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  • 6 weeks ago
À travers la planète, des forces invisibles façonnent le monde que nous pensons déjà comprendre. Certains lieux deviennent légendaires à cause du danger qui guette juste au-delà de l'horizon, tandis que d'autres cachent leurs secrets profondément sous nos pieds. Des eaux violentes qui ont défié les marins pendant des siècles, jusqu'aux mouvements étranges à l'intérieur de la croûte terrestre que personne ne peut encore tout à fait expliquer - la planète est bien plus imprévisible qu'elle ne le paraît sur n'importe quelle carte. Que se passe-t-il lorsque la nature modifie silencieusement les règles… et que les gens commencent à s'en apercevoir ? Animation créée par Sympa.
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00:00Passer your fingers along the extreme point of the African continent, like this.
00:04This seems to be anodin gesture, isn't it?
00:08However, in the sea, it's the equivalent of the passage in the hardcore mode in a video game,
00:14without the possibility of quitting the game.
00:16All the marins who went to the beach knew that they would have faced a
00:20earthquake of storms, and the sensation constant that the ocean conspirates against them.
00:26The famous Cape de Bonne-Espérance has a strange name, but its reputation, she, is quite less.
00:33The story begins in 1488 with the Portuguese explorer Bartolomeo Dias,
00:39the first European navigator to tour the extremity of Africa.
00:43Confronted to terrifying storms which took his ships, he called this place the Cape des Tempêtes.
00:50But the king of Portugal wanted to give him a more engaging name, the Cape de Bonne-Espérance.
00:55They wanted to make a promising route for the marchands and explorators.
01:00This discovery symbolized also the hope that the European navires could be rallied
01:05l'Inde by maritime maritime.
01:06However, the marins charged to navigate they would lose the optimism that inspired this name.
01:12The Cape is located where the Atlantic Ocean and the Indian Ocean, and this, with a violence inouïe.
01:19The winds y sont feroces and changeants, like a crazy ventilator who would turn without relâches.
01:25During the summer austral, of juin to août, the fronts froids of the Atlantic s'abattent
01:30with the furious storms, accompanied by the pluies, and the waves gigantesques.
01:35At the time, for a marine, to survive this passage seemed to reveal more than a miracle
01:40than a real probability.
01:42Quant to currents, they add their parts of chaos.
01:45The cold currents of Benguela coming from the Atlantic
01:47percute the cold currents of the Aiguilles, issued of the Indian Ocean.
01:51Au lieu de se mêler paisiblement, ils engendrent un désordre titanesque,
01:55soulevant des vagues scélérates plus hautes qu'un immeuble de 10 étages.
01:59Les marins les décrivaient comme des murs d'eau surgissant soudainement pour ruiner leurs traversées.
02:04Avec la technologie moderne, on peut les éviter ou y survivre.
02:08Mais au XVIème siècle, lorsqu'un navire de bois et une prière étaient tout ce dont on disposait,
02:13une seule de ces vagues suffisait à anéantir votre périple entier.
02:17Et comme si le Cap de Bonne Espérance ne suffisait pas à semer la panique,
02:21quelques encablures plus à l'est s'étend le redoutable Cap des Aiguilles.
02:25Ce lieu marque le point le plus austral de l'Afrique,
02:28là où l'Océan Atlantique et l'Océan Indien se rejoignent officiellement.
02:32Ces eaux peu profondes recèlent récifs, rochers dissimulés
02:36et banques de sable mouvants qui piègent les navires depuis des siècles.
02:39Les marins l'ont surnommé le cimetière des navires.
02:43Et les historiens y ont recensé des centaines d'épaves,
02:46des bâtiments chargés d'or, de porcelaine ou d'épices qui n'atteignirent jamais l'Europe.
02:51Sous ces vagues reposent encore les restes de leurs coques,
02:54tel un immense avertissement murmurant.
02:56N'y songez même pas.
02:58Si l'on prend un peu de recul pour embrasser l'histoire dans son ensemble,
03:01les chiffres font frémir.
03:03Entre le 15e et le 18e siècle, durant l'âge de la voile,
03:07tant de navires sombrèrent ici que les marchands européens voyaient ce cap
03:11comme un terrifiant jeu de hasard.
03:14On pouvait amasser une fortune en rapportant soie, épices et joyaux d'Asie,
03:19ou disparaître à jamais dans les flots.
03:21C'est ainsi que les marins se racontaient des récits d'épouvante au coin du feu.
03:25Des navires fantômes errants autour du cap, des eaux maudites,
03:29et surtout la légende du hollandais volant, condamné à y errer pour l'éternité.
03:33Naviguer dans ces parages avant l'invention du GPS, des satellites ou des bulletins météo,
03:39à bord d'un vieux rafiot de bois muni d'une simple boussole et de cartes approximatives,
03:44relevaient de l'exploit.
03:46Sans port ou s'abriter, les matelots étaient livrés à eux-mêmes,
03:50comme s'ils jouaient à cache-cache en plein orage, les yeux bandés.
03:54Les historiens rapportent que nombre de ces marins intrépides
03:57furent déviés de leur trajectoire ou broyés contre des rochers qu'ils ignoraient.
04:02Puis, une idée plus sage vit le jour, creuser un raccourci.
04:06En 1869, le canal de Suez fut inauguré en Egypte,
04:10connectant la Méditerranée à la Mer Rouge.
04:13Les navires reliant l'Europe à l'Asie n'avaient de plus à défier les tempêtes du Cap.
04:18Le trajet entre la mer d'Arabie et Londres se trouva raccourci d'environ 8 850 km.
04:24Aujourd'hui, ce canal absorbe près de 12 à 15 % du commerce mondial,
04:28accueillant des millions de cargos, de conteneurs et de pétroliers,
04:32préférant cette voie sûre à l'ancienne loterie du Cap des Tempêtes.
04:36Il existe une autre zone périlleuse, moins connue, le Cap Corinth, au Mozambique.
04:41Les marins portugais du XVIe siècle le redoutaient au plus haut point,
04:45et le surnommaient « le monstre dévoreur de navires ».
04:48Son nom, qui signifie littéralement « Cap des courants »,
04:52vient de la puissance démente de ses eaux,
04:54capable de projeter les embarcations hors de leur trajectoire,
04:57et de les fracasser sur le rivage.
04:59On estime qu'environ 30% des navires portugais engagés sur la route des Indes y ont sombré.
05:05Ainsi, bien avant d'atteindre le Cap de Bonne Espérance,
05:08nombre d'entre eux étaient déjà perdus.
05:11Et il ne faut pas négliger la dimension économique.
05:14Contourner l'Afrique n'était pas seulement dangereux, c'était ruineux.
05:17Chaque jour supplémentaire en mer exigeait plus de vivres,
05:20davantage d'eau et des équipages épuisés.
05:23Les tempêtes engloutissaient des navires dont la perte équivaudrait aujourd'hui à des millions de dollars.
05:29Les compagnies d'assurance redoutaient à ces traversées,
05:32tant la probabilité d'avoir à indemniser un désastre était élevée.
05:37L'ouverture du canal de Suez ne visait donc pas uniquement à gagner du temps.
05:41Elle permettait surtout de réduire le coût de ces naufrages.
05:44Même à l'époque moderne, avec radar, prévision et GPS,
05:48franchir le Cap reste loin d'être une simple formalité.
05:52Les cargos qui tentent d'éviter les frais du canal ou ces blocages,
05:55comme lors du fameux embouteillage de 2021,
05:58affrontent encore des vagues titanesques et des tempêtes féroces.
06:02La technologie peut anticiper la météo,
06:04mais elle ne saurait empêcher l'océan de se déchaîner.
06:07Tout capitaine qui contourne le Cap sait encore aujourd'hui
06:10qu'il traverse l'une des zones maritimes les plus dangereuses du globe.
06:14Une autre région que la majorité des capitaines préfèrent éviter
06:17est celle des 40e rugissants et des 50e hurlants.
06:21Dans l'océan austral, entre les latitudes 40 et 50 degrés sud.
06:26Contrairement à l'hémisphère nord, où les continents brisent les courants,
06:30ici, il n'existe que l'immensité de la mer.
06:33Une autoroute sans fin pour les tempêtes, dépourvue de toute limite de vitesse.
06:37Les marins lui ont donné ce surnom évocateur, car en ces lieux, le vent ne chuchote pas.
06:43Ils hurlent.
06:44Les scientifiques ont confirmé que ces rafales pouvaient atteindre jusqu'à 200 km à l'heure.
06:49Et quand les vents hurlent, la mer hurle aussi.
06:52Dans ces latitudes, les vagues peuvent s'élever à des hauteurs dignes de gratte-ciel,
06:56s'abattant sur les coques des navires avec la force d'un bélier.
07:00Jadis, les Clippers osaient affronter ces eaux pour réduire la durée de leur traversée entre l'Europe et l'Asie.
07:06Mais ils en payaient le prix fort.
07:08Voiles déchirées, mâts brisés, et parfois des équipages entiers engloutis.
07:13Même aujourd'hui, les navires modernes évitent ces latitudes, sauf contraintes absolues.
07:18D'autres routes, plus longues mais bien plus sûres, leur permettant d'échapper à ce tumulte.
07:23Mais les 40e et 50e ne sont qu'un prélude à l'enfer du passage de Drake, là où l'océan resserre véritablement son étreinte.
07:32Cette étroite bande d'eau entre le Cap Horn et l'Antarctique est l'arène des gladiateurs marins.
07:38Tout le Pacifique y tente de se faufiler par un goulet d'à peine 800 km avant de heurter de plein fouet l'Atlantique.
07:45Ajoutez-y les puissants courants de l'océan Austral, parmi les plus vigoureux de la planète.
07:50Et le chaos est assuré.
07:52Le passage de Drake ne se contente pas de projeter des vagues.
07:55Il soulève de véritables murailles d'eau atteignant jusqu'à 15 mètres de haut.
08:00Ici, les navires ne vogues tombe pas.
08:02Ils survivent, balottés comme des jouets dans une machine à laver en pleine frénésie.
08:07Cette violence s'explique par une simple loi physique.
08:11Dans l'océan Austral, aucune terre ne vient freiner vents ou courants,
08:15si bien que le courant circumpolaire antarctique file autour du globe.
08:19Lorsqu'il s'engouffre dans cet étroit entonnoir, il accélère comme dans un réacteur.
08:24Les tempêtes y surgissent sans prévenir.
08:27Et les icebergs dérivent lentement dans les routes maritimes, prêts à faucher un navire.
08:32Même les marins aguerris décrivent ce passage comme imprévisible.
08:36Calme un instant, puis déchaîné au suivant.
08:39Avant l'ouverture du canal de Panama en 1914,
08:42chaque navire reliant l'Atlantique au Pacifique devait le traverser.
08:46Et nombre d'entre eux n'en revinrent jamais.
08:49Aujourd'hui encore, pas que beaux et navires scientifiques s'y risquent pour rallier l'Antarctique,
08:54équipés d'innombrables sacs à vomi, rappelant aux passagers qu'ils ne voguent pas pour le plaisir,
09:00mais affrontent l'un des passages océaniques les plus redoutables au monde.
09:04Le sol est de la lave. Non, je plaisante.
09:08Mais en vérité, il est bel et bien en train de se déliter.
09:12Vous ne le percevez peut-être pas encore,
09:14mais une portion considérable du sous-sol nord-américain
09:18a déjà perdu près de 60 km de roche au niveau de sa base.
09:22Et non, il ne s'agit ni de séisme, ni d'immenses dolines.
09:26C'est le continent lui-même qui perd des fragments de ce qui stabilise son assise,
09:30l'empêchant de chanceler comme un vieux manège.
09:32Des chercheurs viennent de révéler une découverte géologique majeure.
09:36Une portion du socle nord-américain s'amincit peu à peu,
09:39comme une crème glacée fondant lentement au soleil.
09:42Comment sont-ils arrivés à cette conclusion ?
09:44Ils ont en quelque sorte soumis la Terre à une IRM de haute précision,
09:48produisant des cartes en 3D où l'on voit des roches autrefois jugées inaltérables
09:52se liquéfier dans les entrailles terrestres, à l'image d'une pizza posée à l'envers dans un four.
09:58Pour saisir l'ampleur de ce phénomène,
10:00il convient d'abord de faire connaissance avec mes vieux amis, les cratons.
10:04Ils constituaient le socle profond des continents, épais, durs et d'un âge vertigineux,
10:09remontant à plusieurs milliards d'années.
10:11Ces structures résilientes ont survécu à des impacts de météorites,
10:15à l'explosion de super-volcans et aux mouvements impétueux des plaques tectoniques.
10:21Si ces dernières entraient en conflit frontal, des chaînes montagneuses surgiraient.
10:26Si elles se séparaient, un nouvel océan finirait par naître.
10:30Tous ces bouleversements laissent leur empreinte à la surface de la Terre,
10:35mais les cratons, eux, semblaient inébranlables de véritables survivants géologiques.
10:40À l'image des cafards, leur incroyable résistance à toute agression poussait les scientifiques à les croire quasi-indestructibles.
10:48Mais voilà qu'un groupe de chercheurs, en testant leurs instruments à la pointe de la technologie, découvre l'impensable.
10:54Les cratons sont-ils en train de se désagréger ? Par quels mécanismes ?
10:59Voici la plaque Pharallon.
11:01Une ancienne plaque tectonique qui a commencé à s'enfoncer sous celle de l'Amérique du Nord il y a plus de 100 millions d'années.
11:07Ce phénomène, parfaitement naturel, s'appelle la subduction.
11:13C'est le moyen par lequel la Terre recycle ses roches et régule sa température interne.
11:18Le mouvement est si ancien qu'à présent, la plaque Pharallon se trouve à près de 650 km du craton,
11:25tranquillement installée dans le manteau inférieur, étrangement proche du noyau externe de notre planète.
11:32La plaque Pharallon, pourtant reléguée au tréfonds de la planète, continue de causer des désagréments,
11:38à l'instar d'un ancien colocataire dont les restes continuent d'empester votre frigo.
11:42En poursuivant sa descente, elle exerce une traction continue sur la base du continent nord-américain
11:47qu'elle distante jusqu'à en détacher des fragments, précipités dans le manteau profond.
11:52Et comme si cela ne suffisait pas, elle relâche en chemin de l'eau et du dioxyde de carbone dans les roches voisines,
11:58affaiblissant davantage le craton et le rendant plus vulnérable à l'érosion interne.
12:04Les scientifiques ont confirmé ce scénario en étudiant des centaines de séismes enregistrés par des milliers de stations.
12:10Leurs observations révèlent qu'une quantité considérable de matière continentale s'enfonce peu à peu,
12:16réduisant par endroit l'épaisseur du craton de près de 60 km, ce qui représente une quantité de roches phénoménales.
12:22Tout cela semble dramatique, mais inutile de céder à l'alarme.
12:26Le processus est d'une lenteur extrême, mesurée en millions d'années.
12:30Vos arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants marcheront sans doute encore sur un sol stable.
12:37Mais, ne vous bercez pas d'une trop grande quiétude.
12:41Ce phénomène-là est lent, certes, mais un autre type d'affaissement bien plus rapide est déjà en cours.
12:47D'ici 2050, pas moins de 32 grandes villes américaines, parmi lesquelles New York, Baltimore et Charleston,
12:54pourraient ne se retrouver partiellement submergés.
12:57Et devinez quoi ? Ce phénomène est, dans une large mesure, imputable à nos propres actions.
13:03Depuis 2007, les scientifiques ont observé que plusieurs villes s'enfonçaient lentement dans le sol,
13:08à raison de 1 à 2 mm par an.
13:12Charleston, en Caroline du Sud, se distingue tristement par un taux de 4 mm annuel.
13:18Ces chiffres peuvent sembler dérisoires, presque risibles.
13:22Pourtant, dans une ville perchée à peine 3 mètres au-dessus du niveau de la mer,
13:26le moindre affaissement devient lourd de conséquences.
13:29Lors des pires inondations, les habitants doivent parfois abandonner leur véhicule
13:34pour regagner leur domicile à la nage.
13:37Ce phénomène est connu sous le nom d'affaissement des terres.
13:40Lorsque l'on conjugue une subsidence progressive avec une élévation du niveau marin,
13:45on obtient un cocktail redoutable.
13:47Rues inondées, terres agricoles rendues stériles par le sel, forêts fantomatiques et quantité de propriétaires excédés.
13:55Mais il n'y a pas que les logements.
13:57Ponts, routes, aéroports, centrales électriques, ces infrastructures essentielles au quotidien,
14:02sont également exposées à des dégâts majeurs.
14:05Réseaux électriques noyés, autoroutes englouties.
14:08Les conséquences économiques se chiffrent en milliards.
14:11Et les risques pour les populations sont bien réels.
14:14Soyons néanmoins équitables.
14:16L'homme n'est pas responsable de tout.
14:18Une partie de ces désordres trouve son origine dans le lointain passé glaciaire.
14:22Il y a environ 12 000 ans,
14:24d'immenses nappes de glace recouvrèrent le nord des États-Unis.
14:27Si massives qu'elles ont littéralement enfoncé la croûte terrestre sous leur poids.
14:32Lorsque ces calottes ont fondu, la surface n'a pas rebondi comme un trampoline.
14:36Elle a amorcé un lent jeu de bascule géologique.
14:39Les zones jadis comprimées remontent, tandis que les autres s'affaissent en réponse.
14:44Ce phénomène, nommé ajustement isostatique ou rebond post-glaciaire, se poursuit encore de nos jours.
14:51Cela dit, l'activité humaine est venue accentuer cette tendance.
14:56L'un des principaux responsables est l'extraction des eaux souterraines.
15:00Imaginez que l'on retire le rembourrage d'un matelas, il finit par se déformer.
15:04C'est ce qui se produit dans des régions comme la vallée centrale de Californie,
15:08où le sol s'affaisse de près de 20 cm par an en raison du pompage intensif pratiqué lors des sécheresses.
15:14Dans des métropoles comme New York, la menace ne provient pas uniquement de l'eau.
15:18Les gratte-ciels eux-mêmes accentuent le problème.
15:21En effet, accumuler des millions de tonnes de béton et d'acier sur un sol meuble entraîne inévitablement un affaissement.
15:29A titre de comparaison, le poids total des bâtiments new-yorkais avoisine les 762 milliards de kg,
15:36soit l'équivalent de quelque 3,5 millions de statues de la liberté superposées.
15:41Avec une telle masse concentrée sur une superficie restreinte, les couches de sol sous-jacentes finissent, inévitablement, par se tasser.
15:50Et si vous pensiez que la situation ne pouvait guère empirer, détrompez-vous.
15:54Les barrages que nous érigeons empêchent les rivières d'acheminer les sédiments qui, jadis, régénéraient naturellement les terres côtières.
16:01Ces sédiments jouaient un rôle essentiel en redonnant du volume au sol.
16:06En leur absence, les zones littorales se compriment peu à peu, à l'image d'une éponge usée.
16:11Et lorsque les marais sont asséchées pour l'agriculture ou l'urbanisation, les sols tourbeux se dessèchent puis s'effondrent.
16:18On dirait que la terre n'obtient aucun répit.
16:21Les scientifiques ont aussi observé que d'anciennes zones humides, autrefois luxuriantes, figurent désormais parmi les régions qui s'enfoncent le plus vite,
16:30notamment sur la côte du Golfe.
16:32En Louisiane, par exemple, l'on perd l'équivalent d'un terrain de football de terre ferme,
16:36à cause de cette combinaison dévastatrice d'affaissement et de montée des eaux.
16:40Alors, que nous reste-t-il à nous qui souhaitons simplement vivre au-dessus du niveau de la mer ?
16:45Hélas, le tableau est peu réjouissant.
16:47Des bois entiers se transforment en forêts fantômes, submergées par les eaux.
16:52Les terres agricoles s'imprègnent de sel au point de devenir impropres à la culture.
16:56Et même en l'absence de pluie, certaines rues se couvrent d'eau, victimes d'inondations dites « par temps clair ».
17:03Et sur la côte ouest, la situation n'est guère plus reluisante.
17:07La Californie est elle aussi concernée.
17:09San Francisco et Los Angeles s'affaisse, ce qui les rend deux fois plus vulnérables à l'élévation du niveau de la mer.
17:16Dans certaines zones, telles que la péninsule de Palos Verde, le sol s'affaisse à un rythme tel que les habitants pourraient tout aussi bien adopter un mode de vie souterrain.
17:26L'Amérique serait-elle en passe de devenir la nouvelle Atlantide ?
17:29Pas du jour au lendemain, certes.
17:31Mais en l'absence de mesures concrètes, telles qu'une réduction drastique de l'exploitation des eaux souterraines et une planification urbaine plus avisée, près d'un demi-million de personnes, se retrouveront en réel danger.
17:43Et les dommages immobiliers pourraient avoisiner les 109 milliards de dollars d'ici 2050.
17:48En définitive, même si l'Amérique du Nord ne semble pas sur le point de sombrer comme un soufflet mal cuit, des fissures bien réelles apparaissent dans sa croûte.
17:56Il conviendrait donc de limiter le pompage des nappes phréatiques, de repenser nos méthodes de construction et leur implantation, et de consacrer davantage d'efforts à la préservation des terres.
18:06Car si le sol venait à se muer en lave, nous regretterons de ne pas avoir, au moins, colmaté les premières brèches.
18:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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