- il y a 9 mois
Mindoscope revient avec un nouvel épisode consacré à un enjeu qui nous concerne tous : l’infobésité, ou comment gérer le trop-plein d’informations au quotidien.
Un sujet essentiel pour comprendre comment le flux informationnel structure nos journées et influence notre bien-être au travail.
Dans cet échange, Matthieu Séguin dialogue avec Hortense Noiret, consultante en QVT et spécialiste des risques psychosociaux. Ensemble, ils décryptent les mécanismes de l’infobésité et partagent des clés pour mieux naviguer dans un environnement professionnel saturé.
🎙️ Un podcast d’Havas Life Paris, disponible dès maintenant sur toutes les plateformes : https://shows.acast.com/mindoscope
Un sujet essentiel pour comprendre comment le flux informationnel structure nos journées et influence notre bien-être au travail.
Dans cet échange, Matthieu Séguin dialogue avec Hortense Noiret, consultante en QVT et spécialiste des risques psychosociaux. Ensemble, ils décryptent les mécanismes de l’infobésité et partagent des clés pour mieux naviguer dans un environnement professionnel saturé.
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ÉducationTranscription
00:00Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans Mindoscope, le podcast qui traite de la santé mentale au travail,
00:10réalisé par Avas Life Paris en collaboration avec Pros & Pixels.
00:13Alors dans ce troisième épisode aujourd'hui de Mindoscope, nous allons aborder la thématique de l'infobésité.
00:20Et si comme moi vous n'êtes pas familier avec ce terme, avant que je travaille sur le sujet pour l'épisode,
00:25sachez que c'est un terme qui a été, je ne sais pas créé comment, mais en tout cas qui est la contraction d'information et obésité.
00:32Donc tout simplement c'est assez explicite, ça veut dire qu'on est submergé, on est sursollicité à un moment d'information.
00:38C'est du gavage d'informations et en quoi, comment on peut au sein de l'entreprise et dans notre travail,
00:44faire avec cette surcharge informationnelle comme on l'appelle aussi.
00:50Pour traiter de ce sujet et parler de ce sujet, j'accueille aujourd'hui Hortense Noiret.
00:54Hortense, bonjour.
00:55Bonjour.
00:56Hortense, tu es consultante en qualité de vie au travail chez CaliQVT,
01:00spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux et la santé psychologique au travail.
01:03Tu es ancienne avocate.
01:05Et quel est ton lien avec l'infobésité ? Quel est ton rapport avec l'infobésité ?
01:10Alors, merci de m'accueillir déjà Mathieu.
01:13Alors l'infobésité en fait, c'est un terme que j'ai découvert moi aussi quand j'étais à France Tévision.
01:18J'ai travaillé 20 ans là-bas et dès que j'ai démarré mon poste autour de la qualité de vie au travail,
01:24un des premiers sujets dont on nous a demandé de parler, c'était justement l'hyperconnexion, l'infobésité.
01:32Pourquoi ? Parce que les DRH étaient débordés par les demandes des managers qui disaient
01:39mais comment je peux faire pour dire un moment à mes collaborateurs, arrêter de répondre à tous ces mails
01:44et puis ils voyaient bien que les gens perdaient le contact.
01:48Donc ça a été un de mes premiers sujets à France Tévision autour de la qualité de vie au travail.
01:52Et c'est vrai que c'est encore une réalité aujourd'hui.
01:55Si je regarde les données clés autour du sujet, on a un rapport qui indique que 80% des travailleurs dans le monde
02:01souffrent d'une forme de surcharge informationnelle.
02:03Donc c'est une enquête open texte qui date de 2022, réalisée sur 27 000 collaborateurs interrogés.
02:10Donc ça montre que c'est toujours une réalité.
02:12Comment tu décrirais toi l'infobésité dans un contexte professionnel en particulier ?
02:18Comment ça se matérialise ?
02:19Alors j'aimais bien ton image en disant mais bouf, on prend beaucoup de choses.
02:25Et c'est vrai, vraiment l'infobésité c'est qu'on a l'impression tout à fait d'être gavé.
02:31L'idée c'est quoi ? L'idée c'est de dire aujourd'hui on reçoit énormément d'informations,
02:37des mails, des teams, plusieurs canaux en fait.
02:41Et c'est assez compliqué à un moment de se dire comment je priorise et autres.
02:45Donc le principe c'est quoi ? C'est une surcharge informationnelle, c'est tout à coup
02:48avec cette infobésité, en fait tout simplement ton cerveau il commence à dire
02:53en fait je ne prends plus rien, je n'en peux plus.
02:56Donc cette hyperconnexion, elle a des conséquences, on va en parler au fur et à mesure.
03:01Mais clairement on voit qu'aujourd'hui chaque niveau, que ce soit les collaborateurs,
03:09les managers, les dirigeants, sont vraiment concernés par cet afflux de mails
03:13où à un moment on se sent débordé.
03:15Tu parles d'un afflux d'emails, c'est vrai qu'on a une autre donnée intéressante.
03:20Un salarié reçoit en moyenne 117 emails par jour et passe entre 5 et 15h30 par semaine à les gérer.
03:27Donc les gérer c'est bien sûr ils répondent, mais c'est aussi mettre en place toutes les actions
03:31inhérentes à la demande de l'email reçu.
03:33Et en moyenne il reçoit aujourd'hui 153 messages Teams par jour.
03:38Alors bon après les chiffres peuvent toujours être relativisés au regard des fonctions et des rôles de chacun.
03:45Mais en tout cas ça montre bien que cette surcharge elle est vraiment présente, elle existe.
03:51Est-ce que tu estimes que ce phénomène là s'est amplifié ces dernières années ?
03:57Et si oui, quelles peuvent en être les raisons ?
04:01Ben oui, ça s'est amplifié parce que les canaux en fait sont de plus en plus multiples en fait.
04:07Aujourd'hui, alors il y a 10 ans Slack, on en parlait à peine.
04:10Maintenant c'est Slack, Teams, arrivent bien sûr les mails.
04:15Donc tous les canaux WhatsApp, maintenant on utilise beaucoup le WhatsApp.
04:18Donc WhatsApp sur le téléphone.
04:21Donc ce qui fait que où que vous soyez, vous êtes toujours en fait avec une information qui est là en fait, qui est tout le temps à prendre.
04:28En plus cette diversité de canaux fait que finalement c'est plus parfois d'où vient l'information.
04:33Donc je ne sais pas, ça nous arrive au quotidien.
04:38Donc il y a des infos qui viennent de plusieurs endroits, plusieurs canaux en parallèle.
04:42Et ça c'est fatigant, c'est-à-dire à la limite ça serait un seul canal.
04:46Ce qui était presque un peu le cas il y a une dizaine d'années, tout arrivait par mail.
04:49Donc on arrivait à un moment à classer et tout.
04:51Mais quand tout arrive avec des canaux différents, il faut se souvenir de l'endroit où on a vu l'information et tout.
04:57Ça c'est en plus de la surcharge informationnelle.
05:00Donc ça s'est amplifié, tu as tout à fait raison d'utiliser ce terme, ça s'est amplifié avec cette multiplication des canaux.
05:06Surtout qu'on a des canaux qui aujourd'hui je pense nécessitent, enfin demandent une réponse d'autant plus immédiate.
05:13C'est vrai que sur Teams, ou même les conversations WhatsApp, on voit quand le message a été envoyé, quand il a été lu.
05:19Les emails c'est quelque chose de plus formel, on essaye de condenser un peu plus sa pensée en un seul envoi.
05:24Alors que les messages on peut en envoyer 10 dans la foulée sans que ce soit mal pris je dirais par le destinataire.
05:32Donc ça aussi c'est une problématique.
05:34La question de l'immédiateté.
05:36C'est vrai que l'immédiateté aujourd'hui, alors très souvent on reçoit un message, hop on répond de suite.
05:40Alors souvent, parfois, c'est important aussi quand on reçoit un message, d'avoir ce temps de réflexion.
05:46Et ça, de moins en moins, on l'a, on va très vite.
05:49Moi je suis la première à faire ça, donc voilà, on est pareil.
05:54Mais voilà, et on va très vite et parfois on se dit, ah ben j'aurais peut-être pu répondre un peu différemment et autres.
05:59Donc ça dépend aussi des canaux.
06:00C'est vrai que WhatsApp c'est très rapide.
06:04Peut-être l'email parfois demande un peu plus de concentration.
06:06Maintenant, on sait que beaucoup d'emails ne sont pas ouverts.
06:10Donc ça veut dire aussi que les gens, on reçoit tellement qu'à un moment, ils ne les lisent plus.
06:15Moi je vois, dans beaucoup d'entreprises, on me dit, en interne, il y a presque 25% de mails qui ne sont pas lus.
06:21Donc ça veut dire vraiment que les gens n'en peuvent plus.
06:24Mais quand ils ouvrent les mails, en tout cas, soit ils répondent tout de suite et peut-être la qualité de la réponse n'est pas à niveau.
06:33Soit ils les mettent de côté et ils les oublient aussi.
06:35Donc il faut vraiment trouver un système pour justement savoir gérer cet afflux de mails.
06:40Et alors, on parle beaucoup là d'email.
06:42Est-ce que pour toi, justement, cette surcharge informationnelle, c'est simplement dû à ce trop d'email ?
06:48Ou est-ce que c'est quelque chose de plus profond ? Est-ce qu'il y a d'autres éléments qui rentrent en compte dans cette infobésité ?
06:55Je pense notamment peut-être les notifications, tout ce qui est réunion aussi.
06:58Je pense qu'il y a un gros sujet sur les réunions.
07:00Alors les notifications, ça c'est clair qu'il n'y a rien de pire.
07:02Moi, la première chose, j'ai mené une étude pendant un certain nombre d'années dans l'entreprise où j'étais.
07:09Parce que justement, pour parler des connexions, la première chose, c'est qu'on voyait déjà que les habitudes des collaborateurs
07:16sont calquées sur les habitudes des managers.
07:21Donc le premier truc, c'est que je disais aux managers, enlevez vos notifications, vous allez voir.
07:25Ça va déjà vous libérer un peu l'esprit.
07:28Et allez voir régulièrement vos mails.
07:31Et les collaborateurs, je vois bien que les collaborateurs aujourd'hui, ils sont très...
07:37Comment dire ? Ils regardent ce que font les managers.
07:39Et puis en fait, ne comprennent pas aussi, tu parlais de réunion, que leurs managers passent énormément de temps en réunion.
07:44Donc le nombre d'heures de réunion est assez affolant.
07:49Donc dans l'infobésité, il y a bien sûr l'afflux des mails, et puis on peut voir aussi ce qu'on peut faire en face,
07:55mais aussi les réunions, les réunions qui font que finalement, la personne passe son temps à ne pas être en lien avec les salariés.
08:03Et c'est pourtant son job, le manager.
08:05Il est là pour coordonner, il est là pour accompagner le manager, il n'est pas là pour sautiller de réunion en réunion.
08:10Alors je suis un peu dure avec les managers quand je dis sautiller, mais clairement c'est ce qui se passe.
08:15C'est une bonne image.
08:15Mais oui, aujourd'hui, un manager, il passe 23 heures par semaine, ça c'est des données de l'Observatoire de l'infobésité,
08:24il passe 23 heures par semaine en réunion.
08:27Et un dirigeant, c'est 36 heures par semaine, c'est énorme.
08:31Donc voilà, il y a un moment où il faut se dire, on peut peut-être réfléchir à une manière différente de travailler.
08:36Surtout que les réunions, on s'est pas réunis aussi de ce qu'on a pu voir sur l'analyse des données monde Microsoft,
08:43ont un peu évolué, ont tendance à encore évoluer.
08:45On a des chiffres sur les réunions après 20 heures qui ont augmenté de 16% en un an.
08:49Donc il y a ce côté surcharge informationnelle, c'est-à-dire que dans un temps donné, on est déjà gavé comme on le disait.
08:55Et en plus du coup, le seul moyen d'être encore plus gavé finalement, c'est d'étendre encore ça,
08:59d'aller sur des horaires qui sont soit tard le soir, les week-ends, etc.
09:03On a 57% des réunions qui sont des appels spontanés aussi,
09:07plutôt que des réunions vraiment planifiées de base dans les calendriers.
09:11Ça, ça traduit aussi quelque chose de l'immédiateté, comme tu disais,
09:15d'un besoin tout de suite de réactivité, de trouver des solutions, de se rassembler.
09:21Alors, c'est vrai que c'est un plus et un moins, parce que l'immédiateté, moi je suis pas contre l'immédiateté.
09:26Je pense qu'il y a un petit côté de, tiens, il y a une idée, on y va et on avance et on tire le fil.
09:31Je trouve que parfois dans des entreprises, il n'y a pas assez de cet aspect où on avance et on se dit,
09:39tiens, ça c'est une bonne idée, on avance, on trouve et tout.
09:41Donc l'immédiateté, pourquoi pas ?
09:43La seule chose, c'est que c'est vrai que pour le cerveau, je pense que d'être tout le temps en action,
09:50enfin en activité, c'est fatigant.
09:53Donc des moments de pause sont nécessaires.
09:56Donc cette immédiateté, ça peut être bien et puis ça permet d'aller beaucoup plus vite.
10:01Et puis il y a une génération aussi, aujourd'hui, on parle d'intergénérationnel,
10:06mais il y a une génération qui est dans le tout de suite et en même temps, ça leur va bien.
10:11Et c'est pas pour ça qu'ils bossent moins bien.
10:13Donc je ne dis pas que l'immédiateté, je dis juste qu'il faut faire peut-être un petit peu un pas de côté parfois
10:19et prendre ce temps-là.
10:21Mais sinon, je pense que ça peut être productif et un élément de performance en matière de qualité de vie au travail,
10:28qui est ma spécialité.
10:30Mais oui, ça peut être quelque chose de performant et c'est surtout assez vivant.
10:35C'est bien parce que tu parles de génération, ça veut dire aussi que ça parle d'actualité.
10:40Et je trouve que l'infobésité, là on en parle dans le cadre du travail,
10:43mais au final, est-ce que ce n'est pas un mal qui est plus général ?
10:46Parce que finalement, on parle d'informations, d'outils, de canaux de communication,
10:51et c'est des choses qu'on utilise aussi au quotidien, dans notre vie perso.
10:55Aujourd'hui, les gens, bon ça va faire très bateau ce que je dis,
10:58mais les gens ne s'ennuient plus, c'est-à-dire qu'on est tout le temps soit connecté,
11:03le moindre petit temps doit être occupé par de l'information,
11:07de la prise d'informations, de la réception d'informations.
11:09Donc finalement, est-ce que ce n'est pas un mal qui se traduit bien sûr au travail,
11:13mais qui est plus large en fait, qui est générationnel ?
11:15Alors oui, c'est marrant parce que je donne des cours en fait,
11:18à des masters dans différentes écoles, et à des générations Z justement,
11:24et quand j'aborde en matière de qualité de vie au travail,
11:27tout ce qui est autour de l'hyperconnexion et la déconnexion,
11:29je sens qu'ils me regardent un peu en disant,
11:32c'est un peu le quotidien en fait, qu'est-ce que c'est cette affaire ?
11:35Et voilà, mon idée c'est de leur dire, mais attendez, je comprends,
11:39c'est pour ça que je te dis, cette immédiateté, ça ne me gêne pas du tout.
11:42Mais je leur dis attention, attention, ne pas être tout le temps connecté,
11:47parce que, et ça c'est vraiment une démarche de prévention de risques psychosociaux,
11:51quand on est tout le temps connecté, on a une intensité de travail
11:55qui fait qu'à un moment, on se fatigue.
11:57Et puis, on le sait, d'être tout le temps sur des écrans,
12:01c'est fatiguant cognitivement bien sûr,
12:05mais c'est aussi, on perd aussi un peu un lien social,
12:08donc il faut faire quand même attention à ça.
12:12Donc oui, ces générations Z, je sens qu'elles sont beaucoup plus à l'aise
12:15avec tous ces moyens de communication, c'est certain,
12:18mais on peut voir quand même qu'il y a des questions qui peuvent se poser
12:23pour la manière de les gérer.
12:25Par exemple, les e-mails, ce n'est pas du tout leur truc, la génération Z.
12:30Et quand tu es en intergénérationnel dans des entreprises,
12:33vous savez que maintenant, le principe, c'est qu'il y a quatre générations
12:36qui sont dans la même entreprise.
12:38Et il y en a qui ont l'habitude de communiquer par mail,
12:41et puis il y en a qui ont l'habitude de communiquer différemment.
12:43Donc il faut trouver un terrain d'entente à tous,
12:47pour que tout le monde se sente bien dans la manière de communiquer.
12:50Et donc, bien être d'accord sur quels canaux on prend.
12:54C'est vrai.
12:55On a parlé là du coup du phénomène qui s'est amplifié,
12:59surtout des outils collaboratifs.
13:01Et en quoi aussi récemment, je pense notamment aussi la crise Covid,
13:06qu'on a connue il y a cinq ans,
13:08en quoi ça a changé, ça a forcément changé le management,
13:10ça a aussi imposé une forme de travail hybride.
13:16En quoi ça aussi s'ajoute dans cette surcharge informationnelle ?
13:20Ben oui, tu as raison.
13:22Clairement, le Covid, il y a eu un avant, un après.
13:27Alors, ça a été pour la qualité de vie au travail,
13:29ça a été un fer de lance avec l'arrivée du télétravail.
13:32Et en même temps, le problème du télétravail,
13:35c'est qu'on est hyper connecté.
13:37Donc le problème, c'est que...
13:40Moi je le vois parce que toute cette dynamique qu'on avait lancée
13:43sur l'hyperconnexion et sur attention, on fait attention,
13:46et donc on se donne des limites et tout,
13:48c'était bien d'avoir fait avant,
13:50puisque les gens, quand on se sont retrouvés sans lien social
13:53et que devant leur ordinateur,
13:55comme ils avaient quand même quelques éléments sur les risques
13:58de ce que peut entraîner l'hyperconnexion,
14:00les risques, c'est le burn-out,
14:03c'est un moment, une surcharge cognitive qui fait qu'on explose en vol.
14:06Donc certains étaient quand même prévenus de ça.
14:11Donc clairement, ça a été quand même, en tout cas,
14:14un terrain déjà un peu préparé.
14:17Le télétravail, clairement, puisque c'est ça, après le Covid,
14:20un développement du télétravail,
14:21je crois qu'il y a plus de 35% ou presque 40% de personnes
14:24en télétravail après le Covid,
14:28même si là, c'est un petit peu en train de bouger.
14:30Surtout qu'il y en a qui sont en télétravail complet,
14:32puis après, il y a tout ce management hybride
14:34où une journée, deux jours par semaine,
14:36une personne de l'équipe ou plusieurs vont être en télétravail.
14:40Et donc, ça nécessite de se connecter
14:41via un outil collaboratif.
14:44Exactement.
14:44Et quand tu es en full en mode,
14:46donc télétravail tout le temps,
14:48le truc, c'est que c'est vrai qu'à un moment,
14:50tu n'as plus ces moments de respiration.
14:52Je veux dire, on peut...
14:53Ce qui est hyper important,
14:55en tout cas pour être dans une démarche de prévention,
14:57quand tu es en hyperconnexion,
14:59tout le temps sur tes mails, sur ton téléphone et tout,
15:02les moments de respiration,
15:04ça va être le collègue qui arrive
15:06dans ton bureau et puis qui va discuter
15:08ou la pose de la machine à café et tout ça.
15:11Le problème, quand tu es en télétravail,
15:12si tu ne t'es pas donné des règles,
15:14parce que c'est ça le truc,
15:15c'est donner des règles quand tu es en télétravail,
15:17si tu n'es pas donné des règles,
15:19le problème, c'est que tu vas être tout le temps
15:21sur ton ordi.
15:22Et quand tu aimes ton travail,
15:24évidemment, le temps passe si vite.
15:27Et puis tout à coup, il est l'heure du déjeuner.
15:29On ne déjeune pas, il est l'heure du dîner.
15:31Ah, je n'ai pas vu l'heure.
15:32Et puis à 22h, tu fermes ton écran,
15:33c'est beaucoup trop tard.
15:35Donc, c'est vraiment important en télétravail
15:38d'avoir ces règles-là.
15:39Donc, ça a été un fer de lance,
15:42finalement, le télétravail.
15:43Et en même temps, attention,
15:45parce qu'il y a eu un danger
15:46autour de l'hyperconnexion.
15:49Bon, maintenant, je pense que
15:50beaucoup d'entreprises
15:52ont mis en place des dispositifs
15:55pour se prévenir de ça.
15:57Parce que le risque juridique,
15:58il est sévère.
15:59Enfin, là, on disait
16:00j'étais avocate en droit du travail.
16:04Et c'est clair que le risque juridique,
16:05il est où ?
16:06Il est de dire,
16:07ben voilà, la personne,
16:08elle a passé un temps dingue sur ses mails.
16:10Et la traçabilité,
16:11évidemment, ça se voit
16:12quand on voit des mails
16:13à plus de 22h et tout ça.
16:15Donc, ce qui fait que,
16:16derrière,
16:17quand la personne part en burn-out
16:18et puis qu'elle revient
16:20et que pour x ou y récréation,
16:21ça ne se passe pas très bien
16:23à son retour,
16:25eh ben derrière,
16:26il y a un procès.
16:26Et moi, clairement,
16:27le dossier,
16:28il est plié, quoi.
16:30Donc, côté employeur,
16:31ça va être difficile
16:32à démontrer
16:33que les managers
16:34n'envoyaient pas des mails
16:35à 22h et autres.
16:37Donc, c'est hyper important
16:38de prévenir par rapport à ça.
16:42Et que l'employeur
16:43ait mis en place
16:44des dispositifs,
16:45chartes de déconnexion,
16:46c'est ce qui s'est passé
16:47après la loi Khomri,
16:48en 2017.
16:50Donc, voilà,
16:51chartes de déconnexion,
16:53des messages d'alerte
16:54pour dire,
16:55« Attention, ce message
16:56a été envoyé
16:57après les heures
16:58légales de travail. »
17:01Voilà, des petites choses
17:02comme ça.
17:03Inciter le manager,
17:04il faut vraiment
17:05qu'il dise à ses équipes
17:06« Ne m'écrivez pas
17:08au-delà de 20h. »
17:09Mais il faut qu'il l'affirme.
17:10Tant qu'il ne l'a pas dit,
17:12l'équipe continuera à le faire.
17:14Et qu'il le fasse.
17:15Et oui,
17:15exemplarité.
17:17Complètement.
17:18Et là,
17:18tu parlais effectivement
17:19des risques
17:20de ce que ça aussi,
17:21ça engendre.
17:22si on aborde une partie
17:24sur tous ces impacts
17:25invisibles.
17:27Encore une fois,
17:27pour donner des chiffres,
17:28on sait qu'en France,
17:29on a environ 40%
17:30des salariés
17:30qui disent que la surcharge
17:32d'informations
17:32impacte leur bien-être mental,
17:34selon la même étude
17:35Open Text.
17:37Et concernant cette fatigue
17:38informationnelle,
17:39on a 69% des travailleurs
17:41qui souffrent de stress
17:42concernés par la fatigue
17:43informationnelle,
17:4555% d'anxiété,
17:4643% de déprime
17:47et 28%,
17:48tu l'as abordé,
17:49de burn-out.
17:50Donc,
17:50c'est des termes
17:51qu'on aborde beaucoup
17:52dans le podcast
17:53puisque ça touche
17:53à chaque fois
17:55effectivement
17:55cette corde-là.
17:58Quelles sont,
17:59pour toi,
18:00les principales conséquences
18:02justement
18:02de cette infobésité
18:03sur la santé mentale
18:04des salariés ?
18:06On l'a un peu abordé,
18:07mais comment ça se matérialise ?
18:09Ça se matérialise
18:11par cette fatigue
18:13informationnelle.
18:14Les gens,
18:14en fait,
18:15finissent par d'abord
18:16des problèmes
18:16de concentration.
18:18Ça,
18:18c'est clair,
18:19je veux dire,
18:20quand vous voyez
18:21quelqu'un
18:21qui commence
18:21à se déconcentrer
18:22assez régulièrement
18:23et tout,
18:24il faut se poser
18:25des bonnes questions.
18:26Ça s'appelle
18:26les signaux faibles
18:27en matière de prévention
18:28des psychosociaux.
18:29Mais la concentration,
18:30c'est hyper important.
18:31Où tout à coup,
18:32vous êtes en train
18:32de bosser à fond
18:33parce que vous adorez
18:34votre boulot et tout va bien.
18:35Et tout à coup,
18:36vous dites,
18:36et qu'est-ce que j'étais
18:37en train de faire là ?
18:37Enfin,
18:38je devais répondre à un truc.
18:39Vous êtes sur,
18:39en fait,
18:40plein de choses.
18:41Et ça,
18:41clairement,
18:46concentration sur sollicitation,
18:48je crois que j'avais
18:48une donnée aussi,
18:49275 sollicitations
18:51en notification par jour.
18:52Toutes les deux minutes
18:53entre 9h et 17h.
18:55Non,
18:55mais moi,
18:55j'imagine l'homme
18:56de Cro-Magnon
18:56qui doit se dire,
18:57mais qu'est-ce qu'ils sont fous,
18:58quoi.
18:59Surtout par plusieurs canaux,
19:00comme on disait,
19:01le téléphone,
19:01l'ondi,
19:02ça sonne,
19:03le truc.
19:04Notre cerveau,
19:05il n'est pas fait pour ça,
19:06en fait.
19:07En tout cas,
19:07déjà,
19:08notre corps n'est pas fait
19:08pour être installé
19:09en sédentarité,
19:10comme ça.
19:11Donc,
19:12voilà.
19:12Donc,
19:12ça,
19:12c'est première chose,
19:13je crois vraiment
19:14les problèmes de concentration.
19:15Ça va me dire quoi ?
19:16Des erreurs.
19:17Parce qu'à un moment,
19:18c'est normal,
19:19quand vous avez une surcharge
19:20informationnelle,
19:21à un moment,
19:21votre cerveau,
19:22il ne suit plus,
19:23et donc,
19:24on va faire plus d'erreurs.
19:25Moi,
19:25clairement,
19:26quand je commence à voir
19:27dans l'équipe,
19:28je voyais quelqu'un
19:28qui commençait à faire
19:30quelques erreurs et tout,
19:31vraiment,
19:32la bonne chose,
19:33c'est aller prendre
19:33un bon congé.
19:34Alors,
19:34on parle de congés numériques,
19:36qui sont les congés
19:36où vous déconnectez complètement,
19:38mais pourquoi pas ?
19:39Mais là,
19:40on se met dans un plan retraite,
19:41en zone blanche,
19:42où il n'y a absolument pas
19:43d'endroit,
19:44mais pourquoi pas ?
19:45Et puis,
19:45il faut le faire sur le perso aussi,
19:46si on veut que ça marche vraiment.
19:47Mais clairement,
19:48c'est-à-dire,
19:49et ça c'est clair,
19:49c'est-à-dire nos habitudes
19:51et pros et persos.
19:54Donc,
19:54les erreurs,
19:55les erreurs,
19:55c'est vraiment un signe important.
19:58Voilà,
19:58un manager qui voit quelqu'un
19:59qui d'habitude ne fait pas d'erreurs
20:01et vraiment très réglo,
20:02vraiment très cadré,
20:03qui commence à faire des erreurs,
20:05il faut lui dire,
20:05écoute,
20:05prends un peu de congés
20:06et prends un peu de distance
20:08à te faire du bien.
20:09Voilà.
20:09Et puis,
20:10il y a une autre chose,
20:11c'est une perte de créativité.
20:13Et c'est très juste ça,
20:14la perte de créativité,
20:16en fait,
20:17idéale,
20:17c'est d'abord de mettre
20:18son cerveau au repos.
20:20Et son cerveau au repos,
20:21c'est à ce moment-là
20:22que les idées vont émerger.
20:25Et on le voit,
20:25moi,
20:26vraiment,
20:27je vois,
20:28j'ai l'habitude de côtoyer
20:29différents types
20:32de métiers,
20:34mais les plus créatifs,
20:35les directeurs créatifs
20:37et autres.
20:38Très souvent,
20:39c'est des gens
20:39qui vont avoir des moments
20:41où ils sont en mode zen total.
20:44Et ça émerge.
20:46Et c'est connu,
20:47ça émerge.
20:48Donc,
20:48quand vous êtes tout le temps
20:49à fond,
20:50alors bien sûr,
20:51vous allez répondre,
20:52les trucs,
20:52vous êtes efficace,
20:53mais vous perdez
20:54dans votre créativité.
20:56Donc,
20:56ça vaut le coup,
20:57parfois,
20:57de se mettre vraiment
20:58des plages
20:59où on va marcher
21:00ou au lieu d'aller préparer
21:02un truc jusqu'à la dernière seconde,
21:04non,
21:04mais on va se balader.
21:06Moi,
21:06j'encourage vraiment,
21:08ça fait partie des choses,
21:10de vraiment,
21:12de se déconnecter
21:14pour gagner
21:14en créativité.
21:16Et puis,
21:16il y a un autre impact invisible,
21:18puisque tu l'y citais aussi.
21:20Il y a la personne,
21:21elle,
21:21mais il y a aussi
21:22l'impact invisible,
21:23c'est sur son entourage.
21:24La souffrance de l'entourage,
21:26t'en parlais dans un des premiers podcasts.
21:29La souffrance de l'entourage,
21:32c'est hyper important,
21:32parce que quand vous avez devant vous
21:34quelqu'un
21:34qui est là,
21:36continue à travailler,
21:37enfin,
21:37continue à répondre
21:38à ses messages,
21:39et que vous sentez
21:40que la personne,
21:41elle n'est pas là,
21:41en fait.
21:41Elle n'est là,
21:42mais pas là.
21:44Là,
21:44ça peut poser
21:44un vrai problème.
21:46Alors,
21:46ça peut être perso
21:47et professionnel.
21:49Clairement,
21:50moi,
21:50j'ai déjà vu des managers
21:51qui étaient là en réunion,
21:53des réunions importantes.
21:54Vous avez des collaborateurs
21:55qui s'étaient investis.
21:56Enfin,
21:56on sentait vraiment
21:57que c'était important pour eux.
21:58et le manager était en train
21:59de répondre à ses mails.
22:00Enfin,
22:00c'est juste pas possible, quoi.
22:02Là,
22:02il perd de la confiance
22:04de ses équipes.
22:05Il perd de la crédibilité
22:07en se disant
22:07qu'il n'est même pas capable
22:08de prendre ce temps-là pour nous.
22:10Donc,
22:10je pense que ça,
22:11c'est hyper important.
22:12C'est de savoir,
22:12à un moment,
22:13dire,
22:13on pose les téléphones,
22:14on s'écoute.
22:16On fait des réunions moins longues,
22:18des réunions parfois moins longues,
22:20mais vraiment dans la qualité.
22:23De plus en plus,
22:23d'ailleurs,
22:24il y a des petits paniers
22:26qui,
22:26voilà,
22:27on se déconnecte
22:29et on pose son téléphone portable
22:31en disant
22:31c'est un moment
22:32où on est tous ensemble.
22:34Ça,
22:34c'est précieux.
22:35Et dans le monde professionnel,
22:37bien sûr,
22:37mais dans le monde personnel aussi,
22:39c'est les deux.
22:40Et sur ces impacts invisibles
22:42dont tu parlais,
22:42donc effectivement,
22:43l'impact premier
22:43est pour la personne.
22:45Il y a l'entourage
22:46qui est touché aussi
22:47et il y a aussi indirectement
22:48l'entreprise,
22:49finalement,
22:49puisque d'avoir
22:51des collaborateurs
22:52qui ne sont pas
22:52à 100%,
22:54qui ne sont pas
22:54dans la pleine disposition
22:56de leurs moyens,
22:57ça a forcément
22:58un impact
22:58sur leur travail
22:59et leur productivité.
23:00Mais parce que l'entreprise,
23:01elle a besoin
23:02du lien entre les collaborateurs.
23:04Moi,
23:04je crois beaucoup à ça.
23:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:06si on a des collaborateurs
23:08qui sont tous
23:09dans leur truc,
23:10à fond,
23:10sans se parler,
23:12sans autre,
23:12ça ne peut pas fonctionner.
23:14L'idée d'une entreprise,
23:15enfin,
23:15ça peut fonctionner,
23:16mais à court terme.
23:17L'idée,
23:18c'est quoi ?
23:18Une entreprise,
23:19c'est l'intérêt général
23:19de l'entreprise,
23:20avoir un peu compris
23:21la raison d'être de l'entreprise
23:22et être ensemble,
23:23poussé.
23:24Et pour ça,
23:24il faut être ensemble.
23:26Donc,
23:26s'il n'y a pas de l'entraide,
23:27s'il n'y a pas
23:28des moments
23:28où on fait émerger
23:30par la créativité
23:31avec des moments collaboratifs,
23:35moi,
23:35j'aime bien
23:35tout ce qui est
23:36en intelligence collective,
23:39ça va poser un problème
23:41et l'entreprise,
23:42en fait,
23:43elle ne va pas être performante
23:45comme elle doit
23:46et surtout,
23:47elle va épuiser
23:48les personnes
23:49parce que
23:50d'être seule
23:50à travailler,
23:52en fait,
23:52ça ne peut pas fonctionner.
23:53Et surtout,
23:53je trouve que c'est marrant
23:54ce que tu parles de ça,
23:56je trouve que ça
23:56me fait penser,
23:58c'est vrai que nous aussi,
23:59on peut avoir,
24:00je parle dans le cadre
24:00de mon propre travail,
24:02des fois,
24:02des réunions
24:03avec des gens
24:04qui sont sur site
24:06mais qui vont être chacun
24:07à leur endroit.
24:08Il y en a un qui va être
24:08en box connecté,
24:10un autre qui va être
24:11dans la salle de réunion,
24:12un qui va être à son bureau,
24:14un autre qui va être
24:14chez lui
24:15et en fait,
24:17voilà,
24:17enfin,
24:17presque on pourrait avoir
24:1880% de l'équipe
24:19qui serait réunie
24:21dans une salle
24:22et puis finalement,
24:22en fait,
24:22on est tellement,
24:23encore une fois,
24:24dans l'immédiaté
24:24de dire,
24:25je ne vais pas aller
24:25à la salle
24:26qui est deux étages
24:27au-dessus
24:28ou je préfère rester
24:30à mon bureau
24:30comme ça,
24:31je peux enchaîner
24:31avec autre chose après.
24:32C'est vrai que c'est un peu
24:34les débordements
24:36de tout ça
24:36et un peu les vices
24:37de tout ça,
24:37c'est que c'est tellement,
24:38l'accessibilité
24:39est tellement facile
24:40qu'on en perd
24:42cette connexion
24:43et ce besoin
24:45de se retrouver.
24:46Qui est hyper important,
24:47qui est hyper important
24:48parce que,
24:49tout simplement,
24:50parce que le lien,
24:51c'est ce que je disais
24:51tout à l'heure,
24:52mais le lien
24:53et voilà,
24:54moi je trouve ça
24:55catastrophique,
24:55je vois des managers
24:56qui s'en plaignent,
24:57qui disent,
24:58j'ai des équipes
24:59qui sont là
25:00et en fait,
25:01elles me disent,
25:01mais comme je dois enchaîner,
25:02je ne peux pas aller
25:03dans celle-là,
25:04donc je suis en visio
25:05alors que je suis sur le site.
25:07Et c'est dommage,
25:08l'idée c'était quoi ?
25:09D'être sur le site,
25:10c'est qu'on se voit.
25:11Donc qu'on se voit,
25:12qu'on se parle,
25:13qu'il y ait ce petit moment
25:14avant une début de réunion
25:15où on prend de ses nouvelles.
25:17Enfin, c'est ça,
25:17on est humain.
25:18Donc d'être tout le temps
25:20sur ses écrans,
25:20c'est autre,
25:21on finit par perdre
25:22quelque chose d'essentiel.
25:26Sur après,
25:28on a abordé
25:29tout ce qui était
25:29Impact Invisible.
25:31Sur les conseils
25:32qu'on pourrait donner
25:33des stratégies,
25:34prévention,
25:36conseils pratiques,
25:37d'abord,
25:38je vais partager déjà
25:39un premier chiffre.
25:4157% des salariés
25:42disent utiliser
25:43au moins six comptes
25:43applications différentes
25:44par jour.
25:46Donc là,
25:46ça donne déjà
25:48une première piste
25:49d'amélioration
25:51de choses
25:52qu'on pourrait changer
25:53pour que ça aille mieux.
25:54est-ce que tu es familière
25:58et tu pourrais nous parler
25:59de ce qu'on appelle
26:00l'info-responsabilité ?
26:02Tout ce que ça incombe ?
26:05Alors,
26:06l'info-responsabilité,
26:07ça démarre par soi,
26:09en fait.
26:10Donc,
26:11en fait,
26:12moi,
26:13je suis vraiment
26:14à dire qu'on est tous
26:15en charge
26:15de sa propre qualité
26:16de vie au travail.
26:17C'est mon métier
26:18depuis 15 ans,
26:19la qualité de vie au travail.
26:20C'est la qualité de vie au travail
26:22tout au long de sa vie
26:23professionnelle
26:23et ma qualité de vie au travail
26:27a un impact
26:28sur les autres
26:29parce que si je n'ai pas
26:30une bonne qualité de vie au travail
26:31en tant que dirigeant,
26:33en fait,
26:33je ne vais pas pouvoir
26:35diffuser une bonne qualité
26:36de vie au travail
26:37autour de moi.
26:38Et puis,
26:38tu parlais tout à l'heure
26:39d'exemplarité.
26:40Donc,
26:40ça démarre par soi.
26:41C'est-à-dire qu'il y a un moment,
26:43ça dépend de moi,
26:44en fait.
26:44Il y a beaucoup de choses
26:45qui dépendent de soi
26:46en matière de qualité
26:46de vie au travail.
26:47Ça dépend de moi.
26:48Un moment de dire
26:49poum,
26:50j'arrête.
26:50En fait,
26:51j'éteins mon téléphone
26:52à partir de 20 heures.
26:53Je préviens,
26:54c'est important,
26:55prévenir son équipe
26:56et dire,
26:56en fait,
26:57à partir de 20 heures,
26:58vous n'arriverez plus,
26:59enfin,
26:59je ne regarderai plus mes mails
27:00et vous n'arriverez plus
27:02à me joindre
27:02sauf si,
27:03et là,
27:04évidemment,
27:04il peut avoir,
27:05moi j'aime bien
27:06la priorisation,
27:07vous m'envoyez un SMS.
27:09Le SMS,
27:09c'est un canal
27:10où là,
27:11je sais que
27:11ce n'est pas fermé.
27:13S'il y a une urgence.
27:15Mais,
27:16moi j'avais un directeur
27:18avec lequel je travaillais
27:19et c'était très bien
27:19pendant les vacances
27:20alors qu'il avait des...
27:22il s'occupait de prévention
27:23des risques psychosociaux,
27:25des sujets assez graves
27:26en entreprise et autres.
27:28Et justement,
27:30quand il partait,
27:31il disait,
27:32moi je trouvais ça super,
27:33il disait,
27:34voilà,
27:34moi je ne lirai pas mes mails.
27:36Donc sachez-le.
27:36En revanche,
27:37s'il y a un mail important à lire,
27:39vous m'envoyez un SMS
27:40et j'irai regarder le mail.
27:42Je peux vous dire
27:42que toute l'équipe,
27:43elle se mobilisait
27:44pour ne pas lui envoyer
27:45le SMS
27:46et elle trouvait la solution.
27:48Et c'était super.
27:50Donc,
27:50il faut un,
27:51faire confiance.
27:51Donc ça,
27:52c'est le premier truc.
27:53Faire confiance à son équipe
27:54et pas être...
27:55Ils ne peuvent pas vivre sans moi.
27:57Non, non,
27:57ils peuvent très bien vivre sans toi.
27:59Il n'y a pas de soucis.
28:00Donc ça,
28:01c'est le premier élément.
28:02Donc,
28:02inforesponsabilité,
28:04c'est déjà,
28:04ça commence par
28:05je me responsabilise moi
28:07et qu'est-ce que je fais
28:08pour déjà
28:08faire en sorte
28:09que tout ça
28:11ne m'arrive pas.
28:12Et puis,
28:12la dernière fois,
28:13j'en parlais avec
28:14une autre manager
28:14qui disait
28:15moi,
28:15j'ai pris une petite distance
28:16parce que je me rends compte
28:17que j'étais limite burn-out.
28:19Donc,
28:19si je tombe en burn-out,
28:20le problème,
28:20c'est que derrière,
28:21ça va coûter cher
28:22à l'entreprise aussi,
28:22quand même.
28:24Et puis moi,
28:25je prends cher aussi.
28:26Donc,
28:27Claire.
28:27Donc,
28:28elle s'est dit
28:29moi,
28:30je vais dire
28:31tout simplement
28:32je me prends
28:34une après-midi
28:34au milieu de la semaine
28:35où en fait,
28:36je me prends
28:37ce moment
28:38où c'est pour moi
28:39en fait.
28:39je ne me connecterai pas
28:41et autres
28:41et elle a gagné
28:42en créativité.
28:44Donc,
28:44on en revient
28:45à cette affaire-là.
28:46Donc,
28:46il ne faut pas hésiter
28:47en fait
28:48à le dire.
28:48Déjà,
28:49il faut exprimer son besoin.
28:50Je pense que c'est hyper important
28:51parce que je vois
28:52plein de gens
28:53qui me disent
28:53mais je ne peux pas m'arrêter
28:54mais si je m'arrête.
28:55La dernière fois,
28:56j'ai donné une formation
28:57encore à un atelier de manager.
29:00La formation,
29:01la personne
29:01continue à bosser
29:02pendant la formation.
29:03Je dis non,
29:04mais on arrête.
29:06Alors,
29:06c'était un sujet
29:07qui était sur la prévention
29:08des psychosociaux,
29:09pas sur la déconnexion
29:10mais là,
29:11on est dans un cas
29:12mais complètement
29:13où la personne,
29:14elle ne se rend même pas compte
29:15qu'elle continue
29:16à creuser,
29:17entre guillemets,
29:18j'aime pas cette expression
29:19mais creuser sa tombe quoi.
29:20C'est-à-dire que là,
29:21justement,
29:22la formation là,
29:23elle est faite
29:23pour qu'elle se pose
29:24et qu'elle réfléchisse
29:25à tous les signaux faibles
29:27que je donne
29:28pendant cette formation.
29:29Puis à la fin,
29:30elle est venue me voir
29:30et elle m'a dit
29:31j'ai l'impression
29:31que je coche
29:32tous les signaux faibles.
29:33C'est clair.
29:35C'est clair.
29:36Elle était hyper connectée.
29:37Et c'est vrai que
29:38même ici,
29:39pour les formations
29:39qu'on peut avoir
29:40nous,
29:40chez nous,
29:41en interne,
29:41c'est vrai que c'est
29:42un des premiers trucs
29:42qui est dit,
29:43c'est ça.
29:43C'est-à-dire,
29:44c'est un temps pour vous,
29:45c'est deux heures,
29:46trois heures,
29:47merci de ne pas sortir
29:48vos téléphones,
29:49vos ordines
29:50et d'être là
29:51dans le moment présent
29:52parce que si vous êtes
29:53qu'à moitié là,
29:54ça ne fonctionnera pas.
29:55Mais c'est vrai
29:55que c'est compliqué
29:56en même temps.
29:57C'est hyper frustrant.
29:58C'est frustrant pour la personne
29:59c'est culpabilisant.
30:01J'ose espérer
30:02que ce que je racontais
30:03était assez intéressant.
30:04En tout cas,
30:04les autres le pensaient.
30:05Mais clairement,
30:07c'est hyper frustrant.
30:09Et donc,
30:09conclusion,
30:10en fait,
30:10vous êtes là
30:10sans être là
30:11et le problème,
30:12c'est que vous continuez
30:13parce que vous êtes
30:14dans une espèce
30:14d'une machine infernale.
30:16Donc,
30:16c'est déjà au manager
30:17de dire,
30:18hop,
30:19stop.
30:20Donc,
30:20c'est pour ça
30:20que c'est important.
30:21Je disais tout à l'heure,
30:22les habitudes des collaborateurs,
30:24c'est le reflet
30:24des habitudes des managers.
30:26Donc,
30:26clairement,
30:26si un manager,
30:27il se dit,
30:29on calme un peu le rythme.
30:32Et même si la charge
30:33de travail,
30:33elle est énorme,
30:34on va la réguler
30:35et puis faire en sorte
30:36de ne pas perdre du monde
30:38parce que c'est ça
30:39qui se passe.
30:40C'est qu'on en perd
30:41au fur et à mesure
30:42et donc,
30:42toute la charge
30:43est répartie sur les autres.
30:45Donc,
30:45l'objectif du manager,
30:47c'est vraiment réorganiser
30:48et être très attentif
30:51en fait
30:51à cette surcharge
30:53informationnelle
30:53chez certains.
30:55Parce qu'il y en a d'autres
30:56qui seront,
30:56en revanche,
30:57dans leur tempérament
30:57qui diront,
30:58moi,
30:58je m'arrête
30:59et ils se protègent
31:00et ils n'ont pas tort.
31:01Oui,
31:02c'est vrai qu'il y en a
31:02qui ont naturellement
31:04ce mécanisme de défense
31:06qui sont tout à fait
31:07à l'aise
31:07pour mettre
31:08des barrières
31:10là où il faut.
31:11Et donc,
31:11oui,
31:11l'info-responsabilité,
31:13finalement,
31:13c'est d'être
31:14certes victime
31:16de cette infobésité
31:18un peu imposée
31:19par la société,
31:20les besoins,
31:21la nécessité
31:22de productivité,
31:23de rentabilité
31:23au boulot
31:24et en même temps
31:25de dire
31:25qu'on est aussi acteur
31:26et que c'est aussi
31:27à nous
31:27de mettre
31:29les freins
31:30là où il faut,
31:32là où il y en a besoin.
31:34Sur les bonnes pratiques
31:36que tu recommanderais
31:38aux salariés,
31:38tu en as un peu parlé
31:39finalement déjà
31:39sur la priorisation.
31:40Il y avait une autre question
31:44sur l'infobésité,
31:46sur le fait
31:47que ce soit un tabou
31:48ou pas en entreprise
31:48parce que c'est vrai
31:49que nous on en parle,
31:50là on a conscience
31:51tous les deux
31:52que c'est un problème,
31:53enfin une problématique
31:54en tout cas
31:54qui touche beaucoup de gens
31:55mais est-ce que,
31:57j'ai l'impression
31:57que ce n'est pas quelque chose
31:58qui est autant
31:59mis en avant
32:00et qui est autant identifié
32:02comme étant une problématique
32:03que d'autres sujets
32:04qui sont propres
32:07finalement à la,
32:09qui peuvent toucher
32:10la santé mentale
32:10des collaborateurs
32:11au travail.
32:13Donc,
32:14comment toi tu situes
32:15l'infobésité aujourd'hui
32:16dans le cadre
32:16de l'entreprise ?
32:18Comment c'est perçu ?
32:19Comment c'est identifié ?
32:21Alors,
32:22je pense qu'il y a eu
32:22quand même une évolution.
32:24Tout à l'heure
32:25je citais la loi de 2017
32:27la loi Comrie.
32:29Comrie,
32:29il y a quand même
32:30eu une évolution
32:31où il y en a beaucoup
32:32qui, de toute façon
32:33avec une loi,
32:33le truc, l'avantage
32:34et quand il y a une loi
32:35ou un accord
32:36ou un ami,
32:37un accord national
32:38interprofessionnel,
32:40on voit quand même
32:41que les entreprises
32:42se disent
32:42il va falloir faire
32:43quelque chose.
32:44Donc ça,
32:45ça a quand même
32:45pas mal mis en place,
32:48en tout cas,
32:48ça a pas mal motivé
32:49les entreprises
32:50pour mettre en place
32:51des chartes de déconnexion,
32:53même si certains
32:54parfois disent
32:55ouais, en fait,
32:56c'est écrit
32:56mais c'est de la théorie,
32:58des dispositifs
33:00pour en parler
33:00un peu plus
33:01et puis ces signatures.
33:04Tout à l'heure,
33:04c'est vrai que je disais
33:05les signatures électroniques,
33:07ce qu'on ne voyait
33:07absolument pas.
33:08je connais même
33:09des entreprises
33:10qui arrêtent
33:11quand même
33:11les serveurs
33:12en disant
33:13tout reprendra
33:17à 8 heures.
33:18Mais oui,
33:19parce que le risque
33:19juridique
33:19est tellement important
33:20que tout à coup
33:21il faut faire les colonnes,
33:22ça me coûtait ça,
33:23ça me rapporte ça
33:23quand même.
33:24Et puis aussi,
33:26tout ce qu'il y a,
33:27ça coûte aussi
33:28parce qu'ils se rendent
33:28compte que quand même
33:29financièrement,
33:31quand il y a un taux
33:32d'absentéisme
33:33important
33:34parce que c'est dû
33:34à des burn-out
33:35ou à des surcharges
33:36informationnelles,
33:37tout ça coûte cher.
33:38Donc je pense
33:39qu'il y a eu
33:39une prise
33:40de conscience
33:42des entreprises
33:42autour de ça
33:44avec le Covid.
33:47Donc il y a eu
33:48en même temps
33:48ce côté
33:50télétravail
33:51et donc on voit plus
33:52et comme si on ne voyait pas
33:53et tout.
33:54Et bon,
33:54il faut être quand même
33:55assez attentif.
33:56et puis il y a
33:57l'aspect générationnel
33:58comme on disait
33:59tout à l'heure.
34:00Et je pense que
34:01l'évolution,
34:03c'est vrai que moi
34:04je te confirme,
34:05j'ai l'impression
34:06qu'on en parle moins
34:08de l'infobésité.
34:10Je t'ai dit,
34:10je ne connaissais pas
34:11le terme avant
34:11de travailler sur l'épisode.
34:12De l'hyperconnexion
34:13parce qu'il y a
34:14toute une génération
34:15qui arrive
34:15et qui sait gérer
34:17entre guillemets.
34:17Mais c'est ça.
34:18Qui sait gérer
34:19mieux ça.
34:20C'est hyper admis
34:20en fait.
34:21Comme on a beaucoup
34:23recours à ça aussi
34:23sur le plan perso.
34:25Donc en fait,
34:27et pourtant,
34:28on sait très bien
34:29qu'au niveau
34:30des risques
34:31psychosociaux,
34:33c'est un facteur
34:34aggravant,
34:35clairement.
34:36Donc,
34:36la génération Y
34:38qui vient d'avoir
34:39un peu plus de 40 ans,
34:40je crois que les premiers
34:41viennent d'avoir 45 ans.
34:43Donc,
34:45eux,
34:45ils sont
34:45très équilibres
34:48vipro-viperso
34:49mais ils se sentent
34:50quand même
34:51concernés par le sujet.
34:53Et puis vraiment
34:53les générations X
34:54qui n'avaient pas
34:55trop l'habitude
34:56de toutes ces...
34:58Enfin voilà,
34:59ces nouveaux mails,
35:00enfin les mails
35:01et puis ces nouveaux afflux,
35:02le WhatsApp.
35:03Moi,
35:03je vois pas mal de gens
35:04qui me disent
35:04oh là là,
35:05mais il y a en plus
35:05le canal WhatsApp.
35:07Enfin,
35:07on me demande
35:08par plein de cadeaux
35:09maintenant
35:09de communiquer
35:10professionnellement quoi.
35:12Donc,
35:12ils sont plus perdus.
35:13Alors que j'ai l'impression
35:14que la génération
35:15qui arrive là,
35:15Z,
35:16elle est plus à l'aise
35:17bien sûr.
35:18Donc,
35:19mais c'est pas
35:19parce qu'elle est plus à l'aise
35:21que le risque
35:22n'existe pas.
35:23Je veux dire,
35:23on parle beaucoup
35:24de la santé mentale
35:25des jeunes aujourd'hui
35:25et il faut peut-être
35:28se poser la question
35:28pourquoi on en parle beaucoup.
35:30Et peut-être aussi
35:31parce que justement,
35:32il y a beaucoup de réseaux
35:33qui font qu'il y a
35:36une accélération
35:37de toutes ces informations
35:39qui arrivent.
35:40Alors,
35:41ok,
35:41une génération plus à l'aise,
35:43mais attention
35:44parce que le risque,
35:45il est toujours là.
35:46Et est-ce qu'il y a
35:47des moyens aujourd'hui
35:48en entreprise
35:49de mesurer justement
35:50cette surcharge informationnelle
35:52au sein des équipes
35:53et s'ils existent,
35:55lesquels sont-ils
35:56et qu'est-ce qu'ils permettent
35:57de montrer finalement ?
35:59Alors,
36:00à l'époque,
36:00à France Télévisions,
36:01on a mené une enquête
36:02pour objectiver
36:04les éléments
36:04parce que c'est vrai
36:05qu'on dit
36:05j'y reçois trop de mails,
36:06ok.
36:06Donc déjà,
36:07on a mené une enquête
36:08pour savoir le nombre
36:09de mails reçus
36:10avec le nombre
36:11de pièces jointes
36:12parce qu'à l'époque,
36:13ça alourdit déjà,
36:15c'est pas bon pour la planète
36:15toutes ces pièces jointes.
36:16Oui,
36:16puis c'est encore plus
36:17d'informations cachées
36:18dans un petit mail.
36:19Voilà,
36:20donc c'était extrêmement
36:21fatigant et tout.
36:22Donc on avait objectiver
36:23les éléments,
36:24c'est important
36:24et c'est là où on s'était
36:25rendu compte en fait
36:26qu'en fait,
36:28dans certains secteurs,
36:29il y avait beaucoup
36:30de pièces jointes
36:31et peut-être qu'on pouvait
36:32un peu donner des éléments
36:33pour dire
36:34arrêtons d'envoyer
36:35toutes ces pièces jointes
36:36ou sinon demandons
36:38des mails qu'on a reçus
36:39qui aient moins de pièces jointes.
36:41Donc ça,
36:41c'était pas mal
36:42d'objectiver
36:43puisqu'on peut totalement le faire,
36:45c'est assez facile
36:45savoir le nombre de mails
36:47reçus,
36:48envoyés et autres.
36:49Donc ça,
36:49c'est la première chose.
36:52Ensuite,
36:53moi je pense que c'est
36:54hyper important
36:54d'en parler
36:55mais pas par un mail.
36:57Non,
36:58pardon.
36:58J'envoie un mail
36:59pour dire
37:00voilà,
37:01ça serait bien
37:01qu'il y ait moins de mails.
37:02Je peux vous dire
37:02que là,
37:03ça marche pas.
37:05À l'époque,
37:05on avait créé
37:06un jeu
37:07qui s'appelait
37:08Attitude
37:08avec le arrobas
37:09de...
37:11Voilà,
37:11le arrobas
37:12et je trouvais
37:14que c'était bien,
37:15c'est-à-dire
37:15pendant une réunion de service
37:16en fait,
37:17c'était un jeu
37:17où tout le monde
37:18se mettait autour de la table
37:19avec le manager
37:19et des questions étaient posées
37:22toutes simples
37:22mais pas genre accusatif
37:24pas accusatif
37:25mais si je te dis
37:27tu devrais mettre
37:29ton message d'absence
37:29à chaque fois
37:30que tu pars en vacances
37:31je me sens accusé.
37:32Alors je me dis dans ma tête
37:33il me demande ça
37:34alors que
37:35waouh,
37:36moi pendant mes vacances
37:37à chaque fois
37:38je vais regarder mes mails
37:39mais c'est pour lui
37:40donc le manager
37:40sent mal à l'aise
37:41de dire ça
37:41à son collaborateur.
37:43Or si vous avez un jeu
37:44avec, il y avait quatre
37:45il y avait respect au travail
37:47il y avait
37:47les outils
37:48c'est sur des comportements
37:48au travail
37:49exactement
37:49voilà
37:50il y avait
37:51c'est important
37:51voilà
37:52outils
37:52il y avait des choses
37:54autour de l'hyperconnexion
37:55et autres
37:55et donc il y avait
37:56c'était un jeu
37:57un quiz
37:58un principe
37:59où chacun prenait
38:00des positions
38:01et donc les sujets
38:03arrivaient
38:04mais de manière commune
38:05c'était très bien
38:06et donc chacun entendait
38:07et le prenait
38:08pour soi ou pas
38:09en fait
38:09c'est ça qui était
38:10très intéressant
38:11il y avait un moment
38:12justement sur
38:13les messages d'absence
38:15bon à l'époque
38:16maintenant je pense
38:16que tout le monde
38:17met des messages d'absence
38:18mais donc ça
38:19c'est plutôt bien
38:20mais c'est bien
38:21même alors parfois
38:21même quand on est
38:22un jour en formation
38:23on met un message d'absence
38:24mais très bien
38:24mais non mais au moins
38:25quand quelqu'un répond
38:26tout le temps dans l'immédiateté
38:28ça le met plus à l'aise
38:29et au moins il se dit pas
38:30je vais regarder
38:31toutes les deux heures
38:33ou même
38:33toutes les deux minutes
38:34plutôt
38:35mon téléphone
38:37donc
38:37mais c'était bien
38:38de le dire
38:39et que le manager
38:40le dise
38:41les gens se sentent
38:42beaucoup mieux
38:42et donc il disait
38:44mais voilà
38:44moi je n'attends pas
38:45de réponse
38:46même si je vous envoie
38:47un mail après 20h
38:48je n'attends pas de réponse
38:49c'est tout bête
38:50de l'avoir dit
38:51mais je l'ai vu
38:51et bien tout à coup
38:52il y a des gens
38:53qui disaient
38:53ah bah ouais
38:53et puis à partir de 20h
38:55ils ne regardaient plus
38:55leur mail
38:56ils se disaient
38:56il me l'a dit
38:57il l'a dit devant tout le monde
38:58il n'y a pas de problème
38:59donc je pense que ça
39:00c'est un moyen de prévention
39:01qui est bien
39:02et qui est humain
39:03enfin voilà
39:04on est autour d'une table
39:05avec un côté un petit peu
39:06pédagogique
39:07ludique
39:07et tant mieux
39:08et puis
39:09et puis on avait décliné
39:11donc ce côté attitude
39:13ce goodies
39:14et tout
39:14mais voilà
39:15il y avait je me souviens
39:15des tapis de souris
39:16attitude
39:17non mais c'est tout bête
39:18quand quelqu'un excédait
39:19un peu l'autre
39:20sortait son tapis de souris
39:21donc c'était bien
39:22maintenant voilà
39:23c'est juste pour dire
39:24que je pense que c'est
39:25important que ce soit
39:27des choses assez concrètes
39:29et surtout
39:29qui se disent verbalement
39:30et que ça soit
39:32dans un souci d'équipe
39:34il faut que tout le monde
39:34fonctionne de la même manière
39:36parce que parfois
39:37il y en a qui envoient des mails
39:38jusqu'à 22h en disant
39:39comme ça tout le monde
39:40verra que je bosse
39:41ou en télétravail
39:42tout le monde met en copie
39:44entière tout le monde
39:45pour dire je bosse
39:46regardez je bosse
39:47ben non en fait
39:48il faut que le manager
39:48dise non non
39:49vous mettez pas en copie
39:50tout le monde
39:51moi je sais que vous bossez
39:52tout le monde sait
39:53il n'y a pas de problème
39:54et on arrêtera la surcharge
39:55informationnelle
39:56de plein de mails
39:57où tout le monde est en copie
39:58alors qu'il suffirait juste
39:59que ça soit adressé directement
40:00et surtout vis-à-vis du manager
40:02c'est vrai que je trouve que
40:03autant c'est son droit
40:05finalement de travailler
40:06le week-end ou tard le soir
40:08mais c'est vrai que
40:08d'envoyer l'email
40:09à 21h-22h
40:10on parlait d'exemplarité
40:11ça donne l'impression
40:13qu'il faut y répondre
40:13ou qu'en tout cas
40:14c'est ok de répondre tard
40:16ou le week-end
40:16sachant qu'aujourd'hui
40:18il y a la possibilité
40:19de programmer ses emails
40:21pour qu'ils soient envoyés
40:22à des heures
40:22qui rentrent
40:24dans le cadre du travail
40:25donc finalement
40:26il n'y a presque pas
40:26d'excuses pour
40:27c'est-à-dire que ça peut être
40:28la problématique
40:29de la personne en soi
40:30mais ça ne doit pas être
40:32une pression mise
40:32sur les équipes
40:34parce qu'il y a des solutions
40:35qui existent
40:35là j'avais
40:36une petite anecdote
40:37mais à l'époque
40:38je présentais aussi
40:39ce jeu dans des codières
40:41et autres
40:41et il y avait un manager
40:43qui envoyait des mails
40:44à 4h du matin
40:45parce qu'il était insomniaque
40:47sauf que là
40:48personne ne lui a dit
40:49mais ah t'es insomniaque
40:50et t'envoies des mails
40:51et il est hors de question
40:51que t'envoies à 4h du matin
40:52en revanche
40:53de dire de manière générale
40:55oui c'est vrai qu'en plus
40:56quand on envoie des mails
40:57à 4h du matin
40:58parce que moi j'arrivais
40:59j'étais neutre
41:00ça envoie un message
41:01sur sa vie personnelle
41:02qu'on est insomniaque
41:04qu'on n'arrive pas à dormir
41:04et qu'on n'a pas d'autre chose
41:05à faire
41:06plutôt que de travailler
41:07et c'est tout bête
41:09mais en fait
41:10il a arrêté
41:11il s'est mis à 4h du matin
41:12voilà
41:12donc maintenant
41:13tu as raison
41:14il y a évidemment
41:15des moyens
41:16qu'on peut mettre en place
41:17pour faire différer
41:19les mails
41:20et pour qu'ils arrivent
41:21voilà
41:22tous à 8h du matin
41:23bon le seul truc
41:24le petit pendant de ça
41:25c'est que quand on a
41:26une salve de mails
41:27qui arrive à 8h du matin
41:28parce que mon manager
41:29moi je faisais ça
41:30clairement
41:31et le manager disait
41:32là je vois
41:33qu'il n'y a pas que du
41:35j'ai reçu 5 mails
41:36à 8h du matin
41:37donc ça veut dire
41:38qu'il y avait eu
41:38des messages
41:39que j'avais écrits
41:40hors horaire de travail
41:43bon
41:43ça envoyait
41:44mais au moins
41:45il n'avait pas ce truc
41:46de se dire
41:46et puis
41:47de se dire
41:48ben oui
41:49il y a un risque
41:50enfin
41:50on avait confiance et tout
41:52mais je reparlais du risque
41:53juridique
41:53sur la traçabilité
41:54c'est important quoi
41:55et il y a
41:57il y a une nouvelle
41:59enfin il y a des solutions
42:00qui arrivent
42:00je ne sais pas si tu connais
42:02un truc qui s'appelle l'IA
42:03par exemple
42:03aujourd'hui
42:04c'est tout nouveau
42:05ça vient d'arriver
42:06mais en quoi l'IA
42:09peut améliorer les choses
42:10et en fait non
42:10la vraie question c'est
42:11est-ce que ça peut vraiment
42:12améliorer les choses
42:13ou est-ce que c'est pas
42:14justement encore un moyen
42:15d'avoir accès
42:16à encore plus d'informations
42:17de manière encore plus rapide
42:19de traiter de l'info
42:20encore plus
42:21voilà
42:21comment tu sois
42:22t'imagines
42:23le rôle de l'IA
42:24vu que voilà
42:25elle prend de plus en plus
42:26de place dans notre vie
42:27aussi bien perso que pro
42:28est-ce que toi
42:29tu le vois comme un outil
42:30ou au contraire
42:31comme encore un risque
42:32supplémentaire
42:33de submerger
42:33alors moi je suis encore
42:34hyper partagée
42:35comme plein de gens
42:36alors c'est drôle
42:37parce que lundi
42:38j'étais à un café IA
42:39et il y a quelqu'un
42:41qui était là
42:42qui est un pro de l'IA
42:43enfin pro
42:44et puis qui vraiment
42:45nous a montré
42:46qu'il était complètement dedans
42:47il disait
42:48mais je vis IA
42:49vraiment
42:49il a dit quelque chose
42:51qui m'a complètement scotché
42:52il m'a dit
42:52je me sens dévastée
42:54et excitée
42:55et j'ai fait
42:56waouh
42:57c'est exactement ça
42:58et c'est exactement ça
43:01c'est-à-dire excité
43:02parce que clairement
43:03l'IA
43:04moi je suis la première
43:06alors de manière
43:06à un petit niveau
43:07mais je suis très intriguée
43:10parce que je trouve ça
43:11hyper intéressant aussi
43:12clairement
43:12moi j'utilise l'IA
43:13comme assistant
43:14l'IA comme assistant
43:15ça me met à l'aise
43:16parce que je trouve
43:17que c'est comme si
43:19le soir
43:20quand je travaille
43:20un peu sur mes presses
43:22et tout
43:22et je dis
43:22ah bah tiens
43:23j'ai cette question
43:23je vais lui poser la question
43:24lui donner une réponse
43:25et je me dis
43:26tiens voilà
43:27donc évidemment l'IA
43:28ça peut être très intéressant
43:30pour interagir
43:31pour interagir
43:32et me dire
43:32tiens je peux aller plus loin
43:33et tout et autre
43:34avec l'expérience
43:35que j'ai aujourd'hui
43:36c'est-à-dire que
43:37moi j'ai déjà fait mon truc
43:39et je vais plus loin
43:40pour avoir une bonne grille
43:41de lecture
43:42voilà
43:42déjà
43:43donc ça je trouve ça
43:44super intéressant
43:45donc c'est excitant
43:46c'est excitant
43:47clairement l'IA
43:48là
43:49pendant ce qu'a fait l'IA
43:51il y a quelqu'un
43:51sur mon entreprise
43:53qui m'a fait
43:53une représentation graphique
43:55avec je ne sais plus
43:56comment ça s'appelait
43:57banana
43:57je ne sais plus comment
43:58et j'ai trouvé ça génial
44:00il m'a montré
44:01mais il a mis
44:03moins de 10 minutes
44:03j'ai trouvé ça hallucinant
44:05donc c'est génial
44:06et ça fait gagner
44:07beaucoup de temps
44:07donc on peut se dire
44:08génial
44:09ça va permettre
44:10de gagner du temps
44:11ça va permettre
44:12de gagner du temps aussi
44:13il y en a beaucoup
44:14qui reçoivent leur mail
44:15et qui répondent
44:16avec une IA
44:16sauf que
44:18alors en même temps
44:19on se dit
44:19ben oui
44:20comme ça
44:20peut-être que dans
44:21l'afflux de mails
44:22ça va permettre
44:23de gagner du temps
44:24donc je pense que l'IA
44:26va faire gagner
44:26beaucoup de temps
44:27et ça peut-être
44:28c'est une bonne chose
44:29clairement
44:30mais dans le dévasté
44:31je me suis demandé
44:32la question
44:32et oui dévasté
44:33parce que
44:34parce que l'IA aussi
44:35ben c'est
44:37on se rend compte
44:38de jusqu'à où
44:39ça peut aller
44:39et clairement
44:41moi j'ai écouté
44:42quelques émissions
44:42sur l'IA
44:43où j'entends
44:44ben il y en a
44:44qui l'apprennent
44:45ils l'apprennent
44:46moi je dis
44:46ils
44:46là
44:47donc l'IA
44:48presque comme
44:50une confidence
44:50en fait
44:51une confidence
44:52presque comme un psy
44:53et ça je me dis
44:54waouh
44:54ça ça peut aller loin
44:56et au niveau santé mentale
44:57ça peut être intéressant
44:59d'ailleurs comme sujet
45:00un jour
45:00et il y aura
45:01j'en suis sûre
45:01santé mentale
45:03et l'IA
45:03et là à mon avis
45:04waouh
45:05il va falloir mettre
45:06un bon cadre
45:07parce que
45:08parce que ça peut aller
45:10très loin
45:10parce que
45:11parce que tout à l'heure
45:13je disais
45:14une entreprise
45:14elle a besoin
45:15de ce lien
45:15entre les collaborateurs
45:17et
45:17elle est
45:19et une IA
45:20qui viendrait
45:20un peu se glisser
45:23au milieu de tout ça
45:23avec les plus plus
45:25qu'il y a
45:25j'en suis totalement
45:27consciente
45:27mais
45:28on va perdre
45:30quelque chose
45:30d'essentiel
45:31pour l'entreprise
45:32donc
45:32oui elle est
45:34mais il y a
45:35cadré
45:35et
45:37et ça va apporter
45:39bien sûr
45:39des choses
45:40pour l'hyperconnexion
45:42l'IA
45:42peut aider
45:44moi je crois
45:45quand même
45:45que ça peut
45:45aider
45:46à réduire
45:47sa connexion
45:48en tout cas
45:49elle se transforme
45:51et est-ce que
45:52parce que c'est vrai
45:52que moi
45:52je me suis aussi
45:53posé la question
45:54et moi
45:55ce qui m'interroge
45:56c'est de se dire
45:56effectivement
45:56l'IA peut permettre
45:57de gagner du temps
45:58mais jusqu'ici
45:59j'ai l'impression
46:00en tout cas
46:00de mon point de vue
46:01qu'à chaque fois
46:02qu'il y a eu
46:02une avancée
46:03technologique
46:03une innovation
46:05qui a permis
46:05justement
46:06de faire gagner du temps
46:07en fait
46:07ça n'a permis
46:08que
46:08d'augmenter
46:10finalement
46:11la charge de travail
46:11puisqu'on se dit
46:12en fait
46:12ce qu'il prenait
46:13huit heures
46:14à faire avant
46:14peut être fait
46:15en deux heures
46:15donc en fait
46:16il peut faire
46:16quatre trucs
46:17qui prennent
46:18deux heures
46:18maintenant
46:19donc est-ce qu'il n'y a
46:20pas aussi
46:21finalement ce risque
46:21que certes
46:22ça me fait
46:22gagner du temps
46:23mais en fait
46:23c'est simplement
46:24une opportunité
46:26pour avoir
46:27plus de sujets
46:27à traiter
46:28donc c'est pour ça
46:30que c'est important
46:31à ce moment-là
46:32de se dire
46:32peut-être réduire
46:35au niveau de la production
46:35parce qu'être tout le temps
46:36tout le temps
46:37tout le temps
46:37dans la production
46:38et là on a
46:39une infobésité
46:40de production
46:40ce qui fait que
46:42si on laisse de la place
46:43c'est justement
46:44pour qu'il y ait de la place
46:45pour de la créativité
46:46pour des moments
46:47avec les autres
46:48c'est pour ça que je pense
46:49que l'IA peut être
46:50très positif
46:50mais il faut que ça soit cadré
46:51il ne faut pas qu'on ait
46:52des dirigeants
46:54qui disent
46:55on va mettre de l'IA
46:56et puis vous allez faire
46:57plus de trucs
46:58non
46:58on va gagner du temps
46:59et ce temps-là
47:00qu'est-ce qu'on en fait
47:01que l'outil soit utilisé
47:03pour la bonne tâche
47:04et pas forcément
47:05exactement
47:06et puis l'IA
47:08la dernière fois
47:09j'entendais
47:09alors là ça m'a scotché
47:10il y en a qui envoient
47:11carrément leur chabotte
47:12en réunion
47:13donc ils disent
47:15ok à plein de réunions
47:16ils envoient le chabotte
47:17en réunion
47:17non mais c'est un truc de malade
47:19donc
47:19waouh
47:20pour avoir le résumé
47:22de la réunion
47:23enfin
47:23ouais
47:24donc là
47:24je trouve que ça amène
47:26quelque chose
47:27de se dupliquer
47:29comme ça
47:29de manière
47:30enfin
47:30un côté
47:31homme augmenté
47:32femme augmenté
47:33humain augmenté
47:35qui me paraît
47:36peut-être un peu trop là
47:37très bien
47:40écoute
47:41je pense qu'on a
47:42à peu près fait le tour
47:43c'est bien de finir sur l'IA
47:44parce que ça permet
47:45d'avoir une ouverture
47:46un peu sur
47:47quelque chose
47:48d'inconnu
47:49sur l'avenir
47:50et sur
47:51comment on pourra
47:52finalement
47:54travailler
47:54avec elle
47:55dans le futur
47:56et si ça aura
47:57un impact
47:57effectivement
47:57sur notre santé mentale
47:58ou pas
47:59merci beaucoup
48:01Hortense
48:01pour ton temps
48:02pour ton expertise
48:03d'avoir répondu
48:04à nos questions
48:05et puis pour
48:06tes échanges
48:07et puis rendez-vous
48:08pour un autre épisode
48:10prochainement
48:11merci Mathieu
48:12merci
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