00:00Le roman est une façon de se laver, de se nettoyer de l'actualité, de se nettoyer de ce qu'on lit, de ce qu'on entend.
00:06Et le roman, pour moi, c'est un échappatoire facile, mais en même temps, c'est un échappatoire, on a toujours des comptes à rendre, mais j'ai trois filles, j'ai atrocement peur pour elles, je n'ai jamais eu peur pour mes enfants, c'est la première fois que j'ai peur pour elles, vraiment j'ai peur pour elles.
00:21Mais j'ai peur de façon logique et de façon tout à fait éclairée, ce n'est pas une peur panique, je sais que ce qui leur attend, ça ne va pas être bien.
00:31Vous aussi, Fabrice Pesquit ?
00:32Sur la France d'aujourd'hui, alors comme nous sommes romanciers, je vais zoomer, et par exemple, moi, un détail qui m'a frappé ces derniers temps, d'ailleurs, ça figure brièvement dans le roman, c'est le protoxyde d'azote, c'est-à-dire que c'est le gaz hilarant qui empoisonne notre jeunesse,
00:49et donc, d'ailleurs, je crois que c'est ce que je dis dans le livre, que c'est un gaz tristement hilarant, et je trouve que, justement, pour un romancier, ça dit quelque chose sur notre France, sur notre société, et c'est ce que j'essaie, par exemple, de décrire.
01:06Donc, vous estimez que notre jeunesse, aujourd'hui, elle est menacée, ou en tout cas, là, c'est...
01:10Oui, tout le monde est menacé aujourd'hui, de toute façon, mais...
01:12Enfin, comme ça, j'exprimais une crainte pour ses propres enfants, ce qu'on peut comprendre.
01:16Parce que moi, voilà, ça y est, on passe.
01:19Non, moi, vous êtes jeunes, ah ben, enfin...
01:22Oui, oui, je pense que c'est plus dur pour la nouvelle génération.
01:25En même temps, toute génération a l'impression d'être une génération perdue.
01:30Peut-être, mais à ce point-là, je ne sais pas.
01:32Oui, non, mais je suis tout à fait d'accord, c'est plus dur pour eux, aujourd'hui.
01:36Comment résister mentalement aux réseaux sociaux ?
01:40Là, Don Quichotte, à côté, c'est pas grand-chose.
01:43Déjà, on est un peu terrorisés, c'est sûr, oui.
01:46Plus le monde qui nous entoure, j'allais dire, politiquement.
01:48De manière, encore une fois, romanesque, c'est vrai qu'en même temps, ce cauchemar, c'est du caviar pour les romanciers.
01:55Oui.
01:55Ah, peut-être, oui, ça, c'est vrai.
01:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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