- il y a 7 semaines
Le 18 décembre, lors du Conseil européen à Bruxelles, les 27 devraient donner leur feu vert à l'accord commercial avec le Mercosur. Prise en étau entre les droits de douane américains et la Chine, l'Union européenne cherche de nouveaux débouchés pour son industrie et son agriculture. Mais certains pays, comme la France, craignent un dumping sur les prix et sur les normes environnementales. Alors l'accord avec le Mercosur est-il un bon deal pour l'UE ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans « Ici l'Europe », avec les eurodéputés Saskia Bricmont (Les Verts/ALE, Belgique) et Charles Goerens (Renew, Luxembourg). En première partie : Caroline de Camaret reçoit le Président de la Roumanie, Nicusor Dan. En seconde partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Saskia Bricmont (Les Verts/ALE, Belgique) et Charles Goerens (Renew, Luxembourg). Année de Production :
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21Alors nous allons vous proposer dans quelques minutes dans notre partie débat, un débat sur le Mercosur,
00:26grand accord avec l'Amérique latine. Mais tout de suite, nous avons le plaisir d'être installés au cercle interallié à quelques mètres de l'Élysée
00:35pour parler du flanc est de l'Union européenne, car nous avons aujourd'hui le plaisir de recevoir le président de la Roumanie,
00:42Miku Chordane. Bonjour, merci d'être avec nous, Monsieur le Président.
00:47Je rappelle que vous avez étudié les mathématiques, y compris à l'école normale supérieure française qui explique votre bon français.
00:54On la verra.
00:55On verra. Vous avez été élu président en mai dernier avec 53,6% des suffrages face à un candidat d'extrême droite,
01:05Georges Simion, avec un programme que vous aviez donc indépendant et anti-corruption.
01:12Une présidence qui soulage à ce moment-là l'Union européenne et l'Ukraine voisines.
01:17La précédente élection avait d'ailleurs été annulée. C'était une première en Europe. Est-ce que vous jugez avec le recul que vous avez bien fait,
01:26que cette annulation était justifiée ?
01:28Sans doute. Sans doute. C'est-à-dire, on peut dire maintenant très franchement qu'on a eu une campagne de désinformation russe
01:38qui a commencé il y a dix ans, donc juste après Crimée. Et donc, on n'a pas fait... Les autorités roumaines n'ont pas fait beaucoup d'attention.
01:51On l'a pensé mineure. Mais il y avait une technologie très sophistiquée qui s'était mise dans les dernières deux, trois, quatre semaines
02:04avant les élections de l'année dernière. Dans le moment où la Cour constitutionnelle a annulé les élections,
02:12on n'avait pas toutes les informations. Mais maintenant, on peut dire sûrement qu'il y avait une influence russe, d'une part.
02:20Et d'autre part, que les règles de financement de la campagne électorale n'ont été pas bien respectées d'une manière très, très grossière.
02:28Nikou Chordane, la Roumanie, c'est 19 millions d'habitants qui ont connu une progression de 134% de leur pouvoir d'achat moyen en 20 ans.
02:37C'est la plus importante en Europe. Mais elle n'est pas uniforme. D'ailleurs, aujourd'hui, le déficit de votre pays atteint 9%.
02:43C'est trois fois la limite des 3% autorisés par les règles de l'Union européenne. Une inflation record aussi.
02:48Vous devez prendre des mesures d'austérité sur cette année et la prochaine. Et donc, un mécontentement ?
02:55Oui. Tout d'abord, le déficit de cette année sera 8,4%. On a déjà pris ces mesures difficiles.
03:05Ces mesures difficiles, on met l'inflation à 10%. Ces mesures seront prises également pour l'année prochaine.
03:12Donc, il n'y aura pas de mesures supplémentaires que les gens ne savent pas encore.
03:19Et l'année prochaine, on sera entre 6 et 6,5%. Donc, on se rapproche de ces 3%.
03:28C'est vrai que c'était difficile, mais on n'a pas eu vraiment d'alternative parce qu'on a une dette publique.
03:38Et c'est très important de donner le signal de l'investisseur, des fonds d'investissement, des banques, tout cela, que la Roumanie va régler son déficit.
03:49Mais vous ne pouvez pas, par exemple, rejoindre la zone euro, comme c'est le cas de la Bulgarie, au 1er janvier. Est-ce que ça vous regrettez ?
03:56Non. Pour l'instant, la Roumanie, on est dans la bonne trajectoire pour être dans l'OCDE l'année prochaine.
04:05Donc, ce qui est important pour nous, c'est d'avoir de l'investissement étranger qui vient.
04:10Et je pense qu'on est bien placé. Après réduire le déficit de l'OCDE, 3, donner une prédictibilité fiscale, je pense que ça va se passer.
04:23Alors, le pays voisin à la Bulgarie connaît en ce moment même, d'ailleurs, de grandes manifestations anticorruption.
04:30Vous avez fait campagne sur ce thème de la corruption. Est-ce que vous avez le sentiment d'être en train de remporter cette lutte contre ce mal qui gangrène l'Est de l'Europe ?
04:39Et votre pays, la Roumanie en particulier ?
04:41La corruption en Roumanie a beaucoup de niveaux. Au niveau bas, petite administration, au niveau haut.
04:51Pour y lutter, on doit avoir des mesures qui soient administratives au niveau des procureurs, au niveau du système de justice, pour que les procès ne durent pas assez long qu'ils durent maintenant.
05:07Et au niveau législatif. Il y a la volonté, mais ça va durer, cette lutte contre la corruption.
05:15Alors, Nikou Chordane, comme toutes les semaines, je vous propose de regarder quelques informations européennes.
05:20C'est l'Europe en bref, proposée par Isabelle Romero.
05:24Après des semaines de manifestations de masse pour dénoncer la corruption dans l'appareil de l'État, le Premier ministre bulgare, Rosenzeliakoff, a jeté l'éponge.
05:36Nous devons être à la hauteur des exigences des citoyens. Et leur exigence, c'est la démission du gouvernement.
05:41Le gouvernement avait tenté de faire adopter en procédure accélérée le budget 2026, incluant des hausses d'impôts controversées.
05:49Le premier est libellé en euros. Ce petit pays des Balkans, le plus pauvre de l'Union européenne, s'apprête à introduire la monnaie unique le 1er janvier 2026.
05:59Les pays de l'UE ont approuvé un net durcissement de leur politique migratoire.
06:03Il prévoit d'expulser les migrants irréguliers vers des hubs de retour situés dans des pays en dehors de l'UE,
06:08dont ces migrants ne sont pas originaires, mais que l'Europe considère comme sûrs.
06:14Et aussi de sanctionner plus durement ces étrangers refusant de quitter le territoire européen.
06:19Magnus Brunner, commissaire européen aux migrations.
06:22Il est important de montrer aux citoyens que nous reprenons le contrôle de la situation et que nous remettons de l'ordre dans la maison européenne.
06:32Ce plan approuvé par l'extrême droite et la droite au Parlement européen est rejeté par la gauche
06:37et plusieurs ONG au nom des droits humains.
06:41Victoire pour les pro-européens en Roumanie avec l'élection du libéral Ciprian Tchoukou.
06:47Il l'emporte face à l'extrême droite de l'Alliance pour l'unité des Roumains.
06:51Ciprian Tchoukou a remplacé l'ancien maire Nikou Sordane,
06:55devenu président du pays suite à un scrutin annulé pour des soupçons d'ingérence russe.
07:00Nikou Sordane, vous étiez maire de Bucarest, je le rappelle, jusqu'à votre élection présidentielle.
07:08Le 7 décembre dernier, c'est le libéral Ciprian Tchoukou qui a été élu maire de la capitale.
07:13Une victoire qui renforce la position du premier ministre roumain à la tête d'une fragile coalition pro-européenne,
07:21alors que l'extrême droite ambitionnait de diriger la capitale.
07:25D'ailleurs, elle est très haute encore, cette extrême droite.
07:27Comment vous l'expliquez dans votre pays, la Roumanie ?
07:29C'est vrai, on a un parti qui est anti-européen et même pro-russe.
07:35Dans le parlement, avec deux autres partis, ils sont à 35%, dans les sondages ils sont à 40%.
07:42Mais les gens qui votent ces partis ne sont pas forcément ni anti-européens ni pro-russe.
07:50Ils se sentent abandonnés par les politiques des partis classiques qui sont pro-européens.
07:57C'est cette confiance qu'on doit regagner dans les prochaines années.
08:01Regardons un chiffre révélateur.
08:03SAFE, c'est l'instrument de l'Union européenne de prêt à prix compétitif pour le secteur de la défense.
08:10Et vous avez obtenu 16,7 milliards d'euros de SAFE.
08:14C'est le deuxième pays après la Pologne et presque au même niveau que la France.
08:18Vous augmentez vos défenses militaires à toute vitesse.
08:21Ils vont passer de 2,2% en 2024 à 2,5% du PIB en 2025.
08:28Vous craignez quoi ? Une confrontation directe avec la Russie ?
08:32Non, non, mais on doit transmettre aux Russes le fait, comme tous les pays d'Europe, on doit transmettre qu'on est prêt.
08:42Mais bien sûr, on ne veut pas avoir une guerre sur le territoire européen.
08:49Mais c'est un besoin d'affirmer, voilà, si vous voulez attaquer, on est prêt.
08:55Vous investissez dans quoi d'ailleurs ? Des armes américaines, justement, ou européennes ?
09:00Est-ce que vous êtes sur le sol français ? Vous avez acheté un certain nombre d'armes françaises.
09:04Est-ce que le tournant pris par l'Amérique de Donald Trump vous fait réfléchir ?
09:09Oui, donc il y a des contrats américains qui sont jusqu'en 2030, même 2032-33.
09:18Donc je pense qu'on a fait ce que tous les pays d'Europe ont fait.
09:22Et la question de défense, c'était une question comme les autres, comme la santé, c'était une question comme les autres.
09:29Maintenant, avec le contexte géopolitique qu'on vit maintenant, on doit premièrement dire,
09:38on doit agir ensemble en Europe pour être capable, dans un intervalle le plus court possible,
09:44de se défendre nous-mêmes.
09:46Et on doit, en faisant cet effort, stimuler notre économie de défense européenne.
09:56C'est ce que le programme SAFE le fait.
09:59Et si on parle de la France, on a déjà signé, et ça va être partie du SAFE,
10:06c'est le contrat avec Mistral.
10:09Et il y aura des hélicoptères, et probablement, on verra, mais Airbus a une bonne chance.
10:16Donc il y a Thales déjà à Roumanie, et ils ont également des chances pour avoir quelques contrats.
10:23Donc, mais de toute manière, pour le SAFE, on va tourner vers l'Europe.
10:27L'Ukraine est toujours sous pression très forte, jour après jour, des attaques et des drones russes.
10:35Ils se voient proposer, les Ukrainiens, une paix, les amputant de certains territoires.
10:40Le Donbass, par exemple, sans garantie sérieuse.
10:43Ils ont le sentiment parfois que Russes et Américains s'allient pour les faire capituler,
10:48et ils sont en mode panique.
10:50Est-ce que vous le comprenez et vous l'entendez ?
10:51Bien sûr, c'est ce qui se passe à l'Ukraine.
10:55C'est un changement terrible pour l'Europe, après 80 ans de paix et de stabilité.
11:05C'est terrible pour les peuples ukrainiens.
11:09C'est une menace pour nous, parce que l'Ukraine est un bon voisin.
11:15Pour l'instant, ce qu'on doit faire, parce que c'est une question qui tient de notre propre sécurité européenne,
11:27on doit continuer à aider l'Ukraine, c'est-à-dire transmettre aux Russes le message
11:35« On sera prêt à aider l'Ukraine à long terme »
11:40et mettre l'Ukraine dans cette négociation dans la bonne position,
11:47c'est-à-dire avoir au moins de la part de l'Europe un support inconditionnel sur la question financière.
11:57Nikou Shordan, la nouvelle doctrine américaine, salue la montée en puissance de partis européens patriotiques.
12:04située à l'extrême droite de l'échiquier politique en Europe,
12:08susceptible de cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l'Europe.
12:12Votre réaction ?
12:13Il y a deux choses importantes dans cette doctrine qui concerne l'Europe.
12:19L'une, c'est la sécurité.
12:21Et ici, ce n'est pas une surprise, parce que depuis le premier mandat de Donald Trump,
12:26il a dit qu'il va diriger leur politique externe vers le Pacifique.
12:31Et deuxièmement, sur cette question idéologique,
12:36ils veulent en quelque sorte influencer une idéologie comparable en Europe avec celle américaine.
12:46C'est la volonté de l'administration américaine.
12:50Maintenant, dès la partie de l'Europe,
12:54on doit bien sûr, sur la question idéologique, avoir notre propre débat.
12:58Et ici, je pense que ça, c'est une des faiblesses de l'Union européenne,
13:05le fait qu'on a beaucoup de débats à l'intérieur de notre pays.
13:10Mais ce débat ne se transpose pas au débat au niveau européen.
13:16Donc, il y a le sentiment pour les citoyens européens qu'il y a des décisions dont ils ne sont pas partis.
13:24Et sans doute, au niveau européen, on doit corriger cela.
13:28Pour l'Europe, pour les États-Unis, je pense qu'il y a un intérêt,
13:32qu'il y ait une relation transatlantique.
13:36Et je suis très optimiste que cette relation va continuer.
13:39L'Union européenne qui a infligé une amende de 120 millions d'euros à X,
13:45le réseau social des non-mux,
13:47qui a provoqué cette phrase du mania,
13:50« L'Union européenne devrait être abolie ».
13:53Commentaire ?
13:54Bien sûr, on est en politique, même internationale,
13:58il y a des tensions.
13:59Mais ce qui est important, c'est qu'on a des différences sur beaucoup de choses.
14:05Mais sur les valeurs, les États-Unis ont besoin d'Europe.
14:12L'Europe a besoin des États-Unis.
14:15Si on regarde de loin, on verra que nos valeurs sont très proches.
14:21Les réseaux sociaux sont monopolistiques.
14:25Ils sont américains essentiellement, chinois aussi.
14:28Vous avez, dans la présidentielle roumaine, souffert justement des désinformations sur ces réseaux sociaux.
14:34Est-ce qu'on a le droit de les encadrer ?
14:36Est-ce qu'on a le droit de continuer à les encadrer malgré ces remarques acerbes des milliardaires qui les possèdent ?
14:42Bien sûr, bien sûr.
14:45On doit défendre nos démocraties, bien sûr.
14:47Et sur la démocratie européenne, on doit décider.
14:51On a derrière nous le vote des citoyens roumains et européens.
14:57Et on doit, pour préserver la démocratie dans nos pays, s'il y a des menaces qui viennent par les réseaux sociaux, on doit actionner.
15:07Monsieur le Président, sous pression du Danemark qui préside pour le Conseil de l'Union européenne,
15:12les pays de l'Union européenne approuvent un durcissement de la politique migratoire
15:16en ouvrant la voie justement à l'envoi de migrants dans des centres de rétention extérieurs à l'Union européenne.
15:24L'Union européenne se referme ?
15:26Ici également, il y a un débat dans nos sociétés et on doit avoir le bon équilibre entre les droits de l'homme
15:38pour les gens qui ont des problèmes dans leur pays d'origine et la capacité de nos sociétés d'offrir des conditions aux étrangers.
15:53Donc il y a un équilibre qu'on doit garder et la Roumanie est prête pour avoir ce débat à l'intérieur de l'Union européenne.
16:02Vous êtes optimiste sur 2026, l'avenir de l'Union européenne ?
16:07Je suis optimiste pour la Roumanie, je suis optimiste pour l'Union européenne.
16:13Quand un dirigeant roumain voulait présenter à un public une mesure qui ne plaisait pas au public,
16:23il disait « je ne veux pas, mais vous savez, c'est l'Europe ».
16:28Je pense qu'on a transmis aux non-citoyens que l'Europe, ce n'est pas vraiment eux et ça doit cesser.
16:37On est dans un contexte géopolitique qui est extrêmement compliqué, géopolitique économique.
16:44Dans ce moment, on ne peut pas, si tu es petit, tu ne vas pas résister.
16:49Donc on doit renforcer l'Union européenne et pour cela, on a besoin des citoyens.
16:57Et pour avoir les citoyens, on doit les mettre à l'intérieur du débat.
17:05Nico Chordane, merci d'avoir été notre invité, monsieur le président de Roumanie.
17:09On continue avec la question de l'Union européenne.
17:12Doit-elle adopter ou non le fameux traité avec le Mercosur, les pays d'Amérique latine ?
17:18C'est notre débat, tout de suite avec les chaînes parlementaires.
17:25Bienvenue à Bruxelles, au Parlement européen,
17:28où l'on mangera peut-être bientôt du bœuf argentin à la cantine.
17:32Les 27 s'apprêtent en effet à donner leur feu vert à l'accord commercial avec les pays du Mercosur.
17:38Le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et l'Argentine, donc.
17:42C'est un marché de 270 millions d'habitants qui s'ouvrirait ainsi à l'Union européenne
17:47avec des droits de douane réduits.
17:49Selon les estimations, l'accord pourrait accroître les exportations annuelles de l'UE
17:53vers le Mercosur de près de 40% pour atteindre 49 milliards d'euros par an
17:58et soutenir ainsi plus de 440 000 emplois dans toute l'Europe.
18:02Oui, mais l'Union européenne, sous la pression des droits de douane américains et chinois,
18:07cherchent en effet de nouveaux débouchés pour son industrie, son agriculture.
18:12Et certains pays comme la France craignent un dumping environnemental
18:16et l'importation de produits traités aux pesticides interdits dans l'Union européenne.
18:22Les agriculteurs en particulier redoutent une concurrence déloyale sur les prix
18:26et promettent de grandes manifestations autour du sommet du 18 décembre à Bruxelles.
18:31La Commission européenne assure de son côté qu'elle multipliera les contrôles
18:36et les clauses de sauvegarde.
18:38Alors, l'accord avec le Mercosur est-il un bon deal pour l'UE ?
18:43Nous allons poser la question à nos invités.
18:45Saskia Bricmont, bonjour.
18:46Bonjour.
18:47Eurodéputé belge, vous siégez au sein du groupe des Verts ici au Parlement européen.
18:51Et puis Charles Gerhens, bonjour.
18:53Bonjour.
18:53Vous êtes luxembourgeois membre, vous du groupe Renew ici au Parlement, au centre de l'hémicycle.
18:58Charles Gerhens, on entend beaucoup dire que c'est le moment d'élargir les horizons
19:03de nos partenaires commerciaux au moment où l'Europe est prise en étau
19:06entre la Chine et les États-Unis, de plus en plus protectionnistes.
19:10C'est une nécessité dans le moment que nous vivons, cet accord ?
19:12Bien entendu, vous avez raison de souligner que l'Union européenne, je dirais avec mes mots,
19:17est laminée entre le dumping chinois et le protectionnisme américain.
19:20C'est la raison pour laquelle nous devons diversifier nos canaux d'échange.
19:25Je rappelle au passage, et c'est Draghi qui nous l'a écrit dans son rapport sur la compétitivité,
19:31que l'Union européenne est tributaire plus que quiconque de l'ouverture des marchés.
19:38La Chine dépend à raison de à peu près 45% de l'ouverture des marchés pour ce qui est de ses produits,
19:45de sa production nationale, les Américains 27% et l'Union européenne plus de 50%.
19:51Donc c'est vous dire que lorsque le moteur transatlantique tombe en panne, il faut chercher d'autres voies.
19:58Donc la génération d'accords qu'a conclu l'Union européenne avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande,
20:03le Japon, le Canada, la Corée du Sud, ils sont promoteurs.
20:08Si on n'avait pas ça, on serait encore dans une situation bien pire que ce n'est le cas à l'heure actuelle.
20:13Alors, Sassia, vous entendez ce plaidoyer à l'heure où Donald Trump a imposé des droits de douane
20:19et continue d'ailleurs à menacer régulièrement de droits de douane pour de nouveaux débouchés,
20:25peut-être même de nouveaux alliés géopolitiques en Amérique du Sud.
20:29On ne doit pas attendre l'administration Trump pour agir au niveau européen.
20:34Et ça fait des décennies que l'Union européenne a cette politique de libre-échange.
20:37Et entre-temps, on a le recul nécessaire aussi pour constater les effets positifs pour certains secteurs,
20:43mais aussi extrêmement impactants pour d'autres, notamment l'environnement, la santé,
20:47l'utilisation massive de pesticides dans des pays qui importent ensuite les produits en Europe.
20:52Et il faut qu'on se pose la question du modèle, en fait.
20:54Et pour les Verts, on a toujours été très clair sur le fait qu'il faut des partenariats mondiaux,
20:59mais respecter aussi des règles de commerce équitables.
21:01Équitable, ça veut dire quoi ?
21:02Équitable en matière de revenus, qu'ils soient justes, qu'ils soient durables,
21:05tant pour nos pays partenaires et leur population, qu'en Europe ici.
21:10Et conclure des accords tout azimut de libre-échange pour se positionner dans le monde
21:13et faire concurrence finalement, ou essayer de faire concurrence aux Chinois, aux Américains,
21:17pour moi n'est pas la bonne solution.
21:19Tout azimut, il est négocié depuis de très nombreuses années.
21:22Ça fait 25 ans que ce deal est en négociation.
21:25On ne le découvre pas depuis hier.
21:27Effectivement, on ne le découvre pas depuis hier.
21:28Et c'est justement une partie des éléments qu'on dénonce dans cet accord.
21:32C'est qu'il est négocié sur base d'un mandat d'il y a plus de 25 ans maintenant,
21:37qui ne répond pas aux enjeux, notamment climatiques.
21:39Mais il faut aussi que l'Union européenne assume de protéger son marché.
21:42Parce qu'aujourd'hui, la politique d'ouverture des marchés tout azimut,
21:46qu'on connaît depuis des décennies, a des impacts négatifs pour notre agriculture,
21:50mais aussi pour nos commerces, avec une concurrence déloyale de plus en plus forte,
21:54notamment de la part de la Chine et des États-Unis.
21:56Ouverture des marchés, justement, effectivement, au cœur de cet accord,
21:59Charles Goren, s'il y a des suppressions de droits de douane,
22:0191% des droits de douane sur une série de produits seraient supprimés avec les pays du Mercosur.
22:07On parle des voitures, des machines-outils, du vin aussi, du fromage,
22:12qui étaient apparemment fortement taxés, plus de 20% la plupart du temps.
22:15Est-ce que ça va représenter un vrai boost de croissance ?
22:18C'est ce que dit la Commission européenne.
22:20Alors, je vous dirais que cet accord est à la fois une partie de la solution
22:23et une petite partie du problème.
22:26La partie de la solution consiste à accepter que les produits d'appellation d'origine protégés
22:33sont protégés, respectés par les pays du Mercosur.
22:38Donc ça, c'est une grande avancée.
22:40Donc les pays les plus sophistiqués, les plus transformés,
22:45vont avoir une réelle chance d'être reconnus dans ces pays.
22:48Donc ça, ça va être un boost pour la production européenne.
22:52Par contre, la viande, bien entendu, en revanche,
22:55elle va grever sur le prix de la viande en Europe.
22:59Ce qu'il faut voir là-dedans, c'est l'impact de tous les accords commerciaux dans leur ensemble.
23:05Il y a le Canada qui exporte la viande bovine vers l'Europe.
23:08Il y a les États-Unis, il y a maintenant les pays du Mercosur qui exportent déjà.
23:13Ça va augmenter.
23:14Mais on a essayé de limiter la casse en acceptant des quotas.
23:19Donc ce qui va au-delà des quotas va continuer à être exploité.
23:23Et de plus, on a des mesures de sauvegarde qui nous permettent de réagir,
23:29de réagir dès lors qu'il y a une fluctuation de prix
23:31qui pourrait être préjudiciable aux producteurs européens.
23:34Alors, on va parler de ces quotas, mais revenons quand même sur cette idée de la Commission européenne
23:39de points de croissance en plus de 440 000 emplois soutenus dans l'Union européenne
23:43grâce à cet accord selon elle.
23:46On accuse les écologistes de manquer de réalisme sur ce dossier
23:49et de risquer de manquer une occasion historique d'avoir des bas prix pour les consommateurs,
23:54un peu plus bas, et peut-être même plus d'emplois et de la croissance.
23:58Des prix bas au détriment de la qualité, c'est un réel problème.
24:01Au détriment de l'emploi en Europe, c'est un problème aussi.
24:03Je pense que le dogmatisme, il est de l'autre côté de ceux qui pensent que les accords de libre-échange,
24:09comme on a toujours fait depuis des décennies,
24:11et qui montrent leurs limites aussi sur le plan économique et de la dépendance.
24:15On voit bien les chantage que fait Donald Trump aux tarifs.
24:19J'augmente mes tarifs, sinon on rentre dans des guerres commerciales qui sont loin d'être saines.
24:25Je crois qu'en démultipliant ce type d'accords, on augmente non seulement nos dépendances,
24:29mais on met aussi en danger des secteurs.
24:31Alors certes, certains vont bénéficier, secteur automobile allemand, secteur pharma des produits chimiques.
24:36Avec l'hypocrisie sans pareil que l'Union européenne continue à produire des produits chimiques,
24:41des pesticides qui sont interdits chez nous pour des raisons sanitaires et environnementales,
24:45on continue à produire et qu'on va exporter vers les marchés du Mercosur, mais pas que,
24:50et réimporter via des produits transformés, via des produits issus de l'agriculture ici en Europe,
24:54et les consommer. Il faut m'expliquer où est le dogmatisme de dénoncer ça.
24:59Ce sont des questions sanitaires et environnementales qui sont cruciales.
25:04Certains secteurs vont bénéficier, mais la Commission européenne elle-même dit que
25:07c'est moins de 0,1% du PIB qui va augmenter sur une période de 10 ans.
25:12Donc l'effet bénéfique escompté est largement en deçà de tous les effets négatifs que comporte cet accord,
25:21tant pour les Européens que pour les partenaires du Mercosur.
25:23Mais je pense qu'il y a une difficulté aussi à sortir du logiciel et à penser à d'autres formes de partenariats
25:29que l'on pourrait avoir avec les pays partenaires comme ceux du Mercosur.
25:33Vous avez commencé tous les deux à parler des craintes, elles sont notamment exprimées par les agriculteurs,
25:37notamment en France. La mobilisation est très forte.
25:41illustration avec le coup de gueule de ces jeunes agriculteurs dans l'heure.
25:45On importe des produits qui ne respectent pas nos normes et donc qui arrivent à des prix cassés.
25:49Et donc on va utiliser dans la restauration hors foyer où le consommateur ne s'en apercevra même pas.
25:53On va lui cacher ça et lui donner une dorée de moindre qualité alors que nous en France,
25:57et on en est fiers, on est de plus en plus qualitatifs sur nos produits.
26:01Ça fait deux ans qu'on nous mène en bateau sur ce sujet-là et il y a un ras-le-bol général
26:06et on ne veut vraiment pas que tous ces produits soient importés.
26:11Est-ce que vous entendez Charles Guerin ce ras-le-bol et surtout cette crainte d'un abaissement de nos normes agricoles
26:18à l'occasion de la mise en place de cet accord avec le Mercosur ?
26:22Écoutez, il faut être extrêmement prudent, il faut faire en sorte que nos standards soient respectés.
26:27Il y a aussi la prudence du consommateur en face de produits importés.
26:35Il doit sur l'équitage voir d'où viennent les produits, si les produits sont faits selon nos normes.
26:40Moi, je crois aussi en la puissance du consommateur, pouvant donner une fin de non-recevoir à une exportation grand style des pays du Mercosur.
26:50Quant à l'interdiction d'importer des produits contenant des pesticides qui sont interdits chez nous,
26:57je suis d'accord avec vous, madame, mais alors il faudrait interdire tout simplement la production chez nous.
27:03Si nos standards interdisent que ces produits soient déversés sur le marché européen, je ne vois aucune justification morale
27:10pouvant expliquer pourquoi ces produits sont entre-exportés ailleurs.
27:14Ça, c'est un no-go absolu. Là, je vous rejoins.
27:18D'un autre côté, je ne crois pas tellement à la prospective qui consiste à minimiser les chances de l'Union européenne
27:29en matière d'impact sur le produit intérieur brut. Donnons une chance à cet accord.
27:35Je crois qu'il y a de réelles chances. Il y a aussi des handicaps.
27:37Et c'est la raison pour laquelle nous sommes efforcés de prendre des mesures susceptibles d'atténuer les méfaits
27:43qui pourraient résulter de la mise en application de cet accord.
27:48Alors, Saskia Brickmont, face à ces inquiétudes, la Commission brandit aussi des chiffres.
27:51Ceux des quotas, on parle des quantités qui seront importées avec des droits de douane réduits.
27:5699 000 tonnes pour la viande bovine, c'est à peu près 1,5% de la production de l'Union européenne.
28:02180 000 tonnes pour la volaille, idem pour le sucre.
28:05C'est encore trop ? Ce n'est pas suffisant pour rassurer ?
28:08Mais le problème, c'est qu'il y a aussi un effet cumulatif des traités.
28:11Donc, il y a l'accord du Mercosur, il y a aussi d'autres accords.
28:13Donc, c'est l'effet cumulatif.
28:15Et ici, c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
28:17Parce qu'effectivement, ce sont des produits qui vont être importés à des coûts potentiellement plus bas
28:21que ceux qui peuvent être pratiqués sur le marché européen.
28:23Pourquoi ? Parce que les conditions sociales et environnementales dans lesquelles ils sont produits
28:27ne sont pas les mêmes que celles qui sont imposées aux agriculteurs européens.
28:31Aujourd'hui, en Europe, on parle beaucoup de dérégulation, de déréguler parce qu'il y aurait trop de normes environnementales.
28:36Ce que j'entends de la part de nombreux agriculteurs rencontrés,
28:39notamment dans le contexte des discussions sur le Mercosur, c'est de dire, en fait, la question n'est pas là.
28:44La question est, les normes environnementales, on les met en œuvre.
28:46Parce que sur nos fermes, on fait déjà énormément d'efforts pour réduire les pesticides,
28:49pour rencontrer les objectifs climatiques, pour faire en sorte que nos terres soient plus productives
28:54et, en fait, continuent à avoir leurs fonctions premières et de restaurer la biodiversité.
28:59C'est la contribution des agriculteurs, en fait, à nos objectifs environnementaux et climatiques.
29:03Mais aujourd'hui, on leur dit quoi ?
29:04En fait, tous vos efforts vont être sapés parce qu'on va importer des produits
29:07qui ne rencontrent pas les mêmes efforts et qui vont, effectivement, rentrer sur le marché européen.
29:13Donc, il y a une question de concurrence déloyale au niveau des prix, au niveau des normes qui sont pratiquées.
29:18La réalité, aujourd'hui, montre que les contrôles ne sont déjà pas effectifs.
29:20Pour lever les doutes, les doutes à la fois des agriculteurs et un peu de la France aussi,
29:25parce qu'elle traîne un peu des pieds sur ce dossier,
29:27la Commission promet une hausse de 50% des contrôles de douane.
29:31Dans les deux ans qui viennent, de 33% des audits aux postes frontières
29:34pour vérifier que les États membres effectuent bien des inspections sur ces produits.
29:38Vous faites confiance à l'Europe pour renvoyer à l'expéditeur des denrées alimentaires
29:43qui ne correspondraient pas parfaitement à nos normes ?
29:46Ça serait quand même compliqué et même délicat, j'ai envie de dire.
29:49Mais si la Commission multiplie les contrôles, c'est déjà un pas dans la bonne direction.
29:53On ne peut pas contrôler l'importation de chaque produit.
29:56Néanmoins, il y a une réelle volonté de la part de l'Union européenne
30:00à tenir compte des soucis exprimés par les parlementaires européens.
30:05Fabric, vous n'êtes pas d'accord, je crois.
30:07Le problème, c'est que les consommateurs doivent pouvoir avoir confiance dans l'Union européenne.
30:11Et déjà aujourd'hui, pas plus tard que la semaine dernière,
30:14il y a à nouveau eu un problème de bœuf contenant des hormones,
30:18des antibiotiques qui sont interdits en Europe,
30:20qui ont été constatés, retrait du marché des produits.
30:22Donc quand les contrôles ont lieu et qu'ils sont opérationnels, c'est bien.
30:25Mais la Commission européenne reconnaît qu'il y a un manque de contrôle,
30:30un manque de traçabilité aussi des filières dans les pays concernés,
30:33donc au Brésil, en Argentine et puis aux frontières,
30:36on est incapable de tout contrôler.
30:37Donc potentiellement, c'est d'enrer, rendre sur le marché européen.
30:41Et l'objectif de l'accord, c'est de faciliter cette entrée
30:44et de diminuer les contrôles.
30:46Et donc c'est un leurre de dire on va renforcer les contrôles
30:48et il n'y a déjà pas assez de moyens.
30:49La France, la Belgique, nos pays ne mettent pas suffisamment
30:54de moyens à disposition des agences, des douanes
30:56pour assurer tous les contrôles sanitaires et phytosanitaires déjà en l'État.
31:00Donc s'il y a des volumes supplémentaires, ça ne va pas aller en s'améliorant.
31:03Pour compenser de potentiels impacts négatifs et néfastes
31:07sur les marchés agricoles et les exploitations,
31:10de cet accord avec le Mercosur,
31:12la Commission européenne a prévu une clause de sauvegarde.
31:14Le commissaire à l'agriculture nous explique le principe.
31:17Nous avons une clause de sauvegarde qui est en cours d'élaboration
31:20et qui sera efficace pour faire face aux problèmes.
31:23Si les importations dans un secteur donné augmentent par exemple de 10%
31:27et que les prix baissent de 10% en conséquence,
31:30même si un seul État membre est concerné,
31:32alors cette clause de sauvegarde interviendra.
31:34Et c'est une chose très importante.
31:39Saskia Brick-Mont, ça ne vous suffit pas comme garantie ?
31:42C'est une garantie pour répondre à la demande du président Macron,
31:46à la demande de la France pour rassurer le secteur agricole
31:50et faire en sorte que la France puisse dire
31:51« Ok, c'est bon, on valide l'accord du Mercosur ».
31:54Quand on gratte et qu'on analyse la clause de sauvegarde,
31:57ce qu'on a fait avec les syndicats agricoles,
31:59parce que ce sont eux finalement les experts du secteur,
32:01on constate que cette clause n'est pas effective.
32:04Parce que les conditions pour pouvoir actionner la clause
32:07et mener des enquêtes du côté de la Commission européenne
32:10sont telles qu'en fait, elle n'est pas opérationnelle.
32:12C'est du coup notre travail ici au Parlement européen
32:16d'amender cette clause, même si les conservateurs
32:18ne voulaient pas qu'on amende,
32:19ils voulaient qu'on la valide telle qu'elle.
32:21On est en train d'essayer de l'améliorer
32:22pour la rendre réellement effective,
32:24mais ça ne touche pas au cœur des problèmes de l'accord,
32:26ce dont on vient de parler,
32:27la réciprocité, les pesticides,
32:29les autres clauses miroirs nécessaires.
32:30Il nous reste une petite minute.
32:32L'accord doit être avalisé par les 27 chefs d'État
32:36réunis en sommet européen le 18 décembre.
32:39à la majorité qualifiée suffit.
32:41La France a acclamé longtemps son opposition au texte
32:44avant de se radoucir.
32:46Petit pronostic, est-ce que cet accord va passer ?
32:50Est-ce qu'on aura une adoption très large ?
32:53Je n'en sais rien.
32:54Moi, je dis, de mon point de vue,
32:59en ayant analysé les avantages et les inconvénients,
33:01je crois qu'on devrait donner une chance à cet accord.
33:04Je crois qu'au Parlement européen,
33:05on pourra avoir une majorité fut-elle courte
33:09et au niveau des États membres,
33:11je ne vois plus une réelle perspective
33:13pour organiser une minorité de blocage.
33:15Là où l'Union européenne est compétente,
33:19je crois qu'elle arrivera,
33:20avec le co-législateur, à antiréner cet accord.
33:23Dix secondes.
33:24Au fil des négociations,
33:26de plus en plus de députés se sont rendus compte
33:27que sur le contenu,
33:28il y avait toute une série de problèmes.
33:29Climatique, déforestation,
33:31droits des travailleurs,
33:31droits des agriculteurs,
33:33pesticides interdits,
33:34donc les normes environnementales, sociales
33:35qui ne sont pas respectées.
33:37Cette prise de conscience, elle est là.
33:38Et donc, j'appelle les collègues,
33:40mais aussi les États membres,
33:41à regarder le contenu
33:42et à voir quelles autres formes de partenariats
33:44on doit conclure
33:45avec les partenaires du bout du monde.
33:48Mais ça ne passe pas par des accords commerciaux comme ceux-là.
33:50Donc, on va continuer
33:51à défendre d'autres accords commerciaux.
33:53C'est essentiel.
33:54Merci à vous d'avoir.
33:55Mais si l'accord échoue,
33:56alors on n'aura pas de moyenne pression
33:58sur les pays du Mercosur
33:59pour respecter les dispositions de l'accord de Paris,
34:02notamment sur ce qui est de la préservation des forêts.
34:04Ce n'est pas contraignant dans l'accord.
34:06Merci à vous, en tout cas,
34:07d'avoir très bien illustré ce débat
34:08qui pourrait se poursuivre longtemps.
34:10On l'entend.
34:11Merci à vous.
34:11Merci Caroline.
34:12Et bonne suite de programmes sur nos chaînes.
34:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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