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  • il y a 8 mois
Dans Parlons de vous, Judith Beller reçoit Edouard Piens, responsable stratégie et innovation du groupe InVivo

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##PARLONS_DE_VOUS-2025-12-14##

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Transcription
00:00Sud Radio, parlons de vous, Judith Bélaire.
00:05Parlons de vous sur Sud Radio, c'est le micro qui révèle ceux qui agissent.
00:09Aujourd'hui on parle vrai avec Edouard Pience qui est directeur stratégie et innovation du groupe InVivo.
00:14Bonjour Edouard, bienvenue.
00:15Bonjour Judith.
00:16Alors Edouard, notre thème du jour c'est InVivo qui est devenu, qui est le seul acteur agricole du consortium Fertigi
00:22et qui deviendra en 2035 le premier distributeur d'engrais verts.
00:26Alors déjà qu'est-ce que c'est Fertigi ?
00:28Alors Fertigi c'est un projet qui est déjà qui est né du principe que l'agriculture est responsable des émissions de gaz à effet de serre
00:38de manière majoritaire sur ce que l'on mange, ce que l'on consomme.
00:43Si on prend une baguette par exemple, 50% des gaz à effet de serre qui sont émis lors de la production de cette baguette
00:49sont dus à l'agriculture et dus aux engrais.
00:52Si on prend une bière c'est 20%.
00:54Donc ce sont des chiffres qui sont très importants et qui du coup nous ont fait réfléchir et nous ont fait dire que ces engrais il faut qu'on les décarbone.
01:03Donc c'est un projet Fertigi en tant que tel, c'est un projet de construction d'usines d'engrais décarbonés
01:09qui aura lieu dans le nord de la France.
01:14C'est un projet qui regroupe beaucoup d'acteurs européens.
01:17Ça aussi c'est important de le dire parce qu'on est en Europe peu producteurs d'engrais.
01:23On importe beaucoup ces engrais et donc on s'est allié avec un certain nombre d'acteurs européens.
01:28Néerlandais avec Heineken, Allemands avec Siemens, des Italiens, des Espagnols, etc.
01:34Et le but c'est vraiment d'être prêt à partir, à produire dès 2030 en fait, c'est ça ?
01:40Alors l'objectif c'est de produire dès 2030.
01:44Donc là on est dans la phase d'études, on est dans la phase de levée de fonds.
01:47Et c'est de poser la première pierre en 2027 ou 2028 et de commencer à produire dès 2030.
01:55L'objectif c'est de produire 500 000 tonnes.
01:57500 000 tonnes ça paraît énorme comme ça, c'est environ 10% de la consommation d'engrais en France.
02:03D'accord. Et alors comment est-ce que vous accompagnez justement les agriculteurs
02:07pour qu'ils adoptent assez rapidement ces engrais bas carbone dès la mise sur le marché
02:11pour que ça rentre dans leur inconscient collectif presque j'ai envie de dire ?
02:14Alors on a un avantage, c'est que l'engrais qu'on va produire c'est exactement le même que l'engrais que l'on vend aujourd'hui.
02:20D'accord.
02:20La seule différence qui est énorme c'est son mode de production.
02:25Un engrais aujourd'hui est produit à partir de gaz et notamment de gaz russe, ukrainien ou américain.
02:31C'est bon à savoir, oui.
02:31Voilà. Et donc on ne va pas pouvoir l'utiliser ad vitam aeternam et surtout on a envie de le décarboner.
02:38Donc l'idée c'est de remplacer ce gaz par de l'électricité et de produire exactement le même engrais.
02:44D'accord.
02:45L'agriculteur n'aura pas de difficulté à épandre tel ou tel engrais, ce sera exactement le même.
02:51D'accord.
02:51La deuxième chose c'est que je pense qu'il coûtera malheureusement un petit peu plus cher et donc il faudra l'accompagner à travers des filières, à travers la mise en place de filières que le consommateur sera en capacité ou les différents maillons de la chaîne de valeur seront en capacité de valoriser.
03:06Donc rémunérer l'agriculteur pour qu'il puisse acheter ces engrais qui se prennent plus cher.
03:11Il faut éduquer tout le monde quoi, c'est ça que vous dites.
03:12Il faut éduquer plus tout le monde, ce sera indispensable.
03:15Et alors est-ce que c'est des engrais qui sont compétitifs malgré toutes ces importations justement dont vous parlez ?
03:20Alors, ils sont compétitifs, non, dans le sens où ils seront plus chers, ça c'est une certitude.
03:29Maintenant, aujourd'hui, ils sont beaucoup trop chers et donc il faudra être accompagnés par les pouvoirs publics et il faudra être accompagnés par l'ensemble des filières et des industries agroalimentaires pour qu'on puisse accepter ces engrais.
03:42Et ils vous suivent tous, en majorité en tout cas ?
03:45C'est le travail qu'on est en train de faire aujourd'hui, justement, c'est de convaincre les pouvoirs publics et de convaincre les industriels de nous suivre.
03:50Et elle va être où cette usine alors ?
03:52Alors, elle sera située dans les Hauts-de-France, à Langues-Voisins, sur un site proche d'un certain nombre d'agriculteurs.
03:59Mais sa zone de chalandise, on pourra distribuer un petit peu partout en France et dans le nord de l'Europe.
04:05Donc c'est quand même une production franco-française, entre guillemets, c'est quand même un projet aussi qui vise à renforcer notre souveraineté quoi ?
04:12Alors, c'est totalement un projet qui vise à renforcer notre souveraineté, la souveraineté alimentaire française.
04:18Quand on prend, j'aime bien dire que quand on prend une baguette de pain, c'est fabriqué à base de farine.
04:25La farine, c'est fabriqué à base de blé et le blé, c'est fabriqué à base d'engrais, à base d'azote, qui est l'élément qui permet de nourrir la plante.
04:35Et si l'on est capable de produire en France du blé, de le transformer en farine, puis de le transformer en pain, il nous manque ce maillon essentiel qui est la production d'engrais.
04:46Une fois qu'on aura cette production d'engrais, on pourra dire qu'on est totalement autonome dans la production de nos cultures agricoles.
04:53Donc le but, c'est de maîtriser toute la chaîne en fait, c'est ça aussi ?
04:57Le but, c'est de maîtriser toute la chaîne, d'avoir cette maîtrise de la chaîne de valeur.
05:04Aujourd'hui, on maîtrise, en chaîne Vivo, on a la chance de maîtriser justement la fourniture de ces engrais aux agriculteurs.
05:11On a la chance de pouvoir collecter leur blé, de pouvoir la transformer, puisqu'on a des moulins,
05:17et de pouvoir la transformer en baguette, on a des boulangeries industrielles et des boulangeries artisanales un petit peu partout en France.
05:22Donc l'objectif, c'est de pouvoir maîtriser l'ensemble de cette chaîne de valeur.
05:27Un, pour des raisons économiques, pour valoriser l'agriculture française.
05:31Et la deuxième chose, c'est de pouvoir maîtriser la décarbonation de nos industries.
05:36Bravo, j'ai envie de dire Cocorico, Edouard Piance.
05:39Merci.
05:39Je rappelle que vous êtes directeur stratégie et innovation de InVivo Group, parce que c'est comme ça que ça se dit.
05:45Merci d'être venu participer avec nous aujourd'hui.
05:47Merci beaucoup.
05:48Merci.
05:49Merci.
05:50Merci.
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