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00:00On écoute le discours d'Emmanuel Macron scruté par tous les Européens sur la dissuasion nucléaire.
00:07Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs le ministre, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités,
00:18c'est avec gravité que je me tiens aujourd'hui devant vous, au cœur de l'île longue,
00:27cette cathédrale de notre souveraineté, symbole de l'engagement constant de notre pays pour la dissuasion nucléaire depuis maintenant plus
00:38de 65 ans.
00:41Dans quelques jours, le sous-marin nucléaire lanceur d'engin, le téméraire qui vous fait face, prendra la mer.
00:51Il disparaîtra dans une discrétion absolue et jouera pleinement depuis les profondeurs son rôle de gardien ultime de notre liberté
01:02d'action, de notre indépendance.
01:07Tout cela, nous le devons à l'engagement continu de mes prédécesseurs, de nos armées,
01:16depuis le premier essai nucléaire français en 1960,
01:20la première alerte opérationnelle des forces aériennes stratégiques en 1964,
01:25la première pierre posée ici même, à l'île longue, en 1965,
01:32et encore la première patrouille du SNLE le redoutable en janvier 1972.
01:39Nous le devons aussi au savoir-faire de nos centres de recherche,
01:45de nos industriels, au professionnalisme et au dévouement des militaires et des civils qui servent,
01:52où qu'ils se trouvent, dans un atelier secret, au fond des mers ou dans le ciel,
01:59notre dissuasion nucléaire.
02:03J'en suis reconnaissant à chacun.
02:08Pour la dissuasion, notre nation a consenti un effort financier, scientifique et technologique constant,
02:18à tous égards exceptionnel et sans égal sur le continent.
02:24Déjà trois générations de femmes et d'hommes se sont succédées pour oeuvrer à l'édification
02:31à la consolidation, à l'optimisation de ce qui constitue la pierre angulaire de notre stratégie de défense.
02:41A l'heure où vacillent les certitudes, où les adversaires s'enhardissent, où les alliances fasseillent,
02:50la dissuasion est et doit demeurer un intangible Français.
02:56En tant que président de la République, élu au suffrage universel direct, j'en suis le garant.
03:05Et je suis venu ici vous redire avec la plus grande force l'attachement de la nation,
03:12mon attachement, à la poursuite de cette mission fondamentale.
03:19Notre dissuasion est robuste et efficace.
03:24Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France
03:28savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux à payer.
03:37Mais intangible ne veut pas dire inerte.
03:42En février 2020, il y a six ans déjà, fidèle à la tradition républicaine,
03:48j'avais exposé les fondements de notre doctrine nucléaire et de sa place dans le monde.
03:55Depuis lors, les choses ont changé.
04:00Les six années écoulées pour la France et pour l'Europe pèsent comme des décennies
04:04et les derniers mois comme des années.
04:07Nos concurrents ont évolué, nos partenaires aussi.
04:12Le monde se durcit et les dernières heures l'ont encore démontré.
04:17C'est donc avec beaucoup de gravité que je viens aujourd'hui annoncer à la nation
04:24une évolution à la hauteur de nos défis nationaux et européens.
04:31Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces
04:36et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen,
04:43dans le plein respect de notre souveraineté,
04:46avec la mise en place progressive de ce que j'appellerais une dissuasion avancée.
04:54Oui, nous vivons actuellement au plan géopolitique une période de rupture,
04:59pleine de risques,
05:01et nos compatriotes en ont pleinement conscience.
05:05Cette période justifie un durcissement de notre modèle.
05:10La Russie mène à l'Ukraine voisine d'une guerre lente et cruelle
05:14qui constitue, comme l'a identifié notre revue nationale stratégique,
05:19un risque majeur pour notre Europe.
05:22Cette même Russie assume un révisionnisme,
05:25un impérialisme brutal et, déjà forte d'un arsenal nucléaire pléthorique,
05:32ne cesse de développer de nouvelles armes.
05:35Des missiles nucléaires hypersoniques,
05:38d'autres à propulsion nucléaire censées voler sans limite,
05:41des torpilles nucléaires,
05:43et même un projet particulièrement dangereux pour l'humanité
05:46d'armes nucléaires envoyées dans l'espace.
05:50La Chine, de son côté,
05:54s'est engagée dans un rattrapage à marche forcée des Etats-Unis.
05:59Elle fabrique plus d'armes aujourd'hui que n'importe quel autre pays.
06:04Elle a exposé encore récemment
06:06les derniers perfectionnements de sa triade.
06:10Nul ne sait quelles seraient les ramifications,
06:13directes ou indirectes,
06:15nucléaires ou non,
06:17d'un conflit qui éclaterait en Extrême-Orient ou ailleurs.
06:21Elle ne saurait en tout état de cause
06:23être sans conséquence pour nous.
06:27La Chine, comme la Russie,
06:30développent des systèmes de plus en plus sophistiqués
06:32de protection de leur territoire,
06:33une logique qui épouse d'ailleurs les Américains aussi
06:37avec leur projet de Golden Dome.
06:41En Asie, les arsenaux ou les forces stratégiques
06:45d'autres Etats possesseurs,
06:47comme l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord,
06:49sont en pleine expansion.
06:52Par ailleurs,
06:53nous ne pouvons plus considérer les menaces
06:56de manière isolée,
06:57car de nouveaux liens sont apparus entre elles.
07:01quel est le prix du soutien massif de la Corée du Nord
07:05à la guerre d'agression que mène la Russie ?
07:08Quelles sont les ramifications du traité d'alliance
07:10entre les deux pays ?
07:12Que dire de la dépendance extrême
07:14dans laquelle la Russie s'est placée vis-à-vis de la Chine ?
07:18De tout cela, nous devons tenir compte.
07:23A cela s'ajoute la guerre en cours au Proche et Moyen-Orient
07:27qui porte et portera son eau d'instabilité
07:30et d'embrasement possible à nos frontières
07:33avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques
07:36non encore détruite.
07:38Sur cela, je reviendrai dans les prochains jours.
07:43Quant à nos alliés américains
07:46qui eux-mêmes modernisent leur arsenal,
07:48ils jouent depuis 1945
07:50et continueront de jouer un rôle clé
07:53dans la défense de l'Europe.
07:55Nous leur en savons gré.
07:57Et au plan de la dissuasion,
07:59ils participent directement à notre protection
08:01avec la mission nucléaire de l'OTAN.
08:05Mais leur récente stratégie nationale
08:07de sécurité et de défense
08:10manifeste un réagencement des priorités américaines
08:13et une incitation forte
08:16à ce que l'Europe s'occupe plus directement
08:19de sa propre sécurité.
08:22Il nous faut entendre cette invitation
08:24à prendre davantage en main notre destin.
08:28Et comme vous le savez, je ne dis pas autre chose
08:30depuis le premier jour de mon premier mandat.
08:35Il y a par ailleurs une autre caractéristique
08:38de la période que nous vivons.
08:39Dans l'atmosphère d'anomie actuelle,
08:43nous assistons à la fois à un renforcement du risque
08:46que les conflits franchissent le seuil nucléaire,
08:49mais aussi dans le même temps
08:50à une intensification de la conflictualité
08:54sous ce seuil.
08:57Et cela a des implications très directes pour nous.
09:01Le risque de franchissement est plus grand,
09:04d'abord parce que les conflits impliquant des puissances dotées,
09:07des Etats possesseurs ou proliférants, s'accroissent.
09:11N'a-t-on pas vu tout récemment des explosions de violences
09:14impliquant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, Israël ?
09:19N'a-t-on pas vu aussi des comportements irresponsables,
09:22de la Russie en particulier,
09:24avec une modification de sa doctrine
09:27qu'aux humains pour menacer l'Ukraine,
09:29une banalisation du discours sur l'arme,
09:32des officiels qui agitent des menaces inconsidérées,
09:35des tirs de missiles du haut,
09:37comme l'Orechnik,
09:38à proximité des frontières européennes.
09:41Tout cela est un changement majeur
09:44qui rend plus tangible le risque de franchissement.
09:49Dans le même temps,
09:50les puissances nucléaires comme la France
09:52doivent aussi s'accoutumer
09:53à la possibilité de conflits majeurs
09:56sous le seuil nucléaire
09:57dans leur environnement immédiat.
10:01N'a-t-on pas vu ces derniers mois
10:03des salves de missiles tomber sur des puissances dotées
10:06ou des Etats possesseurs ?
10:08L'Europe pourrait un jour se trouver
10:10dans une position similaire.
10:13Pour gérer ce genre de situation
10:15avant qu'elle ne franchisse le seuil nucléaire,
10:18il faut des capacités spécifiques.
10:21L'alerte avancée pour détecter les menaces,
10:25la défense aérienne élargie pour s'en prémunir,
10:29la frappe dans la profondeur
10:31pour contrer et agir au plan offensif.
10:36C'est tout cela qu'on appelle l'épaulement.
10:41Pour être forts dans notre dissuasion nucléaire,
10:44nous devons être forts
10:46dans nos capacités conventionnelles
10:48dans toutes leurs dimensions.
10:51C'est bien sur ces deux piliers
10:52que se fonde notre défense
10:54et j'en ai souligné l'importance dès 2020.
10:58Mais les dernières années
11:01ont bien montré le manque criant
11:03de capacités d'épaulement en Europe.
11:06Et cette situation n'est pas tenable.
11:08Et vous verrez qu'elle occupe
11:10une place importante dans mon raisonnement.
11:14Tout cela montre en tout cas
11:17que les menaces nucléaires s'accroissent,
11:19se diversifient,
11:21qu'elles sont davantage connectées entre elles,
11:24qu'elles risquent d'être précédées
11:25d'épisodes de conflits intenses sous le seuil
11:28et que les défenses de nos adversaires potentiels
11:31se renforcent.
11:34Nous devons donc en tirer les leçons.
11:37Car en effet, dans ce monde dangereux et instable,
11:42comme vous m'avez déjà entendu le dire à plusieurs reprises,
11:45pour être libre, il faut être craint.
11:48J'en ai la conviction.
11:52Notre pays détient cette arme hors du commun
11:56qu'est l'arme nucléaire,
11:58et il en fait le socle de sa sécurité.
12:01La chaîne de commandement est d'une clarté totale
12:04et la décision ultime revient au seul président de la République.
12:11Et devant la nation,
12:13dans ces temps d'incertitude,
12:16je le redis aujourd'hui avec force,
12:19en ma qualité de président de la République,
12:22je n'hésiterai jamais à prendre les décisions
12:27qui seraient indispensables
12:30à la protection de nos intérêts vitaux.
12:34Si nous devions utiliser notre arsenal,
12:38aucun Etat, si puissant soit-il,
12:41ne pourrait s'y soustraire.
12:44Aucun, si vaste soit-il, ne s'en remettrait.
12:49Un seul de nos sous-marins,
12:50tel que celui derrière moi,
12:53emporte avec lui une puissance de frappe
12:55qui équivaut à la somme de toutes les bombes
12:58tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
13:03C'est près de 1 000 fois
13:04la puissance des premières bombes nucléaires.
13:09C'est donc un discours de puissance assumée
13:12au service de la paix
13:15que je viens vous tenir aujourd'hui.
13:18Et cette puissance,
13:21vous le savez mieux que quiconque,
13:24ne vient pas sans effort.
13:27Le maintien de la crédibilité de cet outil
13:29est le fruit de décisions importantes
13:32prises ces dernières décennies
13:34et accélérées ces dernières années.
13:37Les trois décennies d'après la guerre froide
13:39nous avaient offert cette parenthèse de l'histoire
13:42où nous bénéficions de l'affaiblissement
13:44de nos adversaires
13:45et de l'empathie assurée de nos alliés.
13:49En conséquence,
13:50nous avions progressivement renoncé
13:52à la composante terrestre de notre dissuasion
13:55et nos arsenaux avaient décru.
13:59Ces temps pourtant si proches
14:02semblent déjà lointains.
14:05Dès 2017,
14:07j'ai pris acte de la fin des dividendes de la paix.
14:12Je me suis employé
14:13à assurer le renouvellement
14:15de tous nos moyens
14:16pour les prochaines décennies.
14:18Nos futurs sous-marins stratégiques
14:20ont été mis en chantier.
14:23Ceux qui assurent
14:24avec vaillance
14:25une présence permanente à la mer
14:27depuis 1972
14:30verront donc
14:31la 3e génération
14:33prendre la mer
14:34ici même,
14:36à Lille-Longue.
14:38Les premières découpes
14:39de l'acier
14:40qui façonnera les coques
14:41de ces nouveaux sous-marins
14:42ont commencé
14:43il y a plusieurs mois
14:45à Cherbourg.
14:47Je tiens ici
14:48à féliciter
14:49les acteurs militaires,
14:52industriels,
14:53scientifiques
14:54qui oeuvrent
14:55à ce succès.
14:58Très peu de nations
14:59dans notre monde
15:01sont capables
15:02de construire
15:03de tels sous-marins nucléaires,
15:05prodiges inégalés
15:06de technologies,
15:08aussi discrets
15:09que performants,
15:11capables de frapper
15:12en tout point
15:13nos agresseurs potentiels.
15:17Dans la tradition
15:18qui préside
15:20au baptême
15:20de nos sous-marins,
15:22j'ai ainsi aujourd'hui
15:23l'insigne honneur
15:24de vous annoncer
15:25que le futur sous-marin
15:27nucléaire
15:28lanceur d'engin
15:29qui battra
15:31pavillon français
15:32se nommera
15:33l'invincible
15:34et naviguera
15:35en 2036.
15:40La même rigueur
15:41s'est appliquée
15:43au renouvellement intégral
15:44des autres domaines
15:45de la dissuasion.
15:47Nous disposons
15:48depuis quelques mois
15:50du nouveau missile
15:52M51.3
15:54sur nos SNLE
15:55et d'une nouvelle tête
15:57nucléaire océanique
15:59optimisée
15:59pour pénétrer
16:01toutes les défenses.
16:03Notre force aérienne
16:05stratégique
16:06et la force aéronavale
16:08nucléaire
16:09ont vu
16:10leurs missiles
16:11de croisière nucléaire
16:12rénover.
16:13Et nous allons lancer
16:15cette année
16:15le très ambitieux programme
16:18de missiles stratégiques
16:19hypersoniques
16:20et manœuvrants
16:21qui équipera
16:23nos avions de combat
16:24et le futur porte-avions
16:26dans la prochaine décennie.
16:29Notre programme national
16:31Tritium
16:32a été consolidé
16:35nous assurant
16:36de notre capacité
16:37à poursuivre
16:38la production
16:39d'armes nucléaires
16:40en totale
16:41indépendance
16:42et autosuffisance.
16:46Notre réarmement,
16:47vous le voyez,
16:49engagé depuis
16:50presque dix ans,
16:51porte donc
16:52ses fruits.
16:55Vous en voyez
16:56certains effets
16:56ici même
16:57et l'effort
16:59se poursuivra
17:00bien sûr
17:00symétriquement
17:02sur le volet
17:03conventionnel.
17:05Et pourtant,
17:08le contexte
17:09que j'ai évoqué
17:10au début
17:10de mon propos
17:11m'amène
17:11à une conclusion claire.
17:14Nous ne pouvons pas
17:15nous satisfaire
17:16de la trajectoire
17:17actuelle.
17:19Et je dois
17:20à la nation
17:21pour aujourd'hui
17:22mais aussi
17:22pour l'avenir
17:24l'assurance
17:25absolue
17:26que notre dissuasion
17:27demeurera crédible
17:28et qu'au moment
17:30des circonstances
17:30extrêmes,
17:32elle nous soustraira
17:33à tout chantage
17:34et toute capitulation.
17:38L'évolution
17:39des défenses
17:40de nos compétiteurs,
17:41l'émergence
17:43de puissances régionales,
17:45la possibilité
17:46de coordination
17:47entre adversaires
17:48et les risques
17:50liés
17:51à la prolifération,
17:52tout cela
17:53après un examen
17:55minutieux
17:55m'a conduit
17:58à cette conclusion
17:59un rehaussement
18:01de notre arsenal
18:02est indispensable.
18:06Il ne s'agit pas ici
18:08d'entrer dans une
18:09quelconque course
18:10aux armements.
18:11Cela n'a jamais
18:12été notre doctrine.
18:14Il serait inutile
18:15de prétendre
18:16entrer dans une
18:16coûteuse surenchère.
18:18L'essentiel,
18:20comme je le disais,
18:21est que tout adversaire
18:22ou toute combinaison
18:24d'adversaires
18:25ne puisse entrevoir
18:26la possibilité
18:27d'une quelconque frappe
18:29à l'encontre
18:30de la France
18:30sans la certitude
18:32de se voir
18:33infliger
18:34des dommages
18:35dont il ne se relèverait pas.
18:39Il n'est point besoin
18:40de symétrie
18:41des arsenaux
18:42pour cela.
18:43Notre doctrine
18:45refuse donc
18:46l'idée
18:47de report
18:47nucléaire graduée.
18:49L'armement nucléaire
18:51français
18:51est stratégique
18:53et exclusivement
18:54stratégique
18:55car il s'agit
18:57bien d'armes
18:57d'une toute autre nature
18:58que celles
18:59dont on pourrait
19:00user sur un champ
19:01de bataille.
19:03La France,
19:05depuis le président
19:06François Mitterrand,
19:07a ainsi abandonné
19:08tout concept
19:09d'emploi tactique
19:10des armes nucléaires
19:11et nous n'y reviendrons pas.
19:15Dans cette optique
19:17d'asymétrie
19:18assumée,
19:20la France
19:20a toujours envisagé
19:22pour son arsenal
19:23les seuils
19:24strictement cohérents
19:26avec l'efficacité
19:27opérationnelle
19:28de notre dissuasion.
19:30Ma responsabilité
19:33est d'assurer
19:34que notre dissuasion
19:35conserve
19:36et qu'elle conservera
19:38à l'avenir
19:39son pouvoir
19:40de destruction
19:41assuré
19:42dans l'environnement
19:44dangereux,
19:46mouvant
19:47et proliférant
19:48que je viens de rappeler.
19:51c'est pourquoi
19:52j'ai ordonné
19:54d'augmenter
19:56le nombre
19:58de têtes
19:58nucléaires
19:59de notre arsenal.
20:02Pour couper court
20:04à toute spéculation,
20:06nous ne communiquerons plus
20:08sur les chiffres
20:09de notre arsenal nucléaire
20:12contrairement
20:13à ce qui avait pu être
20:15le cas
20:16par le passé.
20:19Pour être libre,
20:20donc,
20:21il faut être craint
20:22et pour être craint,
20:24il faut être puissant.
20:27Cette augmentation
20:28de notre arsenal
20:29en témoigne.
20:31Mais pour être puissant,
20:33et c'est le deuxième temps
20:35de mon propos aujourd'hui,
20:37il faut être plus uni.
20:39et c'est d'Europe
20:41que je vais vous parler
20:42à présent.
20:44Notre sécurité
20:45ne s'est jamais conçue
20:46dans les seules limites
20:47de notre territoire,
20:49au plan conventionnel
20:50comme au plan nucléaire.
20:51C'est un fait évident
20:53de la géographie
20:54qui est là
20:55et qu'on ne peut négocier.
20:57J'ajouterai d'ailleurs,
20:59aujourd'hui,
21:00plus que jamais,
21:02l'indépendance
21:04ne peut être la solitude.
21:07Dans le domaine nucléaire,
21:09cela a été reconnu
21:10par tous mes prédécesseurs
21:11sans distinction.
21:13Mais aujourd'hui,
21:15les conditions
21:16sont désormais
21:17véritablement réunies
21:19pour en tirer
21:20les conséquences concrètes.
21:24Pour expliquer ce point,
21:27permettez-moi
21:28de m'attarder un instant
21:29sur un élément central
21:31de notre doctrine nucléaire,
21:34les intérêts vitaux
21:35de la nation.
21:38La dissuasion nucléaire française
21:39a vocation
21:40à dissuader tout Etat
21:42de s'en prendre
21:43à nos intérêts vitaux.
21:46Quels sont-ils ?
21:48Nous ne les avons
21:49jamais énoncés précisément,
21:51à dessein.
21:53Nos lignes rouges
21:55ne sont pas lisibles.
21:57Elles ne sauraient l'être.
22:00À coup sûr, pourtant,
22:02nos intérêts,
22:03s'ils couvrent
22:03sur le territoire hexagonal
22:05et ultramarins,
22:07ne peuvent se confondre
22:08avec le seul tracé
22:10de nos frontières nationales.
22:13Peut-on envisager
22:14que la survie
22:15de nos partenaires
22:16les plus proches
22:16soit mise en jeu
22:18sans que cela affecte
22:19nos intérêts vitaux ?
22:21Ou à l'inverse,
22:22qu'une menace extrême
22:23en Europe
22:23ne concerne que nous-mêmes ?
22:25Pour ces raisons fondamentales,
22:30les présidents successifs
22:31ont évoqué
22:33la dimension européenne
22:34des intérêts vitaux
22:35de la France.
22:37En février 2020,
22:39j'avais réitéré
22:40l'offre
22:41de tous mes prédécesseurs,
22:43depuis le président
22:44François Mitterrand,
22:47d'un dialogue
22:48avec les pays européens
22:50qui seraient désireux
22:51d'approfondir
22:52avec nous
22:52cette dimension.
22:55J'avais même proposé
22:56d'associer ces pays
22:58à des exercices
22:59de notre dissuasion.
23:03Six ans plus tard,
23:06nous sommes
23:07dans un autre
23:07univers stratégique.
23:10Nous devons passer
23:11à une toute autre étape
23:13et formuler
23:14pour notre époque
23:15ce dont le général de Gaulle
23:17avait déjà l'intuition.
23:21Je crois pouvoir affirmer
23:23que nos partenaires
23:24y sont prêts.
23:27Nous avons d'abord
23:29resserré
23:29en juillet dernier
23:31les liens
23:32avec le Royaume-Uni,
23:35partenaire majeur
23:36et puissance nucléaire
23:37indépendante
23:38avec laquelle
23:39nous reconnaissons
23:40depuis 1995
23:42qu'il n'y a pas
23:44de situation
23:44engageant
23:45les intérêts vitaux
23:46de l'une
23:46sans que ceux de l'autre
23:48ne soient affectés.
23:49Nous avons renforcé
23:52nos coopérations
23:52nucléaires bilatérales,
23:54affirmé notre solidarité
23:56commune
23:56avec les Européens
23:57et ouvert
23:59la possibilité
24:00d'une coordination
24:01de nos dissuasions
24:03respectives.
24:05Dès cet hiver,
24:08deux hauts responsables
24:08britanniques
24:09ont assisté
24:12pour la première fois
24:13depuis l'existence
24:15de notre dissuasion
24:17à l'un des exercices
24:18de nos forces
24:19aériennes
24:20stratégiques.
24:23Mais notre ambition
24:24doit être plus grande
24:25car c'est la sécurité
24:27du continent,
24:28la nôtre,
24:30qui est en jeu
24:31pour l'avenir.
24:32Des contacts
24:33ont été pris
24:34avec un premier groupe
24:34d'alliés,
24:35à commencer,
24:36bien entendu,
24:37par notre partenaire
24:38essentiel,
24:39l'Allemagne.
24:41Ils ont répondu
24:42favorablement
24:43à l'offre de la France.
24:45Aujourd'hui,
24:47une nouvelle étape
24:48de la dissuasion française
24:50peut donc
24:51se concrétiser.
24:54Nous entrons
24:55sur le chemin
24:56de ce que j'appellerais
24:58la dissuasion
24:59avancée.
25:02Je préfère le dire
25:04tout de suite,
25:04il n'y aura
25:05aucun partage
25:06de la décision ultime,
25:09ni de sa planification,
25:11ni de sa mise en oeuvre.
25:14En vertu
25:15de notre Constitution,
25:17elle appartient
25:17au seul président
25:19de la République,
25:20comptable
25:21devant le peuple français.
25:24En conséquence,
25:25il n'y aura pas non plus
25:26de partage
25:27de la définition
25:28des intérêts vitaux
25:29qui restera
25:30d'appréciation souveraine
25:32pour notre pays.
25:34Et pour cette raison,
25:35comme dans les autres
25:37alliances nucléaires,
25:38y compris lorsqu'elles ont
25:40des plans
25:40et des procédures.
25:43Il n'y aura pas
25:44de garantie
25:45au sens strict
25:46du terme.
25:47Une garantie rigide,
25:48d'ailleurs,
25:49serait imprudente.
25:51Elle abaisserait
25:52le seuil nucléaire
25:53et réduirait
25:54d'autant
25:55l'incertitude
25:56de nos adversaires.
25:59Avec la dissuasion
26:00avancée,
26:01notre doctrine
26:02conservera
26:03ses fondations originelles.
26:05Son caractère
26:06strictement défensif,
26:07le refus
26:09de la bataille nucléaire,
26:11la rupture
26:12totale
26:13et assumée
26:14entre le conventionnel
26:16et le nucléaire.
26:19Il en va
26:20de même
26:20pour l'opportunité
26:21d'un avertissement
26:23nucléaire
26:24unique
26:24et non renouvelable.
26:27Il sera
26:28toujours décidé
26:29à la seule discrétion
26:31de la France
26:31pour signifier
26:33très concrètement
26:34que le conflit
26:36vient de changer
26:37de nature
26:37et que la France
26:39entend par ce moyen
26:40préserver
26:41une ultime chance
26:43de rétablir
26:44la dissuasion.
26:46La France
26:48assumera donc
26:49toujours seule,
26:50en intégrant
26:51à sa réflexion
26:52les intérêts
26:53de nos alliés,
26:54le franchissement
26:55délibéré
26:56du seuil nucléaire.
26:59La dissuasion
27:01avancée
27:02est une démarche
27:04progressive.
27:05Elle offre
27:06la possibilité
27:07pour les partenaires
27:08de participer
27:09aux exercices
27:10de la dissuasion
27:11tout d'abord.
27:13Cela pourra
27:13impliquer également
27:14du signalement
27:15y compris
27:17au-delà
27:17de nos frontières
27:18strictes
27:19ou la participation
27:20conventionnelle
27:21de forces alliées
27:22à nos activités
27:24nucléaires.
27:26Elle pourra
27:26enfin
27:27prévoir
27:28le déploiement
27:29de circonstances
27:30d'éléments
27:31de force
27:31stratégiques
27:32chez nos alliés.
27:36Et de la même façon
27:38que nos sous-marins
27:40stratégiques
27:40se diluent
27:41naturellement
27:41dans les océans,
27:43garantissant
27:44une capacité
27:44permanente
27:45de frappe,
27:46nos forces
27:47aériennes stratégiques
27:48pourront ainsi
27:49se disséminer
27:50dans la profondeur
27:51du continent européen.
27:53Cette dispersion
27:54sur le territoire
27:55européen
27:56à la manière
27:57d'un archipel
27:58de force
28:00compliquera
28:00le calcul
28:01de nos adversaires
28:02et donnera
28:04à cette dissuasion
28:05avancée
28:05beaucoup de valeur
28:07pour nous.
28:08Elle renforcera
28:09notre défense
28:10en lui accordant
28:12du champ.
28:12Elle lui offrira
28:14une profondeur stratégique
28:15nouvelle,
28:16cohérente
28:17des enjeux
28:17de sécurité
28:18en Europe.
28:20sa valeur
28:21sera,
28:23je le crois,
28:23très forte
28:24aussi
28:24pour les partenaires
28:26qui entreront
28:26dans cette logique
28:27avec nous
28:28et dont le territoire
28:30gagnera
28:30un lien affirmé
28:32avec notre dissuasion.
28:36Il a été clair
28:38dès le début
28:41pour nous
28:42et pour nos partenaires
28:43que cet effort
28:45viendrait en plus
28:46de la mission nucléaire
28:48de l'OTAN
28:49à laquelle,
28:51je le rappelle,
28:52nous ne prenons pas part.
28:53La dissuasion avancée
28:55que nous proposons
28:56est un effort distinct
28:57qui a sa valeur propre
28:58et qui est parfaitement
29:00complémentaire
29:01de celui de l'OTAN
29:02au plan stratégique
29:03comme au plan technique.
29:06Le travail
29:07que nous avons
29:08entamé
29:09sur ce projet
29:10avec les Européens
29:12s'est fait
29:13en pleine transparence
29:15avec les Etats-Unis
29:16d'Amérique
29:17et en coordination
29:19étroite
29:20avec le Royaume-Uni.
29:24Que les alliés
29:25qui nous ont témoigné
29:27leur confiance
29:28en travaillant intensément
29:29à ces futurs partenariats
29:31dans le respect
29:33de nos obligations
29:34internationales
29:36et tout particulièrement
29:37du traité
29:38sur la non-prolifération
29:39des armes nucléaires
29:40en soient ici,
29:42aujourd'hui,
29:43remerciés.
29:45L'Allemagne
29:47sera un partenaire
29:50clé de cet effort,
29:51naturellement,
29:53le plus ambitieux
29:54dans l'esprit
29:55du traité
29:56d'Aix-la-Chapelle.
29:58Les premières étapes
29:59de la coopération
30:00commenceront
30:01dès cette année
30:02et pourront inclure
30:03des visites
30:04de sites stratégiques
30:05et des exercices
30:07conjoints.
30:09Dès à présent,
30:10d'autres pays
30:10ont accepté
30:11ce dialogue
30:12et au-delà
30:14de nos partenaires
30:15et amis britanniques
30:16et allemands
30:17déjà évoqués,
30:18la Pologne,
30:19les Pays-Bas,
30:21la Belgique,
30:21la Grèce,
30:23la Suède
30:24et le Danemark
30:26s'y joindront.
30:28C'est une véritable
30:29convergence stratégique
30:31entre nos pays,
30:32de nature à donner
30:33une réelle profondeur
30:34à la défense
30:35de notre continent.
30:37Les discussions
30:38sont aussi ouvertes
30:39avec plusieurs autres pays,
30:41se poursuivront
30:42dans les semaines
30:43et les mois à venir.
30:47à l'image
30:48de ce que nous avons
30:48mis en place
30:49avec le Royaume-Uni,
30:51des organes d'échange
30:52au niveau politique
30:54vont être créés
30:55avec chacun
30:56de ces pays
30:56dès les prochains jours.
30:59Cela suppose
31:00un travail commun
31:00sur la menace
31:01et le renseignement,
31:02des moyens
31:03de communication
31:04spécifiques,
31:05une organisation,
31:07mais aussi
31:08une compréhension commune
31:09des ressorts
31:10de l'escalade
31:11et de comment
31:11y faire face,
31:12en particulier
31:14dans sa phase conventionnelle.
31:17C'est pourquoi aussi
31:18la démarche
31:19de la dissuasion avancée
31:21de par sa nature
31:22accroît
31:24notre protection
31:25et celle
31:26de nos partenaires.
31:28De la même manière
31:29que la France
31:30crée
31:31pour les adversaires
31:34de l'Europe
31:35de nouveaux dilemmes
31:37stratégiques
31:37à travers
31:38cette dissuasion avancée,
31:39nos partenaires
31:40contribuent
31:41en retour
31:43à la sécurité
31:44collective
31:45et donc
31:46à celle
31:46de la France.
31:48C'est la nature même
31:50de l'épaulement
31:51stratégique.
31:52L'expérience
31:53des dernières années
31:54montre bien
31:54qu'il y a
31:55au moins
31:56trois domaines
31:57où notre Europe,
31:58si elle devait faire face
31:59à une escalade
32:00et la gérer
32:01sous le seuil nucléaire,
32:03bénéficierait
32:03de nouveaux moyens
32:04collectifs.
32:06L'alerte avancée,
32:08donc la capacité
32:08par une combinaison
32:09de satellites
32:10et de radars
32:11de détecter
32:12et de suivre
32:13les missiles
32:14qui pourraient
32:14nous viser,
32:15la maîtrise
32:16de notre ciel
32:17avec la défense
32:17aérienne élargie
32:18et les protections
32:20antimissiles
32:20et antidrones,
32:21et enfin
32:22les capacités
32:23de frappe
32:24dans la grande profondeur.
32:27En entrant avec nous
32:28dans cet épaulement
32:29réciproque,
32:30les pays partenaires
32:32peuvent aider
32:32à renforcer
32:33les capacités
32:34de l'Europe
32:35dans ces trois domaines.
32:37Ce serait
32:38une juste répartition
32:39des efforts
32:40et la France
32:41y sera donc
32:42clairement gagnante.
32:45D'ores et déjà,
32:47les projets avancent
32:48et nous continuerons
32:50de forcer le pas.
32:53Pour ce qui est
32:55de l'alerte avancée,
32:56d'abord,
32:57le programme
32:58J-WELL donnera
32:59des capacités souveraines
33:00aux Européens
33:00pour détecter
33:02depuis l'espace
33:02les missiles
33:03qui les viseraient.
33:05Pour ce qui est
33:06de la défense aérienne,
33:07le système
33:08Samte-NG
33:10offrira
33:11des performances
33:12de premier rang mondial.
33:14Déjà,
33:14le Danemark
33:15et l'Ukraine
33:15en ont annoncé
33:17l'acquisition.
33:19Pour ce qui est
33:20de la frappe
33:20dans la profondeur,
33:22l'Allemagne,
33:23le Royaume-Uni
33:24et la France,
33:25dans le cadre
33:26de notre initiative
33:27dite ELSA,
33:29vont travailler
33:30ensemble
33:30à des projets
33:31de missiles
33:31de très longue portée.
33:34Cela nous donnera
33:35de nouvelles options
33:35pour gérer
33:36conventionnellement
33:37l'escalade
33:38à l'heure
33:39où les adversaires
33:40déploient
33:40technologies
33:41et armements nouveaux.
33:44À mesure
33:45que s'intensifiera
33:46le partenariat,
33:48d'autres projets,
33:49d'autres contributions
33:50verront le jour
33:51dans un esprit
33:53de complémentarité
33:54et de souveraineté
33:55européenne.
33:58Voilà donc
33:58la nouvelle
33:59épaisseur
34:00que je souhaite
34:01donner
34:01à la défense
34:02de la France
34:03et la nouvelle
34:04cohésion
34:05qui en résulterait
34:06pour notre continent.
34:08Vous le mesurez,
34:11c'est une évolution
34:12majeure
34:13que j'ai souhaité
34:14donner
34:15à notre dissuasion,
34:17le contexte
34:18permettant
34:19enfin
34:19de mettre
34:20sur ces mots
34:21de dimension européenne
34:23prononcée
34:25par presque
34:26tous mes prédécesseurs,
34:27une réalité
34:28qui bénéficie
34:30à la fois
34:31à notre pays
34:32et à nos alliés.
34:36mais dans la période
34:37troublée
34:38que nous vivons,
34:39il sera nécessaire
34:40aussi de repenser
34:41les règles
34:42qui régissent
34:44la sécurité
34:45de notre continent
34:45et du monde.
34:48C'est tout un cadre
34:49qu'il faut recréer
34:49et les Européens
34:51devront pouvoir
34:52y prendre
34:54pleinement
34:54leur place
34:55et y défendre
34:56leurs intérêts.
34:58Ils le pourront
34:59d'autant plus
35:00qu'ils auront su
35:01prendre leur part
35:02du fardeau,
35:03renforcer
35:03leur autonomie
35:04stratégique
35:05et prendre
35:06les décisions
35:07majeures
35:07que je viens
35:08d'évoquer.
35:09Aujourd'hui,
35:10en effet,
35:11les accords internationaux
35:12de maîtrise
35:13des armements
35:13sont à la peine.
35:14Regardons la situation
35:15avec lucidité.
35:18Chacun a pris
35:19ses libertés.
35:20Les Etats-Unis
35:21ont mis fin
35:22au traité
35:22sur les missiles
35:23d'antibalistiques.
35:24Les Etats-Unis
35:25et la Russie
35:26ont mis fin
35:27au traité
35:27sur les forces
35:28nucléaires intermédiaires
35:29dont la Russie
35:30voulait depuis longtemps
35:31les dispositions.
35:32Le traité Newstart
35:34qui encadrait
35:35les arsenaux nucléaires
35:36américains et russes
35:38a cessé d'exister
35:39il y a quelques semaines.
35:41La Russie
35:41a dératifié
35:43le traité
35:44d'interdiction
35:44sur les essais nucléaires
35:45que les Etats-Unis
35:47n'avaient eux
35:47jamais ratifié.
35:49Une reprise
35:50des essais
35:51romprait
35:52un moratoire
35:52de près de 30 ans.
35:54La Chine,
35:55quant à elle,
35:56en plein rattrapage,
35:58ne s'associe
35:59à rien.
36:00alors, disons-le
36:02franchement,
36:03le champ
36:04des règles
36:05est un champ
36:06de ruines
36:08et l'animosité
36:09ambiante
36:10se prête
36:10assez peu
36:11à la confiance
36:12qu'il faut
36:13pour rebâtir
36:14les normes
36:14de sécurité
36:15collective.
36:16C'est pourquoi
36:17nous avons raison
36:18de durcir
36:19notre position
36:20et de prendre
36:21les décisions
36:22que je viens
36:23d'annoncer.
36:23et cette anomie,
36:25malheureusement,
36:25ne vaut pas
36:26que pour ceux
36:26qui ont déjà l'arme,
36:28mais aussi pour ceux
36:29qui cherchent
36:30à l'acquérir.
36:32La conférence
36:33d'examen
36:33du traité
36:34sur la non-prolifération
36:35des armes nucléaires
36:36se tiendra
36:36en mai,
36:37dans un paysage
36:39lourd de menaces,
36:40avec les progrès
36:41inquiétants
36:42du programme
36:42nord-coréen,
36:44la crise iranienne,
36:45mais aussi
36:46les tentations
36:46croissantes
36:47de tous ceux
36:48qui, en Asie,
36:49en Europe
36:50ou ailleurs,
36:51cherchent des alternatives
36:52aux garanties
36:53de sécurité
36:54sur lesquelles
36:55ils croyaient
36:55pouvoir compter.
36:57Tel est l'esprit
36:58des temps,
37:00mais la France
37:01ne compte pas
37:01s'y résoudre.
37:04Dans le domaine
37:05de la maîtrise
37:05des armements,
37:07notre propre bilan
37:08est en effet
37:09exemplaire.
37:10Et je veux
37:11aujourd'hui ici
37:12le rappeler.
37:14Nous avons démantelé
37:15la composante terrestre
37:17de notre dissuasion
37:18et nos installations
37:19d'enrichissement
37:20à des fins militaires.
37:21Nous avons cessé
37:22nos essais nucléaires,
37:24développé un système
37:25performant
37:25de simulation
37:26et toujours refusé
37:28toute course
37:29aux armements.
37:31La démarche
37:32de dissuasion avancée
37:33que nous proposons
37:33n'est pas escalatoire
37:34et en ce qu'elle accroît
37:36le sentiment
37:36de sécurité
37:37en Europe
37:38elle est résolument
37:39bénéfique
37:40pour ne pas encourager
37:42un jour
37:43les risques
37:44de prolifération
37:45sur notre continent.
37:47Mais c'est surtout
37:49de logique
37:50que nous devons changer.
37:52Oui,
37:53les Européens
37:54ont pris l'habitude
37:55que leur sécurité
37:58dépende
37:58de règles faites
37:59par des tiers
38:00en d'autres temps,
38:02des faites aussi,
38:03parfois à leur insu,
38:04souvent à leur dépend.
38:06soyons clairs,
38:08l'architecture
38:08de sécurité européenne,
38:10c'était cela,
38:11des accords datant
38:12de la période
38:13de guerre froide
38:14négociés par d'autres
38:15que nous,
38:16y compris
38:16quand ils nous concernaient
38:18et qui ont été dénoncés
38:19par ceux-là même
38:20qui les avaient signés
38:21sans aucune concertation,
38:23quand bien même
38:23ces derniers
38:24étaient nos alliés.
38:26Notre époque
38:27appelle une autre méthode.
38:29nous devons reconstruire
38:31un corpus de règles,
38:33mais pour ce qui nous concerne,
38:35à partir de nos intérêts
38:36de sécurité
38:37et ceux
38:38de notre continent.
38:39Cela passera
38:40tout d'abord
38:42par un travail
38:43que les Européens
38:44doivent conduire
38:46sur la manière
38:47dont doit être organisée
38:49la stabilité
38:49de notre Europe.
38:51J'invite donc
38:52les partenaires
38:53à se joindre
38:55aux premiers travaux
38:56que nous avons entamés
38:58avec les Allemands
38:59et les Britanniques
38:59sur ce sujet.
39:01Les convergences
39:02organisées
39:03dans le cadre
39:03de la dissuasion avancée
39:05y aideront.
39:07Lorsque nos intérêts
39:08européens seront établis,
39:10il sera possible
39:11d'aller plus loin
39:12et d'ouvrir
39:12un cadre de négociation
39:15afin de contrôler
39:17certaines capacités
39:18conventionnelles
39:19et leur positionnement.
39:22Cette démarche
39:23est à préparer
39:24dès à présent
39:24par l'accroissement
39:26de notre indépendance européenne
39:27et elle doit viser demain
39:29à un nouveau cadre
39:31de sécurité
39:31sur tous ces sujets,
39:33en particulier
39:34entre Européens
39:36et Russes
39:37à tout le moins
39:38et au niveau international
39:40en cherchant
39:40à impliquer
39:41les Etats-Unis d'Amérique
39:43et la Chine,
39:44y compris
39:45concernant
39:46les capacités nucléaires
39:47sur une base équitable.
39:51Mais ce que je souhaite
39:52plus que tout,
39:53vous l'aurez compris,
39:55c'est que les Européens
39:57reprennent le contrôle
39:59de leur propre destin.
40:03n'oublions pas
40:05tout ceci étant dit
40:07qu'au-delà
40:08de la comptabilité
40:09des arsenaux
40:09et des architectures
40:11de sécurité,
40:12il y a une dimension
40:14éthique
40:15à ce dont nous parlons.
40:18L'arme nucléaire
40:19a sa charge
40:20d'épouvante.
40:21Ses questions morales
40:23ne se résument pas
40:23aux lois d'airain
40:24de la stratégie
40:25avec ses logiques
40:26désincarnées.
40:29Il n'est que juste
40:30qu'une telle arme
40:32continue de susciter
40:34une discussion
40:34de raison
40:35pour en limiter
40:36l'usage,
40:37l'encadrer
40:38et préserver
40:39l'objectif
40:40à terme
40:41d'un monde
40:41sans armes nucléaires.
40:43Cela doit rester
40:44notre horizon.
40:46Il n'est que juste
40:47aussi
40:48de militer
40:49avec persistance
40:50en faveur
40:51des usages
40:52pacifiques
40:52de l'énergie atomique.
40:55C'est tout
40:56l'esprit du TNP.
40:57Et la France
40:58est en bonne position
40:59pour promouvoir
41:00à cet égard
41:00le nucléaire civil.
41:02Après tout,
41:04quel autre pays
41:06repose
41:06sur cette énergie
41:07comme nous,
41:09l'énergie nucléaire
41:11qui permet
41:11de produire
41:1270%
41:13de notre électricité ?
41:15Une énergie
41:16décarbonée
41:17à bas coût
41:17qui rend notre pays
41:18attractif ?
41:20C'est ce qui fait
41:20que la France
41:21sera pleinement légitime
41:23pour organiser
41:25à Paris
41:25le 10 mars prochain
41:28un sommet
41:29pour encourager
41:29le développement
41:30de cette énergie,
41:31ses usages
41:32et son financement.
41:34Je crois
41:35aux vertus
41:36d'un nucléaire
41:37de confiance,
41:38aux vertus
41:39aussi
41:40des innovations
41:41dans la matière.
41:44Je crois
41:44à sa valeur
41:45pour faire face
41:46aux besoins voraces
41:47de nouvelles technologies
41:48et je suis déterminé
41:50à aider
41:50l'Agence internationale
41:51de l'énergie atomique
41:52à favoriser
41:53avec un encadrement
41:54approprié
41:55les nouvelles technologies
41:57sensibles.
42:00Mesdames et messieurs,
42:02le temps est venu
42:02pour moi
42:03de conclure
42:04et j'aimerais
42:05vous inviter
42:07un moment
42:08à prendre
42:09la mesure
42:10de cet endroit
42:11à nul autre pareil,
42:13la base opérationnelle
42:15de l'île longue
42:15à l'extrémité
42:17du Finistère.
42:19L'île longue
42:20qui est tout à la fois
42:22la pointe avancée
42:23de l'Europe,
42:24son cap occidental
42:25et sa forteresse.
42:27Et je vous invite
42:28à prendre conscience
42:29de tout ce qu'il signifie
42:32dans toutes ses dimensions.
42:34Masse,
42:36puissance,
42:38indépendance,
42:39donc,
42:40et j'ajouterai
42:42solidarité stratégique.
42:44Ce que vous avez
42:46sous les yeux
42:47est un héritage précieux
42:50dont nous sommes
42:51les dépositaires
42:52et que nous continuerons
42:54à faire vivre
42:55avec ténacité.
42:58Nous continuerons donc
42:59de développer
43:00le formidable outil
43:01de puissance,
43:02expression du génie français
43:04patiemment érigé
43:05depuis le début
43:06de la Ve République.
43:09Je me suis fermement
43:11engagé
43:11depuis 2017
43:13dans le renouvellement
43:14de nos forces stratégiques
43:16et je m'y emploierai
43:17jusqu'au terme
43:18de ce mandat.
43:20La France sera forte
43:22d'un feu nucléaire
43:23modernisé,
43:24puissant,
43:25souverain
43:26et adapté
43:28à nos menaces.
43:29Toujours souveraine,
43:31elle sera forte aussi
43:32de son enracinement
43:34dans l'espace européen,
43:35de la profondeur stratégique
43:37qu'il lui donne,
43:38du renforcement
43:39des liens
43:40entre alliés
43:40et des complémentarités
43:42nouvelles
43:43qu'il permette.
43:46Le demi-siècle
43:47qui vient
43:49sera un âge
43:50d'armes nucléaires.
43:53La France,
43:55déterminée,
43:56libre,
43:58confiante,
44:00y tiendra
44:00tout son rôle.
44:03Elle continuera
44:04de se fortifier
44:05et pour son propre bénéfice,
44:08elle arrimera
44:09ce cap sur l'Atlantique
44:11au socle européen.
44:13tel est mon message
44:16aujourd'hui.
44:17Soyons puissants,
44:19soyons unis,
44:21soyons libres.
44:24Vive la République,
44:25vive la France.
44:26à l'Atlantique.
44:37Applaudissements
44:37Applaudissements
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