00:00C'est sa quatrième visite d'Etat à la Chine. Le chef de l'Etat français fait actuellement route vers Chengdu, dans le sud du pays.
00:07Une autre séquence l'attend. Depuis cette nuit déjà, et vous le voyez ici à l'écran, il était reçu en grande pompe à Pékin par le président chinois.
00:15Plusieurs dossiers ont déjà été abordés, l'économie forcément.
00:19A l'heure où la montée en puissance chinoise bouleverse les relations commerciales, il a été question du fameux déséquilibre commercial.
00:26A ce propos, Xi Jinping a appelé à une relation plus stable avec la France. Écoutez-le.
00:32Le chemin qui est devant nous est celui d'un rééquilibrage nécessaire. Pas par incantation, mais parce que le chemin actuel n'est pas soutenable.
00:43Parce qu'il est rentré dans un déséquilibre trop important.
00:47Et je vous l'ai dit avec beaucoup de franchises, nous voulons le faire et nous voulons le faire avec vous.
00:51Nous voulons consolider les entreprises qui travaillent des deux côtés.
00:54Nous voulons améliorer les exports de nos entreprises et nous voulons améliorer les investissements de vos entreprises et de vos grands secteurs dans notre pays et notre continent.
01:06Et lors de cette apparition commune devant la presse, Emmanuel Macron a évoqué aussi une longue conversation sur l'Ukraine.
01:14Pendant cette visite, le président français espère, vous le savez, convaincre son homologue d'oeuvrer à mettre fin à la guerre.
01:20Pékin qui a d'abord rejeté toute part de responsabilité dans le conflit.
01:23Promis de continuer à jouer un rôle constructif pour une solution à la crise.
01:28David Delos, bonjour.
01:30Voilà pour les dernières déclarations.
01:32Emmanuel Macron a rappelé à Pékin sa capacité déterminante quand même à oeuvrer sur le dossier ukrainien.
01:38Quel levier d'action possible pour la Chine aujourd'hui ?
01:40La Chine pourrait par exemple transformer un levier économique en armes politiques en fermant le robinet du pétrole.
01:47Parce qu'il faut le savoir, le géant asiatique achète à lui seul quasiment la moitié du pétrole russe exporté à l'international.
01:55Et depuis que les Etats-Unis ont annoncé des sanctions contre le géant russe Rosneft et Lukoy,
02:01on se demandait comment les banques, comment les importateurs chinois allaient réagir pour éviter des représailles américaines.
02:08On a un début de réponse avec la fermeté affichée par Xi Jinping qui a rejeté toute responsabilité dans ce dossier ukrainien.
02:17Le numéro 1 chinois a bien réaffirmé que son pays soutient tous les efforts de paix.
02:21Mais la fin de non-recevoir qu'il a opposé à la demande de son homologue français rappelle que la Chine n'a jamais condamné clairement, explicitement, l'offensive militaire russe sur l'Ukraine.
02:32Dès le début de la guerre, il faut s'en souvenir, en février 2022, Pékin avait même été très critique vis-à-vis des sanctions américaines et occidentales à l'encontre de la Russie.
02:41En estimant que ce n'est pas le bon moyen de résoudre la crise, mieux la Chine a fait écho à la Russie en parlant de libération du Donbass, en parlant d'opérations militaires spéciales.
02:54Le soutien à la Russie n'est jamais explicite mais il est réel, il va dans l'intérêt de Pékin.
02:59Soutenir l'Ukraine, ce serait perdre le partenaire russe avec lequel Pékin a constitué une sorte d'axe censé résister à une supposée hégémonie américaine et aux appétits supposés là encore de l'OTAN.
03:11Depuis février 2022, 20 jours avant le début de la guerre, Pékin et Moscou avaient publié un communiqué appelant à la fin des élargissements d'une alliance atlantique perçue comme le fer de lance de l'influence américaine.
03:26Les Chinois n'ont pas oublié par ailleurs qu'ils ont été la cible d'un embargo sur les armes après la répression sanglante des manifestations de Tiananmen en 1989.
03:34A cette époque, la Russie avait été un allié précieux, un gros pourvoyeur d'équipements militaires.
03:41Aujourd'hui, la Chine paye en quelque sorte ses dettes et livre des composants pour l'industrie de défense russe.
03:47Raison pour laquelle les occidentaux accusent Pékin de soutenir l'effort de guerre de la Russie, ce qui peut expliquer les mots très forts utilisés par Xi Jinping.
03:55« La Chine s'oppose fermement à toute tentative irresponsable visant à rejeter la faute ou à diffamer quiconque », ce sont ces mots exacts.
04:02Voilà ce que le président chinois a répondu à Emmanuel Macron, alors même que le chef d'État français ne le faisait en fin de compte aucun grief.
04:10Alors, on le voit bien, la question de l'Ukraine a été centrale pendant cette première journée.
04:14La question de Taïwan, aussi abordée, présente mais en arrière-plan.
04:18Effectivement, oui, l'Élysée a laissé entendre qu'Emmanuel Macron veut évoquer ce dossier avec Xi Jinping.
04:24Le président français s'était attiré les foudres des autorités chinoises lorsqu'il avait comparé la situation en mer de Chine méridionale avec la guerre en Ukraine.
04:34En milieu de semaine dernière, le ministre chinois des Affaires étrangères avait exhorté Paris à respecter le principe d'une seule Chine.
04:43C'est le credo utilisé par Pékin pour justifier sa volonté de revendiquer Taïwan.
04:48Comme faisant partie de son territoire.
04:50Dans les faits, Emmanuel Macron devrait encourager un statu quo dans ce dossier et enjoindre la Chine à éviter toute escalade.
04:57C'est le minimum syndical, alors que sur ce dossier, le timing joue contre le président français.
05:03Pékin n'a pas digéré les récentes déclarations de la première ministre du Japon.
05:08Un mois à peine après être entré en fonction, Sanae Takahichi a déclaré que des attaques armées chinoises pourraient justifier l'envoi de troupes japonaises.
05:18Déclaration sans filtre et somme toute assez logique quand on sait que Sanae Takahichi est une nationaliste convaincue.
05:26Elle n'a pas oublié que Taïwan a été japonaise très longtemps, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
05:31Mais ces mots ont déclenché de vive réaction côté chinois.
05:34Pékin en a même profité pour exiger des prises de position sans ambiguïté de la part de ses partenaires internationaux.
05:41Donald Trump, par exemple, a conseillé à Sanae Takahichi de ne pas provoquer son voisin chinois.
05:46Il se dit que le président américain aurait formulé ce conseil après un appel de Xi Jinping.
05:51Il y a assez peu de chances pour qu'Emmanuel Macron s'aventure sur ce terrain un peu trop glissant pendant cette visite.
05:57Merci beaucoup David de cette visite qui va donc se poursuivre.
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