00:00Comme ça se déroule sur 10 ans, la fin de ce livre, 3-4 jours avant, je ne savais pas qu'elle serait cette fin-là.
00:07C'est cet énorme cliffhanger dont je ne veux pas parler, mais ça a la liberté.
00:12Et en même temps, je ne détruis pas l'édifice que je suis en train de construire.
00:15C'est un peu comme une sculpture. Je travaille sur la durée avec beaucoup de liberté.
00:20Après, je pense que l'artiste étant une éponge, on est dans une période qui est tellement radicale
00:24qu'il n'est pas, au fond, si étonnant que ce soit une bande dessinée, un roman.
00:30Cette espèce de radicalité, on la met à notre sauce, mais on en est tout imprégné, en vérité.
00:36C'est pour ça qu'on a eu cette audace de vous rapprocher, parce que vous avez la même sensibilité et le même humour.
00:43Et puis j'aime beaucoup ce que tu as dit. Tu as dit qu'on travaille toujours la même matière.
00:48On prend toujours le même clou, mais la focale change.
00:51La même matière, l'obsession des artistes, c'est ça, en fait.
00:55Les généralistes sont très suspects. Il n'y en a qu'un qui était généraliste et absolument génial.
00:59C'est Kubrick. Kubrick, il peut passer de Lolita au Sentier de la Gloire à, je ne sais pas, 2001.
01:06C'est une force, en fait, je crois, de s'acharner. C'est un acharnement.
01:09Exactement.
01:10Et on ne sait pas si on viendra à bout, parce qu'on ne sait pas pourquoi on s'acharne.
01:12Et vous pouvez mettre des gags en une page. Vous pouvez mettre une chasse au trésor au XVIIe siècle,
01:17un récit médiéval, un récit de science-fiction.
01:20Ce sera la même chose. Ce sera le même univers de l'écrivain, les mêmes obsessions.
01:25Et que vous pourrez flairer et ressentir, ceux qui nous connaissent un peu,
01:30où on dira, ah bah tiens, ça c'est du Bilal, ah bah tiens, c'est du Dupond-Mono, alors que...
01:33Mais c'est ça qui est beau.
01:34Mais oui, on ne peut pas faire autrement.
01:36Merci.
01:37Merci.
01:38Merci.
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