07mais ça veut dire qu'il faut qu'on se pose vraiment des questions.
13:09Il faut qu'on sache qui on est, qui on veut être
13:13et comment on va y arriver.
13:14Ils ont un avenir, nos étudiants, en France, en Europe.
13:17Bien sûr.
13:18Au cas de ce pessimisme lié à la position de l'Europe
13:21qui est entre le marteau et l'enclume chinoise et américaine ?
13:25Oui, mais on va faire le match.
13:28Sûrement.
13:29Mais on ne fait le match que si on est conscient qu'il y a un match.
13:32Ceci, on pense que, parce que nos arrières-grands-parents
13:36ont inventé la machine à vapeur
13:40et plein d'autres choses qui ont permis au monde
13:43d'évoluer via l'industrie au 19e siècle et au 20e siècle
13:48et que tout va bien.
13:49Non, tout ne va pas bien.
13:51L'Europe, c'est une région importante, démographiquement.
13:55Il y a 450 millions d'Européens dans l'Union européenne.
13:57Donc, on est plus nombreux que les Américains.
14:00On a beaucoup d'argent, parce qu'on a beaucoup d'épargne
14:03qui a été, disons, créée et qui est maintenue.
14:06Malheureusement, une bonne partie de cette épargne
14:08est investie aux États-Unis.
14:09Donc, on peut aussi vous poser la question de savoir
14:11qu'est-ce qu'on en fait.
14:12On a beaucoup de gens très bien.
14:16Vous êtes très bien et vous n'êtes pas les seuls
14:19à avoir des compétences technologiques, humaines, etc.
14:24Et on a su ce que c'était que gagner.
14:29Donc, quand on a su ce que c'était que gagner,
14:31on peut retrouver cette énergie, cette volonté,
14:35pas en écrasant les autres,
14:36mais en ne se faisant pas écraser nous-mêmes.
14:40Donc, oui, c'est possible.
14:41Mais pour l'instant, on perd un peu de temps.
14:44Question de Yacine sur l'intelligence artificielle.
14:47Bonjour, messieurs.
14:49Je m'appelle Yacine.
14:50Je suis en année pré-doctorale à l'ENS-Aclay en management.
14:54J'étais ravi de pouvoir poser une question aujourd'hui,
14:57et d'autant plus parce que vous êtes supporter du PSG.
15:01Donc, comment Ipsos fait face à la montée
15:03de nouvelles technologies comme l'IA générative,
15:06qui permet à chacun de produire rapidement des enquêtes ou des analyses ?
15:11Est-ce une menace ou au contraire une opportunité de réinvention ?
15:15Alors, vous savez, comme j'étais pro-chinois,
15:18je tournais un petit peu la Chine.
15:20Et donc, l'idéogramme qui désigne le mot crise en Chine, en chinois,
15:30c'est la combinaison de deux idéogrammes,
15:33l'un qui veut dire risque et l'autre opportunité.
15:35Donc, l'intelligence artificielle,
15:37comme d'ailleurs toute révolution technologique,
15:41est un risque et une opportunité.
15:42C'est un risque considérable.
15:44Pourquoi ? Parce que ça change, évidemment,
15:46le rapport des gens à la connaissance, aux données, etc.
15:49Mais c'est aussi une opportunité,
15:51parce que comme ce sont des systèmes qui sont puissants,
15:53ça doit nous permettre, si on sait s'en servir,
15:56et si on s'en sert, disons, de façon pertinente,
16:00ça doit nous permettre de donner plus d'informations,
16:05d'avoir plus de savoirs,
16:06donc d'être plus opérants, plus performants,
16:10que sans l'intelligence artificielle.
16:12Mais c'est un risque, parce qu'il y a un risque d'obsolescence
16:15et un risque peut-être de disparition des sociétés telles que la nôtre,
16:19si jamais on ne sait pas s'en servir.
16:21Donc, tout l'enjeu, je dirais, que nous avons aujourd'hui,
16:25c'est de comprendre, d'utiliser, à bon escient,
16:29et de plus en plus, toutes ces technologies,
16:33notamment toutes celles qui relèvent de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle.
16:37C'est, pour nous, un changement
16:41qui est le plus important des changements
16:44auxquels j'ai assisté ou participé depuis que j'ai commencé à travailler,
16:49donc depuis près de 60 ans.
16:51C'est plus important que le développement du digital.
16:54C'est plus important que le développement, disons, de la mondialisation.
16:59C'est pourquoi ? Parce que ça change le rapport au savoir.
17:03Donc, voilà. Mais c'est passionnant en même temps.
17:06Mais qu'elles seront dans ce cas les compétences essentielles
17:07pour les étudiants, les jeunes diplômés, les futurs diplômés
17:10qui vont entrer sur le marché du travail ?
17:12Les compétences requises à l'ère, justement, de l'intelligence artificielle.
17:15Alors, je pense que les compétences ne sont pas différentes
17:18de ce qu'elles sont de tout temps.
17:20Sauf que c'est vrai, si je prends le cas d'Ipsos, par exemple,
17:23qu'on va, enfin, on a déjà commencé, mais dans les années qui viennent,
17:28on va recruter, sans doute, intégrer plus de personnes
17:33qui ont des formations d'ingénieurs
17:36que simplement des gens qui ont des formations Sciences Po.
17:40Je ne sais pas qui...
17:41Donc, les ingénieurs...
17:43Moi, j'aime bien Sciences Po, mais il y aura plus d'ingénieurs
17:46parce qu'on a besoin de gens qui soient plus à l'aise,
17:49plus confortables avec les technologies.
17:54Bon, donc ça, c'est un changement.
17:56Mais c'est un changement, je dirais,
17:58on ne va pas passer de 0 à 100 et de 100 à 0.
18:02Donc, c'est un changement qui va intervenir.
18:04Moi, si vous voulez, je crois beaucoup à quelques mots clés
18:08et donc, je veux les partager avec vous.
18:11Je vais essayer de ne pas en oublier.
18:14Le premier mot, c'est l'honnêteté.
18:16Je pense qu'on peut faire beaucoup de choses si on est honnête.
18:20Et même si on n'est pas ingénieur.
18:21Et même si on n'est pas ingénieur, ce qui est mon cas.
18:23Donc, on peut faire beaucoup de choses parce qu'à un moment ou un autre,
18:26je pense, et peut-être que je suis un peu feur bleu,
18:31mais je pense que vos interlocuteurs, vos partenaires, vos clients,
18:36ils reconnaissent l'honnêteté.
18:37Ils savent qu'ils ont affaire à des gens en qui ils peuvent faire confiance.
18:41Le deuxième mot qui est important, c'est évidemment le mot de collaboration.
18:44Parce qu'encore une fois, on est plus fort à plusieurs si on travaille ensemble
18:47plutôt que si on est tout seul à tirer dans son coin.
18:51Le troisième mot qui est important, c'est évidemment le mot de confiance.
18:54C'est-à-dire qu'on ne peut rien faire.
18:57On me pose souvent des questions de savoir
18:58« Ah, entrepreneur, c'est génial et tout ça ».
19:02Pour moi, ça s'est très bien passé.
19:05Pour d'autres, malheureusement, ça se passe moins bien.
19:07Mais si vous reprenez qu'est-ce qui fait que quelqu'un est un bon entrepreneur,
19:12c'est évidemment quelqu'un qui est prêt à travailler beaucoup.
19:15C'est deuxièmement quelqu'un qui est prêt à travailler de façon feuillale.
19:20Ça revient à mon côté Auvergnat.
19:24Mais c'est aussi et surtout quelqu'un qui a confiance.
19:27Parce que si vous n'avez pas confiance, vous n'y arrivez pas.
19:29Et c'est vrai en football et c'est vrai aussi dans les entreprises.
19:32Il faut avoir confiance.
19:34Donc ces trois mots-là sont importants.
19:39Mais il faut être honnête, il faut collaborer.
19:42Il faut être curieux, bien sûr.
19:45Il ne faut pas avoir peur de prendre des initiatives.
19:47et en sachant, enfin moi, en tout cas, c'est mon expérience,
19:52que sur 100 initiatives que vous prenez,
19:55il y en a peut-être que la moitié ou les deux tiers qui fonctionnent un peu,
19:58quelques-unes très bien, et puis il y en a plein qui ne marchent pas.
20:02Voilà, ce n'est pas grave.
20:03– Allez, on continue avec une série de questions, oui ou non.
20:06Donc je vous pose une question.
20:07Vous répondez par oui ou par…
20:09– Non.
20:09– Voilà, ce n'est pas compliqué.
20:11– Oui ou non, Didier Truchot, vous avez un mauvais caractère ?
20:14– Oui.
20:14– Ça qui est bien avec lui, c'est que la réponse est directe.
20:17Mais vous ne vous en cachez pas ?
20:19– Non.
20:20– D'accord.
20:21Et en quoi c'est un plus ?
20:22Parce que moi, je vois le moins pour l'entourage,
20:23mais en quoi c'est un plus d'avoir un plus ?
20:24– Ça me soulage.
20:25– D'accord.
20:27Bon.
20:27Oui ou non, il y a une méthode Truchot ?
20:30– Oui.
20:31– Et laquelle ?
20:32– C'est ce qu'on a dit un petit peu avant.
20:34– C'est que j'aime bien les gens.
20:36– C'est vrai ?
20:36– Oui.
20:36– Oui ou non, vous êtes d'accord au nom de la justice fiscale
20:41pour être taxé davantage sur votre patrimoine ?
20:45– Enfin, moi, je vais vous dire un truc.
20:50D'abord, je suis contre l'attaque Zucksmann,
20:52je m'en suis expliqué, je peux m'en réexpliquer.
20:54– Et vous avez dit que vous la payeriez si elle était…
20:56– Mais si elle se met en place, je la paierais, bien sûr.
21:01Mais je terminerai en étant le seul patron à payer cette taxe
21:05puisque tous les autres seront partis.
21:08Non, mais c'est vrai, je pourrais être invité à l'Élysée
21:11comme étant le seul patron français qui paye ses impôts en France.
21:15– Jusqu'au bout.
21:15– D'ailleurs, je vais vous dire, une des choses qu'il faudrait faire,
21:18c'est de rendre public l'endroit où les gens payent leurs impôts.
21:27Parce que je trouve ça insupportable que des gens participent
21:30aux débats publics en France, sont citoyens français
21:33et payent leurs impôts à Singapour.
21:35J'aime pas ça.
21:36– Il y en a plus qu'on ne croit ?
21:37– Il y en a beaucoup.
21:39Je ne citerai aucun nom.
21:41– Oui ou non, dit Yé Truchot, un chef d'entreprise,
21:43doit prendre publiquement position sur les débats économiques
21:46et fiscaux et sociaux.
21:48– Oui, enfin, moi, je me sens tout à fait libre…
21:52– Oui, mais en dehors de vous.
21:52– De dire ce que je pense.
21:53c'est, je pense, que chaque citoyen a le droit de s'exprimer.
21:58Voilà.
21:59Mais pour moi, un citoyen, c'est celui qui paye ses impôts dans son pays.
22:02– Oui ou non, Ipsos peut finir un jour numéro un mondial
22:06de l'industrie des études de marché.
22:08Vous êtes numéro trois aujourd'hui.
22:09– Bien sûr, mais ce n'est pas peu, c'est nous allons.
22:13– Il a toujours la niac, quand même.
22:14C'est un truc de fou.
22:15– Ah ben oui.
22:16– Et Didier, on passe maintenant à la question inversée.
22:18Et c'est à vous, maintenant, de poser une question à nos amis étudiants
22:22et répond qui voudra.
22:24– Aucun d'entre nous ne peut changer le monde.
22:27Moi, j'ai pensé que je pouvais quand j'avais 20 ans,
22:29mais en fait, c'était une erreur.
22:30On ne peut pas, enfin, aucun d'entre nous ne peut changer le monde.
22:34Mais chacun d'entre nous peut y contribuer un tout petit peu.
22:37Et puis, à la fin des fins, comment on fait ?
22:40C'est-à-dire, quelle est la méthode qu'on utilise pour y arriver ?
22:45Parce qu'il y a une méthode qui est la méthode classique
22:49de la démocratie représentative, qui consiste à voter.
22:53D'abord, il faut aller voter.
22:54Et je sais que beaucoup d'entre vous ne votent pas.
22:56Donc, je vous invite quand même à voter.
22:59Mais voter n'est pas suffisant.
23:02Donc, il y a bien d'autres moyens qui peuvent être utilisés
23:06ou qui doivent être utilisés si on veut faire en sorte que cette société s'améliore.
23:12Quand j'essaie de s'améliore, ce n'est pas simplement qu'elle soit plus juste.
23:15Et c'est aussi, pour revenir à notre propos du début,
23:19pour qu'elle soit plus efficace.
23:20On a besoin d'avoir un pays, d'avoir, si l'Europe exige, je ne sais pas,
23:26d'avoir, en tout cas, d'être dans un endroit
23:28qui est géré de façon plus efficace que ce n'est le cas aujourd'hui.
23:32Donc, il faut qu'on soit plus efficace, il faut qu'on soit plus juste.
23:35Donc, il faut qu'on fasse les choses un peu différemment.
23:39Parce que je ne suis pas à dire qu'il ne faut qu'il n'y a qu'à pour que ça marche.
23:44Donc, comment on fait ? Voilà.
23:46Comment vous faites ?
23:47C'est quoi ce qui vous inspire ?
23:49Comment est-ce que vous voulez intervenir dans ce challenge, quand même ?
23:55Je dirais que ça passe par deux choses.
23:58La première chose, c'est le collectif.
24:00Et la seconde, ça serait la transmission.
24:02Donc là, je pense à l'Institut d'engagement, par exemple.
24:04Il y a une communauté qui se crée d'entraide,
24:06où on traverse tous les mêmes choses, on passe tous par les mêmes difficultés.
24:10Et justement, le fait d'être ensemble, de pouvoir en discuter,
24:12transmettre nos conseils ou nos réseaux,
24:15justement, ça crée, je ne sais pas, un élan, en tout cas, qui tourne vers le positif.
24:20Donc, je resterai sur ces deux points.
24:22Oui, je pense qu'il y a un problème d'ancrage aujourd'hui, que ce soit dans le monde public ou dans le monde privé,
24:28et de reconnaissance des réalités.
24:31Je suis impressionnée aujourd'hui que ça fonctionne beaucoup à deux vitesses.
24:34Il y a deux mondes.
24:35Il y a les personnes qui font les tâches et parfois les personnes qui les attribuent et qui ne sont pas forcément en connexion avec ce monde-là.
24:43Et moi, je pense que pour que le monde de demain fonctionne correctement,
24:47il y aurait besoin que ces deux mondes se connectent et qu'il y ait une meilleure prise en compte des réalités.
24:53Didier ?
24:55Non, non, moi, je suis d'accord avec ça.
24:56Je vais juste rajouter une chose.
24:59C'est que ce qui fait, en fait, fonctionner un projet,
25:03c'est qu'il soit...
25:06C'est qu'il y ait un succès.
25:08Parce qu'en fait, on vit tous avec un certain nombre d'idées, d'envies, etc., etc.
25:15Et si ça ne marche pas, en fait, on perd le fil.
25:19Donc je crois que ce qui est important aujourd'hui, c'est tout ce que vous avez dit et je partage,
25:26mais c'est aussi qu'on se mette d'accord sur les marges du succès.
25:30Parce que dans une entreprise, par exemple, quand on fait un plan à cinq ans,
25:33on dit qu'au bout d'un an, voilà où on veut être et puis on vérifie que ça marche.
25:38Et puis l'année d'après, etc.
25:40Donc on essaie de définir ce que peut être un succès
25:43et ensuite de vérifier que l'on est dans la bonne trajectoire.
25:48Aujourd'hui, c'est vrai, et c'est ce que vous évoquiez un peu,
25:52c'est que dans la façon dont nos représentants nous représentent,
25:57ils ne nous représentent pas de façon claire.
25:59Donc ils oublient un peu qu'ils sont nos représentants.
26:02Donc voilà.
26:03Quand on fait un sondage, dans plein de pays en même temps,
26:09sur la confiance que les gens ont dans la démocratie représentative,
26:13donc le système institutionnel dans lequel on vit,
26:16dans lequel on élit des gens qui nous représentent.
26:20Il y a moins de la moitié des gens qui croient aux vertus de la démocratie représentative.
26:24Ce qui est évidemment le terreau ensuite pour tous les systèmes autocratiques,
26:30puisque si vous ne croyez pas, etc.
26:32Et ça veut dire aussi qu'il est absolument urgent
26:34de voir comment on peut mieux faire fonctionner la démocratie représentative
26:38ou bien qu'on aille vers une démocratie plus participative
26:42qui est celle évidemment qui existe dans la votation suisse.
26:46Mais bon, la Suisse, c'est la Suisse.
26:48Je ne suis pas sûr que ce soit un modèle qui soit applicable au reste du monde.
26:53Allez, merci à vous, Didier Truchot, vous êtes le président et fondateur du groupe Ipsos.
26:57Merci pour cette masterclass.
26:58C'était bien ou pas ?
26:59Merci à vous.
26:59Moi, j'ai trouvé ça très intéressant.
27:00Ça vous a plu ? Je pense qu'on peut l'applaudir.
27:05Merci.
27:06Allez, masterclass, c'est fini pour aujourd'hui.
27:08Mais ça continue sur les réseaux sociaux avec d'autres questions qui seront posées évidemment à Didier Truchot.
27:14Et cette émission, je le rappelle, a été enregistrée depuis la maison Sanofi à Paris.
27:18Masterclass, c'est aussi du replay sur publicsena.fr.
27:21À très vite.
27:22Masterclass avec OfiInvest.
27:45Comprendre pour agir, c'est se préparer à faire les bons choix.
27:49OfiInvest finance les acteurs qui dessinent l'économie de demain.
27:52OfiInvest.
27:54Investissez dans votre avenir.

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