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  • il y a 47 minutes
« Ils sont démocrates… tant qu’ils gagnent » Dans Sens Public, le juriste Béligh Nabli explique le paradoxe des dirigeants illibéraux, de Trump à Bolsonaro. Selon lui, ceux-ci sacralisent le peuple et l’élection, mais refusent tout contre-pouvoir. Ainsi, leur façade s’effondre à la première défaite, ne laissant qu’« un discours autoritaire et la croyance dans leur propre personne », estime-t-il. Retrouvez le débat en intégralité sur publicsenat.fr.

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Transcription
00:00Est-ce que le refus de reconnaître sa défaite, c'est un point commun de ces chefs d'État ou
00:05de ces régimes qu'on dit illibéraux ?
00:08Alors c'est assez paradoxal. D'un côté, l'épisode nous renvoie quand même à la défaite de Donald Trump,
00:14rappelez-vous,
00:15et la prise du Capitole par ses partisans, avec Donald Trump à la manœuvre pratiquement.
00:22Et en même temps, ces illibéraux, ils croient en quoi ? Ils croient dans l'élection, dans le peuple du
00:28moins.
00:29Ils ne croient pas dans les libertés, vous voyez ? C'est-à-dire qu'ils sont démocrates...
00:34Quand ça les arrange, je crois. Tant qu'ils gagnent.
00:39Voilà, ça c'est vraiment la conclusion. Mais le postulat, c'est qu'ils croient dans le peuple, ils le
00:44sacralisent, ils croient dans les élections.
00:47Par contre, considérer qu'il puisse y exister des contre-pouvoirs, des contraintes à toute autorité élue,
00:57c'est ça qu'ils ne peuvent pas concevoir et accepter. C'est leur point commun.
01:01Donc là, on voit qu'en fait, ce discours-là qu'ils mettent en avant pour se faire accepter, dire,
01:05voilà, nous sommes démocrates, nous on croit dans le peuple et on croit dans l'élection.
01:08En fait, c'est une façade. Puisque dès lors qu'ils perdent, même cet élément démocratique ne tient plus.
01:16Et finalement, qu'est-ce qui reste ? Finalement, simplement un discours autoritaire et la croyance dans leur propre personne.
01:24Pour revenir sur les similarités entre tous ces leaders, on va les appeler peut-être d'extrême droite pour le
01:31moment,
01:31c'est qu'effectivement, ils ont quand même un fond autoritaire très fort qui fait que si on étudie le
01:38concept de démocratie ou d'état de droit,
01:40ils sont très très opposés à tout ce qui est contre-pouvoir, que ce soit le Congrès, que ce soit
01:45le pouvoir judiciaire,
01:46les médias, les universités en passant, mais ils se présentent comme, si on dit populiste, c'est bien parce qu
01:54'ils parlent au peuple
01:55et ils prétendent représenter le peuple, mais ensuite ils franchissent l'étape d'après.
01:59Si j'ai perdu, c'est qu'il y a eu de la triche, puisque je représente le peuple et
02:03le peuple va voter pour moi.
02:04Et ce qui est frappant aux Etats-Unis, c'est que depuis que Trump est élu, enfin depuis qu'il
02:10est candidat,
02:11depuis 2015, il dénonce une fraude électorale massive.
02:14Alors ça a changé, ça peut être le vote par correspondance, etc., mais une fraude massive.
02:20Et il a même crié la fraude en 2016, alors qu'il avait remporté le collège électoral,
02:25en disant « j'aurais dû remporter aussi le suffrage populaire », ce qui était faux.
02:28Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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