- il y a 5 mois
Avec Arnaud Gallais (co-fondateur de MouvEnfants) et Alexandre Perez (membre du collectif des victimes de Bétharram)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquilly.
00:05Le débat de La Vérité en Face ce matin, 160 000 mineurs, vous entendez bien ce chiffre, vous ne rêvez pas,
00:16victimes de violences sexuelles chaque année en France.
00:21La question qui se pose, pas seulement aujourd'hui, mais depuis toujours, le sujet,
00:26est-il toujours tabou selon la civile de la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants ?
00:33Pour 22% des victimes, c'est près du quart des situations.
00:38Les premiers viols ou agressions sexuelles ont commencé entre la naissance, vous entendez bien la naissance,
00:44et l'âge de 5 ans, j'ajoute une autre statistique terrifiante, plus de 600 nourrissons, vous entendez bien,
00:52600 nourrissons, victimes de violences sexuelles, en 2024.
00:56Là, c'est un rapport de la MIPROF, la Mission Interministérielle pour la Protection des Femmes,
01:02qui se fonde sur des données du ministère de la Santé, on en parle ce matin.
01:06Invité dans ce studio, bonjour à vous, Arnaud Gallet.
01:10Bonjour.
01:10Soyez le bienvenu.
01:11Merci.
01:11Vous êtes très engagé, vous êtes cofondateur de Mouv'enfant, qui est le mouvement de lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants.
01:20Et nous joindrons dans un instant Alexandre Pérez, qui est membre du collectif des victimes de Béteram.
01:27Première question avec vous, vous nous appelez au 0800 26 300 300 si vous voulez réagir dans cette émission.
01:33Mais tout d'abord avec vous, la première question, comment expliquer ces chiffres aussi massifs, Arnaud Gallet ?
01:40Comment expliquer ? Expliquer qu'il y a en France plusieurs choses.
01:45Déjà, un, il y a une culture du viol, une culture de la pédocriminalité.
01:48Et quand on est prédateur, plus une personne est vulnérable, et plus on va vers elle.
01:53Donc les enfants sont surexposés, les enfants sont très très vulnérables.
01:57Et je dirais même que les nourrissons dont vous avez parlé le sont, bien évidemment, parce qu'ils ne peuvent pas s'exprimer.
02:02Et puis les enfants en situation de handicap, on ne le dira jamais assez.
02:05C'est l'Organisation Mondiale de la Santé qui le dit.
02:07Vous avez les enfants en situation de handicap qui sont 4 à 5 fois plus exposés que les enfants, entre guillemets, je mets des guillemets, bien entendu, lambda.
02:14Donc c'est atroce, et on a du mal à s'imaginer ça.
02:17Mais on le rappelle, vous savez, c'est 11% de la population française victime d'inceste, suivant un dernier sondage, Ipsos, qui a été fait en novembre 2024.
02:24Donc depuis un an, on le sait, est-ce que des actions aujourd'hui, je veux dire, on est en guerre en réalité contre les violences sexuelles faites aux enfants,
02:30et on ne fait absolument rien. On entend des choses sur le narcotrafic, on entend des choses à juste titre aussi sur le terrorisme.
02:37Et par contre, sur les enfants victimes de pédocriminalité, on ne va pas chercher les 160 000 enfants victimes chaque année de l'infection.
02:42Vous dites que le sujet est sous-évalué, sous-traité aujourd'hui, sous, voilà, on n'en parle pas assez, pas suffisamment ?
02:49Je dirais que les victimes, les survivantes, les survivants font l'effort de systématiquement prendre la parole, s'exposent systématiquement,
02:55et qu'en face, on ne s'expose peut-être pas à un mur, à quelque chose qui est de l'ordre d'une forme d'hyper-empathie,
03:00qui vise à dire, vous êtes hyper courageuse, courageux, alors qu'en réalité, nous, ce qu'on demande, ce sont des actions.
03:05Vous savez, on dit qu'il y a un enfant dans ce pays, victime toutes les trois minutes de violences sexuelles.
03:09Eh bien, il faut aller chercher ces enfants-là. Il faut s'occuper aussi des personnes qui sont victimes, et se dire, comment est-ce qu'on les accompagne ?
03:15Et malheureusement, aujourd'hui, là où le bas blesse, c'est qu'il n'y a pas grand-chose derrière. Il y a certes une prise de parole politique de plus en plus de certaines victimes.
03:21On l'a vu avec Bétharam, on l'a vu avec plein d'affaires qui sont parties avec l'abbé Pierre et bien d'autres.
03:26Et malheureusement, aujourd'hui, il ne se passe absolument rien.
03:28Ça veut dire qu'au moment où nous échangeons ce matin, Arnaud Gallet, des légions de prédateurs sont dans la nature.
03:36Ah bah oui, et puis il faut prendre conscience de ça.
03:38Il faut même dire, le dernier exemple en date, qui est quand même fabuleux, il y a eu cette histoire des poupées sexuelles à l'effigie d'enfants,
03:43qui a été dénoncée notamment par Mouv'Enfant et bien d'autres.
03:46Sur la plateforme Chine.
03:47Sur Chine et d'autres plateformes.
03:48Vous avez, je vais en citer d'autres, Dolls France, parce qu'actuellement, on a une pétition qui est en cours avec, vous savez, il y a marqué poupées à charme juvénile.
03:54Vous avez des personnes qui se procurent ce type de poupées.
03:57Nous, nous avons fait des signalements au niveau de Pharos, au niveau, comment dire, de la répression des fraudes.
04:03Et il ne se passe absolument rien.
04:04Vous dites quoi ? Vos signalements ne sont pas suivis des faits ?
04:07C'est-à-dire que, d'un point de vue commercial, on arrête la vente. C'est une chose. Très bien.
04:10Par contre, ce qui serait bien, ce serait d'aller chercher les clients et de se dire qui sont ces personnes.
04:14Pourquoi ? Parce que, si on se rappelle, il y a quelques temps, il n'y a pas si longtemps, il y avait une personne qui s'appelle Joël LeScoirnec.
04:19Un pédocriminel notoire, avec plus de 300 victimes à son tableau de chasse.
04:23Donc, le truc atroce.
04:25Chez lui, qu'est-ce qu'on avait retrouvé ?
04:26On avait retrouvé des collections entières de poupées sexuelles à l'effigie d'enfants.
04:30Donc, déjà, un, les poupées sexuelles à l'effigie d'enfants, c'est interdit par la loi.
04:33C'est la loi du 2021. Interdiction de représentation d'enfants à caractère pédopornographique.
04:41Et deux, faisons une enquête sociale pour savoir si ces personnes-là ont fait des victimes.
04:45On a une chance inouïe rêvée d'aller chercher des prédateurs.
04:47Allons les chercher. Il ne se passe rien. Et ça, c'est scandaleux.
04:51Quand le député socialiste Emmanuel Grégoire, qui est candidat aux élections municipales à Paris,
04:55témoigne, c'était sur France Inter hier matin, il dit avoir été victime de violences sexuelles.
04:59Il appelle à libérer la parole des enfants. Vous validez ce type de démarche ?
05:03Bien sûr, je valide et je vais même plus loin, je vais même apporter mon soutien à Emmanuel Grégoire.
05:08Je vais vous dire pourquoi, parce que ce n'est pas une question de couleur politique, on est bien d'accord.
05:12C'est une question de soutien, parce que quand vous voyez les témoignages abjects qu'on a sous les postes,
05:17qui mentionnent effectivement ce courage qu'a Emmanuel Grégoire,
05:21qui vise à dire, comme on le dit systématiquement aux victimes,
05:23« C'est jamais le bon moment de parler, etc. »
05:25Lui, ça serait quelque chose qui serait en lien avec sa campagne électorale.
05:27Je vais même vous dire, quelque part, ça le dessert.
05:29Moi, j'ai perdu mon emploi parce que j'ai osé dire que j'avais été victime
05:33d'un double inceste. C'est ça, ce pays.
05:34Donc, ça veut dire qu'Emmanuel Grégoire, en disant ça...
05:36C'était que vous avez perdu votre emploi.
05:37Parce que j'ai reçu une lettre de mon employeur,
05:42pas d'avertissement, mais une notification me disant,
05:45une lettre d'observation me disant,
05:47« Attention, parce que quand même, vous comprenez,
05:50ça peut nuire à l'image de la situation. »
05:53Ce serait une mauvaise publicité pour l'entreprise.
05:56Vous savez, plus de 9 fois sur 10, on dit à un enfant,
05:57« Je te crois, mais je ne te protège pas,
05:58voire que tu es un menteur, tu es une menteuse. »
06:00Donc, quand les victimes parlent, même si la société trouve ça génial,
06:03courageuse, en réalité, le pendant,
06:05c'est systématiquement, en fait, un revers,
06:07qu'on se prend un revers de manche.
06:09Nous sommes en ligne avec Alexandre Pérez. Bonjour.
06:13Bonjour, monsieur Achili. Bonjour, Arnaud.
06:15Bonjour, Alexandre.
06:15Alors, ça se prononce « Achili », c'est corse, Alexandre Pérez.
06:20Achili, autant pour moi.
06:20Non, je vous en prie.
06:21Je vous en prie.
06:22Ça, c'est mieux.
06:23Alexandre Pérez, vous êtes membre du collectif des victimes de Bétaram.
06:27Même question qui est posée, Arnaud Gallet.
06:29J'imagine que vous validez ce qui est dit sur ce plateau.
06:32Vous estimez-vous qu'au fond, le cadre juridique ne protège pas suffisamment les mineurs ?
06:39Ce sujet n'est pas assez exposé dans ce pays ?
06:43Écoutez, pendant qu'on se parle, il y a un animateur de 35 ans qui est jugé à Paris.
06:48Oui.
06:49Un animateur d'école maternelle qui est suspendu, je précise, depuis début avril,
06:56qui est effectivement devant le tribunal judiciaire de Paris, jugé pour des agressions sexuelles.
07:02Je précise, soupçonné d'agressions sexuelles sur cinq mineurs et de harcèlement sexuel sur deux collègues,
07:07ainsi que d'agressions sexuelles sur une collègue, ce qui fait beaucoup, au moment où nous parlons,
07:11vous le dites à l'instant, Alexandre Pérez, il y a cette audience judiciaire.
07:17Oui, tout à fait. Il y a une autre personne qui a été aussi mise en cause et qui a été visatée.
07:23Et on se demande, en fait, s'il n'y a pas encore un système d'omerta,
07:28s'il n'y a pas un système de vaste clause des gens qui se protègent.
07:33Hier, en Béarnes, le préfet annonce une hausse de 17% des violences sexuelles,
07:38de 9% de violences intrafamiliales.
07:40Et en fait, on se demande si c'est une augmentation ou si c'est une libération de la parole.
07:44Je pense que l'affaire Betaram et notre lanceur d'alerte à l'ASQR,
07:50il y est vraiment pour quelque chose.
07:51Arnaud y est évidemment pour quelque chose.
07:54On s'est rencontrés à Bayonne au mois de mars.
07:57Arnaud fait des happenings.
07:59Et aujourd'hui, on se retrouve encore confrontés à un problème de blocage institutionnel,
08:09de violences entre victimes, de concurrence victimaire,
08:14qui empêche, en fait, de faire avancer la cause.
08:18Oui, la concurrence victimaire, M. Aquili, je vous vois réagir par rapport à ça.
08:23Et ça arrange, en fait...
08:24Étonnant, ce que vous dites.
08:25Oui, pour l'avoir vécu, et Arnaud le sait bien,
08:30c'est quelque chose de très compliqué pour faire avancer, en fait, notre cause.
08:34Vous voulez dire quoi ?
08:35Qu'il y aurait une sorte de mise en concurrence, de récits,
08:39et qui nuirait...
08:40Alors, Arnaud, allez-vous, je vous vois réagir.
08:43Restez là, restez là.
08:44Je ne suis pas forcément...
08:45Enfin, je comprends parfaitement ce que dit Alexandre.
08:47Moi, je pense plus, surtout, qu'il y a une errance médicale,
08:51une errance thérapeutique,
08:52qui fait qu'entre les victimes, par un moment, c'est compliqué.
08:54Bon, ça, on le sait très bien.
08:56Moi, je pense que derrière, il y a une vraie responsabilité.
08:59Et c'est ça qui me semble important, Alexandre,
09:00si je peux me permettre de rebondir ses propos.
09:01C'est-à-dire que, bien sûr qu'il y a une augmentation des chiffres,
09:04mais qu'est-ce qui s'est passé dans ce pays ?
09:05C'est-à-dire qu'entre 2021 et 2023,
09:07il y a eu la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants,
09:10une instance unique dans ce pays,
09:12qui a été faite à la commande du Président de la République.
09:1533 000 personnes qui ont témoigné.
09:1733 000 en l'espace de deux ans.
09:2033 000 pour contribuer à un rapport à la demande du Président de la République.
09:2482 préconisations, et derrière, rien.
09:27Mais comment vous expliquez, Arnaud Gallet, ce blocage,
09:31quel est le mécanisme absent dans cette histoire ?
09:35Écoutez, le blocage, c'est le manque de volonté politique.
09:37C'est assez simple, en fait.
09:37C'est très simple.
09:38C'est un manque de volonté politique,
09:39parce que la culture, culturellement, on dysfonctionne.
09:42On dysfonctionne pourquoi ?
09:43Parce que quand il y a 11% de la population française victime d'inceste,
09:46comme je l'ai dit tout à l'heure, on dysfonctionne.
09:47Quand plus de 9 fois sur 10, on dit à un enfant,
09:49je te crois, mais je ne te protège pas,
09:51voire t'es un menteur, t'es une menteuse,
09:53on dysfonctionne.
09:53Donc ça signifie qu'il nous faut quoi ?
09:55Il nous faut des politiques publiques,
09:56il nous faut une cohérence,
09:57il faut au bout d'un moment de taper,
09:58il faut au bout d'un moment de se dire
09:59« c'est plus possible ».
10:00Et quand on dit « c'est plus possible »,
10:02ça veut dire qu'il faut aller au bout des choses.
10:04Et malheureusement, on ne va pas au bout des choses,
10:05on est là pour sortir dans le mouchoir,
10:07parce que c'est facile.
10:08Par contre, agir, comme on l'a vu,
10:09vous savez, on a toujours l'impression de se dire
10:11« mais à Paris, ce n'est pas chez nous ».
10:13On voit bien qu'à Paris, par exemple,
10:15il y a eu quand même différents animateurs,
10:18je crois 50 en tout,
10:19qui ont été mis en examen
10:21et qui ont été mis au vert.
10:25On se dit « c'est partout ».
10:26Et pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'obligation de résultat
10:27quand on accueille des enfants.
10:29C'était le cas de Béthara,
10:30mais bien d'autres, on ne retient rien.
10:31On a toujours l'impression que c'est du passé,
10:33parce que les victimes seraient des dinosaures,
10:35pour le dire de cette manière-là, dans ce pays.
10:37Alors qu'en fait, on se rend compte,
10:38comme vous l'avez souligné tout à l'heure,
10:39que plus de 600 enfants,
10:41614, je crois exactement,
10:42qui ont été victimes de violences sexuelles,
10:44614 nourrissons.
10:46Enfin, je veux dire, on est dans un truc ignoble
10:48et on n'agit pas.
10:50614, attention,
10:51révélez qu'ils sont passés entre les mains
10:53des unités médico-judiciaires révélées.
10:56Donc, combien n'ont pas été révélés,
10:57c'est encore autre chose.
10:58Alexandre Pérez, restez avec nous.
11:00Dans un instant, vous allez nous dire
11:02comment est-ce que vous avez vécu
11:04l'après-révélation,
11:07c'était il y a quelques mois,
11:08du scandale de Béthara.
11:10Est-ce qu'à vos yeux, il y a eu un suivi ?
11:14Est-ce que ça a ouvert des portes ?
11:15Ou est-ce qu'au contraire,
11:16tout ça est retombé dans une sorte d'oubli,
11:19on va dire, feutré ?
11:20Et nous poursuivrons sur quelles sont les pistes
11:23à trouver pour essayer
11:24de mettre vraiment ce débat
11:27en une sur la place publique.
11:29A tout de suite pour la suite
11:31de La Vérité en Face sur Sud Radio.
11:34Le Grand Matin Sud Radio,
11:36La Vérité en Face,
11:38Jean-François Aquili.
11:40Nous évoquons les 160 000 mineurs.
11:43C'est une statistique terrifiante.
11:45Victime de violences sexuelles
11:47Chaque année en France,
11:49le sujet est toujours aussi tabou.
11:52L'est-il réellement ?
11:53Oui, nous dit Arnaud Gallet,
11:55cofondateur de Mouv'Enfant,
11:56qui est notre invité ce matin.
11:57Avec vous également,
11:58Alexandre Pérez,
11:59membre du collectif des victimes de Béthara.
12:01Alexandre Pérez,
12:02vous êtes en ligne depuis Pau.
12:05J'ai envie de vous poser la question.
12:07Il y a des mois,
12:07il y a eu le scandale Béthara
12:10qui a été révélé,
12:12qui a éclaboussé le Premier ministre
12:13en exercice, François Bayrou.
12:15Les témoignages multiples ont ému ce pays.
12:19Est-ce qu'au fond,
12:20pour vous,
12:21ce soufflet-là est retombé depuis ?
12:24Qu'est-ce que vous en avez tiré ?
12:27Évidemment que le soufflet est retombé
12:29et c'est une grande déception.
12:33Il y a des personnes
12:34qui ont choisi l'outrance.
12:36Nous, on a choisi la modération.
12:38C'était un autre moyen
12:40d'interpeller les décideurs
12:42des décideurs et responsables politiques.
12:44Et finalement,
12:45que ce soit l'une ou l'autre méthode,
12:50aucune des deux n'a fonctionné.
12:53Arnaud est plutôt dans le happening.
12:55Avec Alain Esquerre,
12:56on n'avait pas d'éléments
12:58de preuves
12:59pour incriminer François Bayrou.
13:02le doute pour nous
13:04lui bénéficiait
13:05à cette époque-là.
13:07Aujourd'hui,
13:08au jus de tout ce qui s'est passé
13:09ou tout ce qui ne s'est pas passé
13:10depuis début février.
13:14Écoutez,
13:15je peux me poser la question.
13:18On peut se poser la question.
13:19En tout cas,
13:19il ne s'est rien passé.
13:20Qu'est-ce que vous auriez souhaité,
13:23justement,
13:23Alexandre Pierre,
13:24très concrètement,
13:25qu'est-ce que vous auriez souhaité
13:26après,
13:28on va dire,
13:29la mise au jour
13:30de ce scandale ?
13:32Vous savez,
13:32à chaque fois qu'il y a
13:33des événements graves,
13:34il y a des cellules psychologiques.
13:37Alors là,
13:37on nous répond,
13:38on ne peut pas mettre en place
13:39une cellule psychologique
13:40pour les victimes
13:40parce que ce sont
13:41des événements très anciens.
13:44Et depuis des mois,
13:46on se bat,
13:47que ce soit avec
13:48Matignon,
13:49que ce soit
13:50avec les différents gouvernements,
13:51pour avoir une cellule
13:53d'accommodement psychologique.
13:55Je vous ai parlé tout à l'heure
13:56d'une concurrence victimaire,
13:58mais ce n'est pas pour faire
13:59la victime
13:59de cette concurrence victimaire,
14:01c'est pour dire
14:01regarder un peu
14:03la souffrance
14:04des victimes.
14:05Nous,
14:06on ne fait pas
14:06de tri parmi les victimes.
14:07Arnaud en connaît
14:08quelques-unes,
14:10des deux côtés,
14:12et il y a une vraie souffrance.
14:15Il faut accompagner
14:16les victimes.
14:16Arnaud Gallier,
14:21je vois que vous avez
14:22quand même un petit peu
14:23hoché la tête
14:25sur le mot
14:26d'Alexandre Pérez,
14:28happening,
14:29c'est-à-dire,
14:29vous estimez quoi ?
14:30Votre action,
14:31elle va au-delà
14:32de...
14:33Oui, parce qu'on ne fait pas
14:34que ça.
14:34de secouer les consciences
14:36de façon spectaculaire.
14:37Oui, alors nous,
14:38ce qui est sûr,
14:38c'est que Mouve Enfant,
14:39on est le Greenpeace
14:40de la protection de l'enfant.
14:40Ça veut dire quoi ?
14:41Ça veut dire que typiquement,
14:42sur certaines affaires
14:43qui nous semblent
14:43comme Cheyenne,
14:44par exemple,
14:45au niveau des poupées sexuelles
14:45et des fiches d'enfants,
14:46on est dans l'espace public
14:47pour mettre en débat
14:48cette question-là.
14:49Pour Béteram,
14:49on s'est déplacé aussi
14:50pour que publiquement,
14:52on vienne se dire
14:52qu'il y a un sujet.
14:53Après,
14:54vous savez,
14:55j'ai été membre
14:55de la commission indépendante
14:57sur l'inceste
14:57et les violences sexuelles
14:58faites aux enfants,
15:07beaucoup plus,
15:08comment dire,
15:10enfin bref,
15:10qui se passe aussi
15:11dans l'ensemble
15:12de certaines universités
15:13ou autres.
15:13Donc,
15:13on ne fait pas
15:14à Mouve Enfant
15:14que du happening,
15:15on est un peu partout,
15:16mais par contre,
15:16nous,
15:17ce qu'on souhaite,
15:17c'est que la société
15:20se saisisse
15:20de cette question-là
15:22et ce qu'on souhaite,
15:22au bout d'un moment,
15:23c'est remuer les choses
15:24pour le dire
15:24de manière correcte
15:25pour se dire,
15:26au bout d'un moment,
15:26qu'on peut obtenir
15:27des victoires
15:27dans la protection des enfants.
15:28Une victoire
15:29qu'on aurait pu obtenir
15:30par rapport à Béteram,
15:31par exemple,
15:31et là où je rejoins
15:37vous rendez compte
15:38quand même,
15:38pas d'accompagnement
15:39psychologique
15:39pour plus de 200 personnes
15:41qui ont témoigné,
15:41qui ont déposé plainte,
15:43mais c'est scandaleux,
15:44bien sûr que oui,
15:44c'est scandaleux.
15:45Vous vous rendez compte
15:46aussi que,
15:47et moi je le dis
15:47parce que nous,
15:48on avait porté ça,
15:48on aurait pu imaginer
15:49quand même,
15:50à minima,
15:50la fermeture
15:51d'une institution
15:54qui a massacré
15:56des enfants
15:56pendant des années
15:57et pas la fermeture
15:58avec qu'on met un drap dessus,
15:59non,
15:59on en fait un lieu,
16:00j'en sais rien,
16:01autour de la prévention,
16:02un lieu dédié,
16:04un lieu dédié,
16:04bien sûr,
16:07dans le Béarnes
16:08et même plus largement,
16:09même quasiment dans les Pyrénées,
16:11tout le monde vous parle
16:11de Béteram,
16:12moi j'ai rencontré
16:13des personnes effectivement
16:14à Bayonne notamment
16:14dont Alexandre parlait
16:16tout à l'heure,
16:16qui avaient l'oreille arrachée
16:18parce que des prêtres
16:18leur avaient arraché
16:19l'oreille là-bas,
16:20enfin je vais dire,
16:21à un moment donné,
16:22qu'est-ce qu'on fait
16:22de ce type de choses ?
16:23Est-ce qu'on dit simplement
16:24c'est du temps ancien,
16:25est-ce qu'on va demander
16:25aux victimes,
16:26qu'est-ce que vous voulez
16:27ou est-ce qu'on dit aux politiques
16:28vous, montrez-nous un peu
16:30la voie qui est à suivre ?
16:31Eh bien aujourd'hui,
16:32on est dans le néant total,
16:34les victimes demandent
16:35quelque chose,
16:35elles n'ont rien
16:36et dans le symbolique
16:37que les politiques
16:37pourraient leur apporter,
16:38on n'a rien,
16:39si on a quand même
16:39quelque chose,
16:40c'est important de le dire,
16:40il y a eu une commission
16:41au niveau de l'Assemblée nationale
16:42qui a été faite
16:43avec des préconisations,
16:44avec un comité de suivi
16:45qui vient de se mettre en place
16:46et après,
16:47je le dis aussi...
16:47C'est une réponse plus judiciaire ?
16:49Oui.
16:50Ah bah moi je pense
16:50qu'il faut une réponse judiciaire
16:51mais vous savez,
16:52je vais vous dire,
16:52la France,
16:53la France,
16:54on est membre de l'ONU,
16:56d'accord ?
16:56L'ONU dit
16:57quand il y a un massacre de masse,
16:58vous devez mettre en place
16:59une justice transitionnelle
17:00autour de quatre axes.
17:01Un,
17:01une vérité,
17:02commission vérité,
17:03deux,
17:04justice avec effectivement
17:05de vraies questions
17:06en matière de justice,
17:06trois,
17:07réparation,
17:08réparation individuelle,
17:09réparation collective,
17:11quatre,
17:12prévention pour éviter
17:13que les choses se reproduisent
17:14et notamment prise en compte
17:15de la parole des victimes.
17:16Eh bah vous regardez bien,
17:17nous on ne fait pas les quatre,
17:17on ne fait pas de la justice
17:18transitionnelle en France,
17:19on fait du service après-vente
17:20et ça effectivement,
17:22c'est déplorable
17:22et ça met les victimes
17:23en grande souffrance
17:24et c'est là-dessus
17:25que je rejoins effectivement
17:25ce que disait Alexandre.
17:26Et les prédateurs courent toujours.
17:27Je vous pose une question
17:28à tous les deux,
17:28je commence par vous Alexandre Pérez.
17:30Les violences sexuelles
17:31sur mineurs se produisent
17:32majoritairement,
17:33ça a été dit,
17:33redit dans le cercle familial
17:34ou de proximité,
17:36comme on dit,
17:37c'est-à-dire retour de la famille.
17:38Comment briser le tabou
17:39sans stigmatiser
17:41tout en protégeant
17:43mieux l'enfant
17:44qui est livré à lui-même ?
17:45L'enfant,
17:45il ne peut pas travailler,
17:46il ne peut pas s'autonomiser.
17:48Comment ça marche ?
17:49Alexandre Pérez,
17:50à vos yeux ?
17:53Je voulais d'abord réagir
17:54à ce que vous venez de dire
17:58concernant le happening
18:00entre guillemets
18:01de Mouve Enfant.
18:03Nous ne sommes pas du tout opposés.
18:05Je parlais de méthode.
18:07Non, mais bien sûr.
18:09Non, non, non,
18:09attention,
18:10qu'on soit bien clair.
18:12Avec Arnaud,
18:13on va dans le même sens.
18:14On était ensemble
18:16à Bayonne,
18:18il a sa manière de fonctionner,
18:19on a la nôtre
18:20et je ne dis pas
18:20qu'il y a une manière
18:21que l'autre.
18:22Je parlais juste
18:22du résultat
18:23qui est complémentaire.
18:24Les complémentaires sont complémentaires,
18:25totalement complémentaires.
18:25On est tout à fait complémentaires.
18:28Oui, oui, oui.
18:30Vous parliez aujourd'hui
18:31de ce qui se passe
18:36dans le cercle familial.
18:38Absolument,
18:38le cercle familial
18:39et la proximité,
18:40c'est-à-dire tout ce qui tourne autour.
18:41Il y a une sorte de tabou au-dessus,
18:42il y a une chape de plomb
18:43à chaque fois.
18:45Comment le briser ?
18:47La parole commence
18:48à se libérer,
18:50mais le problème
18:51c'est que si les parents,
18:52si les proches
18:52ne voient pas
18:53les alertes
18:54ou les changements
18:55de comportement
18:55comme on peut voir
18:56dans l'école
18:57du 11e arrondissement,
18:59les parents qui ont vu
18:59le changement de comportement,
19:01les peurs qui se déclenchaient
19:02chez les enfants,
19:03si on dit
19:04oui, oui,
19:04non, mais c'est pas grave
19:05et il se passe rien
19:07pendant...
19:08J'ai un camarade
19:09de Bétharame,
19:0960 ans.
19:10Jean-Pierre,
19:11il n'a rien dit
19:12pendant 60 ans
19:13parce que quand il a alerté,
19:15il a 75 ans aujourd'hui,
19:18non,
19:18il a un peu plus de 70 ans,
19:19peu importe,
19:20pendant 60 ans,
19:21il n'a rien dit
19:22et les gens
19:23ne comprennent pas ça
19:24qu'on ne parle pas,
19:26qu'il peut y avoir
19:27aussi de l'amnésie traumatique.
19:30Quand je parle
19:30de soutien psychologique
19:31aux victimes,
19:32c'est parce que
19:32dans leur tête,
19:33c'est un attentat
19:34quand Alain Esquerre
19:35lance l'alerte
19:36en 2023.
19:39Il faut comprendre
19:40que ces personnes-là,
19:40dans leur tête,
19:41ça explose.
19:42Oui,
19:42très important ce que vous dites.
19:43Il faut les accompagner.
19:44Très important ce que vous soulignez là,
19:46Alexandre Pérez,
19:47Arnaud Gallet,
19:48cette chape de plomb,
19:49il faut en sortir.
19:50Il faut en sortir.
19:51Oui, bien sûr,
19:51il faut en sortir
19:52de différentes manières.
19:53Un,
19:53on peut imaginer
19:54des campagnes nationales
19:55qui permettent de dire
19:56non pas,
19:57vous savez,
19:57celles qui nous montrent
19:58les enfants qui sont
19:59avec des bleus.
20:00Non,
20:00il faut une campagne nationale
20:01sur l'impulsion
20:02d'une vraie culture
20:03de la protection des enfants.
20:04Que faire si votre enfant
20:05est victime ?
20:06Que faire si vous avez
20:06un enfant victime autour ?
20:08Et on se rend compte,
20:08vous savez,
20:09comme nous avec nos enfants,
20:09par exemple,
20:10quand on se déplace,
20:11on était en Martinique là récemment,
20:13un peu sur tout le territoire national,
20:14on se rend compte
20:15que les personnes
20:15ne savent pas comment faire.
20:16Donc,
20:16il faut vulgariser,
20:17au bout d'un moment,
20:18la manière qu'on a,
20:19en fait,
20:20non pas de,
20:21comment dire,
20:22de dénoncer,
20:22mais bien de signaler
20:23ou d'informer
20:24quand on a des doutes,
20:25en fait,
20:25sur ces questions-là.
20:26En un,
20:26c'est important.
20:27Deuxièmement,
20:28c'est important aussi
20:28de faire quoi ?
20:29De dire aux enfants,
20:30mon corps,
20:31c'est mon corps,
20:31de continuer en fait là-dessus
20:32et donc de faire
20:33de l'éducation
20:33à la vie affective
20:34et relationnelle
20:36et de l'éducation
20:36à la vie affective,
20:37relationnelle et sexuelle
20:38pour les plus grands,
20:38bien évidemment.
20:39Pourquoi ?
20:40Parce qu'il faut qu'on arrive
20:40au bon moment
20:41à distinguer
20:42et à se dire au bon moment
20:42et c'est ça,
20:43je pense,
20:44toute la confusion
20:44qu'il y a de la sexualité,
20:46de l'amour,
20:46différentes choses,
20:47etc.,
20:47qui sont bien.
20:47Et puis,
20:48vous avez d'autres choses
20:48qui sont effectivement
20:49condamnables,
20:50c'est bien entendu
20:50les violences.
20:51Et ça,
20:51on a du mal,
20:52en fait,
20:52par rapport à ça
20:52parce qu'on vit
20:53systématiquement
20:54dans cette confusion-là.
20:55Je me permets juste
20:56de faire quand même,
20:56on est aujourd'hui
20:57le 25 novembre.
20:5825 novembre,
20:59journée internationale
21:00de lutte contre
21:00les violences pâte aux femmes.
21:02Tu dis bien
21:02qu'il y a une confusion
21:03dans ce pays,
21:04très souvent,
21:04entre quoi ?
21:05Entre le conflit
21:07et la violence.
21:08En fait,
21:09quand il y a conflit,
21:09il n'y a pas de violence
21:10et quand il y a violence,
21:11il n'y a pas de conflit.
21:12La violence,
21:12c'est un rapport de domination
21:13qui vient écraser l'autre.
21:14Et donc,
21:15il faut qu'on arrête
21:15à un moment donné
21:16et pour ça,
21:17si la culture qu'on a
21:18en France,
21:19elle mélange,
21:20encore une fois,
21:20il faut des politiques publiques
21:21qui nous permettent
21:22de distinguer les deux.
21:22Vous savez,
21:23les Espagnols,
21:23qui ne sont pas très loin de nous,
21:25ont quand même fait
21:26des actions par rapport à ça.
21:27Alors,
21:27il faut encore qu'ils travaillent là-dessus.
21:28Mais pourquoi eux l'ont fait ?
21:29Ils sont allés plus loin que nous.
21:30Bien sûr.
21:31Merci à tous les deux.
21:32Merci Alexandre Pérez,
21:33membre du collectif
21:34des victimes de Béteram
21:35pour ce témoignage.
21:36Je vous rassure,
21:36Alexandre Pérez,
21:37vos rôles sont parfaitement complémentaires.
21:40Merci à vous
21:40pour ce témoignage ce matin.
21:42Merci à Arnaud Gallet,
21:43cofondateur de Mouv'enfin.
21:44Vous reviendrez
21:44pour parler de toutes ces questions.
21:46Parce que les choses avancent,
21:47se hâtent lentement.
21:49Merci à tous les deux.
21:50La vérité en face s'achève.
21:52Bonjour à vous.
21:52Et bienvenue Valérie Expert.
21:53Bonjour.
21:54Mettez-vous d'accord.
21:55On va nous aussi parler
21:56des violences faites aux femmes.
21:57Parce que j'ai découvert,
21:59moi, ce chiffre ce matin.
22:0050% des féminicides
22:02ont lieu en milieu rural.
22:0450% en milieu rural.
22:06On a souvent l'image
22:07de violences conjugales
22:09faites dans les grandes métropoles.
22:11Pas du tout.
22:12On va en reparler évidemment.
22:14On va revenir sur l'interview
22:15d'Emmanuel Macron ce matin.
22:16Sur ce sondage,
22:17Jordan Bardella
22:18remporterait l'élection présidentielle
22:21si elle avait lieu dimanche prochain.
22:23Et puis les rythmes scolaires.
22:25Faut-il revenir à la semaine
22:26de 5 jours ?
22:27Est-ce que vos enfants
22:27sont fatigués ?
22:29On en parle avec vous.
22:300826 300 300.
22:31Bonne émission.
22:32Bonne émission.
22:33Bonne émission.
22:34Bonne émission.
22:35Bonne émission.
22:36Bonne émission.
22:37Bonne émission.
22:38Bonne émission.
22:39Bonne émission.
22:40Bonne émission.
22:41Bonne émission.
22:42Bonne émission.
22:43Bonne émission.
22:44Bonne émission.
22:45Bonne émission.
22:46Bonne émission.
22:47Bonne émission.
22:49Bonne émission.
22:50Bonne émission.
22:51Bonne émission.
22:52Bonne émission.
22:53Bonne émission.
22:54Bonne émission.
22:55Bonne émission.
22:56Bonne émission.
22:57Bonne émission.
22:58Bonne émission.
22:59Bonne émission.
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