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00:00Et 14h30 à Paris, bienvenue dans votre rendez-vous derrière l'image.
00:04On prend le temps, comme chaque jour, de décrypter l'info à partir d'une photo qui fait sens.
00:09On vous parle aujourd'hui de la paix made by Trump.
00:13Vaste concept, quelle paix possible sous parrainage américain dans ce monde.
00:17C'est Cyril Payen qui va décrypter pour nous le dossier.
00:20Bonjour Cyril, vous nous avez ramené non pas une, mais quatre photos aujourd'hui.
00:24Quatre succès, c'est comme ça qu'on dit, diplomatique de Donald Trump.
00:27Oui, on fait envie.
00:28C'est comme ça qu'ils sont vendus.
00:29Effectivement, tout va de si vite, on le sait avec Donald Trump, qu'aujourd'hui on a un petit peu changé cette règle de derrière l'image.
00:34Alors ce n'est pas une belle image, ce sont des promesses de paix.
00:38Donc on va vous montrer ce qu'on appelle un quadriptyque, comme son nom l'indique.
00:44C'est quatre images qui illustrent des plans de paix de, selon Trump, vous le disiez,
00:50lui qui se targue d'avoir réglé tellement de conflits dans le monde depuis son retour, début 2025, à la Maison-Blanche.
00:59Donc cette photo, elle représente aussi cette surconsommation d'images, de cultes, de la personnalité, de réseaux sociaux qui est illustrée par cette nouvelle présidence Trump américaine.
01:11Donc elle nous emmènera évidemment au Proche-Orient, mais aussi en Afrique et puis en Asie du Sud-Est.
01:16Le président américain ratisse large, mais au-delà de cette petite allusion à ce quadriptyque, à ces réseaux sociaux,
01:23ce n'est pas une photo qu'on vous montre aujourd'hui, c'est plutôt un trompe-l'œil, un trompe-l'œil de cette méthode américaine.
01:30Le trompe-l'œil, qui je le rappelle, ça ressemble à la réalité, mais ce n'est pas la réalité.
01:35C'est une sorte de miroir sans teint des nouvelles relations internationales, imaginées par Donald Trump sur fond de relations musclées, très court-termistes, on va le voir dans cette chronique.
01:47Et puis aussi ce rapport de force, très très ancré dans son rapport à autrui avec lui au milieu.
01:52Alors le mieux, c'est quand même que ce soit Donald Trump qui va en parler pour et par lui-même.
01:58Je vous propose de revenir à son allocution de septembre dernier, c'était au Conseil de sécurité tout de même de l'ONU,
02:04où là, il va annoncer évidemment qu'il est un grand faiseur de paix, qu'il est d'ailleurs, et il devrait selon lui être titulaire du prix Nobel de la paix,
02:12il faudrait inventer un prix Nobel de la presque paix, là peut-être qu'il pourrait être éligible.
02:16On l'écoute, c'était en septembre à New York.
02:17Ce sont des guerres sanglantes qui tuaient des milliers et des milliers de personnes,
02:24notamment le Cambodge, la Thaïlande, le Kosovo et la Serbie, le Congo et le Rwanda.
02:32C'était une guerre, mais extrêmement violente.
02:35Le Pakistan et l'Inde, Israël et l'Iran, l'Égypte et l'Éthiopie, et l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
02:46Tous ces pays étaient concernés.
02:47Aucun président, aucun Premier ministre, et à dire aucun pays au monde n'avait jamais fait une chose pareille.
02:55Et je l'ai fait en l'espace de sept mois seulement.
02:58C'est du jamais vu, du jamais vu.
03:01L'usage du passé pour parler de ces guerres est assez intéressant.
03:04On va commencer par prendre photos, par photos les unes après les autres.
03:08On va commencer évidemment par le conflit au Proche-Orient, avec ces accords annoncés en grande pompe à Gaza.
03:15On paraphrase le président américain à l'ONU.
03:17Du jamais vu, du jamais vu, a-t-il martelé.
03:20Et quand il scelle, c'est cette photo qu'il y a eu en Turquie, sur les accords qui ont mené au cessez-le-feu du 10 octobre dernier.
03:29On va revenir.
03:29Mais s'il avait annoncé, je le cite de mémoire, cette aube historique pour le Proche-Orient.
03:34On n'a pas peur d'utiliser les mots importants.
03:35Et il a même ajouté, c'est la première fois en 3000 ans que le LAP a été rapporté dans cette région du monde.
03:44Alors dans les faits, le problème, c'est les faits avec le président américain.
03:47Il a forcé ce deal.
03:49D'ailleurs, ça renvoie aussi, d'une certaine manière, à une action face à une forme d'inaction de ses prédécesseurs.
03:55Ça, on y reviendra.
03:56Mais il faut quand même lui rendre grâce sur cet effet.
03:59Le problème, c'est le 10 octobre, donc ce deuxième grand cessez-le-feu à Gaza.
04:03On connaît la situation à Gaza.
04:05Et depuis le 10 octobre, aujourd'hui, nous sommes en décembre.
04:07400 morts depuis ce cessez-le-feu.
04:09Donc parle-t-on de nouvelles formes de guerre ou d'un véritable cessez-le-feu ?
04:1458% de la bande de Gaza est occupée par l'armée israélienne.
04:19Et le désarmement du Hamas, qui faisait partie de ces accords, est très, très, très, très loin.
04:24Évidemment, quitte de la force internationale qui avait été avancée par ce mail de Donald Trump
04:29lors de ces accords scellés le 10 octobre dernier,
04:32ou d'un gouvernement de transition, issu de la société civile palestinienne, tout cela.
04:37Évidemment, on en est très loin.
04:39Et c'est évidemment dans ces détails que le diable des accords de Donald Trump se loge,
04:46puisque cet accord est prévu en 20 points et qu'on n'est même pas au deuxième point.
04:50Et qu'in fine, on n'a pas le sentiment, franchement, que ça puisse vraiment l'intéresser.
04:55Lui, ce qui l'intéresse, c'est le chiffre.
04:57Et donc, cette guerre au Proche-Orient, qui l'avait réglée, est très symptomatique de cette méthode Trump.
05:04Malheureusement, hélas, effectivement, du côté israélien, pratiquement tous les otages,
05:08enfin, en tout cas, tous les otages vivants ont été rendus.
05:10Mais il n'y a pas d'avenir tangible pour les Palestiniens de Gaza.
05:14Et au-delà, puisque je rappelle que 95% des 2,3 millions de Gazaouis vivent dans 150 km²,
05:22une toute petite poche, la plus haute, la plus forte densité humaine du monde.
05:25Et ça fait partie de ça aussi, ces détails, avec un avenir extrêmement sombre.
05:30Donc ça, c'est le Proche-Orient.
05:32Voilà, donc la paix qui n'est évidemment pas concrétisée.
05:35On voit évidemment ces dépouilles ramenées à la morgue.
05:38On va peut-être se rendre en Afrique, maintenant, les mêmes effets d'annonce et le même succès à la Trump, finalement.
05:45Oui, puis là, le temps va aussi extrêmement vite.
05:47C'était ces accords qui réunissent le Rwanda et la République démocratique du Congo.
05:54L'encre est encore même pas sèche, si je puis dire,
05:58puisque ça a été forcé en juin dernier par l'administration américaine,
06:02entre le président Kagame et le président Shishé Kedi,
06:05validé il y a quelques jours à Washington.
06:09Et voilà que cette guerre très lointaine dans son continent africain,
06:12où le président américain aimerait bien que cette fameuse Pax Americana 2.0,
06:16c'est en fait comment être le gendarme du monde.
06:19De sa méthode, voici cette photo qui a été jugée comme un accord absolument historique,
06:23l'accord de Washington.
06:25Eh bien, sur la réalité, effectivement, c'est extrêmement difficile.
06:28D'abord parce que le président Rwanda a pour l'habitude,
06:31et puis il suffisait d'avoir de background du diplomatique
06:34pour savoir que le président Rwandais, il parle et il attaque,
06:37il parle et il fait la guerre, c'est pas du tout un problème pour lui,
06:40et que la principale milice concernée, le M23, ne faisait pas partie de ces accords.
06:44Donc ça rejoint toujours ces manières de faire assez court-termistes.
06:49Et là, maintenant, au moment où on parle, c'est depuis quelques jours,
06:52c'est carrément un risque d'embrasement régional qui menace cette région des Grands Lacs.
06:55Donc effectivement, pas de son de cloche de la part de Donald Trump.
06:58Son administration est extrêmement inquiète,
07:00mais on sent évidemment qu'une fois de plus, on a été beaucoup, beaucoup, beaucoup trop vite.
07:03Et puisqu'il y en a pour presque tous les continents, cette paix à la Trump,
07:08on va se rendre maintenant en Asie du Sud-Est.
07:09On en a beaucoup parlé sur cette antenne, à vos côtés notamment, Cyril,
07:13la situation entre la Thaïlande et le Cambodge.
07:16Effectivement, mais là aussi.
07:17Et alors là, c'est un temps qui s'accélère d'autant plus,
07:20puisqu'on est déjà à un deuxième accord de paix.
07:22Vous allez voir la première image qui était en Malaisie,
07:26en marge d'un sommet à Kuala Lumpur, en Asie du Sud-Est.
07:31C'est un des premiers voyages dans cette région hautement stratégique
07:35et convoité par les Etats-Unis, qui est l'Asie-Pacifique.
07:38Donc il est en Malaisie, il signe cet accord,
07:39alors qu'en juillet, ce très ancien conflit,
07:42alors là, on est bien plus ancien encore que le conflit rwandais et congolais.
07:46C'est un conflit qui émane de la décolonisation il y a plus de 150 ans,
07:50un conflit territorial entre le Cambodge et la Thaïlande.
07:54Donald Trump fait cette paix.
07:56Quelques semaines plus tard, la Thaïlande dénonce ce cessez-le-feu.
07:58Les combats reprennent et aujourd'hui, on est en plein dedans,
08:00puisqu'au moment où on parle, l'aviation, ce sont des F-16 américains
08:03vendus par l'Amérique aux Thaïlandais, ont bombardé la province de Siem Reap.
08:08C'est-à-dire, c'est au nord, très à l'intérieur du territoire cambodgien.
08:12Et on ne compte plus des centaines de milliers de déplacés des deux côtés.
08:16Et ce qui est intéressant, c'est que vous avez cette image,
08:18qui est l'image toujours surexposée du président américain faiseur de paix.
08:22Et il a refait la paix vendredi dernier,
08:24alors qu'on était dans une sorte de du brise des deux côtés de bombardement.
08:28Donc vendredi dernier, il y a une autre image, c'est sur les réseaux sociaux,
08:31où il dit, ça y est, c'est de retour, back to peace, en anglais,
08:34je vais essayer de traduire, en français, c'est retour à la paix.
08:37C'était vendredi dernier, quelques heures plus tard,
08:40les bombardements reprenaient de plus belle.
08:42Personne ne croit vraiment, en fait, in fine, et c'est ça.
08:44L'idée ne croit vraiment à ces accords de paix lancés ou initiés par Donald Trump,
08:49puisque, effectivement, tout cela est extrêmement emprunt de superficialité.
08:53Et je suis poli.
08:54Alors, il nous manque évidemment l'Ukraine, le dossier ukrainien,
08:57qui est peut-être un peu plus coriace,
08:59parce qu'on voit, malgré des discussions en cascade,
09:02il y avait encore une délégation américaine
09:04qui rencontrait le président Zelensky à Berlin ce matin.
09:07On voit quand même que là, c'est un peu plus compliqué à instaurer,
09:10mais on ne doute pas qu'il va réussir à annoncer quelque chose.
09:12Il va annoncer quelque chose, parce que c'est ça son but,
09:14c'est de faire cette photo sur les réseaux sociaux.
09:15Le problème, c'est qu'il patine, il n'y arrive pas.
09:18Et puis, il s'en mêle un peu, je dirais, les pinceaux diplomatiques,
09:21puisque là, effectivement, la guerre ne date pas d'hier.
09:24C'est une guerre qui est aux portes de l'Europe,
09:26qui implique, on en parle abondamment sur cette antenne,
09:28les systèmes anciens de défense de l'Europe,
09:31les relations entre les États-Unis et l'Europe.
09:34Et là, on est complètement dans sa campagne électorale,
09:36et on est complètement dans sa manière de penser.
09:39Et il se heurte, effectivement, au refus de cet homme
09:42qui incarne la résistance ukrainienne depuis 4 ans,
09:47et qui n'entend pas plier,
09:49puisque là, les envoyés spéciaux de Donald Trump,
09:52qu'il utilise un peu partout, Steve Witkoff, son gendre,
09:56Jared Kushner pour le Proche-Orient,
09:57mais maintenant aussi, qui est envoyé sur la question du conflit
10:00entre la Russie et l'Ukraine,
10:02ne sont pas des spécialistes de la diplomatie,
10:03et se laissent souvent retourner concrètement sur l'affaire de la relation
10:08entre l'administration américaine, la nouvelle administration américaine
10:10et l'administration russe.
10:12On voit bien que les plans de paix, les cessez-le-feu qui sont présentés
10:16ne sont finalement que des copies fournies,
10:18et ça a été documenté par l'administration de Vladimir Poutine.
10:22Donc là aussi, face à des administrations, des gouvernements,
10:26des diplomates rompus à cet exercice depuis de très nombreuses années,
10:30avec une grande volonté hégémonique,
10:33la réalité de la diplomatie de Trump se heurte face à cette réalité
10:41et puis fait très largement long feu.
10:44Merci beaucoup Cyril Payen.
10:45C'était derrière l'image, la chronique pour décrypter l'info
10:49à partir de clichés qui font parler s'ils ne font pas sens.
10:54Quatre images aujourd'hui.
10:56Merci à vous Cyril.
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