00:00B.E.Leclerc
00:01RTL Soir avec Vincent Parizeau
00:05Et l'invité d'RTL Soir est le président de la FNSEA, la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles.
00:11Bonsoir Arnaud Rousseau.
00:12Bonsoir.
00:13Est-ce là au moment où le monde agricole se divise sur la crise de la dermatose nodulaire contagieuse ?
00:19Je le rappelle sur la méthode du gouvernement pour enrayer l'épidémie, à savoir l'abattage des troupeaux
00:25comprenant un ou des bovins atteints par la maladie
00:27ainsi que la vaccination de tout le cheptel dans un rayon de 50 kilomètres.
00:31Pour Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, ce serait la seule solution.
00:35Mais voilà, deux syndicats agricoles crient leur colère ce soir.
00:38Coordination Rural qui organise des actions de blocage
00:41et la Confédération Paysanne qui appelle à des blocages partout en France.
00:46Mais donc votre syndicat se tient aujourd'hui aux côtés du gouvernement.
00:50Vous approuvez la stratégie défendue par la ministre ?
00:53En tous les cas, nous on approuve la stratégie qui est portée par les scientifiques.
00:58Parce que voyez-vous, cette maladie, c'est ni une maladie de droite, ni une maladie de gauche.
01:03Et moi je pense d'abord aux éleveurs qui ont été durement frappés par cette maladie.
01:08Ils sont un peu plus de 80 en France aujourd'hui.
01:11Et c'est absolument dramatique.
01:13Et évidemment dans ce genre de cas, parce que nous ne sommes pas des spécialistes de l'épidémiologie,
01:17nous nous sommes rapprochés de ceux qui ont la compétence.
01:20Et ce qu'ils nous disent aujourd'hui, c'est que la meilleure manière d'éviter d'abattre des animaux,
01:26ou en tous les cas un trop grand nombre d'animaux,
01:28et surtout de continuer à protéger l'ensemble du cheptel français, c'est cette méthode.
01:34Moi je ne suis pas scientifique, mais en tous les cas, j'appuie mes décisions et l'éclairage,
01:39qui est celui de l'avenir, sur un cadre scientifique, avec un consensus scientifique,
01:44qui s'applique en France, mais aussi, vous le savez, en Espagne et dans d'autres pays européens.
01:48Et si ce consensus devait évoluer, eh bien tant mieux,
01:51et s'il pouvait permettre de n'abattre que partiellement.
01:54Mais pour l'avoir revisité hier, ça n'est pas la réponse que nous avons obtenue.
01:58Donc vous dites que ce sont les scientifiques qu'il faut écouter.
02:02Sous-entendu, les autres syndicats qui appellent à la mobilisation,
02:07ils sont peut-être aussi victimes de pressions de manipulations politiques ou autres ?
02:15Ou ils regardent trop les réseaux sociaux ?
02:18Écoutez, je n'en sais rien.
02:20Ce que je sais, c'est que tous les éleveurs, quelle que soit leur appartenance,
02:23veulent préserver le cheptel bovin français.
02:27Et tous les éleveurs se passeraient de la situation dans laquelle on est.
02:31Il y a deux sujets, voyez-vous.
02:32Il y a un sujet politique, qui est que la France n'a pas de vision agricole,
02:36et que les agriculteurs n'en peuvent plus de ce qui se passe sur le plan agricole,
02:40y compris dans cette zone d'Occitanie,
02:42où la crise viticole, où la crise des grandes cultures,
02:45et la crise maintenant sanitaire sur l'élevage, frappe.
02:48Mais ça n'est pas le même sujet que la question sanitaire,
02:51qui est un sujet technique, qui ne devrait pas nous opposer,
02:54parce que je crois que ce que chacun souhaite,
02:57c'est sortir au plus vite de cette sale maladie qui décime les troupeaux.
03:01Oui, parce que c'est pour les éleveurs concernés, évidemment, c'est terrible.
03:03Même s'ils seront indemnisés.
03:08Il n'y a pas d'alternative ?
03:09Parce que forcément, on se demande pourquoi on ne vaccine pas tous les cheptels français.
03:13Alors, c'est une très bonne question.
03:14D'abord, est-ce qu'il y a des alternatives ?
03:16Pardon, mais je n'en sais rien.
03:17Moi, je suis agriculteur,
03:19et je me garde bien dans cette période extrêmement tendue,
03:21d'avoir un avis scientifique sur tout,
03:22parce que je trouve que beaucoup de gens se prêtent une spécialité
03:26qui est éminemment difficile.
03:29Et moi, je ne suis pas épidémiologiste.
03:31En revanche, s'il y avait une solution,
03:33évidemment, je serais prêt à la suivre.
03:36Et vous avez raison de rappeler
03:38que c'est extrêmement douloureux pour les éleveurs,
03:41sur le plan psychologique.
03:43Mais pardon, cette maladie, cette sale maladie,
03:47touche les troupeaux depuis le fin juin.
03:49Et nous avons un retour d'expérience de ce qui s'est passé en Savoie.
03:52Et moi, je vous invite à aller interroger des éleveurs savoyards.
03:56Ça a été très douloureux, mais ils sont en train d'en sortir.
03:59Et la question de fond, c'est encore une fois,
04:00quel est le maximum d'efficacité qu'on peut avoir
04:03pour se débarrasser rapidement de la maladie ?
04:05Je cite Serge Papin, le ministre du Commerce,
04:07qui dit que la solution, c'est le vaccin.
04:09Alors, je vous pose la question,
04:10pourquoi on ne vaccine pas toutes les vaches ?
04:13Eh bien, écoutez, peut-être qu'à la fin,
04:15ce sera la solution qui sera retenue.
04:17Mais si nous vaccinons la totalité des vaches en France,
04:20cela veut dire que notre pays n'est plus indemne de cette maladie.
04:23et que du coup, mécaniquement, il ne pourra plus exporter d'animaux vivants,
04:30il ne pourra plus...
04:31On ne peut pas exporter une vache qui a été vaccinée.
04:35Alors, on pourrait dans un certain nombre de cas, mais avec des délais.
04:38Parce que d'abord, mécaniquement, vous savez, il y a 15 millions de vaches en France.
04:42Et que mécaniquement, pour vacciner 15 millions de vaches,
04:45ça nécessite plusieurs mois.
04:48Et que, ce que nous, là encore, ceux qui sont spécialistes,
04:50c'est que ce serait, finalement, se couper des marchés pendant au moins 14 mois.
04:55Et ça veut dire que, sur le marché intérieur,
04:57on se retrouverait avec des impacts.
04:59Et donc, vous avez compris que l'objectif pour nous, à la FNSEA,
05:01c'est évidemment de sauver les vaches,
05:03mais aussi de sauver le revenu des éleveurs.
05:05Et c'est pour ça que la ligne de crête est exigeante.
05:07Et moi, je dis qu'autant on a des sujets éminemment politiques,
05:10et on sera, nous, la semaine prochaine, à Bruxelles,
05:12pour lutter contre le...
05:14Oui, on va y venir.
05:14Parce qu'effectivement, il y a ce sujet sanitaire,
05:17mais ce qui explique cette colère,
05:19avec notamment ces agriculteurs qui bloquent des axes,
05:24comme l'autoroute A64, là, au sud de Toulouse,
05:28mais qui ont l'intention de multiplier les blocages,
05:31c'est parce que cette colère, on la sent monter depuis des mois,
05:33et ça ne va pas s'arranger dans quelques jours,
05:35parce que, semble-t-il, les 27 vont donner le feu vert
05:39à l'accord avec le Mercosur.
05:41Oui, mais vous savez, ce n'est pas une découverte pour nous,
05:44ça fait des mois qu'on alerte les pouvoirs publics pour dire,
05:47nous n'avons pas de vision agricole,
05:49nous sommes en train de perdre notre outil productif.
05:53Moi, comme agriculteur, je suis fier de produire une des agricultures les plus durables
05:56pour nourrir nos concitoyens.
05:57On importe de plus en plus.
05:59Notre balance commerciale agricole, qui était excédentaire depuis 1978,
06:03va être à zéro et probablement négative l'année prochaine.
06:06On est en train de désarmer.
06:07Au moment où on nous parle de souveraineté,
06:09les agriculteurs sont en train de périr.
06:13Et dans ce cadre, on importe de plus en plus,
06:16bien souvent, des produits qui n'ont pas nos standards.
06:18Et le Mercosur est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
06:20Ça veut dire que parallèlement à cette crise sanitaire,
06:25qui est un dossier à part,
06:27vous, vous êtes prêt à mobiliser dans les jours qui viennent ?
06:31Mais non seulement on est prêt à mobiliser,
06:32mais on a appelé l'ensemble de notre réseau
06:34à se mobiliser jeudi prochain, le 18 décembre, à Bruxelles,
06:38parce qu'il aura lieu un sommet des chefs d'État et de gouvernement,
06:41dont un des objets est de statuer sur le Mercosur.
06:43Et vous avez compris que cette bataille qu'on mène depuis des mois,
06:46pour nous, est une bataille absolument centrale.
06:50Parce que si le signal qui est donné,
06:52c'est que finalement, on a des règles très exigeantes
06:54pour la production en France,
06:55mais que quand ça vient d'ailleurs,
06:56on peut importer n'importe quoi,
06:58y compris de la viande nourrie
07:00avec des antibiotiques accélérateurs de croissance
07:02interdits en Europe depuis 25 ans,
07:04il n'y a plus rien qui tient.
07:05Et vous le savez, nos entreprises, nous,
07:06elles ne sont pas délocalisables.
07:08Nous, on est là, on est sur les territoires.
07:11On produit de la viande, on produit du vin,
07:12on produit des céréales.
07:13On est fiers de ce qu'on produit.
07:14Et en ce moment, on n'a pas de vision.
07:17On est en train de nous expliquer
07:18qu'on va importer n'importe quoi
07:20et que ça ne pose de problème à personne.
07:22Eh bien, ça, pour un agriculteur,
07:23ce n'est pas entendable.
07:24Et quand, de surcroît,
07:25vous avez une maladie sanitaire extrêmement difficile,
07:28dont la lutte est extrêmement exigeante
07:31et qui vient vous percuter,
07:33il y a toutes les raisons, évidemment,
07:34pour qu'à un moment, les gens disent
07:35stop, on est allé trop loin,
07:36on ne peut plus accepter.
07:37Et on entend ce double message,
07:39ce soir sur RTL,
07:40d'Arnaud Rousseau,
07:41président de la FNSEA.
07:42Écoutons les scientifiques sur cette épidémie
07:45et mobilisons contre l'accord avec le Mercosur
07:48le 18 décembre.
07:49Merci d'être intervenu sur RTL,
07:51Arnaud Rousseau.
07:52Cédric Chasseur,
07:54toujours ces trois petits buts de retard
07:56pour les Françaises face à l'Allemagne.
07:57Oui, mais il y en a eu quatre tout à l'heure,
07:59donc ça va un tout petit peu mieux.
08:00Et l'équipe de France qui se bat,
08:0220 à 17,
08:03après 39 minutes de jeu,
08:05il reste 21 minutes
08:06pour essayer de remonter la pente
08:08et essayer de se qualifier en finale
08:09de ce championnat du monde de handball.
08:11C'est tout ce qu'on souhaite.
08:12Allez, une courte pause
08:13et dans un instant,
08:14poudreuse et champagne.
08:16Les tentations du week-end.
08:18Vincent Parizeau.
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