- il y a 1 heure
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:03Musique
00:10Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Il est météorologue et spécialiste de la prévention des risques majeurs.
00:18Gaëlle Musquet est notre invitée aujourd'hui.
00:20Comme chaque semaine, vous le savez, on prend le temps de revenir sur les actualités abordées dans votre magazine.
00:25Actu qui nous ont notamment ramené en Jamaïque.
00:28En octobre 2025, l'ouragan Mélissa défigurait cette île de la Caraïbe et frappait aussi Cuba, Haïti et Saint-Domingue.
00:3748 morts en Jamaïque et un territoire qui aujourd'hui encore peine à se reconstruire.
00:42Nous sommes retournés sur place.
00:44Escalé également dans le quartier Rivière-Salée au nord de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.
00:48L'un des plus gros points de tension lors des émeutes de 2024.
00:52Rivière-Salée où l'on tente coûte que coûte de tourner la page de cette crise, de réapprendre surtout à
00:57vivre ensemble.
00:58Et puis c'est ce dimanche que s'élanceront les skippers engagés dans la 13e route du Rhum.
01:04La course transatlantique en solitaire reliera comme à chaque fois Saint-Malo à Pointe-à-Pitre.
01:10Parmi les navigateurs engagés, le Guadeloupéen Kenny Piprol et il entend bien briller.
01:14On en reparle.
01:20Bonjour Gaël Musquet.
01:21Bonjour.
01:21Je suis ravie de vous accueillir sur le plateau de C'est pas si loin, météorologue, spécialiste de la prévention
01:26des risques majeurs.
01:27Vous aviez le vent, me semble-t-il, lorsque l'ouragan Hugo a très durement touché la Guadeloupe, dont vous
01:32êtes originaire.
01:34Expérience qui a marqué votre parcours et sans doute définit tout ce qui en découle d'ailleurs, vous allez me
01:38le dire.
01:39Quels souvenirs vous restent-ils de ce jour-là ?
01:41La solidarité au lever du soleil des voisins, la solidarité aussi avec nos voisins qui nous ont hébergés et qu
01:50'on a pu aider avec ma famille.
01:52La tristesse aussi de voir mes oncles et les membres de ma famille, triste de voir cette maison qui avait
01:58à peine un an, déjà endommagée par ce phénomène majeur.
02:02Est-ce qu'à ce moment-là, du haut de vos levants, vous prenez peut-être conscience de la nécessité
02:05d'être préparé ?
02:07Oui, mon père a pasteur, banquier, sauveteur, secouriste au travail, ceinture et bretelles pour pouvoir faire face à ce type
02:15de crise.
02:16Donc oui, j'ai une formation effectivement liée à la prévention, j'ai une éducation, même si la fille dont
02:22j'étais amoureuse quand j'étais enfant, c'était l'astrophysique, l'astronomie.
02:25Je savais que je ne pourrais pas revenir dans mon île en étant astrophysicien.
02:30Et donc, j'ai choisi une deuxième fille, la météorologie, qui m'amène aujourd'hui à faire énormément de prévention
02:38partout où on a besoin évidemment de ces sujets.
02:41Et ce qui est marrant, c'est que vous vous définissez aujourd'hui comme un hacker éthique.
02:45Il sonne plutôt péjorativement ce mot hacker de prime abord.
02:48Qu'est-ce que vous entendez par là et en quoi les outils numériques peuvent aider les populations finalement ?
02:53Alors, je ne suis pas prévisionniste, moi je suis issu de la filière instruments en météorologie.
02:57Donc, ce que j'ai appris à faire, c'est fabriquer des stations météorologiques et donc, c'est de l
03:02'électronique, des systèmes embarqués.
03:03Et c'est comme ça que j'ai glissé à la cybersécurité, au hacking, pour pouvoir sécuriser des systèmes d
03:08'information.
03:09Et donc, mon travail au quotidien, c'est de trouver tous les moyens possibles et imaginables pour mesurer.
03:15Lord Kelvin disait, mesurer, c'est savoir.
03:18Pour prendre de bonnes décisions, pour avoir des bons systèmes d'alerte, pour sauver des vies,
03:22pour évacuer et confiner des populations, il faut savoir ce qui se passe sur le territoire.
03:26Et donc, la cybersécurité, pour moi, ce n'est que le prolongement de la météorologie.
03:30C'est une manière de prévenir un risque technologique lié à la corruption de systèmes d'information.
03:36Ça veut dire que finalement, quand vous vous intéressez à la fois aux ouragans, aux risques technologiques et aux cyberattaques,
03:42finalement, toutes ces menaces sont communes ?
03:45Oui, il y a un mot au Québec pour définir mon métier, préventeur.
03:48Ah ouais, c'est marrant.
03:50J'aurais pu vous présenter en tant que préventeur, là.
03:52Pas trop utilisé en France, mais c'est un mot qui me plaît beaucoup,
03:56parce que ça résume vraiment ce que je fais au quotidien,
03:58que je travaille sur des systèmes d'information, sur des stations météorologiques ou sur des capteurs sismiques.
04:03À la fin de la journée, mon sujet, c'est comment on va aider à sauver des vies et à
04:07éviter des blessés.
04:08C'est assez efficace, lexicalement, finalement, lexicalement parlant, préventeur.
04:11En tout cas, Gaël Musquet, le préventeur, votre conviction, c'est que la protection, justement,
04:15ne repose pas que sur les secours, pas que sur les autorités, mais que les habitants aussi ont un rôle
04:21à jouer.
04:22Comment fait-on pour que chacun sache quoi faire, comment faire et à quel moment le faire ?
04:27Je vais prendre l'exemple d'une femme qui m'a beaucoup inspirée,
04:30Michelle Bachelet, l'ancienne présidente du Chili,
04:32qui a créé un programme à l'époque d'Odemy qui s'appelait Familia Preparada.
04:37C'était pour elle une manière d'éviter ce qui s'est passé en Haïti, au Japon, en Nouvelle-Zélande,
04:44que face à l'impréparation, les personnes soient victimes.
04:47Et cette femme, elle met au cœur de ses politiques de prévention la cellule familiale.
04:51Où papa travaille ? Où maman travaille ? Où est-ce que je suis scolarisée ?
04:54Où est la mamie ? Où est le papy ? Où est l'animal de compagnie ?
04:59Une plateforme qui permettait de résumer tous les risques auxquels sont exposés la cellule familiale
05:04et des lieux idéaux où on devrait se rencontrer si jamais la famille venait à être séparée,
05:11parce qu'inondations, séismes, tsunamis.
05:15Et grâce à ça, en 2015, on évacue plus d'un million de personnes face à un tsunami en quelques
05:22dizaines de minutes.
05:23Là, en 2025, l'année dernière, le Chili évacue plus de 1,7 million de personnes.
05:29C'est une des plus belles réussites pour moi de la prévention.
05:32Quand une population est formée, informée et alertée en temps et en heure,
05:37quand les enfants font partie intégrante de la stratégie, ça marche.
05:43Et c'est ce qui permet dans ces territoires latino-américains souvent d'avoir de la solidarité avant la crise.
05:49C'est avant les crises, la prévention, c'est vraiment le parent pauvre, malheureusement, de la gestion de crise.
05:55Malheureusement, peut-être que les Jamaïcains, en tout cas, n'étaient pas assez préparés.
05:57On va en parler.
05:58Gaëlle Musquet, vous avez choisi cette thématique.
05:59Le 28 octobre 2025, l'ouragan Melissa de catégorie 5 frappait la Jamaïque.
06:04Un monstre météorologique.
06:06Jamais l'île de la Caraïbe n'avait affronté pareil phénomène.
06:0948 morts, des dégâts estimés à près de 8 milliards d'euros.
06:13Un an plus tard, nous sommes retournés sur place.
06:15Extrait.
06:19C'était une maison d'hôtes.
06:22Avant ici, il y avait une piscine.
06:27Melissa a détruit tout ça.
06:34Melissa a fait beaucoup de dégâts à Parati.
06:37Beaucoup de gens sont sans abri.
06:39Certains essaient de reconstruire, de s'en sortir.
06:43Certaines personnes sont aujourd'hui en grande difficulté financière.
06:48Je suis indépendant, je suis entrepreneur.
06:51Ici, je peux pêcher, amener des touristes et vendre des fruits de mer frais.
06:55Je me sens faire partie de la Jamaïque, car ici, à Parati, on nourrit le pays en fruits de mer.
07:01Et Parati est une destination touristique très prisée.
07:18J'ai été très durement touché, car j'ai perdu mon toit, j'ai perdu mon moteur et j'ai
07:22perdu mon bateau.
07:29Depuis l'ouragan, la population de poissons diminue, donc il y a moins de pêche.
07:35Je dirais que mes revenus ont baissé d'environ 35 à 40%.
07:44Des personnes reçoivent de l'aide, mais c'est très lent et certains ne reçoivent toujours rien.
07:55La reconstruction, Gaëlle Musquet, va coûter des milliards à la Jamaïque.
07:58Elle coûte déjà des milliards.
08:00Alors que vous nous rappeliez, la prévention coûte bien moins cher.
08:03Quelles dépenses faudrait-il engager dès maintenant sur nos territoires ultramarins, notamment les plus exposés ?
08:09Alors effectivement, des sujets en fonction des risques.
08:11On a pratiquement tous les risques, à part les avalanches.
08:15Oui, très juste.
08:15On a pratiquement tous les risques possibles et imaginables.
08:18Quand on rajoute en plus les épidémies liées aux moustiques, les politiques de prévention doivent s'appuyer à la fois
08:23sur une connaissance du risque.
08:24Et ces risques sont bien connus.
08:27Et donc, il faut intégrer dans les politiques publiques, que ce soit au niveau des maires, que ce soit jusqu
08:30'au préfet.
08:31Vraiment, on a souvent des lacunes à ce niveau-là sur déjà la connaissance et la transmission des risques.
08:37Les documents existent.
08:38On a plein de documents, des plans de prévention, des risques d'inondation.
08:41On a les plans familiaux de mise en sûreté, les 10 crimes, les documents d'information commune des risques majeurs.
08:46On croule sur les documents.
08:48Mais on se rend bien compte que ce n'est pas parce qu'on a plein de documents qui décrivent
08:50les risques et les doctrines et les procédures que, pour autant, les territoires sont prêts.
08:55Donc, il y a toute une partie d'éducation, évidemment, du secteur économique, du secteur, évidemment, politique.
09:01Il faut que les élus se forment et que l'on applique déjà ce qu'on a voté.
09:04Déjà, le plan séisme, il faudrait l'appliquer.
09:08Le TRAC, donc la trajectoire, la notation au changement climatique, il faudrait l'appliquer.
09:13Les différentes lois et budgets aussi qui ont été votés, il faudrait les dépenser.
09:19Parce qu'un euro mis dans la prévention, c'est 15 euros évité au moment de l'ALÉA.
09:23C'est fou ce que vous dites parce que vous rappelez ces risques majeurs que les territoires ultramarins cumulent.
09:27On parle là d'ouragan ou de cyclone en fonction de l'océan.
09:29Il y a les tremblements de terre, il y a les éruptions.
09:32Et vous nous dites qu'il va falloir s'adapter, savoir être prêt, dépenser les budgets et tout ça, que
09:37la connaissance, elle est là.
09:38Sauf qu'il y a eu, on en parlait, il y a eu Hugo en 89 en Guadeloupe.
09:41Il y a eu Irma à Saint-Martin en 2017, me semble-t-il.
09:44Il y a eu Garance, il y a eu Chido à La Réunion, à Mayotte.
09:46Ça veut dire que ces territoires-là n'ont pas tiré suffisamment de leçons des événements passés ?
09:51Pas toujours et j'aimerais parler de bons exemples.
09:53La Réunion, quand les acteurs du secteur touristique me contactent l'année dernière en me disant
09:57on veut s'organiser parce que l'île intense et on vend une destination, on vend du rêve,
10:01peut se transformer en cauchemar et on l'a vu.
10:04Garance, Bélal, à quel point parfois la coordination ne s'est pas bien faite ?
10:08Mais heureusement, on a des préfets, le préfet Filippini, qui avait mobilisé la French Tech locale,
10:15les start-up pour faire des applications d'alerte.
10:18Heureusement, il avait aussi favorisé des réunions.
10:21On a un super exercice, Cyclonex, où tous les acteurs l'année dernière étaient réunis au pouvoir.
10:29Les médecins, les sociétés d'HLM, les gens qui font de l'énergie, les transports, l'industrie du tourisme, l
10:34'aéroport.
10:35Bref, tout le monde réuni pour savoir ce qui a marché, ce qui n'a pas marché,
10:38tiré des leçons et préparé la prochaine saison cyclonique.
10:41Malgré tout, Gaëlle Musquet, Mélissa, en Jamaïque, était de catégorie 5.
10:44C'est le niveau le plus élevé pour des ouragans.
10:47Face à des vents d'une telle violence, plus de 300 km heure,
10:50quelle que soit la préparation, qu'est-ce qu'on peut réellement protéger ?
10:53Comment est-ce qu'on peut limiter le nombre de victimes ?
10:55Sachant qu'avec le dérèglement climatique, El Nino et compagnie,
10:57les phénomènes vont être de plus en plus costauds et féroces.
11:00Alors là, effectivement, face à de tels vents, il faut des abris.
11:04Ça, c'est ce qui a été fait, par exemple, en Polynésie.
11:07Des abris qui ont été faits pour protéger les populations.
11:10En Guadeloupe, après Hugo, il y a eu toute une refonte de l'urbanisme,
11:13la construction de nouveaux bâtiments, de nouvelles normes,
11:16d'ancrage des toits pour éviter, évidemment, que les toitures ne s'en aillent.
11:20Évidemment, sur des vents violents, Mélissa,
11:22on était à plus de 400 km heure à 200 m d'altitude.
11:25Donc, effectivement, on est sur des vitesses de vent impressionnantes.
11:28À Saint-Martin, les personnes post-Irma,
11:32qui avaient les moyens, qui ont les moyens à construire des abris.
11:36Mais, encore une fois, ce sont les personnes les plus vulnérables,
11:38les plus pauvres, qui sont les premières victimes.
11:40Oui, quand même à chaque fois, malheureusement.
11:41Alors, Gaël Musquet, il y a les phénomènes naturels,
11:43et puis il y a les crises sociales.
11:45Le quartier populaire de Rivière-Salée, au nord de Nouméa,
11:47en Nouvelle-Calédonie, a lui payé le prix fort lors des émeutes de 2024,
11:52avec des saccages et des dégradations en tout genre.
11:55Mais le vivre ensemble a aussi considérablement été affaibli.
11:58Alors, depuis deux ans, ce sont des associations
12:00qui tentent de faire revivre le dialogue, justement, extrait.
12:07Le projet de marché a été créé, en fait,
12:11dans un sens de faire un événement de cohésion sociale.
12:15Ce marché-là avait plusieurs objectifs.
12:17Permettre aux gens de quitter l'isolement,
12:20de recréer du lien.
12:21Il est plus facile de faire un pas vers l'autre
12:24dans un terrain neutre.
12:27Et en fait, c'est comme ça qu'est né le marché
12:29événement de cohésion sociale,
12:30et qui, aujourd'hui, continue à porter ses fruits,
12:33et puis se développe encore deux ans après.
12:39Marinette, bonjour !
12:40Bonjour !
12:40Ça va ?
12:41Oui, toi, ça va ?
12:42Oui.
12:43Donc là, c'est Marinette, hein.
12:44Marinette qui est une exposante,
12:46qui nous fuit et qui est avec nous depuis le début.
12:49C'est grâce à eux que j'ai pu trouver du travail.
12:53Le travail de reconstruction morale
12:56est celui de faire en sorte que les gens
12:59puissent vivre ensemble et travailler ensemble
13:02sans qu'il y ait d'animosité,
13:04sans qu'il y ait de distance ou de chemin caché.
13:09Si tu veux, je te dépose à l'école tout à l'heure.
13:12Tu veux que je te dépose à l'école tout à l'heure ou pas ?
13:15Mais pourquoi t'es pas parti à l'école ?
13:17Moi, demain, j'ai rentré dans l'école.
13:18Oui, loupe pas les cours, hein.
13:20S'il y a des trucs à l'école, tu me dis,
13:22mais faut pas louper les cours.
13:24Aujourd'hui, on avait perdu des choses,
13:26mais je ne souhaite pas retrouver le Réversal et d'avant.
13:31Ce que je souhaite, c'est qu'on apprenne de ce qui s'est passé
13:33et qu'on grandisse avec ça, qu'on devienne meilleur.
13:39Alors, crise climatique ou crise sociale,
13:41Gaël Muscet, la solidarité, évidemment,
13:43est une force essentielle pour un territoire.
13:45Dans ce cas précis, en quoi ce tissu associatif
13:48vous a paru si capital ?
13:49Moi, ça me fait penser à la Martinique,
13:51à la ville du Lamantin,
13:52qui a vraiment assis sa réserve communale
13:54sur le tissu associatif local.
13:56Aller chercher dans chaque association,
13:59y compris dans les cultes,
14:00les pasteurs, les prêtres,
14:02pour pouvoir mobiliser toutes les énergies,
14:05toutes les solidarités,
14:06parce que le lieu de culte devient un lieu de solidarité
14:08où on discrimule la nourriture,
14:09où on s'apaise.
14:10Particulièrement outre-mer.
14:11Évidemment, la foi a un rôle à jouer,
14:13le sport a un rôle à jouer.
14:15Et c'est cette cohésion sociale,
14:17avant la crise,
14:18qui fait que la société est résiliente.
14:20C'est parce que les gens s'aiment,
14:21c'est parce qu'ils travaillent ensemble,
14:23ils font du sport ensemble,
14:24parce qu'ils font de la couture ensemble,
14:26qu'au moment de l'aléa,
14:28ils savent à la fois se préparer,
14:32habiter les uns chez les autres
14:33quand les maisons,
14:34les infrastructures leur permettent,
14:36savoir qui appeler,
14:37qui contacter quand ça ne va pas,
14:38prendre soin de nos personnes
14:39en situation de handicap.
14:40Je le rappelle,
14:41ils ont des probabilités
14:41quatre fois plus importantes
14:42de décéder ou d'être blessés
14:44à cause d'un aléa,
14:45nos personnes âgées, évidemment.
14:47Et c'est cette cohésion sociale-là,
14:49la Révule du Lamantin
14:50a même créé
14:50une réserve communale junior
14:52de 10 à 18 ans,
14:54des jeunes qui s'engagent
14:55avec leurs parents,
14:56avec les élus,
14:57pour pouvoir protéger leur quartier.
14:59C'est très important ce que vous dites,
15:00et évidemment,
15:01ça a du sens sur le terrain.
15:02Mais comment éviter
15:02qu'on demande aux associations
15:04finalement de remplacer
15:05des services publics défaillants ?
15:07C'est une très, très bonne question.
15:09Il faut trouver le juste équilibre.
15:11Et là, pour répondre
15:11à cette question-là,
15:12je sollicite régulièrement
15:14le secteur économique.
15:16c'est aussi à eux
15:18d'aider ces associations
15:19à boucler leur budget.
15:20On sait qu'on est
15:21en disette économique.
15:22Ce sont à ces entreprises
15:23d'accueillir des jeunes en stage
15:25pour leur permettre
15:26de découvrir des métiers,
15:27de participer pleinement
15:29à la vie économique
15:31de nos territoires
15:32et donc de compenser parfois
15:34la disette issue
15:35de l'argent public
15:36qui manque
15:38et aussi participer
15:39parfois
15:40avec ces collectivités
15:41publiques privées
15:42à des programmes
15:43de prévention
15:44des risques majeurs.
15:45Gaëlle Musquet,
15:47à Rivière-Salée
15:47en Nouvelle-Calédonie
15:48où on était à l'instant,
15:49le collège a été endommagé.
15:50C'est un lieu qui permet
15:51de faire société
15:53à un établissement scolaire.
15:54Quelles conséquences
15:55dans la vie des jeunes,
15:56dans la vie des familles
15:57quand se produit
15:58une telle dégradation ?
15:59D'autant que c'est sans frontières.
16:00On le voit en ce moment
16:01avec l'actualité hexagonale,
16:02la mobilisation des lycéens,
16:03le lycée de Nantes notamment
16:04qui a été incendié.
16:06Quelles conséquences
16:07dans la vie d'un jeune notamment ?
16:09On s'isole,
16:10mais là encore,
16:12vivre à Mayotte
16:13ou que j'ai pu vivre en Martinique
16:15sur la crise des sargasses
16:16par exemple en Martinique
16:17où certains établissements
16:18ne peuvent plus
16:20accueillir les élèves
16:21chaque année
16:21par risque d'être intoxiqués.
16:23Qu'est-ce qu'on fait ?
16:24On déplace des collégiens
16:25dans des lycées.
16:25On l'a vu d'ailleurs
16:26pendant la crise des lycéens.
16:27On a des écoles d'ingénieurs
16:29de grands sites universitaires
16:30qui ont accueilli ces lycéens
16:32pour pouvoir assurer
16:34la continuité des cours,
16:35faire du soutien scolaire, etc.
16:36C'est aussi ça,
16:37avoir de la solidarité
16:38entre les établissements scolaires,
16:40déménager parfois
16:41certaines classes
16:42pour permettre,
16:43parfois,
16:44et on l'a vu à Bordeaux
16:45pendant les canicules,
16:46on déménage carrément
16:48l'établissement scolaire
16:49dans des musées,
16:49dans des zones fraîches,
16:51dans des entreprises
16:51qui offrent leurs locaux,
16:53leurs bureaux.
16:54Ce sont nos enfants.
16:55Donc tout ce que l'on n'aura pas mis
16:56en tant qu'élu,
16:57en tant qu'autre chef d'établissement
16:59ou en tant qu'entreprise,
17:01aura un impact in fine
17:02sur la formation,
17:03sur la transmission
17:04et la solidarité
17:05qu'on essaie de transmettre
17:06à ces enfants.
17:07C'est un peu ça la résilience
17:07que vous appelez de vos voeux ?
17:09Bien sûr, bien sûr.
17:10Elle est la capacité
17:10de se rétablir après un choc.
17:12Allez, troisième thématique
17:13sur laquelle vous avez choisi
17:13de vous arrêter,
17:14la transatlantique
17:15tant attendue
17:16par les passionnés,
17:17la route du Rhum.
17:18C'est ce dimanche
17:18que sera donné le départ.
17:20Course mythique
17:21qui, tous les quatre ans,
17:23relie, vous le savez sans doute,
17:24Saint-Malo à Pointe-à-Pitre,
17:25la Bretagne à la Guadeloupe.
17:26Nous avons suivi
17:27l'un des skippers,
17:28le Guadeloupéen Kenny Piprol.
17:30C'est sa deuxième participation.
17:31extrait.
17:43Sous-titrage Société Radio-Canada
17:44Centre Accord, centre Accord,
17:45ne devrait pas voir,
17:45est-ce que tu m'envoies ?
17:472,40 minutes du cross,
17:49je comprends le 3 plus 2.
17:51C'est tout bien pris,
17:51à tout à l'heure, merci.
17:54Là, dans ma tête,
17:55je suis déjà quasiment
17:57au 1er novembre,
17:58que tous en configuration
17:59roue du Rhum pour le départ.
18:07Quand on est en mer,
18:08en fait, moi,
18:09j'ai tendance à me dire
18:10que je suis dans
18:11un environnement hostile,
18:12en tout cas,
18:13qui est différent du mien.
18:16Souvent, en début de course,
18:17on fait face à des tempêtes.
18:18On ne peut pas maîtriser
18:19les éléments
18:20qu'on est obligé de s'adapter.
18:23Sportivement parlant,
18:23tu es obligé de sortir
18:25de ta zone de confort
18:26et de te dépasser
18:27quotidiennement, en fait,
18:28pour pouvoir affronter
18:29les éléments.
18:31Début mêlier.
18:33Signalon, secteur,
18:34B2 qui vont.
18:35Orange, retourné
18:36avec une personne à la mer.
18:38On doit s'adapter aux éléments.
18:40Et donc, ça passe aussi
18:41par le sommeil.
18:41En solitaire,
18:42c'est vrai qu'on ne peut pas
18:43faire des nuits complètes
18:44parce qu'on est en course aussi.
18:46Ce qu'on fait,
18:46c'est que le sommeil
18:47est coupé en plusieurs séquences.
18:49Dès qu'on a un moment,
18:50un créneau,
18:51on fait une cesse de 20 minutes,
18:52on se réveille,
18:53on fait un tour du bateau,
18:54on voit si tout va bien,
18:55on refait 20 minutes.
18:55L'idée, c'est de cumuler
18:57ces siestes le plus souvent
18:58possible sur 24 heures
18:59de façon à pouvoir cumuler
19:01entre 4 et 5 heures
19:02sur 24 heures de sommeil.
19:12Gaël Musquet,
19:12il me semble qu'enfant,
19:13vous alliez voir les bateaux
19:14à l'arrivée à Pointe-à-Pitre.
19:17Que représentait cette route du Rhum
19:19pour le petit garçon
19:19que vous étiez ?
19:20C'était à la fois
19:21des grands navires,
19:23des grands bateaux.
19:23Mon père est fan de marine,
19:25il a toujours rêvé
19:26de s'acheter un bateau.
19:27Donc, j'ai grandi
19:28avec cet amour de la mer
19:30et cet amour des bateaux.
19:31Donc, arriver,
19:32voir arriver ces grandes machines
19:34qui avaient traversé l'océan.
19:35C'était extrêmement impressionnant
19:37pour moi.
19:37Et puis, on avait aussi
19:38déjà à l'époque
19:39Claude Bistocké, par exemple,
19:41un de nos premiers navigateurs
19:43qui portaient un peu le flanvre.
19:44Moi, je suis un enfant
19:45qu'on a fait rêver.
19:46Si je suis aujourd'hui ici,
19:47c'est que j'ai rêvé de ces métiers,
19:49j'ai rêvé aussi de ces carrières
19:53qui permettent aujourd'hui
19:54d'améliorer la science,
19:55de savoir la qualité des transports
19:57et aussi la décarbonation
19:59du trafic maritime.
20:00Et en tout cas, pour vous,
20:01ce n'est pas seulement une course
20:02pour le Gaël Musquet devenu adulte,
20:05pas seulement une course
20:05ou une fête populaire,
20:06mais aussi et surtout
20:07un concentré de technologies.
20:09Quelles innovations
20:10vous intéressent
20:11tout particulièrement
20:12autour de cette course
20:13et pour quelles raisons ?
20:14Le Vélique,
20:15la capacité d'utiliser
20:16les voiles
20:17pour pouvoir augmenter
20:19la performance des navires.
20:20On le voit
20:20sur Saint-Pierre-et-Muclec,
20:21New Line,
20:22avec un cargo
20:23qui est équipé de voiles,
20:24avec Canopée
20:25qui transporte
20:26la fusarienne
20:26de l'Hexagone
20:28vers la Guyane.
20:30C'est le COP
20:31qui fait du transport
20:33de marchandises
20:33et de personnes
20:34vers la Corse
20:35depuis les littoraux
20:36méditerranéens.
20:37On le voit
20:37que cette industrie maritime
20:38a besoin,
20:40envie
20:41et s'inscrit aussi
20:42dans une trajectoire
20:43d'atténuation
20:44des gaz à effet de serre.
20:45Ces nouvelles technologies
20:46météorologiques
20:48qui permettent
20:48ces courses au large
20:49d'optimiser les trajets
20:51et de s'adapter
20:51évidemment au temps,
20:53en même temps
20:53de consommer
20:54moins de carburant,
20:56tout ça représente
20:58des enjeux,
20:58des nouveaux métiers,
20:59les matériaux,
21:00les transmissions,
21:02les télécommunications,
21:03le spatial.
21:04On a vraiment
21:05un concentré
21:06sur cette course
21:06de ce que l'humanité
21:08sait faire de mieux
21:09et ce que l'humanité
21:10saura faire de mieux
21:11avec nos enfants
21:12qu'il faudra former.
21:13À tout ça,
21:13Kenny a accueilli
21:15mes enfants
21:16sur son bateau
21:16sur une transat
21:18en Vendée.
21:19Donc,
21:20c'est aussi à mon tour,
21:21à notre tour,
21:23à Kenny,
21:23à moi
21:24et à d'autres scientifiques,
21:25d'autres techniciens,
21:25d'autres navigateurs
21:26de créer ces vocations
21:28et que ces jeunes
21:29qui sont anxieux,
21:30que ces jeunes
21:30qui parfois ne savent pas
21:31quel métier faire plus tard
21:33puissent découvrir nos métiers
21:35et embrasser demain
21:36des filières
21:36qui nous permettront
21:37de relever les défis
21:38que ma génération
21:39n'a pas su relever.
21:40Vous avez le sentiment
21:40que les territoires ultramarins
21:41et la Guadeloupe,
21:42puisqu'on parle
21:42de la route du Rhum,
21:43ces territoires donnent
21:44les capacités aux jeunes
21:46de s'intéresser
21:47à ces métiers
21:48de la météo,
21:48de la mer
21:49ou des nouvelles technologies
21:50justement ?
21:50Jamais assez,
21:51mais c'est aussi
21:52à nous,
21:52techniciens,
21:53Météo France
21:54n'a pas beaucoup de moyens.
21:56Moi, je suis un enfant
21:57où on pouvait encore aller
21:59dans un centre Météo France
22:00et avoir une grande carte
22:01pour pouvoir pointer
22:02chaque position
22:03des cyclones.
22:04C'est-à-dire que cette transmission
22:07des savoirs scientifiques
22:08et techniques,
22:09elle pâtit aussi
22:10du manque de moyens,
22:11manque de ressources humaines.
22:12Et donc, c'est à nous aussi,
22:14encore une fois,
22:15aux entreprises,
22:16aux fondations d'entreprises,
22:17de faire naître,
22:18créer ces vocations,
22:19financer des stages,
22:20accueillir des stagères.
22:21On a accueilli 82 en 5 ans
22:23pour permettre à ces enfants
22:24de découvrir ces métiers
22:26et les projeter demain,
22:28je l'espère,
22:28dans nos filières.
22:29On parlait de ces nouvelles technologies,
22:30de la route du Rhum,
22:31de ces embarcations surpuissantes.
22:33Est-ce qu'on peut imaginer
22:34surpuissantes
22:34et qui consomment
22:35de moins en moins,
22:36voire peu, voire pas ?
22:37Est-ce qu'on peut imaginer
22:38que ça serve demain
22:39au transport de marchandises,
22:40au transport de passagers,
22:42inter-îles,
22:42outre-mer notamment ?
22:43Oui, bien sûr.
22:44On a un circuit.
22:47Quand on regarde
22:48la trajectoire
22:49des marchandises
22:51entre les ports hexagonaux
22:52et les ports d'outre-mer,
22:54on voit à quel point
22:54parfois c'est aberrant
22:56en termes de circuit.
22:58Donc oui,
22:59à chaque fois qu'on va
23:00pouvoir décarboner,
23:01économiser du carburant,
23:02à chaque fois qu'on aura
23:03des nouvelles technologies
23:04qui nous permettront
23:05d'avancer,
23:06ça sera ça de prix.
23:07C'est cette théorie
23:08des petits pas,
23:09du colibri,
23:10l'effet papillon,
23:11on l'appelle comme on veut.
23:12Chaque petit pas,
23:13c'est ça de prix
23:14pour nos jeunes,
23:15pour la décarbonation,
23:16pour la planète,
23:17pour la biodiversité.
23:18On va terminer
23:19avec votre photo du jour,
23:20Gaëlle Musquet,
23:21photo qui s'affiche ici
23:22et que je découvre.
23:23La voici en même temps
23:25que nos téléspectateurs.
23:26De quoi s'agit-il ?
23:26Où sommes-nous ?
23:27On est sur la prescrive
23:28de la Trinité,
23:29derrière le lycée
23:30Frantz Fanon,
23:31en Martinique.
23:32C'est un moulin
23:33qui m'a permis
23:34de retrouver
23:35où Gustave Ferrier
23:37avait posé sa première
23:38station de télégraphie
23:38sans fil
23:39après l'éruption
23:39de la montagne pelée.
23:40C'est une histoire
23:41qui est peu connue
23:41dans l'Hexagone
23:43comme en Outre-mer,
23:43mais après l'éruption
23:44de la montagne pelée,
23:45les capes télégraphiques
23:46sous-marins ont cassé.
23:48On n'avait plus de moyens
23:49de communiquer
23:50avec la Martinique.
23:50Et donc,
23:51l'armée décide
23:51d'envoyer un hacker
23:53de l'époque,
23:53un innovateur de l'époque.
23:56Une technologie innovante,
23:57la télégraphie sans fil
23:58qui a permis de relier
24:00la presqu'île de Trinité
24:01au gosier.
24:02En Guadeloupe.
24:03En Guadeloupe.
24:04Et donc,
24:04c'est le premier usage
24:05de la radio
24:06en situation de crise.
24:07Quand il revient en 1903,
24:09Gustave Ferrier,
24:10il pose ses émetteurs
24:11sur la Tour Eiffel
24:13à Paris
24:13en partenariat
24:14avec Gustave Eiffel
24:15avec des stations météo.
24:17Vous voyez le lien
24:17qu'il y a
24:18avec notre histoire aujourd'hui.
24:20Et en 1909,
24:21quand il faut détruire
24:22la Tour Eiffel,
24:22c'est lui qui sauve
24:23la Tour Eiffel
24:24avec Gustave Eiffel
24:24parce que ses stations météo
24:26et ses émetteurs radio
24:27sont devenus stratégiques
24:28pour l'armée,
24:29pour la transmission du temps,
24:31pour la sûreté,
24:31la sécurité maritime.
24:33Bref,
24:33j'ai choisi cette photo
24:34pour bien mettre en contexte
24:36que nos catastrophes naturelles,
24:38parce que c'est la plus grave
24:39qu'est connue la France,
24:4130 000 morts,
24:42la montagne pelée,
24:43mauvaise gestion politique,
24:44on n'est pas à l'abri
24:45aujourd'hui
24:46du réveil de ce volcan.
24:47Bien sûr.
24:48Il faudra de la prévention,
24:49il faudra des nouvelles technologies
24:50et il faudra aussi
24:51former nos enfants,
24:52préparer les populations
24:53à faire face
24:54avec ces technologies
24:55aux crises qui nous attendent.
24:56Très rapidement,
24:56est-ce que nos enfants,
24:57justement,
24:57de votre point de vue,
24:59sont prêts à affronter
25:00les défis qui les attendent,
25:02qui nous attendent ?
25:03Ils sont pétris d'imagination.
25:04Oui.
25:06C'est eux qui me rendent optimiste
25:08et qui me donnent encore le sourire.
25:09Et je le dis aussi à mes collègues,
25:11prenez ces enfants en stage.
25:13Parce que si vous ne le faites pas,
25:14ce sont des groupes criminels
25:15qui le feront.
25:16Et on sait à quel point
25:17la lutte contre la criminalité
25:19est une politique centrale
25:22qui doit être centrale
25:23dans nos territoires.
25:23Bien sûr.
25:24Chaque enfant que l'on aura accueilli,
25:26que l'on aura inspiré,
25:28c'est un enfant
25:28qu'on aura retiré
25:29de la délinquance.
25:30Merci beaucoup,
25:30Gaëlle Musquet.
25:31Je vois votre décoration.
25:32Je profite pour saluer.
25:34Vous avez été décoré
25:34de la Légion d'honneur
25:35mardi.
25:36Félicitations à vous.
25:36Merci d'être venu
25:37sur le plateau
25:38de C'est pas si loin.
25:39Merci à vous
25:40de votre fidélité
25:41et à ce magazine.
25:42Replay et podcast
25:42sont à votre disposition
25:44sur France.tv
25:45et toutes les plateformes audio.
25:46À la semaine prochaine,
25:47même lieu, même heure.
25:53Sous-titrage Société Radio-Canada