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  • il y a 2 heures
Le 28 octobre, le Sénat examinait le projet de loi relatif à la protection de l'enfance. Initialement supprimées par la commission des lois du Sénat, le Sénat a rétabli l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs et l'instauration d'une ordonnance de sûreté de l'enfant. Les victimes pourront désormais porter plainte contre leur agresseur, tout au long de leur vie. Jusqu'alors, le délai de prescription pour un crime sexuel commis sur mineur courrait pendant trente ans à compter de la majorité de la victime. Autre mesure majeure, l'ordonnance de sûreté de l’enfant devrait permettre au procureur de la République de prendre des mesures provisoires pour protéger un enfant, sans attendre les conclusions d’une enquête ni une audience devant le juge aux affaires familiales. Année de Production :

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00:00:01Générique
00:00:09Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat pour suivre les débats en séance sur le projet
00:00:16de loi de protection de l'enfance.
00:00:17Un texte qui a progressivement ces derniers mois élargi son champ de la réforme de l'aide sociale à l
00:00:22'enfance à la répression des violences commises contre les mineurs.
00:00:25Hier, en séance, les sénateurs ont voté l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.
00:00:32Aujourd'hui, le délai de prescription court pendant 30 ans à compter de la majorité de la victime.
00:00:37Pour un viol subi durant l'enfance, les poursuites restent donc possibles jusqu'à ses 48 ans.
00:00:43Il y a donc eu un accord hier en séance pour voter l'imprescriptibilité de ces crimes.
00:00:47Plus tôt dans la journée, les sénateurs avaient rétabli l'ordonnance de sûreté de l'enfant qui permet au parquet
00:00:53de protéger les victimes contre l'avis de la commission qui préférait confier cette prérogative aux juges aux affaires familiales.
00:01:00On écoute ces débats préparés pour Public Sénat par Mathilde Noutarelli avec Justine Moliarac.
00:01:05En fait, il y a quand même un véritable problème de cohérence dans ce texte.
00:01:09La commission constate un vide dans la protection de l'enfant en danger et elle supprime l'outil qui est
00:01:15conçu pour le combler.
00:01:16A la place, elle est en mineur l'ordonnance de protection, mais cette ordonnance a été pensée pour un adulte
00:01:22qui demande à être protégé de son conjoint.
00:01:26Un enfant, lui, il ne demande rien et surtout il ne saisit pas seul le juge.
00:01:30Car dans le dispositif actuel, ce sont les parents qui doivent saisir le juge aux affaires familiales, or ce sont
00:01:35parfois ces mêmes parents qui sont en cause.
00:01:37Si le parent ne saisit pas le juge, l'enfant n'a aucune protection et lorsque le danger vient des
00:01:43deux parents, le JAF ne peut qu'arbitrer entre eux.
00:01:46Il ne peut pas retirer l'enfant du foyer.
00:01:48Le dispositif manque aussi de réactivité puisque le JAF statue après l'audience dans un délai de six jours.
00:01:54Or, face à un enfant en danger, le temps compte en heures et pas en jours.
00:01:59Nous ne pouvons donc pas continuellement nous indigner des défaillances de la protection de l'enfance.
00:02:03Et lorsqu'il s'agit de légiférer, nous choisissons de renoncer aux outils qui sont destinés à y remédier.
00:02:08C'est pour cette raison que nous proposons cet amendement.
00:02:11Il rétablit l'ordonnance de sûreté de l'enfant dans le texte initial.
00:02:15Le procureur de la République pourra donc agir immédiatement, sans audience, dès qu'un enfant est en danger.
00:02:21Il pourra suspendre le droit de visite, interdit tout contact et éloigner l'auteur des lieux de la vie de
00:02:27l'enfant.
00:02:28Et le juge des enfants, juge naturel du danger, pourra ensuite confier l'enfant directement aux parents protecteurs plutôt que
00:02:36de le placer.
00:02:37Le JAF restera bien sûr compétent lorsqu'il n'y aura pas de danger.
00:02:43Dans le cas de cette discussion commune, je vais demander l'avis de la Commission sur ces amendements.
00:02:49Merci, Monsieur le Président. Monsieur le Ministre, la Commission émettra un avis défavorable sur l'ensemble de ces amendements
00:02:57puisque nous avons fait le choix en Commission de rétablir, comme l'a justement présenté Madame la Présidente Maryse Carrère,
00:03:07le dispositif que nous avions voté dans une quasi-unanimité en novembre 2024
00:03:12qui vise à étendre l'ordonnance de protection et l'ordonnance de protection immédiate aux enfants qui disposent d'un
00:03:20parent protecteur.
00:03:21puisque aujourd'hui, la difficulté concerne ces enfants dont un des parents est le protecteur et dont l'organisation doit
00:03:32dépendre,
00:03:33nous le pensons, de l'organisation de la famille dont le juge compétent au siège est avant tout le juge
00:03:39dans les affaires familiales
00:03:40qui peut prendre un certain nombre de mesures concernant l'organisation de la vie de l'enfant pour le protéger,
00:03:46notamment relatif au domicile, aux interdictions de paraître. Le juge aux affaires familiales a un panel très large de mesures
00:03:53adaptées à sa situation.
00:03:56Cette ordonnance de protection immédiate qui peut être prise dans les 24 heures répond aux situations d'urgence de ces
00:04:06enfants.
00:04:06Et quand l'enfant n'a pas de parents protecteurs, je vous le rappelle, c'est le juge des enfants
00:04:12qui, dans le cadre de l'ordonnance de placement provisoire,
00:04:15peut prendre des dispositions en urgence pour répondre à la situation de l'enfant.
00:04:20Nous pensons que le dispositif tel qu'il a été adopté à l'Assemblée nationale et dont vous proposez le
00:04:25rétablissement,
00:04:26crée une confusion entre ce qui relève du juge des enfants et ce qui relève du juge des affaires familiales.
00:04:33Alors on entend bien l'idée derrière, qui est à terme, de réunir ces deux magistrats et ces deux compétences
00:04:40dans un portefeuille commun de juge des familles, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
00:04:45Et comme nous l'ont dit, nombre de magistrats que nous avons auditionnés dans le cadre de ce texte et
00:04:50de notre rapport,
00:04:51le risque de cette solution, c'est qu'elle fasse que le procureur de la République saisisse quasiment systématiquement le
00:04:58juge des enfants.
00:04:59Et ça va contribuer à engorger davantage les cabinets des juges des enfants que nous essayons,
00:05:05dans le cadre de ce texte, de désengorger pour concentrer les juges des enfants sur des situations complexes.
00:05:12Et nous pensons là aujourd'hui que la solution préconisée par la Commission des lois et rétablie dans le texte
00:05:18sera plus efficace car mieux connue des magistrats et plus utile à la protection des enfants vulnérables,
00:05:26notamment quand ils ont un parent protecteur.
00:05:29Merci. L'avis du gouvernement, M. le ministre.
00:05:32Merci, M. le Président.
00:05:34C'est vraiment un moment important du texte, évidemment, parce qu'il concerne une révolution
00:05:39que le projet de loi, dans sa version initiale, améliorée par les députés, vous propose.
00:05:44Vous avez le choix, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, entre deux choses.
00:05:48Soit on prend ce qui existe et on l'agrandit à l'enfant, on passe de la cellule familiale devant
00:05:54le juge,
00:05:54de l'affaire familiale, et on l'agrandit à l'enfant.
00:05:57L'enfant part ricocher, si on suit ce que dit la Commission, est ainsi protégé.
00:06:02Et c'est le juge du siège qui le fait, et ce que préparent vos rapporteurs, c'est effectivement qu
00:06:07'on s'oblige à le faire en 24 heures en urgence.
00:06:10Bien. En 24 heures, il peut se passer des choses, mais imaginons que ce délai soit tenu, que nous l
00:06:14'organisons.
00:06:15Si c'est le vote du Parlement, évidemment, je l'organiserai.
00:06:18C'est un délai qui est quand même, malgré tout, assez rapide.
00:06:22Soit on fait une ordonnance spécifique de protection pour l'enfant,
00:06:26comme nous l'avons fait voilà quelques années pour protéger les femmes victimes de violences.
00:06:30Nous avons créé une ordonnance spécifique.
00:06:32Nous donnons à l'urgentiste de la magistrature, qui est le procureur de la République,
00:06:38qui a l'habitude de juger, de prendre une décision extrêmement vite, dans les minutes, dans les heures.
00:06:43Vous les connaissez tous dans vos parquets qui suivent un signalement.
00:06:47Et on laisse, parce qu'on a mis l'enfant en protection,
00:06:52on laisse le juge, dans les jours qui ont suivi, évidemment juger,
00:06:56pour savoir si la mesure prise par le procureur de la République est bonne ou pas bonne.
00:07:00Pourquoi c'est très différent ?
00:07:03Parce que dans le premier point, celui défendu, si je peux me le permettre,
00:07:06par effectivement une grande partie des magistrats du siège,
00:07:08vous avez parfaitement raison, mais je ne pense pas qu'on fasse tellement en fonction
00:07:11de ce que souhaite une partie des magistrats du siège,
00:07:15et, ce que souhaitent mesdames et mesdames les rapporteurs,
00:07:18il faut que l'enfant donne son accord.
00:07:21Alors oui, si l'enfant donne son accord, dans les 24 heures, on peut réunir le juge du siège.
00:07:25Mais un enfant peut être en très bas âge, il ne peut, pour des raisons de pression,
00:07:29et vous avez tous dit à la tribune que le monstre était dans le lit ou sur le lit et
00:07:33pas sous le lit.
00:07:33On peut imaginer qu'un enfant va subir des pressions, il ne sait pas ce que c'est qu'un
00:07:36juge,
00:07:37il ne sait pas ce que c'est qu'un procureur de la République, il ne sait pas ce que
00:07:39c'est qu'un...
00:07:39Mais un parent protecteur, peut-être que le parent protecteur...
00:07:42La question c'est qu'il faut... Non mais, la question c'est qu'on veut faire un texte pour
00:07:45l'enfant
00:07:46ou un texte pour les parents ou pour une partie des magistrats.
00:07:49L'enfant doit pouvoir avoir quelqu'un qui décide pour lui, et c'est l'intérêt du magistrat,
00:07:55qui de manière extrêmement urgente, et dans un temps extrêmement défini,
00:07:59comme une femme qui est victime de violences, est mis de côté lorsqu'il y a un signalement,
00:08:02un signalement par le deuxième parent qui est éloigné, par le grand-père, par un policier,
00:08:08par un éducateur, par un élu, qui dit, voilà, j'ai un enfant qui est quand même
00:08:11la manifestement victime de violences extrêmement graves, doit-on attendre son accord
00:08:15pour avoir un juge aux affaires familiales qui va se tuer ?
00:08:17Nous vous proposons d'avoir une urgence, il y a un signalement, il y a un principe de précaution
00:08:22dans le texte qui est proposé par le gouvernement, qui consiste à mettre l'enfant de protection
00:08:26par le procureur de la République, et puis le juge du siège, évidemment,
00:08:29évidemment que le juge du siège, dans les 24, 48, 72 heures, doit juger pour pouvoir mettre fin
00:08:35à la décision qui a été prise éventuellement par le procureur de la République.
00:08:39C'est vraiment deux lectures différentes qui ont le même but.
00:08:43Je voudrais quand même dire qu'il m'apparaît important que si notre principe général,
00:08:49c'est de croire la parole de l'enfant, vous savez tous qu'à 90%, les enfants ne mentent pas.
00:08:55Nous le savons tous.
00:08:57Qu'à 90%, la parole de l'enfant doit être entendue.
00:09:00Il y a évidemment un juge qui est là pour mettre fin à une mauvaise décision
00:09:05que pourrait prendre un procureur de la République, ou à des paroles
00:09:08que l'enfant aurait menti, imaginons, ou alors que quelqu'un fasse une dénonciation
00:09:15qui n'est pas la bonne.
00:09:16En tout cas, en tant que père de famille, je préférerais savoir que le texte de la loi
00:09:19protège mes enfants, et ensuite éventuellement me restitue leur garde,
00:09:22que d'attendre pendant 24 heures, y compris que mon enfant donne son avis
00:09:27et qu'un juge du siège décide.
00:09:29Enfin, je terminerai.
00:09:30Vous dites que les magistrats aient peur que les procureurs de la République
00:09:34saisissent trop le juge des enfants.
00:09:37D'abord, les procureurs sont magistrats comme les autres.
00:09:39Ils discutent entre eux, entre procureurs et magistrats du siège.
00:09:44C'est leur quotidien d'en discuter.
00:09:46Quand il y a un viol, c'est une situation complexe.
00:09:48Ce n'est pas au juge des affaires familiales que de gérer un viol.
00:09:53Donc oui, il y a beaucoup de viols, et oui, il y aura beaucoup de saisines
00:09:56de juges pour enfants, mais c'est ce qu'on cherche tous à faire.
00:09:58On ne cherche pas à régler un problème de violence sur un enfant
00:10:00par un juge des affaires familiales.
00:10:01Le juge des affaires familiales, il l'est pour faire une garde d'enfants
00:10:03ou pour régler les problèmes du couple.
00:10:05S'il y a viols, c'est un juge des enfants, un juge correctionnel,
00:10:09et à la fin, ça se termine par une cour criminelle, une cour d'assises.
00:10:12C'est notre raisonnement.
00:10:13Donc oui, il y aura plus de saisines, c'est ce qu'on essaie de faire,
00:10:15des juges pour enfants.
00:10:18Après, ils vont se parler, ils se parlent,
00:10:20et ils se parlent tous les jours dans les juridictions.
00:10:21Effectivement, je comprends, et j'ai compris dans les auditions
00:10:25de syndicats de magistrats ou d'associations de magistrats
00:10:27qu'il y avait de la réticence à la proposition qui a été faite
00:10:30par le gouvernement et par l'Assemblée nationale.
00:10:32C'est tout à fait compréhensible.
00:10:33Le changement crée beaucoup de réticence.
00:10:35Je pense, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:10:37qu'on ne peut pas à la fois dire à la tribune
00:10:38que le texte n'est pas assez innovant, pas assez révolutionnaire,
00:10:41pas assez emporté, et sur les deux grands sujets
00:10:43que propose le ministère de la Justice,
00:10:45ils ne sont peut-être pas tous révolutionnaires,
00:10:46la prescriptivité d'une part, et le fait qu'on crée
00:10:49une ordonnance de protection des enfants,
00:10:50on nous dise, ah ben non, il fallait faire comme avant,
00:10:51un peu amélioré.
00:10:52Donc, je vous propose de rejeter ou de retirer
00:10:56les amendements précédents que je salue, évidemment,
00:10:58mais il me semble que l'amendement de M. Iacovelli,
00:11:01tel qu'il a été défendu, correspond exactement
00:11:03aux améliorations souhaitées.
00:11:05Maintenant, si vous adoptez des amendements précédents,
00:11:07le gouvernement fera avec ce qu'il souhaite.
00:11:09Le plus important pour nous, en tout cas pour moi,
00:11:11et je pense pour le fonctionnement de la justice,
00:11:13c'est que nous puissions rétablir l'esprit
00:11:16de l'ordonnance de protection
00:11:18par le procureur de la République,
00:11:20imaginé dans le texte qui a été voté
00:11:22par l'Assemblée nationale.
00:11:23Merci, M. le ministre.
00:11:24Pour bien comprendre vos propos,
00:11:26c'est défavorable sur l'ensemble,
00:11:28sauf pour M. Iacovelli.
00:11:30Défavorable est un peu dur, M. le Président.
00:11:31Je souhaite retrait,
00:11:32et en faveur de l'amendement 236,
00:11:35M. Iacovelli.
00:11:36Donc, c'est bien ça.
00:11:38Donc, retrait, défavorable,
00:11:39et puis favorable pour M. Iacovelli.
00:11:44Je suis saisi d'une explication de vote.
00:11:46Mme Richard.
00:11:48Merci, M. le Président.
00:11:49C'est plus une question qu'une explication.
00:11:52Vous avez dit, M. le Gardesseau,
00:11:55que quid des nourrissons,
00:11:56des enfants trop petits pour s'exprimer,
00:11:59des enfants non discernants en général ?
00:12:01On a voté, il n'y a pas longtemps,
00:12:02une obligation de représentation par un avocat.
00:12:05Est-ce que ça ne pourrait pas faire la blague ?
00:12:07Plus sérieusement,
00:12:09je suis assez convaincue
00:12:11par les arguments de la rapporteure Canaillet
00:12:13dans le sens où créer une nouvelle procédure,
00:12:16une nouvelle couche,
00:12:17c'est plus difficile à mettre en oeuvre
00:12:19que ce qu'on croit.
00:12:20Voilà, d'où mes interrogations.
00:12:22Merci.
00:12:23Mme Billon, pour l'explication de vote.
00:12:26Oui, merci, M. le Président.
00:12:28Dans la mesure où mes amendements
00:12:30que j'avais déposés
00:12:31poursuivent exactement le même objectif
00:12:33que l'amendement de M. Iacovelli,
00:12:36je souhaite rendre identique
00:12:37mon amendement 60 rectifié.
00:12:40Je vous remercie.
00:12:42M. Gontard, pour l'explication de vote.
00:12:46Oui, merci, M. le Président.
00:12:48J'avoue, effectivement,
00:12:49ne pas comprendre l'avis de la Commission.
00:12:51Ces amendements qui visent à rétablir l'article 6,
00:12:54me paraissent essentiels
00:12:55pour protéger les enfants
00:12:56victimes de violences intrafamiliales.
00:12:58Ils visent, et c'est quand même important,
00:13:00à mettre en place un dispositif spécifique
00:13:02et comme l'a rappelé M. le ministre,
00:13:04pour mettre rapidement un enfant en sécurité
00:13:06lorsqu'il est en danger,
00:13:07notamment en cas de suspicion d'inceste
00:13:08ou de violences commises par un parent.
00:13:11Par ailleurs, la protection d'un enfant
00:13:12ne peut dépendre ni de la présence
00:13:14d'un parent protecteur
00:13:15ni de sa capacité à comprendre
00:13:17des démarches judiciaires.
00:13:19Ne pas l'entendre, c'est à la fois ignorer
00:13:21que lorsqu'un enfant est victime d'inceste
00:13:23ou de violences commises par un proche,
00:13:24sa dépendance à l'égard des adultes,
00:13:26les mécanismes d'emprise
00:13:27et les difficultés à révéler les faits
00:13:29peuvent faire obstacle
00:13:30à toute démarche de protection.
00:13:32Ne pas l'entendre, c'est aussi ignorer
00:13:34que certains enfants ne disposent
00:13:36d'aucun parent en mesure de les protéger
00:13:38ou de saisir la justice.
00:13:39Et selon les données de l'association
00:13:41Face à l'inceste,
00:13:43seuls 6% des parents protecteurs
00:13:45portent plainte.
00:13:46Conditionner en pratique l'accès à la protection
00:13:48à la démarche d'un parent
00:13:49risque de laisser de nombreux enfants
00:13:51sans protection effective.
00:13:52Et ça a été rappelé.
00:13:54Et en ouvrant la saisie
00:13:55à ces différents acteurs,
00:13:56lorsque la demande concerne un mineur
00:13:57au titre de la TIRC 2
00:13:58de l'article 515.9 du Code civil,
00:14:01cet amendement vise à éviter
00:14:02que des enfants soient privés de protection
00:14:04faute d'initiative de leur entourage.
00:14:07Par ailleurs, je tiens à rappeler
00:14:08que la création d'un tel dispositif
00:14:09figure également par les recommandations
00:14:11de la Civis dans son rapport 2023.
00:14:13Et elle doit pouvoir être déclenchée
00:14:14dès que ces éléments font apparaître un danger
00:14:16et permettent d'adopter des mesures concrètes
00:14:19sans attendre que les faits
00:14:20soient définitivement établis.
00:14:22Il s'agit bien de distinguer clairement
00:14:23le temps de la protection
00:14:24de celui de l'enquête du jugement.
00:14:27Avec cet amendement,
00:14:28que je vous invite évidemment,
00:14:29et ces amendements,
00:14:30que je vous invite évidemment
00:14:31à adopter largement,
00:14:32la protection des enfants sera renforcée.
00:14:34Et je ne vois pas bien la confusion.
00:14:35Elle place au contraire l'enfant
00:14:37au centre du dispositif
00:14:38en permettant sa mise en sécurité
00:14:40sans délai
00:14:40et sans faire reposer de cette responsabilité
00:14:43sur le seul parent protecteur.
00:14:44Et donc, de la même manière,
00:14:46nous rendrons identique
00:14:47l'amendement de Mme Suiris
00:14:50à celui de M. Iacovelli.
00:14:53Monsieur le ministre.
00:14:55Oui, Mme Richard,
00:14:56il n'y a pas d'audience.
00:14:58L'intérêt de ce que propose
00:14:59le gouvernement et l'Assemblée nationale,
00:15:01c'est qu'il n'y a pas d'audience.
00:15:02Comme il n'y a pas d'audience,
00:15:03ça va très vite.
00:15:03Comment ça se passe ?
00:15:04On a un signalement
00:15:05pour que la République
00:15:05répond au téléphone.
00:15:06Il dit, avec quelques éléments qu'il a,
00:15:08protégez-moi cet enfant.
00:15:09On le met en dehors de ses parents.
00:15:11Donc, il n'y a pas une question
00:15:11de présentation d'audience
00:15:12avec l'avocat.
00:15:13Ça, ça se fera évidemment devant le juge
00:15:14quand il y a une audience.
00:15:16Dans l'amendement de Mme le rapporteur,
00:15:17il y a une audience.
00:15:1924 heures après,
00:15:20si on arrive à organiser tout ça,
00:15:21il y a une audience du juge du siège.
00:15:22Il faut qu'il y ait un parent protecteur
00:15:24ou un avocat.
00:15:25Qu'est-ce qu'on fait si on n'a pas ?
00:15:27Bon.
00:15:29Donc, évidemment,
00:15:30ce que nous créons,
00:15:31ce n'est pas une procédure supplémentaire.
00:15:32J'en ai du mal à comprendre cet argument.
00:15:33On n'a pas eu cet argument
00:15:34quand on a protégé les femmes de violences.
00:15:36Quand il y a une femme victime de violences
00:15:37et qu'on appelle le parquet
00:15:38et qu'on dit qu'est-ce qu'on fait ?
00:15:40Heureusement qu'on ne dit pas
00:15:41qu'il y a une audience,
00:15:41il faut attendre.
00:15:42Non, on dit qu'on protège directement.
00:15:44C'est normal.
00:15:44On a sauvé plein de vies comme ça.
00:15:46Il y a donc des parquetiers.
00:15:48En fait, nous créons la filière urgentiste de l'hôpital.
00:15:51Il y a l'hôpital.
00:15:52La question, c'est est-ce qu'on veut
00:15:53des urgences dans cet hôpital ?
00:15:54Est-ce qu'on pense qu'il faut des urgences ?
00:15:57Oui, on pense qu'il faut des urgences.
00:15:58Il y a un parquetier qui va répondre pour protéger
00:16:00parce que notre...
00:16:01Alors, c'est sûr que la révolution est grande.
00:16:03Nous croyons la parole de l'enfant
00:16:04ou celui qui désigne des violences pour cet enfant.
00:16:06On n'a pas besoin de lui demander son avis.
00:16:08On peut demander son avis,
00:16:08mais on n'a pas besoin de demander son avis
00:16:09ni lui, ni son parent protecteur, ni de l'avocat.
00:16:12On le protège dans l'urgence,
00:16:14même contre l'intérêt du couple et des parents.
00:16:17Bien sûr.
00:16:18Et après, quelques heures après,
00:16:19quelques jours après,
00:16:20il y a une audience du siège
00:16:21où là, évidemment, le juge du siège
00:16:23regarde ce qu'a décidé le procureur de la République.
00:16:25Eh bien, pas bien.
00:16:26Est-ce que c'est vrai, pas juste.
00:16:27Est-ce que c'est complexe, pas complexe.
00:16:29Donc, il n'y a pas d'audience.
00:16:31Tout l'intérêt de ce que propose cet article rétabli
00:16:33et l'amendement de M. Jacovelli,
00:16:34c'est nous créons une filière d'urgence
00:16:35pour protéger, sans demander l'avis des enfants,
00:16:38en effet, la protection immédiate
00:16:41lorsqu'on a un signalement.
00:16:42Je pense que c'est conforme
00:16:43à un discours que vous avez tous tenu.
00:16:45Il me paraît très bizarre
00:16:46de tenir des discours à la tribune
00:16:48pour dire vraiment,
00:16:49il faut être tous au rendez-vous
00:16:51au point de la protection des enfants.
00:16:52Ils sont centaines de dizaines de milliers
00:16:53à être violés et on ne fait rien.
00:16:55On vous propose une filière d'urgence.
00:16:57On va attendre le juge du siège.
00:16:58Il faut attendre l'accord du parent.
00:17:00Il faut être en fonction du juge d'affaires familiales
00:17:01qui est un juge formidable
00:17:02mais qui juge vos problèmes de couple,
00:17:04qui juge vos problèmes de garde,
00:17:05qui ne juge pas vos problèmes de viol.
00:17:06Voilà.
00:17:07Donc, il nous semble important
00:17:09de voter l'amendement de M. Jacovelli.
00:17:12Madame la rapporteure.
00:17:15Merci, M. le Président.
00:17:16Moi, je ne comprends pas très bien
00:17:18pourquoi on cherche à justement
00:17:19vouloir absolument avoir
00:17:20un système autonome
00:17:22pour protéger l'enfant
00:17:23dès lors qu'il existe déjà
00:17:24des modalités de protection.
00:17:26Si il y a...
00:17:28Vous parliez du viol sur un enfant.
00:17:30Si il y a un viol sur un enfant
00:17:32terrible qu'il soit
00:17:33au sein d'une famille,
00:17:34alors il y aura des mesures
00:17:35de protection
00:17:37avec une ordonnance
00:17:38de placement provisoire
00:17:39prise par le juge des enfants
00:17:40qui visera à protéger l'enfant
00:17:44et à prendre ensuite
00:17:46les mesures concernant
00:17:47la situation de l'enfant.
00:17:49La situation qui, aujourd'hui,
00:17:51n'a pas de solution
00:17:52et celle qui est relevée,
00:17:54c'est celle dans laquelle
00:17:55il existe un parent protecteur.
00:17:57Et donc, c'est la raison
00:17:59pour laquelle nous pensons
00:18:00que l'extension
00:18:01de l'ordonnance de protection
00:18:03ou de protection immédiate
00:18:04qui permet de réagir rapidement
00:18:06répond à cette solution-là
00:18:08parce qu'elle va réorganiser
00:18:09la vie,
00:18:10et c'est le rôle
00:18:11du juge des affaires familiales,
00:18:12globale de l'enfant
00:18:14dans son environnement familial
00:18:16auprès du parent protecteur restant.
00:18:19J'ai entendu aussi
00:18:20la difficulté du recueil
00:18:22de la parole
00:18:23et du consentement de l'enfant.
00:18:24C'est la raison pour laquelle
00:18:25nous serons tout à fait favorables
00:18:26à l'amendement de Mme Billon
00:18:28numéro 61
00:18:29qui prévoit que le parent protecteur
00:18:33saisit seul le JAF
00:18:34et ce qui simplifie
00:18:36la mise en oeuvre
00:18:37de ce dispositif.
00:18:40Madame Muller-Brun
00:18:41pour explication de vote.
00:18:43Oui, merci, monsieur le président.
00:18:45Donc, moi, je retirerai mon amendement
00:18:47au profit de celui
00:18:48de monsieur Iacovelli
00:18:50qui correspond exactement.
00:18:51Il existe pléthore de conventions
00:18:55pour l'intérêt supérieur
00:18:57de l'enfant
00:18:58et là, on passerait à côté.
00:19:00Toutes les mesures
00:19:01doivent passer par ce principe
00:19:03de l'intérêt supérieur
00:19:04de l'enfant.
00:19:05Les parents protecteurs,
00:19:07je le répète,
00:19:07comme ça a déjà été dit,
00:19:09il y en a moins de 6%.
00:19:10Et en fait,
00:19:12c'est un crime
00:19:13qui est silencié,
00:19:14souvent au niveau de la famille.
00:19:15Et pour cette raison,
00:19:17tout ce qui a été décrit
00:19:18par monsieur le ministre,
00:19:19c'est une bonne façon
00:19:21de protéger
00:19:22les intérêts des enfants.
00:19:25Pour être très clair,
00:19:26donc vous le retirez,
00:19:27c'est ça ?
00:19:28Très bien.
00:19:32Monsieur Iacovelli,
00:19:34pour explication de vote.
00:19:36Oui, juste, monsieur le président,
00:19:38monsieur le ministre,
00:19:39mes chers collègues,
00:19:40en fait,
00:19:40on prend quoi comme risque là ?
00:19:42Aujourd'hui,
00:19:42à voter cet amendement
00:19:44et ces amendements
00:19:45qui deviennent identiques.
00:19:47On prend le risque
00:19:48de protéger dans l'urgence,
00:19:50en quelques heures,
00:19:52les enfants qui sont victimes.
00:19:55Et donc, oui,
00:19:56ensuite, c'est au juge
00:19:57de décider
00:19:58s'il y a besoin de placement,
00:20:00s'il y a besoin
00:20:00de plus de protection.
00:20:01Mais au moins,
00:20:02le parquet pourra prendre
00:20:03une décision dans l'urgence,
00:20:05en quelques heures.
00:20:06Chers collègues,
00:20:06moi, je vous invite,
00:20:07parce que ça serait bien
00:20:08de m'écouter, pour le coup,
00:20:09mais les week-ends...
00:20:11Non, mais ce que je veux dire,
00:20:12c'est un élément important,
00:20:13M. Husson,
00:20:15et je pense honnêtement
00:20:16qu'aujourd'hui,
00:20:17comme me dit Mme la rapporteure,
00:20:19aujourd'hui,
00:20:20le juge peut le faire.
00:20:21Oui, il peut le faire,
00:20:22mais au minimum en 24 heures.
00:20:24Donc, ça veut dire
00:20:24qu'il y a quand même 24 heures
00:20:25où le juge ne peut pas intervenir,
00:20:27ne pourra pas intervenir.
00:20:28Et donc, moi,
00:20:29j'avais voté aussi
00:20:30la proposition de loi
00:20:31de la présidente Carrère.
00:20:33Et donc, on avait voté
00:20:34à l'unanimité
00:20:34cette proposition de loi.
00:20:35Mais je pense qu'aujourd'hui,
00:20:36on est dans une situation
00:20:37où il faut trouver
00:20:38un autre système
00:20:39plus protecteur,
00:20:40celui dans l'urgence,
00:20:41comme l'a dit
00:20:41le garde des Sceaux.
00:20:43On crée les urgences
00:20:44de l'hôpital.
00:20:44Là, on crée les urgences
00:20:45de la protection
00:20:46de l'enfance.
00:20:47Et ça nous permet,
00:20:48en moins de 24 heures,
00:20:50de pouvoir protéger
00:20:51tout de suite l'enfant
00:20:51et qu'ensuite,
00:20:52le juge intervienne
00:20:54dans le cadre
00:20:54de la procédure normale.
00:20:57M. le ministre,
00:20:58vous avez demandé la parole.
00:21:00Et après,
00:21:01je pense que vous passez au revoit.
00:21:02D'abord, je rappelle
00:21:03que la civise,
00:21:05non seulement
00:21:05c'était dans ses propositions,
00:21:07mais quand le texte est sorti,
00:21:09je rappelle que sur la seule mesure
00:21:10du texte pour laquelle
00:21:10elle apporte un soutien,
00:21:13je vous renvoie
00:21:14à son communiqué de presse
00:21:14du 6 août 2025,
00:21:17est favorable
00:21:17à l'ordre de la sûreté
00:21:18telle qu'elle a été rédigée
00:21:20par le gouvernement,
00:21:21c'est-à-dire en passant
00:21:21par un procureur de la République.
00:21:23Prenons le cas
00:21:23d'un enfant de 2 ans.
00:21:27L'enfant de 2 ans,
00:21:28il ne peut pas exprimer
00:21:29de façon très claire
00:21:31son consentement.
00:21:32Il est chez le papa,
00:21:35imaginons,
00:21:36et dont la maman
00:21:37soupçonne
00:21:37qu'il commet des viols.
00:21:39Avec le dispositif
00:21:40d'aujourd'hui,
00:21:41on peut attendre
00:21:42jusqu'à 6 jours.
00:21:43Quand on me dit
00:21:43que ça marche bien aujourd'hui,
00:21:45si ça marchait bien aujourd'hui,
00:21:46je pense qu'on n'en serait pas
00:21:46à critiquer la justice
00:21:47sur son fonctionnement,
00:21:49mais c'est un point.
00:21:50Avec le dispositif,
00:21:51en imaginant,
00:21:52parce que à un moment,
00:21:53Mme Billon ne dit pas tout à fait
00:21:54ce que vous avez dit
00:21:54à le rapporteur,
00:21:55mais imaginons
00:21:55que le parent protecteur suffise,
00:21:57s'il y en a un,
00:21:58vous avez parfaitement raison,
00:21:58c'est moins de 10%.
00:21:59Enfin, imaginons
00:22:00qu'elle dise moi jeudi
00:22:01pour mon enfant
00:22:01que je suis d'accord,
00:22:02on attend 24 heures,
00:22:04on attend 24 heures
00:22:05de garde d'enfant,
00:22:06vous imaginez la maman,
00:22:0724 heures avant d'avoir
00:22:09une audience,
00:22:10si ça tombe,
00:22:11c'est 24 heures,
00:22:12votre texte dit 24 heures.
00:22:14Donc, c'est une journée de plus
00:22:15chez le père potentiellement violeur.
00:22:17Donc, si on trouve
00:22:18que c'est normal,
00:22:19alors qu'on propose
00:22:19une filière d'urgence,
00:22:21je ne sais pas
00:22:21ce qu'est la protection
00:22:22de l'enfant,
00:22:23et on demande au juge
00:22:24aux affaires familiales
00:22:25de juger cela.
00:22:26Est-ce que vous pensez
00:22:27que c'est son rôle ?
00:22:28On ne parle pas
00:22:28du problème de garde,
00:22:29on parle du problème de viol.
00:22:31Donc, mesdames et messieurs
00:22:32les sénateurs,
00:22:33il s'agit de savoir
00:22:34si on veut ou pas
00:22:36fonder le fonctionnement
00:22:37de notre justice
00:22:37en fonction de l'intérêt
00:22:38de l'enfant
00:22:38ou en fonction
00:22:39de l'intérêt du couple
00:22:40ou en fonction
00:22:41de l'intérêt
00:22:41du fonctionnement classique
00:22:43et normal,
00:22:43déjà difficile,
00:22:44de la justice.
00:22:45Donc, oui,
00:22:45il y a un principe
00:22:46de précaution
00:22:46dans l'ordonnance de sûreté,
00:22:48comme nous l'avons fait
00:22:49pour les femmes
00:22:50protectantes de violences.
00:22:51On a eu les mêmes débats,
00:22:52certains disaient
00:22:53que c'était exagéré,
00:22:53quand on a déjà tout
00:22:54ce qu'il fallait.
00:22:55Heureusement que le Parlement
00:22:56a voté l'ordonnance
00:22:57de protection en urgence.
00:22:59Donc, c'est très simple.
00:23:01Oui, parce que j'ai
00:23:02heureusement
00:23:02que nous l'avons voté.
00:23:03Donc, ce que nous faisons
00:23:05pour protéger
00:23:05les femmes en urgence,
00:23:07le procureur de la République,
00:23:09ce qui sera
00:23:10dans votre permanence,
00:23:11dans votre territoire,
00:23:12quand il aura un appel
00:23:13pour dire
00:23:13« Je suis très inquiète,
00:23:15je suis très inquiet,
00:23:16mon fils, ma fille
00:23:17de quelques mois,
00:23:18de quelques années
00:23:18a été confié
00:23:19à quelqu'un
00:23:20qui, j'en suis sûr,
00:23:22ou en tout cas,
00:23:22j'ai de fortes suspicions
00:23:24violent,
00:23:24agressent sexuellement
00:23:26cette urgentiste du droit
00:23:27pour apprendre
00:23:28une mesure de protection.
00:23:29Et il renverra
00:23:30à quelques 24-48 heures après
00:23:32un juge du siège
00:23:33qui tranchera.
00:23:34Mais en attendant,
00:23:35on a protégé l'enfant.
00:23:36C'est un principe de précaution.
00:23:37J'entends qu'on a
00:23:38une confrontation
00:23:39et c'est tout à fait logique.
00:23:41Moi, je vais peut-être
00:23:41m'en arrêter là.
00:23:42Vous avez compris
00:23:42la conviction
00:23:43qui est en portée
00:23:43celle du gouvernement.
00:23:44Il me paraîtrait,
00:23:45encore une fois,
00:23:46contraire à l'esprit
00:23:47de tout ce que j'ai entendu
00:23:48de tous les groupes
00:23:49pour dire que le gouvernement
00:23:49va pas assez loin
00:23:50et vous refusez
00:23:51une des mesures
00:23:52qui est en effet
00:23:52la plus révolutionnaire
00:23:53qui permet,
00:23:54ça a été dit par M. Iacovelli,
00:23:56d'aller très loin
00:23:56dans la protection de l'enfance.
00:23:59Madame Darkos,
00:24:00pour l'explication de vote.
00:24:01Oui, merci, M. le Président.
00:24:03Désolée de prolonger
00:24:05un peu nos débats,
00:24:05mais en effet,
00:24:06comme vous dites,
00:24:06c'est le cœur quand même
00:24:08de ce projet.
00:24:09J'aurais voulu une précision
00:24:10de la part du garde des Sceaux.
00:24:13J'ai eu des placements abusifs,
00:24:15même avec un parent protecteur
00:24:17de juges pour enfants
00:24:18dans mon département.
00:24:20Est-ce qu'avec cette ordonnance,
00:24:24en tout cas cette proposition
00:24:24de la commission
00:24:26de plutôt attendre
00:24:27la décision du juge
00:24:30des affaires familiales,
00:24:32est-ce que ça protège mieux
00:24:33à ce moment-là l'enfant
00:24:35ou est-ce que vous nous garantissez
00:24:37avec cette ordonnance d'urgence
00:24:39que les juges pour enfants
00:24:41ne vont pas encore plus
00:24:44radicaliser certains placements,
00:24:45comme on a pu le voir,
00:24:46même avec un parent protecteur
00:24:48en disant « je place l'enfant d'office
00:24:49parce qu'il serait en danger ? »
00:24:55Je ne sais pas si vous souhaitez répondre,
00:24:58M. le ministre.
00:24:59Est-ce que vous étiez interpellé ?
00:25:03Mme la sénatrice,
00:25:04tout à l'heure,
00:25:06Mme la rapporteure a dit
00:25:08que des magistrats avaient témoigné.
00:25:09D'ailleurs, je suis sûr
00:25:11que les choses ont été en partie
00:25:12présentées comme ça
00:25:13et qu'elles ne trahit évidemment pas
00:25:15les discussions qu'elles avaient pu avoir
00:25:16avec les associations professionnelles
00:25:18par des procureurs de la République
00:25:20qui saisiraient systématiquement
00:25:21le juge pour enfants.
00:25:23Mais d'abord,
00:25:24c'est le rôle du procureur de la République
00:25:25de saisir quel juge.
00:25:28Les professionnels font leur travail,
00:25:29ils sont tous magistrats
00:25:30et ils fonctionnent d'indépendance.
00:25:32Soit c'est une affaire de garde d'enfants,
00:25:34soit c'est une affaire de crime.
00:25:37Si c'est un crime,
00:25:38il ne faut pas saisir
00:25:39le juge d'affaires familiales.
00:25:40En tout cas,
00:25:40c'est une procédure,
00:25:41c'est une autre procédure.
00:25:43Si c'est un crime,
00:25:44il faut saisir le juge pour enfants,
00:25:46d'autres juges,
00:25:47pour d'autres raisons.
00:25:48Donc oui,
00:25:48ce que nous cherchons à faire,
00:25:49en effet,
00:25:50c'est de révéler,
00:25:51non pas un problème de garde d'enfants,
00:25:52le procureur de la République,
00:25:53il n'est pas là pour trancher une garde.
00:25:55Et si c'est un procureur de la République
00:25:57qui a été pris en otage,
00:25:58par cette expression,
00:25:59par un parent,
00:26:00pour plein de raisons émotionnelles
00:26:02ou compréhensives
00:26:03qu'on peut imaginer,
00:26:04mais qui ne fait pas droit
00:26:05et qu'il n'y a pas de viol
00:26:06et qu'il n'y a pas d'agression
00:26:07sur l'enfant,
00:26:07le juge du siège le verra,
00:26:09le tranchera.
00:26:10Il y aura des avocats,
00:26:10on en discutera dans une audience.
00:26:12Mais en attendant,
00:26:13comment peut-on être certain
00:26:14de ce fait ?
00:26:15Et s'il y a une suspicion de viol
00:26:17ou s'il y a des agressions sexuelles,
00:26:18s'il y a des agressions de manière générale,
00:26:20oui,
00:26:20il ne faut pas saisir le juge pour enfants.
00:26:23Effectivement,
00:26:24et je comprends l'inquiétude des magistrats,
00:26:25parce que la question qui se pose là,
00:26:26c'est une question de moyens.
00:26:29Je suis le garde des Sceaux
00:26:31qui a créé 50 postes
00:26:32de cabinet de juge pour enfants.
00:26:34C'est d'ailleurs la plus grande profession
00:26:36quasiment depuis 50 ans,
00:26:37parce qu'on n'a pas assez de juge pour enfants.
00:26:38Ils ont entre 400 et 450 dossiers par étude.
00:26:42En effet,
00:26:42la question se pose bien évidemment
00:26:45de leurs moyens,
00:26:46mais si je peux me permettre,
00:26:49la question qu'on se pose aujourd'hui,
00:26:50c'est quel est l'intérêt du texte ?
00:26:52L'intérêt du texte,
00:26:53c'est évidemment que les enfants
00:26:54soient protégés en urgence,
00:26:57qu'évidemment,
00:26:58un juge soit là pour séparer le grain de livret,
00:27:01mais enfin c'est tout ce que 90% en général
00:27:02des enfants disent la vérité,
00:27:05et troisièmement,
00:27:05de mettre les moyens
00:27:06qui correspondront évidemment
00:27:07au vote de votre texte.
00:27:08Ça me paraît tout à fait évident.
00:27:10On en reparlera si vous le souhaitez
00:27:11en conclusion ou dans les discussions budgétaires.
00:27:13Vous verrez d'ailleurs
00:27:14qu'une grande partie des moyens y sont.
00:27:16J'ai trouvé 300 millions d'euros
00:27:17d'aide juridictionnelle
00:27:19en quelques semaines
00:27:20dès que le Parlement a voté
00:27:22la présence de l'avocat obligatoire.
00:27:24Donc faites-moi confiance.
00:27:25J'ai compris que quand le Parlement
00:27:27votait quelque chose,
00:27:28il fallait y mettre les moyens financiers.
00:27:30Mais oui, vous avez raison.
00:27:32Nous allons passer plus de dossiers
00:27:34aux juges pour enfants
00:27:35et avec des placements plus longs,
00:27:37plus stables,
00:27:38c'est ce que nous cherchons à faire aujourd'hui,
00:27:39pour sortir l'enfant de son milieu
00:27:40qui serait agressif
00:27:42et pour pouvoir poursuivre
00:27:44d'un point de vue plus criminel
00:27:45les personnes qui commettent
00:27:46des agressions sexuelles sur les enfants.
00:27:47Mais c'est ce qu'on cherche à faire.
00:27:48Voilà.
00:27:49Mais c'est la question.
00:27:50Parce que vous...
00:27:51Mais si, parce que...
00:27:52Non.
00:27:54Non, mais si,
00:27:56il confie...
00:27:56Il peut passer au Parlement protecteur,
00:27:57madame la rapporteure.
00:27:58C'est ça le sujet.
00:27:59Et c'est ça notre...
00:28:00Si, pas nécessairement.
00:28:01Ben donc, il peut passer.
00:28:02On progresse, si je peux me permettre.
00:28:04C'est parce que...
00:28:05Attendez, madame la rapporteure.
00:28:07Nous avons, et c'est normal,
00:28:08des visions différentes
00:28:09puisqu'on l'a défendue
00:28:10en commission ici.
00:28:11Vous vous dites...
00:28:12C'est très simple.
00:28:13Prenons ce qui existe déjà.
00:28:15Parce qu'en fait,
00:28:16une partie des magistrats,
00:28:16en effet,
00:28:17souhaitent continuer ce qui existe déjà.
00:28:18C'est tout à fait normal.
00:28:20Voilà.
00:28:21Non, ça ne fonctionne pas.
00:28:22On attend parfois 6 à 7 jours
00:28:23pour placer des gamins de 2 ans
00:28:24qui se font violer.
00:28:25Si ça marchait bien,
00:28:26la justice des mineurs,
00:28:26ça se saurait.
00:28:27Vous ne seriez pas en train
00:28:27de m'interroger toutes les semaines
00:28:29pour me dire
00:28:29alors pourquoi l'affaire ne marche pas ?
00:28:31Alors la dame,
00:28:32ça fait trois fois qu'elle demande la garde
00:28:33et puis on ne lui répond pas.
00:28:34On attend le jugement pour le père.
00:28:35Non, ça ne marche pas.
00:28:36Ça ne marche pas dans l'urgence.
00:28:37Ce n'est pas vrai.
00:28:38Ça ne marche pas dans l'urgence.
00:28:40Il y a des faits qui nous échappent
00:28:42et des gamins qui se font violer
00:28:43parce que nous ne sommes pas assez rapides.
00:28:44C'est un fait.
00:28:45Donc soit on dit
00:28:46le juge des affaires familiales
00:28:48dont ce n'est pas le boulot
00:28:49tranche des questions
00:28:50qui relèvent
00:28:51des questions de crime.
00:28:56Et l'enfant,
00:28:57comme je vous l'ai dit,
00:28:57c'est un ricochet,
00:28:58la tendance protection
00:28:59devient un ricochet
00:28:59de la fonction du couple.
00:29:01Soit on dit non,
00:29:01c'est une urgence
00:29:02qui relève du criminel.
00:29:03Il y a un procureur
00:29:04qui met en urgence,
00:29:06en protection l'enfant,
00:29:07en attendant un juge du siège.
00:29:08Il ne s'agit pas de décider seul
00:29:09sans audience,
00:29:09mais dans l'urgence.
00:29:11Et ensuite,
00:29:11on verra quel juge sera saisi.
00:29:13Voilà.
00:29:14Et après,
00:29:14si j'avais une erreur d'aiguillage
00:29:15parce que ça peut toujours arriver,
00:29:16il y a des avocats,
00:29:17il y a des recours.
00:29:18Et en tout cas,
00:29:18on s'est dit
00:29:19l'intérêt n'est pas le couple,
00:29:21l'intérêt est l'enfant.
00:29:22Donc je pense qu'on est très...
00:29:23Enfin, je crois, monsieur le président,
00:29:24que nous sommes éclairés
00:29:25sur cette discussion
00:29:26extrêmement intéressante.
00:29:27En effet,
00:29:28et je veux redire
00:29:29en toute loyauté
00:29:30que si le Parlement choisit
00:29:31la formule des rapporteurs
00:29:33juge du siège
00:29:34en attendant 24 heures,
00:29:35je l'appliquerai évidemment
00:29:36loyellement.
00:29:37Je veux juste vous redire
00:29:38par conviction,
00:29:39qui est une conviction très personnelle
00:29:40au bout de deux ans
00:29:40de la chancellerie,
00:29:41que le parquet
00:29:42est l'urgence
00:29:43qui permet de protéger
00:29:44les enfants immédiatement.
00:29:45Votants 342 exprimés
00:29:47et 341 pour 171 contre 170.
00:29:53Donc les amendements sont adoptés.
00:29:56L'article 6 est ainsi rédigé.
00:29:59Donc l'ensemble
00:29:59de vos amendements tombe.
00:30:01On arrive au sujet
00:30:03de l'imprescriptibilité.
00:30:07Alors tout d'abord,
00:30:10et je le dis
00:30:10parce que Mie Koyama
00:30:12et d'autres sont là,
00:30:14je ne nie pas
00:30:15et il y a un vrai sujet
00:30:16sur l'amnésie traumatique
00:30:17et de la personne
00:30:18qui a 50 ans
00:30:19se rendrait compte
00:30:20de ce qui lui est arrivé
00:30:22avant les 48 ans.
00:30:24Pour autant,
00:30:25alors on a plusieurs amendements
00:30:28qui vont arriver.
00:30:29L'ordre va être
00:30:31un peu modifié
00:30:32pour faire passer
00:30:32celui d'Annick Billon
00:30:34et du gouvernement
00:30:35en premier
00:30:36qui parle
00:30:39essentiellement
00:30:40des violences sexuelles
00:30:41sur mineurs.
00:30:42Pour autant,
00:30:43moi je vais vous faire part
00:30:44pour le coup
00:30:45pas que de mon avis
00:30:45mais de l'avis
00:30:46du Conseil national
00:30:47des barreaux
00:30:48qui appelle à préserver
00:30:50l'équilibre
00:30:50des règles de prescription
00:30:52en précisant
00:30:53que les délais
00:30:54ont déjà été renforcés
00:30:55puisqu'aujourd'hui
00:30:56la prescription
00:30:57pour les viols sur mineurs
00:30:58c'est 30 ans
00:30:59après les 18 ans
00:31:00et donc je comprends,
00:31:02je le disais
00:31:03pour ceux
00:31:03qui se rendent compte
00:31:04après,
00:31:05pour ceux
00:31:06qui se rendent compte
00:31:07avant,
00:31:08je voulais quand même
00:31:08souligner
00:31:09que parfois
00:31:12le fait
00:31:12d'avoir
00:31:13une date limite
00:31:15incite
00:31:16à aller
00:31:17porter plainte
00:31:18alors que sinon
00:31:19on peut toujours
00:31:20repousser au lendemain
00:31:21si effectivement
00:31:22cette date limite
00:31:22n'existe pas
00:31:23et là je parle
00:31:24de cas effectivement
00:31:25vécus.
00:31:26Je dis encore
00:31:27que cette date limite
00:31:28a permis
00:31:29ce que j'ai vu
00:31:30sur des messages
00:31:31qu'on n'aurait jamais
00:31:33entendu parler
00:31:35Olivier Duhamel
00:31:37que je ne me trompe
00:31:38pas de prénom
00:31:40s'il n'y avait pas
00:31:40eu la prescription
00:31:43s'il n'y avait pas
00:31:45eu la prescription
00:31:47il n'y aurait pas
00:31:48eu d'affaires
00:31:49enfin non
00:31:50s'il n'y avait pas
00:31:50eu la prescription
00:31:51alors il aurait
00:31:52probablement été
00:31:52poursuivi
00:31:53sauf que ça n'est pas
00:31:54vrai parce que
00:31:54s'il n'y avait pas
00:31:55eu de prescription
00:31:56il n'y aurait pas
00:31:56eu de livre
00:31:57parce que justement
00:31:59Camille Kouchner
00:32:00a attendu
00:32:01et a vérifié
00:32:02que la prescription
00:32:03était bien
00:32:03assurée
00:32:04avant de pouvoir
00:32:05publier
00:32:06parce que justement
00:32:07ce secret
00:32:08devait être tu
00:32:09tant qu'il n'y avait
00:32:11pas de prescription
00:32:12qu'ensuite
00:32:13la prescription
00:32:13glissante
00:32:14a effectivement
00:32:15été mise
00:32:17je comprends
00:32:18qu'effectivement
00:32:18il faille aller
00:32:19rechercher
00:32:19d'autres victimes
00:32:21mais malgré tout
00:32:22c'est quand même
00:32:23une chose importante
00:32:25et ensuite
00:32:25continue le CNB
00:32:27écoulement du temps
00:32:28on l'a dit
00:32:29pour les victimes
00:32:30les victimes
00:32:30me disent
00:32:31ça c'est notre affaire
00:32:32et ok
00:32:32pour pouvoir
00:32:34continuer
00:32:34pour pouvoir
00:32:36avoir des éléments
00:32:36de preuve
00:32:37mais également
00:32:38pour la défense
00:32:39alors ça c'est
00:32:39moins entendable
00:32:40quand on est une victime
00:32:41mais je l'ai dit
00:32:43dans mon
00:32:44dans mon allocution
00:32:46de départ
00:32:48comment
00:32:48comment
00:32:50se défendre
00:32:51si un enfant
00:32:52parce que
00:32:53l'enfant ne ment pas
00:32:54quand il est victime
00:32:54mais parfois
00:32:55il ne désigne pas
00:32:56forcément la bonne personne
00:32:58et donc comment
00:32:59se défendre
00:33:00si l'enfant a dit
00:33:01c'est tonton
00:33:02alors que c'était
00:33:03papa
00:33:03ou c'est papa
00:33:03alors que c'était
00:33:04tonton
00:33:04quand on est 40 ans
00:33:06ou 50 ans plus tard
00:33:07donc on a
00:33:08on a quand même
00:33:09quelques sujets
00:33:10qui font que c'est
00:33:11pas simple
00:33:11avec le temps
00:33:13ensuite
00:33:14sur l'effet
00:33:15j'ai parlé des effets
00:33:17et ensuite
00:33:17sur l'élargissement
00:33:18parce que
00:33:19et d'ailleurs
00:33:20on le voit bien
00:33:20pourquoi est-ce qu'on fait passer
00:33:21en premier
00:33:22les amendements
00:33:23du gouvernement
00:33:24et d'Anne Guillon
00:33:26c'est parce que
00:33:27ils sont très circonscrits
00:33:29effectivement
00:33:29sur les violences sexuelles
00:33:31sur mineurs
00:33:33mais on le voit bien
00:33:34avec les autres amendements
00:33:36entre autres
00:33:37de madame Varaya
00:33:38si je ne m'abuse
00:33:40on demande
00:33:41l'élargissement
00:33:42comment
00:33:44il y a trois amendements
00:33:46identiques
00:33:46voilà
00:33:46derrière
00:33:48qui demandent
00:33:49un élargissement
00:33:50à tous les crimes
00:33:51sur mineurs
00:33:53ce qui est logique
00:33:54et c'est pour ça
00:33:56que je disais
00:33:56attention
00:33:57là
00:33:58et c'est pourquoi aussi
00:33:59le CNB disait
00:34:00attention à préserver
00:34:01l'équilibre des règles
00:34:02de prescription
00:34:04et que je disais
00:34:05on en fait sauter une
00:34:06on risque de les faire
00:34:07sauter toutes
00:34:07les unes derrière les autres
00:34:09c'est donc un choix
00:34:10de société
00:34:10que l'on peut faire
00:34:12mais il faut être conscient
00:34:13de ce qu'on fait
00:34:14au moment où on le fait
00:34:16et là en l'occurrence
00:34:17c'est aujourd'hui
00:34:18que vous avez ce choix
00:34:19à faire
00:34:21donc la règle
00:34:22de la commission
00:34:23a toujours été
00:34:24contre le fait
00:34:25de faire sauter
00:34:27les prescriptions
00:34:28elle était d'accord
00:34:29pour pouvoir les allonger
00:34:30d'où le 30 ans
00:34:31après les 18 ans
00:34:32etc
00:34:33mais contre le fait
00:34:34de faire sauter
00:34:35les prescriptions
00:34:35parce que c'est
00:34:36effectivement
00:34:37un changement total
00:34:38de philosophie
00:34:40de ce qu'est
00:34:41la règle
00:34:42et la loi pénale
00:34:43mais maintenant
00:34:44voilà
00:34:45c'est devant ce choix
00:34:46que vous êtes
00:34:47merci
00:34:47madame Billon
00:34:48vous avez la parole
00:34:54merci monsieur le président
00:34:55merci madame la rapporteure
00:34:57pour ces précisions
00:34:58lorsqu'on parle
00:34:59d'allongement
00:35:00du délai de prescription
00:35:01et de prescription glissante
00:35:02il s'agit de la loi 2021
00:35:04et c'est vrai
00:35:05qu'à ce moment là
00:35:06nous avions proposé cela
00:35:07parce que nous savions
00:35:09pertinemment
00:35:10que l'imprescriptibilité
00:35:11n'arriverait pas
00:35:12à passer à ce moment là
00:35:14heureusement
00:35:15le temps passe
00:35:16les choses évoluent
00:35:17et donc l'article 11 bis A
00:35:19qui a été supprimé
00:35:20par la commission des lois
00:35:21vise à rendre
00:35:22imprescriptibles
00:35:23les crimes sexuels
00:35:24sur mineurs
00:35:25ma conviction
00:35:26qu'il faut
00:35:27il faut rétablir
00:35:28cet article
00:35:29et resserrer son dispositif
00:35:30sur les crimes sexuels
00:35:32sur mineurs
00:35:32cette conviction
00:35:33c'est le fruit
00:35:34d'un long travail
00:35:35engagé depuis plusieurs années
00:35:37avec des auditions
00:35:39des consultations
00:35:39d'experts
00:35:40d'associations
00:35:41de victimes
00:35:42bien entendu
00:35:42et ce travail
00:35:45a été aussi
00:35:45l'occasion
00:35:46de comprendre
00:35:47le phénomène massif
00:35:49les chiffres
00:35:50un enfant est victime
00:35:50de violences sexuelles
00:35:51toutes les trois minutes
00:35:52concernant l'inceste
00:35:54trois enfants par classe
00:35:5550% des victimes
00:35:57souffrent
00:35:57d'amnésie
00:35:59dissociative
00:35:59la civile 1
00:36:01et le juge
00:36:01Edouard Durand
00:36:02ont recueilli
00:36:0330 000 témoignages
00:36:04sur ces 30 000 témoignages
00:36:0675% d'entre eux
00:36:08étaient concernés
00:36:10par des frais
00:36:10prescrits
00:36:11les débats
00:36:12que nous allons avoir
00:36:13revêtent une importance
00:36:14capitale
00:36:15pour ces victimes
00:36:16d'abord
00:36:16la commission
00:36:17oppose effectivement
00:36:19une tradition juridique
00:36:20et notamment aussi
00:36:21le risque
00:36:22de déstabilisation
00:36:23de notre droit
00:36:24ou éventuellement
00:36:25parfois
00:36:26on nous oppose aussi
00:36:27une censure potentielle
00:36:29du conseil constitutionnel
00:36:30pour moi
00:36:31pour de nombreux parlementaires
00:36:33pour de nombreux professionnels
00:36:35pour de nombreux français
00:36:36l'imprescriptibilité
00:36:39elle ne doit pas
00:36:40elle doit s'effectuer
00:36:43proposer toujours
00:36:44la prescription
00:36:44pour des raisons
00:36:46de tradition
00:36:47dans notre droit
00:36:48ça ne fonctionne pas
00:36:49et c'est pour moi
00:36:50une manière
00:36:51de tourner le dos
00:36:52aux victimes
00:36:52et aux enfants
00:36:54et aux femmes
00:36:54qui luttent
00:36:56notamment
00:36:57contre cela
00:36:58j'ai porté
00:36:59dans cet hémicycle
00:37:00la loi de 21 avril
00:37:022021
00:37:02et elle a permis
00:37:04d'instaurer ce seuil
00:37:05de non consentement
00:37:06à l'époque
00:37:06on nous a aussi opposé
00:37:08la non constitutionnalité
00:37:10et la proportionnalité
00:37:12des peines
00:37:12donc en réalité
00:37:15cette loi
00:37:15on l'a votée
00:37:16elle est passée
00:37:17la QPC
00:37:17qui avait été déposée
00:37:19une année après
00:37:20n'a pas abouti
00:37:2118 états
00:37:23ont déjà supprimé
00:37:24les délais de prescription
00:37:24en Belgique
00:37:26c'est le cas
00:37:26depuis 7 ans
00:37:27donc la prescription
00:37:28est une forme
00:37:29d'impunité
00:37:30l'imprescriptibilité
00:37:32est une exigence
00:37:33qu'on doit aux victimes
00:37:38Madame Évren
00:37:39Merci Monsieur le Président
00:37:41mes chers collègues
00:37:42je voudrais commencer
00:37:43par vous rappeler
00:37:43un chiffre
00:37:44qui est assez effrayant
00:37:46en France
00:37:47un enfant sur dix
00:37:49est victime
00:37:50de violences sexuelles
00:37:51un enfant sur dix
00:37:52et ce chiffre
00:37:54à lui-même
00:37:54devrait provoquer
00:37:55un électrochoc collectif
00:37:57j'ai été confrontée
00:37:59en tant que rapporteur
00:38:00de la commission
00:38:00d'enquête
00:38:01sur le périscolaire
00:38:02à une vérité
00:38:02qui est aujourd'hui
00:38:03insupportable
00:38:04la France
00:38:05ne protège pas
00:38:06suffisamment
00:38:06ses enfants
00:38:07et notre système
00:38:08de protection
00:38:09hélas
00:38:10est défaillant
00:38:11pour deux raisons
00:38:12d'abord
00:38:12parce qu'il est trop réactif
00:38:14insuffisamment préventif
00:38:16il intervient
00:38:17hélas
00:38:17avant
00:38:18une fois
00:38:19le crime commis
00:38:21alors que notre responsabilité
00:38:22première
00:38:23serait au contraire
00:38:25de l'empêcher
00:38:26la deuxième raison
00:38:27c'est
00:38:28lorsque l'enfant
00:38:29a subi
00:38:30les violences
00:38:31nous lui demandons
00:38:32encore
00:38:33de s'adapter
00:38:34à une justice
00:38:35qui ne s'adapte pas
00:38:36à lui
00:38:36à sa vulnérabilité
00:38:38ça suffit
00:38:40ce n'est pas
00:38:41à l'enfant
00:38:41de s'adapter
00:38:42à nos institutions
00:38:43c'est à nos institutions
00:38:44d'être à hauteur
00:38:46d'enfant
00:38:46et à la hauteur
00:38:47d'un préjudice
00:38:47dont la victime
00:38:48porte les séquelles
00:38:50toute sa vie
00:38:51les victimes
00:38:52de violences sexuelles
00:38:53ont parfois besoin
00:38:54de dizaines d'années
00:38:55parfois 40 ans
00:38:56pour trouver
00:38:57les mots
00:38:58et la force
00:38:59de dénoncer
00:39:00leur agresseur
00:39:02et voilà le paradoxe
00:39:03mes chers collègues
00:39:04nous leur disons
00:39:05parler
00:39:06et lorsqu'ils trouvent
00:39:07enfin les mots
00:39:08et la force
00:39:09de le faire
00:39:09on leur répond
00:39:10trop tard
00:39:11les faits sont prescrits
00:39:13cette loi de la silenciation
00:39:15marque au fer rouge
00:39:16nos enfants
00:39:16et contribue
00:39:17à la reproduction
00:39:18intergénérationnelle
00:39:19des violences commises
00:39:20qu'allons-nous dire
00:39:21à ces victimes
00:39:22que leur bourreau
00:39:23a droit à l'oubli
00:39:24ce n'est pas de l'émotion
00:39:26c'est de la justice
00:39:27le temps qui passe
00:39:29n'efface ni les faits
00:39:30ni les blessures
00:39:31pourquoi devrait-il
00:39:32effacer
00:39:33la possibilité
00:39:34de poursuivre
00:39:34tout cela
00:39:35et je le dis
00:39:36mesdames les rapporteurs
00:39:38n'enlève strictement rien
00:39:40au droit à la défense
00:39:41de la personne
00:39:42mise en cause
00:39:42et à la nécessité
00:39:43d'une enquête poussée
00:39:44alors mes chers collègues
00:39:45donnons aux victimes
00:39:47un peu de ce temps
00:39:48que leurs agresseurs
00:39:49leur ont volé
00:39:49je vous remercie
00:39:51madame la présidente
00:39:52Kuckerman
00:39:55merci monsieur le président
00:39:57madame la ministre
00:39:58moi je crois
00:39:59que ce texte
00:40:00il nous interroge
00:40:00et il nous interroge tous
00:40:03depuis 15 ans
00:40:04c'est la première fois
00:40:05que je vais voter
00:40:06l'imprescriptibilité
00:40:08et je veux aussi
00:40:09en témoigner
00:40:09parce que je crois
00:40:10que ce texte
00:40:12et finalement
00:40:12à travers ce texte
00:40:14qui se passe
00:40:14dans la société
00:40:15doit nous inviter
00:40:16à réfléchir
00:40:17et à nous faire
00:40:19évoluer
00:40:20d'abord
00:40:23sur un mineur
00:40:24comme sur tout être humain
00:40:26ces actes
00:40:28sont les drames
00:40:29d'une vie
00:40:31et finalement
00:40:32qui sommes-nous
00:40:34pour décider
00:40:36à quel moment
00:40:39le temps est venu
00:40:41de révéler
00:40:42le drame
00:40:43de cette vie
00:40:44qui sommes-nous
00:40:45nous législateurs
00:40:46pour dire
00:40:47c'est au bout de 10 ans
00:40:48c'est au bout de 20 ans
00:40:49c'est au bout de 30 ans
00:40:50c'est au bout de 40 ans
00:40:50c'est au bout de 20 ans
00:40:51après la majorité
00:40:52etc.
00:40:53je crois que nous n'en sommes
00:40:54pas capables
00:40:55parce qu'effectivement
00:40:56c'est le drame d'une vie
00:40:57en revanche
00:40:58parce que nous sommes
00:40:59des législateurs
00:40:59nous pouvons
00:41:00et nous devons
00:41:00mettre en place
00:41:01tous les moyens
00:41:02pour faciliter
00:41:04le recueil
00:41:05de la plainte
00:41:06le plus tôt possible
00:41:07y compris
00:41:08pour protéger
00:41:09la victime
00:41:10parce que nous connaissons
00:41:11tous les problématiques
00:41:12de preuves
00:41:12etc.
00:41:13donc je veux dire
00:41:14l'un n'empêche
00:41:15pas l'autre
00:41:17je crois en plus
00:41:18que notre société
00:41:20donne aujourd'hui
00:41:21la place
00:41:22qui est la sienne
00:41:23à l'enfant
00:41:24et aux mineurs
00:41:24c'est à dire
00:41:25que ce n'est pas
00:41:27un sous-individu
00:41:29c'est un être humain
00:41:30plus vulnérable
00:41:31que les autres
00:41:32et donc il a des droits
00:41:34supplémentaires
00:41:35pour le préserver
00:41:36puis enfin
00:41:37madame la rapporteure
00:41:38la force du droit
00:41:39en France
00:41:40à la différence
00:41:41d'autres pays
00:41:41c'est qu'il évolue
00:41:42donc il y a plusieurs siècles
00:41:44on coupait la main
00:41:45des voleurs
00:41:46on ne coupe plus
00:41:46la main des voleurs
00:41:47et donc en fait
00:41:48peut-être que pendant
00:41:50des années
00:41:50à tort ou à raison
00:41:51on a pensé
00:41:53que la question
00:41:54de la prescriptibilité
00:41:55était une protection
00:41:58pour la victime
00:41:58je crois qu'aujourd'hui
00:42:00les choses changent
00:42:01de camp
00:42:01et que nous nous devons
00:42:02au regard des attentes
00:42:04de la société
00:42:04de faire évoluer
00:42:05notre droit
00:42:06pour répondre
00:42:07à toutes les victimes
00:42:08nombreuses
00:42:09qui viennent d'être citées
00:42:10précédemment
00:42:11par les interlocutrices
00:42:12avant moi
00:42:14la parole était au président
00:42:15Iacovelli
00:42:19pour deux minutes
00:42:20oui
00:42:21monsieur le président
00:42:23je me permets déjà
00:42:24de le dire
00:42:24peut-être dans mes deux minutes
00:42:26que je retirerai
00:42:28l'amendement 242
00:42:29rectifié
00:42:30et je rendrai
00:42:31l'amendement numéro 2
00:42:33identique à celui
00:42:34du gouvernement
00:42:34à madame Billon
00:42:35pour être cohérent aussi
00:42:37avec ce que je vais défendre
00:42:39mes chers collègues
00:42:41grâce à Dieu
00:42:42les faits sont prescrits
00:42:43est-ce que vous vous rappelez
00:42:45de cette phrase
00:42:45du cardinal Barbarin
00:42:47en 2016
00:42:48concernant les agressions sexuelles
00:42:49visant le père Préna
00:42:51derrière cette phrase
00:42:52il y a une réalité insupportable
00:42:54celle d'un enfant
00:42:55qui a été victime de viol
00:42:57qui est devenu adulte
00:42:58qui trouve enfin
00:42:59la force de parler
00:43:00mais à qui la justice répond
00:43:02qu'il est trop tard
00:43:03nous devons cesser
00:43:04de vouloir condamner
00:43:05à perpétuité
00:43:05par notre loi
00:43:06un enfant victime de viol
00:43:08pendant que son agresseur
00:43:09lui
00:43:09bénéficie de la prescription
00:43:11nous savons pourtant
00:43:13que les violences sexuelles
00:43:14commises durant l'enfance
00:43:15s'accompagnent souvent
00:43:17de peur
00:43:17de honte
00:43:18d'emprise
00:43:19et parfois d'amnésie traumatique
00:43:20le silence d'un enfant
00:43:22n'est pas un consentement
00:43:23et le temps qu'il met à parler
00:43:25ne doit jamais devenir
00:43:26une protection
00:43:27pour son agresseur
00:43:28mes chers collègues
00:43:29notre droit
00:43:30doit évoluer
00:43:31c'est vrai
00:43:32la présidente Kuckerman l'a dit
00:43:33on est dans un pays
00:43:34où le droit évolue
00:43:35mais nous devons aussi
00:43:37transformer l'essai
00:43:38sur ce sujet
00:43:39en 2018
00:43:40nous avons déjà porté
00:43:41le délai de prescription
00:43:42à 30 ans
00:43:43après la majorité
00:43:44en 2021
00:43:45nous avons instauré
00:43:46la prescription glissante
00:43:47mais reconnaissons
00:43:48les limites
00:43:49de ce mécanisme
00:43:50il peut permettre
00:43:51de prolonger
00:43:52le délai de prescription
00:43:52lorsqu'un même auteur
00:43:54commet une nouvelle
00:43:54infraction sexuelle
00:43:55sur un autre mineur
00:43:56mais est-ce qu'il faut donc
00:43:58attendre
00:43:58qu'il y ait un autre mineur
00:43:59victime
00:44:00pour que le premier
00:44:01puisse espérer
00:44:02obtenir justice
00:44:04cet amendement
00:44:05les amendements
00:44:06qui sont présentés
00:44:07de réintroduction
00:44:08ils suppriment
00:44:08ni la présomption
00:44:09d'innocence
00:44:10ni l'exigence
00:44:11de preuve
00:44:11ni les garanties
00:44:12fondamentales
00:44:13du procès pénal
00:44:14ils suppriment
00:44:15un seul obstacle
00:44:16celui du temps
00:44:17car dans notre république
00:44:18le temps ne doit
00:44:19jamais devenir
00:44:20le complice
00:44:21de l'impunité
00:44:22les français sont prêts
00:44:23les français sont
00:44:23enfin prêts
00:44:24à ça
00:44:25ils attendent ce vote
00:44:26alors s'il vous plaît
00:44:27soyons à la hauteur
00:44:27merci
00:44:28la parole est à madame
00:44:29Canales
00:44:31merci monsieur le président
00:44:32l'objectif
00:44:33de ce moment
00:44:35dans notre discussion
00:44:36c'est d'évoquer
00:44:38l'imprescriptibilité
00:44:39sur les crimes
00:44:40commis
00:44:41sur des mineurs
00:44:42nous avons une appréciation
00:44:45différente
00:44:46sur les crimes
00:44:48concernés
00:44:49potentiellement
00:44:49par cette
00:44:50imprescriptibilité
00:44:52l'objectif
00:44:53en tout cas
00:44:54c'est la position
00:44:55que je défendrai
00:44:56quand je défendrai
00:44:57l'amendement
00:44:57de monsieur Usna
00:44:59c'est de dire
00:45:01qu'il n'y aura
00:45:01une intranquillité
00:45:03à vie
00:45:04des auteurs
00:45:05des violences
00:45:05que nous considérons
00:45:08appropriées
00:45:09sur les mineurs
00:45:11ces violences
00:45:12elles sont
00:45:12d'une gravité
00:45:13immense
00:45:14et c'est compliqué
00:45:15pour moi
00:45:15de voir
00:45:15qu'il va peut-être
00:45:16falloir tout à l'heure
00:45:18juger
00:45:18de ce qui
00:45:19ou pas
00:45:19peut rentrer
00:45:20dans le giron
00:45:21de l'imprescriptibilité
00:45:22entre
00:45:24la soumission
00:45:24en chémix
00:45:25la réduction
00:45:25en esclavage
00:45:26et ou
00:45:27les viols
00:45:28et les atteintes
00:45:30sexuelles
00:45:30pour moi
00:45:31les crimes commis
00:45:32sur les mineurs
00:45:33c'est pas uniquement
00:45:34des crimes commis
00:45:35sur des personnes vulnérables
00:45:36parce que
00:45:36quelques-uns des collègues
00:45:38disent
00:45:38oui mais c'est
00:45:38ouvrir la boîte
00:45:39de Pandore
00:45:40et si on le fait
00:45:41pour ça
00:45:41pourquoi on ne le fera
00:45:42pas sur d'autres
00:45:43moi je veux vous dire
00:45:44quand même
00:45:44que pourquoi
00:45:46les enfants
00:45:46c'est un peu
00:45:47différent
00:45:48c'est que c'est
00:45:50non seulement
00:45:51un adulte
00:45:51en devenir
00:45:52il y a la notion
00:45:52du temps
00:45:53c'est un adulte
00:45:54en devenir
00:45:54et notre responsabilité
00:45:56à son égard
00:45:58a une dimension
00:45:59temporelle
00:46:00particulière
00:46:01incomparable
00:46:01à d'autres personnes
00:46:03vulnérables
00:46:03parce que
00:46:05on doit rendre
00:46:06l'enfant
00:46:07pour ce qu'il est
00:46:08mais aussi
00:46:09pour la personne
00:46:09qui va le devenir
00:46:11et donc
00:46:11il y a une forme
00:46:12de double vulnérabilité
00:46:13qui est bien réelle
00:46:14c'est pas un petit adulte
00:46:16c'est un adulte
00:46:17en construction
00:46:18qui sera l'adulte
00:46:19de demain
00:46:20donc voilà pourquoi
00:46:21je pense que
00:46:22ce n'est pas ouvrir
00:46:23une boîte de Pandore
00:46:24que de considérer
00:46:24que pour les enfants
00:46:26on doit pouvoir
00:46:27ouvrir l'imprescriptibilité
00:46:28sur pas mal
00:46:30sur beaucoup
00:46:31beaucoup de crimes
00:46:31et puis
00:46:32je veux le dire aussi
00:46:33le temps
00:46:34la notion du temps
00:46:35madame la rapporteure
00:46:35l'a dit tout à l'heure
00:46:36c'est le temps
00:46:37de la libération
00:46:38de la parole
00:46:38ça a été déjà dit
00:46:39et parfois le temps
00:46:40est un allié
00:46:41parce qu'il y a
00:46:42des témoignages
00:46:42qui se libèrent
00:46:43dans les familles
00:46:44des années après
00:46:44des années et des années après
00:46:46parce que l'évolution
00:46:47des moyens technologiques
00:46:48le permet également
00:46:49et tout ça joue aussi
00:46:51en faveur
00:46:52de l'imprescriptibilité
00:46:54merci
00:46:55pour deux minutes
00:46:56madame Richard
00:46:57je vais être beaucoup plus rapide
00:46:58merci monsieur le président
00:47:00j'ai dit tout à l'heure
00:47:01à la tribune
00:47:02que j'écouterais
00:47:04j'avais pas nécessairement
00:47:06d'avis
00:47:06c'est à dire
00:47:07il y a des arguments
00:47:08dans les deux sens
00:47:09s'agissant de l'imprescriptibilité
00:47:13j'entends
00:47:13ce que vous avez dit
00:47:14madame la rapporteure
00:47:15je partage
00:47:16certaines de vos réserves
00:47:18il se trouve
00:47:19que certains pays
00:47:20l'ont fait avant nous
00:47:21et que
00:47:22l'imprescriptibilité
00:47:24n'inverse pas
00:47:25la charge
00:47:25de la preuve
00:47:27donc
00:47:27ce ne sera pas
00:47:29plus facile
00:47:30de faire condamner
00:47:32un violeur d'enfant
00:47:34que ce soit
00:47:3550 ans après
00:47:36ou
00:47:3630 ans
00:47:3720 ans
00:47:38après la majorité
00:47:40donc
00:47:42j'ai écouté
00:47:43j'ai entendu
00:47:44ce que vient de dire
00:47:46ma collègue
00:47:48Canaillet
00:47:49j'ai entendu
00:47:49ce qu'a dit
00:47:50la présidente
00:47:50Kukerman
00:47:51en effet
00:47:53il me semble
00:47:54et vous l'avez dit
00:47:54madame la rapporteure
00:47:55c'est un choix de société
00:47:56c'est un choix politique
00:47:57c'est pas un débat juriste
00:48:00et donc
00:48:00il me semble en effet
00:48:01que
00:48:03et je vois que
00:48:04les grosses majorités
00:48:06du groupe
00:48:06centriste
00:48:07suivra
00:48:09et votera
00:48:09l'amendement
00:48:10d'Anique Billon
00:48:10en effet
00:48:12je pense
00:48:12qu'il n'est plus audible
00:48:14que les auteurs
00:48:16de violences sexuelles
00:48:17sur mineurs
00:48:18bénéficient
00:48:18d'un droit
00:48:19à l'oubli
00:48:20quand la victime
00:48:21elle-même
00:48:22ne peut pas oublier
00:48:23et ce n'est pas à nous
00:48:25en effet
00:48:25de dire à la victime
00:48:27quand elle a le droit
00:48:28de parler
00:48:28ou plus
00:48:30c'est une façon
00:48:31de la faire taire
00:48:31encore une fois
00:48:32et on sait
00:48:32qu'elle place
00:48:33le silence
00:48:35dans les infractions
00:48:36sexuelles
00:48:37incestuelles
00:48:38notamment
00:48:40monsieur comptard
00:48:41vous avez la parole
00:48:47je ne vous ai pas oublié
00:48:48parce que
00:48:48ce n'est pas noté
00:48:49donc
00:48:52je veux bien
00:48:53mais je ne vois pas
00:48:53de ce côté-là
00:48:53je ne l'ai pas ici
00:48:54mais on va voir
00:48:56on regarde
00:48:58merci monsieur le président
00:49:00nous sommes
00:49:01ça a été rappelé
00:49:02face à un sujet
00:49:04complexe
00:49:04qui nous a tous
00:49:05évidemment
00:49:06fait réfléchir
00:49:08mais c'est vrai
00:49:08qu'aujourd'hui
00:49:09moi je suis convaincu
00:49:10que l'imprescriptibilité
00:49:11ça a été rappelé
00:49:12pour les crimes
00:49:13commis sur les mineurs
00:49:14est une mesure fondamentale
00:49:16pour favoriser l'accès
00:49:17à la justice
00:49:18de toutes les victimes
00:49:20participer à la prévention
00:49:21ainsi qu'à la lutte
00:49:22contre l'impunité
00:49:22à la racine
00:49:23du continuum
00:49:24des violences
00:49:24et non
00:49:25je ne pense pas
00:49:26que ça soit
00:49:27ouvrir une boîte de Pandore
00:49:28les violences sexuelles
00:49:30commises sur les enfants
00:49:31appellent une réponse
00:49:31à la hauteur
00:49:32de leur gravité
00:49:33et de la réalité
00:49:34de leur révélation
00:49:35les mécanismes
00:49:36psychotraumatiques
00:49:37qui les accompagnent
00:49:38si des rations
00:49:39dissociation
00:49:39honte
00:49:40en prise de l'agresseur
00:49:41retardent fréquemment
00:49:42la parole
00:49:43et la réminiscence
00:49:43de souvenirs traumatiques
00:49:44de plusieurs décennies
00:49:45à ce sujet
00:49:47Muriel Salmona
00:49:48psychiatre
00:49:48et présidente
00:49:49de l'association
00:49:49mémoire traumatique
00:49:50et victimologie
00:49:51explique que
00:49:52de nombreuses victimes
00:49:53sont affectées
00:49:53par des syndromes
00:49:55psychotraumatiques
00:49:56dont la dissociation
00:49:57traumatique
00:49:58responsable
00:49:59de fréquentes
00:49:59amnésies traumatismes
00:50:00chez 40% d'entre elles
00:50:01voire 50%
00:50:03en cas d'inceste
00:50:04cette amnésie traumatique
00:50:05peut durer
00:50:06plusieurs dizaines d'années
00:50:07et l'âge moyen
00:50:08de révélation des victimes
00:50:09est de 52,2 ans
00:50:10loin de l'âge retenu
00:50:12aujourd'hui par la France
00:50:1348 ans
00:50:14reconnaître
00:50:15l'imprescriptibilité
00:50:18je vais y arriver
00:50:18permettrait également
00:50:19de reconnaître
00:50:20le caractère singulier
00:50:21des violences sexuelles
00:50:22commises sur les mineurs
00:50:23et particulièrement
00:50:24les violences incestueuses
00:50:25dans l'affaire
00:50:26le squarnec
00:50:26et dans l'affaire
00:50:27betharam
00:50:27la prescription a fait partie
00:50:29des obstacles rencontrés
00:50:30pour les faits anciens
00:50:31ce débat
00:50:32est celui de l'accès
00:50:33possible à la justice
00:50:34lorsque les violences
00:50:35ont été révélées
00:50:36ou reconnues
00:50:37des décennies plus tard
00:50:38en 2023
00:50:39le rapport de la civile
00:50:41avait déjà recommandé
00:50:42de rendre imprescriptibles
00:50:43les crimes et les agressions
00:50:44sexuelles sur mineurs
00:50:45entre 2021 et 2023
00:50:47cette commission
00:50:47avait reçu
00:50:4830 000 témoignages
00:50:49dont 75%
00:50:50a été prescrit
00:50:51en avril 2026
00:50:52le rapport
00:50:53d'une mission
00:50:53d'information parlementaire
00:50:55de Périne Goulet
00:50:56Arnaud Bonnet
00:50:56et Alexandra Martin
00:50:57a recommandé
00:50:58d'instaurer
00:50:58l'intescripabilité
00:50:59de tous les crimes
00:51:00sur mineurs
00:51:01et en juin 2026
00:51:02conclure monsieur
00:51:02le rapport
00:51:03de la commission
00:51:04d'enquête
00:51:04Bénarame
00:51:05avait fait de même
00:51:07cette décision
00:51:08est largement
00:51:08attendue
00:51:09merci
00:51:10monsieur Bénaroche
00:51:12avec mes excuses
00:51:14c'est pas grave
00:51:18monsieur le président
00:51:20quand même
00:51:21cet amendement
00:51:23rétablit en fait
00:51:24un article
00:51:25qui avait été introduit
00:51:26à l'Assemblée nationale
00:51:27un peu différent
00:51:28mais celui que nous
00:51:30soutenons aujourd'hui
00:51:31est celui qui a été présenté
00:51:32aussi par Annick Billon
00:51:34tout à l'heure
00:51:36les violences sexuelles
00:51:37aujourd'hui
00:51:38qu'on met sur les enfants
00:51:39appellent une réponse différente
00:51:41je n'ai non plus jamais
00:51:42voté d'intescripabilité
00:51:43jusqu'à présent
00:51:44comme la présidente Kuckerman
00:51:45je le ferai cette fois-ci
00:51:46les mécanismes
00:51:48psychotraumatiques
00:51:49qui accompagnent toujours
00:51:52ces faits
00:51:53Yom Götter vient d'en parler
00:51:55mais sans parler
00:51:56de l'amnésie psychotraumatique
00:51:57on peut aussi parler
00:51:58quelques fois
00:51:59de sidération
00:52:00de dissociation
00:52:01de honte
00:52:02d'emprise de l'agresseur
00:52:04retarde fréquemment
00:52:05la prise de parole
00:52:06de plusieurs décennies
00:52:08certaines fois
00:52:08selon l'association
00:52:10face à l'inceste
00:52:11reconnaître
00:52:12cette imprescripabilité
00:52:13permettrait
00:52:13également
00:52:14de reconnaître
00:52:15le caractère singulier
00:52:16de violences sexuelles
00:52:17commises sur les mineurs
00:52:17et particulièrement
00:52:18les violences incestueuses
00:52:20je me permets
00:52:22de rappeler quand même
00:52:23un chiffre
00:52:24de la civise
00:52:26plusieurs chiffres
00:52:27d'ailleurs
00:52:27chaque année
00:52:28c'est 160 000 enfants
00:52:29qui sont victimes
00:52:30de violences sexuelles
00:52:31ce qui fait
00:52:32un enfant victime
00:52:33d'un viol
00:52:34ou d'une agression
00:52:34sexuelle
00:52:35toutes les trois minutes
00:52:37et dans 81% des cas
00:52:39l'agresseur
00:52:40est un membre
00:52:40de la famille
00:52:41dans 97% des cas
00:52:44l'agression
00:52:46est commise
00:52:46par un homme
00:52:47de la famille
00:52:48dans 97% des cas
00:52:51aussi
00:52:51les pédo-criminels
00:52:53ne sont pas condamnés
00:52:54seul 1%
00:52:55des agressions
00:52:56sont condamnés
00:52:57dans le cas
00:52:57des incestes
00:52:58nous sommes à la fois
00:52:59face à un phénomène
00:53:00qui est massif
00:53:01et à des auteurs
00:53:02qui ne sont jamais
00:53:03condamnés
00:53:04une sorte d'impunité
00:53:05pas désirée
00:53:06pas voulue
00:53:07que nous voulons
00:53:08faire cesser
00:53:09tous ici
00:53:09des auteurs
00:53:10de ces crimes
00:53:11le fait de pouvoir
00:53:12dans ce cas
00:53:13faire en sorte
00:53:14qu'à aucun moment
00:53:14à cause d'une temporalité
00:53:16les auteurs de crimes
00:53:17ne puissent être
00:53:18imprescriptibles
00:53:19veut parler
00:53:19être un élément
00:53:20essentiel
00:53:21d'évolution
00:53:22de notre société
00:53:23merci monsieur
00:53:24Benaroche
00:53:24madame Aeschliman
00:53:26pour deux minutes
00:53:27merci monsieur
00:53:28le président
00:53:29alors d'abord
00:53:30je voudrais saluer
00:53:31la rigueur implacable
00:53:32la rigueur juridique
00:53:34implacable
00:53:34de l'argumentation
00:53:35développée par
00:53:36la rapporteure
00:53:38je crois qu'on peut
00:53:39s'accorder
00:53:40sur le fait
00:53:41que les crimes
00:53:42sexuels
00:53:42contre les enfants
00:53:43sont sans doute
00:53:44les plus odieux
00:53:44qui soient
00:53:46je crois qu'on peut
00:53:47dire aussi
00:53:47que toutes les victimes
00:53:48ne sont pas
00:53:49des Camille Kouchner
00:53:51c'est à dire
00:53:51qu'elles ne
00:53:52conscientisent pas
00:53:53et ne maîtrisent pas
00:53:54toutes
00:53:55le moment
00:53:56auquel
00:53:57elles décident
00:53:58qu'elles vont
00:53:59rendre public
00:54:01un drame
00:54:02qu'elles ont vécu
00:54:03et je crois même
00:54:05que la plupart
00:54:05des victimes
00:54:06sont embarquées
00:54:07dans cette espèce
00:54:08de chose
00:54:10qui les dépasse
00:54:11qui aboutit
00:54:12à ce qu'on a décrit
00:54:13tout à l'heure
00:54:14l'oubli
00:54:17traumatique
00:54:18comme on dit
00:54:19l'amnésie traumatique
00:54:20le poids
00:54:22de la honte
00:54:25l'incapacité
00:54:26à gérer
00:54:26le regard
00:54:27de l'autre
00:54:28et puis aussi
00:54:29à vivre
00:54:30dans un environnement
00:54:32familial
00:54:32ou dans une parentèle
00:54:34qui vous conduit
00:54:35à détruire
00:54:36des liens
00:54:38à cause
00:54:39de la révélation
00:54:40de ces faits
00:54:40absolument
00:54:41inqualifiables
00:54:43je ne sous-estime
00:54:45pas non plus
00:54:46le fait
00:54:46que le temps
00:54:47amoindrit
00:54:48les preuves
00:54:49et les faits
00:54:50disparaître
00:54:50ceci étant dit
00:54:52nous sommes
00:54:53des législateurs
00:54:54et est-ce que
00:54:56nous devons
00:54:56fixer
00:54:58des règles
00:54:59en fonction
00:55:00des chances
00:55:01de succès
00:55:02d'une action
00:55:03en justice
00:55:04je crois que non
00:55:05je crois que nous
00:55:07devons fixer
00:55:08des règles
00:55:09en fonction
00:55:10de ce que nous
00:55:10considérons
00:55:11qui est
00:55:12absolument
00:55:13impossible
00:55:14inacceptable
00:55:15et que
00:55:15l'imprescriptibilité
00:55:17des crimes
00:55:17sexuels
00:55:18contre les mineurs
00:55:19doit maintenant
00:55:20être établie
00:55:21reconnue
00:55:22et violemment
00:55:22et absolument
00:55:24et résolument
00:55:26affirmée
00:55:26et promue
00:55:28merci
00:55:29merci
00:55:31la parole
00:55:32est à monsieur
00:55:32Dousseau
00:55:35merci monsieur
00:55:36le président
00:55:37alors j'aurais
00:55:38une position
00:55:39un petit peu
00:55:39divergente
00:55:40par rapport
00:55:40à celles
00:55:41qui se sont
00:55:41exprimées
00:55:42à l'instant
00:55:42mais je crois
00:55:43que sur un sujet
00:55:44aussi important
00:55:45et aussi grave
00:55:45il faut que tous
00:55:46nous fassions preuve
00:55:47de la plus grande
00:55:48humilité
00:55:49moi je suivrai
00:55:50l'avis des rapporteurs
00:55:51je suivrai
00:55:52la commission des lois
00:55:54j'ai beaucoup réfléchi
00:55:55sur cette question
00:55:56ces derniers jours
00:55:56mais pas que
00:55:57la prescription
00:55:58c'est une question
00:56:00qui est aussi vieille
00:56:00que notre civilisation
00:56:01elle n'est pas tombée
00:56:03en 2026
00:56:04elle remonte au droit romain
00:56:06si on fait un peu
00:56:06d'histoire du droit
00:56:07elle a été fondée
00:56:08sous la philosophie
00:56:09des lumières
00:56:10donc elle est assez
00:56:11ancienne
00:56:11comme question
00:56:13il y a des délais
00:56:14de droit commun
00:56:14vous les connaissez
00:56:15tous par coeur
00:56:15il y a des délais
00:56:16spécifiques
00:56:17notamment pour
00:56:18les crimes sexuels
00:56:19c'est 30 ans
00:56:19à partir de 18 ans
00:56:21qui me paraît être
00:56:22un très bon équilibre
00:56:22il y a aussi
00:56:24la prescription
00:56:25en matière de crimes
00:56:26contre l'humanité
00:56:27et c'est aussi
00:56:28une question
00:56:28de la prescription
00:56:29qui existe en droit canonique
00:56:30pour faire un petit
00:56:31clin d'oeil
00:56:32par rapport à ce qui a été
00:56:32dit tout à l'heure
00:56:33pour autant
00:56:34je pense que
00:56:35la prescription
00:56:35dans ce domaine
00:56:36c'est une fausse
00:56:38bonne idée
00:56:39c'est une fausse bonne idée
00:56:40pour différentes raisons
00:56:41tout d'abord
00:56:42parce qu'il se posera
00:56:44nécessairement la question
00:56:45de la matérialité
00:56:46des preuves
00:56:47de la probabilité
00:56:48des faits
00:56:49qui seront à un moment donné
00:56:51soulevés
00:56:52mis en évidence
00:56:53par une victime
00:56:53qui sera nécessairement
00:56:55respectable
00:56:55mais on va
00:56:57prendre le risque
00:56:58de mettre la justice
00:57:00dans l'impossibilité
00:57:01de rendre la justice
00:57:02finalement
00:57:03parce que
00:57:03des magistrats
00:57:05qui n'auront pas de preuves
00:57:06auront du mal
00:57:07à condamner
00:57:08une personne
00:57:08pour des faits
00:57:09qui lui sont reprochés
00:57:1040-50 ans plus tard
00:57:12c'est ça la vérité
00:57:14et donc
00:57:14la solution
00:57:15qui est proposée
00:57:16avec une imprescriptibilité
00:57:18pourrait être
00:57:19pire
00:57:20que la solution
00:57:21que l'on souhaite apporter
00:57:23à un mot
00:57:23que l'on déteste
00:57:24absolument tous
00:57:26merci
00:57:27la parole est à madame
00:57:28la présidente Jourdain
00:57:32merci monsieur le président
00:57:33mes chers collègues
00:57:34je crois que je vais faire
00:57:35mien
00:57:36les premiers mots
00:57:37de notre collègue
00:57:38Dimitri Dousseau
00:57:39qui dit qu'il faut
00:57:39aborder ces problèmes
00:57:40avec une assez grande
00:57:42humilité
00:57:43je le pense effectivement
00:57:44mais
00:57:45je crois qu'il faut faire aussi
00:57:46entendre
00:57:47tous les points de vue
00:57:48sans que nous nous jugions
00:57:50les uns les autres
00:57:51c'est un sujet délicat
00:57:54c'est un sujet
00:57:55sur lequel
00:57:56comme sur tous les sujets
00:57:58sur lesquels
00:57:59je m'interroge
00:58:01je reviens toujours
00:58:02aux principes
00:58:04pour essayer de comprendre
00:58:05ce qu'il convient de faire
00:58:06ou ce qu'il convient de pas faire
00:58:07il y a des principes
00:58:09effectivement
00:58:09dont on a en droit pénal
00:58:10qui est la prescription
00:58:12alors pourquoi
00:58:12ça a été dit
00:58:14d'abord parce que
00:58:15l'écoulement du temps
00:58:16entraîne souvent
00:58:17la disparition
00:58:18des preuves
00:58:19de faits
00:58:20qui eux sont bien réels
00:58:21mais qui sont
00:58:22de plus en plus délicats
00:58:23à prouver
00:58:25et puis aussi
00:58:26parce que
00:58:26en droit pénal
00:58:27traditionnellement
00:58:28le droit pénal
00:58:29c'est en réalité
00:58:30le droit de la société
00:58:30c'est le droit
00:58:31des infractions
00:58:32à l'ordre public
00:58:33en droit pénal
00:58:34et bien
00:58:37on estime que
00:58:38si la victime
00:58:39elle-même
00:58:39ne s'est pas manifestée
00:58:41la société
00:58:42doit s'apaiser
00:58:44et
00:58:45c'est toujours
00:58:47évidemment
00:58:48délicat à dire
00:58:48c'est une réalité
00:58:49et les seuls faits
00:58:50qui sont
00:58:52imprescriptibles
00:58:52ce sont les crimes
00:58:53contre l'humanité
00:58:54d'abord on n'a pas
00:58:55de difficulté
00:58:55de preuve
00:58:56malheureusement
00:58:57le caractère massif
00:58:58des crimes
00:58:58contre l'humanité
00:58:59ne crée pas
00:58:59ces difficultés
00:59:01et puis
00:59:01ce sont des faits
00:59:02sur lesquels
00:59:03la société
00:59:04ne s'apaise pas
00:59:05parce que
00:59:05ce sont des faits
00:59:06qu'on commémore
00:59:08et qu'on ne veut
00:59:08effectivement
00:59:09pas oublier
00:59:11alors
00:59:11j'ai conscience
00:59:12qu'en disant ça
00:59:13c'est quelque chose
00:59:14d'assez froid
00:59:15et c'est quelque chose
00:59:16qui est assez difficilement
00:59:17audible
00:59:17lorsqu'on parle
00:59:19comme le disait
00:59:19madame Schliemann
00:59:20des crimes les plus odieux
00:59:21qui puissent exister
00:59:22c'est à dire
00:59:22des crimes sexuels
00:59:23contre les enfants
00:59:24des crimes contre les enfants
00:59:25de manière générale
00:59:26j'ai conscience de ça
00:59:27alors
00:59:28je le dirais peut-être
00:59:29différemment
00:59:32si
00:59:33on touchait
00:59:33à un cheveu
00:59:34de vos enfants
00:59:35ou de vos petits-enfants
00:59:38peut-être
00:59:38que vous auriez
00:59:39envie
00:59:40d'aller tuer
00:59:41la personne
00:59:41qui l'a fait
00:59:42de vos propres mains
00:59:43je pense
00:59:44que ça nous traverserait
00:59:45tous l'idée
00:59:46et nous ne le ferions pas
00:59:48pourquoi
00:59:50parce qu'il y a
00:59:51des principes
00:59:52et nous ne penserions
00:59:53peut-être même pas
00:59:55à inscrire
00:59:56dans la constitution
00:59:57un retour
00:59:58sur la peine de mort
01:00:00ou le retour
01:00:01à la justice privée
01:00:03parce qu'il y a
01:00:03des principes
01:00:04et c'est en ça
01:00:05que je dis
01:00:06que les principes
01:00:06sont fondateurs
01:00:07de la vision
01:00:08de la société
01:00:09que nous avons
01:00:11alors avons-nous
01:00:11cette vision
01:00:12de la société
01:00:13chacun
01:00:15y réfléchira
01:00:16de son côté
01:00:17mais il faut
01:00:18tout de même
01:00:19entendre
01:00:20que bien sûr
01:00:21pour aider
01:00:22des victimes
01:00:25que l'imprescriptibilité
01:00:26pourra aider
01:00:27nous en aiderons
01:00:28moins d'autres
01:00:30nous ferons un choix
01:00:31parmi les victimes
01:00:32nous le faisons
01:00:33aujourd'hui
01:00:33avec l'imprescriptibilité
01:00:35mais nous ferons un choix
01:00:37Dominique Vérien
01:00:37l'a rappelé
01:00:38à juste titre
01:00:38c'est un travail
01:00:39sur lequel la commission
01:00:39des lois
01:00:40a toujours beaucoup travaillé
01:00:41il y a des victimes
01:00:42qui parlent
01:00:43parce que
01:00:44l'écoulement du temps
01:00:45précisément
01:00:45va faire que
01:00:46ensuite
01:00:46si elles ne parlent pas
01:00:48et bien
01:00:49aucune poursuite
01:00:50ne sera plus possible
01:00:51et c'est la fin
01:00:52de la prescription
01:00:52qui les fera parler
01:00:53il y a des victimes
01:00:54qui parlent
01:00:54parce que la prescription
01:00:55est écoulée
01:00:56qu'il n'y aura pas de procès
01:00:56elles ne souhaitent pas de procès
01:00:58voilà
01:00:58ce sont des réalités
01:01:00donc ne croyons pas
01:01:01qu'en faisant ça
01:01:02nous allons aider
01:01:03toutes les victimes
01:01:04ça n'est pas tout à fait exact
01:01:05nous ferons un autre choix
01:01:06que celui qui existe
01:01:07aujourd'hui
01:01:08et surtout
01:01:09il ne faudrait pas
01:01:10me semble-t-il
01:01:11que faisant cela
01:01:12nous pensions
01:01:12avoir résolu
01:01:13tous les problèmes
01:01:14parce que
01:01:15le problème
01:01:16je crois
01:01:16ça n'est pas la loi
01:01:18ça n'est pas que la loi
01:01:20vous avez sûrement observé
01:01:21quand on parle
01:01:23de ces faits
01:01:23notamment des faits incestueux
01:01:24monsieur Benaroche l'a dit
01:01:25ce sont des proches
01:01:27qui sont la plupart du temps
01:01:28des auteurs
01:01:29le premier problème
01:01:31c'est le silence
01:01:33c'est le silence
01:01:34qui entoure ces faits
01:01:35la loi ne changera rien
01:01:37ça
01:01:38nous avons des travaux à faire
01:01:39des travaux de société
01:01:41sur le silence
01:01:42nous avons des travaux à faire
01:01:44sur l'amnésie traumatique
01:01:45qui est un vrai problème
01:01:47et qui effectivement
01:01:48justifie dans l'esprit de beaucoup
01:01:49cette imprescriptibilité
01:01:51ne pensons pas
01:01:52que nous aurons résolu
01:01:53tous les problèmes
01:01:54nous aurons en tout cas
01:01:56modifié un principe
01:01:57nous pouvons le faire
01:01:58mais il faut le faire
01:01:59en connaissance de cause
01:02:01ça sera peut-être
01:02:02une petite victoire
01:02:03pour certains
01:02:04ce soir
01:02:04peut-être une grande victoire
01:02:06si cela est effectivement voté
01:02:08mais nous n'aurons pas
01:02:09résolu tous les problèmes
01:02:11et il ne faudra pas
01:02:12se satisfaire de cela
01:02:13la loi ne fait pas tout
01:02:14nous avons beaucoup de travail
01:02:16sur ces véritables difficultés
01:02:18il faudra apprécier
01:02:19si modifier les principes
01:02:20ce soir
01:02:21ça constituera une part essentielle
01:02:22de ce travail
01:02:23merci
01:02:25merci
01:02:26attendez
01:02:26si vous voulez
01:02:27je vous donnerai la parole
01:02:27à la fin
01:02:28madame Romani
01:02:28si vous voulez vous exprimer
01:02:31je suis profondément choquée
01:02:33par ce que je viens d'entendre
01:02:34madame la présidente
01:02:35je ne comprends pas
01:02:36qu'on puisse tenir
01:02:37de tels propos
01:02:38alors vous l'avez dit
01:02:40peut-être difficile à entendre
01:02:41c'est juste en fait
01:02:42en tout cas pour moi
01:02:44insupportable d'entendre
01:02:46l'apaisement de la société
01:02:47enfin je
01:02:49je ne comprends pas
01:02:50en fait vos mots
01:02:51madame Jourdat
01:02:51je ne comprends pas
01:02:55merci
01:02:55madame la ministre
01:02:56vous avez la parole
01:03:00merci monsieur le président
01:03:01je voudrais commencer déjà
01:03:03en remerciant celles et ceux
01:03:05qui ont pris la parole
01:03:06se sont exprimés
01:03:07et qui parfois
01:03:08pendant de nombreuses années
01:03:09se sont mobilisés
01:03:10pour que nous puissions
01:03:11avoir ce débat
01:03:12et je l'espère sans doute
01:03:13ce vote
01:03:14ce soir dans cet hémicycle
01:03:16remercier aussi
01:03:17celles et ceux
01:03:18qui ont changé d'avis
01:03:19parce que je mesure
01:03:21combien
01:03:21et ça a été dit
01:03:23il faut évidemment
01:03:24beaucoup d'humilité
01:03:25sur le sujet
01:03:26et accepter
01:03:27dans le cadre
01:03:27de débats parlementaires
01:03:29qu'on puisse entrer
01:03:30dans un débat parlementaire
01:03:31sans être absolument sûr
01:03:33de sa conviction
01:03:34et que l'écoute
01:03:35les auditions
01:03:36le travail que nous menons
01:03:38collectivement
01:03:39puisse nous faire évoluer
01:03:40je crois que ça a été le cas
01:03:41à la fois
01:03:42des chocs successifs
01:03:43que la société
01:03:44a eu
01:03:45vécu
01:03:46entendu
01:03:47je parlais de l'affaire
01:03:48le squarnec
01:03:49l'affaire Liana
01:03:50le scandale du périscolaire
01:03:52les commissions
01:03:52d'enquête parlementaire
01:03:53servent aussi à ça
01:03:54à établir
01:03:55une vérité
01:03:56dans la société
01:03:58et la question
01:03:58de la prescription
01:03:59elle est essentielle
01:04:00est-ce qu'elle résoudra tout ?
01:04:02Non
01:04:02et personne ne prétend
01:04:04d'ailleurs
01:04:04qu'elle puisse tout résoudre
01:04:06en revanche
01:04:07il y a la loi
01:04:08qui aujourd'hui
01:04:09continue à empêcher
01:04:10et à brider les victimes
01:04:12est-ce qu'il y a
01:04:13une culture
01:04:14dans notre société
01:04:15qui pendant trop longtemps
01:04:15a fait qu'on n'était pas capable
01:04:16d'être à hauteur d'enfant ?
01:04:17Oui
01:04:18est-ce que tout est résolu
01:04:19de ce point de vue-là ?
01:04:21Non
01:04:21mais est-ce qu'aujourd'hui
01:04:22la loi continue de créer
01:04:23un empêchement
01:04:24pour les enfants
01:04:25qui devenus adultes
01:04:27ont enfin
01:04:27la capacité
01:04:29à parler
01:04:29et espèrent pouvoir
01:04:30enfin être entendus ?
01:04:32La réponse est oui
01:04:34nous
01:04:34tous
01:04:35collectivement
01:04:36dans ces débats
01:04:38sur la loi intégrale
01:04:39à l'assemblée
01:04:39ou sur le projet de loi
01:04:40protection de l'enfance
01:04:41nous disons une chose
01:04:42aux victimes
01:04:43parler
01:04:45parler
01:04:45et ayez confiance
01:04:46parce qu'au moment
01:04:47où vous parlerez
01:04:48la société vous écoutera
01:04:49la société vous croira
01:04:51la société vous accompagnera
01:04:53mais aujourd'hui
01:04:54la loi elle dit autre chose
01:04:55elle dit
01:04:56si vous ne parlez pas
01:04:57au bon moment
01:04:58alors
01:04:59c'est trop tard pour vous
01:05:01et c'est une seconde violence
01:05:02que nous imposons aux victimes
01:05:04ce soir
01:05:05nous avons la possibilité
01:05:06de supprimer
01:05:07cette violence supplémentaire
01:05:08que pendant trop longtemps
01:05:09nous leur avons imposée
01:05:10c'est vrai
01:05:11la prescription
01:05:12a été initiée
01:05:13pour une soi-disant
01:05:14paix civile
01:05:16mais quelle est la paix
01:05:17pour les victimes
01:05:18il n'y a pas de droit
01:05:19à l'oubli
01:05:19pour les victimes
01:05:20il y a un droit
01:05:21je l'espère
01:05:22à la réparation
01:05:23et à la reconstruction
01:05:24mais cette possibilité
01:05:25de réparation
01:05:26et de reconstruction
01:05:26elle commence justement
01:05:27avec la possibilité
01:05:28d'avoir accès
01:05:29à la justice
01:05:30c'est cela que ce soir
01:05:31vous pouvez leur garantir
01:05:32pas qu'elles auront
01:05:33gain de cause demain
01:05:34mais qu'elles auront
01:05:35toujours dans leur vie
01:05:37accès à la justice
01:05:39et je crois que
01:05:40intégrer ça
01:05:41c'est absolument fondamental
01:05:42dans un parcours
01:05:43de réparation
01:05:44et j'espère sincèrement
01:05:45que cet hémicycle
01:05:46et le Sénat
01:05:47permettra que cette évolution
01:05:48soit inscrite
01:05:49dans notre droit ce soir
01:05:51merci madame la ministre
01:05:55je suis saisi
01:05:56de 10 amendements
01:05:57faisant l'objet
01:05:58d'une discussion commune
01:06:003 amendements identiques
01:06:01pour commencer
01:06:02le 172 rectifié
01:06:03madame Canalès
01:06:05merci
01:06:06j'ai pris la parole
01:06:08tout à l'heure
01:06:09mais je vais
01:06:09rebondir
01:06:10sur les paroles
01:06:11de madame la ministre
01:06:12cet amendement
01:06:13qui est présenté
01:06:14par Simon Usenard
01:06:17est un peu plus large
01:06:18que les autres amendements
01:06:19suivants
01:06:20en tout cas
01:06:20ceux qui ne sont pas
01:06:21identiques aux siens
01:06:22pourquoi
01:06:23parce qu'il n'y a pas
01:06:25que les crimes sexuels
01:06:26et on parle bien
01:06:26des enfants
01:06:27puisque madame la ministre
01:06:28vient de nous dire
01:06:29de faire un plaidoyer
01:06:30pour l'imprescriptibilité
01:06:31on parle bien
01:06:32des enfants
01:06:32parce que c'est une catégorie
01:06:34à part de sujets
01:06:36vulnérables
01:06:37au moment où les crimes
01:06:39sont commis sur eux
01:06:41pourquoi est-ce qu'on élargit
01:06:42à plusieurs d'autres crimes
01:06:43parce qu'on ne veut pas
01:06:44nous hiérarchiser
01:06:45comme à l'Assemblée nationale
01:06:48entre la soumission chimique
01:06:50la réduction en esclavage
01:06:52l'administration
01:06:53de produits toxiques
01:06:54combien d'affaires
01:06:54on a vu
01:06:55de parents
01:06:56de voisins
01:06:57qui administraient
01:06:58des produits toxiques
01:06:59aux enfants
01:07:00drogue
01:07:00ou autres produits chimiques
01:07:01on ne pense pas
01:07:02que tous ces crimes
01:07:03ne sont pas autre chose
01:07:05que des violences
01:07:07d'une gravité immense
01:07:08quand ils sont commis
01:07:09sur des enfants
01:07:11et que ça porte atteinte
01:07:13à la dignité humaine
01:07:15de ces enfants
01:07:15et indirectement
01:07:16à la dignité
01:07:17de ce qu'ils représentent
01:07:18dans notre société
01:07:19c'est-à-dire
01:07:19l'avenir de notre société
01:07:20enfin je voudrais dire
01:07:22à madame Jourdat
01:07:23tout à l'heure
01:07:23la présidente de la commission
01:07:26qu'elle a dit
01:07:27que le temps fait perdre
01:07:28la caractéristique
01:07:29de la preuve
01:07:31dans l'affaire
01:07:32le square neck
01:07:32parce que monsieur Usna
01:07:33c'est aussi les raisons
01:07:34qui l'ont motivé
01:07:35à déposer cet amendement
01:07:37précisément
01:07:37les victimes
01:07:38se sont dit
01:07:39il y avait deux catégories
01:07:41celles qui ont eu le temps
01:07:42qui n'étaient pas touchées
01:07:44par la prescription
01:07:44et qui ont donc été au procès
01:07:46et celles qui ne pouvaient plus
01:07:47parce qu'elles étaient victimes
01:07:48de la prescription
01:07:49la parole
01:07:50madame la présidente
01:07:51de la commission des lois
01:07:52le temps fait perdre la preuve
01:07:54mais il faut placer
01:07:55du côté des victimes
01:07:57du point de vue
01:07:57des victimes
01:07:58et donc des enfants victimes
01:08:00qui ont besoin
01:08:00du temps
01:08:01pour conscientiser
01:08:02ce qui leur est arrivé
01:08:03pour que la parole
01:08:04se libère
01:08:05et du temps
01:08:06pour se constituer
01:08:07comme victime
01:08:08et pouvoir
01:08:10demander
01:08:11à être entendu
01:08:12donc je pense que
01:08:14c'est la raison
01:08:14pour laquelle
01:08:15on dépose un amendement
01:08:16qui est plus large
01:08:16que les intentions du gouvernement
01:08:17mais parce que
01:08:18il y a plus de crimes
01:08:20on ne veut pas hiérarchiser
01:08:21entre les crimes
01:08:21faits aux enfants
01:08:22des crimes
01:08:23absolument abominables
01:08:25le 351
01:08:26madame Varayas
01:08:31merci monsieur le président
01:08:33le viol d'un enfant
01:08:34constitue un crime
01:08:35d'une particulière gravité
01:08:38le temps ne doit pas
01:08:39effacer
01:08:39la possibilité
01:08:41d'une réponse judiciaire
01:08:42c'est la raison
01:08:43pour laquelle
01:08:44notre groupe estime
01:08:45qu'il est désormais temps
01:08:46de consacrer
01:08:47au sein de notre droit
01:08:49l'imprescriptibilité
01:08:50des crimes
01:08:51commis sur mineurs
01:08:52une personne sur dix
01:08:53ça a été dit
01:08:54est victime d'inceste
01:08:55en France
01:08:56lorsque vous êtes
01:08:57devant une classe
01:08:57de 30 élèves
01:08:59ça représente
01:09:00trois élèves
01:09:00la moitié des victimes
01:09:02d'inceste
01:09:03sont touchées
01:09:03par une amnésie dissociative
01:09:04ça a été dit aussi
01:09:05qui rend leurs souvenirs
01:09:07inaccessibles
01:09:08pendant des années
01:09:09voire des décennies
01:09:10ce soir
01:09:11notre responsabilité
01:09:12est en jeu
01:09:12quel message
01:09:14souhaitons-nous
01:09:14envoyer à toutes ces victimes
01:09:16allons-nous leur dire
01:09:17que leur difficulté
01:09:18à se souvenir
01:09:19à comprendre
01:09:20à mettre des mots
01:09:21sur les violences
01:09:22qu'elles ont subies
01:09:23relèvent de leur négligence
01:09:25que le prétoire
01:09:26leur est fermé
01:09:26parce qu'elles ne sont pas
01:09:28allées assez vite
01:09:29ce n'est pas la position
01:09:31que nous choisissons
01:09:31ce soir
01:09:32ce n'est pas non plus
01:09:33la position
01:09:34que la grande majorité
01:09:35des associations
01:09:36de défense
01:09:37des victimes
01:09:37défendent
01:09:38ce n'est pas non plus
01:09:39la position
01:09:40que 18 états voisins
01:09:41au nôtre
01:09:42ont choisi
01:09:43nous avons ce soir
01:09:44le choix
01:09:44de reconnaître
01:09:45la singularité
01:09:46des violences sexuelles
01:09:47commises sur nos enfants
01:09:49nous pouvons ce soir
01:09:50décider que notre droit
01:09:52doit prendre en compte
01:09:53tous les obstacles
01:09:54qui entourent
01:09:55empêchent
01:09:56et retardent
01:09:57l'accès
01:09:57à la justice
01:09:58la prescription
01:09:59ne devrait pas offrir
01:10:01à l'auteur
01:10:02une protection définitive
01:10:04lorsque la victime
01:10:05n'a pas pu agir
01:10:06plus tôt
01:10:06l'imprescribilité
01:10:08pourrait permettre
01:10:09de poursuivre
01:10:10les faits anciens
01:10:11révélés
01:10:12après plusieurs décennies
01:10:13ces révélations
01:10:15d'ailleurs
01:10:16peuvent aussi apporter
01:10:17des éléments utiles
01:10:18à d'autres enquêtes
01:10:19notamment lorsque
01:10:20plusieurs victimes
01:10:21mettent en cause
01:10:22le même auteur
01:10:23la gravité des faits
01:10:24d'actes de crimes sexuels
01:10:26commis sur des enfants
01:10:28justifie que la société
01:10:29renonce
01:10:30à toute limite temporelle
01:10:32pour engager des poursuites
01:10:35la parole est à madame Billon
01:10:37pour le
01:10:37un rectifié
01:10:39quinquesse
01:10:41merci monsieur le président
01:10:43je voudrais d'abord dire
01:10:44que ce débat
01:10:45est essentiel
01:10:45et je note la qualité
01:10:48de ces échanges
01:10:49et de précision
01:10:50je voudrais aussi dire
01:10:52qu'il n'y a pas
01:10:52l'humilité d'un côté
01:10:54et l'arrogance de l'autre
01:10:55et qu'il n'y a pas
01:10:56les spécialistes du droit
01:10:57d'un côté
01:10:57et ceux qui feraient voter
01:10:59une imprescriptibilité
01:11:01contrairement contraire au droit
01:11:02lorsque l'on parle
01:11:03de crimes sur mineurs
01:11:04et lorsque l'on parle
01:11:05d'imprescriptibilité
01:11:07en réalité
01:11:07on parle de millions
01:11:09de victimes
01:11:10c'est pour cela
01:11:11que mon amendement
01:11:11et ceux qui arrivent
01:11:12juste après
01:11:13proposent de rendre
01:11:15imprescriptible
01:11:15les crimes mentionnés
01:11:16aux articles
01:11:17L222-23
01:11:19et L222-26
01:11:21du code pénal
01:11:22c'est-à-dire
01:11:23les crimes de viol
01:11:24et viol incestueux
01:11:25lorsqu'ils sont commis
01:11:26sur un mineur
01:11:27les violences sexuelles
01:11:28sont des crimes
01:11:29très spécifiques
01:11:30elles peuvent être commises
01:11:31pendant des années
01:11:32en totale impunité
01:11:33elles sont très difficiles
01:11:35à révéler
01:11:36à cause du tabou
01:11:37de la règle du silence
01:11:38de l'emprise
01:11:39qui les entoure
01:11:40elles traumatisent
01:11:41cruellement
01:11:42les victimes
01:11:42au point de déclencher
01:11:44chez la moitié
01:11:44d'entre elles
01:11:45une amnésie dissociative
01:11:47il faut comprendre
01:11:48ce que cela veut dire
01:11:49les victimes
01:11:50renient une partie
01:11:51d'elles-mêmes
01:11:51pour survivre
01:11:52certaines souffriront
01:11:54d'addiction
01:11:55de dépression
01:11:56iront jusqu'au suicide
01:11:57en ce qui concerne
01:11:58l'inceste
01:11:59ces violences
01:11:59sont une atteinte
01:12:00au principe même
01:12:01de la filiation
01:12:02sur lequel
01:12:03s'est construite
01:12:03notre société
01:12:04se positionner
01:12:06aujourd'hui
01:12:06contre l'imprescriptibilité
01:12:08c'est rejeter
01:12:09cette spécificité
01:12:11alors oui
01:12:11c'est difficile
01:12:12c'est dur
01:12:13de se représenter
01:12:14une telle violence
01:12:15c'est dur
01:12:15d'accepter
01:12:16que notre société
01:12:17a banalisé
01:12:18pendant des années
01:12:19une telle barbarie sexuelle
01:12:20qui concerne
01:12:22plus de 7 millions
01:12:23d'adultes français
01:12:24aujourd'hui
01:12:25mes chers collègues
01:12:27entendons les victimes
01:12:28votons cette
01:12:29imprescriptibilité
01:12:31parce que
01:12:31les victimes
01:12:32elles prennent
01:12:33perpétuité
01:12:33merci
01:12:35la parole est à monsieur
01:12:36le président
01:12:36Iacovelli
01:12:37oui monsieur le président
01:12:39je vais pas être long
01:12:39parce qu'effectivement
01:12:40on a tous pris la parole
01:12:41avant l'article
01:12:43mais
01:12:43quand on est victime
01:12:45d'un viol
01:12:46en tant qu'enfant
01:12:47c'est pas parce qu'on devient adulte
01:12:49qu'on en guérit
01:12:50en fait
01:12:51et on vit avec ce traumatisme
01:12:53quand on peut vivre
01:12:54avec ce traumatisme
01:12:55et donc
01:12:56quand cette victime
01:12:58devenue adulte
01:12:59arrive enfin
01:13:00à parler
01:13:02la deuxième violence
01:13:03qui peut arriver
01:13:04c'est que la justice
01:13:05lui dise
01:13:05c'est trop tard
01:13:06et on l'a tous dit
01:13:07sur ses bancs
01:13:08et donc je pense
01:13:09qu'aujourd'hui
01:13:09on a une responsabilité
01:13:10de faire
01:13:10et la ministre
01:13:11l'a rappelé
01:13:12tous les bancs
01:13:12on l'a rappelé
01:13:14c'est de faire en sorte
01:13:15que la justice
01:13:16puisse toujours
01:13:17être aux côtés
01:13:18de la victime
01:13:18qu'elle soit enfant
01:13:19qu'elle soit adulte
01:13:20qu'elle soit même
01:13:22retraitée
01:13:22peu importe
01:13:23mais que la justice
01:13:24sera toujours là
01:13:24pour accompagner
01:13:25les victimes
01:13:26et je pense que
01:13:26c'est un message important
01:13:28ça ne changera pas
01:13:29encore une fois
01:13:30les preuves apportées
01:13:31mais ça permettra
01:13:32de montrer que
01:13:33dans notre pays
01:13:35comme la France
01:13:36on est capable
01:13:37d'avoir une justice
01:13:37qui accompagne
01:13:38tout au long de la vie
01:13:39les victimes
01:13:40Merci
01:13:41Le 3 rectifié
01:13:42terme
01:13:42Madame Muller-Braune
01:13:45Merci Monsieur le Président
01:13:46Donc
01:13:47le présent amendement
01:13:49vise à rétablir
01:13:50l'imprescriptibilité
01:13:52des crimes sexuels
01:13:53viols
01:13:54ou viols incestueux
01:13:55commis sur les mineurs
01:13:56Les mécanismes
01:13:57psychotraumatiques
01:13:58nous l'avons déjà dit
01:13:59dont l'amnésie traumatique
01:14:01peuvent retarder
01:14:01de nombreuses années
01:14:03la révélation des faits
01:14:04Il faut que les agresseurs
01:14:06vivent avec l'intranquillité
01:14:09et non pas les victimes
01:14:10J'entendais tout à l'heure
01:14:11donc la société
01:14:12doit s'apaiser
01:14:13mais la paix sociale
01:14:15doit se placer
01:14:15du côté des victimes
01:14:17La dépendance
01:14:19à l'égard de l'agresseur
01:14:20et la peur
01:14:20de ne pas être cru
01:14:21peuvent également
01:14:22entraver la prise de parole
01:14:24Le délai écoulé
01:14:25avant la révélation
01:14:26ne saurait donc
01:14:27être interprété
01:14:28comme une renonciation
01:14:29à faire reconnaître
01:14:30les violences subies
01:14:31Il est une conséquence
01:14:33directe du traumatisme
01:14:34et du contexte
01:14:35dans lequel les violences
01:14:36ont été commises
01:14:37L'imprescriptibilité
01:14:39des crimes sexuels
01:14:42permet de tenir compte
01:14:44de cette réalité
01:14:45Elle répond également
01:14:46à une demande prioritaire
01:14:48exprimée dans les témoignages
01:14:50recueillis par la commission
01:14:51indépendante sur l'inceste
01:14:53et les violences sexuelles
01:14:55faites aux enfants
01:14:56la civise
01:14:56dont se sont nourries
01:14:58beaucoup les associations
01:14:59de défense
01:15:01aux enfants
01:15:02ainsi qu'aux recommandations
01:15:03de la mission
01:15:04d'information
01:15:05de l'Assemblée nationale
01:15:06sur l'imprescriptibilité
01:15:08des violences sexuelles
01:15:09commises sur les mineurs
01:15:10Je vous remercie
01:15:11Merci
01:15:12Le 95 rectifié
01:15:13Bis
01:15:13Madame l'Hermite
01:15:20Monsieur le Président
01:15:22chers collègues
01:15:22L'amnésie traumatique
01:15:24documentée par le recherche
01:15:25explique que certains souvenirs
01:15:27ne ressurgissent que très tardivement
01:15:29Selon la civise
01:15:3075% des témoignages
01:15:32qu'elle a recueillis en 2023
01:15:34portaient sur des faits prescrits
01:15:36Notre amendement propose donc
01:15:38de rétablir le principe
01:15:39d'imprescriptibilité
01:15:40adopté par l'Assemblée nationale
01:15:41puis supprimé par la commission
01:15:43des lois
01:15:43Nous connaissons les arguments
01:15:45de la commission des lois
01:15:46notamment bâtis sur la tradition
01:15:47de notre système pénal
01:15:49mais la prescription
01:15:50n'a jamais été
01:15:51un principe immuable
01:15:52et le législateur
01:15:53l'a profondément aménagé
01:15:54pour ses crimes
01:15:55Il a porté le délai
01:15:57de 30 ans
01:15:57à compter de la majorité
01:15:58en 2018
01:15:59puis créé un mécanisme
01:16:01de prescription glissante
01:16:02en 2021
01:16:03Les justifications classiques
01:16:05fondées sur l'oubli
01:16:06de l'infraction
01:16:06et le dépérissement
01:16:07des preuves
01:16:08sont devenues fragiles
01:16:09La prescriptibilité
01:16:11relève de choix de société
01:16:12Il ne préjuge
01:16:14ni de la culpabilité
01:16:15ni de l'issue des poursuites
01:16:17Il appartiendra toujours
01:16:18au juge d'apprécier les preuves
01:16:19et le doute continuera
01:16:20de profiter à l'accusé
01:16:21Elle garantit simplement
01:16:23que le temps écoulé
01:16:24ne suffise pas à lui seul
01:16:25à fermer définitivement
01:16:27aux victimes
01:16:28l'accès à la justice
01:16:29Merci le 273 rectifié terme
01:16:32M. Benaroche
01:16:34Merci M. le Président
01:16:36Nous sommes déjà intervenus
01:16:38nombreux sur ce sujet
01:16:39Je crois que la discussion
01:16:40a été riche
01:16:41Je voulais juste rajouter
01:16:43des éléments brièvement
01:16:45Selon l'association
01:16:46face à l'inceste
01:16:47et je partage totalement
01:16:48ce point de vue
01:16:49reconnaître la prescribilité
01:16:51permet en fait en soi
01:16:52de reconnaître
01:16:53le caractère singulier
01:16:55parce qu'il est singulier
01:16:56par rapport aux autres crimes
01:16:57des violences sexuelles
01:16:59commises sur les mineurs
01:17:00et particulièrement
01:17:01des viols
01:17:02et des viols incestueux
01:17:03La prescription en fait
01:17:05empêche ces victimes
01:17:07de porter plaide
01:17:07On l'a vu
01:17:08ces victimes peuvent
01:17:09et doivent pouvoir
01:17:10porter plaide
01:17:10à n'importe quel moment
01:17:12de leur vie
01:17:14Non obstant
01:17:15l'OMERTA
01:17:16se débarrassant
01:17:17d'amnésie dissociative
01:17:19comme l'a dit tout à l'heure
01:17:21Marie-Do Hlichman
01:17:23ayant la possibilité
01:17:24de lever les yeux
01:17:25vers ceux qui les ont
01:17:27agressés ou violés
01:17:28Et tous ces éléments
01:17:29font qu'elles ne peuvent
01:17:31réaliser
01:17:32ou révéler
01:17:33qu'après des décennies
01:17:34certaines fois
01:17:35ce qui leur est arrivé
01:17:36Et même si c'est
01:17:37après des décennies
01:17:38même dans ce cas là
01:17:39même dans le cas
01:17:40d'aveu tardif
01:17:41de l'agresseur
01:17:42ça arrive
01:17:42Aujourd'hui
01:17:43nous fermons
01:17:44la porte des tribunaux
01:17:45aux victimes
01:17:46qui ne peuvent pas
01:17:47recevoir
01:17:47l'indemnisation
01:17:49morale
01:17:49physique
01:17:51matérielle
01:17:53qui leur est nécessaire
01:17:54alors que l'agresseur
01:17:55a révélé des faits
01:17:56et que les victimes
01:17:57sont bien identifiés
01:17:58L'imprescribilité
01:18:00dans ce cas là
01:18:01en ce qui nous concerne
01:18:03nous la justifions
01:18:04nous la voterons
01:18:05simplement
01:18:06et seulement
01:18:06et c'est déjà beaucoup
01:18:07pour tous les faits
01:18:09de violences
01:18:09de viol
01:18:10de viol incestueux
01:18:11commis sur les mineurs
01:18:13Merci
01:18:13La parole est à madame
01:18:15Bazin Malgra
01:18:16pour le 298
01:18:17rectifié sexiès
01:18:19Merci monsieur le président
01:18:21madame la ministre
01:18:21mes chers collègues
01:18:23Cet amendement
01:18:24va dans le sens
01:18:24de tout le travail
01:18:25qui a été effectué
01:18:26par ma collègue
01:18:27Agnès Éveraine
01:18:28concernant la protection
01:18:29de l'enfance
01:18:30il va aussi en accord
01:18:31avec tout ce qui a été fait
01:18:32à l'Assemblée nationale
01:18:33nous devons protéger
01:18:35les enfants
01:18:35des prédateurs
01:18:37et rétablir
01:18:38cette disposition
01:18:39d'imprescriptibilité
01:18:41de certains crimes
01:18:42particulièrement graves
01:18:43commis sur les enfants
01:18:44arrêtons de nous offusquer
01:18:46à chaque crime
01:18:48et agissons
01:18:49nous avons le pouvoir
01:18:50ici ce soir
01:18:51d'agir
01:18:52et même s'il est difficile
01:18:53peut-être
01:18:54de retrouver des preuves
01:18:55même si cela ne concerne
01:18:57pas grand monde
01:18:58et bien nous aurons
01:18:59la fierté ce soir
01:19:00de voter ceci
01:19:02et de rétablir
01:19:03l'imprescriptibilité
01:19:04dans le droit français
01:19:05je vous remercie
01:19:06mes chers collègues
01:19:08merci
01:19:09madame la ministre
01:19:10pour le 300
01:19:14oui merci monsieur le président
01:19:17vous l'aurez compris
01:19:18le gouvernement a donc décidé
01:19:20également de déposer
01:19:21cet amendement
01:19:21qui permet
01:19:22de rétablir
01:19:24par rapport à ce qui s'était passé
01:19:25à l'Assemblée nationale
01:19:26l'imprescriptibilité
01:19:28sur les crimes sexuels
01:19:29commis à l'encontre
01:19:31de nos enfants
01:19:32je crois que le fait
01:19:33qu'il y ait autant d'amendements
01:19:34d'autant de groupes
01:19:36politiques différents
01:19:36dit quelque chose
01:19:37sur la nature même
01:19:39du débat que nous avons
01:19:40et je l'espère
01:19:42sur les votes
01:19:42qui s'en suivront
01:19:43sur la question
01:19:44de l'imprescriptibilité
01:19:45j'ajoute que
01:19:46monsieur le président
01:19:47par cohérence
01:19:48et en accord
01:19:49avec madame la présidente
01:19:50de la commission des lois
01:19:51le gouvernement appelle
01:19:52prioritairement au vote
01:19:54les amendements
01:19:551 rectifier qu'inquiète
01:19:572 rectifier
01:19:583 rectifier bis
01:19:5995 rectifier bis
01:20:02273 rectifier terre
01:20:03298 rectifier terre
01:20:06et 300 c'est à dire
01:20:07la série d'amendements
01:20:08identiques sur la question
01:20:10de l'imprescriptibilité
01:20:11sur les crimes sexuels
01:20:12commis sur les enfants
01:20:14merci madame la ministre
01:20:15donc je suis saisi
01:20:16conformément à l'article 44
01:20:17alinéa 6 du règlement
01:20:19d'une demande de priorité
01:20:20du gouvernement
01:20:21sur l'amendement numéro 1
01:20:22rectifier qu'inquiète
01:20:23et les amendements
01:20:24identiques
01:20:25afin qu'ils soient mis en voie
01:20:26avant l'ensemble des amendements
01:20:27de la discussion commune
01:20:28donc quel est l'avis de la commission
01:20:31madame la présidente
01:20:32favorable
01:20:32de cette priorité
01:20:33merci
01:20:34qui est contre
01:20:37je vous remercie
01:20:39donc la priorité est donnée
01:20:41donc je vais mettre
01:20:43donc je vais demander
01:20:44votre avis
01:20:45de la commission
01:20:46seulement
01:20:47donc sur le
01:20:49sur le
01:20:51sur le
01:20:51les trois amendements
01:20:52identiques
01:20:52172
01:20:53242
01:20:53et 351
01:20:54madame la rapporteure
01:20:55vous l'aurez compris
01:20:56la commission
01:20:57ne change pas d'avis
01:20:58et donc
01:20:58est contre
01:21:00d'ailleurs
01:21:00l'ensemble des amendements
01:21:02il n'est pas nécessaire
01:21:03de prolonger le débat
01:21:06et donc voilà
01:21:10et le gouvernement
01:21:11madame la ministre
01:21:12et donc vous l'aurez compris
01:21:13le gouvernement
01:21:14est favorable
01:21:15aux amendements
01:21:16identiques
01:21:17sur l'imprescriptibilité
01:21:18sur les crimes sexuels
01:21:19et donc défavorable
01:21:21aux demandes de retrait
01:21:22sur les autres
01:21:27j'ai pas compris
01:21:28madame la ministre
01:21:30vous êtes favorable
01:21:31sur les deux
01:21:32je suis favorable
01:21:33à la série
01:21:34d'amendements identiques
01:21:35que j'ai appelé
01:21:35en priorité
01:21:36monsieur le président
01:21:37et donc défavorable
01:21:39sur les autres amendements
01:21:40qui avaient une vision
01:21:42plus extensive
01:21:42au delà des crimes sexuels
01:21:48donc là
01:21:49je vais donner
01:21:50la parole
01:21:51pour explication de vote
01:21:52à madame
01:21:52lincoln
01:21:54merci monsieur le président
01:21:57j'aurais voulu dire
01:21:58un mot
01:21:59à ce moment important
01:22:00et je crois
01:22:02qu'on peut dire
01:22:02de bascule
01:22:03ici
01:22:05à la chambre haute
01:22:07dans laquelle
01:22:09nous avons déjà eu
01:22:10à de multiples reprises
01:22:11ce débat
01:22:12autour de l'imprescriptibilité
01:22:14dans différents textes
01:22:15et plusieurs d'entre nous
01:22:16ont
01:22:18jusqu'à cet instant
01:22:20indiqué leur changement
01:22:21je pense que c'est
01:22:21une grande position
01:22:21sur cette question
01:22:23de l'imprescriptibilité
01:22:24en tout cas
01:22:25celle qui s'applique
01:22:26aux crimes sexuels
01:22:27sur mineurs
01:22:28et je ferai partie
01:22:30à la fois de ceux
01:22:31qui ont pu douter
01:22:32des conséquences juridiques
01:22:34et opérationnelles
01:22:35de cette imprescriptibilité
01:22:37de ceux et celles
01:22:38qui ont évolué
01:22:40parce que
01:22:41il y a
01:22:41certains collègues
01:22:43l'ont dit
01:22:44il y a le symbole
01:22:45il y a ce qu'on dit
01:22:46depuis le début
01:22:47sur les victimes
01:22:48dont on veut libérer
01:22:49la parole
01:22:50et aussi entendre
01:22:51évidemment la parole
01:22:52et puis il y a
01:22:54le droit
01:22:55et moi je ne voudrais pas
01:22:56opposer les deux
01:22:58si je voterais
01:22:59avec mes collègues
01:23:00cette imprescriptibilité
01:23:02des crimes sexuels
01:23:04sur mineurs
01:23:05c'est pour le symbole
01:23:07mais avec cette réflexion
01:23:09sur le droit
01:23:09et je voudrais le dire ici
01:23:10en reformulant
01:23:12je l'ai déjà fait
01:23:12au cours de nos débats
01:23:14un regret
01:23:15un regret
01:23:16qu'un sujet
01:23:17aussi important
01:23:19arrive ainsi
01:23:20au détour
01:23:21d'un texte important
01:23:22certes sur la protection
01:23:23des enfants
01:23:24mais sans qu'on le relie
01:23:26à d'autres textes
01:23:27encore une fois
01:23:27à la loi intégrale
01:23:28sans qu'on le relie
01:23:29à des débats
01:23:30que nous avons déjà eus
01:23:31sur la justice criminelle
01:23:33par exemple
01:23:33sur le plaid des coupables
01:23:34sur le devenir
01:23:35des cours criminelles
01:23:36départementales
01:23:37sur la question de savoir
01:23:38s'il nous faut ou non
01:23:40une justice spécialisée
01:23:41parce que la question
01:23:42demain
01:23:43quand les crimes
01:23:43seront imprescriptibles
01:23:45sera qui les juge
01:23:46comment la cour d'assises
01:23:48le fera
01:23:48ça ne sera pas
01:23:49une cour pénale internationale
01:23:50comme pour des crimes
01:23:51de guerre
01:23:51ou des crimes
01:23:52contre l'humanité
01:23:53comment nous assurons
01:23:55le fait de juger
01:23:56car c'est bien ça
01:23:57le sujet
01:23:58c'est pas seulement
01:23:58qu'on puisse les amener
01:24:00jusqu'à un tribunal
01:24:01mais c'est qu'ils se prononcent
01:24:02et là nous sommes
01:24:03je crois collectivement
01:24:04encore devant un impensé
01:24:05et j'espère que les prochaines
01:24:07navettes parlementaires
01:24:08nous permettront
01:24:09d'aller plus loin
01:24:10car c'est vraiment
01:24:11un moment de bascule
01:24:11que nous vivons
01:24:12merci
01:24:13la parole est à madame Billon
01:24:17monsieur
01:24:18Lévy
01:24:22oui monsieur le président
01:24:23madame la ministre
01:24:24mes chers collègues
01:24:25je veux apporter mon soutien
01:24:26à l'amendement de notre collègue
01:24:28Annie Billon
01:24:28et de tous ceux
01:24:29qui ont rendu identique
01:24:31leurs amendements
01:24:32à celui de madame Billon
01:24:34l'imprescriptibilité
01:24:35n'est pas une décision
01:24:36qu'on prend à la légère
01:24:36je crois que sur ce sujet
01:24:38nous devons regarder la réalité
01:24:39telle que les victimes
01:24:40la vivent
01:24:41un enfant violé
01:24:42ne parle pas
01:24:42il se tait par peur
01:24:43par honte
01:24:45souvent parce que
01:24:45l'agresseur est un proche
01:24:46beaucoup de victimes
01:24:47traversent une amnésie traumatique
01:24:48et ne retrouvent la mémoire
01:24:50que des décennies plus tard
01:24:52aujourd'hui
01:24:52une victime de viol
01:24:53dans l'enfance
01:24:53peut porter plainte
01:24:54jusqu'à 48 ans
01:24:55au-delà
01:24:55la porte de la justice
01:24:56se ferme
01:24:57pas parce que
01:24:58le crime a disparu
01:24:59mais parce que
01:25:00le temps a passé
01:25:01or ce temps
01:25:02c'est l'agresseur
01:25:03qui l'a imposé
01:25:03à sa victime
01:25:04il y a quelque chose
01:25:05de profondément injuste
01:25:06à ce que le silence
01:25:06qu'il a lui-même provoqué
01:25:08devienne sa protection
01:25:10je veux être précis
01:25:11car cet amendement
01:25:11est mesuré
01:25:12il ne vise que les viols
01:25:13commis sur les mineurs
01:25:13il ne supprime aucune garantie
01:25:15la présomption d'innocence
01:25:16demeure
01:25:17et la charge de la preuve
01:25:17reste entière
01:25:19l'impresibilité
01:25:20ne condamne personne
01:25:21elle permet seulement
01:25:22qu'une enquête
01:25:22puisse ouvrir
01:25:23quand une parole se libère
01:25:24ou quand une autre victime
01:25:25du même auteur
01:25:26se fait connaître
01:25:27le conseil constitutionnel
01:25:28a jugé que la prescription
01:25:29n'était pas un principe
01:25:31constitutionnel
01:25:32le législateur peut donc
01:25:33en décider
01:25:33pour les crimes
01:25:34les plus graves
01:25:34la civisme
01:25:35nous le demande
01:25:36de nombreux pays européens
01:25:37l'ont fait
01:25:38et le parlement européen
01:25:39s'est prononcé en ce sens
01:25:40en juin 2025
01:25:41notre commission de la culture
01:25:43Agnès Évren
01:25:44en était rapporteur
01:25:46a consacré
01:25:46des mois de travail
01:25:47aux violences faites
01:25:48aux enfants
01:25:48dans le périscolaire
01:25:50notre conclusion
01:25:51était simple
01:25:51Agnès l'a rappelé
01:25:53la France ne protège
01:25:54pas assez ses enfants
01:25:55ce texte
01:25:56est l'occasion
01:25:57de le faire
01:25:57jusqu'au bout
01:25:58ce n'est pas aux victimes
01:25:59de s'adapter
01:26:00au temps du droit
01:26:00c'est au droit
01:26:01de s'adapter
01:26:02au temps des victimes
01:26:03je vous invite donc
01:26:03à voter ces amendements
01:26:05merci
01:26:06la parole est à madame
01:26:07Canales
01:26:09excusez-moi
01:26:09je reviens
01:26:10sur les propos
01:26:12de madame la ministre
01:26:13j'aimerais
01:26:14comprendre
01:26:15pourquoi
01:26:17l'ouverture
01:26:18plus large
01:26:19à d'autres crimes
01:26:20tout aussi
01:26:22scandaleux
01:26:23en direction
01:26:24des enfants
01:26:25comme
01:26:25je l'ai dit
01:26:27la réduction
01:26:27à l'esclavage
01:26:30pour ne citer que ça
01:26:31pourquoi
01:26:31ceci ne peut pas
01:26:33recueillir
01:26:33votre assentiment
01:26:37alors même
01:26:37que le garde
01:26:38des Sceaux
01:26:39sur d'autres crimes
01:26:41a même
01:26:41évoqué
01:26:43d'autres hypothèses
01:26:44pour l'imprescriptibilité
01:26:46encore
01:26:46très récemment
01:26:47je
01:26:48voilà
01:26:49j'aimerais quand même
01:26:50comprendre
01:26:51pourquoi
01:26:52on se limite
01:26:53aujourd'hui
01:26:54qu'à ces crimes
01:26:56déjà très graves
01:26:58en direction
01:26:58des enfants
01:26:59et ce serait déjà
01:27:00une extrêmement belle
01:27:01avancée
01:27:02que d'avoir
01:27:02l'imprescriptibilité
01:27:03pour les mineurs
01:27:04mais
01:27:04je vous avoue
01:27:05ne pas avoir
01:27:06entendu
01:27:07les éléments
01:27:08de réponse
01:27:09pour évincer
01:27:10et donc
01:27:11hiérarchiser
01:27:11des crimes
01:27:12tout aussi odieux
01:27:13à l'encontre
01:27:14des mineurs
01:27:17merci
01:27:18y a-t-il d'autres
01:27:19demandes de parole
01:27:20madame la ministre
01:27:21je vous en prie
01:27:22allez-y
01:27:23oui monsieur le président
01:27:24je ne veux pas rallonger
01:27:25mais je veux répondre
01:27:26évidemment à madame
01:27:26la sénatrice
01:27:27l'enjeu ici
01:27:29ni pour moi
01:27:30ni je pense
01:27:30pour aucune sénatrice
01:27:31aucun sénateur
01:27:32n'est de hiérarchiser
01:27:33il y a deux
01:27:34obstacles principaux
01:27:35le premier
01:27:36c'est le risque constitutionnel
01:27:37si la liste
01:27:39était trop longue
01:27:40et c'est ce que nous avait indiqué
01:27:41le conseil d'état
01:27:42dans ses travaux
01:27:43le deuxième
01:27:44c'est la caractéristique même
01:27:45des violences sexuelles
01:27:46et de l'inceste
01:27:47c'est-à-dire le silence
01:27:48imposé à la victime
01:27:49l'impossibilité
01:27:50pour la victime
01:27:51de pouvoir parler
01:27:53parce que comment parler
01:27:54quand celui qui aime
01:27:56est aussi celui qui abuse
01:27:57et quand il y a ce silence
01:27:59qui est imposé
01:28:00au sein de la famille
01:28:01ce fameux secret de famille
01:28:02donc il y a une spécificité
01:28:03telle de l'inceste
01:28:04et de la violence sexuelle
01:28:05qu'elle explique
01:28:08et justifie par elle-même
01:28:09le fait que parfois
01:28:10il faut des années
01:28:12ou des dizaines d'années
01:28:13pour avoir la capacité
01:28:14à révéler
01:28:15et c'est la justification
01:28:17qui fait qu'il n'y a pas
01:28:18de hiérarchie
01:28:19mais une spécificité
01:28:20associée à ce crime
01:28:21qui est justifiée
01:28:23selon nous
01:28:23qu'on puisse
01:28:24avoir l'imprescriptibilité
01:28:26qui est comme l'a dit
01:28:27votre collègue
01:28:28une révolution
01:28:29si nous le faisons
01:28:29mais je crois
01:28:30une saine révolution
01:28:31votant 338
01:28:32exprimé
01:28:33332
01:28:34pour
01:28:36252
01:28:36contre
01:28:3780
01:28:38donc ces amendements
01:28:40sont adoptés
01:28:41et font donc tomber
01:28:43le 172
01:28:45rectifié
01:28:45et le 351
01:28:47voilà
01:28:48pour ces débats
01:28:49au Sénat
01:28:49sur la protection
01:28:50de l'enfance
01:28:50c'est la fin de cette émission
01:28:52n'hésitez pas
01:28:53à lire les décryptages
01:28:54de la rédaction
01:28:54et à voir les replays
01:28:55de nos émissions
01:28:56c'est sur
01:28:57publicsénat.fr
01:28:58très belle suite
01:28:58des programmes
01:28:59sur les chaînes parlementaires
01:29:02Sous-titrage Société Radio-Canada
01:29:05Générique

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